00:00Bonjour Stéphane Fuchs, merci beaucoup de nous recevoir dans votre bureau au sein d'Avas.
00:17Alors, est-ce que pour nos étudiants, vous pouvez vous présenter, s'il vous plaît,
00:20vous, votre carrière et évidemment Avas ?
00:22Avec plaisir. Je suis Stéphane Fuchs, je suis vice-président d'Avas,
00:28mais je n'ai pas toujours été vice-président. J'ai commencé dans la vie comme producteur de disques
00:32et de spectacles. Et puis comme en parallèle je faisais de la politique, du syndicalisme,
00:37je me suis retrouvé à Ferdroit, Sciences Po et en même temps du cabinet ministériel pour un ministre
00:45de l'époque qui s'appelait Michel Rocard. Après quelques années de cabinet ministériel,
00:49j'ai créé mon agence de communication. Et en fait, deux mois plus tard Jacques Ségala est venu me
00:55chercher et m'a dit écoute petit, si tu veux pas faire de la merde, viens le faire chez Ségala.
01:00Et donc je suis rentré dans le groupe qui s'appelait RSCG à l'époque, mais qui est en fait
01:05l'ancêtre d'Avas en 1988. Et dans Avas, on a donc développé, je dirais, l'ensemble des métiers de
01:13de la communication. Et l'idée étant qu'il y a besoin de réunir dans une même maison, vous avez vu ce building,
01:21ici il y a plus de 1000 personnes, les professionnels de la communication qui tous ensemble vont faire la com.
01:28Si je retourne le sujet pour correspondre un petit peu à ce que fait l'école 1806, quelle est l'influence
01:33aujourd'hui des nouvelles technologies, je pense à l'intelligence artificielle, dans vos métiers de création,
01:38d'idéation et être au service de vos clients. Comment vous pouvez intégrer, comment vous intégrez déjà
01:43l'intelligence artificielle ? Alors d'abord c'est une question clé dans le recrutement. Paradoxalement,
01:48c'est un premier sujet, c'est-à-dire qu'il y a peu d'écoles qui intègrent l'IA dans le cursus.
01:53Après, l'IA n'est pas un dieu non plus. Les gens qui pensent que l'IA va tout remplacer dans nos métiers
01:59sont à peu près autant dans l'exagération comme ceux qui pensent que l'IA ne change rien.
02:04L'IA change plein de choses, mais elle ne change pas tout parce qu'au fond, l'IA, elle répond d'abord
02:10au brief que vous lui faites. Et notre métier à nous, c'est de ne pas faire comme tout le monde.
02:15Oui, c'est des différenciants.
02:17Or une IA, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle répond toujours de la même manière à la même question.
02:21Moi, mon objet, c'est de ne pas répondre comme l'IA puisque ce que je dois apporter à mon client,
02:26c'est de lui apporter la réponse que les autres ne vont pas avoir.
02:29Si j'apporte la même réponse que tout le monde, ma valeur ajoutée, elle n'existe pas.
02:33Et donc, ce qui est intéressant, c'est de se confronter à l'IA pour regarder où en sont les limites
02:39et comment est-ce que, par en haut, par en bas, éventuellement sur le côté,
02:43je vais tordre, on va dire, la pensée de l'IA pour l'emmener ailleurs
02:47parce que je vais être dans le propre du cerveau humain.
02:49La créativité et la pensée cognitive, c'est-à-dire l'association d'idées
02:53qui est faite par les neurones et pas par la data.
02:56C'est très clair. Et alors, ça nous emmène sur un autre aspect.
02:59Parce que comme vous avez 18-06, nous avons effectivement les cursus en informatique.
03:04Donc, on parle d'intelligence artificielle, de cybersécurité.
03:06On a également des cursus en sciences politiques.
03:08Nos étudiants en sciences politiques sont évidemment formés à maîtriser l'outil IA.
03:12Alors, pas le concevoir parce que ce n'est pas du tout l'objet.
03:15Mais en tout cas, à le maîtriser, ça doit faire partie de leur quotidien.
03:18On forme notamment au métier du renseignement et au métier de la diplomatie d'affaires.
