00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h43, il a été ministre de l'économie pendant quelques mois, entre décembre 2024 et octobre 2025.
00:08Et puis il a retrouvé sa liberté de parole. Eric Lombard est donc l'invité d'RTL Matin.
00:12Bonjour et bienvenue sur RTL, Eric Lombard.
00:13Bonjour Thomas Soto.
00:14Une question politique pour commencer.
00:15Quand Jean-Luc Mélenchon, hier en meeting à Lyon, s'attaque à la prononciation du nom Epstein, Epstein ou Epstein,
00:21qu'est-ce que vous entendez vous ?
00:23Bon, c'est évidemment les codes de l'antisémitisme, c'est inadmissible.
00:26Mais, même si l'antisémitisme c'est grave, ce qui est pire, c'est le soutien apporté à la jeune
00:31garde.
00:32Dont deux militants, anciens collaborateurs d'un député LFI, sont impliqués dans la mort tragique du jeune Quentin de Ranck,
00:42et qu'il a à nouveau soutenu cette nuit.
00:44C'est pas possible.
00:46Soutien indéfectible.
00:47En disant que c'était un guet-apens, mais qu'est-ce que c'est qu'un guet-apens, où
00:50les soi-disant auteurs du guet-apens sont ceux qui sont tués ?
00:53C'est pas possible, c'est inacceptable.
00:55Vous êtes un homme de gauche, Éric Lombard. Il représente quoi pour vous aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon ?
00:59Ça a été votre famille politique ?
01:02Je ne qualifie pas comme étant de gauche un parti qui tient ses positions.
01:08Et il me semble que d'ailleurs, si on veut...
01:10Il est dangereux, Jean-Luc Mélenchon, pour vous aujourd'hui ?
01:12Il est antisémite ? Est-ce qu'on peut mettre des mots clairs ?
01:14Il est dangereux ? Il est antisémite ? Il n'est pas dangereux ? Il n'est pas antisémite ?
01:17Il est quoi ?
01:18Il est antisémite ? La réponse à Jean-Luc Mélenchon, elle doit se faire dans les urnes, elle doit se
01:25faire par la confrontation politique sur les idées.
01:28Raison pour laquelle, si on veut en 2027, lors de la présidentielle, éviter qu'on se retrouve face à un
01:33choix entre Jean-Luc Mélenchon et entre le Rassemblement National,
01:37la coalition, l'espace central, qui aujourd'hui va du Parti Socialiste à LR, doit s'organiser afin de porter
01:45un message qui nous permette,
01:47je fais évidemment partie de cet espace central, d'aller au deuxième tour et de gagner.
01:51Et pour cela, en fait, il y a beaucoup en commun entre tous ces partis qui, en réalité, aujourd'hui
01:56gouvernent ensemble,
01:57puisque il y a ceux qui sont dans la majorité, qui soutiennent le gouvernement,
02:01et le Parti Socialiste qui n'est pas dans la majorité, qui est dans l'opposition, mais qui permet de
02:05nous avancions.
02:05Vous, vous jouez dans quelle équipe, en fait ? Parce qu'on sent bien que vous avez un intérêt pour
02:082027, vous jouez dans quelle équipe ?
02:10Vous dites que vous partagez pas la ligne du PS, pas celle de LR, on imagine que LFI et RN,
02:14c'est pas votre truc, il reste qui ?
02:16Aujourd'hui, je suis indépendant, je parle à tous les partis, à tous les responsables de cet espace politique,
02:22et je travaille pour faire une plateforme, pour faire un programme qui permette de rassembler.
02:27Parce que pour avoir fait partie du gouvernement, l'idéal serait de rassembler tout cet espace qui va du Parti
02:33Socialiste jusqu'à LR.
02:34Nous avons gouverné ensemble, et encore une fois, j'associe le Parti Socialiste qui, dans l'opposition,
02:39a permis que nous passions un budget en 2025, et a permis que le budget de...
02:42Donc vous faites du socle commun une plateforme politique ?
