00:00Il y avait celles qui mourraient, il y avait celles qui finissaient à l'hôpital et qui ont connu les interrogatoires, les regards inquisiteurs.
00:07Ma mère, je suis l'une de ces jeunes filles.
00:10Ces jeunes filles sur lesquelles reposait le péché, la faute, la honte, la terreur.
00:14Son avortement est celui de ces milliers d'avortements clandestins,
00:18de ces avortements qui se passent mal, qui obligent à venir à l'hôpital en espérant en urgence être accueillis avec humanité.
00:25De ces avortements clandestins qu'on vous fait payer parce qu'il fallait en plus faire souffrir ces jeunes filles.
00:30De ces avortements qui se finissaient avec des cure-tâches sans anesthésie, de ces avortements qui laissent des traces indélébiles.
00:37Il y avait celles qui ne pouvaient plus jamais devenir mère parce qu'il fallait bien expier la faute et qu'il y ait des conséquences.
00:43Il y avait celles qui étaient condamnées,
00:45ménagères, secrétaires d'actilos, vendeuses, institutrices, laborantines, ouvrières, étudiantes.
00:50Ces femmes décrites par Gisèle Halimi dans sa plaidoirie de 1972.
00:54Je la cite, c'est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement,
01:00cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée.
01:04Et il y avait celles et ceux qui les ont aidées,
01:06les médecins et les infirmières clandestins, les militantes, les mères, les soeurs, les filles et ceux qui ont tendu la main.
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