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  • il y a 5 mois
Vote de confiance : la gauche appelle à faire tomber le gouvernement, quel avenir pour le budget? Quel scenario pour l'après 8 septembre? François Ruffin, député de la Somme et fondateur du mouvement Debout ! réagit en exclusivité dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 27 août 2025.

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Transcription
00:00Ce matin, François Ruffin, député NFP de la Somme.
00:04Bonjour et bienvenue sur RTL, François Ruffin.
00:05Bonjour.
00:06Je vous ai vu vous étrangler un peu sur les 211 milliards et la lecture de François Langlais.
00:10C'est comme ça, on remet à peine les pieds sur le tarmac,
00:12qu'on a le droit à un vote de confiance qui sera refusé à François Béroud d'un côté et ça secoue.
00:17Et puis pour se réveiller, on a aussi François Langlais.
00:20Je pense que vous devriez organiser un débat avec Fabien Guay,
00:23l'un des co-rapporteurs communistes du rapport.
00:26et je pense qu'il ne voit pas dans le rapport ce que vous y lisez.
00:31Mais voilà, il est évident que c'est une source.
00:34Moi, j'ai toujours dit ciblage, on n'a pas de ciblage des aides.
00:38Contrepartie, contrôle.
00:39Aujourd'hui, ces trois choses-là n'existent pas.
00:41François Ruffin, est-ce que vous faites partie de ceux qui vont mettre à coup sûr un clou
00:44sur le cercueil du gouvernement de François Bayrou le 8 septembre prochain ?
00:47À coup sûr, oui, je refuserai la confiance au gouvernement Bayrou.
00:51Donc vous voterez contre ?
00:52Je voterai contre.
00:52Pour des raisons d'évidence qui sont d'abord l'injustice du plan Bayrou.
00:59Quand on décide, et évidemment c'est la mesure phare,
01:02d'aller chercher deux jours fériés sur les salariés.
01:05Mais qu'on décide aussi d'aller chercher de l'argent sur les retraités.
01:09Qu'on décide également d'aller chercher sur les malades longue durée.
01:12Et que dans le même temps, pendant tous ces mois, on ne prononce pas le mot dividende,
01:17on ne prononce pas le mot patrimoine, on ne prononce pas le mot héritage,
01:20on ne prononce pas le mot profit et qu'on n'en fait pas la priorité.
01:23Quand on sait qui sont les grands gagnants de la politique d'Emmanuel Macron depuis huit ans maintenant,
01:30c'est une évidence qu'on a là une politique qui est foncièrement injuste.
01:33Donc vous allez vous ranger du côté du chaos, comme l'a dit François Bayrou ?
01:36Vous savez, les hommes du chaos, ils sont aujourd'hui au gouvernement et il est à l'Elysée.
01:40Jamais dans notre pays, on n'a creusé le déficit public de cette manière-là.
01:45Comment ils l'ont fait ? Comment a fait le Mozart de la finance ?
01:48Il ne l'a pas fait en augmentant les dépenses de l'État,
01:51il l'a fait en baissant les recettes.
01:53Une baisse de 55 milliards, dont la baisse de l'impôt sur les sociétés,
01:57dont la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune,
02:00dont l'instauration de la flat tax, et ainsi de suite.
02:02On arrive à 55 milliards de baisse d'impôt à l'arrivée.
02:06Donc il y a eu un rapport, une commission d'enquête qui avait été lancée sur la dette publique,
02:10à laquelle j'appartenais, et les économistes qui définaient venaient nous dire
02:12le problème ce n'est pas la hausse de dépenses de l'État, c'est la baisse des recettes de l'État.
02:17Mais là, pardon, mais la situation telle qu'elle est aujourd'hui,
02:19il y a ce rendez-vous du 8 septembre, ça sera stop ou encore pour François Bayrou,
02:22il a dit qu'il était prêt à se battre comme un chien pour convaincre.
02:25Vous ne prenez pas la main tendue ?
02:26Ce n'est pas le moment d'essayer de mieux travailler avec lui ?