02:45Il faut l'élargir, il faut l'élargir pour que le Parti Socialiste puisse être associé,
02:50pour qu'il y ait une base programmatique, notamment sur la construction européenne,
02:53notamment sur la recherche d'équité, sur la préparation de l'avenir,
02:57que sur tous ces thèmes, on ait des projets communs,
03:01nous permettant idéalement au premier tour, et en tout cas au deuxième tour,
03:04de nous rassembler, pour que... et la personnalité qui émergera...
03:09Vous pensez à quelqu'un ou pas, vous ?
03:10Non, c'est beaucoup trop tôt.
03:12Sincèrement, c'est trop tôt ?
03:12C'est beaucoup trop tôt.
03:13C'est quoi le calendrier ?
03:14Ça serait quand ?
03:14Parce que tout le monde dit, il faudra un seul candidat pour le centre,
03:18il faudra un seul...
03:18Et ils sont tous sur la ligne de départ,
03:20et personne n'est capable de dire quel va être le mode de désignation.
03:23Si on reprend ce qui s'est passé il y a dix ans,
03:25et si on se met à la même époque, il y a dix ans,
03:27il y avait beaucoup de candidats,
03:27c'était le moment où François Fillon était en tête des sondages,
03:32où on pensait que François Hollande allait se représenter,
03:35et vous avez vu ce qui s'est passé ensuite.
03:37Donc c'est un processus qui va être chaotique,
03:40comme il est toujours dans les campagnes présidentielles,
03:42plein d'incertitudes,
03:43et je pense que cette incarnation,
03:46elle ne va pas apparaître aux yeux des Français,
03:48les sondages vont faire beaucoup,
03:49pendant la fin de l'année.
03:50En tout cas, ce qui est très clair et ce qui est original dans ce que vous proposez,
03:52vous voulez vraiment réunir du Parti Socialiste aux Républicains,
03:56avec les macronistes.
03:57Et travailler sur le fond d'ici là,
03:59parce que si on travaille sur le fond,
04:01sur des projets encore une fois,
04:02sur l'Europe, sur l'équité,
04:04sur la préparation de l'avenir,
04:05on verra que ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous sépare.
04:08Et vous pensez vraiment que Bruno Retailleau et Olivier Faure
04:11ont des choses à faire en commun dans une campagne présidentielle ?
04:14Eh bien, quand nous avons préparé le budget 2025,
04:18sans faire croire qu'ils étaient d'accord,
04:20mais nous avons pu trouver des sujets
04:23qui ont permis à LR de voter pour ce budget,
04:25et au Parti Socialiste de s'abstenir.
04:28Et si la question, encore une fois,
04:30c'est de trouver un espace de progrès pour le pays,
04:32avec un projet positif,
04:34un projet de redressement de la France,
04:38eh bien, c'est dans cet espace qu'il va se faire.
04:40Vous avez commencé votre question...
04:42C'est un peu paradoxal, pardon, je vous interromps.
04:43...en disant que l'EFI pouvait être dangereux
04:45et le Rassemblement National, pour moi, l'est aussi.
04:48Donc, c'est bien dans cet espace que la solution réside.
04:52C'est un peu paradoxal, parce que j'ai lu une interview de vous,
04:54dans laquelle vous critiquez la méthode Lecornu.
04:56Vous n'êtes pas content du budget tel qu'il est sorti,
04:57ce budget qui a été construit par LR et par l'EPS.
05:00Et finalement, vous dites, bah, c'est pas bien ce qu'on a fait sur le budget,
05:03mais c'est ça qu'il faut faire pour demain.
05:05C'est la bonne base politique.
05:08Après, sur la méthode de préparation du budget,
05:10qui est un autre sujet, j'aurais fait différemment.
05:14Ça m'empêche pas de soutenir à la fois ce gouvernement,
05:17de considérer que c'est mieux d'avoir un budget
05:18que de ne pas avoir de budget.
05:22Le débat que j'ai sur la question,
05:24c'est que le gouvernement doit prendre des positions plus fermes,
05:26puisqu'on voit bien que sinon,
05:28dès lors qu'il y a une dispersion des idées,
05:32s'il n'y a pas le gouvernement qui donne la ligne,
05:34eh bien, la synthèse ne se fait pas naturellement
05:36entre les parties de cet espace central.
