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  • il y a 4 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00François Ruffin, bonsoir, député écologiste et social, merci d'être là.
00:04Les socialistes sont sortis frustrés, ils sont restés sur leur faim,
00:08ils nous l'ont dit en sortant de Matignon, vous êtes surpris ?
00:11Écoutez, que le cuistot, le corps nu et des portions qui soient rationnées
00:16un petit peu ragoût-bougri, j'en suis pas surpris.
00:18Et pour ma part, je viens avec beaucoup d'appétit,
00:21je viens avec beaucoup d'appétit pour les Français,
00:22je pense que c'est d'abord un appétit de justice fiscale.
00:25La question aujourd'hui c'est qui doit payer la facture ?
00:28Qui doit payer les factures des 1 000 milliards d'euros de déficit
00:31creusés par Emmanuel Macron ces dernières années ?
00:34On voit très largement à qui ça a profité.
00:37J'ai un chiffre qui me marque.
00:39Une année de crise Covid, où les Français sont restés chez eux,
00:43l'économie était à l'arrêt, il y avait les aides à domicile,
00:46les caristes qui eux travaillaient.
00:48Pendant ce temps-là, les milliardaires de notre pays
00:50ont fait plus de 136 milliards d'euros.
00:54À la bourse notamment, en valorisation boursière.
00:56Sur leur patrimoine.
00:57En une année.
00:59Vous savez que c'est une multiplication de 14 sur 30 ans.
01:02Donc aujourd'hui, qui doit payer la facture ?
01:05Il me semble que c'est clair.
01:06Cette fois-ci, ce n'est pas aux malades de longue durée.
01:09Ce n'est pas aux lariés.
01:10Ce n'est pas aux chômeurs de payer à nouveau cette facture-là.
01:15Vous savez, juste avant d'entrer,
01:16j'étais au téléphone avec une dame,
01:18je lui ai donné son prénom, c'est dans ma tradition,
01:20qui s'appelle Martine, qui habite dans le Rhône,
01:22qui est mère d'un gamin de 37 ans,
01:25qui est...
01:26Ce n'est plus un gamin à 37 ans, quand même.
01:28C'est son fils, en tout cas.
01:30En situation de handicap, autiste lourd.
01:32Et jusqu'au printemps,
01:34elle touchait une prestation de compensation de handicap
01:37de l'ordre de 450 euros par mois.
01:40Et du jour au lendemain,
01:41elle reçoit un courrier du département du Rhône,
01:43qui lui dit, compte tenu de la situation des déficits publics,
01:47eh bien, c'est réduit de 40%, vous passez à 250 euros par mois.
01:52Voilà.
01:52Et je veux dire, au moment où cette mesure a été prise,
01:57il n'y a pas eu des centaines de cartes...
01:58Donc les riches vont régler tous nos problèmes.
02:00En tout cas, il y a une partie.
02:01Aujourd'hui, on n'est plus dans l'ordre symbolique,
02:04quand on parle de ça.
02:04Moi, je pose un chiffre, vous savez.
02:06Je demande qu'il y ait 15 milliards d'euros qui soient prélevés.
02:09Mais ce chiffre est contesté.
02:10La taxe Zuckman, c'est celle que vous citez,
02:13ne rapporterait que 5 milliards d'euros
02:15pour de nombreux économistes.
02:16Donc ça commence mal.
02:17C'est-à-dire que ça ne rapporte pas ce que vous souhaitez
02:19pour trouver l'argent ailleurs.
02:20C'est vous qui vivez, Taxe Zuckman.
02:21Et moi, je dis oui, Taxe Zuckman.
02:23Mais il y a d'autres modalités.
02:25Le retour d'un impôt de solidarité sur la fortune.
02:27Ça ne rapportera jamais 20 milliards, ça.
02:29Taxer davantage les dividendes en relevant le taux de la flat tax,
02:33en finir avec les sociétés écrans.
02:35Vous savez, c'est par le biais des sociétés écrans
02:37que quand Bernard Arnault touche 3 milliards d'euros de dividendes,
02:41il paye 0 euro.
02:42Il se trouve qu'aux États-Unis, les sociétés écrans...
02:43Mais vous citez Bernard Arnault.
02:46Mais il y avait le patron de la BPI France,
02:49la Banque publique d'investissement,
02:51qui disait que la taxe Zuckman était un truc absurde,
02:53une histoire de jalousie à la française,
02:55qu'il faudrait plutôt faire des statuts à l'honneur,
02:59à la gloire de Bernard Arnault, de Xavier Niel ou de François Pinault
03:03plutôt que vouloir les taxer dans un pays
03:05qui taxe déjà énormément les riches.
