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  • il y a 18 minutes
Il avait révélé, peu de temps après avoir quitté Bercy, que des milliers de Français fortunés ne payaient pas d'impôt sur le revenu. Des documents obtenus par deux sénateurs ont fini par lui donner raison. Et par invalider les déclarations du gouvernement, qui a fini par admettre : "oui, ça existe". Aujourd'hui libre de sa parole, l'ancien ministre de l'Economie Eric Lombard est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 27 février 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h43, il a été ministre de l'économie pendant quelques mois, entre décembre 2024 et octobre 2025.
00:08Et puis il a retrouvé sa liberté de parole. Eric Lombard est donc l'invité d'RTL Matin.
00:12Bonjour et bienvenue sur RTL, Eric Lombard.
00:13Bonjour Thomas Soto.
00:14Une question politique pour commencer.
00:15Quand Jean-Luc Mélenchon, hier en meeting à Lyon, s'attaque à la prononciation du nom Epstein, Epstein ou Epstein,
00:21qu'est-ce que vous entendez vous ?
00:23Bon, c'est évidemment les codes de l'antisémitisme, c'est inadmissible.
00:26Mais, même si l'antisémitisme c'est grave, ce qui est pire, c'est le soutien apporté à la jeune
00:31garde.
00:32Dont deux militants, anciens collaborateurs d'un député LFI, sont impliqués dans la mort tragique du jeune Quentin de Ranck,
00:42et qu'il a à nouveau soutenu cette nuit.
00:44C'est pas possible.
00:46Soutien indéfectible.
00:47En disant que c'était un guet-apens, mais qu'est-ce que c'est qu'un guet-apens, où
00:50les soi-disant auteurs du guet-apens sont ceux qui sont tués ?
00:53C'est pas possible, c'est inacceptable.
00:55Vous êtes un homme de gauche, Éric Lombard. Il représente quoi pour vous aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon ?
00:59Ça a été votre famille politique ?
01:02Je ne qualifie pas comme étant de gauche un parti qui tient ses positions.
01:08Et il me semble que d'ailleurs, si on veut...
01:10Il est dangereux, Jean-Luc Mélenchon, pour vous aujourd'hui ?
01:12Il est antisémite ? Est-ce qu'on peut mettre des mots clairs ?
01:14Il est dangereux ? Il est antisémite ? Il n'est pas dangereux ? Il n'est pas antisémite ?
01:17Il est quoi ?
01:18Il est antisémite ? La réponse à Jean-Luc Mélenchon, elle doit se faire dans les urnes, elle doit se
01:25faire par la confrontation politique sur les idées.
01:28Raison pour laquelle, si on veut en 2027, lors de la présidentielle, éviter qu'on se retrouve face à un
01:33choix entre Jean-Luc Mélenchon et entre le Rassemblement National,
01:37la coalition, l'espace central, qui aujourd'hui va du Parti Socialiste à LR, doit s'organiser afin de porter
01:45un message qui nous permette,
01:47je fais évidemment partie de cet espace central, d'aller au deuxième tour et de gagner.
01:51Et pour cela, en fait, il y a beaucoup en commun entre tous ces partis qui, en réalité, aujourd'hui
01:56gouvernent ensemble,
01:57puisque il y a ceux qui sont dans la majorité, qui soutiennent le gouvernement,
02:01et le Parti Socialiste qui n'est pas dans la majorité, qui est dans l'opposition, mais qui permet de
02:05nous avancions.
02:05Vous, vous jouez dans quelle équipe, en fait ? Parce qu'on sent bien que vous avez un intérêt pour
02:082027, vous jouez dans quelle équipe ?
02:10Vous dites que vous partagez pas la ligne du PS, pas celle de LR, on imagine que LFI et RN,
02:14c'est pas votre truc, il reste qui ?
02:16Aujourd'hui, je suis indépendant, je parle à tous les partis, à tous les responsables de cet espace politique,
02:22et je travaille pour faire une plateforme, pour faire un programme qui permette de rassembler.
02:27Parce que pour avoir fait partie du gouvernement, l'idéal serait de rassembler tout cet espace qui va du Parti
02:33Socialiste jusqu'à LR.
