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  • il y a 5 mois
"Le Crime de ma soeur" / Arrêtée pour assassinat en 2014, Sandrine Delporte bénéficie du soutien de sa soeur, persuadée qu'elle a agi sous l'emprise d'un homme violent.
Quand Sandrine Delporte est arrêtée, en 2014, sa famille ne peut imaginer qu'elle a participé à un assassinat. Pourtant, un an plus tôt, celle-ci a aidé son amant Ramon Cortes à assassiner son ex-femme. Après l'arrestation de Sandrine, sa soeur Muriel et ses enfants ont réagi très durement. Mais en comprenant que Sandrine était tombée sous l'emprise d'un homme violent, Muriel et deux des enfants de Sandrine, Léa et William, ont décidé de la soutenir pour l'aider à reconnaître son crime.

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Personnes
Transcription
00:00:00Interrogés par la police, interrogés par la justice, parfois pourchassés par la presse ou assaillés de menaces et d'insultes.
00:00:14Les familles de criminels payent souvent très cher des crimes qui ne sont pas les leurs et qu'elles ne s'expliquent même pas.
00:00:24Sandrine Delfort et Ramon Cortez sont jugés pour assassinat.
00:00:30« Ma mère a mis fin à une vie. Une personne vivante, elle a tué quelqu'un. C'est quelque chose d'inimaginable. »
00:00:44Une mère qui commet l'irréparable avec son amant.
00:00:47« Ramon Cortez et Sandrine Delfort, le couple diabolique kidnappe Rosin Roach, la cadenas à la portière pour l'emmener jusque sur une ancienne sablière.
00:00:59Il exécutait d'une balle dans la tête. »
00:01:04Une mère dont le crime fait basculer la vie de ses quatre enfants.
00:01:08« J'entends tout cas à la porte à 7h du matin. Et là, quand j'ouvre la porte, ils me disent « Bonjour, c'est la police. »
00:01:14« Après, ils ont pris ma mère. Et on se sent vraiment seule. On se sent abandonnée, en fait. »
00:01:22« Comment elle a pu ne penser qu'à elle et ne pas penser aux répercussions de tout ce que ça va engendrer pour la famille, quoi ? »
00:01:29« De tout le mal qu'elle va faire derrière. »
00:01:31Une femme dont sa sœur ne comprend pas la dérive.
00:01:34« Comment concevoir qu'une de nos sœurs a pu participer à un meurtre, en fait ? »
00:01:40« Nos parents nous ont élevés tous pareils. On connaît le bien, le mal. Mais pourquoi toi, t'as basculé dans le mal ? »
00:01:47Condamnée à 18 ans de prison pour assassinat, Sandrine Delfort doit être rejugée en appel, comme son co-accusé.
00:01:54Sa peine sera-t-elle allégée ? Alourdie ? Va-t-elle enfin s'expliquer sur sa participation au crime ?
00:02:02C'est l'enjeu du procès qui va s'ouvrir, pour elle et pour ceux qui l'aiment.
00:02:07Car comme tous les parents de criminels, la sœur et les enfants de Sandrine Delfort ont pris de plein fouet le crime qu'elle a commis.
00:02:16« J'avais honte que je sois ma mère. C'est au bout d'un an que j'ai écrit ma première lettre. Et ma première lettre, c'était pour lui dire que j'étais en colère. »
00:02:23La colère, la honte et un choix à faire. Soutenir ou haïr la criminelle ?
00:02:30« Je condamne justement ce qu'elle a fait, mais je suis là quand même pour la soutenir et démontrer aussi qu'on peut être sous l'influence de quelqu'un jusqu'à en arriver à la barrière de non-retour. »
00:02:43« Il ne faut pas pardonner. On fait avec, mais on ne pardonne pas vraiment. Je l'aime, mais... »
00:02:53« Mon t'est pas pardonné. Non il ne faut pas pardonner. Non mais je ne peux pas pardonner. Je me demande pardonner. »
00:02:59« Je ne le serai pas pardonner. Je le�� pour l'air si tr'aad copper. Mon t'est pas heureux. »
00:03:01« Mon t'est pas pardonné. Je ne suis pas pas m'a dit que je m'a dit qu'il faut faults. »
00:03:03« Mon t'est pas je m'a dit que je lui, elle s'am emprimée. Je m'a dit qu'on a peu plus. Je m'a dit qu'a fait, mais je m'a dit qu'a dit qu'il m'a dit. Je m'a pas malgré tout. »
00:06:38Sans sous-estimer la responsabilité de sa soeur, Muriel a décidé de soutenir Sandrine.
00:06:44Une femme fragile qui a eu 4 enfants avec des conjoints qui l'ont violentée avant de tomber amoureuse d'un homme qui l'a entraîné dans son crime.
00:06:52Je ne suis pas sereine parce que je sais que ça va être une épreuve compliquée.
00:06:56Je sais qu'il va falloir que je gère tout le monde, toute cette famille.
00:06:59Et c'est un rôle que j'ai, mais c'est aussi un rôle qui est lourd aussi.
00:07:04Parce que nous, on doit mettre de côté ce que nous, on ressent pour pouvoir toujours montrer quelque chose de positif et essayer de remotiver les troupes.
00:07:12Sandrine, elle a besoin de voir quelqu'un de positif, quelqu'un qui puisse être là.
00:07:18Si elle nous regarde, il faut qu'elle voit, que je la soutiens.
00:07:21Donc du coup, moi, je ne peux pas me permettre de craquer ou de baisser les bras ou quoi que ce soit.
00:07:28Muriel a maintenant 300 kilomètres à faire pour rejoindre Montpellier.
00:07:32Si ma belle-sœur m'envoie un message pour me dire que mon frère est à l'intérieur, elle, elle est dehors, le président vient d'interdire tous les journalistes.
00:07:40Ça doit être angoissant.
00:07:46Maman, j'y vais. Je te tiens au courant dès que j'arrive.
00:07:49Allez, bisous.
00:07:56Allô, Corinne ? Il y a déjà du monde ?
00:07:58Oui, oui, oui. J'ai discuté un peu avec des gens à l'extérieur.
00:08:01Apparemment, c'est quelqu'un de très fédéral, mais qui est juste.
00:08:05Mais qui est juste ? D'accord.
00:08:07Oui. Par contre, lui, il n'est toujours pas là.
00:08:11Ah bon ?
00:08:13Oui, les journalistes de la table de tous, il n'est pas là.
00:08:15Il n'est pas arrivé ?
00:08:17Non.
00:08:19Je ne sais pas, pas.
00:08:22Il n'est pas là.
00:08:25Monsieur Cortès.
00:08:28Il n'est pas là, il n'est pas arrivé.
00:08:30Il est 8h40, il n'est toujours pas arrivé au tribunal.
00:08:35Sans Cortès, le procès ne pourra pas commencer à 9h et il risque d'être reporté.
00:08:41Dans la panique, Muriel prévient Léa, la fille aînée de Sandrine.
00:08:45Elle aussi est en route pour Montpellier.
00:08:46Ma tante m'appelle.
00:08:50Elle me dit, il s'est passé quelque chose, il ne s'est pas présenté.
00:08:53Bon, quand il dit il, on ne sait plus, c'est évident, c'est Cortès qui ne s'est pas présenté.
00:09:01Personne n'était vraiment étonné.
00:09:05Mais d'un autre côté, on se dit, mais pourquoi il a fait appel du coup ?
00:09:07C'est lui qui l'a réclamé, son appel, pourquoi il ne vient pas ?
00:09:11Pourquoi ?
00:09:12Ça ne joue pas en sa faveur, on ne comprend pas la logique.
00:09:15Alors, du coup, c'est reporté, mais à demain ou bien c'est reporté au...
00:09:40Bon, d'accord, OK.
00:09:45Ah ouais, non, mais j'ai eu peur, j'ai cru que tu me disais, non, c'est bon, on arrête tout et...
00:09:49Non, non, le procès va se faire, mais je pense que le président est très en colère et qu'ils l'ont arrêté.
00:09:55D'accord, ben écoute, de toute façon, je vais à Montpellier quand même, c'est pas grave.
00:09:58Parce qu'il faut que je voie l'avocate, mais vraiment.
00:10:01Allez, à tout à l'heure, bisous.
00:10:03J'ai une sacrée frayeur, oui.
00:10:05J'ai vraiment cru qu'il reportait tout le procès, et là, je dis, ah non, non, non, c'est pas possible.
00:10:12Mais ma soeur, on va la ramasser à la cuillère, quoi.
00:10:13C'est obligé.
00:10:15Elle doit être dans un état, ouah.
00:10:19Elle doit être trop mal, trop, trop mal.
00:10:21Pour ma mère, elle n'épanouit tout ce procès.
00:10:35Pour elle, sa peine était méritée.
00:10:37Elle n'avait pas de raison de revenir dessus.
00:10:38Et puis, comme elle l'a dit elle-même, à quoi bon faire revivre à la famille de la victime un deuxième procès, si eux-mêmes sont satisfaits de la sentence ?
00:10:49Donc, si eux ne veulent pas revenir dessus, pourquoi leur...
00:10:51Surtout qu'il y a des enfants derrière, des enfants de la victime.
00:10:55Voilà, c'est faire tout revivre une deuxième fois.
00:10:58Elle ne voulait pas.
00:10:58Du coup, ce procès, on est tous un peu stressés.
00:11:07On se dit, bon, la première fois, ça ne s'est pas trop mal passé.
00:11:1018 ans, c'est beaucoup.
00:11:12Mais ça aurait pu être pire.
00:11:14La deuxième fois, ça peut pencher du mauvais côté.
00:11:19Ça peut être plus.
00:11:20Du coup, c'est plus stressant que la première fois, dans le sens où il y a plus d'enjeux.
00:11:28Montpellier, les bouchons de Montpellier, les sens uniques de Montpellier.
00:11:33J'ai une boule au ventre.
00:11:35Mais bon, on fait avec.
00:11:37Ça va s'estomper après.
00:11:39Une fois que je verrai ma nièce, mon frère, je pense que ça ira mieux.
00:11:47On a besoin d'être ruis dans ces cas-là.
00:11:50Elle m'a dit qu'il y avait son train d'arriver à 13h ou 13h06, je ne sais plus.
00:12:02Ah, elle est là !
00:12:03Ça y est !
00:12:05Léa a 23 ans.
00:12:09Elle a pris 5 jours pour assister au procès de sa mère.
00:12:13Alors ?
00:12:15Oui, c'est autant.
00:12:17Elle est perturbée.
00:12:18T'as manché ? Non.
00:12:23T'as pas faim.
00:12:25Ouais.
00:12:26Allez, on y va.
00:12:31Oui, ce week-end, t'as eu ta mère, toi, ce week-end.
00:12:34Ce matin, tu l'as pas vue, toi, du coup, son riz ?
00:12:36Non, non.
00:12:37Elle était pas dans le box ?
00:12:38Léa, Muriel, son frère et sa femme vont maintenant rejoindre le palais de justice.
00:12:49La famille arrive au même moment que l'avocate de Sandrine Delporte, maître Iris Christol, une ténor du barreau de Montpellier.
00:12:56Bonjour, mais non, mais je...
00:12:59Voilà.
00:12:59Léa.
00:13:00Enchantée.
00:13:03Enchantée.
00:13:04Et Muriel, voilà.
00:13:05C'est Muriel que j'ai eu beaucoup au téléphone.
00:13:09Moi, quand j'ai maître Christol au téléphone pour la première fois, elle me demande quelle est ma position.
00:13:13Donc, je lui explique que, ben, moi, je veux défendre Corsia, ma soeur.
00:13:17Je lui explique bien que je condamne justement ce qu'elle a fait, mais que je suis là quand même pour la soutenir
00:13:23et démontrer aussi qu'on peut être sous l'influence de quelqu'un jusqu'à en arriver à la barrière de non-retour.
00:13:32Donc, là, pour l'instant, ce matin, ça a été très compliqué.
00:13:36Voilà.
00:13:37L'idée, c'est que, bon, elle, elle a pas bien réagi parce que...
00:13:40J'imagine.
00:13:40Ben, parce que quand je suis allée lui dire qu'il était pas là, ça a été un peu...
00:13:45Elle s'est effondrée, ça a été compliqué.
00:13:47Je savais, je savais.