03:07Les riches français sont les plus taxés au monde.
03:09Vous savez, je suis assez peu surpris que...
03:12C'est Nicolas Dufour qui parlait.
03:14Quand on décide de toucher à des milliardaires
03:17qui ont touché depuis des années et des années
03:18des cadeaux fiscaux en série,
03:21que finalement c'est une habitude qui était prise.
03:23Challenge appelle ça,
03:24c'est quand même pas une revue marxiste,
03:26appelle ça les 30 prodigieuses pour eux.
03:28Pour les salariés, ça a été les 30 piteuses.
03:30Je suis assez peu surpris que,
03:31d'un seul coup, ils crient comme si on les a assassinés,
03:34et qu'ils trouvent...
03:35Je parle de Nicolas Dufour qui est patron de la Banque publique d'investissement.
03:38Et qu'ils trouvent mille relais sur les plateaux télé.
03:41J'en suis pas surpris.
03:42Mais je demande,
03:43qui était le relais de Martine ce printemps ?
03:45Il n'y a pas eu de relais de Martine.
03:46Sébastien Lecornu n'est pas opposé au principe
03:48de se pencher sur une meilleure répartition de l'effort fiscale.
03:51C'est ce qu'il a dit le week-end dernier
03:52à la presse quotidienne régionale.
03:54Ça va dans votre sens ?
03:55Écoutez, si jamais Sébastien Lecornu,
03:59qui incarne la rupture,
04:00quand même dans la continuité,
04:01puisqu'il a été membre de tous les gouvernements
04:03de Macron depuis 2017,
04:05mais si jamais l'ange Gabriel
04:07a visité pendant la nuit
04:10Sébastien Lecornu,
04:12avec ses petites ailes,
04:13et qui lui a déclaré
04:13« Écoutez, maintenant,
04:15il faut en revenir à de la justice fiscale
04:17et faire que dans notre pays,
04:18les petits payent petits
04:18et que les gros payent gros »,
04:20moi, j'en serais ravi
04:21et je serais le premier à applaudir.
04:22Maintenant, il ne s'agit pas
04:23que ce soit une mesure
04:23cosmétique.
04:25Il ne s'agit pas
04:25que ce soit une mesure superficielle.
04:27Et c'est pour ça que, moi,
04:29je donne un chiffre.
04:30Je dis minimum 15 milliards d'euros.
04:33Ce n'est pas...
04:34Alors, les modalités,
04:35les moyens...
04:36Il faut trouver 15 milliards
04:37sur les riches, c'est ce que vous dites.
04:38Voilà.
04:40Vous savez,
04:40les cadeaux fiscaux,
04:41ne serait-ce que ce qu'on a fait
04:42comme cadeaux fiscaux aux plus riches,
04:43c'est de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros par an.
04:46Quand vous dites cadeaux fiscaux,
04:47de quoi vous parlez précisément ?
04:48Vous le savez bien, quand même.
04:51Suppression de l'impôt de solidarité
04:52sur la fortune.
04:52flat tax, exit tax.
04:55Vous mettez tout ça bout à bout,
04:57vous arrivez à 10 milliards d'euros par an.
04:59Alors, normalement,
05:00les impôts sont supposés
05:01rétablir la balance.
05:03Vous savez, ce que je viens de dire...
05:03Arnaud paye beaucoup d'impôts.
05:05C'est faux de dire qu'il ne paye pas d'impôts.
05:06Vous allez, monsieur,
05:07venez contester ce graphique.
05:09Vous le contestez, ce graphique.
05:11Attendez, déjà,
05:11il faut que je lise.
05:13Qu'est-ce qu'il dit ?
05:14Il dit que les classes populaires
05:15payent au total 48% d'impôts.
05:17Que les classes moyennes,
05:18c'est 52% d'impôts.
05:18– C'est Zuckman qui dit ça.
05:20– Que les classes aisées
05:22payent 53% d'impôts.
05:25– Mais ça, c'est très contesté,
05:26vous le savez.
05:26– Ce n'est pas contesté.
05:28Que les milliardaires...
05:28– Gaëtan Mélin
05:29avait mis des doutes sur le graphique.
05:31– Pays 28% d'impôts.
05:32– Attendez, je vais le montrer
05:33parce qu'on n'a pas beaucoup.
05:33– Alors, tout d'abord,
05:34de quoi parlez-vous ?
05:35Est-ce que vous voulez parler
05:35de l'impôt sur le revenu
05:37ou bien vous prenez
05:37tous les impôts,
05:38à savoir la TVA,
05:40toutes les taxes
05:40qui sont payées par les Français ?
