00:00La French Tech, ce matin avec nous, c'est Franck Zal. Bonjour, vous êtes le cofondateur des Marina,
00:06vous êtes docteur en biologie marine, ancien chercheur au CNRS.
00:09Votre biotech, elle exploite les propriétés du sang d'un ver marin pour révolutionner la médecine,
00:15notamment dans les cas de greffe, d'infarctus.
00:17Aujourd'hui, vous allez nous expliquer comment ça marche, vous menacez de quitter la France,
00:22ce qui nous fait quand même très mal au cœur ce matin.
00:24Donc un, qu'est-ce que vous avez fait, qu'est-ce que vous avez inventé comme solution et deux, pourquoi vous voulez nous quitter ?
00:29Alors, en fait, Marina, c'est une société de biotechnologie marine, en fait,
00:32qui a trouvé chez un ver marin l'ancêtre de nos globules rouges.
00:35Ici, sur ce plateau, vous avez tous du sang, et nous, on a trouvé une molécule qui peut remplacer votre sang.
00:40Donc la différence entre ce ver et vous, c'est que vous, vous avez un typage sanguin comme moi,
00:43et lui, non, c'est une hémoglobine universelle.
00:46Donc on a trouvé une plateforme technologique révolutionnaire,
00:49qui ne répond pas notamment uniquement au domaine de l'hématologie,
00:51mais c'est l'ophtalmologie, l'oncologie, la transplantation, la cicatrisation, etc.
00:55Et aujourd'hui, en fait, c'est tellement innovant qu'on ne rentre pas dans des règles.
01:01Et aujourd'hui, en fait, le problème, c'est la réglementation.
01:03On ne se donne pas des patients du XXIe siècle avec des dogmes du XXe siècle.
01:06Et on voit ce qui se passe, par exemple, aux États-Unis, avec Copenhague, etc.
01:10Ce que j'ai vu ce matin, c'est que quand vous allez là-bas, en fait, tout est ouvert.
01:13Tout est ouvert et on réglemente après.
01:15Aujourd'hui, c'est vraiment une problématique.
01:17C'est-à-dire que ces dogmes, en fait, qui sont vraiment d'un autre temps, ne sont pas adaptés du tout.
01:22Mais qu'est-ce qu'on vous empêche de faire ? On vous empêche de vous développer ?
01:25Alors, aujourd'hui, ce n'est pas une question de science, puisque la science est validée.
01:28Il y a plus de 200 articles scientifiques, en fait, qui montrent l'efficacité du produit.
01:31Ce n'est pas la médecine, puisque les patients sont là et les médecins attendent.
01:34C'est les dogmes réglementaires.
01:36C'est quoi la réglementation ?
01:38C'est un outil de souveraineté nationale.
01:40Ça permet, en fait, d'avoir, de donner accès au marché.
01:43Et en fait, la France n'a pas compris.
01:45Elle utilise la réglementation comme des blocages administratifs.
01:48Juste un exemple, 400 000 normes en France, 38 000 normes en Allemagne.
01:54Donc, on a quasiment 372 000 normes qui ne servent à rien.
01:58Quand vous discutez avec des élus ou des politiques, vous leur dites, écoutez, faites le ménage.
02:03Et ils disent, oui, c'est compliqué.
02:04Non, restons pragmatiques et essayons, en fait, de réglementer
02:08pour que les patients puissent avoir accès à cette technologie.
02:12Et vous, là, dans votre cas concret, c'est quelle norme en particulier qui a bloqué ?
02:16Alors, vous allez en entendre parler encore dans les prochains mois.
02:19C'est les normes des dispositifs médicaux.
02:21C'est des normes qui ont changé, moi, cinq fois depuis 18 ans, en fait.
02:24Et à chaque fois, ce n'est pas des dossiers de deux ou trois pages.
02:27C'est des dossiers de 40 000 pages qu'il faut changer.
02:30Là, vous allez entendre parler de la réglementation sur le MDR,
02:32de la nouvelle réglementation sur les dispositifs médicaux.
02:35Tout doit être repensé, tout doit être refait.
02:37Et d'ailleurs, en fait, il y a un député qui s'appelle Laurent Castillo
02:40qui est en train de monter au créneau pour essayer de changer cette réglementation
02:43et simplifier l'axiopatient.
02:44Parce que ce qui est terrible, c'est ce que vous disiez d'ailleurs,
02:46c'est que la technologie, elle fonctionne aujourd'hui.
02:48C'est-à-dire qu'elle a déjà été testée sur des patients.
02:50Je crois qu'il y a un patient en 2023 qui était brûlé à 85% de son corps.
02:54Et votre technologie, votre sang à partir de verre marin,
02:58a permis de le réparer d'une certaine manière.
02:59Oui, tout à fait.
03:00Alors, on parle de sang, mais en fait, ce qu'on parle, c'est l'oxygène.
03:04Arrêtez de respirer dans le studio, vous allez tomber par terre.
03:06En fait, nous, on a trouvé une technologie qui permet de délivrer de l'oxygène
03:09à des cellules, à des organes, à un organisme dans sa totalité.
03:12Donc, c'est pour ça que c'est une plateforme technologique
03:14qui répond à des problématiques dans la transplantation d'organes,
03:17dans la cicatrisation.