05:38Bon, Eric Lombard, venons-en à la justice fiscale,
05:40ou plutôt à l'injustice fiscale.
05:41Comment est-il possible que 13 335 foyers,
05:44qui ont un patrimoine supérieur à 1,3 million,
05:46ne payent pas d'impôts sur les revenus ?
05:48Pour une part importante, c'est l'application des textes,
05:51et la Commission des Finances du Sénat le dit.
05:54Mais pour une part non négligeable,
05:56c'est lié à ce qu'on appelle la suroptimisation fiscale.
05:58Ce qui est légal.
05:59L'équité, c'est légal.
06:00L'équité, dans notre pays, c'est essentiel.
06:03Et il y a beaucoup de Françaises et de Français
06:05qui se disent, mais nous, on paye des impôts,
06:07on paye des cotisations sociales.
06:08C'est le cas d'ailleurs de 99,9% des Françaises et des Français.
06:11Et certains peuvent trouver des montages
06:14permettant de réduire leur base fiscale.
06:16Je pense qu'il faut faire deux choses.
06:17La première chose, c'est d'avoir une analyse précise.
06:20Parce que le travail remarquable qui a été fait par
06:22Claude Rénard et la Commission des Finances du Sénat,
06:24c'est basé sur les personnes qui payent l'impôt
06:26sur la fortune immobilière.
06:27Mais ça n'inclut pas le patrimoine financier.
06:30Il y a une Commission des Finances
06:31qui a été lancée par Charles de Courson
06:33à l'Assemblée Nationale.
06:35Une commission d'enquête.
06:36Il faut qu'on comprenne mieux ce qui se passe.
06:39Combien de personnes sont touchées ?
06:40Vous pensez que c'est plus que 13 000 ?
06:41Bien sûr que oui.
06:42C'est combien ?
06:43C'est probablement quelques dizaines de milliers.
06:45Combien ? C'est quoi quelques dizaines ?
06:46Est-ce que ça va ? 20 000 ? 60 000 ? 100 000 ?
06:47Entre les 13 000 identifiés par le Sénat,
06:50c'est certainement moins de 100 000.
06:52Moins de 100 000.
06:53Donc ça touche entre 0,1 et 0,3% des Français
06:57sur lequel il faut qu'on analyse ce qui se passe
07:00et qu'ensuite démocratiquement,
07:03on regarde est-ce qu'on est satisfait de cela.
07:06Ma conviction en termes d'équité,
07:08c'est qu'avec ces nouvelles méthodes
07:09permettant de piloter ces revenus,
07:11quand on a des revenus assez importants,
07:13il faut que l'imposition soit aussi indexée
07:16sur le patrimoine, en tout cas sur l'épargne financière.
07:18C'est ça qui ramène de l'équité.
07:20J'étais contre l'impôt sur la fortune.
07:22Pourquoi vous ne l'avez pas fait quand vous étiez ministre ?
07:24Je l'avais proposé quand j'étais ministre.
07:26Je vais proposer deux choses quand j'étais ministre.
07:28D'avoir un outil qui s'appelait
07:29la contribution sur les hauts patrimoines.
07:31Et je souhaitais en revanche
07:33qu'on ne fasse pas la surtaxe d'impôt sur les entreprises.
07:36Parce qu'aussi bien faut-il taxer les personnes
07:38qui ont des patrimoines importants,
07:39mais il faut protéger les entreprises.
07:42La décision qui a été prise par le gouvernement,
07:43et je n'y étais plus,
07:44c'était de faire la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés
07:47et de ne pas faire cette mesure d'équité.
07:50Et ça, vous le saviez quand vous étiez ministre de l'économie,
07:51qu'il y avait peut-être 100 000 foyers
07:54qui ne payaient pas d'impôts ?
07:55Vous le saviez ?
07:55Oui, le débat avait eu lieu l'année dernière
07:58devant l'Assemblée nationale
07:59au moment du débat sur la taxe Zuckman
08:01où le gouvernement avait dit
08:02il y a un problème,
08:03il y a d'autres solutions
08:04que la solution proposée par Gabriel Zuckman.