05:41– Là, on prend tout.
05:41– Non, c'est important.
05:42– Je vais vous dire.
05:43– Voilà, parce qu'aujourd'hui,
05:44il faut rappeler juste
05:45aux téléspectateurs
05:46qui nous regardent
05:47qu'il n'y a que 45% des Français
05:49qui payent l'impôt sur le revenu.
05:51Juste pour revenir
05:51sur ce que vous proposez.
05:52– Mais laissez-moi répondre.
05:53– Mais c'est le graphique,
05:55il est bon.
05:55– Je ne sais pas
05:57quelle est la source
05:58de M. Ruffin,
05:59mais en l'occurrence,
06:00bon, voilà.
06:00– Je veux dire, maintenant,
06:01soit vous démontrez scientifiquement
06:03que ça, c'est faux,
06:05soit vous demandez
06:06à ce que ça soit corrigé
06:06ou vous dites
06:07« Ça me convient très bien ».
06:08Aujourd'hui, je vous dis moi,
06:10je vous dis les yeux dans les yeux,
06:11soit vous le contestez,
06:12aujourd'hui, les milliardaires,
06:13c'est dans Challenge,
06:14vous savez ?
06:15Ce n'est pas une revue marxiste.
06:16– Non, ce n'est pas
06:16les chiffres de Challenge,
06:17c'est les chiffres de Schickman.
06:18– Ce sont les chiffres.
06:19On les retrouve dans Challenge,
06:21d'accord ?
06:21– Oui, mais…
06:22– Les milliardaires…
06:23– Les fortunes de France
06:24sont surtout des fortunes professionnelles aussi.
06:26– Mais c'est que des fortunes professionnelles.
06:27– Les fortunes,
06:29ils n'ont pas 5 milliards d'euros
06:30dans la poche même.
06:31– C'est les fortunes boursières.
06:32– Il se trouve qu'ils sont taxés
06:36deux fois moins
06:37que ne l'est l'infirmière
06:38ou que ne l'est leur secrétaire.
06:40Aujourd'hui, c'est factuel.
06:41Pourquoi ?
06:42Parce que quand Bernard Arnault,
06:44je suis désolé…
06:45– Vous savez combien il emploi
06:45de salariés en France, Bernard Arnault ?
06:46– Mais…
06:47– Non, mais est-ce que vous connaissez
06:48ce chiffre ?
06:49– Peu importe.
06:51– Ah bah si, c'est le sujet.
06:53– Non, non.
06:53– Parce que si Bernard Arnault s'en va,
06:55c'est peut-être une mauvaise chose
06:56pour ses salariés.
06:57– Mais alors, vous pensez
06:58que Bernard Arnault n'est pas un patriote
06:59et qu'à la moindre menace
07:00devant laquelle vous vous pliez,
07:02il partira ailleurs ?
07:04Non, c'est pas le sujet.
07:05– Ah bah si, c'est le sujet.
07:05– C'est pas le sujet.
07:06Est-ce que vous trouvez juste
07:08que Bernard Arnault,
07:09quand il touche…
07:10– C'est 200 000 salariés,
07:11le groupe LVLM.
07:12– Que Bernard Arnault,
07:12quand il touche…
07:13– C'est important de savoir
07:14qu'il emploie 200 000 personnes.
07:15– Bon, mais je vois
07:15qu'on ne va pas pouvoir discuter.
07:18– Bah, oui, vous donnez des chiffres,
07:20c'est aussi bien
07:21de donner tous les chiffres.
07:21– Mais là, on va se prendre…
07:24– Si on prend tout son argent,
07:25ces 200 000 personnes
07:26vont se retrouver sans emploi.
07:26– Mais non, il ne s'agit pas
07:28de prendre tout son argent,
07:29il s'agit de se demander.
07:30Je vois que vous les défendez
07:31avec ardeur.
07:32– Non, non, non, non, non.
07:33– Là, vous en êtes…
07:34– Non, mais j'essaie d'être nuancé.
07:35– Non, vous n'êtes pas nuancé,
07:36vous en êtes les avocats.
07:38– Ah bon ?
07:38– Aujourd'hui.
07:39Oui, vous en êtes les avocats.
07:40– Ah bah déter l'emploi
07:40de 200 000 personnes,
07:41c'est factuel.
07:42– Monsieur Ruffin, une question.
07:43– 80% des Français.
07:44– Monsieur Ruffin, une question,
07:46pardonnez-moi.
07:47Qui crée les emplois ?
07:48Qui investit dans ce pays ?
