Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 ans
Avec Roger Chudeau, député RN du Loir-et-Cher, auteur d’une proposition de loi visant à instituer dans les écoles et collèges publics le port d’une tenue uniforme aux couleurs de l’établissement scolaire et Mathieu Slama, Essayiste, Auteur “Adieu la liberté” aux Éditions Presses de la Cité

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75yzts
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

Nous suivre sur les réseaux sociaux

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos Parlons vrai chez Bourdin : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQkzX4JBcyhPDl9yzBynYbV

##PARLONS_VRAI_CHEZ_BOURDIN-2023-09-05##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 - Il est 9h32, nous allons parler de l'uniforme ou d'une tenue unique à l'école.
00:07 Tout de suite, avant de donner la parole à mes deux invités, tout de suite Michel qui est au Vigan, dans le Gard.
00:12 Michel, ça va mieux ? Le téléphone est meilleur ? - Oui ça va.
00:15 - Alors, quelle est votre position Michel ?
00:18 - Écoutez, moi je ne suis pas spécialement un grand fan d'uniformes,
00:25 mais bon, ceci étant dit, je voulais quand même intervenir parce que je pense que c'est important quoi,
00:31 c'est effectivement, comme nous avons des personnes de partis politiques qui préfèrent défendre un certain obscurantisme islamiste
00:43 en défendant la Baïa et tout ça, comme notre ami monsieur Mélenchon ou monsieur Bonparo,
00:50 donc en fait, au lieu de défendre les femmes iraniennes qui luttent pour ne plus porter le voile islamique,
00:59 je pense que, bon, je voulais juste donner effectivement un argument qui me paraît très important par rapport à ce débat d'uniformes,
01:09 et ce sera un argument pour tous les partis politiques de droite comme de gauche,
01:15 c'est de dire effectivement que, par exemple, dans un régime qu'apprécie particulièrement monsieur Mélenchon,
01:21 le régime cubain, et bien dans ce régime-là, les enfants qui vont à l'école portent tous un uniforme.
01:30 Les petites filles sont en blanc et rouge, et les petits garçons en bleu et blanc.
01:36 - Alors vous, vous êtes favorable à un uniforme ou à une tenue unique plutôt ?
01:40 Le président de la République a parlé de tenue unique hier soir.
01:45 - Moi je pense que, en fait, il y a eu à une certaine époque, quand j'étais au collège, l'obligation de porter une blouse.
01:55 Je pense que, bon, l'uniforme, je pense qu'il conviendrait mieux, surtout par rapport à la situation actuelle,
02:02 par rapport à tous ces problèmes de la licité et compagnie, quoi, qui font, qui fait que,
02:06 il y a une partie de la population qui a du mal à s'intégrer à la société française,
02:11 donc je pense que l'uniforme serait quand même plus...
02:16 - Donc vous êtes favorable à l'uniforme. Bien.
02:18 Eh bien merci Michel. Alors deux invités pour parler du sujet.
02:22 Roger Chudeau, qui est député Rassemblement National du Loire-et-Cher, bonjour.
02:26 - Bonjour monsieur.
02:27 - Merci d'être avec nous. Auteur d'une proposition de loi visant à instituer dans les écoles et collèges publics le port d'une tenue uniforme.
02:34 Pas de l'uniforme, si j'ai bien compris.
02:36 - Non, tenue uniforme aux couleurs de l'établissement.
02:37 - Tenue uniforme aux couleurs de l'établissement scolaire.
02:38 Et puis avec nous Mathieu Slama qui est essayiste, auteur d'Adieu la liberté aux éditions Presse de la Cité.
02:46 Bonjour.
02:47 - Bonjour.
02:47 - Bonjour à tous les deux.
02:48 Roger Chudeau, attention, tenue uniforme.
02:52 Le président de la République parle d'une tenue unique.
02:56 - Oui.
02:57 - Vous êtes d'accord avec lui ?
02:58 - Oui, écoutez, on joue sur les mots.
03:00 - Oui, on joue sur les mots. C'est de la sémantique macronienne typique.
