- il y a 1 an
Aujourd'hui, c'est au tour de Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03Il est député des Bouches-du-Rhône, coordinateur de la France Insoumise, c'est Emmanuel Bompard qui est avec nous.
00:10Bonjour M. le Premier Ministre.
00:11Bonjour, j'ai vu que vous aviez dit ça à M. Bardella.
00:14Je vous dis que j'étais un peu chocard, vous corrigez aujourd'hui.
00:18Non, mais c'est parce que j'imagine que vous avez l'ambition peut-être aussi d'aller à Matignon.
00:22Ah non, moi j'ai surtout l'ambition de faire en sorte que, après la chute de M. Bayrou,
00:28qui est maintenant inéluctable, qui va avoir lieu lundi, j'ai l'ambition que ça puisse permettre un changement de politique.
00:34Mais la gauche, pour emmener la gauche à Matignon.
00:36Oui, mais vous voyez bien que s'il s'agit pour ça de devoir négocier, comme certains essayent de le faire,
00:42une forme de coalition avec les macronistes.
00:44Ce que font les socialistes ?
00:45Bah évidemment. Alors ça ne se traduira pas par un changement de politique.
00:49Donc moi, la question à laquelle je réfléchis et sur laquelle je travaille,
00:53c'est comment on fait en sorte de changer de politique.
00:55Parce que si on continue dans la politique qui est en place dans ce pays depuis maintenant des années et des années,
01:00on va dans le mur et tout le monde le sait.
01:02Ou regardez où on en est.
01:03Et pour changer de politique, il faut changer de président ?
01:05Bah je crois, parce que, regardez, l'année dernière, il y a eu une dissolution de l'Assemblée nationale.
01:10Les Françaises et les Français sont allés voter.
01:13Majoritairement, ils ont voté contre la politique de M. Macron.
01:17Et en vérité, M. Macron n'en a pas tenu compte.
01:19Il a fait des combinaisons politiciennes pour mettre en place la continuité de cette même politique.
01:25Donc je pense que si on veut permettre aux Français de choisir quelle doit être la politique qui va être mise en place dans ce pays,
01:31après ils choisissent la politique qu'ils veulent.
01:33Mais je crois qu'il faut leur redonner la parole.
01:35Et leur redonner la parole, je pense que ça passe par une élection présidentielle anticipée.
01:38On n'y est pas, il y a le vote de confiance lundi.
01:41Et puis il faudra sans doute, bien sûr, imaginer l'après-Bayrou très vite.
01:47Les socialistes, vous les accusez de préparer une coalition avec la droite.
01:51Vous êtes de mauvaise foi, parce que les socialistes disent
01:53« Non, nous, si on va au pouvoir, c'est sans la droite, sans les macronistes.
01:58On n'utilisera pas le 49-3.
02:00Mais en échange, on demande à tous les groupes de composer.
02:04Donc on essaiera de trouver des textes qui peuvent trouver des majorités. »
02:07– Ben c'est ce qu'ils disent !
02:08– Oui, oui, c'est ce qu'ils disent eux, oui.
02:10Mais je ne suis pas de mauvaise foi, je vais vous dire pourquoi.
02:12Parce que, évidemment que si vous voulez un accord de non-censure,
02:15ils parlent d'accord de non-censure,
02:16il faut négocier un accord de non-censure.
02:18Et il faut négocier un accord de non-censure
02:20de telle sorte à pouvoir avoir une majorité de députés à l'Assemblée Nationale
02:23qui acceptent de ne pas vous censurer.
02:25Et donc cet accord de non-censure,
02:27quand vous êtes le parti socialiste avec moins de 70 députés à l'Assemblée Nationale,
02:31vous devez le négocier avec d'autres groupes.
02:32Et notamment le négocier avec les groupes macronistes.
02:35Donc ne me dites pas qu'il ne s'agit pas d'une coalition.
02:37S'il y a une négociation sur un programme de non-censure…
02:40– Si vous étiez, vous les insoumis au pouvoir,
02:43vous feriez la même chose ?
02:43– Non, pas du tout.
02:44– Ah bon ?
02:45Alors comment vous ferez alors ?
02:45– Je viendrai devant l'Assemblée Nationale,
02:48je présenterai le programme sur lequel nous avons été élus
02:51devant les électrices et les électeurs,
02:53et après je demanderai le vote de confiance,
02:56comme le fait M. Bayrou.
02:56– Et bien vous ne l'auriez pas ?
02:57– Et bien voilà.
02:58– Donc on resterait dans des situations bloquées.
03:01– Peut-être que je ne l'aurai pas.
03:02Peut-être que je ne l'aurai pas.
03:03– Oui, pourquoi vous l'auriez ?
03:04– Et bien parce que peut-être qu'il y a une majorité de députés
03:07qui considèreraient que le programme que je défends
03:09et que je propose pour le pays
03:11est un programme qui permettra de sortir le pays
03:14des situations difficiles.
03:15Mais non, mais attendez…
03:15– Mais donc ça veut dire que ce que vous proposez,
03:17c'est la suite du blocage ?
03:18Vous ne proposez pas ?
03:19– Non, non, non, non, non, non.
03:20– Au moins les socialistes essayent de trouver des solutions.
03:22– Très bien, mais applaudissez les socialistes si vous voulez,
03:24il n'y a aucun problème.
03:26Moi je vous dis juste que quand vous avez été élu
03:27devant les électrices et les électeurs l'année dernière
03:29pour l'abrogation de la réforme des retraites,
03:32pour l'augmentation du SMIC,
03:34pour la planification écologique,
03:35pour la 6ème République…
03:35– Vous n'avez pas les moyens de faire passer tout ça ?
03:36– Vous ne venez pas faire un accord…
03:39– Donc c'est tout ou rien pour vous ?
03:40– Mais ce n'est pas tout ou rien.
03:41Franchement, en fait, on nous a déjà fait le coup l'année dernière.
03:44Après la chute de M. Barnier,
03:45on nous a dit « Oui, vous, c'est tout ou rien,
03:47vous allez voir, on va gagner des grandes victoires
03:48pour les Françaises et les Françaises ».
03:49– D'ailleurs, les socialistes ont négocié
03:52un accord de non-censure avec Bayrou.
03:54M. Truchot, est-ce que vous avez l'impression
03:58que depuis que M. Bayrou a été en place,
04:00la situation du pays s'est améliorée ?
04:02Est-ce que vous avez l'impression
04:03que le Parti Socialiste a gagné les grandes victoires
04:05que les Françaises et les Français attendaient ?
