- il y a 4 mois
Ce mardi 9 septembre, Alix Mirshams, directeur Marketing & Achats chez Opteamis, et Julie Huguet, directrice Mission French Tech, se sont penchés sur la progression de l’emploi, et la fragilité du financement, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.
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00:00Tech & Co-Business, la chronique expert.
00:05Voilà, on va parler emploi, on va parler French Tech, on va parler profil avec nos invités.
00:10Je vous les présente tout de suite, Julie Huguet, directrice de la mission French Tech. Bonjour.
00:13Bonjour.
00:14Julie, merci d'être avec nous.
00:15Donc la French Tech, c'est soutenir la croissance des startups françaises, c'est des programmes d'accompagnement.
00:20Il y a aussi le Next 40, le Next 120, pour se donner un peu un état de l'art, une situation un peu des entreprises.
00:27Il y a la French Tech en plein aussi, pour lancer toutes ces entreprises.
00:30Donc c'est évidemment, vous l'avez compris, aider les entreprises innovantes à passer, à devenir nos futurs ETI, nos futurs grands groupes.
00:38Le but, c'est vraiment de renforcer tout cet écosystème tech et on voit aujourd'hui, c'est important.
00:43Et avec nous, Alix Myrchin. Bonjour Alix.
00:45Bonjour Fred.
00:45Merci d'être avec nous, directeur marketing et HH et Optimis.
00:48Donc Optimis, plateforme qui met en relation à la fois les donneurs d'ordre et puis des freelances, des ESN, voilà, qui cherchent.
00:54Et justement, sur cette plateforme, ça fait beaucoup de données et on peut voir quels sont les profils.
01:00Est-ce que le marché est un peu en tension ? On va en reparler dans un instant.
01:04Justement, peut-être démarrer par là, parce qu'on ne s'est pas vu depuis un moment sur cette plateforme.
01:09On en est où aujourd'hui ? Alors on a appelé ça l'indice P2I.
01:12Le but, c'est de voir un peu quels profils sont recherchés, quels technos.
01:18Effectivement, on ne s'est pas vu depuis six mois.
01:19Donc on a revu notre base de données pour qu'ils soient encore plus riches.
01:24Le constat, il est assez certain sur le fait que les entreprises ont moins de besoins, là, sur les deux dernières années.
01:31Ça se confirme encore, là, sur le dernier trimestre, il y a 25% de besoins en moins sur le premier semestre de l'année.
01:38Notre indice, justement, P2I, qui veut dire prestations intellectuelles informatiques,
01:41il remonte, il repasse le cap des 1 000 et il monte à 1 090.
01:47Ça veut dire que, en fait, le marché est malgré tout en tension,
01:50parce que, sur certaines typologies de projets, on manque quand même de talent.
01:56Et du coup, sur ces profils-là, en question, on a jusqu'à moins 19% de baisse de profil disponible.
02:02Alors on va revenir plus en détail, parce qu'on verra, justement, data business, intelligent,
02:06évidemment, l'IA, tout ça est important.
02:08Alors, justement, parlons un peu emploi, parce que j'avais titré ça,
02:13les start-up emploi dans le verre, financement en berne.
02:15C'est vrai qu'on lit beaucoup de choses sur ces rentrées de la French Tech, Julie.
02:18Moindre introduction en bourg, pas de fusion d'acquisition,
02:21un peu moins de 3 millions d'euros de levée de fonds pour les start-up tricolores,
02:25donc moins 35% par rapport à 2024.
02:28Bon, et là, on ne va même pas parler de la conjoncture politique.
02:31On en est où aujourd'hui ?
02:33Alors, on a une rentrée qui montre, finalement, que la French Tech, elle est assez résiliente.
02:36On a des entreprises qui ne sont plus uniquement des jeunes pousses,
02:39c'est plutôt des entreprises de taille mature,
02:41qui, du coup, peuvent se permettre d'aller plus vite vers la rentabilité
02:43dans des périodes, justement, un peu plus d'incertitude.
