- il y a 33 minutes
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-10-27##
Catégorie
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous démontrez à votre façon que le spectacle peut être une petite famille,
00:09ce qui n'empêche pas bien au contraire de réaliser de grandes choses.
00:12En incarnant Mozart à la scène, ce n'est pas la flûte, mais le public est enchanté.
00:18Bonjour Thomas Solivéres.
00:19Bonjour.
00:20Alors on va parler tout à l'heure de cet Amédeus que vous jouez à Marigny
00:24et qui est adapté et mis en scène par votre frère Olivier Solivéres,
00:28ce qu'on connaît bien, dont on est fan et qu'on a reçu dans les clés d'une vie
00:31et qu'on salue.
00:32Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des clés.
00:36Et la première que j'ai trouvée, ce n'est pas une date qui vous concerne en tant que comédien,
00:40mais en tant que spectateur, le 25 août 1999 est sorti ce film.
00:48Il est connu sous bien des noms.
00:52La neuvième porte de Romain Poulons-Puisé.
00:55Et ce film vous a marqué.
00:58Oui, effectivement.
00:59Ce film m'a marqué, mais je ne sais pas s'il m'a marqué pour les bonnes raisons.
01:04Mon grand-père m'a très souvent amené au cinéma.
01:10Tous les mercredis, mes grands-parents me gardaient.
01:13Et on était en Seine-et-Marne.
01:15Et du coup, les seules occupations qu'il y avait, c'était d'aller au centre commercial.
01:19Et dans ce centre commercial, il y avait un cinéma.
01:21Et donc, tous les mercredis, j'allais au cinéma avec mon grand-père.
01:24Et il ne pensait pas réellement, il ne faisait pas attention à l'âge que j'avais, je pense, pour
01:29les films qu'on allait voir.
01:31Lui, il s'endormait pendant la séance, mais moi, je ne m'endormais pas.
01:35Et au contraire, j'avais souvent peur.
01:37Et j'ai le souvenir de deux séances, effectivement.
01:40Celle-là, La 9ème Porte de Polanski.
01:43Et j'ai encore des images aujourd'hui.
01:44Et un autre film qui m'avait traumatisé, c'était Harry, un ami qui vous vaut du bien.
01:49Et j'avais vu ces deux films et ça m'a traumatisé.
01:51Ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai beaucoup de mal à voir des films comme ça.
01:54Ça me ramène dans l'enfance.
01:56Et je me souviens, j'avais quitté la salle sur La 9ème Porte à un moment donné.
01:59J'étais sorti.
02:01Mais c'est marrant, je n'ai jamais revu ce film.
02:02Peut-être qu'il faudrait que je le revoie.
02:03Vous avez quel âge à l'époque ?
02:05J'avais 9 ans.
02:06Oui.
02:07En plus, le thème de la musique, je ne sais pas si vous le savez,
02:10c'est inspiré de la Havanaise de Camille Saint-Saëns.
02:12Et la Havanaise, c'est ce qui a inspiré la Javanaise à Serge Gainsbourg,
02:16qui était un musicien classique.
02:17Et c'est vrai que ce film, c'est un trier fantastique
02:20qui parle d'un ouvrage attribué à Lucifer,
02:23Les 9 Portes du Royaume des Ondres.
02:26Et ça a été un échec parce que, en fait,
02:28Polanski disait, j'ai voulu faire un film humoristique
02:31pour me moquer de Satan et de Lucifer.
02:34Je crois que c'est totalement raté.
02:36C'est raté.
02:36C'est vraiment raté.
02:38Et un ami qui vous dit bien, c'était un thriller à la Hitchcock aussi.
02:41Oui, exactement.
02:43C'était un film qui m'avait traumatisé.
02:45Et pareil, c'est un film que je n'ai jamais revu.
02:47Et en plus, un ami qui vous dit bien,
02:49l'expression est née dans ce film.
02:50Bien sûr.
02:52Alors, il se trouve que ça vous a quand même donné le goût du cinéma,
02:54parce que le cinéma, ça a été une de vos passions.
02:56Et c'est une de vos passions.
02:57Oui, c'est vraiment ça.
02:58C'est vraiment tous ces mercredis où j'allais au cinéma.
03:02C'était un rendez-vous régulier que j'aimais profondément.
03:07Et encore aujourd'hui, je pense que la passion du cinéma vient aussi de ça.
03:10La passion de la salle de cinéma, de ce moment, finalement, personnel.
03:14Après, en grandissant, je continuais d'être gardé par mes grands-parents les mercredis.