04:07Est-ce que vous avez l'impression
04:07qu'en termes de pouvoir d'achat,
04:09la situation s'est améliorée ?
04:10Est-ce que vous avez l'impression
04:10qu'en termes économiques,
04:11la situation s'est améliorée ?
04:12Est-ce que vous avez l'impression
04:13qu'en termes de chemin vers la transition écologique,
04:16puisque c'était quand même
04:17un des axes majeurs de la campagne
04:18que nous avons menée l'année dernière,
04:19les choses se sont améliorées ?
04:21Évidemment non.
04:22Donc moi, c'est pas que je veux pas
04:24débloquer la situation,
04:25c'est que je veux pas semer des illusions.
04:27Et je pense que précisément,
04:28si vous voulez débloquer la situation,
04:30on est en démocratie,
04:31la situation est bloquée
04:32parce que M. Macron est minoritaire
04:34mais qu'il veut continuer à imposer sa politique,
04:36et bien M. Macron doit partir,
04:38il doit y avoir une élection présidentielle anticipée.
04:40Et après, les gens tranchent.
04:41Et peut-être que mon point de vue,
04:43il sera pas majoritaire, je peux l'entendre.
04:44Et dans ce cas-là,
04:45on acceptera le résultat des élections.
04:47– Voilà, vous accepteriez le résultat des urnes,
04:48quel qu'il soit.
04:49– Mais évidemment, maintenant,
04:52parce que je vois ce qu'il y a derrière votre question,
04:54soyons clairs,
04:55vous êtes en train de me dire
04:56est-ce que si le Rassemblement national
04:58et l'extrême droite l'emportent,
04:59j'accepterais le résultat des élections ?
05:01Évidemment, j'accepterais le résultat des élections,
05:03mais à la moindre remise en cause
05:05de l'État de droit,
05:06à la moindre remise en cause
05:07de l'égalité des citoyennes et des citoyens,
05:10alors là, vous nous entendrez,
05:11je vous le garantis.
05:12– Joël, vous êtes d'accord
05:13avec ce raisonnement ou pas ?
05:14– Je suis complètement d'accord
05:15avec ce raisonnement.
05:16De toute façon, pour moi,
05:17en l'état actuel,
05:19il est mieux que le président parte.
05:20C'est lui le blocage.
05:21C'est ni Beyrou,
05:22c'est ni l'Assemblée nationale,
05:24c'est lui le point bloquant du pays
05:28à l'heure actuelle.
05:29Donc, je suis complètement d'accord.
05:29– Le problème, c'est Emmanuel Macron.
05:31– Le problème, c'est Emmanuel Macron.
05:32Oui, il faut le dire.
05:33Pourtant, j'ai voté pour lui,
05:34mais c'est le problème.
05:36Mais par contre, là où je suis surprise,
05:39c'est que vous, vous dites
05:40que vous iriez quand même,
05:41donc si on devait nommer un président,
05:44un Premier ministre de votre parti,
05:46vous iriez et vous présenteriez
05:47donc votre politique telle qu'elle a été,
05:49votre programme tel qu'il a été conçu.
05:51Pourquoi est-ce que vous ne dites pas
05:53comme M. Bardella,
05:55non, je n'irai pas en l'état actuel
05:57de la composition de l'Assemblée nationale
05:59parce qu'il est impossible
06:00de pouvoir appliquer notre programme ?
06:02– Oui, parce que je pense que
06:03quand les Françaises et les Français
06:05ont voté majoritairement,
06:07alors je sais, c'est une majorité relative,
06:09mais à l'Assemblée nationale,
06:11la coalition, le bloc politique
06:12qui dispose du plus grand nombre
06:13de députés à l'Assemblée nationale,
06:14c'est le nouveau Front populaire,
06:16je pense que si on vient nous dire
06:18vous avez votre chance pour essayer
06:20de mettre en place votre programme,
06:22ça me paraît légitime d'essayer,
06:23ça me paraît légitime
06:24de venir voir l'Assemblée nationale
06:25et de leur dire, voilà,
06:26nous, le diagnostic qu'on fait
06:28de la situation du pays,
06:29c'est celui-là,
06:30et les solutions qu'on propose
06:31pour le pays, c'est cela.
06:32Et après, il y a une majorité
06:33de députés qui disent
06:34OK, on vous laisse votre chance.
06:35– C'est encore Lucie Cazet,
06:36votre candidate ?
06:37– Non, mais attendez.
06:38– Moi, je change les arrondes
06:39parce qu'elle est moyenne.
06:40– Non, mais attendez, attendez.
06:41Moi, j'ai répondu à votre question
06:43sur qu'est-ce que moi, je ferais.
06:44Maintenant, je pense sincèrement,
06:47et je crois que je suis assez clair
06:48sur ce sujet,
06:49que la situation,
06:50elle est bloquée.
06:51Si on reste dans une situation
06:53telle qu'elle est aujourd'hui,
06:53on est condamné à changer de gouvernement
06:55tous les deux ou tous les trois mois.
06:57Et moi, je pense qu'on n'a pas besoin de ça,
06:58parce qu'en fait,
06:59ça empêche le pays de se projeter
07:00et que les gens,
07:01ça les empêche de se projeter.
07:02Peut-être qu'on va parler d'économie,
07:04y compris les acteurs économiques,
07:05ça les empêche de se projeter.
07:06– Oui, le problème,
07:07c'est que vous êtes dans le déni, vous.
07:08– Pardon ?
07:09– Ah ben, vous êtes dans le déni.
07:10– Expliquez,
07:10enfin, un argument peut-être,
07:12quelque chose ?
07:12– Oui, oui, je continue.
07:14– Je dis, vous,
07:15vous êtes dans le déni.
07:15– François Bayrou
07:16fait tous les plateaux télé,
07:19radio, etc.,
07:19pour dire que le problème,
07:21que le problème numéro un
07:21que nous avons,
07:22c'est la dette publique
07:23et que nos jeunes,
07:25nos enfants,
07:26seront les premiers
07:27à payer la facture.
07:28Et moi, j'entends
07:29les Insoumis,
07:29Jean-Luc Mélenchon 1er,
07:30dire la dette publique,
07:32ce n'est pas le problème
07:32pour les Français.
07:33Alors là, je me dis,
07:34bon, donc si vous arrivez au pouvoir,
07:36la dette publique
07:36n'est pas un problème.
07:37– Il a dit,
07:38ce n'est pas le problème numéro un
07:39pour les Français.