02:34Nous avons gouverné ensemble, et encore une fois, j'associe le Parti Socialiste qui, dans l'opposition,
02:39a permis que nous passions un budget en 2025, et a permis que le budget de...
02:42Donc vous faites du socle commun une plateforme politique ?
02:45Il faut l'élargir, il faut l'élargir pour que le Parti Socialiste puisse être associé,
02:50pour qu'il y ait une base programmatique, notamment sur la construction européenne,
02:53notamment sur la recherche d'équité, sur la préparation de l'avenir,
02:57que sur tous ces thèmes, on ait des projets communs,
03:01nous permettant idéalement au premier tour, et en tout cas au deuxième tour,
03:04de nous rassembler, pour que... et la personnalité qui émergera...
03:09Vous pensez à quelqu'un ou pas, vous ?
03:10Non, c'est beaucoup trop tôt.
03:12Sincèrement, c'est trop tôt ?
03:12C'est beaucoup trop tôt.
03:13C'est quoi le calendrier ?
03:14Ça serait quand ?
03:14Parce que tout le monde dit, il faudra un seul candidat pour le centre,
03:18il faudra un seul...
03:18Et ils sont tous sur la ligne de départ,
03:20et personne n'est capable de dire quel va être le mode de désignation.
03:23Si on reprend ce qui s'est passé il y a dix ans,
03:25et si on se met à la même époque, il y a dix ans,
03:27il y avait beaucoup de candidats,
03:27c'était le moment où François Fillon était en tête des sondages,
03:32où on pensait que François Hollande allait se représenter,
03:35et vous avez vu ce qui s'est passé ensuite.
03:37Donc c'est un processus qui va être chaotique,
03:40comme il est toujours dans les campagnes présidentielles,
03:42plein d'incertitudes,
03:43et je pense que cette incarnation,
03:46elle ne va pas apparaître aux yeux des Français,
03:48les sondages vont faire beaucoup,
03:49pendant la fin de l'année.
03:50En tout cas, ce qui est très clair et ce qui est original dans ce que vous proposez,
03:52vous voulez vraiment réunir du Parti Socialiste aux Républicains,
03:56avec les macronistes.
03:57Et travailler sur le fond d'ici là,
03:59parce que si on travaille sur le fond,
04:01sur des projets encore une fois,
04:02sur l'Europe, sur l'équité,
04:04sur la préparation de l'avenir,
04:05on verra que ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous sépare.
04:08Et vous pensez vraiment que Bruno Retailleau et Olivier Faure
04:11ont des choses à faire en commun dans une campagne présidentielle ?
04:14Eh bien, quand nous avons préparé le budget 2025,
04:18sans faire croire qu'ils étaient d'accord,
04:20mais nous avons pu trouver des sujets
04:23qui ont permis à LR de voter pour ce budget,
04:25et au Parti Socialiste de s'abstenir.
04:28Et si la question, encore une fois,
04:30c'est de trouver un espace de progrès pour le pays,
04:32avec un projet positif,
04:34un projet de redressement de la France,
04:38eh bien, c'est dans cet espace qu'il va se faire.
04:40Vous avez commencé votre question...
04:42C'est un peu paradoxal, pardon, je vous interromps.
04:43...en disant que l'EFI pouvait être dangereux
04:45et le Rassemblement National, pour moi, l'est aussi.
04:48Donc, c'est bien dans cet espace que la solution réside.
04:52C'est un peu paradoxal, parce que j'ai lu une interview de vous,
04:54dans laquelle vous critiquez la méthode Lecornu.
04:56Vous n'êtes pas content du budget tel qu'il est sorti,
04:57ce budget qui a été construit par LR et par l'EPS.
05:00Et finalement, vous dites, bah, c'est pas bien ce qu'on a fait sur le budget,
05:03mais c'est ça qu'il faut faire pour demain.
05:05C'est la bonne base politique.
05:08Après, sur la méthode de préparation du budget,
05:10qui est un autre sujet, j'aurais fait différemment.
05:14Ça m'empêche pas de soutenir à la fois ce gouvernement,
05:17de considérer que c'est mieux d'avoir un budget
05:18que de ne pas avoir de budget.