03:02 Je pense que le président de la République ne veut pas prononcer le mot uniforme qui lui paraît...
03:06 - Et vous non plus, vous dites tenue uniforme.
03:07 - Ah bah oui, mais uniforme...
03:09 - C'est pas tout à fait pareil, parlez pas de tenue uniforme.
03:10 - Pas tenue unique, tenue uniforme ça a du sens.
03:12 - Tenue unique, uniforme.
03:13 - On joue sur les mots.
03:14 Le président prend des précautions aux oratoires, parce qu'il a peur de brutaliser je ne sais qui d'ailleurs, ses amis de gauche peut-être.
03:20 Mais enfin bon, c'est la même chose.
03:22 Je veux dire, on parle bien d'une tenue uniforme aux couleurs de l'établissement, pas du tout nationale, comme à Cuba, mais décidée par l'établissement.
03:29 - Pourquoi pas nationale ?
03:30 - Ça pourrait être national.
03:31 L'Assemblée nationale pourrait décider que ce soit une tenue nationale, pourquoi pas.
03:34 Mais pour l'instant, il nous semble plus conforme à l'esprit du temps de laisser chaque établissement définir la nature, la couleur de la tenue.
03:40 - Votre proposition de loi, où en est-elle ?
03:42 - Alors la proposition de loi a été débattue.
03:44 - Elle a été débattue.
03:45 - Elle a été repoussée à six voix près.
03:47 - Oui.
03:48 - Bon, je pense que nous allons remettre ça sur le métier, parce qu'il n'y a pas de raison de s'arrêter.
03:52 - Donc Mathias Lama, pourquoi êtes-vous opposé ?
03:55 - Déjà, je...
03:56 - Allez-y.
03:57 - Moi je trouve assez incroyable la manière dont l'esprit de liberté a déserté notre pays.
04:03 Et la manière dont finalement le débat aujourd'hui par rapport aux jeunes, par rapport à l'école,
04:08 c'est l'interdiction de la baïa, l'uniforme, c'est le SNU, c'est l'autorité, le retour de l'autorité, l'ordre, l'ordre, etc.
04:16 Je trouve ça tout à fait préoccupant, parce que la question d'ailleurs c'est quelle école on veut ?
04:20 Est-ce qu'on veut une école qui embrigade, qui discipline, qui régule, qui contraigne, qui interdise, etc. les enfants et les adolescents ?
04:31 Ou est-ce qu'on veut au contraire une école qui émancipe, qui apprenne l'esprit critique aux enfants,
04:36 qui apprenne aussi la tolérance, la différence, l'esprit de liberté, etc.
04:41 - On peut conjuguer les deux, non ?
04:42 - Oui, mais alors la question c'est contraindre les enfants, notamment dans leur dimension vestimentaire,
04:47 et on le sait notamment chez les adolescents, c'est très important dans la construction de soi,
04:50 dans l'identité de soi-même, la manière dont on se construit, etc.
04:54 Les contraindre là-dessus, c'est premièrement totalement contre-productif, c'est une violence,
04:59 c'est totalement inutile, et puis surtout on revient en arrière, mais de je sais pas combien de décennies,
05:04 et sachant même qu'en France, il n'y a jamais eu d'uniforme, parce qu'il y a eu la blouse,
05:09 mais qui n'était pas du tout dans l'esprit d'uniforme.
05:11 - Il n'y a jamais eu d'uniforme, sauf dans les départements d'Outre-mer.
05:14 - Et si je peux finir juste, je trouve très intéressant, très très intéressant,
05:18 que ce soit une idée qui vienne du Rassemblement National, de l'extrême droite,
05:21 il y a depuis plusieurs années l'extrême droite défend cette idée-là,
05:25 depuis qu'est-ce qu'on voit, la droite avec Éric Ciotti notamment, le défend,
05:29 et certains macronistes maintenant le défendent,
05:31 ça nous dit quand même quelque chose sur la manière aussi dont certaines idées qui viennent de l'extrême droite
05:35 sont en train de, comment dire, de venir contaminer en quelque sorte tout le pays,
05:41 et on se met à débattre d'idées qui viennent de l'extrême droite,
05:44 et qui sont en train de prendre de l'ampleur dans le pays,
05:47 et je trouve que c'est tout à fait inquiétant, et en même temps très révélateur.