00:13:48Parce qu'elle a dit, mais moi, j'ai voulu rester là pour mes enfants.
00:13:51J'ai dû leur expliquer que je choisissais de rester en prison, même si je pouvais être libre comme lui.
00:13:56J'ai pas fait ce choix-là et lui, il est pas là et elle était seule dans le boxe.
00:13:58Enfin, c'était dur.
00:13:59Et puis après, quand on nous a annoncé qu'il était certes en fuite, mais qu'on l'avait retrouvé,
00:14:04elle s'est apaisée.
00:14:06Du coup, la différence, c'est qu'il va comparaître détenu.
00:14:08Ce qui va quand même changer considérablement les choses pour vous, pour nous.
00:14:12C'est-à-dire qu'on va pas le croiser à chaque interruption d'audience.
00:14:16Donc là, du coup, ça repositionne les choses un peu différemment.
00:14:20De toute façon, cette semaine, elle sera peut-être interminable, mais elle finira bien un jour.
00:14:24Pour elle, c'est important d'être jugée.
00:14:26Maintenant, c'est...
00:14:28Elle veut en finir.
00:14:28Elle veut en finir, payer ce qu'elle a à faire.
00:14:31Et voilà.
00:14:32Donc, on va aller la voir, là, pour voir comment ça va après ces quelques heures, qu'elle est digérée.
00:14:38Voilà.
00:14:38D'accord ?
00:14:39Donc, on y va et puis on fait au mieux.
00:14:41Ok, merci en tout cas.
00:14:49Pour défendre Sandrine Delporte, la défense a besoin de démontrer que sa cliente a pu agir sous la domination, l'emprise de son amant.
00:14:57Léa a été appelée par l'avocate de sa mère pour témoigner en faveur de sa mère.
00:15:07Donc, elle a vraiment un témoignage clé.
00:15:12Moi, il fallait que j'arrive à montrer ce cheminement avec ses ex-maris pour montrer comment elle a atteint une fragilité.
00:15:20Et elle a vu, à un moment donné, un sauveur.
00:15:21Et comment elle a pu tomber sous une reprise, finalement.
00:15:27Tant qu'ils n'ont pas témoigné, les témoins ne peuvent pas entrer dans le prétoire et suivre les débats.
00:15:33Un poids de plus pour Léa, qui appréhende déjà de devoir parler de sa mère en public ou répondre aux magistrats et aux avocats.
00:15:42Elle est quand même anxieuse.
00:15:43C'est pour ça que je l'accompagne, en fait.
00:15:45Je sens bien qu'elle a besoin d'un peu de soutien et qu'on puisse être avec elle, quoi.
00:15:51J'ai attendu de 16h à 21h.
00:15:53Je n'aurais pas attendu avec elle.
00:15:55J'aurais vraiment monté en pression.
00:15:57J'aurais vraiment eu un stress énorme.
00:16:00J'aurais eu la boule au ventre pendant 3 heures, quoi.
00:16:02Alors que là, en plus, c'est une personne marrante qui détend vraiment énormément l'atmosphère.
00:16:08Et ça m'a vraiment fait du bien.
00:16:10Après 5 heures d'attente, Léa est enfin appelée à la barre.
00:16:14On passe dans un couloir tout fin.
00:16:22Au bout du couloir, on voit la lumière sur la droite.
00:16:24On se dit, bon, allez, c'est là.
00:16:25On passe la porte.
00:16:26Hop, lumière.
00:16:27On rentre.
00:16:28Et voilà, on s'installe au pupitre.
00:16:37Et là, c'est concret.
00:16:39Là, ça démarre.
00:16:40On ne fait plus de mi-tour, quoi.
00:16:45Au premier procès, j'en suis sortie en me disant, ah, tiens, j'aurais pu dire ça.
00:16:49Donc là, je voulais vraiment rien oublier.
00:16:53Du coup, je me suis fait un plan.
00:16:55Ma première grande partie, c'était, du coup, la condoléance à la famille de la victime.
00:17:00J'ai commencé par ça.
00:17:02Ensuite, j'ai commencé avec mon père.
00:17:06Le père de Léa, un homme dominant et brutal.
00:17:11Le premier dans la vie d'une femme qui a multiplié les mésalliances.
00:17:19Un an et demi après la naissance de Léa,
00:17:27Sandrine a quitté son compagnon et refait sa vie avec un homme
00:17:31avec lequel elle a eu trois autres enfants, dont William.
00:17:36Au début, voilà, mon enfance, ça a été quelque chose d'assez classique.
00:17:39J'ai eu une enfance, une très bonne enfance.
00:17:42J'étais un enfant hyperactif, donc beaucoup, beaucoup, beaucoup d'activité.
00:17:45Ma mère se donnait des plannings impossibles pour pouvoir gérer mes activités strascolaires en dehors.
00:17:51Elle s'est toujours occupée de moi.
00:17:53Elle s'est toujours démenée pour que je puisse réussir mes cours,
00:17:56que je puisse réussir mes études et que je puisse faire ce que je veux.
00:18:04On a vécu après des moments aussi plus compliqués que ce soit avec mon père,
00:18:08parce que mon père était un peu violent, malheureusement, avec ma mère.
00:18:12C'était un homme difficile.
00:18:13En plus, il était plus sévère avec moi du fait que je n'étais pas sa fille.
00:18:17J'ai déjà eu le coup de ceinture.
00:18:18Même ma mère, du coup, ça avait des retombées sur elle.
00:18:21Elle était forcément en conflit avec lui,
00:18:23parce qu'elle cherchait à me défendre.
00:18:26Voilà, c'était vraiment compliqué.
00:18:32Après, vers les coups de 15, 16 ans,
00:18:36je commençais à avoir des violences physiques.
00:18:39Voilà la fois où il l'a attrapée à la gorge,
00:18:41qu'il l'a plaqué contre le mur.
00:18:43Parce que ma cousine devait se faire faire tresser.
00:18:48Et elle a pris l'initiative de prendre une date sans lui demander.
00:18:51Et elle n'a pas le droit de prendre l'initiative.
00:18:53J'ai un souvenir en particulier.
00:19:01C'était un soir de Noël où je devais avoir 10 ou 11 ans, tout au plus.
00:19:05Et il y a une grande engueulade qui a commencé entre mon père, ma mère.
00:19:09Il se criait dessus assez fort.
00:19:12Et il l'a attrapé par la nuque en essayant de la mettre dans la gazinière.
00:19:16Et moi, je me suis interposé au milieu, du coup.
00:19:22Ça m'a marqué, moi, parce que je me suis dit que si je l'ai vue,
00:19:25c'est que ça devait arriver plus de fois que ce que je pensais.
00:19:27Donc là, elle a dû se dire que oui, ça a commencé à devenir dangereux, même pour nous.
00:19:31Parce que si moi, je pouvais m'interposer au milieu,
00:19:33ça pouvait être n'importe lequel des enfants qui aurait pu se retrouver au milieu.
00:19:36Je sais qu'elle est partie.
00:19:38Elle en a profité qu'il était au travail.
00:19:40Pour qu'elle ait le temps de pouvoir partir et que lui, il ne puisse pas la retrouver.
00:19:42Je suis allée débarquer chez ma grand-mère.
00:19:47Du coup, quelques temps après, elle a rencontré quelqu'un d'autre.
00:19:52Lorsqu'elle commence sa relation avec Ramon, le changement chez maman fut radical.
00:19:57Elle ne voyait que par lui.
00:19:59N'ayant connu pendant des années qu'un homme violent,
00:20:01être avec un homme d'apparence attentionné et aimant
00:20:03la fait tomber très facilement sous son emprimé.
00:20:08Il n'est pas plus malléable et manipulable qu'une femme violentée récemment divorcée.
00:20:13Les mots douloureux de Léa devant la cour bouleversent Sandrine.
00:20:17Ma mère, elle était debout avec son mouchoir.
00:20:20Elle s'est pongé les yeux.
00:20:21Elle était en train de pleurer, de s'excuser,
00:20:24de me dire oui, maintenant je suis capable de te dire je t'aime, je t'aime.
00:20:28C'était tout en émotion.
00:20:30Et là, oui, tout le long j'étais placide.
00:20:32Et puis là, vraiment, elle m'a fait...
00:20:35Elle m'a submergée, quoi.
00:20:39Léa n'a rien éludé pour expliquer la fragilité de sa mère.
00:20:42Il est strict.
00:20:50Vraiment strict ?
00:20:51Dans tes interrogations qu'il t'a posées aussi ?
00:20:53Ouais, c'était plus poussé que...
00:20:55Ce qui est différent de la première fois,
00:20:58c'est qu'elle a l'occasion de parler, en fait, pendant que moi je parle.
00:21:01Ça a été ? Elle s'est écroulée ?
00:21:03Je crois que c'est moi, elle pleure.
00:21:04Oui, c'est vrai que ça fait ça, elle pleure, oui.
00:21:07Pour elle, ma vie, elle s'est arrêtée il y a quelques années.
00:21:09Elle n'a pas vu mon évolution en tant que femme.
00:21:12Donc pour elle, c'est toujours le petit bébé.
00:21:14Et puis, elle ne voulait pas faire ça à son bébé,
00:21:17pas la mettre dans...
00:21:21Voilà, sur un pupitre à devoir parler.
00:21:23Elle s'en veut.
00:21:23C'est pour ça que je tiens vraiment à la regarder,
00:21:26à lui sourire, pour lui dire que tout va bien.
00:21:28Ça se passe bien.
00:21:30Qu'elle n'a pas trop à s'en faire.
00:21:36Je vais parler un petit peu de tout, je crois bien un oublié.
00:21:38T'as un oublié ?
00:21:39Ouais.
00:21:40C'est principal, après...
00:21:41Bon, c'est passé pour toi.
00:21:43Ouais, c'est fini.
00:21:44C'est fini.
00:21:45Il reste.
00:21:47Pour moi, j'ai passé un cap déjà au moment où je suis passée, témoignée.
00:21:51Après, c'est vraiment...
00:21:53Je me sentais soulagée de me dire, bon, j'ai fait ma part.
00:21:55Je suis satisfaite de ce que j'ai fait.
00:21:57Je suis contente de mon témoignage.
00:22:01Maintenant, c'est à elle de faire de son mieux.
00:22:03J'ai fait ce que j'ai pu.
00:22:04Maintenant, c'est plus entre mes mains.
00:22:07Ouais.
00:22:08Bon, on va essayer de dormir.
00:22:11Vous avez demandé aussi.
00:22:12Voilà.
00:22:13Et moi, je vais essayer de potasser mon discours pour demain.
00:22:17La deuxième journée sera très difficile pour tout le monde.
00:22:20La cour va maintenant aborder les faits.
00:22:23Le crime de Cortès et le rôle de Sandrine.
00:22:33Madame, monsieur, bonsoir.
00:22:34Dans l'actualité de ce vendredi, un homme a été mis en examen à écrouer pour le meurtre de son ancienne compagne.
00:22:39Ramon Cortès avait 43 ans quand il a tué Rosin Royce, la mère de ses trois enfants.
00:22:46Une femme qu'il avait dénoncée plusieurs fois pour des violences.
00:22:49Quand elle l'a quittée, l'homme jaloux avait déjà refait sa vie avec Sandrine Delport, mais il a continué à harceler et à menacer de mort son ex-femme.
00:22:59Une menace qu'il a mis à exécution le 16 septembre 2013.
00:23:06Cortès a enlevé Rosin Royce à la sortie de son travail.
00:23:09Il l'a ligoté avec des menottes pendant que Sandrine Delport prenait le volant et roulait jusqu'à une ancienne sablière.
00:23:16Arrivé là, Cortès s'est éloigné avec son ex-femme.
00:23:20Celui-ci l'aurait abattu d'une balle dans la tête.
00:23:23L'homme aurait au préalable creusé une sorte de tombe pris de remords.
00:23:27L'homme apparemment s'est présenté de lui-même hier soir au commissariat de police.
00:23:34Cortès se rend, mais il livre des aveux tronqués.
00:23:38Car l'assassin ne dénonce pas sa complice.
00:23:41Et elle ne dit rien non plus de sa participation au crime.
00:23:45À personne.
00:23:45C'est donc le crime de Cortès que la famille de Sandrine découvre dans la presse.
00:23:52C'est très, très violent.
00:23:53Il a tué la mère de ses enfants.
