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  • il y a 3 mois
Alors que le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu mène d'ultimes négociations jusqu'à mercredi soir à la demande d'Emmanuel Macron, le PS réclame un Premier ministre issu de la gauche et LFI tente de convoquer ce mardi matin une réunion des composantes fondatrices de la Nupes et du NFP. Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 07 octobre 2025.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le coordinateur national de la France Insoumise, il est aussi député de Marseille, Manuel Bompard, et l'invité d'RTL Matin.
00:08Bonjour et bienvenue sur RTL, Manuel Bompard.
00:10Exaspérant, affligeant, désespérant, colère, voilà les mots qui reviennent dans la bouche des français,
00:15dans les messages que nos auditeurs envoient face au cirque politique du moment.
00:19Et ils vous mettent tous dans le même sac.
00:21Est-ce que vous êtes collectivement, par vos postures, par vos ambitions, par vos obstinations,
00:25et au final, par votre irresponsabilité collective, tous en train de tuer la politique ?
00:31Le spectacle auquel on assiste ces derniers jours est évidemment un spectacle pathétique
00:35et je comprends évidemment la colère qui s'exprime à travers les réactions que vous lisez à l'instant.
00:42Maintenant, la question qui nous est posée, bah moi, ma responsabilité, vous savez,
00:46c'est d'avoir l'année dernière, au moment des élections législatives, présenter un programme
00:50et de rester fidèle à ce programme.
00:52Et je veux dire aux gens qui nous écoutent, vous ne pouvez pas reprocher à des représentants politiques
00:57de considérer que la parole qu'ils ont donnée au moment des élections, c'est une parole qui les engage.
01:01Et donc, moi, je continue à défendre les propositions politiques que l'on a mises sur la table
01:05parce que je pense que ce sont les solutions dont a besoin le pays aujourd'hui pour sortir de cette situation.
01:10Maintenant, il y a un point de blocage et notre responsabilité,
01:13c'est de trouver une manière de débloquer la situation politique du pays.
01:17Votre responsabilité, c'est de réussir à vous entendre un minute.
01:19Hier, Sébastien Lecornu a dit qu'il faut toujours préférer son pays à son parti.
01:24Mais évidemment, mais notre responsabilité, ce n'est pas de nous entendre à tout prix
01:28comme si on pouvait faire croire que, quelles que soient les options politiques
01:32qu'on a défendues au moment des élections, en fait, ça n'aurait aucune valeur
01:35et qu'on penserait tous la même chose.
01:37On ne pense pas tous la même chose et ce n'est pas grave, c'est ça la démocratie.
01:40Et donc, précisément, quand on est dans un point de blocage,
01:42pour débloquer la situation, il faut revenir devant les électrices et les électeurs
01:46pour leur permettre de trancher entre les différentes options politiques qui sont sur la table.
01:50Écoutez, aujourd'hui, vous avez des sondages qui vous disent
01:52que plus de 70% de la population est pour la démission du président de la République
01:56et son départ.
01:57La démission plus que la dissolution pour vous ?
01:59Ah ben évidemment, parce que rien ne nous permet aujourd'hui d'être certain
02:04que la dissolution de l'Assemblée nationale permettrait de sortir du blocage.
02:08Si demain, il y a une dissolution de l'Assemblée nationale
02:10et on se retrouve avec une configuration de l'Assemblée qui est la même,
02:13on n'aura rien avancé.
02:14Très bien, ça sera la démocratie et donc s'il doit y avoir une dissolution,
02:17évidemment, moi je suis prêt à rentrer en campagne
02:19pour proposer un autre chemin, un autre avenir pour le pays.
02:22Mais je pense que si on veut vraiment sortir du blocage,
02:24on a besoin d'un moment de respiration démocratique
02:26et dans la Ve République, c'est l'élection présidentielle
02:29qui joue ce rôle majeur de respiration démocratique.
02:32Donc il faut que le président de la République comprenne ça.
02:34Le fondateur de la Ve République, lui-même,
02:37qui n'était pas un ami politique sur plein d'aspects,
02:39avait compris que quand vous n'avez plus la légitimité populaire,
02:42quand le roi est nu, à un moment, il faut être capable de dire
02:44que c'est aux Françaises et aux Français de trancher.