02:29Peut-être même de lui mettre la pression, puisqu'il joue son poste ?
02:31Il a eu des mois et des mois pour faire de la justice fiscale sa priorité.
02:35Vous savez, moi je considère...
02:36C'est trop tard.
02:36Quand en 1788, la France avait à l'époque un immense déficit,
02:42le roi avait creusé les caisses, pourquoi ?
02:44Parce qu'on avait mené la guerre d'indépendance du côté des États-Unis
02:47contre notre ennemi héréditaire à l'Angleterre.
02:49Et à ce moment-là, le roi décide de mener les États généraux,
02:53qui ? Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, on a à la fois le clergé,
02:56l'aristocratie qui refuse de payer.
02:57Pour vous, on est en 1788, on est à la veille de la révolution en France ?
03:00Je ne lis pas dans une bouche de cristal.
03:02En rejoint, je sais qu'on est dans la même situation sur le plan fiscal
03:04et sur le plan d'un blocage sociologique.
03:06C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ceux qui ont l'argent refusent de payer.
03:10On peut penser au GAFAM en particulier.
03:12J'ai l'impression que vous n'écoutez plus François Bayon,
03:14parce qu'hier, il a dit qu'il voulait demander un effort spécifique aux hauts revenus.
03:17Ça doit vous parler, ça.
03:18Il a eu des mois pour nous proposer ça.
03:21Il a eu des mois pour mettre comme priorité la justice fiscale.
03:24Il ne l'a pas fait.
03:25Et même quand il dit ça, ça reste très flou et tévaille.
03:29Le gouvernement Barnier, qui n'avait pas non plus ma grande sympathie sur le plan du fond,
03:35avait instauré un impôt exceptionnel de deux ans sur les grandes entreprises et sur les hauts revenus.
03:41Ça ne vous a pas empêché de le faire tomber ?
03:42Mais qu'a fait le gouvernement Béroud ?
03:45Il a supprimé cet impôt exceptionnel qui devait durer deux ans et qui finalement n'a duré qu'une seule année.
03:49Mais ça, s'il vous disait, tiens, on y va, on le remet pour une année supplémentaire,
03:52non, c'est pas...
03:53Vu l'état du pays, vu les taux d'emprunt à dix ans,
03:56sachant qu'on emprunte quasiment au même coût que l'Italie,
03:58qu'on fait déjà pire que l'Espagne, le Portugal et même la Grèce,
04:01il n'y a pas un moment où il faut que tout le monde se mette autour de la table et que vous discutiez ?
04:06Je vous dis, M. Soto, que je suis prêt à discuter avec n'importe qui
04:10qui fera de la justice fiscale sa priorité.
04:12C'est-à-dire qu'il dira que dans son budget, suite à son budget,
04:16dans notre pays, le capital sera taxé au moins à l'égal du travail.
04:20Et qu'est-ce qui se passe après, alors, François Ruffin ?
04:21Et que dans notre pays, les 500 fortunes qui représentaient 5% du PIB il y a 30 ans maintenant,
04:28qui représentaient 20% du PIB à l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir,
04:32qui aujourd'hui ont dépassé les 40%,
04:34que ces 500 fortunes seront au moins taxées à l'égal de vous,
04:38du vigile qui se trouve à l'entrée.
04:40Et aujourd'hui, on est dans un pays où ces gens-là payent à peu près deux fois moins d'impôts,
04:44en proportion, que la femme de ménage qui va venir s'occuper.
04:47Qu'est-ce qui se passe le 9 septembre, une fois que le gouvernement est tombé ?
04:50Eh bien, c'est le Président de la République qui a malheureusement la main.
04:55Moi, je crois que sa responsabilité est engagée.
04:57Quand vous parlez du chaos tout à l'heure,
05:00Qui a installé...
05:00Moi, c'est François Bayrou.
05:02Quand vous reprenez les mots de François Bayrou à propos du chaos,
05:05mais le chaos, l'homme du chaos, c'est le premier, c'est Emmanuel Macron.