07:51– Vous savez…
07:51– Non, mais répondez à cette question-ci.
07:52– Alors, je vais vous répondre.
07:53– Qui crée les emplois
07:53et qui investit dans ce pays ?
07:54– Pas les sociétés du CAC 40.
07:56– Non, pardonnez-moi.
07:57– Mais je vous réponds factuellement
07:59parce que vous êtes là encore
08:01pour les défendre.
08:01– Non, pas du tout.
08:02C'est une question tout à fait.
08:03Vous parlez d'une politique punitive.
08:06Vous voulez décourager la croissance,
08:08l'investissement et l'investissement.
08:10Si vous taxez ces entreprises,
08:11comme vous le dites,
08:12ces entreprises,
08:13eh bien qu'est-ce qu'elles vont faire ?
08:14– Elles vont renoncer à leurs investissements ?
08:16Elles vont renoncer à embaucher ?
08:18– Je ne vous donne pas
08:19votre licence en économie.
08:21Parce que vous parlez…
08:21– Je l'ai déjà.
08:22– Excusez-moi,
08:23j'ai même une méterie.
08:24J'ai même un DESS.
08:25– Je demande si vous parlez
08:27de taxer les entreprises.
08:28Là, je n'ai pas parlé de taxer les entreprises.
08:29– Non, je vous ai posé une question.
08:30Je vous ai demandé
08:30qui crée des emplois.
08:31– Eh bien, la taxe du man,
08:32c'est l'outil professionnel qui est taxé.
08:34– Non, ce ne sont pas les entreprises.
08:35Ce sont des personnes.
08:38Ce ne sont pas les entreprises.
08:39Ce ne sont pas les entreprises.
08:40– Mais l'appareil productif
08:41fait partie du capital
08:43que veut taxer M. Zuckman.
08:45– Vous mettez à 4.
08:46Prévenez quand les 4 mousquetaires
08:48sont rassemblés, là.
08:49D'accord ?
08:50Les 4 mousquetaires du capital
08:51pour venir…
08:51– Vous connaissez que l'appareil productif
08:52est dans la taxe Zuckman.
08:53– Les 4 mousquetaires du capital
08:54comptent, oui,
08:56quelqu'un qui prit en maître
08:57de la justice fiscale dans le pays.
08:58– Si Sébastien Lecornu
08:59met ce principe sur la table,
09:00vous ne votez pas la censure.
09:03– C'est bien parce que
09:04pour répondre à tout le monde,
09:05c'est compliqué quand même.
09:07– Non, mais je vous réponds, madame.
09:09Parce que vous défendez, là,
09:10les grandes entreprises.
09:11– Pas du tout.
09:11– Je défend les PME.
09:1399% des entreprises en France
09:14sont des PME.
09:15– Et on est dans la confusion.
09:16Généraliser, c'est formidable.
09:18– PME, vous travaillez parfois
09:19sur les entreprises du CAC 40.
09:20– Moi, en tout cas,
09:20je ne vous le donne pas votre licence.
09:22– Mais je l'ai eu.
09:23– Je ne vous le donne pas pourquoi.
09:25Parce qu'aujourd'hui, en 10 ans,
09:26les entreprises du CAC 40,
09:28c'est moins de 100 000 emplois
09:29dans notre pays.
09:30C'est-à-dire celles qui distribuent
09:31des dividendes tous azimuts
09:32en 10 ans.
09:33À qui on a donné des milliards d'euros,
09:35eh bien, ce sont moins de 100 000 emplois.
09:37– Mais c'est différent.
09:38Les dividendes,
09:38c'est quelque chose
09:39de tout à fait différent.
09:40La taxation des dividendes,
09:41le rachat,
09:43la taxation des dividendes,
09:45c'est quelque chose de différent
09:46par rapport à la taxe Zucmane.
09:47Ça n'a rien à voir.
09:48– Est-ce que je vous parle de ça ?
09:49– Vous m'avez demandé,
09:51vous m'avez demandé,
09:52s'il crée de l'emploi,
09:53je vous réponds,
09:54les entreprises du CAC 40,
09:55c'est moins de 100 000 emplois.
09:56Donc pourquoi ?
09:57Vérifiez-le.
09:58Moins de 100 000 emplois sur 10 ans.
10:00Faites non.
10:00Alors là-bas, allez-y.
10:01Vous pouvez faire un contrôle
10:02sur votre téléphone portable.
10:04En régie,
10:04on peut faire un contrôle
10:05sur le téléphone portable.
10:06– Ça fonctionne toujours bien là-bas,
10:07vous avez vu dans les bouches de foot.