00:23:55Du coup, j'ai appelé ma soeur directement.
00:23:57Je dis, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
00:23:58Je dis, Sandrine, est-ce que toi, tu étais au courant ?
00:24:02Moi, je voulais savoir si elle était au courant.
00:24:03Parce que moi, dans ma tête, elle n'est pas impliquée.
00:24:06C'est clair.
00:24:07C'est lui qui a tué sa femme.
00:24:09Voilà.
00:24:09Et elle me dit non.
00:24:11Sauf que pendant cette année-là, on voit un changement chez Sandrine.
00:24:16Cortès en prison, Sandrine Delporte plonge dans une dépression curieuse.
00:24:22La descente, elle se laisse complètement aller.
00:24:24Mais en fait, elle ne vit plus pour elle.
00:24:31Elle délaisse toute sa vie, tous les aspects de sa vie.
00:24:34Et elle passe son temps à faire les choses pour lui.
00:24:36À faire ses papiers, faire ses parloirs, faire ses dossiers.
00:24:39Lui donner de l'argent pour la prison.
00:24:41Il a tellement réussi à lui mettre la pression.
00:24:44Il a tellement réussi à la contrôler totalement.
00:24:47que même en n'étant pas là physiquement, ça marchait quand même.
00:24:51Une mère comme transi devant son amant.
00:24:56Avec M. Cortès, elle rencontre un charmeur professionnel.
00:25:01Clairement, l'homme s'entretient, va à la salle.
00:25:03Moi, je joue de la guitare, c'est romantique.
00:25:11Je vais t'écrire des chansons.
00:25:14Comment ne pas tomber ?
00:25:16Elle rencontre un homme qui est très attentionné,
00:25:24qui est aimant, qui lui dit qu'elle est belle, qu'il l'aime.
00:25:28Plein de choses qu'elle n'a pas entendues en vingt ans, en fait.
00:25:32En vingt ans, c'était d'être rabaissé, humilié.
00:25:34Et tout d'un coup, elle trouve un homme qui la considère.
00:25:43Au fur et à mesure, il prenait de la place.
00:25:45Il était là plus souvent chez moi.
00:25:46Il était là plus souvent dans nos conversations.
00:25:49Puis au fur et à mesure, je voyais ma mère qui jurait que par lui.
00:25:55À l'écouter, il pouvait tout faire.
00:25:58Il pouvait être guéri.
00:25:59Il avait eu la bénédiction de Dieu.
00:26:01Il avait les pouvoirs de Dieu.
00:26:02Il pouvait faire ce qu'il voulait.
00:26:03Ce n'était pas Dieu, mais on n'en était pas loin.
00:26:09Sandrine, elle y a été à fond.
00:26:10Et les enfants aussi.
00:26:11Il y avait mon père, décédé depuis 2003, quand même,
00:26:14qui vivait avec eux.
00:26:16Et on n'a pas le droit de s'asseoir dans le canapé
00:26:18parce que papy, il est là.
00:26:19C'est ce qu'ils me disent, les enfants.
00:26:21Papy, il est là.
00:26:22Papy, il est là.
00:26:23C'est bizarre, quand même.
00:26:25Oui, il vit avec nous.
00:26:26C'est son fantôme.
00:26:27Il vit avec nous.
00:26:28C'est M. Cortez qui peut communiquer avec lui
00:26:31et il nous dit des choses.
00:26:33Donc, il fait croire aux enfants
00:26:34que mon père est présent parmi eux
00:26:36et qu'il leur dit des choses.
00:26:38Mais qu'il le fait par lui
00:26:39parce que lui, il a des pouvoirs, il a des dons.
00:26:41Maman, il commençait à devenir bizarre, quand même.
00:26:44Il y a un truc qui cloffe, mais...
00:26:46Elle me disait, non, non, non,
00:26:47c'est parce que tu ne le connais pas.
00:26:48Moi, je ne le connais plus toujours.
00:26:50Il est plus voyant que nous.
00:26:51Il voit des choses que nous, on ne voit pas.
00:26:53On ne peut pas comprendre.
00:26:53Ce qu'on n'a pas, c'est bon.
00:26:54Donc, on ne peut que le croire.
00:26:57Et oui, ça fait vraiment gourou.
00:26:59Ces gourous, c'est nous, on ne peut pas savoir.
00:27:00On n'a pas de dons.
00:27:01Mais vu que lui, il les a,
00:27:02on ne peut pas se mettre à son niveau.
00:27:03On ne peut pas comprendre.
00:27:04Je la voyais changer.
00:27:12Je voyais son comportement changer.
00:27:15Et je ne l'avais jamais vu comme ça.
00:27:17Même avec mon père, pourtant, c'était compliqué.
00:27:18Mais je ne l'avais jamais vu à ce point-là.
00:27:20En fait, tout ce qu'elle faisait,
00:27:22qu'elle pensait ou qu'elle devait faire,
00:27:23passait systématiquement par lui.
00:27:25C'est comme si on mettait un filtre devant,
00:27:28devant toutes ses idées,
00:27:29et que le filtre, c'était lui.
00:27:30Déjà, il y a eu des signes avant le coureur
00:27:38que les choses dérapaient.
00:27:40Voilà, quand il fait croire à ma mère
00:27:41que son ex-femme,
00:27:43il est séparé d'elle,
00:27:44mais qu'elle, elle le harcèle,
00:27:45elle refuse la séparation.
00:27:48Il se sent en danger.
00:27:51Elle a voulu l'empoisonner et le tuer.
00:27:53Il a été à l'hôpital.
00:27:55Et en gros, il lui dit,
00:27:56mais ça peut t'arriver à toi aussi,
00:27:57parce qu'elle pense la même chose de toi.
00:28:00Elle se dit, mais mince,
00:28:03c'est cette femme-là qui me veut du mal.
00:28:06Et il crée une bulle anxiogène
00:28:07et paranoïaque
00:28:09où tout le monde pense que,
00:28:12à n'importe quel moment,
00:28:13Rosine peut les attaquer,
00:28:15leur faire du mal.
00:28:16Et tout le monde y croit.
00:28:17Moi-même, à un moment donné,
00:28:18j'ai cru que cette femme était mauvaise.
00:28:22Conditionnée par Ramon Cortès,
00:28:24la famille de Sandrine Delporte
00:28:25accepte donc sans sourciller
00:28:27l'explication que celle-ci fournit
00:28:29à l'arrestation de son amas.
00:28:33En septembre 2013,
00:28:35il a arrêté.
00:28:37Et Sandrine me dit,
00:28:37je pense qu'il a eu un coup de colère
00:28:39parce qu'avec tout ce que sa femme
00:28:40lui a fait subir,
00:28:41il s'est mis en colère
00:28:42et il a fini par perdre raison.
00:28:45Nous, on croit ça, en fait.
00:28:46Parce que nous,
00:28:47on a tellement entendu le discours de monsieur
00:28:48sur tout ce que sa femme
00:28:50lui faisait subir.
00:28:51Donc nous, on croit cette version.
00:28:52Au deuxième jour du procès,
00:28:59l'angoisse monte encore pour Muriel
00:29:01qui doit toujours attendre
00:29:02de témoigner pour assister au débat.
00:29:07Ce matin, c'est...
00:29:09Disons que je suis mitigée.
00:29:10Autant je suis anxieuse
00:29:12d'affronter le tribunal,
00:29:14mais autant je suis désireuse
00:29:17de vouloir apporter
00:29:18un éclaircissement sur différentes choses.
00:29:20La seule anxiété, c'est
00:29:21est-ce que je vais bien répondre aux questions ?
00:29:23Est-ce que ça ne va pas
00:29:24mettre ma soeur en porte-à-faux ?
00:29:26Est-ce que ça ne va pas l'enfoncer
00:29:27plus que ce qu'elle en a déjà ?
00:29:29Je vais rejoindre l'avocate
00:29:40pour pouvoir débriefer un peu
00:29:42de ce qu'il y a eu hier,
00:29:44ce qui est attendu aujourd'hui
00:29:45par rapport à mon témoignage aussi,
00:29:48ce que je dois appuyer.
00:29:50qui pourrait être important
00:29:51dans la défense.
00:29:55Ça va, vous ?
00:29:56Ça va.
00:29:57Peu dormi, mais ça va.
00:29:59Comment ça va se passer, ce matin ?
00:30:00Non, c'est juste...
00:30:01Ce qui est important,
00:30:02c'est d'être concret
00:30:03pour que les jurés puissent
00:30:04se faire une idée
00:30:06par eux-mêmes
00:30:07par rapport au moment vécu
00:30:09que vous allez rapporter
00:30:11de la situation.
00:30:13Ce n'est pas tellement
00:30:13une appréciation en soi-même.
00:30:15On ne peut pas nous-mêmes
00:30:16porter un jugement.
00:30:16Par contre, il faut essayer
00:30:18d'évoquer,
00:30:19comme quand vous vous disiez
00:30:20qu'il y a eu des scènes
00:30:21où ils téléphonaient
00:30:23soi-disant à Rosine Roig,
00:30:25et où ils disaient
00:30:25« Oh non, ne t'en prends pas, Sandrine ! »
00:30:27Vous voyez ce que vous m'avez raconté ?
00:30:28Ça, il faut le leur expliquer.
00:30:30Oui, parce que la Cour d'Assise,
00:30:32c'est ça.
00:30:33C'est un moment vraiment
00:30:33de grand réel,
00:30:35de sensualité charnelle
00:30:37au premier sens du terme.
00:30:38C'est-à-dire qu'on va mesurer
00:30:39les choses
00:30:39en revivant des moments comme ça
00:30:42et en partageant finalement
00:30:43un peu de cette expérience-là
00:30:45pour se faire une idée.
00:30:46C'est-à-dire le contraire
00:30:47d'un dossier papier.
00:30:48C'est juste des choses
00:30:49qui, vous, vous paraissent évidentes,
00:30:50mais il y en a,
00:30:51il y a 12 personnes
00:30:52qui arrivent,
00:30:54ils n'ont jamais vu le dossier,
00:30:55ils ne savent pas.
00:30:56Donc, les choses,
00:30:57il faut les expliquer
00:30:58concrètement et simplement.
00:31:00Voilà, c'est pour ça
00:31:01que vous venez la vraie vie.
00:31:03OK ?
00:31:04D'accord.
00:31:05Allez.
00:31:07Plus que quelques heures
00:31:08à attendre
00:31:09et Muriel pourra à son tour
00:31:11expliquer l'emprise
00:31:12que Cortès exerçait
00:31:14sur sa sœur.
00:31:20Une emprise dont la famille
00:31:21a compris tardivement l'ampleur.
00:31:24Un an après l'arrestation
00:31:25de Ramon Cortès
00:31:26en octobre 2014.
00:31:28J'étais chez moi,
00:31:31je me préparais
00:31:32pour aller au lycée
00:31:33parce que je venais
00:31:33de rentrer en seconde.
00:31:35J'entends toquer à la porte
00:31:36à 7h du matin
00:31:36et là, quand j'ouvre la porte,
00:31:38ils me disent
00:31:38« Bonjour, c'est la police. »
00:31:39Je lui mince.
00:31:40Mon premier réflexe,
00:31:41je lui dis
00:31:41« Pourquoi vous êtes là
00:31:43à 7h du matin ? »
00:31:44« Parce qu'il n'y a pas de raison
00:31:45d'être là à 7h du matin. »
00:31:47Et là, ils m'expliquent
00:31:48qu'il va y avoir perquisition,
00:31:49etc.,
00:31:50qu'on emmène votre mère
00:31:51en garde à vue.
00:31:54Ils ont retourné les lits,
00:31:54ils ont retourné les placards,
00:31:55ils ont tout retourné.
00:31:57Ils ont retourné le canapé,
00:31:58ils ont cherché partout,
00:31:58partout, partout.
00:32:00Et après,
00:32:01ils ont pris ma mère,
00:32:02ils ont pris nous, les enfants,
00:32:03ils ont dit
00:32:03« Bon, en gros, on y va,
00:32:05on va à la gendarmerie. »
00:32:06Il était 8h du matin.
00:32:07Et nous, on ne comprenait pas
00:32:08plus que ça, pourquoi, comment
00:32:10et qu'est-ce qu'ils nous voulaient
00:32:11vraiment.