07:40Ouais, je suis tout à fait
07:41d'accord avec lui.
07:42– D'accord,
07:42ce n'est pas le problème numéro un.
07:43– Non mais attendez,
07:43est-ce que vous savez…
07:44– C'est quoi le problème numéro un ?
07:45– Ah là, je pense que le problème,
07:46c'est difficile de dire
07:47le numéro un et le numéro deux,
07:48mais je pense que là,
07:50les gens,
07:50ils galèrent,
07:51si vous voulez mon avis,
07:52c'est-à-dire que je crois
07:52que le pouvoir d'achat…
07:53– Oui mais pour les aider,
07:54si on est endettés,
07:55c'est compliqué.
07:55– Attendez, attendez,
07:56on va prendre les points un par un.
07:57– C'est de l'investissement
07:58ou de l'endettement ?
07:58– Exactement,
07:59c'est pas la dette en soi,
08:01la dette en soi
08:02n'est pas forcément un problème,
08:03ça dépend pour quoi faire.
08:04– C'est la mauvaise dette,
08:05vous le savez.
08:05– Attendez, attendez,
08:06attendez,
08:07deux secondes,
08:08si vous voulez bien.
08:09Premièrement,
08:09aujourd'hui,
08:10à chaque fois que la France
08:11émet un titre de dette,
08:12il y a trois acheteurs,
08:12donc on n'a pas de problème
08:13pour se financer.
08:14Deuxièmement,
08:15on se finance moins cher
08:16que les Etats-Unis d'Amérique
08:17aujourd'hui.
08:18Troisièmement,
08:18la charge de la dette en France
08:19est inférieure
08:20à ce qui était la charge
08:21de la dette en France
08:22à la fin des années 90
08:23et au début des années 2000.
08:24– Oui c'est ça,
08:25vous êtes dans le déni,
08:25mais je ne suis pas dans le déni,
08:26est-ce que ce que je viens
08:27de dire est faux ?
08:28– Est-ce que ce que je viens
08:28de dire est faux ?
08:29– Quand vous comparez
08:30aux Etats-Unis,
08:31vous comparez la première puissance
08:33du monde.
08:34– Les Etats-Unis
08:34mettent leur monnaie.
08:35– Ils ont la première monnaie
08:37du monde
08:38et c'est la première puissance
08:39économique.
08:39– On peut en parler
08:39si vous voulez.
08:40– Mais la dette est un problème
08:41pour eux et d'ailleurs
08:41ils le savent aussi.
08:42– Attendez,
08:43je vous dis premièrement
08:44la situation n'est pas aussi
08:45catastrophique que ce que
08:46M. Bayrou est en train
08:47de nous dire.
08:47Deuxièmement,
08:48il y a un déficit important,
08:49personne ne le conteste,
08:50il y a plus de 5% du PIB
08:51de déficit.
08:52Pourquoi ?
08:53Pourquoi y a-t-il
08:53un déficit important ?
08:54Parce que depuis qu'Emmanuel
08:55Macron est arrivé au pouvoir,
08:57ce qui a baissé,
08:58c'est les pourcentages
08:59de recettes.
09:00– Il a baissé les impôts.
09:02– Par rapport
09:03à la richesse produite
09:04chaque année dans notre pays,
09:05le pourcentage de recettes
09:06de l'État a augmenté.
09:07– La richesse produite
09:08a augmenté
09:09et le pourcentage
09:10de recettes a baissé.
09:11Ce n'est pas la dépense publique
09:12qui a explosé
09:13depuis que Macron
09:13est arrivé au pouvoir,
09:14elle a même un tout petit peu
09:15baissé.
09:15– Non, il a baissé les impôts.
09:16– C'est les recettes.
09:16Parce que M. Macron
09:17a baissé les impôts
09:19pour les plus riches.
09:20– Non !
09:20– Si essentiellement
09:21pour les plus riches.
09:22– La taxe d'habitation,
09:22ce n'est pas les plus riches,
09:23la redevance télée,
09:24c'était tout.
09:24– Il a baissé les impôts.
09:25– S'il vous plaît,
09:26on ne va peut-être pas donner…
09:27– Aucun Français
09:27demande le retour
09:28à la redevance télée par exemple.
09:29– Je ne parle pas de ça.
09:30– C'est les impôts.
09:31– L'essentiel des baisses
09:33de recettes de l'État
09:35depuis qu'Emmanuel Macron
09:36est arrivé au pouvoir,
09:37c'est les cadeaux aux ultra-riches.
09:40C'est par exemple
09:40la fin de l'impôt de solidarité
09:42sur la fortune.
09:43– L'IFI, c'est pas mal.
09:45– Non, mais il y a une baisse.
09:46– L'IFI, ça rapporte moins
09:49que ce que t'es l'impôt de solidarité
09:50sur la fortune.
09:51C'est des cadeaux
09:53aux très grandes entreprises.
09:54– Non, c'est les impôts de production
09:55qu'on baissait.
09:56C'est pour ça qu'il y a moins de chômage.
09:57– C'est quoi que vous appelez
09:57des impôts de production ?
09:58– Les impôts de société,
09:59on en paye plus en France
10:00que partout en Europe quasiment.
10:02C'est plutôt une bonne chose
10:02pour chers entreprises.
10:03– C'est de la calabrie,
10:04c'est un système social
10:05qui coûte trop cher
10:06et qu'on rembourse
10:08par des subventions.
10:09Autant baisser le système social.
10:10– Ok, les cadeaux
10:12dont on est en train de parler,
10:13elles ont profité,
10:15essentiellement
10:17aux grands groupes,
10:18aux grandes multinationales.
10:19– Vous avez déjà
10:19des gros bénéfices.
10:20C'est là où on peut débattre.
10:21– Depuis 10 ans,
10:22est-ce que vous savez
10:22que dans la dernière décennie,
10:23est-ce que vous savez
10:24que dans la dernière décennie,
10:25les multinationales,
10:26elles ont détruit 250 000 emplois
10:28et les petites
10:28et moyennes entreprises,
10:29elles en ont créé 200 000.
10:30Est-ce que vous savez
10:31qu'aujourd'hui,
10:32sur l'impôt sur les sociétés,
10:33est-ce que vous savez
10:33qu'aujourd'hui,
10:34sur l'impôt sur les sociétés,
10:35les petites et les moyennes entreprises,
10:37elles payent en moyenne
10:377 points de plus
10:38que les multinationales
10:45au détriment des petites
10:46et des moyennes entreprises.