08:06Donc le diagnostic, on l'avait ?
08:07Donc le diagnostic commençait à apparaître.
08:10Et pourquoi, pardon,
08:11mais pourquoi Amélie de Monchalin
08:12qui était ministre des comptes publics
08:13et qui est aujourd'hui présente de la Cour des comptes,
08:15vous a répondu le 14 janvier à l'Assemblée
08:17c'est pas vrai.
08:18C'est pas vrai que des dizaines de milliers de Français
08:20fortunés ne payent pas l'impôt sur l'ovenu.
08:21Il n'y a pas de document à Bercy
08:23qui le montrerait.
08:24Elle l'a menti
08:25ou elle ne le savait pas
08:26ou elle est menteuse ou incompétente ?
08:29Pardon de poser la question comme ça.
08:30Elle est incroyablement compétente et honnête
08:32et d'ailleurs je suis très heureux
08:33qu'elle soit nommée à la Cour des comptes
08:34où elle a fait un travail remarquable.
08:36Donc elle n'a pas dit la vérité ?
08:37Ça indique que ce travail
08:38était en gestation à Bercy.
08:40D'ailleurs, j'ai eu des dialogues
08:42avec les équipes
08:43mais il n'y a pas de notes.
08:44En tout cas, quand j'étais à Bercy,
08:45il n'y avait pas de notes sur le sujet
08:46et j'avais demandé qu'on creuse le sujet.
08:48Et je maintiens d'ailleurs cette demande
08:49mais la commission d'enquête
08:51va le demander aussi
08:52afin qu'on ait une vision
08:53beaucoup plus complète du sujet
08:55et qu'on évite ces différences d'interprétation
08:58qui sont basées sur le fait
08:59qu'il n'y a pas, encore une fois,
09:00d'analyse complète
09:01de cette question de l'équité fiscale.
09:02Dernière question, Marine Le Pen
09:04s'est agacée cette semaine
09:05de ce qu'on pourrait appeler
09:05les nominations de fin de règne
09:07d'Emmanuel Macron.
09:08Donc Amélie de Montchalin
09:09qu'on évoquait à la Cour des comptes,
09:11il va remplacer le gouverneur
09:12de la Banque de France,
09:13François Villeroy de Gallo
09:13avant la fin de son mandat
09:14pour y placer vraisemblablement
09:16l'actuel secrétaire général de l'Elysée.
09:18Il va y avoir le Conseil d'État.
09:19Il a placé un fidèle
09:20parmi les fidèles au Conseil constitutionnel.
09:22Ça vous gêne, vous ?
09:23C'est le jeu, ça ?
09:24Mais ce n'est pas le jeu.
09:25C'est le fonctionnement normal
09:26des institutions.
09:27Non, de mettre fin au mandat
09:29un peu plus tôt que prévu
09:30pour pouvoir placer quelqu'un de sûr
09:31avant une présidentielle,
09:32ce n'est pas le fonctionnement normal.
09:34Le fonctionnement normal,
09:35c'est que quand un mandat se libère,
09:38la personne va être remplacée.
09:40Pour ce qui me concerne
09:41à la Caisse des dépôts,
09:42j'ai été nommé ministre.
09:43Je suis très heureux
09:44que Olivier Sichel me remplace.
09:46Le gouverneur de la Banque de France
09:48a décidé d'aller travailler
09:50pour l'intérêt général
09:51avec les apprentis d'Auteuil.
09:52Ça libère le poste.
09:53Le président de la République
09:54fera la nomination.
09:55En revanche,
09:56il y a beaucoup d'institutions
09:57qu'on ne cite pas
09:58dont les responsables vont rester
10:00au-delà de l'élection présidentielle.
10:02Et ce sera le ou la prochaine présidente
10:03qui procédera à leur remplacement.
10:05C'est le fonctionnement normal
10:06des institutions.
10:07Donc il n'y a pas de sujet.
10:07Merci beaucoup, Eric Lombard,
10:08d'être venu sur...
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