10:08– 2 millions d'emplois
10:09créés depuis 3 ans.
10:11– D'accord.
10:12Allez, allons-y.
10:12Est-ce qu'on peut avoir en régie
10:14la vérification ?
10:14– On va regarder dans les 10 minutes
10:15pour dire sur 10 ans
10:16est-ce qu'il y a moins de 100 000 emplois
10:18sur les entreprises du CAC 40 ?
10:19– Si Sébastien Lecornu fait un geste,
10:21ça veut dire que vous ne votez pas
10:22la censure du gouvernement Lecornu ?
10:24– Je ne vous demande pas un geste,
10:25je vous demande une rupture,
10:27une rupture fiscale.
10:28Si oui, ça se chiffre
10:30en dizaines de milliards,
10:31ce qu'on va chercher
10:31sur les plus grandes fortunes
10:33de notre pays,
10:34si jamais ce miracle advient
10:35et on peut avoir confiance
10:36dans l'humanité,
10:38mais si jamais ce miracle advient,
10:40je vous assure,
10:41je serai le premier
10:42dans l'hémicycle à applaudir.
10:44Maintenant,
10:44compte tenu du pédigré,
10:45on peut être un petit peu sceptique,
10:47mais on peut avoir aussi confiance
10:48dans l'humanité.
10:49– Un mot, François Ruffin,
10:51sur la mobilisation de demain.
10:53Même Bruno Retailleau
10:54dit qu'elle sera très très forte.
10:56Les chiffres du renseignement,
10:57c'est autour d'800 000 personnes.
10:59C'est pour l'instant une prévision.
11:01Vous le sentez, ça,
11:01que demain,
11:02il y aura beaucoup de colère
11:03et de mobilisation dans la rue ?
11:05– Ce que je sens,
11:05c'est un vaste « ça suffit ».
11:07« Ça suffit »,
11:08cette injustice fiscale,
11:09que les milliardaires
11:10soient moins taxés
11:12que leurs secrétaires,
11:13« ça suffit ».
11:13Mais que les boueurs,
11:15aujourd'hui,
11:16recevoir le 5 du mois
11:18un SMS de la banque
11:19pour dire qu'il va devoir
11:20payer des agios,
11:21« ça suffit ».
11:22– Mais est-ce qu'il ne faut pas
11:22travailler davantage
11:23sur le salaire, justement,
11:24sur l'augmentation des salaires ?
11:26On voit bien,
11:27les prix ont considérablement augmenté,
11:29notamment pendant la période
11:30d'hyperinflation,
11:31l'alimentaire,
11:32et on voit bien
11:32que les salaires, eux,
11:33n'ont pas progressé d'autant.
11:34Est-ce que ce n'est pas ça,
11:35finalement,
11:35le plus important
11:36pour tous ces gens
11:37qui défileront demain
11:38dans les rues ?
11:38– Écoutez,
11:39il y avait une promesse
11:39faite par le président
11:40de la République
11:41pendant la crise Covid
11:42qui disait qu'il fallait
11:43reconnaissance et rémunération,
11:45notamment pour les personnes
11:46qui avaient continué
11:47à travailler.
11:48– Tout à fait.
11:48– On a vu zéro.
11:49Au contraire,
11:50qu'est-ce qu'on a vu
11:50sur les métiers physiques
11:51et populaires ?
11:52On a vu d'un côté
11:53l'inflation qui est venue
11:55grever les petits salaires
11:56et on a vu ensuite
11:57deux années de plus
11:58sur la retraite.
11:59Voilà,
12:00le ça suffit.
12:01Donc, oui,
12:02il faut que les Français
12:03puissent vivre de leur travail,
12:04bien en vivre
12:05et pas seulement en survivre.
12:06Mais les Français,
12:07ils sont aussi soucieux
12:08du mal qui est fait
12:09à notre pays,
12:10du mal qui est fait
12:11à notre pays
12:11en matière d'industrie.
12:13On vient de passer
12:13sous la barre
12:14des 10% de PIB,
12:16ce qui ne s'était jamais produit.
12:17Alors qu'on a fait
12:18des centaines de milliards
12:19d'euros de cadeaux.
12:20On a une école
12:24où un tiers des enseignants
12:25disent qu'ils veulent
12:26quitter l'éducation nationale.
12:28Voilà dans quel état
12:29on a mis notre pays.
12:29Parce qu'ils ne sont pas
12:30suffisamment payés,
12:31encore une fois.
12:32Entre autres,
12:32parce qu'ils ont trop
12:33de gamins dans leur classe,
12:34parce qu'on recorde Europe
12:36sur le nombre de gamins
12:37par classe
12:38aux primaires
12:39et aux collèges.