05:50 - Nous ne contaminons personne, nous ne sommes pas de maladie, nous sommes des élus du peuple, contrairement à vous.
05:53 - 88 députés, élus par 12 millions de français, vous ne pouvez pas parler de contamination, c'est tout à fait déplacé.
05:59 - Pas des idées, hein ?
06:00 - Oui, bien sûr, mais même, le terme en soi est assez injurieux.
06:05 Bon, revenons-en à l'essentiel. L'école, quelle école voulons-nous ?
06:08 Nous, nous voulons que nous revenions au principe de l'école républicaine,
06:13 tel que l'a voulu Jules Ferry, avant lui Condorcet, etc.
06:16 Mais Jules Ferry, c'est-à-dire, nous ne connaissons pas d'adolescent ni d'enfant,
06:20 nous connaissons des élèves. Nous souhaitons que, lorsqu'un adolescent entre dans son école,
06:27 il change de qualité, il laisse à l'extérieur son appartenance communautaire, si c'est le cas,
06:33 son appartenance sociale, ses marqueurs sociaux, et il entre dans ce temple dont Jean Zay disait,
06:40 ce temple, ce sanctuaire où les querelles des hommes ne doivent pas rentrer,
06:43 c'est-à-dire l'école de la République.
06:45 L'ambition de l'école publique, c'est de faire des citoyens éclairés, pas du tout de les discipliner
06:50 et d'en faire des petits soldats, n'est-ce pas ?
06:52 Quoique, être soldat n'est pas injurieux à mes yeux, mais c'est pas le sujet.
06:55 Non, l'école de la République n'a plus une ambition, c'est d'émanciper,
06:59 de faire des citoyens français libres, mais capables d'exercer leur libre arbitre.
07:03 C'est à ça que nous voulons revenir. Et actuellement, notre école et le principe de laïcité
07:08 sont attaqués directement, frontalement, politiquement, monsieur Slama, par l'islamisme militant.
07:13 Vous le savez, ici... - Ça y est, le point islamiste.
07:15 - Non mais bien sûr, l'islamisme militant, ça existe.
07:17 Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le président de la République qui a parlé de séparatisme,
07:20 ça n'est pas le RN. Ce sont les services de renseignement intérieur qui nous disent que
07:23 l'affaire des abaya est pilotée par les frères musulmans.
07:26 Tout le monde le sait, vous ne voulez pas le dire.
07:28 - Donc les jeunes filles qui portent l'abaya sont pilotées par les frères musulmans ?
07:30 - Largement, largement. - Vous en connaissez ? Vous connaissez des jeunes filles ?
07:33 Vous avez parlé à des jeunes élèves ? - Non, non, je lis les rapports du renseignement intérieur
07:38 de notre République et je fais confiance dans le discernement des policiers.
07:41 - Aucun rapport nous dit ça ? - Mais bien sûr que si.
07:43 Ils ont été publiés par la presse il y a quelques mois, enfin voyons.
07:45 Donc, nous avons affaire à une offensive contre l'école de la République,
07:48 contre ses valeurs, contre ses fondements même, et nous devons nous défendre.
07:52 Le ministre a décidé d'appliquer enfin la loi de 2004,
07:55 ceux que son prédécesseur ne faisait pas, tant mieux, c'est bien.
07:58 Il était temps que ça arrive, mieux vaut tard que jamais.
08:00 Maintenant, le problème restera entier.
08:03 À la rentrée, il y a eu peu d'incidents, parce que je pense que tout le monde a compris
08:06 que l'État était décidé à se défendre.
08:09 Mais vous aurez toute l'année de la guérilla avec des abayas, c'est sûr,
08:12 et le meilleur moyen de régler le problème, c'est... - Guérilla ?
08:14 - Oui, une guérilla, tout à fait. C'est une guerre asymmétrique.
