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  • il y a 5 mois
A 72 heures d'un vote décisif à l'Assemblée nationale, le Premier ministre peut-il encore convaincre une majorité de députés et obtenir la confiance ? Il est l'invité de RTL Matin.
Regardez Le Premier Ministre, François Bayrou, est l'invité de Thomas Sotto du 05 septembre 2025.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Le Premier ministre François Bayrou est avec nous jusqu'à 8h30 à mes côtés pour l'interroger Marc-Olivier Fogiel.
00:07Bonjour Marc-Olivier.
00:08Bonjour Thomas, bonjour à toutes et à tous.
00:10Et bonjour et bienvenue donc Monsieur le Premier ministre.
00:12Bonjour.
00:12Merci d'avoir accepté notre invitation et d'être là ce matin sur RTL.
00:16Parce que vous vous faites un peu rare ces jours-ci, on vous voit peu, on vous entend peu.
00:20C'est évidemment un clin d'œil car les Français ont remarqué votre hyperactivité médiatique.
00:24Ils ont remarqué que vous vous battez.
00:26Les Français justement, François Bayrou, mais aussi vos opposants politiques.
00:29Et même une partie de ceux qui sont censés vous soutenir à l'Assemblée disent et répètent en boucle, Bayrou c'est fini.
00:34Ils ont déjà tourné la page.
00:36Vous l'avez dit hier soir au 20h de France 2, vous êtes là pour convaincre.
00:39Mais quand on vous écoute, François Bayrou, on a l'impression que vous avez renoncé à convaincre les politiques,
00:44que vous vous adressez maintenant aux Français, que vous les prenez à témoin du désastre annoncé, que le match est plié.
00:51C'est ça ? Vous en êtes là ?
00:52Bonjour d'abord.
00:53Bravo.
00:55Qu'est-ce qui est important ?
00:57C'est le monde politique, avec ses habitudes et ses manières d'être, qui semblent en effet avoir décidé à l'avance.
01:09En tout cas, il a le monde politique, monsieur le Premier ministre.
01:11Ou bien ce sont les Français.
01:12Oui, mais il a votre sort entre les mains, le monde politique.
01:14Oui.
01:14Il a le sort du gouvernement, entre ses mains.
01:19Donc là, vous parlez au français ?
01:20Et donc, ce qui est essentiel pour moi, c'est que grandissent dans l'esprit des Français, s'installent dans leur esprit,
01:31l'idée que nous sommes comme pays, comme nation, devant un problème que nous ne pouvons pas écarter, éluder, qu'on écarte depuis des décennies.
01:39Mais ça, ils le savent, pardon, monsieur le Premier ministre, ils le savent, les sondages le prouvent, ils savent que la dette est un problème.
01:44Et ce n'est pas un référendum, lundi ?
01:46Excusez-moi, vous dites qu'ils le savent.
01:49Moi, je pense que s'ils le savaient, le monde politique ne serait pas dans ce sentiment de vouloir abattre le gouvernement.
01:59Mais en gros, monsieur le Premier ministre, vous faites donc une tournée d'adieu sous les applaudissements pour que les Français comprennent, à votre départ, que la situation est très grave.
02:07Mais c'est ça la réalité.
02:09Vous présentez les choses comme si la politique et le spectacle, c'est la même chose.
02:14Non, pas du tout.
02:15Vous avez entendu tout à l'heure les papiers du service politique de Hertel qui disaient que vous faisiez semblant d'y croire.
02:20Le théâtre, manifestement, vous y participez aussi en faisant semblant.
02:23Monsieur Fongel, est-ce qu'on peut s'écouter jusqu'au bout de nos phrases ?
02:27Je vous écouterai, je vous le promets, je m'y engage.
02:30Et il faut qu'on puisse s'entendre dans tous les sens, dans les deux sens.
02:37La politique, ce n'est pas du spectacle.
02:39Ce n'est pas une tournée, entre guillemets, d'adieu, comme vous dites.
02:44Je suis un responsable politique.
02:46Je l'étais avant d'être Premier ministre et je le resterai après.
02:50La question, elle est beaucoup plus simple.
02:53C'est, est-ce que notre pays a mesuré la gravité de la situation devant laquelle il se trouve ?
03:02Et la situation, elle est de deux piliers, si j'ose dire.