05:22Le débat que j'ai sur la question,
05:24c'est que le gouvernement doit prendre des positions plus fermes,
05:26puisqu'on voit bien que sinon,
05:28dès lors qu'il y a une dispersion des idées,
05:32s'il n'y a pas le gouvernement qui donne la ligne,
05:34eh bien, la synthèse ne se fait pas naturellement
05:36entre les parties de cet espace central.
05:38Bon, Eric Lombard, venons-en à la justice fiscale,
05:40ou plutôt à l'injustice fiscale.
05:41Comment est-il possible que 13 335 foyers,
05:44qui ont un patrimoine supérieur à 1,3 million,
05:46ne payent pas d'impôts sur les revenus ?
05:48Pour une part importante, c'est l'application des textes,
05:51et la Commission des Finances du Sénat le dit.
05:54Mais pour une part non négligeable,
05:56c'est lié à ce qu'on appelle la suroptimisation fiscale.
05:58Ce qui est légal.
05:59L'équité, c'est légal.
06:00L'équité, dans notre pays, c'est essentiel.
06:03Et il y a beaucoup de Françaises et de Français
06:05qui se disent, mais nous, on paye des impôts,
06:07on paye des cotisations sociales.
06:08C'est le cas d'ailleurs de 99,9% des Françaises et des Français.
06:11Et certains peuvent trouver des montages
06:14permettant de réduire leur base fiscale.
06:16Je pense qu'il faut faire deux choses.
06:17La première chose, c'est d'avoir une analyse précise.
06:20Parce que le travail remarquable qui a été fait par
06:22Claude Rénard et la Commission des Finances du Sénat,
06:24c'est basé sur les personnes qui payent l'impôt
06:26sur la fortune immobilière.
06:27Mais ça n'inclut pas le patrimoine financier.
06:30Il y a une Commission des Finances
06:31qui a été lancée par Charles de Courson
06:33à l'Assemblée Nationale.
06:35Une commission d'enquête.
06:36Il faut qu'on comprenne mieux ce qui se passe.
06:39Combien de personnes sont touchées ?
06:40Vous pensez que c'est plus que 13 000 ?
06:41Bien sûr que oui.
06:42C'est combien ?
06:43C'est probablement quelques dizaines de milliers.
06:45Combien ? C'est quoi quelques dizaines ?
06:46Est-ce que ça va ? 20 000 ? 60 000 ? 100 000 ?
06:47Entre les 13 000 identifiés par le Sénat,
06:50c'est certainement moins de 100 000.
06:52Moins de 100 000.
06:53Donc ça touche entre 0,1 et 0,3% des Français
06:57sur lequel il faut qu'on analyse ce qui se passe
07:00et qu'ensuite démocratiquement,
07:03on regarde est-ce qu'on est satisfait de cela.
07:06Ma conviction en termes d'équité,
07:08c'est qu'avec ces nouvelles méthodes
07:09permettant de piloter ces revenus,
07:11quand on a des revenus assez importants,
07:13il faut que l'imposition soit aussi indexée
07:16sur le patrimoine, en tout cas sur l'épargne financière.
07:18C'est ça qui ramène de l'équité.
07:20J'étais contre l'impôt sur la fortune.
07:22Pourquoi vous ne l'avez pas fait quand vous étiez ministre ?
07:24Je l'avais proposé quand j'étais ministre.
07:26Je vais proposer deux choses quand j'étais ministre.
07:28D'avoir un outil qui s'appelait
07:29la contribution sur les hauts patrimoines.
07:31Et je souhaitais en revanche
07:33qu'on ne fasse pas la surtaxe d'impôt sur les entreprises.
07:36Parce qu'aussi bien faut-il taxer les personnes
07:38qui ont des patrimoines importants,
07:39mais il faut protéger les entreprises.
07:42La décision qui a été prise par le gouvernement,
07:43et je n'y étais plus,
07:44c'était de faire la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés
07:47et de ne pas faire cette mesure d'équité.
07:50Et ça, vous le saviez quand vous étiez ministre de l'économie,
07:51qu'il y avait peut-être 100 000 foyers
07:54qui ne payaient pas d'impôts ?
07:55Vous le saviez ?
