- il y a 5 mois
A 72 heures d'un vote décisif à l'Assemblée nationale, le Premier ministre peut-il encore convaincre une majorité de députés et obtenir la confiance ? Il est l'invité de RTL Matin.
Regardez Le Premier Ministre, François Bayrou, est l'invité de Thomas Sotto du 05 septembre 2025.
Regardez Le Premier Ministre, François Bayrou, est l'invité de Thomas Sotto du 05 septembre 2025.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Le Premier ministre François Bayrou est avec nous jusqu'à 8h30 à mes côtés pour l'interroger Marc-Olivier Fogiel.
00:07Bonjour Marc-Olivier.
00:08Bonjour Thomas, bonjour à toutes et à tous.
00:10Et bonjour et bienvenue donc Monsieur le Premier ministre.
00:12Bonjour.
00:12Merci d'avoir accepté notre invitation et d'être là ce matin sur RTL.
00:16Parce que vous vous faites un peu rare ces jours-ci, on vous voit peu, on vous entend peu.
00:20C'est évidemment un clin d'œil car les Français ont remarqué votre hyperactivité médiatique.
00:24Ils ont remarqué que vous vous battez.
00:26Les Français justement, François Bayrou, mais aussi vos opposants politiques.
00:29Et même une partie de ceux qui sont censés vous soutenir à l'Assemblée disent et répètent en boucle, Bayrou c'est fini.
00:34Ils ont déjà tourné la page.
00:36Vous l'avez dit hier soir au 20h de France 2, vous êtes là pour convaincre.
00:39Mais quand on vous écoute, François Bayrou, on a l'impression que vous avez renoncé à convaincre les politiques,
00:44que vous vous adressez maintenant aux Français, que vous les prenez à témoin du désastre annoncé, que le match est plié.
00:51C'est ça ? Vous en êtes là ?
00:52Bonjour d'abord.
00:53Bravo.
00:55Qu'est-ce qui est important ?
00:57C'est le monde politique, avec ses habitudes et ses manières d'être, qui semblent en effet avoir décidé à l'avance.
01:09En tout cas, il a le monde politique, monsieur le Premier ministre.
01:11Ou bien ce sont les Français.
01:12Oui, mais il a votre sort entre les mains, le monde politique.
01:14Oui.
01:14Il a le sort du gouvernement, entre ses mains.
01:19Donc là, vous parlez au français ?
01:20Et donc, ce qui est essentiel pour moi, c'est que grandissent dans l'esprit des Français, s'installent dans leur esprit,
01:31l'idée que nous sommes comme pays, comme nation, devant un problème que nous ne pouvons pas écarter, éluder, qu'on écarte depuis des décennies.
01:39Mais ça, ils le savent, pardon, monsieur le Premier ministre, ils le savent, les sondages le prouvent, ils savent que la dette est un problème.
01:44Et ce n'est pas un référendum, lundi ?
01:46Excusez-moi, vous dites qu'ils le savent.
01:49Moi, je pense que s'ils le savaient, le monde politique ne serait pas dans ce sentiment de vouloir abattre le gouvernement.
01:59Mais en gros, monsieur le Premier ministre, vous faites donc une tournée d'adieu sous les applaudissements pour que les Français comprennent, à votre départ, que la situation est très grave.
02:07Mais c'est ça la réalité.
02:09Vous présentez les choses comme si la politique et le spectacle, c'est la même chose.
02:14Non, pas du tout.
02:15Vous avez entendu tout à l'heure les papiers du service politique de Hertel qui disaient que vous faisiez semblant d'y croire.
02:20Le théâtre, manifestement, vous y participez aussi en faisant semblant.
02:23Monsieur Fongel, est-ce qu'on peut s'écouter jusqu'au bout de nos phrases ?
02:27Je vous écouterai, je vous le promets, je m'y engage.
02:30Et il faut qu'on puisse s'entendre dans tous les sens, dans les deux sens.
02:37La politique, ce n'est pas du spectacle.
02:39Ce n'est pas une tournée, entre guillemets, d'adieu, comme vous dites.
02:44Je suis un responsable politique.
02:46Je l'étais avant d'être Premier ministre et je le resterai après.
02:50La question, elle est beaucoup plus simple.
02:53C'est, est-ce que notre pays a mesuré la gravité de la situation devant laquelle il se trouve ?