00:32:12Parce que dans ma tête,
00:32:13je me suis dit
00:32:13« Mais nous, on n'est que des enfants,
00:32:14on n'a rien à voir là-dedans. »
00:32:18Mais bon, au final,
00:32:19on y est tous allés.
00:32:29À ce moment-là,
00:32:30j'étais vraiment énervé
00:32:31contre la terre entière.
00:32:33Qu'ils viennent comme ça
00:32:33pour me prendre ma mère
00:32:35et pour retourner
00:32:35toute la porte
00:32:36et réveiller mon petit frère
00:32:37qui, lui, avait rien demandé.
00:32:39À ce moment-là,
00:32:39j'étais énervé
00:32:39contre la terre entière.
00:32:43J'étais à un cours
00:32:46de psycho.
00:32:48Ma sœur Priscilla
00:32:48qui m'appelle,
00:32:49je l'entends pleurer.
00:32:50Elle était complètement paniquée.
00:32:52Elle me dit
00:32:52« Maman, elle est en prison,
00:32:53elle a été arrêtée. »
00:32:55Moi, du coup,
00:32:56je l'ai même fait répéter.
00:32:57Elle me dit
00:32:57« Mais quoi ?
00:32:58Pardon ? »
00:33:00Il y a erreur, quoi.
00:33:01Avec ma sœur,
00:33:02on pleurait toutes les deux
00:33:03chacune de notre côté.
00:33:06Il n'y a aucune de nous
00:33:07qui comprenait
00:33:07ce qui se passait.
00:33:13Nous, dans notre tête,
00:33:16elle est arrêtée
00:33:17parce qu'elle devait être
00:33:20au courant
00:33:20de ce qu'il voulait faire
00:33:21et qu'elle ne l'a pas dit.
00:33:23Donc, pour nous,
00:33:24c'est complicité.
00:33:26Et quand on va voir
00:33:27l'avocate,
00:33:28il nous dit
00:33:28« Mais non,
00:33:28vous êtes loin du compte. »
00:33:30Non, non,
00:33:30elle est incarcérée
00:33:31au même titre
00:33:32et arrêtée
00:33:33au même titre
00:33:33que monsieur.
00:33:35Elle est accusée
00:33:35d'assassinat.
00:33:37Et nous,
00:33:37c'est violent.
00:33:39C'est super violent.
00:33:40Moi, je me souviens,
00:33:42j'étais avec mon petit frère
00:33:43d'un côté,
00:33:45ma mère de l'autre.
00:33:46On est assis.
00:33:47Heureusement qu'on est assis.
00:33:48On ne comprend pas.
00:33:49On lui dit
00:33:49« Mais non,
00:33:50c'est pas possible.
00:33:50C'est complicité. »
00:33:52« Ah non, non, non.
00:33:52C'est 30 ans qu'elle nous dit. »
00:33:54Là, on tombe des nues.
00:33:58Après des mois d'enquête,
00:34:00les gendarmes ont fini
00:34:01par découvrir
00:34:01que Cortès n'avait pas agi seule.
00:34:04Sandrine Delporte
00:34:05a utilisé un tracker
00:34:06pour suivre Rosinreuth.
00:34:08Son téléphone a borné
00:34:09sur le trajet
00:34:10et les lieux du crime.
00:34:12Elle a aidé l'assassin.
00:34:14Elle était à ses côtés.
00:34:15Elle savait
00:34:16et n'a rien empêché.
00:34:18Après 48 heures
00:34:19de garde à vue
00:34:19qu'elle a passé,
00:34:21on nous a conviés,
00:34:22disons,
00:34:23à aller au tribunal
00:34:23de Père Fignan
00:34:24qui se trouvait
00:34:25à côté de chez nous.
00:34:26Et là,
00:34:27à ce moment-là,
00:34:28première fois
00:34:29en 16 ans de ma vie,
00:34:29je pense que j'ai vu
00:34:30ma mère pleurer
00:34:31et qu'elle nous a dit
00:34:32que là,
00:34:32elle partait en maison d'arrêt.
00:34:33Donc,
00:34:35ça a été un choc
00:34:36parce que déjà,
00:34:36voir ma mère pleurer
00:34:37depuis tout ce temps,
00:34:38ça ne m'était jamais arrivé.
00:34:39Et en plus,
00:34:40on a le droit quand même
00:34:41de lui faire le dernier câlin,
00:34:42etc.
00:34:43Mais moi,
00:34:43je me suis dit
00:34:44bon,
00:34:44ça va être long.
00:34:45Ça va être très long.
00:34:56Et là,
00:34:57on s'effondre
00:34:58parce qu'on a un instant
00:34:58on se rend compte
00:34:59que
00:35:00pendant combien de temps
00:35:02on ne va pas voir notre mère.
00:35:04Quelles vont être les conséquences ?
00:35:05Mais les conséquences,
00:35:06c'est que les enfants,
00:35:07ils partent chez leur père en Bourgogne,
00:35:08leur père violent.
00:35:10Ils retournent
00:35:11chez leur père violent.
00:35:12Pour moi,
00:35:13c'était ultra grave.
00:35:15Pour moi,
00:35:15oui,
00:35:16c'est ça.
00:35:16Elle avait fait le choix
00:35:16de briser cette famille
00:35:17et qu'elle n'avait pas réfléchi
00:35:19aux conséquences
00:35:20pour ses enfants.
00:35:21Et je me suis dit
00:35:22non,
00:35:22mais attends,
00:35:22le dernier,
00:35:23il a 10 ans.
00:35:23le futur à vivre,
00:35:34c'est le fait
00:35:35qu'on vous prenne
00:35:36votre merde
00:35:36du jour au lendemain,
00:35:37genre vraiment un matin
00:35:38comme ça,
00:35:38alors qu'on ne s'y attend pas.
00:35:40C'est vraiment
00:35:40dans ces moments-là
00:35:41qu'on prend conscience
00:35:41qu'on pense
00:35:42que la vie,
00:35:44c'est toujours tranquille
00:35:44et que c'est bon,
00:35:45tant qu'on a notre petite vie,
00:35:46ça ne va pas changer
00:35:46alors qu'en fait,
00:35:47si,
00:35:47tout peut changer
00:35:48du jour au lendemain.
00:35:50On se sent vraiment seul,
00:35:52on se sent abandonné
00:35:53et c'est pour ça aussi
00:35:55qu'au départ,
00:35:55j'en voulais à ma mère
00:35:56parce que j'avais presque
00:35:58envie de lui dire
00:35:58en fait,
00:35:58tu m'as juste lâché,
00:35:59tu m'as abandonné en fait.
00:36:08Le truc le plus choquant
00:36:09qui arrive,
00:36:10c'est qu'on se dit
00:36:10mais en fait,
00:36:11on ne la connaît pas.
00:36:12Enfin,
00:36:12finalement,
00:36:13je ne connaissais pas ma mère.
00:36:14Jamais j'aurais pensé
00:36:15qu'elle pourrait faire
00:36:15une chose pareille.
00:36:16En fait,
00:36:16je ne la connaissais pas.
00:36:18Je ne savais pas
00:36:19de quoi elle était capable.
00:36:20En fait,
00:36:20là,
00:36:20je n'avais pas de peine
00:36:22pour ma mère
00:36:22à ce moment-là.
00:36:24Il n'avait que de la haine,
00:36:25de la colère.
00:36:26J'étais révoltée.
00:36:28J'étais dans le rejet.
00:36:29J'ai dit non,
00:36:29elle a trahi tout le monde.
00:36:31Ce n'est pas la femme
00:36:32que j'ai connue.
00:36:32Je ne veux plus
00:36:33en entendre parler.
00:36:34Comment concevoir
00:36:35qu'une de nos sœurs
00:36:35a pu participer
00:36:36à un meurtre en fait ?
00:36:38On ne comprend pas ça.
00:36:42C'est vraiment une colère.
00:36:43Mais pourquoi tu en es là ?
00:36:45Parce que nos parents
00:36:45nous ont élevés
00:36:46tous pareils.
00:36:47On connaît le bien,
00:36:48le mal.
00:36:49mais pourquoi toi,
00:36:50tu as basculé dans le mal ?
00:36:52Il y a un certain nombre
00:37:00de semaines qui passent
00:37:02avec cette colère,
00:37:03avec toutes ces interrogations.
00:37:06Et quand j'ai pu avoir
00:37:06mon parloir,
00:37:07trois mois plus tard,
00:37:09moi,
00:37:09ça m'a permis
00:37:09de lui dire les choses.
00:37:10La colère que j'avais
00:37:11et les interrogations.
00:37:13Mais une fois qu'on a dit
00:37:14les choses,
00:37:14je lui ai dit,
00:37:14écoute, maintenant,
00:37:15c'est dit,
00:37:16t'es là, ok,
00:37:17t'as fait quelque chose
00:37:18de mal,
00:37:19maintenant,
00:37:19il va falloir y travailler
00:37:20et on va avancer ensemble.
00:37:22Et donc, du coup,
00:37:23je lui ai dit
00:37:23que je serai là
00:37:23pour la soutenir.
00:37:24Nous, on est sept enfants.
00:37:39Quatre enfants naturels,
00:37:40trois enfants adoptés.
00:37:43Plus tous les enfants
00:37:44que ma mère a élevés
00:37:44en tant que famille d'accueil.
00:37:46On est ce qu'on appelle
00:37:47des frères et sœurs
00:37:47de cœur, en fait.
00:37:48Donc, c'est vrai que
00:37:50ça fait beaucoup de monde
00:37:52d'horizons différents.
00:37:55Ça fait pas mal.
00:37:57Ah, ça, c'est ma soeur Sandrine
00:37:58quand elle était plus jeune.
00:38:00Et là, je pense
00:38:00que c'est sa fille, Léa.
00:38:10Sandrine, elle est,
00:38:11sur les enfants naturels,
00:38:12elle est la troisième.
00:38:13Mais sur toute la fratrie,
00:38:14elle est la quatrième.
00:38:17Sachant qu'on n'a pas
00:38:17beaucoup d'écarts
00:38:18l'une derrière l'autre.
00:38:20On a quand même passé
00:38:21toute notre enfance ensemble.
00:38:24Et après, elle a fait
00:38:25les 400 coups.
00:38:26C'est quelqu'un qui aimait
00:38:26bien avoir le risque.
00:38:29Et c'est vrai qu'avec Sandrine,
00:38:30j'ai souvent été
00:38:31derrière elle
00:38:33pour la protéger
00:38:34et surtout des mauvaises
00:38:36fréquentations
00:38:37qu'elle pouvait se faire
00:38:38ou des intimidations
00:38:39des autres.
00:38:41Parce que même si
00:38:42elle fait la femme forte,
00:38:43elle a toujours été
00:38:44quand même un peu
00:38:44tendance à être influencée
00:38:46par les autres.
00:38:47mais vraiment.
00:38:49Donc c'est toujours moi
00:38:49qui ai fait
00:38:50le petit garde-fou en fait.
00:38:53Et c'est peut-être
00:38:54pour ça aussi
00:38:54que la relation
00:38:55qu'on a en tant qu'adulte
00:38:56et de ce côté-là aussi,
00:38:57elle attend toujours
00:38:58que la grande sœur
00:38:58protège.
00:39:00Et c'est ce qu'elle demande
00:39:01là actuellement
00:39:01au procès.
00:39:03C'est que je l'accompagne
00:39:04et que je la protège
00:39:04tout le long
00:39:05du procès en fait.
00:39:06à quelques minutes
00:39:10de témoigner,
00:39:12c'est auprès de l'avocate
00:39:13que la grande sœur
00:39:14va chercher encore
00:39:14un peu de réassurance.
00:39:16Elle sait que la justice
00:39:17veut évaluer
00:39:18l'implication
00:39:19de Sandrine Dalport.
00:39:21Où était-elle
00:39:22pendant le coup de feu ?
00:39:23Pourquoi n'a-t-elle
00:39:24rien empêché ?
00:39:26Rien dit ?
00:39:27Par soumission ?
00:39:29Vraiment ?
00:39:30Par contre,
00:39:32il faudra revenir
00:39:32sur l'histoire
00:39:33de qu'ils ne comprennent
00:39:34pas comment elle peut
00:39:34être à la fois aussi
00:39:35avec un gros caractère
00:39:36enfant et comment elle
00:39:38peut être aussi soumise
00:39:38avec les hommes.