07:55Oui, le débat avait eu lieu l'année dernière
07:58devant l'Assemblée nationale
07:59au moment du débat sur la taxe Zuckman
08:01où le gouvernement avait dit
08:02il y a un problème,
08:03il y a d'autres solutions
08:04que la solution proposée par Gabriel Zuckman.
08:06Donc le diagnostic, on l'avait ?
08:07Donc le diagnostic commençait à apparaître.
08:10Et pourquoi, pardon,
08:11mais pourquoi Amélie de Monchalin
08:12qui était ministre des comptes publics
08:13et qui est aujourd'hui présente de la Cour des comptes,
08:15vous a répondu le 14 janvier à l'Assemblée
08:17c'est pas vrai.
08:18C'est pas vrai que des dizaines de milliers de Français
08:20fortunés ne payent pas l'impôt sur l'ovenu.
08:21Il n'y a pas de document à Bercy
08:23qui le montrerait.
08:24Elle l'a menti
08:25ou elle ne le savait pas
08:26ou elle est menteuse ou incompétente ?
08:29Pardon de poser la question comme ça.
08:30Elle est incroyablement compétente et honnête
08:32et d'ailleurs je suis très heureux
08:33qu'elle soit nommée à la Cour des comptes
08:34où elle a fait un travail remarquable.
08:36Donc elle n'a pas dit la vérité ?
08:37Ça indique que ce travail
08:38était en gestation à Bercy.
08:40D'ailleurs, j'ai eu des dialogues
08:42avec les équipes
08:43mais il n'y a pas de notes.
08:44En tout cas, quand j'étais à Bercy,
08:45il n'y avait pas de notes sur le sujet
08:46et j'avais demandé qu'on creuse le sujet.
08:48Et je maintiens d'ailleurs cette demande
08:49mais la commission d'enquête
08:51va le demander aussi
08:52afin qu'on ait une vision
08:53beaucoup plus complète du sujet
08:55et qu'on évite ces différences d'interprétation
08:58qui sont basées sur le fait
08:59qu'il n'y a pas, encore une fois,
09:00d'analyse complète
09:01de cette question de l'équité fiscale.
09:02Dernière question, Marine Le Pen
09:04s'est agacée cette semaine
09:05de ce qu'on pourrait appeler
09:05les nominations de fin de règne
09:07d'Emmanuel Macron.
09:08Donc Amélie de Montchalin
09:09qu'on évoquait à la Cour des comptes,
09:11il va remplacer le gouverneur
09:12de la Banque de France,
09:13François Villeroy de Gallo
09:13avant la fin de son mandat
09:14pour y placer vraisemblablement
09:16l'actuel secrétaire général de l'Elysée.
09:18Il va y avoir le Conseil d'État.
09:19Il a placé un fidèle
09:20parmi les fidèles au Conseil constitutionnel.
09:22Ça vous gêne, vous ?
09:23C'est le jeu, ça ?
09:24Mais ce n'est pas le jeu.
09:25C'est le fonctionnement normal
09:26des institutions.
09:27Non, de mettre fin au mandat
09:29un peu plus tôt que prévu
09:30pour pouvoir placer quelqu'un de sûr
09:31avant une présidentielle,
09:32ce n'est pas le fonctionnement normal.
09:34Le fonctionnement normal,
09:35c'est que quand un mandat se libère,
09:38la personne va être remplacée.
09:40Pour ce qui me concerne
09:41à la Caisse des dépôts,
09:42j'ai été nommé ministre.
09:43Je suis très heureux
09:44que Olivier Sichel me remplace.
09:46Le gouverneur de la Banque de France
09:48a décidé d'aller travailler
09:50pour l'intérêt général
09:51avec les apprentis d'Auteuil.
09:52Ça libère le poste.
09:53Le président de la République
09:54fera la nomination.
09:55En revanche,
09:56il y a beaucoup d'institutions
09:57qu'on ne cite pas
09:58dont les responsables vont rester
10:00au-delà de l'élection présidentielle.
10:02Et ce sera le ou la prochaine présidente
10:03qui procédera à leur remplacement.
10:05C'est le fonctionnement normal
10:06des institutions.
10:07Donc il n'y a pas de sujet.
10:07Merci beaucoup, Eric Lombard,
10:08d'être venu sur...
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