08:16 - Ça veut dire qu'il y a eu 300 élèves qui ont été... - Non, non, non, mais attendez,
08:19 c'est beaucoup plus que 300, et vous le savez très bien.
08:21 - Vous parlez de guérilla ? - Bien sûr.
08:23 Et donc, il y aura ça toute l'année, et le meilleur moyen d'en sortir,
08:27 c'est de rendre obligatoire le port d'une tenue uniforme aux couleurs de l'établissement,
08:32 c'est la tenue que nous défendions. Moi, j'avais dit "écolier, connégien",
08:35 je pense qu'il faut effectivement inclure les lycées maintenant,
08:37 puisque la situation s'est dégradée.
08:39 - Alors, tenue unique, le président de la République parlait d'un jean, d'un t-shirt, d'une veste...
08:44 Ça vous choque, un jean, un t-shirt, une veste, M. Sama ?
08:48 - Moi, ce qui me choque... - C'est l'uniformité, si je puis dire.
08:50 L'uniformité, c'est pas la tenue en elle-même, c'est l'uniformité des tenues.
08:54 - C'est ça. Bon, la tenue unique est moins, comment dire, contraignante que...
09:00 - Oui. - Voilà, que l'uniforme aux couleurs de l'établissement.
09:05 - C'est la même chose. - Ce qui me choque, c'est plusieurs choses.
09:07 La première chose, en effet, c'est l'uniformisation, l'uniformité.
09:10 Il y a une idéologie derrière, qu'on sait à dire.
09:12 Voilà, il faut gommer les différences, et surtout, il faut faire rentrer les élèves dans un moule,
09:19 il faut les faire rentrer dans un cadre, et ça, je pense que c'est l'inverse de ce qu'il faut faire à l'école,
09:24 et en particulier pour, comme vous l'avez dit, susciter l'esprit critique.
09:30 Bon, premièrement. Deuxièmement, je remarque tout de suite, vous parlez d'islam,
09:33 donc les choses sont très très claires pour le Rassemblement National.
09:36 L'idée, c'est simplement de prendre une mesure contre l'islam, contre les musulmans, etc.
09:42 - Non, je ne vais pas prendre des musulmans. - Parce que c'est vous-même qui en avez parlé, de vous-même,
09:46 alors qu'en réalité, on parle de l'uniforme, donc normalement, on ne devrait pas parler d'islam ou d'islamisme, je ne sais pas quoi.
09:51 - Puisque le ministre, il est maintenant musulman, islam politique, c'est pas de parler.
09:55 - Non, mais on voit très bien, derrière, dans cette rétorique, ce qu'il y a.
09:59 Moi, ce qui me dérange aussi, c'est cette idée que finalement, ça gommerait les inégalités,
10:05 parce que c'est quand même un des arguments. Alors, ce n'est pas un argument que vous avez utilisé,
10:08 - Mais c'est l'un des arguments, oui. - C'est l'un des arguments.
10:10 Comme si, tout d'un coup, grâce à l'uniforme, grâce à cette mesure contraignante,
10:14 les inégalités entre les élèves vont disparaître.
10:17 - Quelle blague ! Quelle plaisanterie ! Absolument pas ! Au contraire, d'abord, les inégalités,
10:22 vous n'allez pas changer les inégalités par une tenue vestimentaire, ça c'est une première chose.
10:26 - Nous n'avons pas dit cela. - Et puis deuxièmement, l'uniforme, par exemple,
10:29 va tout à fait maintenir les inégalités, parce que vous en avez certains qui pourront se payer l'uniforme,
10:33 d'autres moins, sachant qu'on ne peut pas avoir une seule tenue d'uniforme, etc.
10:37 - Non, mais ça, il y a hyper... - Comme en entretien de jeu de boue, etc.
10:39 - Il n'y a pas que ce qu'on a. Il peut y avoir les chaussures, il peut y avoir le dernier téléphone,
10:43 il peut y avoir... - En plus, en plus. - Là, il y a des inégalités.