03:08Premier pilier, la France est un pays qui ne produit pas assez.
03:12Qui ne produit plus assez.
03:14Si on regarde la différence entre la production de la France,
03:19et la production, c'est ce qui va faire des salaires et de l'activité et des emplois.
03:26Si on regarde la différence entre la production des Français
03:28et la production de nos voisins, de nos voisins allemands, de nos voisins néerlandais,
03:33alors on s'aperçoit qu'avec les Allemands, il y a 16%.
03:36Ils produisent 16% par habitant, de plus que nous.
03:40Et les Néerlandais, les Pays-Bas, ils produisent 35% de plus que nous.
03:47Imaginez-vous ce que ça serait si nous avions 16% de plus de salaire.
03:51Vous l'avez dit depuis dix jours, Monsieur le Premier ministre.
03:53Pardon, Monsieur le Premier ministre, mais on n'en est plus là dans le calendrier.
03:55Parce que vous avez choisi d'accélérer ce calendrier.
03:58Pardonnez la familiarité de ma question, mais c'est un mot qu'on entend beaucoup.
04:01Y compris dans votre famille politique, en demandant ce vote de clarification.
04:05Est-ce que vous avez fait une connerie ?
04:07Beaucoup de gens disent ça, dans votre entourage, dans le sangle commun.
04:11C'est le mot qui revient. Est-ce que c'est une erreur ?
04:13Est-ce que c'est une faute politique ? Parce que précisément, vous sacrifiez ce pour quoi vous vous battez.
04:17Eh bien, vous vous trompez sur toute la ligne.
04:19Et ceux qui disent ça, évidemment, ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
04:24Qu'est-ce qui était en train de se produire ?
04:25C'est que, je viens de décrire la question de la production,
04:29sur la deuxième question, qui est la question de l'endettement du pays,
04:33qui est une voie d'eau dans la coque du navire, et l'eau monte dans la cale.
04:37C'est Simone, vous en avez déjà parlé.
04:40Oui, enfin, je ne suis pas sûr.
04:42Si vous interrompez chaque fois celui qui essaie de décrire une situation,
04:48en disant vous l'avez déjà dit, si je l'avais déjà dit, tout le monde en serait persuadé.
04:53Sauf que, monsieur le Premier ministre, cette situation que vous décrivez,
04:55qu'on a bien entendu, et qu'on va vous laisser décrire, bien entendu.
04:58Concrètement, lundi, probablement, vous ne serez plus là pour la régler, cette situation.
05:02C'est en ça que la question de Thomas est évidemment légitime.
05:05C'est que, d'une certaine manière, est-ce une connerie de partir dans cette situation-là,
05:11certes, en la décrivant si bien, mais en même temps, presque en l'aggravant,
05:15et en la laissant à votre successeur, qui va forcément faire des concessions,
05:20et donc pas la régler.
05:21Je disais, vous vous trompez sur toute la ligne.
05:23Alors, allez-y.
05:24Pourquoi ?
05:26Comme vous savez, j'ai donné en plusieurs étapes au pays
05:31une photographie de la situation,
05:35qui est une photographie alarmante d'une situation alarmante.
05:39Et, en avril, et puis au mois de juillet,
05:42on a proposé un plan, la dimension d'un plan.
05:46Et qu'est-ce qui s'est passé pendant l'été ?
05:50Pendant tout l'été, le débat s'est focalisé,
05:53non pas du tout sur la situation,
05:56sa gravité et son urgence.
05:58On a parlé des jours fériés.
05:59Mais le débat s'est focalisé, comme vous dites, sur des mesures.
06:03Et il n'y avait plus que ça.
06:06Et pourquoi ne pas avoir déminé ?
06:07Pourquoi ne pas avoir déminé cette question dont on sentait qu'elle était bloquante ?
06:12J'ai déminé cette question tous les jours,
06:15en indiquant que, bien entendu, j'étais prêt,
06:18dès l'instant qu'on me ferait des propositions,
06:20à condition qu'on s'accorde sur le but atteint.
06:23Donc, ça veut dire que c'est un faux procès que vous font les oppositions
06:26et même vos partenaires.
06:27Nicolas Sarkozy qui dit que vous n'avez pas suffisamment consulté les forces politiques.