12:40Peut-être parce qu'il y a
12:40un sens de l'éducation nationale
12:42qui doit être posé aussi.
12:43Mais au férité,
12:44ce qui se passe là,
12:45le sentiment des Français.
12:46D'abord,
12:46c'est du dégoût
12:47pour la petite politique
12:48qui est menée
12:49pour les institutions,
12:51pour destitution,
12:52pour démission,
12:53Matignon,
12:53et ainsi de suite.
12:54Il y a un dégoût
12:55qui s'exprime.
12:55Par ailleurs,
12:56de manière plus vaste,
12:57il y a un horizon
12:58qui est bouché.
12:59Une inquiétude
13:00qui est devenue
13:00une certitude
13:01que nous vivons
13:02moins bien de nos parents
13:03et ce sera pire
13:04pour nos enfants.
13:05Et je crois que
13:06la seule manière
13:06de déboucher ça,
13:07on voit,
13:08ça ne va pas se passer
13:08par les petites rampes
13:10à Matignon.
13:11Ça ne va pas se passer
13:11par l'Assemblée.
13:12Donc,
13:13on s'en est sortis
13:14dans notre pays
13:14quand il y a eu
13:15des grands élans populaires
13:16qui ont permis
13:17de déboucher.
13:18Vous vous situez où,
13:19François Ruffin,
13:19entre les écologistes,
13:21les socialistes,
13:21les communistes
13:22qui vont discuter
13:22avec le Premier ministre
13:23et qui disent
13:23peut-être,
13:24en tout cas pour les socialistes,
13:26qu'on peut trouver
13:26une porte de sortie
13:28et les insoumis
13:29qui ne vont même pas
13:30à Matignon
13:31parce qu'ils disent
13:31de toute façon,
13:31il n'y a plus rien
13:32à discuter.
13:32Vous êtes où, vous ?
13:33Je n'ai pas de difficulté
13:35à ce que quand il y a
13:35un nouveau Premier ministre,
13:37on aille échanger
13:37avec lui,
13:38l'écouter,
13:39regarder à ce qu'il a
13:40à mettre sur la table
13:41et ce qu'il a dans la tête.
13:46J'irai avec beaucoup de doutes.
13:48Je ne suis pas invité
13:49à y aller.
13:49Mais si j'y allais,
13:51ça serait avec
13:52beaucoup d'exigences
13:53et beaucoup de doutes.
13:54Et vous appelez la gauche
13:55à trouver des voies de passage
13:56avec le Premier ministre,
13:57à faire aussi des concessions,
13:58chacun doit faire un geste ?
13:59Je vais vous dire,
13:59je vous ai dit,
14:01M. Daré,
14:02je vous ai dit,
14:03si jamais il y a un miracle
14:04qui se produit
14:04et qu'il y a de véritables ruptures,
14:06s'il y a une véritable rupture
14:07sur la justice fiscale,
14:09s'il y a une véritable rupture
14:10sur le plan social,
14:11abrogation de la retraite
14:12qui a été refusé
14:13par 80% des salariés
14:16et qui est en fait
14:16un viol démocratique
14:18qui est encore ressenti aujourd'hui.
14:19Par exemple,
14:20il y a une rupture
14:21sur aller signer
14:22des triptés de libre-échange
14:23tous azimuts
14:24et accepter la politique
14:25de Mme von der Leyen
14:26à l'égard des États-Unis
14:27ou sur le Marc-Aussure.
14:29Si jamais il y a
14:30Sébastien Lecronneau
14:31qui marque une vraie rupture là-dessus
14:33et qui est en accord
14:33sur les trois thèmes
14:34que je viens de donner,
14:35qui est en accord
14:35avec 80% des Français.
14:37Si jamais il y a
14:38ce débouché-là,
14:39je vous le redis,
14:40à l'Assemblée,
14:41j'applaudirai.
14:41Maintenant, oui,
14:43ce n'est pas fait.
14:44Alors, vous avez demandé
14:46de vérifier.
14:47Vous avez partiellement raison,
14:48François Ruffin.
14:49C'est-à-dire qu'il y a eu
14:50une nette baisse d'emploi
14:52dans les entreprises
14:53du CAC 40
14:54sur une période de 10 ans.
14:56En revanche,
14:57elles ont recruté
14:58ces mêmes entreprises françaises
14:59du CAC 40
14:59sur les marchés étrangers
15:01et selon un reportage
15:03qui date d'il y a
15:04à peine une semaine,
15:06ça vient d'Usines Nouvelles,
15:07le magazine,
15:08vous connaissez,
15:09deux grands groupes
15:09vont recruter le plus
15:10en 2025.