03:19Et c'est vrai qu'après, je m'accordais des séances différentes.
03:22Je n'allais pas voir les mêmes films que mon grand-père.
03:24Mais donc, j'ai eu souvent ce moment seul dans une salle de cinéma.
03:28Et ça, c'est quelque chose que j'ai gardé.
03:30J'aime beaucoup aller au cinéma seul.
03:32Alors, il se trouve, Olivier Solivier...
03:34Thomas Solivier, l'exprès, le lapsus.
03:38Vous êtes née comme votre frère, d'ailleurs, à Évric Régis-surrière,
03:41qui est en Seine-et-Marne, qui est près de Paris.
03:43Exactement.
03:43Mais c'est un endroit tranquille où on peut travailler et même faire du théâtre.
03:47Oui, nous, on vient de banlieues parisiennes.
03:51Et moi, j'ai commencé l'apprentissage du théâtre grâce à mon frère,
03:55qui donnait des cours de théâtre amateurs.
03:58Et un jour, il donnait un spectacle de fin d'année.
04:03Il était prof, il avait un spectacle de fin d'année.
04:05Et un de ses élèves est parti trois semaines avant le début du spectacle.
04:09Et il avait absolument besoin d'un jeune.
04:12Il a été voir mes parents dans la cuisine.
04:15Il leur a dit, est-ce que je peux demander à Thomas de venir ?
04:19Et j'avais six ans.
04:21Et c'est comme ça que j'ai commencé, en fait.
04:23Je me suis retrouvé dans un cours de théâtre, trois semaines avant le début d'un spectacle.
04:28Et je faisais déjà des imitations.
04:30J'étais déjà petit, j'imitais beaucoup Élie Kaku, je faisais tout ça.
04:36Et je suis monté sur scène quand j'avais six ans.
04:38Et à la fin du spectacle de fin d'année, quand les gens ont applaudi, j'ai eu une espèce
04:42de révélation.
04:45En me disant, mais donc c'est ça, c'est ça être acteur.
04:47C'est être applaudi tous les soirs.
04:49Je veux faire ça toute ma vie.
04:51Et les applaudissements, je me suis un peu renseigné.
04:53Thomas Solivéresse, c'est né au quatrième siècle avant Jésus-Christ.
04:57Il y avait les grands festivals dramatiques à Aethen.
04:59Les spectateurs applaudissaient pour départager les comédiens en compétition.
05:04Et finalement, selon la mythologie grecque, le centaure Crotos aurait inventé l'applaudissement pour rythmer les spectacles des muses.
05:11C'est fou, hein ?
05:12C'est fou.
05:12Les origines.
05:13Alors, il se trouve, vous vous souvenez de ce que vous avez joué dans ce spectacle d'amateur ?
05:17Ah oui, je me souviens très bien.
05:19Je jouais Simplet, qui ne parlait pas.
05:21Oui, c'est pratique.
05:22Mais finalement, à un moment donné, Simplet croquait dans la pomme,
05:25parce que c'était un spectacle qui avait inventé mon frère.
05:28C'était déjà du délire.
05:29Oui, oui, c'était en fait des héros à la poubelle.
05:32C'était tous les héros qu'on jetait dans la poubelle et qui se retrouvaient recouverts de poussière et tout.
05:39Et donc, dans cette poubelle-là, il y avait un des sept nains, et c'était Simplet,
05:44qui à un moment croquait dans la pomme.
05:45Et à partir du moment où il croquait dans la pomme, il retrouvait la parole.
05:48Et il se mettait à parler, parler, parler, parler, parler.
05:51Et donc, non, je m'en souviens très bien.
05:52Alors, vous dites à vos parents à ce moment-là, Thomas Olivier, est-ce que vous voulez être acteur ?
05:57Et la réponse est immédiate, c'est passe ton bac d'abord.
06:00Oui, passe ton bac d'abord.
06:01Non, ça a été passe ton bac d'abord, ensuite tu feras ce que tu voudras.
06:05J'ai passé mon bac, j'ai eu mon bac, et j'ai été voir mes parents.
06:08Je leur ai dit, donc maintenant je peux faire ce que je veux.
06:10Et là, mes parents m'ont dit, non, et un diplôme, ensuite tu feras ce que tu voudras.
06:13Après, j'ai senti que j'étais un petit peu en train de me faire arnaquer.
06:16Donc, il y a eu une révolte de ma part, qui a mis un peu de temps à arriver.