06:32Les deux présidents de l'Assemblée,
06:33Yael Broun-Pivet qui dit qu'il aurait peut-être fallu davantage dialoguer cet été.
06:37Et Gérard Larcher qui dit qu'il est dans une forme de solitude.
06:40Donc, c'est un faux procès qu'on vous fait ?
06:42C'est un faux procès, mais les procès en politique, vous le savez bien,
06:46c'est quotidien.
06:48Toute la journée, on vous fait des procès.
06:51Simplement, il faut savoir si vous avez un cap
06:52et si vous êtes capable de suivre ce cap.
06:55Et si vous êtes capable de défendre ce cap.
06:57Et c'est ce que je fais.
06:59Pourquoi ?
07:00Quel est le fond de cette affaire ?
07:01Le fond de cette affaire, c'est que vous ne pouvez pas conduire
07:04une politique qui est une politique exigeante.
07:06Pas impossible, pas de sacrifice, pas d'austérité.
07:11On n'en est pas là.
07:12On y sera, je crains, dans quelques temps.
07:15Mais on n'en est pas là.
07:18Simplement, cette politique-là, elle demande des efforts à chacun.
07:22Et ces efforts à chacun, on ne peut pas les conduire
07:24s'il n'y a pas la prise de conscience par le pays
07:27que ceci est vital pour notre avenir.
07:30Monsieur Bayrou, les Français semblent prendre conscience.
07:33Il y a un sondage, Toluna Harris Interactive pour RTL,
07:35qui disait cette semaine que 56% d'entre eux
07:38sont favorables à la réduction des déficits.
07:39Mais peut-être qu'ils ne vous comprennent pas.
07:41Est-ce que votre problème aujourd'hui n'est pas
07:43d'être devenu le pompier pyromane ?
07:45Celui qui veut éteindre le feu,
07:47qui l'a contribué à allumer.
07:48Valérie Pécresse, qui était là il y a quelques jours,
07:51disait ici même,
07:52François Bayrou, je le mets dans le sac
07:54de ceux qui ont cramé la caisse.
07:56Oui, vous voyez, ça me rappelle un autre sondage.
08:02Hier, on a demandé aux Français
08:05est-ce que la classe politique est à la hauteur de la situation ?
08:08Est-ce que les partis politiques sont à la hauteur de la situation ?
08:10Les résultats sont cataclysmiques.
08:11Et 85% !
08:13Et donc moi je mets dans le sac tous ceux qui interviennent
08:16sur les aspects secondaires.
08:20Non mais elle s'appuie quand même sur des faits
08:21puisque vous avez soutenu Ségolène Royal, puis François Hollande.
08:24Je n'ai pas soutenu Ségolène Royal.
08:25Vous avez voté pour eux ?
08:26Non mais non, vous répétez ce que Nicolas Sarkozy dit.
08:30On peut faire ce choix.
08:33En 2007, je n'ai pas soutenu Ségolène Royal
08:35et je n'ai pas voté pour elle.
08:36Je n'ai pas voté non plus pour Nicolas Sarkozy
08:38pour des raisons qui sont apparues.
08:40Alors on va prendre 2017,
08:41ils avaient accompagné Emmanuel Macron évidemment jusqu'à l'Elysée
08:43et la dette s'est alourdie.
08:46On sait pour quelles conditions
08:47puisqu'il y a eu des crises, mais en même temps...
08:48Eh bien, vous ne décrivez pas la réalité.
08:50Alors on va le faire ensemble.
08:52Quand Emmanuel Macron a été élu,
08:56pendant les deux premières années du mandat,
08:59il a au contraire baissé les déficits,
09:01baissé les dépenses publiques.
09:03C'est difficile de prendre que les deux premières années.
09:04Il y avait 2281 milliards de dettes quand il est arrivé.
09:08Il y en a plus de 3300, presque 3350 aujourd'hui.
09:10Est-ce qu'on peut réfléchir ensemble ?
09:12Qu'est-ce qui s'est passé en 2020 ?
09:14Oui, on connaît les crises.
09:15On connaît le Covid, on connaît la guerre en Ukraine,
09:17on connaît les problèmes sur l'énergie.
09:18Eh bien, le Covid, le monde entier s'est arrêté.
09:22Et la France a dit,
09:25nous allons sauver les entreprises,
09:28c'est-à-dire sauver les emplois,
09:30c'est-à-dire sauver les familles.