05:09Ça veut dire quoi ? Qui doit partir ?
05:10Un chaos social installé avec les gilets jaunes, les réformes sur les retraites,
05:15un chaos budgétaire, je l'ai dit.
05:16Imaginez que ce soit la gauche qui ait creusé, le déficit de cette manière-là.
05:19Elle a sa part.
05:20Elle a sa part.
05:21François Bayrou l'a dit, tout le monde.
05:22Je rappelle que le dernier budget en équilibre, c'est 1974.
05:25Jamais on a eu un déficit à hauteur de 5,8%.
05:28Si la gauche faisait ça, on n'accepterait pas ça.
05:31Il y aurait tous les jours des éditorialistes qui reviendraient dire,
05:34c'est le Titanic, c'est tragique.
05:36Enfin, chaos politique, on a un Emmanuel Macron qui, l'an dernier,
05:40a opéré une dissolution improvisée.
05:42Et je dis, sur cette question de la justice fiscale...
05:45Attendez, je voudrais juste qu'on aille au bout d'une idée quand même.
05:46Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron doit partir ?
05:49Oui.
05:50Je pense que l'honneur réclamerait
05:52qu'il poste sa démission,
05:53qu'éventuellement il se représente à nouveau devant les Français
05:56pour réclamer leur confiance.
05:58Il l'a abîmé au fil de ces huit années.
06:01Et je le dis qu'aujourd'hui,
06:02quand on réclame la justice fiscale dans notre pays,
06:05le verrou se trouve à l'Elysée.
06:07C'est Emmanuel Macron qui mène...
06:08Donc vous dites, attendez, pour qu'on comprenne bien.
06:10Les Français sont un peu paumés.
06:12Je veux au bout de mon idée à moi.
06:13L'homme qui est le verrou qui empêche de mener une autre politique fiscale
06:17et qui souhaite faire une politique de l'offre en déversant des centaines de milliards
06:22comme il l'a fait sur les grandes entreprises et les grands patrimoines.
06:25Sans que ça produise des effets.
06:26Parce qu'on a aujourd'hui une industrie qui est passée sous les 10% du PIB.
06:30Donc en plus, ça ne marche pas.
06:32L'homme qui est un verrou pour que soit menée une autre politique dans notre pays,
06:35une autre politique fiscale, une autre politique économique,
06:38c'est Emmanuel Macron.
06:40Est-ce que vous soutenez Jean-Luc Mélenchon qui veut lancer une procédure de destitution ?
06:44Ça peut être l'un des outils dont on sait que,
06:46comme il faut deux tiers des parlementaires à la fois à l'Assemblée nationale et au Sénat,
06:50elle n'aboutira pas.
06:51Donc la clé est entre les mains d'Emmanuel Macron
06:53qui, je pense, devrait de lui-même poser sa démission dans la balance.
06:59Et une dissolution, vous y êtes favorable ou pas ?
07:01C'est une clé...
07:03Je pense que le mandat qui est en jeu,
07:06c'est celui du président de la République plus que celui des députés.
07:08qui vient d'être renouvelé l'année dernière.
07:11Mais vous savez, moi ce qui m'apporte,
07:13c'est comment on fait pour rouvrir une espérance dans notre pays ?
07:16Comment on fait pour rouvrir un horizon ?
07:18Et ce que je vois de désespérant dans la politique menée ces dernières années,
07:21c'est que non seulement elle est injuste,
07:24mais en plus, elle ne répond pas à une question fondamentale.
07:26Ce n'est pas l'ensemble de la classe politique incapable de se mettre autour d'une table,
07:29de discuter, de ce que le droit de gauche du milieu est d'ailleurs...
07:31Rassemblez autour de cette table n'importe qui qui est d'accord
07:35pour que la priorité soit mise à la justice fiscale
07:37et à ce que le capital soit taxé à l'égal du travail et je le ferai.
07:42Mais vous savez, l'inquiétude qui ronge les Français,
07:46c'est de se dire, je vis moins bien que mes parents
07:48et demain mes enfants vivront encore pire.