03:02Et la situation, elle est de deux piliers, si j'ose dire.
03:08Premier pilier, la France est un pays qui ne produit pas assez.
03:12Qui ne produit plus assez.
03:14Si on regarde la différence entre la production de la France,
03:19et la production, c'est ce qui va faire des salaires et de l'activité et des emplois.
03:26Si on regarde la différence entre la production des Français
03:28et la production de nos voisins, de nos voisins allemands, de nos voisins néerlandais,
03:33alors on s'aperçoit qu'avec les Allemands, il y a 16%.
03:36Ils produisent 16% par habitant, de plus que nous.
03:40Et les Néerlandais, les Pays-Bas, ils produisent 35% de plus que nous.
03:47Imaginez-vous ce que ça serait si nous avions 16% de plus de salaire.
03:51Vous l'avez dit depuis dix jours, Monsieur le Premier ministre.
03:53Pardon, Monsieur le Premier ministre, mais on n'en est plus là dans le calendrier.
03:55Parce que vous avez choisi d'accélérer ce calendrier.
03:58Pardonnez la familiarité de ma question, mais c'est un mot qu'on entend beaucoup.
04:01Y compris dans votre famille politique, en demandant ce vote de clarification.
04:05Est-ce que vous avez fait une connerie ?
04:07Beaucoup de gens disent ça, dans votre entourage, dans le sangle commun.
04:11C'est le mot qui revient. Est-ce que c'est une erreur ?
04:13Est-ce que c'est une faute politique ? Parce que précisément, vous sacrifiez ce pour quoi vous vous battez.
04:17Eh bien, vous vous trompez sur toute la ligne.
04:19Et ceux qui disent ça, évidemment, ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
04:24Qu'est-ce qui était en train de se produire ?
04:25C'est que, je viens de décrire la question de la production,
04:29sur la deuxième question, qui est la question de l'endettement du pays,
04:33qui est une voie d'eau dans la coque du navire, et l'eau monte dans la cale.
04:37C'est Simone, vous en avez déjà parlé.
04:40Oui, enfin, je ne suis pas sûr.
04:42Si vous interrompez chaque fois celui qui essaie de décrire une situation,
04:48en disant vous l'avez déjà dit, si je l'avais déjà dit, tout le monde en serait persuadé.
04:53Sauf que, monsieur le Premier ministre, cette situation que vous décrivez,
04:55qu'on a bien entendu, et qu'on va vous laisser décrire, bien entendu.
04:58Concrètement, lundi, probablement, vous ne serez plus là pour la régler, cette situation.
05:02C'est en ça que la question de Thomas est évidemment légitime.
05:05C'est que, d'une certaine manière, est-ce une connerie de partir dans cette situation-là,
05:11certes, en la décrivant si bien, mais en même temps, presque en l'aggravant,
05:15et en la laissant à votre successeur, qui va forcément faire des concessions,
05:20et donc pas la régler.
05:21Je disais, vous vous trompez sur toute la ligne.
05:23Alors, allez-y.
05:24Pourquoi ?
05:26Comme vous savez, j'ai donné en plusieurs étapes au pays
05:31une photographie de la situation,
05:35qui est une photographie alarmante d'une situation alarmante.
05:39Et, en avril, et puis au mois de juillet,
05:42on a proposé un plan, la dimension d'un plan.
05:46Et qu'est-ce qui s'est passé pendant l'été ?
05:50Pendant tout l'été, le débat s'est focalisé,
05:53non pas du tout sur la situation,
05:56sa gravité et son urgence.
05:58On a parlé des jours fériés.
05:59Mais le débat s'est focalisé, comme vous dites, sur des mesures.
06:03Et il n'y avait plus que ça.
06:06Et pourquoi ne pas avoir déminé ?
06:07Pourquoi ne pas avoir déminé cette question dont on sentait qu'elle était bloquante ?
06:12J'ai déminé cette question tous les jours,
06:15en indiquant que, bien entendu, j'étais prêt,
06:18dès l'instant qu'on me ferait des propositions,
06:20à condition qu'on s'accorde sur le but atteint.
06:23Donc, ça veut dire que c'est un faux procès que vous font les oppositions
06:26et même vos partenaires.
06:27Nicolas Sarkozy qui dit que vous n'avez pas suffisamment consulté les forces politiques.