15:1117 700 emplois
15:13chez LVMH
15:14et 13 000 personnes
15:16du côté de Bouygues
15:17qui sont deux grosses entreprises
15:18du CAC 40,
15:19la moitié en CDI
15:20et en particulier
15:21des étudiants en alternance.
15:23En tout cas,
15:24la VAR dit
15:24moins de 100 000 emplois
15:26pour les entreprises
15:26du CAC 40
15:27en 10 ans.
15:29Même si les marchés
15:29sont souvent à l'étranger
15:30pour ces entreprises.
15:30Je vous dis
15:31que d'ailleurs,
15:33c'est une erreur.
15:34Vous avez vu,
15:35elle recrute cette année
15:36en France.
15:36D'accord.
15:38Marions là-dessus,
15:38vous savez,
15:39ça fait des années
15:39qu'on nous le promet.
15:40Donc voilà,
15:41revenons dans un an.
15:42En tout cas,
15:42ce qui est au présent,
15:44la réalité,
15:45c'est moins de 100 000 emplois
15:46en 10 ans.
15:47Deux choses,
15:48nulle part.
15:49La taxe Zuckman
15:50et les autres taxes
15:51qu'on propose.
15:52Ce sont des taxes,
15:53quand il y a du patrimoine,
15:53qui est supérieur
15:54à 100 millions d'euros.
15:55Donc on ne parle pas
15:56des PME.
15:57Ce n'est pas le sujet.
15:58Et par ailleurs,
15:59les aides publiques,
16:00elles ont largement profité
16:01aux entreprises du CAC 40
16:03bien plus
16:03qu'aux autres entreprises.
16:04Il y a eu des aides publiques
16:05également pour les ménages.
16:06Au moment du Covid,
16:07vous avez oublié
16:08de le mentionner.
16:09Je vous dis,
16:10en tout cas,
16:10les aides publiques
16:11pour les entreprises,
16:12elles ont largement plus bénéficié.
16:13C'est téléprès.
16:14La suppression de la contribution
16:15sur la valeur ajoutée
16:16des entreprises
16:16a largement plus bénéficié
16:18aux grandes entreprises
16:19qu'aux petites entreprises.
16:20Et j'ajoute,
16:21c'est le point fondamental,
16:23que quand on donne
16:24un million d'euros
16:24à une grande entreprise,
16:26ça produit 0,6 emploi.
16:28Quand on donne
16:29un million d'euros
16:29aux PME,
16:30ça produit 13 emplois.
16:32C'est un rapport officiel.
16:33Donc ça veut dire
16:33un rapport de 1 à 20.
16:35Donc évidemment,
16:36ce que je recommande,
16:37c'est qu'il n'y a pas
16:37un euro de plus
16:38pour les TPE,
16:39les PME et les ZTEI.
16:41Au contraire,
16:42que les aides publiques
16:42à la place de les arroser,
16:43211 milliards d'euros
16:44d'aides publiques.
16:45C'est un chiffre
16:46qui est contesté aussi.
16:47Qu'à la place d'arroser
16:49tous azimuts,
16:50on cible.
16:50Moi, je demande
16:51depuis des années
16:51du ciblage.
16:52Du ciblage sur l'industrie,
16:53d'une part,
16:54et du ciblage
16:55sur les PME,
16:56ETEI,
16:57parce que c'est là
16:58que se produit.
16:59Oui, mais là aussi,
17:00là où il y a un secteur
17:02qui peut embaucher,
17:02c'est le secteur de la tech.
17:04Vous avez entendu
17:05ce qu'ils disent ?
17:05Ils disent,
17:06mais attendez,
17:07aujourd'hui,
17:07nous, on n'a pas l'argent
17:08pour payer cette taxe
17:09parce qu'on a une valorisation.
17:12Mais aujourd'hui,
17:13notamment le patron de Misra,
17:14il dit,
17:15peut-être qu'il faut plus
17:15de justice fiscale,
17:17mais ça ne peut pas passer
17:17par cette taxe.
17:18Cette taxe va nous tuer.
17:20Est-ce que vous l'entendez, ça ?
17:22Je vous dis,
17:23moi, je fixe un volume.
17:24Je dis,
17:25il faut de 15 à 20 milliards d'euros
17:26qui soient pris là,
17:28chez ceux qui ont gagné
17:291 000 milliards en 30 ans.
17:30Donc, c'est quand même raisonnable,
17:32ce n'est pas gigantesque.