02:46Alors on n'en est pas là, on ne sait pas encore ce que fera,
02:48ce que décidera Emmanuel Macron qui a dit qu'il prendrait ses responsabilités.
02:53Là, on a 48 heures jusqu'à demain soir
02:55pour que Sébastien Lecornu tente de trouver une solution.
02:57Il va mener d'ultimes négociations.
03:00Vous irez le voir, vous ou pas ?
03:01À ma connaissance, pour l'instant en tout cas,
03:03on n'a pas été d'abord invités.
03:04Oui, mais ça, ça devrait se régler assez vite.
03:06Et pour le reste, moi j'ai toujours été très clair.
03:08Si vous invite, vous irez.
03:09Non, mais moi j'ai toujours été très clair.
03:10Je n'ai pas l'intention de participer à une grande coalition
03:13avec les macronistes,
03:15parce que je pense que ce serait le brouillage total des repères politiques.
03:18Et comme je vous l'ai dit tout à l'heure,
03:19je crois, et c'est pour ça que je me permettais de corriger
03:21la manière avec laquelle vous posez votre question,
03:23que la démocratie, ce n'est pas la négation des désaccords.
03:26Ce n'est pas ça.
03:26Mais c'est se parler, la démocratie.
03:28Mais évidemment.
03:28Donc est-ce que vous irez à Matignon ?
03:30S'il s'agit d'aller participer à des discussions
03:34pour constituer une grande coalition,
03:35je n'irai pas dans une grande coalition
03:37et la France insoumise ne participera pas à une grande coalition.
03:40Ça ne l'empêche pas de se parler à l'Assemblée nationale,
03:42de débattre, de faire des propositions d'amendements, etc.
03:45Et pour ça, il y a besoin que l'Assemblée nationale
03:47puisse aussi dire son mot.
03:48Bon, et donc pour ça, il y a besoin
03:50qu'on ait une forme de stabilité qui revienne.
03:52Et cette stabilité, elle n'est pas possible
03:54dans la configuration actuelle.
03:55Est-ce que donc vous faites partie de ceux qui disent
03:57on censurera systématiquement tout gouvernement
03:59jusqu'à la dissolution ou la démission ?
04:01Non, moi je fais partie de ceux qui disent,
04:03les mots sont importants,
04:05que nous, nous censurons tout gouvernement
04:07qui s'inscrit dans la continuité de la politique
04:09avec Emmanuel Macron.
04:11Tout gouvernement qui ne mène pas
04:12une rupture politique avec la politique macroniste.
04:15Ça veut dire que vous êtes ouvert
04:16s'il y a un Premier ministre de gauche
04:17qui est appelé à Matignon ?
04:18Honnêtement, je ne crois pas
04:19que cette hypothèse soit aujourd'hui sur la table.
04:21Olivier Faure, il y croyait en tout cas.
04:22Oui, je sais, il y a un mois aussi.
04:26Encore une fois,
04:26je veux bien examiner
04:28tous les scénarios de politique fiction
04:30et j'ai dit clairement
04:31que tout gouvernement
04:32qui s'inscrirait dans la continuité
04:34avec la politique macroniste
04:35nous le censureront.
04:36Mais sincèrement,
04:37si on veut sortir de cette situation,
04:40on ne va pas refaire encore
04:41pendant un an
04:41des gouvernements
04:42qui tombent tous les trois mois
04:44jusqu'à 2027.
04:45Vous n'êtes pas prêt à parler
04:46avec Gabriel Attal, par exemple ?
04:47Mais non, mais parce qu'on n'est pas d'accord.
04:49C'est pas juste parler,
04:50ce n'est pas le sujet.
04:52S'y parler,
04:53c'est avec l'objectif à la fin
04:54de trouver un accord,
04:55de se mettre d'accord
04:56sur une coalition.
04:57Et moi, je refuse absolument
04:59toute forme de coalition
05:00avec les macronistes.