10:47Elle n'a pas fait baisser le chômage.
10:49On a radié des chômeurs.
10:50– C'est là aussi un déni.
10:51– Non, mais franchement,
10:52je ne dis pas que c'est un déni.
10:54– On peut être très critique
10:55contre Emmanuel Macron,
10:56mais il y a des choses
10:56qu'il faut reconnaître.
10:57Le chômage a baissé
10:58depuis 2010.
10:59– Non, non.
11:00– Là, les chiffres du chômage,
11:01les chiffres du chômage ont baissé.
11:04Les chiffres à nos gamins
11:05qui sont sur le marché du travail
11:06qui ont baissé dans le conflitisme.
11:08– Monsieur, les chiffres du chômage
11:11ont baissé.
11:11Et ils ont moins baissé d'ailleurs
11:12que dans la moyenne des pays
11:13de l'Union Européenne, bizarrement.
11:15Donc, premièrement.
11:16Deuxièmement, tout le monde sait
11:17qu'il y a eu des radiations.
11:18Il y a eu le développement
11:20du statut d'auto-entrepreneur.
11:21Il y a eu de plus en plus
11:22de travailleurs pauvres.
11:23Donc, si vous, c'est le modèle
11:24de société que vous voulez
11:25pour le pays, défendez-le.
11:26Mais moi, ce n'est pas le modèle
11:27que je travaille pour le pays.
11:28La politique de l'offre,
11:29après, je laisse parler madame,
11:30la politique de l'offre,
11:32c'est-à-dire cette idée
11:32que parce qu'on allait faire
11:33des cadeaux aux grands groupes
11:34et aux grandes entreprises,
11:35ça allait ruisseler
11:42et je suis sûr que ce que je vais dire,
11:43vous allez y être sensibles.
11:44Quand votre politique économique
11:46est une politique de réduction
11:47de la dépense,
11:48de l'investissement public
11:49et de réduction du pouvoir d'achat
11:50des Françaises et des Français,
11:51ça produit de la récession économique
11:53et tout le milieu économique français galère.
11:55Est-ce que vous avez vu,
11:56je parle sous le contrôle
11:57d'un restaurateur,
11:58est-ce que vous avez vu cet été
11:59que les restaurateurs vous disent
12:00mais en fait, les gens,
12:01ils ne viennent plus
12:02ou ils ne prennent pas de dessert
12:03parce qu'ils n'ont plus d'argent,
12:04les gens, ils ne vaut plus
12:05chez le coiffeur, pourquoi ?
12:06Parce que si vous avez une politique
12:07de baisse du pouvoir d'achat,
12:10à la fin, ce qui souffre,
12:11c'est les artisans,
12:12c'est les commerçants.
12:13Donc précisément,
12:13il faut faire l'inverse.
12:15Le budget de cette année,
12:16il a diminué la croissance par deux.
12:18Si le budget de Bayrou,
12:19vous le laissez passer,
12:20c'est encore plus de restaurateurs,
12:22d'artisans, de commerçants
12:23qui vont être sur la paille.
12:24Il faut faire l'inverse,
12:24il faut avoir une politique
12:25de relance sociale
12:26et de relance écologique.
12:27Manuel Pompas reste avec nous,
12:28coordinateur de la France Insoumise,
12:29député LFI des Bouches-du-Rhône,
12:31question, dialogue avec Yves Candebord,
12:33Joël Dagosséry
12:34et avec Mourad Boudjelal.
12:35A tout de suite.
12:37RMC, Alain Marshall,
12:39Olivier Trusseau,
12:40Les Grandes Gueules.
12:411, 2, 3, 4.
12:51Les Gégés, Les Grandes Gueules
12:53sur RMC, RMC Story,
12:54c'est le coordinateur
12:55de la France Insoumise
12:56et député des Bouches-du-Rhône,
12:57Manuel Pompas,
12:58qui est avec nous.
13:00On parle bien sûr
13:00de la crise politique.
13:02Question, dialogue,
13:05Yves Candebord
13:05et Mourad Boudjelal.
13:08Yves, Mourad,
13:09Mourad, je vais se commencer.
13:10Je tape en douche.
13:11Tu as le lieutenant
13:12de l'ingénieur du chaos
13:13à côté de toi.
13:14Il ne faut pas en profiter.
13:15L'ingénieur du chaos,
13:16c'est Jean-Luc Mélenchon
13:17selon Bruno Retailleau.
13:19Le chaos que vous voulez faire
13:20provoquer le 10 septembre.
13:22Avec le compte où ?
13:23Oui ?
13:23J'attendais peut-être une question.
13:25Il faut répondre
13:26aux outrances de M. Retailleau.
13:28Si je dois répondre
13:29aux outrances de M. Retailleau,
13:30je ne vais faire que ça
13:30dans ma vie.
13:32Pardon,
13:32mais le chaos,
13:32je crois qu'il est un peu
13:34sous nos yeux, là.
13:35Le chaos,
13:36c'est quand même le résultat
13:37de ces dernières années
13:38de politique.
13:39Est-ce que vous cherchez
13:39le 10 septembre aussi ?
13:40Non, mais moi,
13:41je ne cherche pas le chaos.
13:42Je soutiens les Françaises
13:43et les Français
13:44qui n'en peuvent plus, en fait.
13:45Vous comprenez,
13:45ils sont en colère, les gens.
13:47Ils ont envie que ça change.
13:48Donc, ils vont se mobiliser.
13:49Et évidemment que moi,
13:50je souhaite qu'ils se mobilisent
13:51de manière calme,
13:52pacifique,
13:52mais déterminée, évidemment.
13:54Mais par contre,
13:55on a le droit de se mobiliser.
13:56Alors, je sais que M. Retailleau,
13:57lui, il rêve peut-être
13:57d'un pays dans lequel
13:58les gens ne peuvent plus manifester
14:00et ne peuvent plus faire grève.
14:01Mais pardon,
14:01on est en France, ici.
14:02Et donc, en France,
14:03quand on n'est pas d'accord,
14:04et en France,
14:05on a le droit,
14:06c'est dans la Constitution,
14:07de faire grève,
14:08de faire des manifestations.
14:09Il me semble que M. Retailleau
14:11était dans la rue
14:11avec sens commun.
14:13Oui, là,
14:13ça le dérangeait moins.
14:13Ça le dérangeait moins
14:14pour lutter contre le mariage
14:17pour tous.
14:17Et là, ça ne le dérangeait pas
14:18d'être dans la rue
14:19avec sens commun,
14:19M. Retailleau.