17:33Et après,
17:34les instruments
17:34qui sont employés.
17:35La taxe Zuckman
17:36a ses vertus.
17:37Peut-être qu'elle ne répond pas
17:38à toutes les questions.
17:39Qu'il soit ajouté
17:40la suppression
17:41des sociétés.
17:42Quand je vous le redis,
17:43comment ça se fait
17:44que la France et l'Europe
17:45acceptent des sociétés
17:46qui sont en fait
17:47des possibilités
17:48d'évasion fiscale permanente
17:50qui font que
17:51l'impôt sur les revenus
17:53des plus grandes fortunes
17:53est de 2%.
17:54Voilà.
17:55Vous savez,
17:56quand je dis
17:57que les milliardaires
17:58payent moins d'impôts
18:00que leurs secrétaires,
18:01Warren Buffett,
18:02qui était le numéro 1 mondial,
18:05à un moment,
18:06il déclare
18:06la guerre des classes existe.
18:08C'est un fait,
18:08mais c'est la classe des riches
18:09qui mène cette guerre
18:10et nous sommes en train
18:11de leur parler.
18:11Les Etats-Unis.
18:12Et quand il déclare ça,
18:14parce qu'il regarde
18:15sa feuille d'impôt
18:16et il voit qu'il est moins imposé
18:18en proportion
18:19que ne l'est sa propre secrétaire.
18:21En plus,
18:22le discours que je tiens là,
18:23je pense qu'il serait raisonnable
18:25que vous le fassiez passer
18:26dans les milieux d'affaires,
18:27que vous le fassiez passer
18:28auprès des dirigeants.
18:29Parce que moi,
18:29je veux qu'on parvienne
18:30à la justice fiscale
18:32par le biais de la démocratie,
18:34par le biais de l'échange,
18:36par le biais de la loi
18:36et que ça ne produise pas
18:38du ressentiment dans le pays
18:40qui dépoucherait
18:41par un tel sentiment d'injustice
18:42qu'on en arriverait
18:43à de la violence.
18:44– François Ruffin,
18:45merci d'avoir été avec nous.
18:47– Ah, juste une dernière chose.
18:49Les anciens premiers ministres,
18:50on enlève leurs privilèges.
18:51Est-ce qu'il faut moins
18:51payer les députés ?
18:52– Vous savez que je n'ai pas
18:54de problème avec ça.
18:54Je suis le seul député au SMIC.
18:55Donc ça ne me pose pas de problème.
18:56Mais sur les anciens premiers ministres,
18:58moi je suis pour que…
18:59Vous savez, François Béroux
19:00est parti avec une prime
19:00de 50 000 euros à la fin.
19:04Gabriel Attal est parti
19:04avec une prime de 50 000 euros.
19:06– Comment ça avec une prime ?
19:07– Non, c'est les trois mois.
19:08On les paye trois mois ensuite.
19:09– Oui, c'est une prime.
19:10– 50 000 euros.
19:12Je suis pour qu'on supprime
19:13cette prime de 50 000 euros.
19:15Surtout au rythme
19:15où on use des premiers ministres
19:17par les Tanguy Kour.
19:18– Et moins rémunérer
19:18les députés aussi.
19:20– En tout cas,
19:20c'est une piste qui peut être
19:21oubête.
19:21Mais vous savez,
19:22je n'ai pas de difficulté avec ça.
19:24Je suis un député au SMIC.
19:25Mais je vous dis…
19:26– Comment ça quand vous dites
19:26que vous êtes un député au SMIC ?
19:27Ça veut dire ?
19:28– Ça veut dire que je reverse
19:29l'essentiel de ce que je touche.
19:32Je le reverse à des associations.
19:33– D'accord.
19:33– Voilà.
19:34Parce que c'est une promesse
19:35de campagne que j'avais fait
19:36en 2017.
19:37Je m'y tiens.
19:38Mais en revanche,
19:40là où il y a des ressources
19:41qui sont possibles,
19:43ce n'est pas là.
19:43De manière symbolique
19:45qu'on le fasse
19:46pour être à l'égal du peuple,
19:49pour ainsi dire,
19:49ça me va.
19:50Mais là où il s'agit
19:51de financer la nation,
19:52ça se fera par les grandes fortunes
19:54et par les grandes entreprises
19:55et le temps de la justice fiscale,
19:56le temps d'un repin des bois
19:58qui se retrouverait à Matignon
20:00est venu.
20:00J'ignore si Sébastien Lecornet
20:02va demain être transformé
20:04en repin des bois.
20:05– Merci, François Ruffin.
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