00:00Arnaud Dubois, cofondateur de Matisse, une plateforme d'investissement et d'acquisition
00:08d'oeuvres d'art régulée par l'AMF et notre invité, Matisse est déjà venu en plateau
00:13nous présenter le fonctionnement des clubs d'îles, cependant votre entreprise a aussi
00:16une orientation B2B avec pour mission d'augmenter la trésorerie des galeries notamment, merci
00:21beaucoup d'être avec nous.
00:22Merci Sybille de votre invitation.
00:24Arnaud Dubois, est-ce que vous pouvez nous dire quel est le besoin fondamental auquel
00:28vous avez répondu à la création de Matisse ?
00:31C'est un double besoin, je crois d'abord qu'il y avait une envie, en tout cas c'est
00:36ce qu'on a repéré, un besoin de diversification et un besoin d'institutionnaliser le marché
00:42sur un marché qui est plutôt opaque et qui manque de régulation.
00:46Nous on est plutôt convaincus de l'inverse, c'est qu'un marché qui est régulé est
00:50un marché en croissance, un marché transparent est un marché en croissance.
00:54Donc à travers de la croissance et de la régulation, on a répondu à un des premiers
00:58besoins qui est de diversifier le patrimoine des clients qui ont envie d'investir sur
01:03une autre classe d'actifs.
01:04Et puis également, et ça on s'en est rendu compte assez vite, c'est que les professionnels
01:09du marché de l'art ont accès à une trésorerie difficilement autre que la leur, que leur
01:15propre trésorerie.
01:16J'aime bien dire que les galeristes et les marchands d'art sont souvent les gestionnaires
01:21de leur propre patrimoine parce que tout simplement ils ont peu accès à la dette.
01:25Et à travers les oeuvres qui sont achetées, ce sont des oeuvres qui sont confiées à
01:28des professionnels du marché de l'art, à des galeristes, à des marchands.
01:31Et c'est autant d'oeuvres qui n'ont pas sourcé, c'est autant d'oeuvres qui n'ont pas acheté,
01:35sur lesquelles ils n'ont pas immobilisé de trésorerie, sur lesquelles ils n'ont pas
01:38immobilisé ni pris de risque.
01:41Et donc c'est des millions d'euros qui leur sont confiés pour vente et pour partager les
01:49marges avec nos investisseurs.
01:50Jusqu'à présent, le fonctionnement d'une galerie, on va dire une simple galerie normale,
01:56c'est de fonctionner sur ses fonds propres, acheter une oeuvre d'art, puis après la mettre
02:00en avant, la valoriser et la revendre.
02:02Alors vous avez deux structures principales sur les galeries d'art, on fait souvent différence
02:07entre les galeristes et les marchands et à haut niveau ça se rassemble, mais le galeriste
02:11a plutôt tendance à travailler avec des artistes souvent vivants, des ateliers d'artistes
02:16ou des successions et récupérer des pièces en dépôt.
02:18Donc une consignation, on appelle ça une consignation, c'est autant d'argent qu'ils ne décaissent
02:22pas pour acheter la pièce et vendre l'oeuvre.
02:26Donc ces galeristes ont des frais qui sont très conséquents mais pas ou peu sur l'acquisition
02:32des oeuvres et donc sur l'immobilisation financière.
02:34À un certain niveau, ces artistes qui évoluent sur un échec international, les galeristes
02:40ont vendu des pièces à des clients qui ont revendu eux-mêmes leurs oeuvres et si ce
02:46n'est pas racheté par la galerie, ça rentre dans un second marché.
02:48Et là c'est le marché des commissaires-priseurs et le marché des marchands d'art.
02:53Et le marchand d'art qui ne travaille pas avec des artistes directement va immobiliser
03:01sa propre trésorerie pour acheter des pièces et ensuite en faire la promotion, la valorisation.
03:07Il va essayer de battre le marché à l'acquisition, acheter dans les meilleures conditions possibles
03:11et revendre les pièces dans les meilleures conditions possibles.
03:14Et donc là vous vous intervenez entre investisseurs particuliers et galeristes, donc vous êtes
03:20un peu entre le B2B et le B2C ou le B2C.