00:39:39Ça, c'est impossible.
00:39:40D'accord.
00:39:40Je vais leur expliquer
00:39:41que je compte sur vous.
00:39:43Vous n'avez pas de souci.
00:39:44Et elle, comment elle est ?
00:39:45Alors, maman m'a dit
00:39:47si tu peux te dire
00:39:47à l'avocate
00:39:48qu'elle te dise à Sandrine
00:39:49qu'elle garde courage,
00:39:51que je l'encourage
00:39:52à affronter cette épreuve
00:39:53et je suis dans son cœur.
00:39:55Tu lui dites...
00:39:56Je vais dire,
00:39:56mais elle va pleurer après.
00:39:57Mais je lui dis...
00:39:57Ouais, voilà.
00:39:58Soir, quand elle sort.
00:40:18Quand on arrive devant
00:40:19le tribunal,
00:40:19on n'est pas bien.
00:40:21Moi, j'ai mal au ventre
00:40:21et j'ai mal au cœur.
00:40:23Et je me dis...
00:40:24J'ai les papillitations.
00:40:25J'ai dit, bon,
00:40:26allez, on y va.
00:40:28Et je vois M. Cortès
00:40:30dans le box.
00:40:31Je ne vois pas ma sœur.
00:40:33Je dis, mais où est-ce qu'elle est ?
00:40:34Le président me dit
00:40:35ne regardez pas M. Cortès,
00:40:36vous me regardez moi.
00:40:38Et vous ne vous retournez pas.
00:40:39Mais c'est après,
00:40:39je l'entends, en fait.
00:40:40Elle pleure.
00:40:40Elle est derrière moi,
00:40:41elle pleure.
00:40:42Et elle pleure
00:40:42tout le temps que je parle.
00:40:43Ça, c'est angoissant.
00:40:44Mais Muriel prend sur elle
00:40:46et raconte encore
00:40:47l'emprise de Cortès.
00:40:48M. Cortès,
00:40:52c'était à ses petits soins.
00:40:54Au départ,
00:40:55c'était une idylle
00:40:56comme sa jeunesse.
00:40:57Puis l'emprisonnement
00:40:58a commencé
00:40:59par les exigences
00:41:00vestimentaires.
00:41:01Plus de jupe,
00:41:02plus de robe,
00:41:03plus de décolleté,
00:41:04plus de féminité apparente.
00:41:06Puis restriction
00:41:07avec la famille.
00:41:09Sandrine ne pouvait
00:41:09rendre visite
00:41:10qu'à sa mère
00:41:10et plus à ses frères et sœurs.
00:41:13Il a d'ailleurs
00:41:13empêché Sandrine
00:41:14de venir à mes fiançailles.
00:41:15Et à la fin,
00:41:19au bout d'une heure,
00:41:19c'est compliqué.
00:41:20Une heure,
00:41:21on sort de là,
00:41:22on est fatigué.
00:41:23Vraiment fatigué.
00:41:25Moins d'une heure
00:41:26pour raconter
00:41:27la chute de sa sœur
00:41:28dans les griffes de Cortès.
00:41:35J'ai besoin de souffler.
00:41:37J'ai vraiment besoin de souffler.
00:41:45Alors, moi,
00:41:46je ressors
00:41:46avec une grosse inquiétude.
00:41:48Mais vraiment.
00:41:49Parce que j'ai essayé
00:41:50d'expliquer au président
00:41:51l'emprise de Sandrine
00:41:54avec M. Cortès
00:41:55et que M. le président
00:41:57essaye impérativement
00:41:58à démonter
00:41:59toute cette thèse.
00:42:04Comment il peut
00:42:05ne pas croire
00:42:05qu'une femme
00:42:06puisse être sous l'emprise
00:42:07de quelqu'un
00:42:07à faire ce qu'on lui demande ?
00:42:09Je me dis,
00:42:09mais ça va mal se passer.
00:42:12Ça va mal se passer.
00:42:13Ah, là, je me dis,
00:42:14c'est pas 18, c'est 30.
00:42:17J'y avais de la chance,
00:42:18peut-être 20.
00:42:20Mais là,
00:42:20on n'est plus sur 18.
00:42:41Je viens de témoigner
00:42:42et je vois ce monsieur.
00:42:44C'est le papa de la victime,
00:42:45quoi.
00:42:45Je dis à Léa,
00:42:46mais qu'est-ce qu'il fait,
00:42:47ce monsieur ?
00:42:48Elle me dit,
00:42:48mais je crois
00:42:48qu'il vient vers nous.
00:42:50Et quand on le voit arriver,
00:42:50on se dit,
00:42:51qu'est-ce qu'il va nous dire ?
00:42:53Parce que nous,
00:42:53même si on n'a rien fait,
00:42:54on est dans une forme
00:42:55de culpabilité
00:42:56et de honte.
00:42:58On n'ose pas
00:42:59se mettre proche d'eux,
00:43:00on reste loin,
00:43:01on se dit,
00:43:02mince,
00:43:02qu'est-ce qu'il calime
00:43:04à visant de nous ?
00:43:05Vous dites ça
00:43:05parce que vous êtes ça.
00:43:07Pardon.
00:43:08Je ne vous en veux pas.
00:43:10Pas du tout.
00:43:11Merci.
00:43:11Je vous plaide
00:43:14que vous me plaisez.
00:43:15Ah, mais...
00:43:16Oui.
00:43:16Mais vous n'avez pas fait
00:43:17de parler.
00:43:17Vous n'êtes pas du tout.
00:43:19Vous n'êtes pas encore.
00:43:21Vous n'êtes pas du là.
00:43:22Non.
00:43:23Oui.
00:43:23On sait ce que c'est.
00:43:24C'est pas nous,
00:43:25mais bon,
00:43:26on a l'impression
00:43:27qu'on aurait dû faire
00:43:29quelque chose avant,
00:43:30en fait.
00:43:30C'est ça, en fait.
00:43:32Même nous,
00:43:32on est dans
00:43:33même cette position.
00:43:34Pourquoi on n'est pas
00:43:34intervenu avant ?
00:43:35C'est mon parent
00:43:35du point
00:43:36de ce qui se passait.
00:43:38C'est ça.
00:43:38On se sent pas.
00:43:42Et puis,
00:43:42il nous dit
00:43:43qu'on n'a pas à s'en faire,
00:43:45qu'il ne nous en veut pas,
00:43:46qu'au final,
00:43:48on ait des dommages
00:43:48collatéraux comme eux
00:43:49et qu'il nous comprend.
00:43:52Il me dit même
00:43:53que mon témoignage
00:43:54était touchant
00:43:56et que j'avais fait
00:43:57un beau témoignage.
00:43:59Je ne savais pas
00:44:00comment réagir.
00:44:02Il n'était pas prête
00:44:02pour ça.
00:44:04Il n'était pas prête
00:44:05pour un pardon
00:44:07comme ça.
00:44:09Et je me suis dit
00:44:09waouh,
00:44:10il y a vraiment
00:44:10des gens forts,
00:44:11en fait.
00:44:14Bonjour.
00:44:15La dernière.
00:44:16Bonjour, madame.
00:44:18Quand vous l'aviez décrit,
00:44:20c'est vraiment tout à fait lui.
00:44:21C'est vrai ?
00:44:22Qu'elle ne pouvait pas
00:44:23se maquiller,
00:44:23ne se coiffer,
00:44:24qu'elle mette une poule
00:44:25attachée pour ne pas
00:44:26avoir l'effort.
00:44:27En fait,
00:44:27ça a fait le même schéma,
00:44:28en fait,
00:44:29avec votre soeur.
00:44:30Elle avait le droit
00:44:30d'être féminine
00:44:31quand il était à son part.
00:44:32Elle ne pouvait pas
00:44:33maquiller,
00:44:33même pas maquiller,
00:44:34alors qu'elle était
00:44:35super complète tout le temps.
00:44:36Les parents de la victime
00:44:37et la soeur de la victime
00:44:39sont venus nous voir
00:44:40pour nous dire
00:44:40qu'ils ne nous en voulaient pas,
00:44:43qu'ils comprenaient aussi
00:44:45que nous,
00:44:45on pouvait être
00:44:46dans la douleur,
00:44:48qu'ils comprennent
00:44:48qu'en fait,
00:44:49Sandrine a pu être
00:44:50sous son emprise,
00:44:51en fait,
00:44:52parce qu'il disait
00:44:53que dans ce que j'ai décrit,
00:44:54moi,
00:44:55il retrouvait le même processus
00:44:56qu'il avait fait
00:44:57avec sa fille,
00:44:57en fait.
00:44:58Elle était vraiment
00:44:59dans son emprise,
00:45:00elle avait peur de lâcher,
00:45:02il avait tourné le cerveau
00:45:03à toutes les femmes.
00:45:03Il aurait pu vraiment
00:45:04créer le secte.
00:45:06Je suis allé voir,
00:45:07je lui ai dit,
00:45:07vous êtes au même point que nous.
00:45:09Je ne vous en veux pas,
00:45:09je ne peux pas vous en vouloir,
00:45:10ce n'est pas vous.
00:45:11Vous êtes autant
00:45:12en métier vous que nous.
00:45:14C'est tout,
00:45:15il n'y a pas des choses à...
00:45:17Non,
00:45:18non, c'est normal.
00:45:18La fille de l'accusé
00:45:20et la soeur de l'accusé,
00:45:21ils sont poids
00:45:22dans l'histoire au final.
00:45:23Elles sont plus
00:45:24avec de la peine
00:45:25par rapport à leur mère
00:45:27et à leur soeur
00:45:27ce qu'elle a fait que...
00:45:29Alors bon,
00:45:31il faut être un peu...
00:45:33C'est le côté humain aussi.
00:45:35Mais bon,
00:45:36on ne peut pas
00:45:36leur mouloir non plus.
00:45:37Mais c'est un soulagement
00:45:46de se dire,
00:45:47bon,
00:45:47même eux
00:45:48ne nous considèrent pas
00:45:49comme coupables,
00:45:50donc on peut...
00:45:52on peut se détendre un peu,
00:45:53se relaxer,
00:45:53et non,
00:45:54on n'est pas coupables.
00:45:57Et ouais,
00:45:58ça fait du bien.
00:45:59Ça enlève une honte
00:46:00et un poids quand même.
00:46:03Ouais.
00:46:07On va déjà faire
00:46:14la première partie.
00:46:16Ok, c'est parti.
00:46:18C'est en tour.
00:46:19À l'un comme à l'autre,
00:46:21le président de la cour
00:46:22demande
00:46:22quelle a été
00:46:23votre participation.
00:46:25Sandrine Delporte,
00:46:26nerveuse,
00:46:27les bras croisés,
00:46:28répond
00:46:28« Je n'ai rien fait.
00:46:30J'ai juste conduit la voiture.
00:46:32Je n'ai pas bougé.
00:46:33Je n'ai rien voulu savoir.
00:46:35Jamais je ne me pardonnerai. »
00:46:37Ils vont mieux garder
00:46:38l'autre aussi.
00:46:39Cet après-midi, là,
00:46:41on a...
00:46:42C'est en train d'interroger
00:46:42les deux, en fait,
00:46:44sur les preuves,
00:46:45comment ils peuvent expliquer
00:46:46tel et tel truc.
00:46:48Sandrine,
00:46:48elle a évolué
00:46:49dans son discours,
00:46:50quand même,
00:46:50et elle a donné
00:46:51un peu plus de détails.
00:46:53Au 3e jour
00:46:54du procès d'appel,
00:46:55Sandrine Delporte
00:46:56accepte enfin
00:46:57de raconter
00:46:58ce qu'elle a fait
00:46:59au moment du crime.
00:47:00« Ce qu'elle a reconnu,
00:47:01c'est qu'effectivement,
00:47:02elle était présente,
00:47:03bien présente ce jour-là
00:47:04quand il a enlevé sa femme.
00:47:06Il a fait rentrer
00:47:07sa femme dans la voiture,
00:47:08il a refermé la voiture.
00:47:10Elle est allée devant,
00:47:11elle a pris le volant
00:47:11et elle est partie.
00:47:15Et ensuite,
00:47:15elle dit que...
00:47:17Elle sait qu'il a ouvert
00:47:18le coffre
00:47:18et qu'il a été refermé.