02:45C'est ce qu'on constate, notamment, vous en avez parlé,
02:48mais on a un programme d'accompagnement,
02:49donc le French Tech Next 40 120,
02:51qui accompagne les 120 entreprises technologiques les plus prometteuses.
02:55Et on voit bien dans ce programme qu'il y a eu une transformation en un an.
02:5844% des entreprises sont rentables aujourd'hui,
03:01alors que l'année dernière, pour le même programme,
03:03on avait 30% de rentabilité.
03:04Donc, c'est un vrai changement, finalement, de manière de piloter.
03:07Donc, il ne faut pas se baser uniquement sur les levées de fonds.
03:09Voilà, les levées de fonds, c'est bien, ça montre un état de la santé.
03:11Mais ce qu'il faut regarder, c'est quand même la rentabilité.
03:13C'est la rentabilité qui n'entache pas la croissance,
03:16puisque la croissance moyenne de ces entreprises est de 27% par an.
03:19Donc, c'est une croissance qui continue à être soutenue.
03:21Donc, c'est des entreprises qui vont bien, qui se développent.
03:2393% d'entre elles sont à l'international.
03:26Elles se développent bien, donc, mais par d'autres moyens.
03:28Et notamment, puisqu'elles ont atteint un certain stade de maturité,
03:32elles peuvent se permettre de travailler avec des grands groupes
03:34et donc d'avoir des contrats de taille plus importante
03:37sur la durée qui leur permet de s'adapter.
03:39Et ça, c'est le programme, on y reviendra.
03:41C'est « Je choisis la French Tech ».
03:43Tout à fait.
03:43« Je choisis la French Tech », oui.
03:44On risque à le dire.
03:45Et puis, en termes d'emploi, je voyais les chiffres de Numéum.
03:48C'est plutôt pas mal.
03:49Ils ont pris un essentillon de 14 000 startups,
03:5216 000 emplois net créés, plus 4,6%.
03:54Donc, on voit quand même que, même si les levées de fonds sont un peu en berne,
03:58ce que vous disiez sur la rentabilité,
03:59puis derrière, sur l'emploi, ça se poursuit.
04:03Tout à fait, ça se poursuit.
04:04Dans notre programme, c'est 42 000 emplois créés par les startups,
04:07les 120 startups les plus prometteuses,
04:09sur l'ensemble du territoire français.
04:12Donc, on est vraiment dans une dynamique plutôt positive.
04:14Et alors, regardons un peu les profils.
04:17En revenant sur le baromètre Optimist,
04:19Alix, il y a quelques tensions sur certains profils,
04:22beaucoup moins sur d'autres.
04:23Tout à fait.
04:24Alors, on a vu le semestre dernier que, par exemple,
04:26sur des métiers infracloud, on était en baisse.
04:30Ça se confirme parce qu'aujourd'hui, les PME,
04:32qui étaient les derniers, on va dire,
04:34assez équipés de ces technologies cloud, sont équipés.
04:37Donc, la baisse se confirme fortement.
04:39Par contre, sur des sujets qui sont globalement autour de l'IA,
04:43donc la data, la business intelligence,
04:46forte hausse.
04:47D'ailleurs, forte hausse aussi des prix,
04:48parce qu'on constate, sur des TGM, data, business intelligence,
04:54le taux journalier, la base du prestataire,
04:58une hausse de 28% en un semestre,
05:00pour être dans une moyenne de 605 euros au jour.
05:03Donc, forte hausse de ces tarifs sur ces talents les plus demandés.
05:07Et puis, surtout ce qui est ERP.
05:09Sur les technos les plus demandés, d'ailleurs, sans surprise,
05:11on se retrouve avec Python.
05:14Python, qui est le fameux langage de la data.
05:17SQL aussi, malgré une petite baisse sur le dernier trimestre.
05:21Et aussi Jira, qui est un outil...
05:23C'est la gestion des bugs, des incidents.