05:01Hier, vous avez ressuscité
05:02le NFP,
05:03le nouveau Front Populaire
05:04qui vous avait enterré
05:05cent fois,
05:05comme les socialistes d'ailleurs.
05:07Il est encore vivant ?
05:08Vous avez encore des choses
05:08à vous dire avec les socialistes
05:09ou pas ?
05:09Là, aujourd'hui, demain ?
05:11Je pense que notre devoir,
05:13quand on a l'année dernière
05:14été élus ensemble,
05:16gagner ensemble
05:17les élections législatives
05:19sur la base d'un programme,
05:20le devoir de toutes celles
05:21et ceux qui ont fait cette démarche
05:22l'année dernière,
05:23c'est de se réunir
05:24pour proposer un chemin
05:26face à la situation de blocage.
05:28Moi, je le souhaite,
05:28mais manifestement,
05:30les socialistes ne le souhaitent pas
05:31puisqu'ils ont dit
05:32qu'il n'était pas question
05:33pour eux de participer
05:34à quelque réunion que ce soit.
05:35Il ne vous a pas échappé,
05:36pardon, Manuel Bompard,
05:37qu'en février dernier,
05:38Jean-Luc Mélenchon
05:38parlait d'une alliance toxique
05:40avec les socialistes
05:41et qu'au mois d'août,
05:42à vos universités d'été,
05:43tout le monde déteste
05:45l'université.
05:45Oui, mais ce n'est pas neutre.
05:47Mais il ne vous a pas échappé,
05:48M. Soto,
05:48que le Parti socialiste,
05:49à six reprises,
05:50n'a pas censuré
05:50le gouvernement de François Bayrou,
05:52qu'un député socialiste
05:53disait de nous
05:54que nous étions des salopards
05:55à la tribune de leur congrès.
05:57Donc, on peut,
05:58si vous voulez...
05:58Mais à un moment,
06:00il faut être capable
06:00de faire face
06:01à la responsabilité
06:02que nécessite aujourd'hui
06:04l'urgence de la situation
06:05du pays.
06:06Donc, moi,
06:07je dis qu'à un moment,
06:08il faut être capable
06:08de cette démarche.
06:10Donc, ce que je vous dis,
06:11c'est qu'en quittant
06:11votre studio tout à l'heure,
06:13à 9h,
06:13nous aurons une réunion.
06:15Dans cette réunion,
06:16il y aura les insoumis,
06:17les écologistes,
06:18si j'ai bien compris,
06:19les communistes
06:20et qu'a priori,
06:21pour l'instant,
06:21les socialistes disent
06:22qu'ils ne souhaitent pas
06:22participer à cette réunion.
06:24Eh bien,
06:24si ça doit être le cas
06:25et s'ils vont au bout
06:26de cette démarche,
06:27ils en assumeront
06:28la responsabilité
06:29devant le pays.
06:29Bon, et si Olivier Faure
06:31était appelé à Matignon,
06:32est-ce que vous pourriez
06:33travailler avec lui ?
06:34Mais j'ai déjà répondu
06:35à cette question.
06:35Il n'est pas question
06:36pour nous, évidemment,
06:37de participer à une grande
06:38coalition avec les macronistes.
06:40Non, mais là,
06:40si c'est une coalition,
06:41si c'est le NFP,
06:42si c'est ce qu'on...
06:42Ah, mais si c'était
06:43le programme du NFP,
06:44un gouvernement du NFP
06:45pour mettre en place
06:46le programme du NFP,
06:47on l'a proposé l'année dernière.
06:48Je n'ai pas de raison
06:48de ne plus être d'accord avec ça.
06:49Mais je pense que
06:50tout le monde a compris
06:51que ce n'est plus la démarche
06:52dans laquelle le Parti Socialiste
06:53s'est engagé.
06:54J'ai entendu hier
06:55sur un plateau de télévision
06:56dire qu'il voulait discuter
06:57avec Gabriel Attal
06:57pour essayer de trouver
06:58les conditions d'un accord.
06:59Je vous l'ai dit,
07:00ce n'est pas mon état d'esprit.
