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  • il y a 5 mois
Ces dernières années, trois lois-cadres relatives à la restitution d’œuvres appartenant aux collections publiques ont été discutées. Après la loi sur les spoliations perpétrées entre 1933 et 1945 et celle sur les restes humains, c’est désormais la question des biens issus de la période coloniale qui se trouve au cœur des débats.

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00:003 lois cadres relatives aux restitutions d'oeuvres d'art appartenant des collections publiques ont
00:08été discutées ces dernières années après la loi sur les spoliations puis celle sur les restes
00:13humains c'est désormais la question des biens issus de la période coloniale qui est au coeur
00:19des débats pour en parler nous recevons Léopold Vassy qui est juriste spécialisé en droit du
00:23marché de l'art merci beaucoup d'être avec nous. Bonjour Sybille je vous en prie. Donc cet été un
00:28projet de loi a été déposé par le gouvernement avant de revenir sur tout son contenu pourquoi
00:35est-ce qu'il y a besoin de lois cadres pour permettre à des oeuvres d'art qui sont dans des collections
00:41publiques d'en sortir mais d'en sortir tout simplement parce qu'en fait l'état n'est pas un
00:48collectionneur ordinaire si vous voulez il investit d'une mission qui est celle de la préservation de
00:53son patrimoine et donc lorsque une oeuvre rentre dans les collections publiques elle devient auréolée
01:00du principe d'inaliénabilité donc en fait ce principe pour faire simple une fois que le bien
01:08rentre dans les collections publiques il ne peut en ressortir il est jamais c'est ça en principe il est
01:13figé dans le marbre des collections publiques et donc une question qui vient naturellement c'est
01:19comment envisager une rétrocession c'est à dire la sortie des collections publiques quand la loi en
01:25prohibe l'acte oui et donc jusqu'à présent là donc on parle de loi cadres jusqu'à présent quand ça a été
01:30le cas justement pour dans des cas de spoliation pendant la période nazie de restes humains
01:37sera aujourd'hui on va plus parler de de d'oeuvres qui ont été sollicités de manière illicite pendant
01:45les périodes coloniales comment est ce qu'on jusqu'à présent il n'y avait pas de loi cadres comment
01:51est ce qu'on pouvait en les sortir alors il ya différentes alternatives mais toutes ces alternatives
01:56en fait n'apportent pas une solution concrète alors je vais pas tout vous détailler mais par exemple on
02:02peut procéder à des contournements juridiques par des deux trois petits bidouillages et ce qui s'est passé
02:06en 2011 avec des manuscrits de la dynastie de chaussonne en fait ici si vous voulez les
02:13manuscrits ont été il y a eu un retour qui a été permis grâce à un prêt advita aeternam c'est à
02:20dire un prêt renouvelable indéfiniment alors que l'essence d'un prêt c'est d'être limité dans le temps
02:25donc si vous voulez ici on organise le transfert physique matériel du bien en laissant en suspens la
02:30question juridique celle de du transfert de propriété d'accord et puis après ce que vous avez mentionné on
02:36peut aussi citer ça c'est les lois d'espèces mais là c'est problématique parce qu'en fait si vous
02:41voulez on se retrouve à devoir faire une loi spécifique donc circonscrite à un cas précis pour
02:48chaque dossier oui c'est très prestidieux devoir faire une loi à chaque fois pour un tel tel objet pour
02:54pouvoir le sortir spécifiquement d'une collection publique c'est ça exactement en fait déjà il ya le
02:58mécanisme de la navette parlementaire qui est chronophage qui en plus de ça c'est pas une réponse qui est
03:03viable sur le long terme c'est pas une réponse efficace on agit de manière saccadée par à coups
03:07et là cette restitution de biens coloniaux bon les termes ne sont pas tout à fait exacts ils n'utilisent
03:11pas ces terminologies mais dans quel cadre ça se ça s'est développé donc c'est depuis 2017 c'est ça
03:18qu'on en parle et donc là c'est seulement maintenant qu'un projet de loi qui a vraiment été mis en place
03:23en fait 2017 on retient à date de 2017 parce qu'il ya eu le fameux discours d'emmanuel macron à
03:28ouagadougou qui a en fait été un peu le point d'ancrage de cette politique forte en faveur des restitutions
03:36donc pour mener à bien cette politique en faveur des restitutions il a été envisagé un dispositif
03:43général qui est constitué de trois lois cadres alors il ya eu les deux premières qui ont été adoptés en 2023
03:48celle sur l'espoliation antisémite celle sur les restes humains appartenant aux collections publiques
03:53et puis à cette dernière loi 4 qui n'est toujours pas qui est un peu en retard tout simplement parce
04:00qu'en fait le projet de loi s'est heurté un avis négatif du conseil d'état en 2024 si vous voulez en
04:06fait pour déroger pour faire sauter le verrou de l'inaliénabilité il faut que le texte invoque un
04:13motif impérieux c'est à dire un motif d'intérêt général qui soit suffisamment fort pour que