03:24Oui, on a à peu près convaincu qu'un marché, en tout cas de notre société si on la veut
03:29pérenne, il faut qu'elle serve tous les partis.
03:32C'est-à-dire qu'institutionnaliser l'investissement dans le marché de l'art c'est une chose mais
03:36les pièces il faut les revendre et la meilleure façon de les revendre c'est de les confier
03:40à des professionnels dont eux sont spécialistes dans le marché de ces artistes-là et n'ont
03:46pas nécessairement envie ou tout simplement les capacités d'immobilisation financière
03:52que sont les nôtres.
03:53En tout cas par l'intermédiaire de nos clients, notre marché en tout cas en B2C, ce sont
03:59des investisseurs européens.
04:02On parle de milliards de milliards de trésorerie chez les particuliers.
04:06Les professionnels du marché de l'art, et on se concentre sur à peu près 150 des plus
04:11grands artistes dans le monde, vous prenez l'exemple de Soulages, un beau tableau c'est
04:162 millions.
04:17Vous voulez faire une expo Soulages il faut 10 tableaux, il faut vous y décaisser 20
04:21millions.
04:22Donc il faut les sourcer et il faut immobiliser cet argent.
04:26Aujourd'hui la trésorerie dormante vaut cher et beaucoup de professionnels du marché
04:33de l'art n'ont ni les moyens ni l'envie d'immobiliser autant d'argent.
04:37Ils n'ont pas les moyens aussi parce que se tourner vers des professionnels, les banques
04:42tout simplement, c'est une difficulté pour eux.
04:44Je ne vais pas mettre à dos mes amis banquiers mais le premier travail qui est le nôtre
04:50c'est la valorisation de l'actif.
04:51Il me semble que les banquiers sont peu ou pas suffisamment enclin à valoriser l'actif
04:58et être capable de dire tiens effectivement votre tableau de Picasso à 5 millions, on
05:02vous le propose à deux, je vais vous prêter deux parce que j'ai une croyance dans le
05:09fait que vous allez revendre cette pièce dans des bonnes conditions.
05:12Voyez ce niveau de risque que le banquier n'est pas capable de prendre.
05:16Alors il le prend sur des mobiliers parce qu'il sait comment ça fonctionne, il le
05:19fait sur des placements financiers parce qu'il sait comment ça fonctionne mais il
05:22ne le fait pas sur d'autres classes d'actifs ou pas suffisamment et sur le marché de l'art
05:27il le fait peu.
05:28Je vais vous donner un chiffre qui va peut-être vous surprendre mais il y a moins de 1% d'aide
05:31dans le marché de l'art mondial.
05:32C'est-à-dire que les professionnels du marché de l'art avec les particuliers payent
05:37cash leur tableau.
05:38La vocation qui est la nôtre est d'industrialiser le marché en le liquéfiant, en apportant
05:44de la trésorerie pour pouvoir acheter plus de pièces et valoriser davantage les oeuvres.
05:50Vous prenez ce risque mais vous avez quand même deux problématiques qui est déjà
05:53de trouver, attirer les investisseurs et puis aussi trouver des oeuvres qui sont peut-être
05:59sous-évaluées.
06:00Alors effectivement c'est les deux problématiques qui sont les nôtres.
06:03Rencontrer d'un côté c'est de la collecte en fait, tout simplement de la collecte financière.
06:07Et là vous ne trouvez pas de difficultés particulières ?
06:10Dans le développement de notre société actuelle, on a eu l'agrément AMF en novembre,
06:16on collecte un peu plus d'un million d'euros par semaine, on va faire un peu plus de 40
06:20millions de collecte à l'année.
06:21Bon pour une première année ça ne sera pas si mal.
06:23Alors évidemment qu'on a envie d'ouvrir des comptes qui sont plus grands, on a fait
06:28une levée de fonds pour pouvoir se passeporter et ouvrir des bureaux à Milan, pour ouvrir
06:35des bureaux à Genève.
06:36On va travailler également à Bruxelles prochainement, donc on va s'ouvrir, on va s'internationaliser.