06:32Les deux présidents de l'Assemblée,
06:33Yael Broun-Pivet qui dit qu'il aurait peut-être fallu davantage dialoguer cet été.
06:37Et Gérard Larcher qui dit qu'il est dans une forme de solitude.
06:40Donc, c'est un faux procès qu'on vous fait ?
06:42C'est un faux procès, mais les procès en politique, vous le savez bien,
06:46c'est quotidien.
06:48Toute la journée, on vous fait des procès.
06:51Simplement, il faut savoir si vous avez un cap
06:52et si vous êtes capable de suivre ce cap.
06:55Et si vous êtes capable de défendre ce cap.
06:57Et c'est ce que je fais.
06:59Pourquoi ?
07:00Quel est le fond de cette affaire ?
07:01Le fond de cette affaire, c'est que vous ne pouvez pas conduire
07:04une politique qui est une politique exigeante.
07:06Pas impossible, pas de sacrifice, pas d'austérité.
07:11On n'en est pas là.
07:12On y sera, je crains, dans quelques temps.
07:15Mais on n'en est pas là.
07:18Simplement, cette politique-là, elle demande des efforts à chacun.
07:22Et ces efforts à chacun, on ne peut pas les conduire
07:24s'il n'y a pas la prise de conscience par le pays
07:27que ceci est vital pour notre avenir.
07:30Monsieur Bayrou, les Français semblent prendre conscience.
07:33Il y a un sondage, Toluna Harris Interactive pour RTL,
07:35qui disait cette semaine que 56% d'entre eux
07:38sont favorables à la réduction des déficits.
07:39Mais peut-être qu'ils ne vous comprennent pas.
07:41Est-ce que votre problème aujourd'hui n'est pas
07:43d'être devenu le pompier pyromane ?
07:45Celui qui veut éteindre le feu,
07:47qui l'a contribué à allumer.
07:48Valérie Pécresse, qui était là il y a quelques jours,
07:51disait ici même,
07:52François Bayrou, je le mets dans le sac
07:54de ceux qui ont cramé la caisse.
07:56Oui, vous voyez, ça me rappelle un autre sondage.
08:02Hier, on a demandé aux Français
08:05est-ce que la classe politique est à la hauteur de la situation ?
08:08Est-ce que les partis politiques sont à la hauteur de la situation ?
08:10Les résultats sont cataclysmiques.
08:11Et 85% !
08:13Et donc moi je mets dans le sac tous ceux qui interviennent
08:16sur les aspects secondaires.
08:20Non mais elle s'appuie quand même sur des faits
08:21puisque vous avez soutenu Ségolène Royal, puis François Hollande.
08:24Je n'ai pas soutenu Ségolène Royal.
08:25Vous avez voté pour eux ?
08:26Non mais non, vous répétez ce que Nicolas Sarkozy dit.
08:30On peut faire ce choix.
08:33En 2007, je n'ai pas soutenu Ségolène Royal
08:35et je n'ai pas voté pour elle.
08:36Je n'ai pas voté non plus pour Nicolas Sarkozy
08:38pour des raisons qui sont apparues.
08:40Alors on va prendre 2017,
08:41ils avaient accompagné Emmanuel Macron évidemment jusqu'à l'Elysée
08:43et la dette s'est alourdie.
08:46On sait pour quelles conditions
08:47puisqu'il y a eu des crises, mais en même temps...
08:48Eh bien, vous ne décrivez pas la réalité.
08:50Alors on va le faire ensemble.
08:52Quand Emmanuel Macron a été élu,
08:56pendant les deux premières années du mandat,
08:59il a au contraire baissé les déficits,
09:01baissé les dépenses publiques.
09:03C'est difficile de prendre que les deux premières années.
09:04Il y avait 2281 milliards de dettes quand il est arrivé.
09:08Il y en a plus de 3300, presque 3350 aujourd'hui.
09:10Est-ce qu'on peut réfléchir ensemble ?
09:12Qu'est-ce qui s'est passé en 2020 ?
09:14Oui, on connaît les crises.
09:15On connaît le Covid, on connaît la guerre en Ukraine,
09:17on connaît les problèmes sur l'énergie.
09:18Eh bien, le Covid, le monde entier s'est arrêté.