03:18Le cas, vous présentez, c'était un patient qui avait été brûlé à 85%.
03:22Tout le monde disait qu'on ne pouvait pas le sauver.
03:24Il est sorti sur ses deux jambes au bout de trois mois
03:26avec de la peau néo-synthétisée.
03:28Ce n'est pas de la science-fiction.
03:30Le patient est là, il s'est même marié l'année dernière.
03:32Donc, en fait, on arrive à faire toutes ces innovations,
03:35tous ces développements industriels,
03:38sauf qu'il y a des blocages administratives.
03:39Vous dites « j'étouffe » ici.
03:40Vous avez 130 emplois en Bretagne.
03:42Vous pensez concrètement à quoi ?
03:44J'étouffe, oui, j'étouffe.
03:45C'est-à-dire que moi, je veux rester en France.
03:47Alors, il paraît qu'il ne faut pas parler de souveraineté.
03:49Moi, je parle de souveraineté nationale.
03:52On en parle à Sénégalement.
03:52Moi, j'aime bien la souveraineté.
03:54J'aime bien, je suis français.
03:55J'ai développé ça.
03:56Vous savez, moi, je suis un pur produit de l'ascenseur social.
03:59Mes parents, c'était des ouvriers.
04:00J'ai eu une bourse.
04:01Vous l'avez payée, vos parents ont payé mes études.
04:03Et donc, je suis arrivé là.
04:05J'ai trouvé cette innovation.
04:06Maintenant, je voudrais la délivrer pour mon pays.
04:08Et donc, pourquoi je dis que je...
04:09Parce que je fais le tour du monde.
04:10Je fais le tour du monde plusieurs fois par an.
04:12Et je vois ce qui se passe en Inde, aux Etats-Unis, au Moyen-Orient.
04:15Mais tout va très, très vite.
04:17Et aujourd'hui, quand on revient à Roissy,
04:19on a comme les deux pieds dans la boue et on a envie d'y retourner.
04:22Donc, aujourd'hui, c'est ça que j'ai envie de dénoncer.
04:25Et aujourd'hui, moi, je ne suis pas un révolutionnaire.
04:27Je veux juste sauver des vies.
04:29Et ce que j'ai montré, c'est que la mère soigne aujourd'hui.
04:32Si vous l'avez fait sur un patient en 2023, c'était quoi ?
04:35C'était un volontaire ?
04:35Parce que pourquoi est-ce que ce n'est pas possible sur d'autres patients ?
04:37Non, non, non.
04:38C'est qu'en fait, tout ça, c'est encore dans des réglementations assez difficiles.
04:41C'est-à-dire que c'est du compassionnel.
04:43Donc, vous avez une personne qui va mourir.
04:45Donc, le médecin sait qu'on a une technologie qui peut le sauver.
04:48Il va demander des autorisations particulières à la NSM,
04:51l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament,
04:53qui va donner des autorisations au cas par cas.
04:55C'est des dérogations, quoi.
04:56C'est des dérogations.
04:57Et qui dit, je vais faire un test sur lui,
04:59et puis on verra bien, il est d'accord, quoi.
05:01En fait, c'est quasiment la mort.
05:03C'est-à-dire que si on ne l'utilise pas, ou l'amputation.
05:05Là, par exemple, on vient de sauver une personne
05:07qui devait être doublement amputée des deux jambes.
05:10Donc, c'était un cas extrême.
05:12Et donc, la personne est repartie avec ses deux jambes.
05:14On a complètement cicatrisé ses plaies.
05:16Vous faites un appel à qui, aujourd'hui ?
05:18Alors, moi, je fais un appel au plus haut responsable, en fait, de l'État français.
05:22C'est vrai, notamment, le président de la République.
05:23Donc, le président de la République, qui s'appelle Emmanuel Macron,
05:26est au courant de tout ce que l'on a découvert.
05:29J'ai écrit un livre qui s'appelle Un trésor sur le sable.
05:31Je lui ai donné.
05:32J'ai discuté récemment avec le conseiller de santé du président de la République.
05:35Tout ça, c'est connu au plus haut niveau de l'État.
05:37Et donc, aujourd'hui, ça serait vraiment dommage qu'on parte.
05:40Et ce n'est pas une menace pour une menace.
05:41Vous savez, moi, j'aimerais bien...
05:43Je suis breton de cœur.
05:44Et donc, j'ai tout développé en Bretagne.
05:46Je suis même à Morlaix.
05:47J'aimerais bien développer tout ça sur le territoire breton.
05:50Mais aujourd'hui, ce n'est quasiment pas possible
05:52avec toutes ces réglementations qui se superposent.
05:54Et j'entends sur ce plateau plusieurs fois par semaine
05:57des personnes qui se plaignent de cette réglementation.
05:59Je ne suis pas le seul.
06:00Merci beaucoup, Franck Zal, d'être venu ce matin
06:02sur le plateau de Good Morning Business.
06:03On croise nos doigts de pied, nos doigts de main,
06:06pour que vous soyez entendus.
06:08Écoutez, et bien sûr, venez discuter avec nous
06:11dans la matinale de Good Morning Business
06:12de vos problématiques de chef d'entreprise.
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