00:00C'est le focus du jour, avec notamment le marché obligataire qui est à l'honneur chaque mercredi dans Good Morning Market
00:05et Alain Krièf qui est avec nous, responsable de la gestion obligataire chez Edmond Rothschild, Asset Management.
00:10Bonjour Alain Krièf.
00:11Bonjour Etienne.
00:11Merci d'être avec nous ce matin sur BFM Business pour regarder ce marché obligataire qui se tient très bien,
00:17malgré les incertitudes ambiantes, notamment sur les baisses de taux géopolitiques, etc.
00:21Et on va faire un focus avec vous sur les subordonnées financières qui offrent du rendement, encore et toujours, décidément.
00:27Juste avant, ce sont des obligations un peu particulières, mais expliquez-nous, juste pour nos éditeurs et téléspectateurs,
00:33les particularités de ces subordonnées financières, bancaires.
00:36Alors, en effet, ces subordonnées financières sont là pour répondre aux régulateurs, pour avoir un capital,
00:43pour absorber les pertes si jamais il y en avait au sujet des banques.
00:47Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'elles sont subordonnées, c'est-à-dire qu'elles viennent sur un rang après les seniors,
00:53c'est-à-dire qu'en fait, si jamais il y a des soucis, elles sont là pour absorber les pertes.
00:57Donc forcément, ce sont des obligations plus risquées, en effet,
01:02et à ce titre, elles offrent un rendement supérieur aux obligations seniors.
01:09Avec notamment des obligations qui sont émises par des grandes banques, des assureurs,
01:14comme vous l'avez dit, pour se couvrir des risques.
01:16Alors on reproche souvent au marché européen de ne pas assez être consolidé,
01:22de ne pas avoir de grands acteurs.
01:23Alors bon, j'imagine que pour vous, c'est une certaine forme d'opportunité,
01:25dans le sens où il y a des centaines d'émetteurs en Europe, sur ces subordonnées bancaires financières.
01:30Si on doit prendre un exemple de banque, d'assurance, ça donne quoi en termes de maturité, en termes de rendement ?
01:35Alors ce sont des dettes perpétuelles, mais qui ont des calls.
01:37C'est-à-dire que l'émetteur peut rappeler sa dette, justement, à un moment donné.
01:42Et donc on va parler de à quelle date elles peuvent le rappeler.
01:45On va prendre l'exemple de BNP ou de Société Générale, ou même de Deutsche Bank.
01:48Donc BNP, par exemple, sur 2030, ça offre encore du 4,7%.
01:54Société Générale, dès qu'on va un petit peu plus loin, c'est au-dessus, c'est pratiquement du 6% si on va sur 2032.
02:03Donc vous voyez, vous avez des rendements significatifs sur des maturités qui ne sont pas si lointaines,
02:09et notamment pour des grandes banques.
02:10Si vous allez sur du Deutsche Bank, vous avez même un peu plus.
02:12C'est des rendements qui sont proches des dividendes de ces banques en question,
02:18à l'exception près que, là, vous ne détenez pas une action, mais donc une obligation.
02:22Donc c'est un risque qui est un peu plus faible.
02:26En termes de part de risque, comment vous le mettez, vous, sur l'échelle de ces obligations,
02:30ces subordonnées financières ?
02:32Alors, c'est quand même l'obligation la plus risquée, juste avant de passer aux actions.
02:37Puisqu'en fait, aujourd'hui, on a ce qu'on appelle des dividendes stoppers.
02:43C'est-à-dire qu'en fait, si jamais la BNP, par exemple, ou la Société Générale ne voulaient plus payer son coupon,
02:53donc ce fameux 5% autour, il ne pourrait pas payer de dividendes.
02:57Donc vous voyez qu'il y a quand même un lien sur ces deux éléments, equity et action et obligataire.
03:03Donc en fait, c'est-à-dire qu'en fait, c'est pour ça qu'on peut dire que l'obligataire est juste devant en termes de séniorité par rapport aux actions.
03:12Après, ça reste l'obligation la plus, j'allais dire, la plus risquée dans le monde obligataire.
03:18Avec notamment aujourd'hui un produit qui est utilisé en termes de diversification dans des marchés obligataires,
03:23ce n'est pas un marché pour du retail.
03:24C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un auditeur, téléspectateur qui écoute l'antenne, ça l'intéresse, il se dit,
03:28tiens, je peux avoir du 5-6% avec des obligations bancaires, il ne faut pas les acheter directement ?
03:33Non, c'est compliqué.
03:34Déjà, la souche minimale est quand même de 100 ou de 200 000 euros, déjà.
03:40Donc c'est quand même un sacré montant.
03:43Et puis de toute façon, c'est vrai que ce ne sont pas des outils pour du retail, en effet, pour le particulier.
03:48Alors, nous avons, nous, chez Edmond Rothschild Asset Management, nous offrons un fonds qui a jusqu'à 50% de ses obligations.
03:57Et le fait d'en avoir que 50% permet d'offrir, justement, aux particuliers la possibilité d'acheter ce type d'obligation.
04:06Donc jusqu'à 50%.
04:07Et donc, ça permet de se couvrir en cas de retournement sur ce secteur bancaire.
04:11Bon, néanmoins, si on regarde ces 15-20 dernières années, depuis la crise notamment de la zone euro,
04:16comment aujourd'hui ça se passe pour ces subordonnées financières,
04:20sachant qu'on a quand même un secteur bancaire qui aujourd'hui n'a rien à voir avec ce qu'il a pu être il y a 20 ans ?
04:25Et même il y a 20 ans, est-ce que les subordonnées financières ont été remboursées ?
04:29Alors, il y a eu toutes sortes d'épisodes.
04:31On peut se rappeler, il n'y a pas longtemps, Crédit Suisse qui a connu des déboires.
04:34Et à partir de ce moment, ces subordonnées financières ont été effacées complètement.
04:39Donc tout à fait.
04:40Mais sinon, j'allais dire, ça se passe justement très bien.
04:43Pourquoi ? Parce que c'est très régulé.
04:44Le régulateur veille au grain, j'allais dire, par rapport au remboursement et à la perpétuité,
04:50je veux dire, la réémission de ce type d'obligation pour, encore une fois,
04:54c'est une demande du régulateur pour faire face au capital.
04:57Donc on a besoin de cet excess capital pour répondre aux besoins du régulateur.
05:01Donc toutes les banques doivent le faire.
05:03Et à partir de là, aujourd'hui, on a des facilités de remboursement de ces dettes de la part des banques
05:12qui permettent d'ancrer un peu plus justement ce remboursement.
05:18À partir de là, c'est pour ça que ce qu'on appelle les primes de risque crédit sur ces obligations
05:23est relativement plus petit que ce qu'on a connu aujourd'hui.
05:27Mais ça reste, si vous rajoutez, en fait, si vous regardez le rendement total de ce type d'obligation,
05:33il reste quand même encore très attractif par rapport à ce qu'on a connu auparavant.
05:37De l'ordre de 5 à 6 %, c'est quand même encore très attractif par rapport au taux d'État notamment.
05:41Et surtout par rapport au monétaire qui est en train de voir ces taux se réduire avec les baisses de taux des banquiers centraux.
05:47Merci beaucoup de nous avoir accompagné ce matin à l'Incriève, responsable de la gestion obligataire
05:50chez Edmond Rothschild Asset Management pour faire un point sur le marché obligataire.
05:54Vous en avez l'habitude chaque mercredi sur BFM Business à 9h30.
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