09:22Et la France a dit,
09:25nous allons sauver les entreprises,
09:28c'est-à-dire sauver les emplois,
09:30c'est-à-dire sauver les familles.
09:31Et ça veut dire que vous, en responsabilité,
09:33vous n'étiez pas à l'époque, mais vous n'étiez pas loin,
09:35vous auriez fait les mêmes choix
09:36pour alourdir cette dette,
09:38pour sauver les entreprises ?
09:40Sur le Covid, certainement oui.
09:41Et sur le reste ?
09:42Certainement oui.
09:43Vous auriez fait la même chose ?
09:44Et après est arrivée la guerre en Ukraine,
09:46et après est arrivée l'explosion du prix de l'énergie
09:48à cause de la guerre en Ukraine,
09:50et après est arrivée la crise de l'inflation,
09:52et après est arrivé ce qui est en train de se produire
09:55avec les Etats-Unis étant...
09:57Et donc vous auriez fait la même chose ?
09:58Non, j'aurais certainement essayé.
10:01Une fois qu'on a fait le quoi qu'il en coûte,
10:05vous vous souvenez,
10:05on a sauvé toutes les entreprises françaises.
10:08Et personne ne l'a contesté à l'époque ?
10:10Non seulement personne ne l'a contesté...
10:11Et les gens s'en sont réjouis à l'époque ?
10:13Non seulement personne ne l'a contesté,
10:14mais les responsables politiques que vous indiquiez,
10:17alors ils sont tous montés à la tribune pour demander plus.
10:21C'est d'ailleurs le cas,
10:22parce que la réalité de ce qu'un gouvernement décide
10:26en matière de dette du pays,
10:29c'est pour les Français qui en bénéficient directement,
10:32qu'ils le décident.
10:33En particulier, comme vous savez,
10:36une très grande partie de la dette, c'est les retraites.
10:39Monsieur le Premier ministre,
10:40revenons à la situation actuelle,
10:42à ce qui va se passer d'ici lundi.
10:43Il y a une question que beaucoup se posent.
10:45Vous avez appelé à des solidarités entre générations,
10:47vous avez même reproché de stigmatiser les boomers.
10:50Mais pourquoi cette solidarité ne devrait-elle pas s'appliquer aux riches ?
10:53Pourquoi ne pas faire payer les très riches ?
10:56Pourquoi ne devraient-ils pas être solidaires eux aussi ?
10:59Eh bien, j'ai annoncé, si vous vous en souvenez,
11:01le 15 juillet, en effet,
11:03que nous allions prendre une décision fiscale,
11:08qui est une décision de participation des plus aisés,
11:11des plus fortunés à la dépense commune.
11:17Et cette participation, j'ai indiqué que nous allions en fixer le cadre.
11:22Je vous donne le cadre.
11:23Il faut une participation des plus hauts revenus,
11:26et il faut une participation des plus hauts patrimoines.
11:29Il faut que les deux s'accordent dans une...
11:32Mais pas jusqu'à la taxe Zuckmann,
11:33qui prévoit 2% d'imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions.
11:38Alors, arrêtons-nous sur cette idée.
11:42J'ai commencé en disant,
11:44le premier problème de la France, c'est qu'on ne produit pas assez.
11:48C'est que tous les autres autour de nous,
11:51en Europe même,
11:53arrivent à produire exactement les sommes qui nous manquent
11:58pour avoir des salaires convenables
12:00et pour avoir des rentrées pour l'État qui soient à la hauteur.
12:03Donc ça serait contre-productif, cette taxe, c'est ça ?
12:05Et donc, si vous dites ça...
12:08Alors, vous voyez que créer une fiscalité dérogatoire
12:14sur, je devrais dire, contre les entreprises,
12:18c'est évidemment...
12:19Et contre les investisseurs,
12:20c'est évidemment contradictoire.
12:22J'ajoute une deuxième chose qui est très simple.
12:25Cette taxe est inconstitutionnelle.
12:27Tous les constitutionnalistes...
12:28Alors, ça s'est discuté entre les constitutionnalistes.
12:31Mais, non, non, non, ce débat-là...
12:33Ça n'est pas discuté.
12:35On fait comme si les faits n'existaient pas.
12:38C'est ça le problème des débats que nous avons aujourd'hui.
12:41C'est vrai sur la dette, c'est vrai sur ce point.