00:47:19Elle n'a pas voulu regarder,
00:47:20elle disait qu'elle préférait
00:47:21regarder droit devant elle
00:47:22et...
00:47:23Et qu'ensuite,
00:47:25il est revenu
00:47:25quelques minutes plus tard,
00:47:27en fait.
00:47:28Et c'est lui
00:47:28qui a pris le volant
00:47:29et c'est lui
00:47:29qui l'a ramené à Perpignan,
00:47:30tu vois.
00:47:31Le président,
00:47:31il prend les menottes,
00:47:32il prend la chaîne,
00:47:33il met sous le micro
00:47:34et il fait plein de bruit avec.
00:47:36Il me dit
00:47:36« Mais comment,
00:47:36vous n'avez pas pu
00:47:37entendre ça derrière ?
00:47:38Vous dites que vous
00:47:38n'entendiez pas de bruit,
00:47:39mais ça,
00:47:39ça s'entend quand même. »
00:47:40Il me dit
00:47:41« Un coup de feu,
00:47:41ça s'entend ? »
00:47:42Et puis là,
00:47:42il le dit
00:47:42« Mais moi,
00:47:43j'étais dans une bulle
00:47:44et je ne voulais pas voir,
00:47:45je ne voulais pas entendre. »
00:47:47Tu vois,
00:47:47donc...
00:47:48elle explique ça maintenant.
00:47:56Surtout,
00:47:57elle a dit
00:47:57la phrase qui a choqué tout le monde,
00:47:59c'est « J'ai adhéré au projet. »
00:48:02Malgré que je n'étais pas là,
00:48:03effectivement,
00:48:04je ne suis pas descendu.
00:48:05Mais voilà,
00:48:06j'ai conduit,
00:48:07j'ai adhéré,
00:48:08j'ai rien fait.
00:48:11Voilà,
00:48:12c'est...
00:48:13Entendre « J'ai adhéré à l'idée »,
00:48:15ça m'a...
00:48:16ça, c'est la retombée.
00:48:19C'est la première fois
00:48:20que Léa entend sa mère
00:48:21reconnaître aussi clairement
00:48:23sa participation au crime.
00:48:25« J'ai vu que ça avait été difficile ce matin. »
00:48:27« Ouais. »
00:48:28« Un peu dur. »
00:48:28« Ouais, un peu. »
00:48:29« Comment... »
00:48:30« Quand on rentre dans le vif des débats,
00:48:32c'est très compliqué du sujet
00:48:33et que, ben, voilà,
00:48:35que là,
00:48:36on se retrouve devant la figure de la maman
00:48:38qui a fait ce qu'il ne fallait pas,
00:48:39je veux que j'ai compris. »
00:48:40« Ouais. »
00:48:41« Mais bon, voilà, c'est... »
00:48:44« On ne peut pas faire comme si ça existait pas. »
00:48:45« Et puis, elle, justement,
00:48:46ce qu'on vient reprocher avant,
00:48:47c'est de faire comme si ça n'existait pas. »
00:48:48« Oui. »
00:48:49« Alors que là,
00:48:50je trouve qu'elle est capable d'en parler,
00:48:51elle est capable d'expliquer les choses. »
00:48:53« On avance. »
00:48:54« Mais je comprends que ce soit douloureux pour vous,
00:48:55mais voilà. »
00:48:56« C'est-à-dire,
00:48:56dix ans,
00:48:57qu'elle a accepté,
00:48:58c'est pas... »
00:48:59« J'appréhende, oui, beaucoup. »
00:49:02« Oui, beaucoup, oui. »
00:49:03« Cet après-midi. »
00:49:04« Bon, allez, ça va aller, j'y vais. »
00:49:05« Oui. »
00:49:06« Allez, à tout de suite. »
00:49:08C'est maintenant au tour de William
00:49:10de s'avancer à la barre,
00:49:11pour la première fois.
00:49:13À 21 ans,
00:49:14il a lui aussi parfaitement conscience
00:49:16de l'enjeu de son témoignage.
00:49:18« Willy, tu sais, en fait,
00:49:19à la fin,
00:49:20il va te dire, le président,
00:49:21« Est-ce que vous avez quelque chose
00:49:22à rajouter, monsieur ? »
00:49:24« Et toi, t'as envie de dire
00:49:25que tu voulais connaître la vérité. »
00:49:27« C'est vrai qu'il faut
00:49:28que je sache la vérité. »
00:49:29« Tu as envie de s'en voir
00:49:30toute la vérité. »
00:49:31« On n'a pas le dénouement des choses,
00:49:32donc ça traîne en longueur,
00:49:33ça traîne en longueur,
00:49:34mais au bout d'un moment,
00:49:34c'est pour ça que je suis venu d'ailleurs,
00:49:37c'est pour réformer ce chapitre-là
00:49:38et pour pouvoir enfin être fixée. »
00:49:42« Je sais que Sandrine,
00:49:42au départ,
00:49:43elle ne voulait pas qu'il témoigne.
00:49:44Elle voulait protéger son fils.
00:49:46Et moi, j'avais expliqué à Sandrine
00:49:47que peut-être c'était un besoin
00:49:48chez William d'y participer,
00:49:50que ça faisait partie
00:49:51de son processus de deuil
00:49:53et aussi de cicatrisation des faits
00:49:56et de ce qu'il a pu vivre.
00:49:57Donc, elle avait fini par accepter,
00:50:00Sandrine,
00:50:00elle a dit « Mais il faut que tu le prépares. »
00:50:02Elle était très angoissée
00:50:03et j'avais dit
00:50:05de faire confiance en son fils.
00:50:06« Ça va le faire, ça va le faire. »
00:50:08« Je sais qu'elle a dit la vérité,
00:50:19mais je pense qu'il y a encore
00:50:20certaines choses
00:50:21qu'elle a du mal à dire
00:50:22justement du fait
00:50:22que ses enfants soient là.
00:50:24Parce que, voilà,
00:50:25elle pleure beaucoup
00:50:26parce qu'elle ne voulait pas
00:50:27nous mêler à ça.
00:50:28Elle sait qu'on a été
00:50:29des dommages collatéraux.
00:50:30Elle nous voit encore
00:50:31comme des enfants
00:50:31et qu'on aura du mal
00:50:33à entendre certaines choses.
00:50:35Mais c'est pour ça que
00:50:36quand j'ai dit à la barre
00:50:38que je voulais que toute la vérité sorte,
00:50:40c'était destiné à tout le monde,
00:50:41que ce soit lui,
00:50:41que ce soit à ma mère,
00:50:42c'était destiné à tout le monde.
00:50:44C'était vraiment maintenant,
00:50:45les années ont passé.
00:50:47Voilà, on est assez grand
00:50:48pour entendre ces choses-là,
00:50:49même si c'est dur.
00:50:50Normalement, la vérité,
00:50:51elle est là.
00:50:52Même si on ne l'accepte pas,
00:50:52on ne pourra pas la changer.
00:50:54Donc, autant l'entendre,
00:50:55autant l'accepter
00:50:56et au moins c'est fait
00:50:57et c'est terminé.
00:50:58Comment ça va, je l'aime ?
00:51:00Vas-y, dure, hein ?
00:51:02Je pense que c'est le meilleur.
00:51:04Ouais, ouais, c'est...
00:51:04C'est un moment de value.
00:51:05C'est pas simple.
00:51:07Merci.
00:51:07Non, c'était courageux
00:51:08d'être là.
00:51:09On voyait que vous étiez très mal.
00:51:11Ouais, bah, fallait bien,
00:51:12de toute façon.
00:51:12C'était difficile.
00:51:13En plus, vous avez été réglo.
00:51:16Voilà, hein ?
00:51:17C'est pas...
00:51:19Vous l'avez fait.
00:51:19J'ai fait du mieux que j'ai pu.
00:51:21Non, je vous ai fait du mieux
00:51:22que j'ai pu.
00:51:22Mais non, mais de toute façon,
00:51:23il y avait rien de...
00:51:24Voilà, il fallait juste...
00:51:26C'était dur.
00:51:27Voilà.
00:51:27Oui, oui.
00:51:28C'est extrêmement...
00:51:29Ça y est, je suis sorti,
00:51:30je peux respirer.
00:51:30Waouh, je suis content.
00:51:32Non, mais puis vous avez été loyal.
00:51:34Je peux oublier une gérée ?
00:51:35Oui, oui, oui.
00:51:36Oh, ça a été plein.
00:51:38Ouais, ça a été plein, ça.
00:51:39Non, non, elle,
00:51:39elle était très préoccupée
00:51:41de pouvoir arriver à la barre.
00:51:42Vous imposez ça.
00:51:43Parce qu'imposer ça,
00:51:44déjà, le geste qu'elle a commis
00:51:45à ses enfants,
00:51:46mais leur imposer
00:51:46de venir à la barre
00:51:48de la cour d'assises
00:51:49en disant des enfants
00:51:50de quelqu'un qui a commis un crime,
00:51:52c'est dur.
00:51:53Donc, pour elle,
00:51:54en tant que ma vente,
00:51:54le plus compliqué,
00:51:55c'était quand je suis rentré.
00:51:56Je ne l'ai pas vu.
00:51:57Parce que oui,
00:51:57moi, ça fait 6 ans
00:51:58que je ne l'ai pas vue, je crois.
00:51:59Je l'ai au téléphone,
00:51:59il n'y a pas de souci,
00:52:00mais moi, ça fait 6 ans.
00:52:00Ça fait 6 ans
00:52:00que vous n'avez pas croisé
00:52:01l'ombre de votre mère.
00:52:02Non.
00:52:03Vous pouvez retourner
00:52:04dans la scène, là,
00:52:04et la voir, voilà.
00:52:05Oui, mais je ne peux pas
00:52:06me planter en face,
00:52:06genre, salut.
00:52:07Je ne peux pas.
00:52:07Non, non, mais...
00:52:08Ça fait bizarre
00:52:09parce que ma mère
00:52:09qui a appris de l'âge,
00:52:22moi, je me suis levé,
00:52:23c'est à ce moment-là
00:52:23que je l'ai vue de face.
00:52:25Donc, elle était contente,
00:52:26elle a souri,
00:52:26elle a pleuré.
00:52:27Mais à ce moment-là,
00:52:29elle m'a quand même dit
00:52:29« Range ta croix
00:52:30et range tes clopes
00:52:30parce que ça ne se fait pas. »
00:52:32Ça reste une mère,
00:52:33après tout,
00:52:33ça reste quand même ma mère,
00:52:34quoi qu'il arrive,
00:52:35dans n'importe quelle circonstance.
00:52:37Bon, il est où,
00:52:37mon warrior ?
00:52:38Ouais.
00:52:39Yo, ça y est,
00:52:40t'as fait tes épreuves
00:52:40qu'un d'un point, mon gars.
00:52:42Yo.
00:52:42Je te jure,
00:52:43j'ai fait les promis,
00:52:44c'est bon.
00:52:45C'est bon.
00:52:52Et moi, c'est ce que j'avais raconté.
00:52:53Celle-là, je vais le checker.
00:52:54Celle-là, je l'ai gardée
00:52:54dans ma tête, celle-là.
00:52:55Tu vois, il me disait,
00:52:56et quand j'ai raconté ça,
00:52:57il me disait « Mais vous êtes timbré. »
00:52:58C'est limite,
00:52:59c'était moi qui ai raconté les commis.
00:53:00Oui, mais vous ne le voyez pas,
00:53:00c'est normal.
00:53:01C'est normal que sur le moment,
00:53:01tu ne crois pas, c'est normal.
00:53:02Et toi, du coup,
00:53:02tu reviens dessus,
00:53:03je dis « Yes ! »
00:53:04Puis ça, yes !
00:53:05Celle-là, elle était dans ma tête,
00:53:05j'ai fait « Ah, celle-là,
00:53:06je ressors, t'inquiète. »
00:53:22C'est une telle porte qui a tiré.
00:53:24Silence dans la salle,
00:53:25le président le fixe des yeux.
00:53:27Vous savez, monsieur Cortès,
00:53:29c'est la énième version
00:53:30que vous présentez à la justice.
00:53:33Un choc.
00:53:34Cortès fait mat d'emporter
00:53:36la responsabilité du crime
00:53:37à sa co-accusée.
00:53:41Et donc, lui, il raconte.