09:31Et ça veut dire que vous, en responsabilité,
09:33vous n'étiez pas à l'époque, mais vous n'étiez pas loin,
09:35vous auriez fait les mêmes choix
09:36pour alourdir cette dette,
09:38pour sauver les entreprises ?
09:40Sur le Covid, certainement oui.
09:41Et sur le reste ?
09:42Certainement oui.
09:43Vous auriez fait la même chose ?
09:44Et après est arrivée la guerre en Ukraine,
09:46et après est arrivée l'explosion du prix de l'énergie
09:48à cause de la guerre en Ukraine,
09:50et après est arrivée la crise de l'inflation,
09:52et après est arrivé ce qui est en train de se produire
09:55avec les Etats-Unis étant...
09:57Et donc vous auriez fait la même chose ?
09:58Non, j'aurais certainement essayé.
10:01Une fois qu'on a fait le quoi qu'il en coûte,
10:05vous vous souvenez,
10:05on a sauvé toutes les entreprises françaises.
10:08Et personne ne l'a contesté à l'époque ?
10:10Non seulement personne ne l'a contesté...
10:11Et les gens s'en sont réjouis à l'époque ?
10:13Non seulement personne ne l'a contesté,
10:14mais les responsables politiques que vous indiquiez,
10:17alors ils sont tous montés à la tribune pour demander plus.
10:21C'est d'ailleurs le cas,
10:22parce que la réalité de ce qu'un gouvernement décide
10:26en matière de dette du pays,
10:29c'est pour les Français qui en bénéficient directement,
10:32qu'ils le décident.
10:33En particulier, comme vous savez,
10:36une très grande partie de la dette, c'est les retraites.
10:39Monsieur le Premier ministre,
10:40revenons à la situation actuelle,
10:42à ce qui va se passer d'ici lundi.
10:43Il y a une question que beaucoup se posent.
10:45Vous avez appelé à des solidarités entre générations,
10:47vous avez même reproché de stigmatiser les boomers.
10:50Mais pourquoi cette solidarité ne devrait-elle pas s'appliquer aux riches ?
10:53Pourquoi ne pas faire payer les très riches ?
10:56Pourquoi ne devraient-ils pas être solidaires eux aussi ?
10:59Eh bien, j'ai annoncé, si vous vous en souvenez,
11:01le 15 juillet, en effet,
11:03que nous allions prendre une décision fiscale,
11:08qui est une décision de participation des plus aisés,
11:11des plus fortunés à la dépense commune.
11:17Et cette participation, j'ai indiqué que nous allions en fixer le cadre.
11:22Je vous donne le cadre.
11:23Il faut une participation des plus hauts revenus,
11:26et il faut une participation des plus hauts patrimoines.
11:29Il faut que les deux s'accordent dans une...
11:32Mais pas jusqu'à la taxe Zuckmann,
11:33qui prévoit 2% d'imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions.
11:38Alors, arrêtons-nous sur cette idée.
11:42J'ai commencé en disant,
11:44le premier problème de la France, c'est qu'on ne produit pas assez.
11:48C'est que tous les autres autour de nous,
11:51en Europe même,
11:53arrivent à produire exactement les sommes qui nous manquent
11:58pour avoir des salaires convenables
12:00et pour avoir des rentrées pour l'État qui soient à la hauteur.
12:03Donc ça serait contre-productif, cette taxe, c'est ça ?
12:05Et donc, si vous dites ça...
12:08Alors, vous voyez que créer une fiscalité dérogatoire
12:14sur, je devrais dire, contre les entreprises,
12:18c'est évidemment...
12:19Et contre les investisseurs,
12:20c'est évidemment contradictoire.
12:22J'ajoute une deuxième chose qui est très simple.
12:25Cette taxe est inconstitutionnelle.
12:27Tous les constitutionnalistes...
12:28Alors, ça s'est discuté entre les constitutionnalistes.
12:31Mais, non, non, non, ce débat-là...
12:33Ça n'est pas discuté.
12:35On fait comme si les faits n'existaient pas.
12:38C'est ça le problème des débats que nous avons aujourd'hui.
12:41C'est vrai sur la dette, c'est vrai sur ce point.
12:43Il y a une décision du Conseil constitutionnel en 2011
12:46qui dit que ce type de taxe
12:48qui va frapper au-delà d'un certain seuil de revenus...