06:42Au business plan si on a entre 35 et 40 millions pour cette année, on va en avoir 100 pour
06:48l'année prochaine et 300 la troisième année.
06:51Donc évidemment que la collecte doit suivre, mais il faut trouver les pièces et trouver
06:55les pièces...
06:56C'est la partie valorisation ?
06:57Oui c'est la partie valorisation.
06:58Alors je vois bien les écueils qui peuvent être les nôtres, pour le moment on ne les
07:05rencontre pas sur 50 millions, sur 100 millions, sur 200 millions d'euros.
07:09Il n'y a pas beaucoup de problématiques, n'oublions pas qu'il y a plus de 1400 milliards
07:12d'actifs d'oeuvres d'art détenus chez les particuliers, donc des oeuvres il y en a.
07:17On a connu un marché de l'art extrêmement croissant ces dernières années, donc il
07:21y a des clients qui vont avoir envie de revendre leurs pièces dans de très bonnes conditions,
07:25suffisamment bonnes pour eux et suffisamment bonnes pour nous pour être capables, à travers
07:30les moyens financiers conséquents et notre capacité à payer rapidement, de pouvoir
07:35les capter sur un marché de l'art mondial et ensuite les distribuer par l'intermédiaire
07:40des plus grands professionnels dans le monde.
07:42Et vous, vous travaillez là avec tout type, toute taille de galeries ? Ou on peut s'imaginer
07:47que c'est forcément avec des petites galeries que vous allez travailler ?
07:49Alors ça c'est une très bonne question.
07:52Curieusement, lorsqu'on a commencé à travailler, on ne pensait pas travailler d'aussi près
07:57avec les plus grandes galeries du monde.
07:59Alors évidemment, travailler et acheter des pièces à 2 millions, 3 millions, 4 millions
08:02d'euros nous amène à rencontrer nécessairement des très grosses galeries, mais on aurait
08:08pu se dire spontanément, mais la réalité est plutôt contre-intuitive, on s'était
08:14dit que ces grosses galeries, en somme, n'ont pas besoin de nous pour pouvoir pallier à
08:21la problématique de 13h, pour faire très simple.
08:23Sauf qu'on a des capacités de sourcing qui sont hors du commun et on a une capacité
08:28à décaisser qui est rapide.
08:30Alors ça nous met en position de force pour pouvoir appréhender le marché dans très
08:35bonnes conditions.
08:36Pour répondre à votre question Sybille, on travaille avec les plus grandes galeries
08:39du monde et on peut travailler avec des galeries qui sont plus locales.
08:43Vous achetez un tableau de Fontana, autant vous pourrez le vendre à travers les plus
08:47grandes galeries du monde à l'international, mais vous pourrez tout à fait le vendre dans
08:50une galerie plus modeste, on va dire, de taille plus raisonnable, plus humaine, plus spécialisée.
08:57Et nous restent vraiment quelques secondes, est-ce que vous pouvez nous donner un exemple
09:01d'une opération qui s'est déroulée ? Je crois que la première a été publique.
09:04Oui, on peut vous en donner.
09:06On a procédé à plus de 26 acquisitions à ce jour depuis novembre de l'année dernière.
09:13Ça fait à peine quelques mois, les premières oeuvres ont déjà été débouclées, on parle
09:17de trois sessions déjà.
09:18La première, je crois que c'était une pièce de Lalanne, on peut en parler parce que c'était
09:22publique et on a obtenu pour nos clients un TRI net de CARI, ce qui vient directement
09:29dans la poche net d'impôt pour le net de frais pour l'investisseur, et c'était un
09:34montant de 42% sur une oeuvre achetée à un petit peu plus de 500 000 euros.
09:38Merci beaucoup Arnaud Dumois, je rappelle que vous êtes co-fondateur de Matisse, une
09:42plateforme d'investissement et d'acquisition d'oeuvres d'art régulée par l'AMF.
09:46Et quant à nous, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau numéro d'Art et Marché.
09:50Merci beaucoup Sibylle.
09:52Au revoir.
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