06:22Mais aujourd'hui, je comprends l'angoisse de mes parents.
06:26Je comprends cette inquiétude de l'avenir, ayant un grand frère qui était déjà acteur.
06:33Olivier, il a beaucoup travaillé, mais pour être aujourd'hui là où il est, il est passé par aussi des
06:42années plus difficiles.
06:43Et je pense que quand on est des parents, on s'inquiète de l'avenir de leurs enfants.
06:48Donc forcément, ils se sont dit, ah Thomas, ça va, il a des bonnes notes à l'école, il a
06:53des bonnes appréciations, il sera médecin, avocat, tout ça.
06:58Et je me souviens très bien qu'avec ma mère, je faisais les salons d'étudiants, alors que je savais
07:04pertinemment ce que je voulais faire de ma vie.
07:05Mais j'allais au salon d'étudiants et je faisais tous les QCM où je cochais pour savoir pourquoi j
07:11'étais fait.
07:12Et à la fin, à chaque fois, les résultats, c'était 90% filière artistique et 5-6% avocat.
07:19Et ma mère me disait, tu vois, avocat, c'est très bien ça.
07:22Il faut savoir compter.
07:24Il faut savoir compter, exactement.
07:25Alors en fait, les salons d'étudiants, c'est né en 1986, le juin de l'étudiant en fait un
07:29salon, personne n'y croit.
07:31Et deux ans plus tard, il y en avait dans toute la France et aujourd'hui, ça prospère.
07:35Ah, et je me souviens des moments d'angoisse dans ce salon.
07:38J'en ai encore des souvenirs, des moments de me dire, mais qu'est-ce que je fais là ?
07:41Je passais de stand en stand, je regardais les professions en me disant, je sais ce que je veux faire
07:46en fait de ma vie, je le sais et je comprends qu'on en ait peur.
07:49Et voilà, aujourd'hui, je ne regrette absolument pas ce choix, même si c'est un métier difficile.
07:55Et par des angoisses aussi, vous en avez calmé certaines chez vos copains d'école qui vous appelez docteur Love.
08:02C'est très très bien renseigné, mais vraiment, vous êtes très fort.
08:05Docteur Love, oui, oui, c'est vrai.
08:06Et le psy, on m'appelait le psy.
08:08Pourquoi ?
08:08Parce que j'avais une capacité d'écoute.
08:11J'écoutais beaucoup les gens et j'ai grandi avec beaucoup d'adultes.
08:18J'étais souvent dans des discussions avec des adultes, vraiment.
08:21Donc, j'avais cette capacité à bien sentir les choses et à répondre.
08:27Donc, souvent, j'étais là, je me souviens, sur les bancs de cours de récréation.
08:32Et on venait me voir et on me racontait les histoires d'amour et ce qui se passait, ce qu
08:35'il fallait faire.
08:36Est-ce que tu crois que je devrais... Non, tu devrais plutôt dire ça.
08:39Parce que moi, j'avais 10 ans, des trucs comme ça, 12 ans.
08:42Et vous leur donnais des conseils.
08:43Et je donnais des conseils, oui.
08:44Et puis, je crois que vous avez failli publier un guide des toilettes de restaurant.
08:48Mais enfin, vous avez appelé toute ma famille, c'est pas possible.
08:50Oui, c'est vrai, j'ai eu à un moment donné cette idée saugrenue de faire ce guide qui, je
08:57pense, existe aujourd'hui.
08:58Ah bon ?
08:59Oui.
09:00C'est un accident de chasse, oui.
09:01Je ne sais pas, mais en tout cas, c'était quelque chose qui me fascinait.
09:03J'adorais, avant même d'aller, de prendre la commande, d'aller aux toilettes pour voir les toilettes.
09:12Pour moi, un restaurant était digne d'être noté à partir de ses sanitaires.
09:19Voilà.
09:20Alors, finalement, vous avez fait autre chose.
09:22Je crois que ça a commencé par une école de communication publicitaire qui vous a entraîné vers la publicité, mais
09:27en tant qu'acteur.
09:28Oui, c'était évident.
09:30Et en fait, j'ai fait ça parce qu'il fallait que je trouve quelque chose pour rassurer mes parents.
09:36Quelque chose qui m'amènerait un diplôme.
09:40Mais oui, la création publicitaire, c'est quelque chose d'artistique, la direction artistique, le committee manager, tout ça, rédacteur
09:48en chef,
09:49toutes ces choses comme ça en école de pub.
09:53Et c'était un peu un ennui mortel, on ne va pas se mentir.