10:45 - Donc voilà, troisièmement, juste pour finir, un mot, à Provence, vous avez eu une expérimentation d'un an sur...
10:52 - Oui, oui, qui a connu un rattrapement. - Alors, je crois que c'était la tenue unique.
10:54 C'était un mélange entre tenue unique et uniforme. - Oui, c'était pas...
10:56 - Ça a été un échec totalement flagrant. - Parce que ça n'a pas été piloté de manière sérieuse.
10:59 - Ça n'a pas fonctionné, d'abord parce que les élèves n'en voulaient pas, et puis deuxièmement,
11:02 parce qu'on s'est rendu compte que ça ne changeait absolument rien dans les salles de classe.
11:06 - Ce ne sont pas les élèves qui décident. - Non, bien sûr, mais bon, il faut aussi...
11:10 - C'est la communauté éducative et les parents. - Ah, mais c'est aussi important d'écouter les élèves.
11:15 L'école est faite pour eux aussi, donc c'est important d'écouter les élèves.
11:18 - Sur les inégalités, je veux revenir là-dessus. - Vous savez qu'il y a eu des 68 ans depuis,
11:21 donc on n'est plus dans l'époque où les élèves ne doivent se mettre pas et...
11:25 - Évidemment, dépendez de... - Vous parlez des inégalités,
11:27 personne n'a dit dans la proposition de loi, ni aujourd'hui, personne ne dit que les inégalités
11:32 d'un coup de baguette magique disparaîtront. Non, c'est le marqueur social
11:35 qui va disparaître. Nous ne voulons pas que les enfants puissent être distingués
11:39 au sein de l'école quand ils sont des élèves, en fonction de la richesse de leurs parents
11:43 ou de leur attachement à telle ou telle idéologie ou religion.
11:46 Ces choses doivent disparaître devant quoi ? Devant la transmission des savoirs,
11:50 des connaissances et des valeurs que l'école de la République française
11:55 transmet à des jeunes pour en faire des citoyens français. Il n'y a pas à sortir de là.
12:00 Nous voulons faire des citoyens français. Nous ne voulons pas savoir s'ils sont
12:03 de telle ou telle ethnie, ou de telle ou telle confession, ou de telle ou telle condition.
12:08 - Pourquoi vous ramenez-vous à ce sujet ? - Mais si, mais si. Et l'uniforme permettrait
12:11 symboliquement, vous comprenez quand même la portée symbolique de l'uniforme,
12:15 permettrait symboliquement de montrer qu'à l'école, il y a des élèves et pas des enfants
12:22 de tel ou tel groupe social ou culturel. Voilà. - Bien, bien. Il est 9h44,
12:27 je vais redonner la parole à Mathieu Slama dans un instant. Et puis, Claude,
12:32 s'il veut intervenir, il appelle de Perpignan dans les Pyrénées-Orientales.
12:35 9h44, à tout de suite.
12:37 - Sud Radio, parlons vrai chez Bourdin. 9h10, Jean-Jacques Bourdin.
12:43 - Bien, 9h48, uniforme, tenue unique. Vous réagissez évidemment. 0826-303,
12:48 entre vos invités, Roger Chudeau, député Rassemblement National du Loire-et-Cher,
12:52 Mathieu Slama, essayiste, auteur d'Adieu, La liberté aux éditions des presses de la cité.
12:56 Claude est auditeur de Sud Radio. Bonjour, Claude. Très vite, Claude, votre position.
13:03 - Bonjour, Jean-Jacques Bourdin. - Bonjour, mon cher Claude.
13:05 - Je voulais dire que ma position, elle découle du fait que Mathieu Slama,
13:10 il utilise des arguments d'autorité qui sont en carton, en fait. Alors, je voudrais en prendre un.
13:14 Par exemple, quand il dit tout ça, au fond, c'est qu'à l'école, on veut.
13:17 Bon, quand il a dit ça, on a l'impression qu'on a un choix de société.