14:20Il allait manifester.
14:21Donc, il ne faut pas dire
14:22n'importe quoi, en fait.
14:23Les gens,
14:24ils ont le droit
14:24de se mobiliser,
14:25ils ont le droit
14:25de manifester,
14:26ils ont le droit
14:27de demander un changement
14:28de politique.
14:28Juste moi,
14:28en préambule,
14:29je voudrais...
14:30Alors, je ne partage pas
14:31vos idées, bien sûr,
14:32et je ne voterai pas pour vous,
14:32mais d'abord,
14:34je voudrais vous remercier
14:36par rapport à ce qui s'est passé
14:39dans une partie du monde,
14:40à Gaza,
14:40dans un pays
14:41où on se rend compte
14:42qu'on risque beaucoup plus
14:43à dire Free Palestine
14:45qu'à dire Free Génocide.
14:46Voilà.
14:47Si on dit Free Palestine,
14:48normalement,
14:48il y a la police
14:48qui vient sonner chez vous.
14:49Si on dit Free Génocide,
14:50vous passez à la télé.
14:52Donc, là-dessus,
14:53je trouve que vous avez
14:53une attitude courageuse
14:54et contrairement à tout
14:55ce qui s'est dit,
14:56pas antisémite
14:56puisque vous n'avez jamais
14:57mélangé une population,
14:59une religion
14:59avec des dirigeants,
15:01ce qui est l'essentiel
15:01pour moi.
15:02Je vous remercie de le dire.
15:03Sur le reste,
15:04vous me faites peur.
15:06Vous me faites peur
15:06parce que moi,
15:07je suis comme Yves,
15:08je suis un entrepreneur,
15:09j'ai créé des emplois,
15:10j'ai payé beaucoup d'impôts
15:11et sincèrement,
15:12si vous prenez le pouvoir,
15:13j'ai l'impression
15:14que je vais représenter
15:18qu'on va presque un criminel
15:20parce que finalement,
15:21j'ai l'impression
15:22que dans l'état d'esprit
15:23de LFI,
15:24gagner de l'argent
15:25comme on l'a fait,
15:26travailler,
15:27créer de l'emploi,
15:28c'est devenu,
15:28c'est presque criminalisé
15:30et qu'on devienne
15:30une pompe à fric.
15:31Et donc,
15:32ça me fait peur.
15:32Ça me fait peur
15:33parce que je me dis,
15:33si vous prenez le pouvoir,
15:34je vais me faire dépouiller.
15:35Je vais me faire dépouiller
15:36et je pense que Yves,
15:37on est à peu près
15:38dans le même état d'esprit.
15:39Oui, complètement.
15:39Moi, je suis un peu comme Mourad,
15:42vous nous faites très très peur
15:42et c'est vrai que vous me faites peur aussi
15:44parce que vous avez toujours
15:45un discours très agressif
15:48et on a l'impression
15:49que les petites PME,
15:51parce qu'on a été,
15:52j'étais employé pendant 20 ans
15:53avant de m'installer,
15:54donc j'ai créé des PME
15:56qui ont très très bien marché.
15:58On a l'impression
15:58que c'est un peu
15:59la chasse aux sorcières
16:00des gens qui créent une richesse
16:02qui emploient des gens,
16:04qui emploient du personnel
16:05dans des bonnes conditions.
16:08Moi, j'ai des personnes
16:09qui restaient avec moi
16:09pendant 20 ans.
16:10On n'a pas eu de conflit
16:11particuliers avec eux,
16:13bien au contraire.
16:14Certes, moi,
16:15j'ai gagné très très bien ma vie,
16:16mais j'ai gagné ma vie
16:17correctement par rapport
16:18aux senteurs
16:19que je faisais par semaine
16:20et mes employés
16:21gagnaient très correctement
16:22leur vie.
16:23Donc l'amalgame qui est fait
16:25par rapport aux gens
16:26qui essaient d'amener
16:27de la richesse
16:28à un pays,
16:29il est violent
16:30et il fait très très peur
16:32à beaucoup de gens
16:33et surtout à beaucoup
16:33de petits patrons de PME.
16:35Vous faites peur.
16:35L'amalgame entre
16:36la grosse industrie française
16:39et une petite PME,
16:40elle est dure à supporter pour nous.
16:41Alors précisément,
16:42je vous remercie de vos questions
16:43parce que peut-être
16:44que ça va me permettre
16:44de clarifier un point.
16:46C'est que, pardonnez-moi,
16:47mais j'ai l'impression
16:48que c'est vous dans votre question
16:48qui faites en quelque sorte
16:50un amalgame
16:51entre toutes les formes
16:52d'entreprises.
16:53Moi, je le disais tout à l'heure
16:54dans la première partie
16:55de la discussion,
16:56ce que je conteste,
16:57c'est une politique
16:58qui est une politique
16:58qui s'est faite essentiellement
16:59au service
17:00des très grandes entreprises
17:01avec notamment
17:03des baisses
17:03de cotisations sociales
17:04pour les très grandes entreprises,
17:06des crédits d'impôts
17:06pour les très grandes entreprises
17:08et qu'à la fin,
17:09ça ne s'est pas traduit
17:10pour ces très grandes entreprises
17:11par des créations d'emplois.
17:12Je donnais les chiffres tout à l'heure,
17:13elles ont détruit des emplois
17:14et ça s'est traduit
17:15par de l'argent
17:16qui allait immédiatement
17:16dans le versement de dividendes.
17:18On a atteint l'année dernière
17:19un record historique
17:20de versement de dividendes.
17:21Et moi,
17:21je fais précisément
17:22la distinction
17:23entre ces très grands groupes,
17:24ces très grandes ministres nationales
17:26et les petites
17:26et les moyennes entreprises.
17:28Mais la politique économique
17:29est à l'oeuvre pour ce pays.
17:30On n'a pas les mêmes armes
17:31que pour défiscaliser,
17:32donc c'est nous
17:33qui prendrons les coups.
17:33Eh bien,
17:34exactement.
17:34Donc comment on fait
17:35pour d'un côté
17:36mettre à contribution
17:38évidemment les très grandes entreprises
17:39parce que ce n'est pas normal
17:40que les très grandes entreprises
17:41payent 7 points d'impôts
17:43sur les sociétés
17:43en moins que les petites
17:44et les moyennes entreprises.
17:45Ce n'est pas normal.
17:46Donc c'est elles
17:47qui doivent être mis
17:47davantage à contribution.