07:52L'inquiétude qui ronge les Français, vous parlez du Titanic,
07:55c'est qu'ils ont l'impression que la classe politique aujourd'hui,
07:57c'est l'orchestre qui joue, non ?
07:58Pendant que le bateau sombre.
07:59Écoutez, moi je ne joue pas, d'accord ?
08:01Moi je vois les soucis de logement par exemple,
08:04qu'ont en particulier les gens.
08:05Vous savez, jamais la demande de logement sociaux n'était aussi importante dans notre pays.
08:09Oui, mais pour tout ça...
08:10Jamais on a aussi peu construit.
08:11J'entends bien, mais pour tout ça, il faut un gouvernement, quel qu'il soit.
08:15Est-ce que par exemple Emmanuel Macron...
08:16Non, pas quel qu'il soit justement, parce qu'il nous faut un gouvernement
08:18qui se dise, ok on règle la question budgétaire,
08:20mais il y a d'autres phases du redressement.
08:22Il y a un redressement industriel qui est nécessaire,
08:24et il y a un redressement en termes de logement par exemple.
08:26Quand on dit que sur les dix dernières années, il y a une baisse de 20% de la natalité,
08:31la première cause chez les jeunes couples, c'est de dire,
08:33qu'est-ce qu'on va faire en matière de logement ?
08:34Si Emmanuel Macron vous proposait de former un gouvernement,
08:37est-ce que vous étudieriez la question, vous ?
08:39Écoutez, je pense que l'hypothèse n'est franchement pas sur la table,
08:41et je vous dis, je refuse de...
08:43Qui a Matignon après Bayrou ?
08:45Je vous dis, n'importe qui.
08:47Je ne me place pas dans le jeu des petits noms et de petites ambitions.
08:50C'est pas un jeu, c'est pas un jeu.
08:52N'importe qui, du moment que la première chose qui est posée sur la table,
08:56c'est la question de la justice fiscale.
08:58De dire, on va demander aux Français des efforts.
09:00Il y a deux conditions pour moi, pour ça,
09:02pour qu'il y ait des efforts qui soient demandés aux Français.
09:04C'est que ça se soit des efforts qui soient faits dans la justice,
09:06que les petits payent petits et que les gros payent gros,
09:09et qu'on n'est pas à l'inverse, un pays où c'est les petits qui payent gros
09:11et les gros qui payent petits.
09:13C'est la première chose.
09:14Et la deuxième chose, c'est que ça rouvre un horizon qu'on dise aux Français,
09:17voilà l'effort que vous allez faire,
09:19mais voilà pour quel réconfort,
09:20parce que votre pays va mieux se porter,
09:22parce que vous allez pouvoir mieux vous loger,
09:24mieux vivre, simplement vivre de votre travail.
09:26Bloquons-tout, ça a encore un sens le 10 septembre ?
09:28Écoutez, moi je pense que notre rôle est de débloquer tout dans le pays,
09:32mais évidemment...
09:33Vous êtes plus débloquons-tout que bloquons-tout ?
09:34Je pense qu'il nous faut un débloquant-tout,
09:36mais vous savez ce qu'il faut débloquer ?
09:38C'est ce disque rayé qui circule depuis 40 ans
09:40et qui fait qu'on nous dit concurrence, croissance, mondialisation, marché,
09:43et que c'est un mantra qui est aujourd'hui mort.
09:46Il y a 30 ans déjà, on était en 1995,
09:49et il y a 30 ans déjà, les Français disaient non à ça,
09:51ça s'appelait le plan Juppé.
09:53On a l'impression d'une répétition de l'histoire,
09:55et 30 ans après, ce sont les Français qui viennent dire non au plan Bérou.
09:58De revivre ce qu'on a vécu il y a un an.
09:59Merci François Ruffin.
10:00Parce que les politiques ne changent pas d'orientation,
10:02alors il y a un désir profond chez les Français d'en changer.
10:04Regardez, il est là, Alex.
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