12:43Il y a une décision du Conseil constitutionnel en 2011
12:46qui dit que ce type de taxe
12:48qui va frapper au-delà d'un certain seuil de revenus...
12:55Le seuil confiscatoire.
12:56On ne va pas rentrer dans les délèbres techniques.
12:58Non, mais vous voyez...
12:58Quand même, non, non...
12:59Monsieur Bayrou.
12:59Monsieur Soto, on s'arrête une seconde.
13:03Vous dites, c'est très discuté.
13:05Et après, dans votre phrase,
13:06vous indiquez qu'en effet,
13:08cette définition du seuil confiscatoire existe.
13:10En tout cas, pour vous, c'est pas possible pour ces raisons-là.
13:13Mais ça n'est pas l'essentiel de ce que je dis.
13:16C'est pas juridique.
13:17La question, elle est économique.
13:18Mais il n'empêche que ça nourrit,
13:20et ça on l'entend dans les reportages qu'on fait,
13:22on le voit dans les messages qu'on reçoit,
13:23un sentiment d'injustice chez les Français.
13:25Ils ne comprennent pas.
13:27Ils ne comprennent pas pourquoi ce sont toujours
13:28ceux qui ont l'impression d'être en bas de l'échelle
13:30à qui on demande le plus d'efforts.
13:32C'est justifié ce sentiment d'injustice ?
13:34Vous répondez quoi à ça ?
13:35Je pense qu'on doit faire des progrès sur ce point.
13:40Je pense que le sentiment que vous décrivez
13:42parmi les Français qui sont au travail
13:46ou les Français retraités, il existe.
13:48Vous avez tout à l'heure dit quelque chose
13:50qui est inexact sur les boomers.
13:52Moi, je n'ai jamais ciblé...
13:54Boomer, qu'est-ce que c'est ?
13:55C'est les enfants du baby-boom.
13:58Ceux qui sont nés entre 45 et 65, on va dire,
14:01pour simplifier ces 20 années-là.
14:03Est-ce qu'ils sont responsables ?
14:06Ils ne le sont pas.
14:07Est-ce que je propose qu'on les cible ?
14:08Jamais.
14:09Je propose une chose, c'est qu'ils soient à côté de moi
14:12pour faire baisser la dette qu'ils vont laisser aux enfants.
14:16Alors justement, baisser la dette qu'ils vont laisser aux enfants,
14:18vous avez encore trois jours pour convaincre.
14:21Manifestement, arithmétiquement, pour la classe politique,
14:24ça semble cuit.
14:25Même si le PS s'abstient, ça ne passe pas.
14:28Qu'est-ce que vous pouvez mettre sur la table ?
14:30En plus, là vous avez parlé avec Thomas de la taxation des riches,
14:32en plus, pour essayer de faire bouger les lignes,
14:35ou alors c'est cuit.
14:36Là, il reste trois jours.
14:38À part venir, et on vous remercie de le faire encore ce matin sur RTL,
14:41faire de la pédagogie,
14:41qu'est-ce que vous mettez sur de la table ?
14:43Ce n'est pas de la pédagogie, c'est du combat.
14:44Du combat.
14:45Qu'est-ce que vous mettez sur la table concrètement
14:46pour faire bouger les lignes politiques ?
14:49Puisque c'est là où ça se joue.
14:50Lundi à l'Assemblée, à 14h.
14:51J'ai été frappé, j'ai reçu, comme vous savez,
14:55tous les groupes politiques,
14:57et j'en recevrai encore ce matin.
15:00Et ce qui était extraordinairement frappant,
15:03c'est qu'ils sont en désaccord profond
15:05sur toutes les décisions à prendre.
15:07Mais ils sont en accord profond
15:09sur le fait de vous faire sortir lundi.
15:10Oui, très bien.
15:13Qu'est-ce que vous mettez sur la table ?
15:14Il y a pire catastrophe dans la vie
15:16que la chute d'un gouvernement.
15:18Pas pour le pays, manifestement,
15:19puisque vous allez laisser une dette abyssale
15:21et avec des successeurs qui ne vont pas la régler.
15:24Vous avez exactement raison dans cette formule.
15:28Les conséquences de, en effet,
15:30cette décision qui sera,
15:32pourrait être prise lundi,
15:35les conséquences, c'est qu'on va désormais
15:37revenir en arrière sur cette exigence.