12:55Le seuil confiscatoire.
12:56On ne va pas rentrer dans les délèbres techniques.
12:58Non, mais vous voyez...
12:58Quand même, non, non...
12:59Monsieur Bayrou.
12:59Monsieur Soto, on s'arrête une seconde.
13:03Vous dites, c'est très discuté.
13:05Et après, dans votre phrase,
13:06vous indiquez qu'en effet,
13:08cette définition du seuil confiscatoire existe.
13:10En tout cas, pour vous, c'est pas possible pour ces raisons-là.
13:13Mais ça n'est pas l'essentiel de ce que je dis.
13:16C'est pas juridique.
13:17La question, elle est économique.
13:18Mais il n'empêche que ça nourrit,
13:20et ça on l'entend dans les reportages qu'on fait,
13:22on le voit dans les messages qu'on reçoit,
13:23un sentiment d'injustice chez les Français.
13:25Ils ne comprennent pas.
13:27Ils ne comprennent pas pourquoi ce sont toujours
13:28ceux qui ont l'impression d'être en bas de l'échelle
13:30à qui on demande le plus d'efforts.
13:32C'est justifié ce sentiment d'injustice ?
13:34Vous répondez quoi à ça ?
13:35Je pense qu'on doit faire des progrès sur ce point.
13:40Je pense que le sentiment que vous décrivez
13:42parmi les Français qui sont au travail
13:46ou les Français retraités, il existe.
13:48Vous avez tout à l'heure dit quelque chose
13:50qui est inexact sur les boomers.
13:52Moi, je n'ai jamais ciblé...
13:54Boomer, qu'est-ce que c'est ?
13:55C'est les enfants du baby-boom.
13:58Ceux qui sont nés entre 45 et 65, on va dire,
14:01pour simplifier ces 20 années-là.
14:03Est-ce qu'ils sont responsables ?
14:06Ils ne le sont pas.
14:07Est-ce que je propose qu'on les cible ?
14:08Jamais.
14:09Je propose une chose, c'est qu'ils soient à côté de moi
14:12pour faire baisser la dette qu'ils vont laisser aux enfants.
14:16Alors justement, baisser la dette qu'ils vont laisser aux enfants,
14:18vous avez encore trois jours pour convaincre.
14:21Manifestement, arithmétiquement, pour la classe politique,
14:24ça semble cuit.
14:25Même si le PS s'abstient, ça ne passe pas.
14:28Qu'est-ce que vous pouvez mettre sur la table ?
14:30En plus, là vous avez parlé avec Thomas de la taxation des riches,
14:32en plus, pour essayer de faire bouger les lignes,
14:35ou alors c'est cuit.
14:36Là, il reste trois jours.
14:38À part venir, et on vous remercie de le faire encore ce matin sur RTL,
14:41faire de la pédagogie,
14:41qu'est-ce que vous mettez sur de la table ?
14:43Ce n'est pas de la pédagogie, c'est du combat.
14:44Du combat.
14:45Qu'est-ce que vous mettez sur la table concrètement
14:46pour faire bouger les lignes politiques ?
14:49Puisque c'est là où ça se joue.
14:50Lundi à l'Assemblée, à 14h.
14:51J'ai été frappé, j'ai reçu, comme vous savez,
14:55tous les groupes politiques,
14:57et j'en recevrai encore ce matin.
15:00Et ce qui était extraordinairement frappant,
15:03c'est qu'ils sont en désaccord profond
15:05sur toutes les décisions à prendre.
15:07Mais ils sont en accord profond
15:09sur le fait de vous faire sortir lundi.
15:10Oui, très bien.
15:13Qu'est-ce que vous mettez sur la table ?
15:14Il y a pire catastrophe dans la vie
15:16que la chute d'un gouvernement.
15:18Pas pour le pays, manifestement,
15:19puisque vous allez laisser une dette abyssale
15:21et avec des successeurs qui ne vont pas la régler.
15:24Vous avez exactement raison dans cette formule.
15:28Les conséquences de, en effet,
15:30cette décision qui sera,
15:32pourrait être prise lundi,
15:35les conséquences, c'est qu'on va désormais
15:37revenir en arrière sur cette exigence.