07:02En fait, on a l'impression
07:02que comme avec Barnier,
07:03comme avec Bayrou,
07:04avec Le Cornu,
07:04chacun campe sur ses positions.
07:06Mais justement,
07:08au risque de me répéter,
07:09Thomas Soto,
07:10c'est précisément pour...
07:11Il ne va la comprendre,
07:12décidément.
07:12C'est précisément...
07:13Non, je ne crois pas,
07:13je crois que vous avez bien compris.
07:15C'est précisément pour éviter
07:16qu'on reproduise en permanence
07:17des solutions qui ne fonctionnent pas
07:19que je me permets
07:20avec mes amis de la France Insoumise
07:22d'en mettre une note sur la table.
07:23Et donc de dire,
07:24et elle devrait quand même
07:25interpeller tout le monde,
07:26on est en démocratie.
07:28En démocratie,
07:28quand il y a une situation de blocage,
07:30qu'est-ce que vous voulez faire d'autre
07:31que de rendre la parole
07:32au souverain ?
07:33Et le souverain,
07:33c'est le peuple.
07:34Bon.
07:35Nous sommes le 7 octobre,
07:36Manuel Bompard,
07:37deux ans après le pogrom
07:38commis par le Hamas en Israël
07:39qui a eu une conséquence
07:40chez nous en France,
07:40c'est l'explosion des actes antisémites.
07:42Qu'est-ce que vous avez envie de dire
07:43aux Juifs de France ce matin,
07:45aux Juifs de France
07:46qui parfois sont obligés
07:47de cacher leur nom
07:48sur les boîtes aux lettres,
07:49qui changent leur nom
07:50quand ils commandent une pizza
07:51et des choses comme ça ?
07:52Je leur dis qu'évidemment,
07:53s'ils sont ciblés
07:54en raison de leur appartenance
07:56religieuse ou culturelle,
07:58c'est totalement inacceptable
08:00et que je les soutiens totalement
08:02et que l'antisémitisme,
08:04comme toutes les formes de racisme,
08:05n'ont rien à faire
08:06dans la politique française.
08:08Maintenant, vous faites un lien,
08:09je le comprends,
08:10entre ces deux événements.
08:12Je veux dire aussi
08:13que les Juifs de France...
08:14C'est un lien qui existe.
08:15Évidemment.
08:16Je veux juste dire aussi
08:17que les Juifs de France
08:18ne sont pas comptables
08:20de la politique du gouvernement
08:22de M. Netanyahou
08:23qui, elle, est insupportable
08:24et inacceptable
08:26et qu'il faut la condamner
08:27mais que je n'en rends
08:28évidemment pas responsables
08:30ou comptables,
08:31les Juifs de France
08:32et que si des personnes
08:33dans notre pays le font,
08:34ils se trompent.
08:35Comment apaiser le pays
08:36et retrouver un peu
08:36ce goût du vivre ensemble ?
08:38Vous pensez que c'est encore possible
08:39ou c'est allé trop loin ?
08:40Non, je pense évidemment
08:41que c'est encore possible
08:42et que c'est pour ça
08:43que notre responsabilité
08:44c'est de redonner à ce pays
08:47des perspectives
08:47qui sont des perspectives
08:48d'avenir.
08:50On a des grandes choses à faire.
08:51On peut être
08:51la première nation écologique
08:53du monde,
08:53on peut enfin avoir
08:54des services publics
08:55qui fonctionnent mieux,
08:56on peut investir
08:58dans le numérique,
09:00dans l'économie de la mer,
09:01dans l'espace.
09:02Il y a plein de belles choses
09:03qu'on peut faire ensemble
09:03et c'est pour ça
09:04qu'on ne peut pas se permettre
09:05d'avoir encore un pays
09:06qui est bloqué encore
09:08pendant deux ans.
09:09Il va y avoir des élections
09:09présidentielles en 2027.
09:11Faisons-les maintenant
09:11pour qu'on puisse enfin
09:12reprendre de l'avant.
09:14Merci beaucoup Manuel Bompard
09:15d'être venu sur RTL ce matin.
09:16Il y en a un qui est déjà candidat.
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