15:39Et donc, qu'est-ce que vous mettez sur la table
15:41dans les trois jours qui viennent
15:42pour ne pas revenir en arrière ?
15:43Je n'ai pas à mettre sur la table
15:45j'ai suffisamment de confiance
15:47ou on devrait avoir suffisamment de confiance
15:50dans les responsables politiques du pays
15:52pour que, devant une évidence aussi aveuglante,
15:56elle n'est devenue,
15:57permettez-moi cette remarque,
15:59elle n'est devenue cette exigence aveuglante
16:02que parce que nous avons fait
16:03cette prise de rendez-vous,
16:07ce défi...
16:07D'accord, mais en attendant,
16:08M. le Premier ministre,
16:09il faut bien que ça passe.
16:11Il n'est pas question de mettre une feuille blanche,
16:11de redire, voilà, on repart à zéro,
16:13l'objectif c'est le même,
16:14c'est 44 milliards,
16:14et on se met tous autour de la table,
16:16toutes couleurs politiques...
16:17C'est exactement ce que j'ai dit,
16:19c'est ce que j'ai proposé
16:20à toutes les forces politiques.
16:23Pour l'instant,
16:24ça n'a pas eu l'air de marcher.
16:25Mais vous dites...
16:26Alors, dites-le avec le cœur,
16:28M. le Premier ministre,
16:29vous avez un espoir
16:31pour lundi
16:31où vous faites semblant ?
16:33Il n'y a pas à faire semblant.
16:35Non, quand vous décidez
16:37qu'un combat est vital
16:38pour votre pays,
16:39vous entendez les mots que je dis ?
16:43Un combat vital pour votre pays.
16:45Quand vous décidez,
16:46quand vous voyez,
16:47et quand vous choisissez
16:50de l'affronter,
16:51il n'y a pas à faire semblant.
16:53Donc vous y croyez ?
16:53Il y a à mener le combat,
16:56et avec la certitude
16:57que, de toute façon,
16:59en ayant ouvert cette voie...
17:00Mais donc, vous ne dites pas
17:01j'y crois ?
17:02Si je vous écoute
17:05matin, midi et soir...
17:07C'est vous qu'on écoute ça.
17:08Alors, précisément,
17:10vous dites matin, midi et soir,
17:12c'est décidé,
17:13tout est réglé,
17:14les forces politiques ont décidé,
17:17elles finissent par dire
17:18oui, en effet,
17:19il y a un problème,
17:20nous sommes d'accord
17:21pour l'affronter,
17:21mais il ne faut pas prendre
17:23de mesures trop fortes
17:24pour l'affronter.
17:25Ça veut dire,
17:27il faut ne rien faire
17:29qui change l'orientation
17:30du mouvement
17:31que nous sommes en train
17:32de vivre et de subir,
17:34et il faut continuer
17:35un peu plus,
17:36plusieurs années de plus,
17:38à faire monter
17:39la dette du pays
17:40que les plus jeunes
17:41vont payer.
17:42Monsieur le Premier ministre...
17:43Vous savez ce qui m'a ému,
17:43vous parlez de cœur,
17:45vous savez ce qui m'a ému le plus ?
17:46C'est cette déclaration-là
17:49sur les jeunes générations.
17:53J'ai reçu
17:53nombre de messages
17:55de jeunes qui disent
17:56c'est la première fois
17:57qu'on parle de nous.
17:57C'est la première fois
17:59notre génération à nous
18:01qui se vit
18:02comme une génération sacrifiée
18:04et d'une certaine manière
18:06elle l'est.
18:06Monsieur le Premier ministre,
18:08quand j'avais 20 ans,
18:10il n'y avait pas de dette
18:10en France.
18:12Et aujourd'hui,
18:14comme vous savez,
18:15chaque mois,
18:18nous prenons
18:19de l'activité
18:20du pays,
18:21des richesses
18:22créées par le pays
18:23et nous les envoyons
18:24à nos créanciers.
18:25Pour rembourser
18:26les intérêts de la dette,
18:27ça fait depuis 1974
18:28qu'il n'y a pas eu
18:28un budget à l'équilibre
18:29donc c'est une responsabilité
18:30collective.
18:30Monsieur le Premier ministre,
18:31il n'y a pas eu
18:33de l'équilibre
18:34de l'équilibre
18:35de l'équilibre
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