04:18la dérogation au principe d'inaliénabilité ne soit pas disproportionnée qu'il n'y ait pas une atteinte
04:23disproportionnée à la propriété des collections publiques ce qui faisait des fois en 2024 et là
04:28en revanche le conseil d'état a émis un évit positif cette fois ci courant juillet le conseil des
04:35ministres a étudié le texte le 30 juillet de mémoire et maintenant il doit être débattu au
04:40parlement avec une première séance publique au sénat le 24 septembre j'imagine aussi des un contexte
04:45politique parce qu'ils n'utilisent pas le terme bien coloniaux comment est ce qui décrivent ces
04:50biens là en particulier alors il faut répondre à une sorte de cahier des charges caractéristiques
04:55spécifiques en effet bon alors déjà le texte vise en priorité les pays africains mais il faut savoir
05:02qu'il a une portée géographique qui est universelle ensuite que contient le texte en fait il vient comment
05:10expliquer ça il vient faciliter le processus restitutif en permettant de déroger fait on
05:20insère dans le code du patrimoine une dérogation principe d'inaliénabilité lorsque un bien a été
05:26approprié illicitement entre 10 juin 1810 et le 23 avril 1972 voilà d'accord donc c'est des dates enfin c'est
05:37délimité historiquement exactement alors bon du coup il ya deux questions qui viennent la première
05:42c'est qu'est ce qu'une appropriation illicite donc le texte précise c'est le fait de d'avoir une
05:49acquisition qui s'est faite par le vol par le pillage ou une cession ou une libéralité donc
05:54c'est à dire un don ou un lègue qui a été obtenu soit par la violence soit par la contrainte soit auprès
06:00d'une personne qui ne peut en disposer donc voilà en fait pour l'explication de ce qui est
06:06l'appropriation illicite et si cela est nécessaire enfin pour pouvoir demander il faudra que l'état
06:13demandeur soit en mesure d'apporter les preuves la preuve documentée de cette appropriation illicite
06:19mais donc pour ce faire c'est grâce à la recherche de provenance qui renseigne l'historique du bien que
06:25qui est véritablement la pierre angulaire en fait des restitutions et j'imagine que ce sera là toute
06:31la difficulté de cette loi 4 sera d'essayer de prouver la provenance d'un objet exactement ça peut être
06:37compliqué et puis aussi la deuxième question j'ai oublié pardon ce bornage chronologique en fait
06:44il ya deux dates charnières 10 juin 1815 en fait si vous voulez c'est le lendemain de la signature de
06:52l'acte final du congrès de vienne dans le fait que le traité a mis fin à un large mouvement de
07:00restitution en europe et de l'autre côté on a cette date de 1972 qui correspond à la veille de
07:06l'entrée aux vigueurs de la convention de l'unesco vous savez qui est relative à la protection du
07:12patrimoine mondial exactement d'accord donc c'est ça qui est moi c'est quand même une large période de temps
07:19est ce qu'il ya déjà des projets en cours des discussions de restitution entre plusieurs pays
07:26alors on a eu déjà la dernière loi des espèces qui est passé récemment qui concerne la restitution à la
07:33côte d'ivoire du tambour parleur qui est un instrument de la commune un instrument sacré de la
07:38communauté achan qui était conservée au musée du quai borlie et puis après on peut imaginer que d'autres
07:45états formulent en effet des demandes on peut penser par exemple je sais pas où mali qui réclame les
07:53pièces du trésor de ségou ou même par exemple l'algérie qui réclame les effets personnels de
07:59l'émir abdelkader donc après tout ça ça doit passer quand même par des commissions scientifiques etc
08:04pour essayer de retracer bien les provenances et que tout ça soit en accord entre les deux pays j'imagine
08:10exactement en fait l'état devra le tas demandeurs devra prouver l'origine du bien pour ce faire il
08:18peut y avoir une commission scientifique bilatérale qui va être mise en place donc c'est à dire avec des
08:23historiens des experts français et de l'état demandeurs pour prouver l'origine du bien parce
08:28qu'il faut savoir que le texte précise que seuls les états dont le territoire est celui de l'origine du
08:36bien peuvent réclamer un bien oui ça semble logique tout à fait mais la restitution ne pourra se faire
08:44qu'auprès de ces états en tout cas oui bien sûr et donc là qu'est ce que quel est le programme pour
08:51l'avancée de cette loi donc là c'est le projet de loi a été réalisé il ya un calendrier alors le texte
09:00va être débattu au parlement le 24 septembre de mémoire mais donc voilà il vise à faciliter en fait le
09:08processus restitutif on aura plus besoin de passer par le par le processus législatif en fait un
09:15simple simple entre guillemets décret du conseil d'état permettra d'acter la restitution d'accord
09:20donc on attend la fin septembre pour voir comment cela va être confirmé merci beaucoup
09:27et pour toutes ces précisions je rappelle que vous êtes spécialisé en droit du marché de l'art et
09:31merci à vous toutes et tous de nous avoir suivi c'était arrêt marché
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