03:21Est-ce que ce genre de métier, c'est des métiers qui peuvent intéresser,
03:24ce genre de profil plutôt, est-ce que ça peut intéresser Avas ?
03:28Alors, au fond, tout ce qui rend le client intelligent m'intéresse.
03:33Or, la machine à elle seule ne rend pas le client intelligent.
03:37Et donc, ce qui m'intéresse moi, c'est où est-ce que je peux emmener le client
03:43à un niveau de compréhension, de perception de ses enjeux
03:46qui lui permet de prendre des décisions de communication.
03:49Au fond, mon sujet, c'est que je dois intégrer la complexité de la situation du client
03:55parce que sinon, d'ailleurs, il ne m'écoute pas.
03:57Donc, comprendre quels sont ses enjeux, connaître ce qui s'est passé.
04:02Et donc, j'ai besoin de la machine qui va m'aider à accumuler de la donnée.
04:06Mais la machine sans le cerveau humain, c'est émiplégique.
04:10Et ce qui, d'ailleurs, me permet de passer sur le sujet suivant,
04:14c'est que vous savez, la mission que se donne l'école 1806,
04:17c'est de favoriser les souverainetés françaises,
04:19notamment la souveraineté numérique, mais pas que.
04:22On se rend compte qu'on a de plus en plus de grands capitaines d'industrie française
04:26qui commencent à arriver à se dire que la souveraineté numérique,
04:29c'est quand même un sujet essentiel dans leurs organisations
04:31et notamment avec les lois extraterritoriales américaines ou chinoises.
04:35Comment vous vivez ça, vous, de votre côté de conseils,
04:38à la fois en communication, mais aussi conseils stratégiques,
04:40avec vos clients, que ce soit des hommes politiques ou des entreprises ?
04:44Je trouve que le degré de lucidité et de responsabilité de la plupart des décideurs privés
04:52est en réalité plus profond que ce que les gens pensent.
04:56Ils sont confrontés par contre aux faiblesses du modèle français
05:02et parfois à des exigences absurdes.
05:05En France, vous avez une classe politique qui a été élevée
05:10avec un logiciel de communication qui est obsolète.
05:12Au fond, tout le système de sélection, il s'est fait par quelque chose
05:16qui ne te sert pas dans la vraie vie qu'est la dissertation.
05:19On te demande de faire du format long, de l'écrit et du raisonnement
05:22dans un monde qui est celui du format court, de l'image et de l'émotion.
05:26Et donc, vous vous rendez compte ?
05:28Les pauvres, tout d'un coup, vous les mettez devant une caméra
05:31et ils sont là en mode comme la poule qui claque des dents.
05:34Vous ne les avez pas préparés à ça.
05:36Et donc, qu'est-ce qu'ils font ?
05:37Comme ils ne maîtrisent pas l'outil, ils le refusent
05:39et ils vous disent, la communication, mon Dieu, c'est dégoûtant.
05:42Et donc, du coup, la France, c'est le seul pays au monde
05:45où on a un débat sur le fond, c'est noble
05:48et la forme, ça ne l'est pas.
05:49Au fond, la communication serait une sorte de perversion,
05:52de travestissement du fond.
05:54Pardon, mais le fond sans la forme, ça n'existe pas.
05:58Et la forme sans fond, c'est le vide.
06:00Nous sommes parfaitement d'accord.
06:02En tout cas, merci beaucoup de nous avoir reçus
06:05dans votre bureau, encore une fois, au sein d'Avas.
06:07C'est toujours un plaisir de travailler avec vous
06:09et d'échanger avec vous.
06:10Et on espère en tout cas vous revoir dans un an
06:12pour voir un petit peu l'évolution de l'école 1806,
06:15voir les nouveaux chantiers d'Avas.
06:17Est-ce que vous aurez fait de Mistral ?
06:19Est-ce qu'on aura fait de Mistral ?
06:20Et de voir aussi quel est l'apport, le futur rapport
06:22de nos étudiants que vous pourrez prendre en alternance
06:24au sein d'Avas.
06:25Avec plaisir, merci.
06:26En tout cas, à très bientôt Stéphane Fuchs.
06:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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