17:48Ils ont les moyens
17:50mais échappés.
17:51En fonction du chiffre d'affaires.
17:52En fonction du chiffre d'affaires.
17:53En fonction du chiffre d'affaires ailleurs.
17:53En fonction du chiffre d'affaires ailleurs.
17:53Moduler en fonction des investissements.
17:55Vous voyez ?
17:56Donc, pardon,
17:56mais j'ai envie
17:58d'essayer de vous convaincre
17:59que la politique économique
18:00dont je suis en train de parler,
18:01c'est une politique économique
18:02qui va favoriser
18:03les petites et les moyennes entreprises.
18:04Vous dites que l'impôt
18:06serait progressif
18:06sur le chiffre d'affaires ?
18:08Non, je dis que l'impôt
18:09sur les sociétés,
18:11oui, je pense qu'il doit avoir
18:12une forme de progressivité.
18:13C'est-à-dire que je pense
18:14que pour une très grande entreprise,
18:15il faut mieux rester petite.
18:16Par exemple, oui.
18:17Et peut-être en le modulant aussi
18:18en fonction du chiffre d'affaires.
18:19Ce n'est pas des bénéfices.
18:20Je suis d'accord avec vous,
18:22mais les très grandes entreprises,
18:23elles ont des chiffres d'affaires.
18:24Donc, il faut mieux rester
18:25que j'ai un restaurant
18:26et que je gagne 10 000 euros.
18:27Vous me prenez combien ?
18:28Ah bah là, attendez.
18:29Mais imaginons,
18:30à la fin du bilan, j'ai 10 000.
18:31L'impôt sur les sociétés aujourd'hui,
18:33l'impôt sur les sociétés aujourd'hui,
18:34on est d'accord ?
18:36Et il y avait un taux
18:37qui était un taux différent,
18:39préalablement,
18:40entre les petites,
18:41moyennes entreprises et les TPE
18:42et les grandes entreprises.
18:43Il était à 33, 35,
18:45il est passé à 25.
18:46Il reste encore plus haut
18:47par exemple qu'en Allemagne.
18:48J'ai nos concurrents.
18:50Moi, je dis juste une chose.
18:52Après, c'est pas que
18:53par l'impôt sur les sociétés.
18:54Vous connaissez le principe du coum-coum,
18:54j'imagine ?
18:55Oui, attendez.
18:56On va prendre des questions
18:58qui sont des questions très techniques.
18:59Moi, je vais dire,
18:59je pense qu'il faut avoir une politique
19:00qui favorise les petits groupes,
19:03les petites entreprises
19:04et qui mette davantage à contribution
19:06les grandes multinationales
19:06et les grandes entreprises.
19:07Quelles sont les difficultés
19:08des petites et moyennes entreprises
19:09aujourd'hui ?
19:10Prenons ce point-là.
19:11Quelles sont leurs difficultés ?
19:12Le coût des charges salariales.
19:13Attendez, ça, c'est votre point de vue.
19:14Moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
19:15Ah bah non, non, non.
19:15C'est ce qu'ils nous disent.
19:17Le jour où vous monterez une entreprise,
19:18vous serez d'accord avec moi ?
19:19Attendez, mais moi aussi,
19:20j'ai travaillé dans une entreprise
19:21comme vous.
19:21Non, vous avez travaillé,
19:21vous n'avez pas monté.
19:22C'est différent.
19:22Mais c'est pas vrai,
19:23j'ai participé à la création
19:24d'une start-up.
19:24Vous avez déjà fait un chèque
19:25à l'URSSAF ?
19:26Mais ce n'était pas moi
19:26qui l'ai fait.
19:27Ah voilà, moi, oui.
19:28Attendez, mais ne me dites pas,
19:29il n'y a pas ceux
19:30qui connaissent la réalité.
19:31Non, mais ceux qui ont fait
19:44que les petites et les moyennes
19:45entreprises, aujourd'hui,
19:46elles galèrent dans l'accès au crédit.
19:48Donc, on peut y répondre,
19:49par exemple, en mettant en place
19:51un pôle public bancaire
19:52qui va faciliter l'accès au crédit
19:53pour les petites et les moyennes
19:54entreprises avec le coût
19:55de l'énergie, avec le coût
19:56de l'énergie.
19:57Donc, comment on fait en sorte
19:58de rétablir des tarifs
19:59réglementés de l'électricité
20:01et pas être calé sur un marché
20:03qui se traduit par des augmentations
20:04des prix de l'électricité
20:05de 100 ou de 200 %.
20:06Bon, et ensuite,
20:07en remplissant les carnets de commandes,
20:09et c'est ce que je disais
20:09tout à l'heure.
20:10Eh bien, en faisant...
20:11Ça se décrète pas, ça.
20:12Eh bien, oui, mais précisément...
20:13On fait la danse du carnet de commandes ?
20:15Attendez, franchement,
20:16Mourad Boudjel,
20:16j'essaye d'avoir une discussion
20:17sérieuse avec vous.
20:18Non, mais en remplissant
20:18les carnets de commandes,
20:19c'est pas facile, c'est pas simple.
20:20Mais pas en réduisant
20:21le pouvoir d'achat des gens,
20:22pas en réduisant
20:23les investissements publics.
20:24Prenons un exemple,
20:25tout le secteur du bâtiment.
20:26Si votre politique publique,
20:28c'est une politique d'investissement
20:30dans la rénovation énergétique
20:31des logements,
20:32si vous fixez des objectifs comme ça,
20:34eh bien, à la fin,
20:40il faut une offre concurrentielle.
20:41Pour avoir une offre concurrentielle,
20:43il faut qu'on ait une baisse des charges
20:45de façon à ce que ça répercute
20:46sur le prix de vente.
20:47Point marre !
20:48Et à la fin,
20:49vous allez financer comment
20:50votre modèle de protection sociale
20:51si vous baissez les cotisations ?
20:52C'est peut-être tout ça
20:53qui est à revoir.
20:54C'est vraiment parce que
20:55la politique,
20:55c'est quand même écouter les gens
20:57et vous avez le constat,
20:58moi, je suis d'accord avec vous
20:59quand vous dites
21:00qu'il y a une politique
21:01qui favorise les grandes entreprises
21:02et pas les PME.
21:03Moi, je suis une auto-entreprise,
21:04donc je suis encore plus en dessous
21:06et je peux vous dire
21:07que j'ai vu les charges URSAF
21:08comme quand vous faites
21:09le chèque à l'URSAF,
21:11ça vous fait mal
21:11parce que quand vous commencez
21:12et qu'il est à 21
21:13et qu'aujourd'hui,
21:14vous êtes à 25 ou à 26,
21:16ça commence à chiffrer.