15:39Et donc, qu'est-ce que vous mettez sur la table
15:41dans les trois jours qui viennent
15:42pour ne pas revenir en arrière ?
15:43Je n'ai pas à mettre sur la table
15:45j'ai suffisamment de confiance
15:47ou on devrait avoir suffisamment de confiance
15:50dans les responsables politiques du pays
15:52pour que, devant une évidence aussi aveuglante,
15:56elle n'est devenue,
15:57permettez-moi cette remarque,
15:59elle n'est devenue cette exigence aveuglante
16:02que parce que nous avons fait
16:03cette prise de rendez-vous,
16:07ce défi...
16:07D'accord, mais en attendant,
16:08M. le Premier ministre,
16:09il faut bien que ça passe.
16:11Il n'est pas question de mettre une feuille blanche,
16:11de redire, voilà, on repart à zéro,
16:13l'objectif c'est le même,
16:14c'est 44 milliards,
16:14et on se met tous autour de la table,
16:16toutes couleurs politiques...
16:17C'est exactement ce que j'ai dit,
16:19c'est ce que j'ai proposé
16:20à toutes les forces politiques.
16:23Pour l'instant,
16:24ça n'a pas eu l'air de marcher.
16:25Mais vous dites...
16:26Alors, dites-le avec le cœur,
16:28M. le Premier ministre,
16:29vous avez un espoir
16:31pour lundi
16:31où vous faites semblant ?
16:33Il n'y a pas à faire semblant.
16:35Non, quand vous décidez
16:37qu'un combat est vital
16:38pour votre pays,
16:39vous entendez les mots que je dis ?
16:43Un combat vital pour votre pays.
16:45Quand vous décidez,
16:46quand vous voyez,
16:47et quand vous choisissez
16:50de l'affronter,
16:51il n'y a pas à faire semblant.
16:53Donc vous y croyez ?
16:53Il y a à mener le combat,
16:56et avec la certitude
16:57que, de toute façon,
16:59en ayant ouvert cette voie...
17:00Mais donc, vous ne dites pas
17:01j'y crois ?
17:02Si je vous écoute
17:05matin, midi et soir...
17:07C'est vous qu'on écoute ça.
17:08Alors, précisément,
17:10vous dites matin, midi et soir,
17:12c'est décidé,
17:13tout est réglé,
17:14les forces politiques ont décidé,
17:17elles finissent par dire
17:18oui, en effet,
17:19il y a un problème,
17:20nous sommes d'accord
17:21pour l'affronter,
17:21mais il ne faut pas prendre
17:23de mesures trop fortes
17:24pour l'affronter.
17:25Ça veut dire,
17:27il faut ne rien faire
17:29qui change l'orientation
17:30du mouvement
17:31que nous sommes en train
17:32de vivre et de subir,
17:34et il faut continuer
17:35un peu plus,
17:36plusieurs années de plus,
17:38à faire monter
17:39la dette du pays
17:40que les plus jeunes
17:41vont payer.
17:42Monsieur le Premier ministre...
17:43Vous savez ce qui m'a ému,
17:43vous parlez de cœur,
17:45vous savez ce qui m'a ému le plus ?
17:46C'est cette déclaration-là
17:49sur les jeunes générations.
17:53J'ai reçu
17:53nombre de messages
17:55de jeunes qui disent
17:56c'est la première fois
17:57qu'on parle de nous.
17:57C'est la première fois
17:59notre génération à nous
18:01qui se vit
18:02comme une génération sacrifiée
18:04et d'une certaine manière
18:06elle l'est.
18:06Monsieur le Premier ministre,
18:08quand j'avais 20 ans,
18:10il n'y avait pas de dette
18:10en France.
18:12Et aujourd'hui,
18:14comme vous savez,
18:15chaque mois,
18:18nous prenons
18:19de l'activité
18:20du pays,
18:21des richesses
18:22créées par le pays
18:23et nous les envoyons
18:24à nos créanciers.
18:25Pour rembourser
18:26les intérêts de la dette,
18:27ça fait depuis 1974
18:28qu'il n'y a pas eu
18:28un budget à l'équilibre
18:29donc c'est une responsabilité
18:30collective.
18:30Monsieur le Premier ministre,
18:31il n'y a pas eu
18:33de l'équilibre
18:34de l'équilibre
18:35de l'équilibre
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