05:25Des incidents et des suivis de projets, effectivement.
05:27Le top 3 des technos les plus représentés.
05:30Notons quand même une forte hausse aussi de GitLab,
05:32de 40% en un semestre.
05:35Peut-être que c'est dû un petit peu à l'actualité,
05:38si on fait racheter par Microsoft.
05:39Ça crée beaucoup, beaucoup d'engouement.
05:40Donc, très, très forte hausse sur le semestre de GitLab également.
05:44Et en termes de fonctions les plus recherchées,
05:47des chefs de projet, business analyst ?
05:48Alors, des chefs de projet, le top 3,
05:50chefs de projet, business analyst, développeurs,
05:52qui sont dans le top 3, effectivement,
05:54des fonctions les plus recherchées en ce moment.
05:57On le voit, on reste dans une guerre des talents.
05:59C'est ce qu'on remarque aussi dans la French Tech, Julie ?
06:02Alors, complètement, et notamment avec l'arrivée
06:03de l'intelligence artificielle,
06:04ou plutôt son renforcement.
06:06Vous n'êtes pas sans savoir qu'en France,
06:08on a parmi les meilleurs chercheurs en intelligence artificielle.
06:11Néanmoins, il n'y en a pas assez, évidemment.
06:13Et on y les vole beaucoup, notamment Outre-Atlantique.
06:16C'est ça.
06:17Il y a une demande internationale qui est très forte.
06:20Et on voit une envolée.
06:21Je pense que c'est inédit.
06:22C'est une véritable bulle des rémunérations.
06:24Puisqu'on voit des entreprises, effectivement, Outre-Atlantique,
06:29proposer des salaires de plusieurs millions d'euros annuels aux chercheurs.
06:32Plusieurs dizaines de millions d'euros.
06:34On entend parfois des chiffres incroyables.
06:36Exactement.
06:37Donc ça, c'est assez inédit, finalement.
06:39Mais la chance qu'on a, et nous, ce qu'on voit dans la French Tech,
06:41c'est qu'on a des entreprises très innovantes
06:43qui arrivent à faire de la rétention de ses talents,
06:45en associant ses talents à des projets parmi les plus prometteurs.
06:47Je pense évidemment à Mistral.
06:49Je pense à H-Compagny, par exemple,
06:51qui développent des solutions qui sont implémentables pour nos entreprises
06:55et donc qui arrivent à avoir cette rétention de talents.
06:58Et donc, la bonne nouvelle pour l'ensemble de l'économie,
07:00c'est que du coup, on a des entreprises françaises
07:02qui se positionnent parmi les meilleures en termes d'intelligence artificielle
07:04et qui peuvent proposer à l'ensemble de l'économie,
07:07je pense aux PME, aux ETI et au CAC 40,
07:09qui ont besoin de prendre ce virage d'intelligence artificielle
07:11et bien de trouver les bonnes solutions implémentables rapidement.
07:15En plus, avec des gens qui viennent pérenniser.
07:16On a encore entendu ce week-end, c'était Mistral qui, dans sa levée de fonds,
07:21à SML, devient un partenaire à SML,
07:23qui est celui qui fait les machines pour les composants
07:26et qui est le numéro un mondial.
07:28Donc, on sent que il y a cette pérennité.
07:31On voit aussi que les startups n'ont pas...
07:33Enfin, ça y est, c'est lancé.
07:36Même des diplômés de très grandes écoles
07:38vont aussi facilement vers des startups que vers des grands groupes aujourd'hui.
07:43Oui, je pense que les startups, comme les grands groupes,
07:45ont chacun leur technique pour attirer les talents.
07:48Dans l'intelligence artificielle et du côté des chercheurs,
07:50on voit qu'il y a quand même une prédisposition à aller vers les startups,
07:54à participer à la création de quelque chose de vraiment nouveau,
07:58mais qui bénéficie à l'ensemble de l'économie.
08:00Donc, c'est assez positif.