00:53:42Non, mais franchement, il raconte.
00:53:44« Sandrine est arrivée avec l'arme.
00:53:46Elle a tiré sur ma femme.
00:53:47Je me suis évanouie.
00:53:48Et là, quand je me suis réveillée,
00:53:50j'étais dans tous mes états.
00:53:52Ma femme était par terre.
00:53:54Sandrine était en train de l'enterrer.
00:53:56Donc, lui, dans sa douleur
00:53:58de voir sa femme dans la tombe,
00:54:00il a préféré se dénoncer à la police
00:54:03parce que, de toute façon,
00:54:04il n'y avait plus de femmes,
00:54:05donc plus de raison de vivre.
00:54:06T'as beaucoup de gens
00:54:07qui rigolent dans la salle,
00:54:08mais vraiment, c'est...
00:54:10Les jurés rigolent.
00:54:11L'avocat général rigole.
00:54:13Les avocats rigolent.
00:54:14Le président a fini par couper court
00:54:16et s'il en aille au bol.
00:54:18Du coup, je suis sortie
00:54:18parce que franchement,
00:54:19ça m'exaspère fortement.
00:54:21Mais vraiment,
00:54:21c'est...
00:54:23Bon, t'as pensé quoi
00:54:25de cet aperçu ?
00:54:26J'ai jamais eu
00:54:27avec aussi culotté, sérieux.
00:54:29C'est ça, combien de tièmes versions ?
00:54:3010, 12, 15 ?
00:54:31Déjà, tous les changements de version,
00:54:32je trouve ça lâche et hypocrite
00:54:35parce qu'à un moment, c'est lui.
00:54:36À un moment, c'est pas lui.
00:54:37À un moment, c'est la mère.
00:54:38À un moment, c'est quelqu'un d'autre.
00:54:39Ça fait surtout du mal
00:54:40parce qu'au final,
00:54:42il accuse la terre entière
00:54:43sauf lui-même.
00:54:44C'est le deuxième, ça ?
00:54:51Là-bas, c'était Takoun
00:54:53et elle, c'est Sandrine, là.
00:54:58Je crois que c'était pas elle.
00:54:59C'est moi, c'est l'autre, tu sais.
00:55:02Deux fourgons,
00:55:04deux accusés
00:55:04qui, comme chaque soir,
00:55:06vont attendre la reprise
00:55:07du procès derrière les barreaux.
00:55:08Cette prison
00:55:10avec laquelle la famille
00:55:11de Sandrine Delporte
00:55:13doit vivre
00:55:13depuis 2014.
00:55:23Avoir une sœur en prison,
00:55:24c'est terrible.
00:55:25Franchement, c'est terrible.
00:55:26Je ne le souhaite à personne.
00:55:28Aller voir sa sœur en prison,
00:55:29c'est terrible.
00:55:30La première fois que vous y allez,
00:55:32c'est...
00:55:32Vous sortez, vous pleurez.
00:55:35C'est vraiment terrible.
00:55:36Et puis, on est dans cette petite salle, là,
00:55:38à discuter,
00:55:39on est chronométrés,
00:55:40on attend,
00:55:41on est là sur l'heure,
00:55:42bon Dieu, vite, ça va.
00:55:44C'est bon, on a encore dix minutes,
00:55:45on peut parler.
00:55:46Au départ, c'est dur.
00:55:58Au début, on n'en parle pas
00:55:59et on essaye de vivre normalement.
00:56:02On essaye
00:56:03de faire comme si de rien n'était,
00:56:05de faire comme si c'était...
00:56:06si c'était rien passé,
00:56:08que juste
00:56:08et un lycée, un normal.
00:56:11Mais
00:56:11ça ne marche pas très longtemps.
00:56:14Ça ne marche pas très longtemps du tout.
00:56:16Alors, heureusement,
00:56:17j'ai dû aller chez le psy,
00:56:18je n'ai pas réussi
00:56:19à gérer mes premières années de lycée.
00:56:21mais au final, on pleure beaucoup,
00:56:29beaucoup, beaucoup, beaucoup.
00:56:30On ne sait plus ce qu'on doit faire,
00:56:33on ne sait plus vraiment qui.
00:56:35Même moi, je ne savais même plus
00:56:35vraiment qui j'étais,
00:56:37qu'est-ce que je devais faire,
00:56:38pourquoi j'étais là.
00:56:38pendant un an, c'était silence radio,
00:56:46je ne voulais pas lui parler.
00:56:47Je voulais vraiment un refus total
00:56:48et ce n'est pas bon.
00:56:51Évidemment, c'est fatigant
00:56:52de diaboliser son mère.
00:56:53parce que je la diabolisais, clairement.
00:56:57Je ne voulais plus en entendre parler,
00:56:58j'avais honte
00:56:59que ce soit ma mère.
00:57:00C'est au bout d'un an
00:57:01que j'ai écrit ma première lettre
00:57:01et ma première lettre, c'était
00:57:04pour lui dire que j'étais en colère.
00:57:07À la fin de ma lettre,
00:57:08je lui ai dit, bon,
00:57:09j'essaye d'apprendre à faire la paix,
00:57:11à accepter les choses
00:57:12et à évoluer.
00:57:13Enfin, voilà, c'est ma mère
00:57:14et je ne peux pas vivre sans ma mère.
00:57:23Au départ, elle m'a envoyé des lettres
00:57:29et après un moment,
00:57:30elle a commencé à pouvoir m'appeler.
00:57:31Cet appel peut être surveillé
00:57:33ou enregistré.
00:57:35Au départ, j'en voulais toujours,
00:57:37donc c'était compliqué.
00:57:39Mais après, au fur et à mesure,
00:57:40on ne s'appelle plus souvent,
00:57:41donc moi, je lui raconte toujours
00:57:42tout ce qui se passe,
00:57:43tout ce qui peut se passer
00:57:44en bien ou en mal,
00:57:44je lui raconte tout ce qui se passe,
00:57:45etc.
00:57:46Elle suivait ma vie à distance.
00:57:48Ça fait du bien d'entendre la voix
00:57:49et de se rendre compte
00:57:50qu'il y a des fois la même personne
00:57:51et que c'est une...
00:57:53d'être humain qui a des émotions.
00:57:55Voilà, il est au téléphone,
00:57:56elle a pleuré.
00:57:57Elle a une part de faiblesse,
00:57:59de sensibilité.
00:58:01C'est pas un monstre.
00:58:03Et voilà, c'est là qu'on peut pardonner
00:58:04et passer à notre famille.
00:58:12Ces appels à distance,
00:58:14ces parloirs minutés,
00:58:16Muriel sait qu'il faudra vivre
00:58:17encore longtemps avec.
00:58:18Je faisais bon 400 kilomètres
00:58:23pour pouvoir faire 45 minutes
00:58:25de parloir.
00:58:27Moi, ça m'est arrivé
00:58:28de faire ces 400 kilomètres.
00:58:31Un vendredi soir,
00:58:32je suis sortie du boulot,
00:58:33j'ai pris la route,
00:58:33je suis partie.
00:58:34J'avais des habits
00:58:35à lui ramener,
00:58:36elle en avait besoin.
00:58:37Et le matin,
00:58:37à 7h30,
00:58:38je devais être présente
00:58:39parce que c'est à 8h30,
00:58:41le parloir.
00:58:43Je suis arrivée là-bas
00:58:44et j'ai été refoulée.
00:58:48Refoulée parce que ce jour-là,
00:58:49j'avais mis un soutien-gorge
00:58:50avec des baleines,
00:58:51alors que je ne le fais jamais.
00:58:53Et là, je l'avais mis
00:58:54et j'ai sonné au portique.
00:58:56J'ai sonné trois fois
00:58:58et au bout de trois fois,
00:58:59on vous met dehors
00:59:00et on vous dit
00:59:01vous n'avez pas de parloir
00:59:02parce que vous sonnez.
00:59:04J'ai demandé à enlever
00:59:05mon soutien-gorge,
00:59:05ils ont refusé.
00:59:07Ils sont très sévères.
00:59:08Donc, j'ai fait 400 kilomètres
00:59:09à aller,
00:59:09400 kilomètres autour
00:59:10pour rien en fait.
00:59:12Et je ne pouvais pas me libérer
00:59:13avant deux mois.
00:59:15Donc, elle n'a pas eu
00:59:16ses habits pendant deux mois en fait.
00:59:25C'est quand on arrive
00:59:26devant la prison
00:59:26qu'on fait « waouh ».
00:59:28La prison,
00:59:29c'est impressionnant quand même.
00:59:30Là, tu te rends compte
00:59:31vraiment du côté
00:59:32incarcération,
00:59:33perte de liberté.
00:59:36Et même pour nous,
00:59:36c'est angoissant
00:59:37de rentrer dedans,
00:59:38dans cet endroit clos,
00:59:39fermé.
00:59:40Et puis,
00:59:41le parloir en lui-même,
00:59:42c'est une pièce,
00:59:43une toute petite pièce.
00:59:44Il y a une table,
00:59:45deux chaises.
00:59:45On laisse asseoir
00:59:46et voilà,
00:59:46on fait ce mois-là.
00:59:48Rien que pouvoir
00:59:48la prendre dans les bras
00:59:49et pouvoir se faire un câlin,
00:59:53ça fait du bien.
00:59:59On raconte notre quotidien,
01:00:00on raconte si on a été
01:00:01en vacances, etc.
01:00:02ça lui permet de garder
01:00:04un lien avec l'extérieur
01:00:06et de garder un lien
01:00:07avec une vie normale,
01:00:08en fait.
01:00:09Et elle le vit à travers nous.
01:00:12En fait,
01:00:12ça la fait s'évader
01:00:13d'imaginer le monde extérieur
01:00:14qu'elle n'a plus.
01:00:15Et puis non,
01:00:15parler de l'affaire,
01:00:16parler de la prison.
01:00:17Non, non, non.
01:00:17Puis même moi,
01:00:18je me disais,
01:00:19mais ça va,
01:00:19c'est pas comme dans les films
01:00:20et tout.
01:00:21T'as pas de problème.
01:00:22Enfin, moi,
01:00:23voilà, ma vision,
01:00:24c'était quoi ?
01:00:24C'était les films américains
01:00:25avec les bagarres
01:00:26dans la cour et tout.
01:00:27Donc,
01:00:28elle me disait,
01:00:28non, non, t'inquiète,
01:00:29c'est pas comme ça.
01:00:30Puis,
01:00:31après,
01:00:32elle parlait de rien négatif.
01:00:33Donc,
01:00:33je me suis dit,
01:00:33OK, en fait,
01:00:34elle me pouponne,
01:00:35je suis sa fille,
01:00:36elle me dira jamais
01:00:36que ça va pas.
01:00:37Donc,
01:00:37on va arrêter d'en parler.
01:00:39C'est pas productif.
01:00:41Parce que voilà,
01:00:42là,
01:00:42c'est le truc de,
01:00:42c'est mes enfants,
01:00:43je les ai au téléphone.
01:00:44C'est pour passer
01:00:45un bon moment,
01:00:45c'est pas pour parler
01:00:46de choses mauvaises.
01:00:48Les choses mauvaises,
01:00:49c'est avec ma tante Muriel.
01:00:51Sa soeur,
01:00:52ses aînés,
01:00:54les proches de Sandrine
01:00:54ont tout donné
01:00:55pour convaincre la cour
01:00:57du rôle soumis
01:00:58qu'elle aurait tenu
01:00:59dans ce crime.
01:01:01Reste à attendre
01:01:02le verdict.
01:01:06Je pensais que
01:01:07l'avocat général
01:01:07allait faire un récit
01:01:08un petit peu
01:01:09moitié-moitié,
01:01:11en fait,
01:01:11avec d'un côté
01:01:12Cortès
01:01:13et de l'autre côté
01:01:14ma mère.
01:01:15Mais finalement,
01:01:17en une heure,
01:01:17en fait,
01:01:17il a parlé beaucoup
01:01:18de monsieur Cortès
01:01:19et qu'au final,
01:01:20la partie sur ma mère
01:01:22a duré peut-être
01:01:2310 minutes.
01:01:24Et c'est vrai
01:01:25que c'était
01:01:25plutôt positif.
01:01:29En fait,
01:01:29il a tout détaillé
01:01:30quand même.