09:57C'est là où j'ai pris conscience que je n'étais pas du tout à ma place.
10:00Je venais dans cette école-là et les cours étaient vraiment fascinants.
10:04Mais ce n'était pas ce que je voulais faire.
10:06Mais malgré tout, j'ai appris des choses, et je me souviens très bien d'un cours avec une prof
10:10qui était géniale,
10:11qui nous avait fait un cours sur... Je rentrais dans la salle et sur le tableau, il y avait la
10:15répartition du cerveau.
10:17Et vraiment, elle pointait l'endroit où il fallait appuyer pour vendre tel ou tel produit.
10:22Et c'était comment diriger le regard de quelqu'un qui regarde une publicité pour savoir comment lui vendre tel
10:31produit.
10:32C'était assez fascinant, la conscience du cerveau. Et ça, je l'ai assez gardé.
10:36Et voilà, j'ai appris plein de choses quand même, malgré tout.
10:39Oui, et puis vous avez commencé avec des pubs où vous êtes devenu acteur.
10:42Je crois, le Stucru, le Numérica, le Castorama.
10:46Des petits rôles, mais des petits rôles que vous avez décrochés, ce qui n'est pas si évident.
10:49Oui, j'ai commencé très jeune à tourner dans des pubs parce qu'une comédienne un jour m'avait dit
10:56« Mais t'as une bonne tête. Il y a un truc, t'as une bonne tête de jeune de
11:01l'époque. »
11:02Et effectivement, c'est vrai que j'avais les cheveux longs, les grosses lunettes, côté un peu nonchalant.
11:08Et j'avais toujours un peu la même tenue que je repassais de casting en casting qui marchait.
11:13Et j'ai fait régulièrement plein, plein, plein de campagnes publicitaires, jusqu'à un jour faire cette fameuse pub Castorama
11:20qui a été réalisée par Éric Toledano et Olivier Nakache.
11:24Et c'est entre autres choses qu'on va évoquer tout à l'heure.
11:26Mais surtout, il y a quelqu'un qui a fait comme vous, c'est Louis de Funès.
11:30Il a tourné huit spots publicitaires pour vivre à partir de 1955,
11:35d'une pub Martini où il incarne un pompiste maladroit.
11:39Volkswagen, il apparaît aussi dedans.
11:41Et il a fait une pub avec Jean Carmé, qui était aussi débutant que lui,
11:44pour des articles de toilettes et capillaires.
11:47C'est fou, hein ?
11:48Oui, alors ce qui est sûr, c'est que moi, par exemple,
11:50je ne faisais absolument pas de pub pour des marques de parfums, de luxe,
11:55ou de choses comme ça.
11:55Moi, c'était vraiment, voilà, le Crédit Agricole, TUC, Lustucru.
12:02Vraiment, j'avais refusé un jour le papier toilette.
12:04Mais j'aurais pu le faire.
12:06Avec votre guide, justement.
12:07Voilà, exactement.
12:08Mais non, non, c'est vrai que c'était moi, c'était quand même pour des...
12:10Ce n'était pas pour des marques de renommée mondiale et de classe absolue.
12:16Non, en tout cas, la classe, c'est aussi le théâtre,
12:17qu'on va évoquer à travers la date du 24 octobre 2012.
12:20A tout de suite sur Sud Radio avec Thomas Solivéresse.
12:24Sud Radio, les clés d'une vie.
12:25Jacques Pessis.
12:26Sud Radio, mon invité, Thomas Solivéresse, pour les clés d'une vie.
12:30On évoquera tout à l'heure cet Amédéus que vous jouez et qui est adapté et réalisé par votre frère
12:36Olivier Solivéresse,
12:37une affaire de famille, 24 octobre 2012.
12:40Eh bien, d'après mes renseignements, c'est la première de ados au théâtre des Maturins.
12:45Et c'est vrai qu'ado, c'est l'histoire de trois adolescents qui partent à l'aventure et qui
12:49s'attaquent à l'exploration urbaine.
12:51Ça a été un événement, ça.
12:52C'est toujours un événement.
12:54Et ça se joue encore aujourd'hui.
12:55C'est fou.
12:57C'est le premier vrai spectacle professionnel que j'ai fait en tant qu'acteur,
13:05ou en tout cas, j'ai été rémunéré pour.
13:08Et j'avais...
13:09C'est même 2012, non ?
13:11C'est même avant, je pense.
13:12Ça a commencé en 2010, mais ça a été au Maturin en 2012.