08:01Et alors, en plus, quand il y a des initiatives comme celle de...
08:03Je choisis la French Tech.
08:05C'est 600 entreprises qui sont signataires,
08:0790 acteurs institutionnels engagés.
08:09C'est un milliard d'euros mobilisés par 10 grands groupes vers ces startups.
08:1211 maintenant, avec l'arrivée de BNP Paribas, il y a deux semaines.
08:16Et puis, à côté, ce qui avait été lancé par la ministre Clara Chappas,
08:21c'est Ozelia, donc pour pousser un peu tout le monde
08:24à aller vers ces technologies.
08:26Voilà.
08:26Maintenant, l'adoption des nouvelles technologies, de l'innovation,
08:30elle est clé pour l'ensemble de l'économie,
08:31parce que l'intelligence artificielle,
08:33elle est en train de transformer toute l'économie,
08:34tous les secteurs.
08:35Il n'y a, je veux dire, rien qui ne va y échapper.
08:38Et donc, c'est important d'avoir des solutions
08:40qui sont implémentables rapidement,
08:41donc de travailler sur cette fameuse adoption.
08:44On y travaille à la mission French Tech de deux façons.
08:47Il y a effectivement le programme Je choisis la French Tech
08:48dont vous avez parlé.
08:50Et il y a un chiffre que je voudrais vous partager
08:51qui me paraît vraiment frappant.
08:54C'est qu'en quatre ans,
08:55le nombre de relations et de collaborations
08:57entre grands comptes et start-up
08:58a été multiplié par dix.
09:00Donc, on est vraiment dans un mouvement,
09:02une transformation culturelle qui est très forte,
09:04où ça y est, on arrive à travailler ensemble,
09:06grands comptes et start-up,
09:07et avoir des relations.
09:08Avec des process simplifiés.
09:09Enfin voilà, tout le monde a compris
09:10parce que ça allait un peu dans les deux sens.
09:11Exactement.
09:12Et ensuite, il y a tout ce qui est autour
09:14de l'intelligence artificielle,
09:15où là, en fait, on a aussi besoin de se former,
09:17de comprendre les enjeux.
09:19Et donc, grâce à nos capitales et communautés de la French Tech,
09:21donc les associations qui sont sur l'ensemble du territoire,
09:24on en a 48 en France,
09:25eh bien, on déploie une partie du programme OZELIA,
09:28qui a été lancé par la ministre Clara Chapaz avant l'été,
09:32et qui consiste à démultiplier finalement les événements
09:37pour former les collaborateurs,
09:39pour former les dirigeants aux enjeux d'intelligence artificielle,
09:42mais aussi pour leur montrer l'ensemble des solutions
09:44qui sont déjà existantes et accessibles
09:48pour se transformer rapidement.
09:50Oui, puis on va en parler avec nos experts un instant.
09:52Alix, oui, c'est ça, on imagine que dans le futur,
09:55si on voit un petit peu des tendances se dessiner,
09:57évidemment, tout autour de l'IA...
09:59Oui, ça se confirme clairement,
10:00ça fait à peu près deux ans qu'on le dit maintenant,
10:02depuis l'avènement de ChatGPT et tous les modèles de langage
10:04qui trouvent leur application dans les entreprises.
10:07C'est clairement vers là qu'on va quand on regarde les chiffres de notre baromètre.
10:10Eh bien, merci à tous les deux.
10:12Alix Myrcham, directeur marketing chez Optimist,
10:15et Julie Huguet, directrice de la mission French Tech.
10:18On suivra, bien entendu, cette rentrée forte,
10:20parce qu'évidemment, Tech & Co, Tech & Co Business,
10:23on suit, on joue aussi la promotion de cette mission French Tech
10:27avec ces belles entreprises.
10:28Ils sont en train de s'imposer peu à peu,
10:31il faut vraiment y croire.
10:32Merci d'avoir été avec nous tous les deux.
10:34Merci beaucoup.
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