21:18Et là où j'ai l'impression
21:19que vous ne voulez pas entendre
21:20puisque c'est quand même
21:21votre rôle de politique,
21:22c'est quand les gens
21:23qui sont dans ce secteur-là
21:24vous disent
21:25nous, on a besoin
21:26d'une baisse de charges,
21:28vous leur dites non.
21:29Vous leur dites non.
21:31Et vous parlez
21:32d'aller taper
21:33sur les grosses entreprises,
21:35mais vous savez
21:35ce qui fait mal
21:36quand on est petit,
21:38ce n'est pas seulement
21:38le taux de l'imposition.
21:41Je suis d'accord.
21:41Un exemple.
21:42Ce qui fait mal,
21:43c'est que vous payez l'impôt
21:44et vous payez la complexité,
21:45la complexité de l'État.
21:47Ça veut dire que
21:48pour naviguer
21:49dans cette usine à gaz
21:50et ce labyrinthe,
21:52vous devez employer
21:53plus de personnes
21:54alors que vous êtes
21:55une petite entreprise.
21:56Et ça,
21:56vous n'en parlez jamais
21:57de cette complexité de l'impôt.
21:59C'est du temps perdu
21:59à se développer.
22:01C'est des emplois
22:03qui ne sont dédiés
22:04qu'à naviguer
22:05dans le brouillard
22:08et dans la complexité
22:09de l'État.
22:10Madame,
22:10je n'ai pas de problème
22:11pour discuter de ça,
22:12mais moi,
22:12je veux juste rentrer
22:12dans le cœur du débat.
22:14Le cœur du débat,
22:14c'est vous me dites,
22:15et c'est ce qu'on entend
22:16beaucoup ces derniers mois,
22:18oui, en gros,
22:18le problème,
22:19c'est les cotisations.
22:20Parce que, pardon,
22:21ça ne s'appelle pas des charges,
22:21ça s'appelle des cotisations,
22:22qu'elles soient payées
22:23par les salariés.
22:23Tout est payé
22:26par l'entrepreneur,
22:29tout est payé.
22:30À part que c'est déduit
22:31du salarié,
22:33mais le salarié
22:33ne fait pas un chèque en direct.
22:35Il y a un brut,
22:37il y a un net,
22:38entre les deux,
22:38c'est des cotisations versées
22:39par des salariés,
22:41il y a un super brut,
22:41et entre les deux,
22:42c'est des cotisations versées
22:44par le patron.
22:45Franchement,
22:45on ne va pas jouer sur les mots.
22:47Bon,
22:48ces cotisations,
22:48elles servent à quoi ?
22:49Parce que moi,
22:50j'entends parfois
22:50comme si c'était de l'argent
22:51qu'on piquait aux salariés,
22:52ces cotisations,
22:53elles servent à venir financer
22:55une protection sociale,
22:56une assurance maladie,
22:58un droit à la retraite.
22:59Et essayer de faire croire,
23:01comme je l'entends parfois,
23:03essayer de faire croire,
23:04mais ça,
23:04ce n'est pas de ma responsabilité,
23:05essayer de faire croire
23:06qu'en quelque sorte,
23:07les gens s'en sortiraient mieux
23:08si on enlevait tout ça,
23:09alors que ce n'est pas vrai.
23:10Parce que dans les pays
23:12dans les pays
23:12dans lesquels
23:13il n'y a pas de droit
23:13à la retraite
23:14ou dans lesquels
23:14il n'y a pas d'assurance maladie,
23:16et bien à la fin,
23:16attendez,
23:17je vais terminer cette démonstration,
23:18et bien s'il y en a,
23:19et bien à la fin,
23:20c'est des assurances privées
23:21pour pouvoir être soignées
23:22si on est malade,
23:23et c'est des retraites
23:24par capitalisation.
23:25Parfois,
23:25c'est des meilleures retraites
23:26surtout.
23:26Les retraites par capitalisation,
23:28c'est mieux.
23:28Si à la plate,
23:29on leur donne du pouvoir d'achat,
23:30quelque part,
23:31les comptes de l'État,
23:32il y a une consolidation
23:32au-dessus qui s'appelle
23:33trésor public.
23:34On peut peut-être récupérer
23:35de l'argent
23:36sur la taxation
23:37de la consommation,
23:38sur la taxaction des sociétés
23:39parce qu'elles feront
23:40un bien meilleur chiffre d'affaires,
23:42elles vont créer de l'emploi,
23:43et cet argent,
23:44on va le récupérer
23:45pour la protection sociale
23:46plutôt que fiscaliser le travail
23:47comme si travailler,
23:49c'était un impôt.
23:50Travailler,
23:50ça ne doit pas être un impôt,
23:51ça doit être un moyen
23:52de consommer.
23:53Et ce moyen de consommer
23:55doit se transformer en impôt.
23:56Personne ne vous dit
23:57que travailler,
23:57c'est un impôt.
23:58Il s'agit juste de dire
23:59que quand on va vous verser
24:00un salaire,
24:01il y a une partie de ce salaire
24:02qu'on met dans une caisse
24:03et cette caisse,
24:04elle permet de nous soigner
24:05quand on est malade
24:05ou de payer un droit
24:07à la retraite.
24:08Faire croire aux gens,
24:09et je vous laisse parler,
24:10mais faire croire aux gens
24:10qu'on supprime en ça,
24:11on va améliorer
24:11leur pouvoir d'achat.
24:12Ce n'est pas moi
24:12ce que vous proposez.
24:13Ce que vous proposez,
24:15c'est de substituer
24:16des prélèvements privés
24:17obligatoires
24:17à des prélèvements publics.
24:19J'ai eu 120 employés.
24:20Oui.
24:21J'ai eu 120 employés
24:21et je vous promets,
24:22c'est là que je vous réjoins
24:24exclusivement sur ce point,
24:27c'est que ça ne me posait
24:27pas de problème
24:28de payer de l'Ursaf
24:29parce que le système
24:31social français
24:31me convient.
24:34Moi, ce qui me dérangeait
24:35profondément,
24:37c'est qu'on a tous
24:39le même système
24:39de taxation
24:41selon le métier
24:44qu'on fait, bien sûr.
24:45D'accord.
24:45Même si tu as un monopole
24:46comme les autoroutes.
24:47Voilà.