01:01:30Il a détaillé
01:01:31ce que les psychiatres
01:01:32ont dit.
01:01:33Madame Delporte
01:01:33a pris conscience
01:01:34de ce qu'elle a fait.
01:01:36Elle a des remords,
01:01:37elle a beaucoup évolué.
01:01:38Elle a réussi
01:01:39à s'enlever
01:01:39de l'emprise
01:01:40de monsieur Cortès.
01:01:42Et puis il fait
01:01:42« J'ai terminé. »
01:01:44Ouah !
01:01:45Ouah !
01:01:45Trois minutes !
01:01:46Le gars,
01:01:46il a tenu
01:01:46trois minutes
01:01:47sur Sandrine.
01:01:48Alors que ça fait
01:01:49une heure
01:01:49qu'il est sur Cortès.
01:01:50Il dit « Bon,
01:01:51ben maintenant,
01:01:51je vais vous dire
01:01:52les peines,
01:01:52machin. »
01:01:53Donc il revient
01:01:53quand même
01:01:54sur les peines
01:01:54sur le fait
01:01:55que Sandrine
01:01:55a accepté
01:01:56sa première peine
01:01:57de 18 ans,
01:01:58qu'elle a beaucoup
01:01:58évolué,
01:01:59qu'elle a pu
01:02:00dire des vérités,
01:02:00qu'elle a accepté
01:02:02sa culpabilité.
01:02:03Il a quand même
01:02:05précisé qu'elle
01:02:05était bien suivie,
01:02:06soutenue par la famille.
01:02:08Donc pour elle,
01:02:09certes,
01:02:10il a été dit
01:02:1018 ans
01:02:11en première instance,
01:02:12mais moi,
01:02:13je l'estime
01:02:13entre 12 et 15,
01:02:14pas plus.
01:02:15En vue du travail effectué.
01:02:16Et après,
01:02:17il dit pour Cortès,
01:02:18il dit « Lui,
01:02:18il mérite la perpétuité. »
01:02:19Mais direct.
01:02:21Ça ne serait pas possible.
01:02:22Donc du coup,
01:02:22on va maintenir
01:02:2330 ans
01:02:24de réclusion au tribunal
01:02:25et 20 ans
01:02:26de sûreté.
01:02:30Il dit à vous
01:02:30les jurés de voir.
01:02:34Nous,
01:02:34on sait
01:02:34qu'elle a évolué.
01:02:36Mais on peut se dire
01:02:37« Bon, nous,
01:02:37on n'est pas objectifs.
01:02:38Peut-être que nous,
01:02:39on se dit qu'elle évolue. »
01:02:41Mais d'autres personnes
01:02:42qui sont objectifs,
01:02:43les psychiatres,
01:02:44etc.,
01:02:44ont vu qu'elle évoluait.
01:02:46Donc pour nous,
01:02:46oui,
01:02:47ça nous conforte
01:02:47dans cette idée
01:02:49que vraiment,
01:02:49il y a un chemin
01:02:50qui a été fait.
01:02:50Ce n'est pas dans notre tête,
01:02:51ce n'est pas pour se rassurer.
01:02:53C'est un réel chemin
01:02:54qui a été fait.
01:02:55Et voilà,
01:02:55en espérant que la justice
01:02:57s'en rende compte également
01:02:59et fasse en fonction.
01:03:0212 ans.
01:03:0312 ans,
01:03:03c'est bien.
01:03:0412 ans, c'est bien.
01:03:0612 ans, c'est bien.
01:03:07Aïe, aïe, aïe.
01:03:07Oui, ne tape pas.
01:03:08Aïe, aïe.
01:03:09Pourquoi tu me frappes ?
01:03:10Même si c'est 15
01:03:11avec les remises de peine,
01:03:12etc.,
01:03:13ça fait 8 ans.
01:03:14Elle en a fait 6.
01:03:15Si c'est ça,
01:03:16c'est trop cool.
01:03:17Ça va être bien pour elle.
01:03:18Elle va pouvoir
01:03:19se reconstruire après
01:03:19et faire une autre vie,
01:03:21en fait.
01:03:22Mais essayer de redémarrer
01:03:23sur des bonnes bases.
01:03:24Se reconstruire surtout.
01:03:2515 ans,
01:03:27voire 12 ans,
01:03:28l'espoir renaît.
01:03:30Ça fait plaisir,
01:03:31quand même.
01:03:32On va pas se mentir,
01:03:33ça fait plaisir.
01:03:34Et puis,
01:03:34ça a pas été
01:03:35de très mauvaises choses
01:03:36qui ont été dites
01:03:36par rapport à ma mère,
01:03:37même si, malgré tout,
01:03:38ça reste une accusée,
01:03:39quand même.
01:03:40De mon côté égoïste,
01:03:41c'était quand même
01:03:42une bonne chose.
01:03:42Tu m'appelles
01:03:44quand t'es arrivée ?
01:03:45Oui,
01:03:46t'inquiète.
01:03:47J'arrive à 22h30,
01:03:48je crois,
01:03:48un truc comme ça.
01:03:4922h30,
01:03:50j'arrive dans Osserre,
01:03:50dans ces eaux-là.
01:03:52Toi,
01:03:52tu m'appelles
01:03:52quand tu sais
01:03:53dès que c'est terminé.
01:03:54le verdict tarde,
01:03:58William ne peut pas
01:03:59manquer son travail
01:04:00et son train
01:04:00pour Osserre,
01:04:02comme Léa
01:04:02qui doit repartir aussi.
01:04:06Ah,
01:04:06l'avocat général,
01:04:08l'avocat d'avoir
01:04:09participé.
01:04:10Une fois de plus,
01:04:11c'est Muriel,
01:04:12la grande sœur,
01:04:12qui va faire front,
01:04:14épauler l'accusée
01:04:15et les plus jeunes.
01:04:17William,
01:04:18il dit
01:04:19je suis impatient
01:04:19qui me dit William,
01:04:20tu m'étonnes.
01:04:21Tu m'étonnes.
01:04:23Je suis impatient.
01:04:24Oui.
01:04:27Nous aussi.
01:04:28Mais on nous a dit
01:04:283-4 heures.
01:04:35Encore,
01:04:35pas encore.
01:04:36Ça va arriver,
01:04:36ça va arriver.
01:04:40On attend.
01:04:43Ça y est.
01:04:43Ah non,
01:04:44c'est pas...
01:04:44Mais ça va...
01:04:45Mais elle est folle.
01:04:46Non,
01:04:47mais j'ai pas dit...
01:04:47Ah, c'est peur.
01:04:49J'ai le cœur
01:04:50qui bat ça alors.
01:04:50Je vais avoir
01:04:51un infarctus.
01:04:52Désolée.
01:04:53Pas de nouvelles.
01:04:54Nous aussi,
01:04:55on attend.
01:04:55On attend,
01:04:56on attend.
01:04:58Ah,
01:04:58nous avons un nouvel
01:04:59article de journal.
01:05:00Dernier Muedo
01:05:01nous accuser,
01:05:01je suis sincèrement
01:05:03désolée.
01:05:04Tu vois,
01:05:04c'est bien
01:05:05ce qu'elle a retranscrit.
01:05:06Je suis sincèrement
01:05:06désolée
01:05:07de tout ce qui s'est passé.
01:05:09Notre Wigo
01:05:10à destination
01:05:10de Paris-Gaire de Lyon
01:05:11circule actuellement
01:05:12avec un retard
01:05:13de 20 minutes.
01:05:17Dans 5 minutes ?
01:05:18Ouais.
01:05:1810 minutes.
01:05:21On fait quoi ?
01:05:22On décolle ?
01:05:22Allez,
01:05:23on décolle.
01:05:26Yo,
01:05:26j'ai la boule au ventre.
01:05:28Là,
01:05:28c'est que là,
01:05:30on rigole bien,
01:05:31mais voilà.
01:05:34Je ne fais jamais
01:05:34aussi impatience
01:05:35et accrocher mon téléphone,
01:05:36je crois.
01:05:41Donc,
01:05:42il reste 5 minutes.
01:05:43Après 3h30
01:05:49de délibération,
01:05:50le verdict tombe.
01:05:55Un choc
01:05:56que Muriel encaisse
01:05:57avant de l'annoncer
01:05:58à William et Léa.
01:06:02Léa,
01:06:03on lui dit,
01:06:04ce sont les plus longues
01:06:05minutes de ma vie
01:06:05parce qu'elle attend
01:06:06toujours des nouvelles
01:06:07et on n'a pas donné.
01:06:08Je vais faire
01:06:09à tout le monde.
01:06:11Bon,
01:06:11du coup,
01:06:12ça y est,
01:06:12c'est arrivé enfin.
01:06:13ça n'a pas changé,
01:06:1518 ans pour elle
01:06:17et 30 ans
01:06:19avec 20 sûretés
01:06:20pour lui.
01:06:24Léa est déçue.
01:06:26Elle se disait
01:06:27peut-être que
01:06:27avec les circonstances,
01:06:29tu sais.
01:06:31Oui,
01:06:32il y a une déception
01:06:33parce qu'on y a cru.
01:06:35On ne pensait vraiment
01:06:35pas que le jury
01:06:36allait
01:06:36ne pas tenir compte
01:06:39de ce que dit
01:06:40l'avocat général.
01:06:41Mais bon.
01:06:43tant qu'il n'y ait pas
01:06:44plus,
01:06:46ça me va.
01:06:47Je suis un peu déçu
01:06:47qu'elle n'en prenne pas moins
01:06:49mais bon,
01:06:49il fallait s'y attendre aussi.
01:06:51Avec les remises de peine,
01:06:52normalement,
01:06:52il ne devrait pas rester
01:06:53trop longtemps à faire.
01:06:54C'est bien.
01:06:55Je trouve que c'est bien.
01:06:56C'est bien,
01:06:56mais c'est normal
01:06:57après ce qui s'est passé.
01:06:58Après ce qu'elle a fait,
01:07:00ils n'allaient pas non plus
01:07:00ils n'allaient pas lui dire
01:07:01tu vas sortir un libre ce soir.
01:07:04Même si c'est ma propre mère,
01:07:06même si je l'aime
01:07:06de tout mon cœur,
01:07:07il faut qu'elle paye
01:07:07pour ce qu'elle a fait.
01:07:08une fois le verdict tombé,
01:07:11je me dis qu'il ne faut pas que je graisse chez moi,
01:07:29à ruminer,
01:07:30à réfléchir.
01:07:31Donc je suis rentrée
01:07:32et le premier truc que j'ai fait,
01:07:34j'ai préparé mon bagage
01:07:35et j'ai parti le lendemain matin,
01:07:38à 7h du matin,
01:07:40j'ai pris mon vélo
01:07:41et je suis partie en voyage,
01:07:44à vélo,
01:07:45Tour de France.
01:07:54Le fait de pédaler,
01:07:56tout ça,
01:07:57je ne sais pas,
01:07:58ça lance une dynamique.
01:07:59Ce n'est pas un retour en arrière,
01:08:00ce n'est pas une fuite,
01:08:01ce n'est pas...
01:08:01c'est vraiment autre chose.
01:08:05J'ai repris ma vie
01:08:06dès le lendemain
01:08:07pour moi,
01:08:10en occultant
01:08:10l'autre partie négative.
01:08:14Je ne dois pas m'arrêter de vivre pour ça.
01:08:26Quand Sandrine sortira,
01:08:28j'espère qu'elle pourra venir
01:08:30habiter à Brioude
01:08:31avec moi et maman.
01:08:33Est-ce qu'elle va réussir
01:08:35à trouver un travail ?
01:08:37Est-ce qu'elle va réussir
01:08:38à faire plein de choses ?
01:08:41Non, mais c'est angoissant,
01:08:42mais en même temps,
01:08:43elle sait qu'elle sera bien accompagnée aussi.
01:08:46Donc, c'est ce qui la rassure.
01:08:47Et puis, elle sait que moi,
01:08:48je pourrais l'aider
01:08:49dans sa réinsertion.
01:08:50c'est pour ça qu'elle veut être
01:08:53sur Brioude, en fait.
01:08:54Une ville magnifique,
01:08:56entourée de montagnes,
01:08:58avec un bon air.
01:09:01Donc, je pense que ça lui sera bénéfique.
01:09:06Elle respira à plein poumon
01:09:07et enfin libre.
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