13:21 Moi, je voudrais simplement rappeler qu'à l'époque, sans doute, les parents de Mathieu Slama,
13:25 dans l'école, tous les grands corps qui ont formé, en fait, les professionnels qui ont fait notre réussite industrielle,
13:31 qui ont reconstruit le pays, eh bien, il y avait des uniformes.
13:34 Les écoles d'ingénieurs, il y avait Polytechnique, les arrêts métiers.
13:37 Les écoles nationales professionnelles qui précédaient les lycées techniques, il y avait des uniformes.
13:42 Et à cette époque-là, l'ascenseur social marchait. Donc, en plus, ça combattait les inégalités.
13:46 Donc, je trouve qu'il est un peu sévère en essayant d'opposer le port d'une tenue identique pour tout le monde
13:53 ou d'un uniforme avec la liberté. Bon, je voulais simplement dire ça.
13:57 - Et moi, personnellement, je suis favorable à ce qu'il y ait une uniformité qui soit d'ailleurs identifiée à l'école ou au lycée ou au collège.
14:08 Je trouve que c'est plutôt bien et que c'est un élément, finalement, de...
14:12 Ça crée après des liens qui restent, les liens d'amitié, les photos où on voit tout.
14:17 Moi, je sais que j'ai porté des uniformes pendant ma formation.
14:20 Et je trouve que, finalement, ça m'a plutôt servi que desservi. Voilà.
14:24 - Bon, merci beaucoup Claude-Mathieu Slamas pour répondre à Claude.
14:27 - Qui est mesuré, hein ! - Oui, absolument !
14:30 Et puis, c'est un vrai débat de toute manière.
14:32 Déjà, comparer l'université à l'école, moi, ça me paraît très compliqué.
14:36 Encore une fois, surtout quand on parle d'université où il y a une formation militaire, etc.
14:41 Donc, ça, je pense que ce n'est pas un argument.
14:44 Ensuite, encore une fois, la question, c'est...
14:47 Je trouve qu'on perd du temps avec ce débat. Ce débat nous est imposé et on perd du temps avec ce débat.
14:52 - Ça ne va pas durer des jours et des jours. Dans trois jours, on n'en parle plus.
14:57 - Ah, je ne pense pas. - Vous avez une formation chasse-nôtre.
15:00 - Ne croyez pas ça, parce que le gouvernement va faire ses expérimentations, etc.
15:03 Et c'est tout à fait voulu de la part du gouvernement, je pense.
15:05 Aujourd'hui, on devrait parler du fait que les jeunes et les étudiants ont du mal à trouver un logement.
15:09 On devrait parler du fait que les étudiants ont saut des repas.
15:13 Un certain nombre d'étudiants sautent des repas.
15:15 Un certain nombre d'étudiants sont obligés de travailler en parallèle de leurs études pour les financer.
15:19 Il y a une précarité étudiante qui est de plus en plus importante.
15:22 - Mais c'est hors sujet, par contre. - Ce n'est pas hors sujet.
15:24 Parce que c'est de ça dont on devrait parler, au lieu de parler de mesures qui sont non seulement néfastes, problématiques, liberticides,
15:30 mais en plus qui sont totalement accessoires et qui sont des sortes d'écrans de fumée pour ne pas parler des vrais sujets.
15:38 - Vous y allez fort. - Parce qu'on impose à des gens une tenue vestimentaire, notamment à des enfants, à des adolescents.
15:46 Déjà, c'est extrêmement problématique d'imposer un vêtement de force comme ça d'un point de vue étatique.
15:52 Ça renvoie à une idéologie qui est très autoritaire, à une dimension d'embrigadement.
15:56 Surtout quand on met en place ça, si on compare ça avec toutes les réflexions qu'il y a actuellement sur le SNU, etc.
16:01 Moi, je trouve qu'il y a là une petite musique sur la jeunesse qui est tout à fait inquiétante.
16:05 Et puis surtout, encore une fois, je le dis, et moi ça a été mon cas quand j'étais jeune,
16:09 la manière dont on s'habille, la manière dont on se présente, son style vestimentaire, etc.
16:14 c'est une partie très importante de la construction de soi, notamment quand on est adolescent.