24:47Il y a des métiers
24:48où on a besoin de la main.
24:50Je vais parler de mon métier
24:51que je connais par cœur,
24:52métier de restauration
24:53quand il est bien fait.
24:54On en a parlé un peu
24:55déjà tout à l'heure.
24:55On a besoin
24:56manuel,
24:58des personnes physiques.
24:59Oui.
25:00Donc, on emploie
25:00beaucoup de gens
25:01pour une forme
25:02de transformation.
25:03Et on est taxé
25:04de la même façon
25:05que des gens
25:06dans d'autres corporations
25:07qui n'ont pas besoin
25:08d'employer de gens
25:09et qui ont des très bons résultats.
25:11Et c'est là
25:11que je trouve
25:12que quelque part
25:14on est défavorisé
25:14parce qu'on crée
25:15de l'emploi
25:16énormément
25:18dans le métier
25:19de la restauration
25:20et on a les mêmes
25:21taxations
25:22que tout le monde.
25:23Que d'une boîte
25:23qui aura des robots.
25:24qui aura des taxations
25:25donc...
25:26Bah, précisément...
25:27Vous m'appelez
25:28ça des charges,
25:28vous m'appelez
25:28des cotisations.
25:29Oui, comme trader.
25:30Par exemple,
25:30ça a aussi été taxé
25:31comme un trader
25:31qui sera plus seul,
25:32qui va se gaver.
25:33Je ne veux pas dénigrer
25:34d'autres corporations
25:35qui...
25:35Bah, précisément,
25:36pardon,
25:36mais vous allez dans la direction
25:37de ce que j'ai dit tout à l'heure.
25:38Moduler l'imposition
25:39en fonction de comment
25:40sont utilisés les bénéfices.
25:41La corporation est peut-être
25:42une réglementation
25:43un peu différente
25:44mais aujourd'hui
25:45la restauration
25:45est de grande souffrance
25:46parce que justement
25:47le travail manuel
25:48coûte trop d'argent
25:50et...
25:51Pardon, mais c'est la réponse
25:52de Manuel Bouchard.
25:52Aujourd'hui,
25:52on met ça à le même régime fiscal
25:54qu'un trader.
25:55Ce n'est pas normal.
25:55Moi, je vous ai dit...
25:56J'ai fait tout à l'heure
25:57des propositions pour dire
25:58je pense qu'il faut moduler
25:59par exemple en fonction
26:00de la manière avec laquelle
26:00on utilise les bénéfices.
26:01Vous pensez que c'est possible ?
26:02Ah bah, moduler
26:03l'imposition des entreprises
26:04en fonction de savoir
26:05si elles réinvestissent les bénéfices
26:06ou si elles les versent
26:11Les dividendes sont déjà taxées
26:12il faut qu'on me le rappelait.
26:13Oui, mais attendez
26:14avec le principe
26:15qu'on a découvert
26:15le coum-coum là.
26:17Et donc c'est une taxe
26:18c'est une taxation
26:19qui est une taxation
26:20à taux unique.
26:20Donc c'est pas vrai.
26:22La flat tax
26:22c'est d'ailleurs une des mesures
26:23de M. Macron.
26:24Vous voyez, une mesure
26:24qui n'a pas profité aux gens
26:25contrairement à ce que vous disiez
26:26tout à l'heure
26:26qui a profité à une toute petite minorité
26:28une toute petite poignée
26:29qui s'en est mis plein à la poche
26:30sur le dos de tout le monde.
26:31Et une fois qu'on a fait ces cadeaux
26:32on vient voir les gens
26:33et on leur dit
26:33c'est à vous de payer la facture.
26:34Après la dernière chose
26:35que je voulais vous dire par contre
26:36je suis désolé
26:37mais là on sera peut-être
26:38pas d'accord sur ce point.
26:39Moi dans mon point de vue
26:39la principale difficulté
26:40aujourd'hui pour les restauratrices
26:42et les restaurateurs
26:42elle est liée
26:43aux politiques économiques
26:45de baisse du pouvoir d'achat
26:46qui ont été mises en place.
26:47D'ailleurs vos collègues
26:48cet été par exemple
26:50disent entre 10 et 30%
26:51de baisse de chiffre d'avril
26:53et quand ils interrogent les gens
26:54et bien ils le disent
26:55c'est parce que les gens
26:55en fait ils n'ont plus les moyens.
26:57Pourquoi ils n'ont plus les moyens ?
26:58Pourquoi ils n'ont plus les moyens ?
27:00J'ai un point de même
27:00beaucoup plus tranché que vous
27:01je peux vous assurer
27:02qu'aujourd'hui
27:02les gens
27:04les collègues
27:06qui respectent mon restaurant
27:08fonctionnent très très bien.
27:11Très très très bien.
27:12Parlez-en avec les représentants
27:13de votre profession.
27:14Le problème que nous avons
27:15c'est que nous avons
27:15trop de non professionnels
27:16trop de mauvais restaurants
27:17tenus par des gens
27:18qui n'ont pas les compétences
27:19et donc on fait un amalgame
27:21et ça nuit
27:22et ça nuit mon restaurant.
27:24On n'aura pas le temps
27:24d'entrer dans ce débat
27:25mais ce que je peux vous garantir
27:26ce que je peux vous garantir
27:28c'est qu'aujourd'hui
27:28les gens
27:29ils se serrent la ceinture
27:30ils n'ont plus les moyens
27:31de consommer
27:31et que c'est un problème
27:32pour les artisans
27:33les commerçants
27:34les réunions
27:34et donc il faut changer
27:35de politique économique
27:36et avoir une politique
27:37qui est une politique
27:37d'amélioration du pouvoir
27:38de l'inverse
27:39donc faire l'inverse
27:40de ce que fait M. Bayrou
27:41On pourrait débattre
27:42pendant deux heures
27:42sur ce sujet
27:43mais je vous remercie du débat.
27:44Merci Emmanuel Bompard
27:45député français
27:46Sommise des Bougirons
27:47et rendez-vous lundi
27:48à l'Assemblée nationale
27:49pour normalement
27:50s'il paraît
27:51avérer la chute
27:52de François Bayrou
27:52Vous oubliez ce débat
27:54Lundi M. Bayrou
27:55tombe
27:56et mercredi
27:57en manifeste
27:58pour faire tomber
27:58M. Macron
27:59Si mardi
27:59vous êtes Premier ministre
28:00puisqu'on parlait
28:00du pouvoir d'achat
28:01Pas de réprésaille
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