16:19 Et je trouve très grave, je le dis franchement très grave, d'empêcher des adolescents notamment de s'exprimer notamment par leur style.
16:26 - On peut imaginer une tenue, par exemple, on peut envisager peut-être une tenue unique à l'école élémentaire simplement, et pas au collège lycée.
16:33 - Non, c'est au collège lycée que le problème se pose le plus.
16:35 C'est là que les différences sociales et les différences culturelles se cristallisent jusqu'à se heurter parfois.
16:40 Nous le savons. Et donc, manifestement, vous ne connaissez pas bien le SNU,
16:43 parce que dire que le SNU est une tentative de reméditarisation de la société, ça fait sourire tous ceux qui savent ce que c'est.
16:48 Je ne sais pas si vous avez déjà vu l'uniforme du SNU, c'est un t-shirt blanc avec un sigle, un SNU et une casquette.
16:54 - Parce que vu en sortant la Marseillaise devant le drapeau, si vous voulez, c'est quand même pas...
16:57 - Ah bon, c'est bien ? - C'est génant ?
16:59 - Moi ça me gêne, oui. - Ah oui, oui. La Marseillaise ça vous gêne ?
17:02 - Comment ? - La Marseillaise ça vous gêne ?
17:03 - Non, mais alors faire chanter la Marseillaise devant le drapeau à des enfants, oui, ça me dérange.
17:07 - Ah bah moi ça me dérange que vous disiez ça, parce que là franchement, on est...
17:09 - C'est vraiment de l'ordigène, non ? - De toute façon, je m'en doutais, on n'était pas d'accord.
17:11 - Ça n'a rien à voir avec la République et la citoyenneté. Rien.
17:14 - Ça a tout à voir avec la République et la citoyenneté.
17:16 - Bah écoutez, les chants révolutionnaires, l'hymne national, je pense à un petit rapport avec la citoyenneté, je suis désolé de vous contredire.
17:21 Enfin bon, c'est pas le sujet aujourd'hui. Remarquez, on pourrait très bien faire chanter la Marseillaise aux enfants,
17:25 comme les collégiens américains chantent l'hymne américain avant chaque cours, on pourrait le faire.
17:31 Mais c'est pas le sujet aujourd'hui, on y viendra peut-être.
17:33 Pour l'instant, nous parlons de l'uniforme comme un moyen d'effacer les marqueurs sociaux et les marqueurs culturels,
17:38 c'est-à-dire de combattre le communautarisme, n'est-ce pas ?
17:41 Quand vous parlez de la liberté des adolescents, moi je regrette.
17:43 Quand je vois des jeunes filles en niqab ou en abaya, ou des garçons en kimi...
17:46 - Le niqab, y'en a pas ! Dans les collèges.
17:49 - Non mais enfin, j'ai vu... - C'est ce que c'est que le niqab, y'en a pas.
17:51 - Oui, oui, enfin bon, on en est pas loin. Bref, pour les filles. - Abaya, oui. Niqab, non.
17:54 - Donc c'est un vêtement religieux, c'est un vêtement communautaire, c'est un vêtement qui fait offense à notre conception française du respect du haut femme,
18:02 est un vêtement pour lequel... Enfin, que refusent de porter... - C'est une liberté constitutionnelle, vous habillez comme on le souhaite, hein.
18:06 - Non, non, mais c'est ça. - Ah oui, c'est ça ?
18:08 - Non, non, c'est pas ça du tout. - C'est une liberté constitutionnelle.
18:11 - Il n'y a pas de liberté constitutionnelle qui s'exerce à l'école dans le domaine vestimentaire.
18:15 - Ah, entendu. - Dans le domaine vestimentaire.
18:17 - Depuis la voie de 2004. - Non.
18:19 - Oui, depuis la voie de 2004, en effet, tout à fait.
18:21 Et donc, l'école peut parfaitement décider librement, dans son conseil d'administration,
18:24 que tous les enfants, les élèves, porteront une tenue aux couleurs de l'établissement.
18:28 Vous savez que c'est très bon pour la cohésion de l'école elle-même, des élèves,
18:33 qui a une fierté d'appartenir et de porter les couleurs de son établissement.
18:37 Tous ceux qui ont porté un uniforme, à un moment donné, comme le disait tout à l'heure Michel Duvigan,
18:42 le savent très bien, donc ça n'a absolument rien d'attentatoire aux libertés.
18:46 Quand vous êtes liberticide, vous êtes complètement à côté de la plaque, franchement.
18:48 Ce qui est liberticide, c'est d'obliger les jeunes filles à porter de la bagarre.
18:51 Ça, c'est liberticide. Ça, c'est totalitaire.
18:53 Et il y a des femmes en Afghanistan qui meurent pour ne pas le porter.
18:57 - Christian, j'ai pas le temps de prendre Christian, en Angleterre, qui est dans les Pyrénées-Atlantiques,
19:01 qui le rappelle, moi dans ma jeunesse, quand j'étais élève, nous portions la blouse
19:04 pour ne pas, avant tout, nous salir.
19:07 - Oui, d'accord. C'est vrai.
19:08 - Et puis on a des éléments en dessous.
19:09 - À l'origine, la blouse, c'était pour pas se salir.
19:11 - Mais attendez, juste, c'est très intéressant.
19:13 Vous votez tout votre argumentaire, vous dites "social", "social", etc.
19:16 et puis ensuite, on arrive au vrai sujet pour vous, c'est-à-dire l'Abaya, l'Islam, etc.
19:22 En fait, vous voulez contraindre des jeunes femmes à s'habiller de la manière dont vous voudriez qu'elles s'habillent
19:30 et vous considérez qu'elles n'ont pas une liberté de s'habiller comme elles le souhaiteraient elles-mêmes.
19:35 Et en fait, c'est intéressant, parce que c'est au fond votre vision de la société qui est comme ça,
19:38 puisque y'a pas si longtemps, votre parti voulait interdire le voile dans l'espace public.
19:42 Je crois que c'est plus une mesure que vous défendez aujourd'hui, mais vous le défendiez il y a encore quelques années.
19:46 - Vous la défendez d'ailleurs, cette mesure.
19:47 - Et je trouve que c'est tout à fait ça.
19:48 - L'interdiction du voile dans l'espace public, ça n'est plus à l'ordre du jour.
19:50 - Vous êtes dans une vision autoritaire de la société, où vous voulez imposer à des gens une manière de s'habiller
19:58 et après vous dites que c'est ça la liberté. Mais non, c'est pas ça la liberté.
20:02 C'est pas notamment stigmatiser une communauté, en particulier la communauté musulmane,
20:06 puisque c'est de ça dont vous parliez depuis le début, et d'imposer notamment à des jeunes femmes
20:10 qui sont encore une fois en construction d'elles-mêmes, et donc qu'on a besoin aussi qu'on leur fiche la paix,
20:15 et bah vous voulez leur imposer un vêtement et leur interdire de s'habiller comme elles le souhaitent.
20:18 - Vous, votre conception de la liberté, M. Slama...
20:19 - Et ça, je trouve ça tout à fait inquiétant, et je le dis tout à fait liberticide.
20:21 - Tout à fait. Et moi ce que je note, c'est que votre conception de la liberté, cher M. Slama,
20:25 c'est "Venez comme vous êtes", c'est-à-dire "C'est la liberté selon McDo". Voilà votre liberté.
20:29 - C'est la liberté individuelle, telle qu'elle est inscrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
20:33 - Quand on est aise, quand on est aise...
20:34 - C'est le fondement de la République.
20:35 - Cela dit, M. Slama, c'est très libéral, votre position.
20:37 - Oui.
20:38 - C'est très américain.
20:39 - Libéral politique.
20:40 - C'est très anglo-saxon.
20:41 - Bien sûr, ça s'appelle le libéralisme politique, et je rappelle que la République française,
20:43 c'est le libéralisme politique. C'est la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
20:46 C'est les libertés fondamentales. Voilà. C'est comme ça.
Commentaires

Recommandations