13:15Oui, c'est ça.
13:15Parce que j'ai commencé avant, au Festival d'Avignon, puis au Point Virgule et tout ça.
13:21Et oui, c'est un souvenir.
13:23Parce que c'est là où j'ai fait mes gammes, finalement.
13:25Où j'ai appris à jouer tous les jours, régulièrement, avec un public différent, tous les soirs.
13:34Et donc, j'étais avec une bande.
13:37On était trois.
13:38On était trois garçons, dont William Leipguil, qui est aujourd'hui un acteur qui tourne beaucoup
13:43et que vous devez certainement connaître.
13:45Mais oui, on a commencé ensemble.
13:46Et comment c'est né, je crois que c'était avec Olivier, votre frère ?
13:49C'était avec Olivier, où en fait, comme il nous donnait des cours de théâtre,
13:53c'était notre prof.
13:54Et un jour, il a quitté ce cours.
13:58Après des années, il a quitté ce cours de théâtre.
14:00Et nous, on a continué avec une nouvelle prof.
14:03Il était venu l'année d'après voir le spectacle de fin d'année.
14:06Et en fait, il a vu sur scène un moment où William Leipguil, un autre élève qui s'appelait Quentin,
14:15et moi, tous les trois joués ensemble.
14:18Et il s'est dit, il y a un truc.
14:20Il y a un truc pour tous les trois.
14:21Il faut que je fasse quelque chose.
14:22Il s'est dit, je vais leur écrire un spectacle pour tous les trois.
14:25Et il a écrit à dos pour nous.
14:27Et c'est comme ça que l'aventure a commencé.
14:29Et d'ailleurs, les prénoms des trois personnages rappellent un essai animé célèbre.
14:39Les trois petits cochons, ça s'appelle Nif-Nif-Naf-Naf-Naf-Naf-Naf-Naf-Naf-Naf.
14:42Oui, c'est ça.
14:43Ça, c'est les grands délires de mon frère Olivier.
14:46Oui, c'était l'histoire de trois adolescents qui se retrouvaient sans le savoir
14:49à jouer un conte pour enfants, qui était donc Les Trois Petits Cochons.
14:54Il y a trois petits cochons, cette chanson que le monde entier connaît,
14:56elle a été écrite en 5 minutes par
14:58Frank Churchill et c'était
15:01un hymne d'optimisme et de résistance
15:03face à la crise économique de la Grande Dépression
15:05aux Etats-Unis. C'est comme ça que ça a marché.
15:07Alors je ne sais pas si Olivier
15:08avait pensé ça
15:10mais en tout cas je suis ravi de l'apprendre.
15:13Et ce qui est étonnant c'est que cette pièce continue
15:15aujourd'hui. Ouais.
15:16Évidemment elle a beaucoup évolué.
15:19Les ados aussi. J'espère. Les ados ont changé.
15:21En tout cas nous on ne peut plus le jouer.
15:23Mais non non ça fait je crois plus de
15:25ça ne fait pas 20 ans quelque chose comme ça.
15:27C'est fou. Ça n'arrive jamais. C'est un record.
15:29Ça mériterait d'entrer dans le livre des records.
15:31Ce qui est étonnant aussi c'est que
15:33vos cours de théâtre je crois sont
15:34limités à quelques semaines voire quelques
15:37mois au cours Florent Thomas-Olivier Est.
15:39Oui. Non alors je suis resté un an
15:41quand même. Un tout petit peu plus
15:43d'un an mais oui j'ai fait
15:45j'ai voulu, j'ai eu besoin
15:46à un moment donné parce que j'ai un manque
15:48de légitimité que je suis venu de
15:51voilà de j'ai appris par
15:52mon frère. J'ai appris en étant sur scène.
15:54C'est comme ça que j'ai fait ma formation
15:56et je me suis dit à un moment donné ce serait bien quand même
15:58d'aller dans un cours de théâtre, apprendre
16:01le théâtre classique
16:03travailler aussi autrement
16:04et j'étais au cours Florent
16:07et
16:08je ne me suis pas non plus senti à ma place
16:11forcément.
16:14Voilà il y a eu
16:15un apprentissage que je respecte
16:17mais qui était peut-être trop
16:19formaté pour moi. On essayait trop
16:21de me mettre
16:23pas dans une case mais en disant voilà il faut
16:25faire ça, c'est comme ça qu'il faut faire
16:27et pas autrement donc
16:28je me suis dit que c'était peut-être pas forcément
16:31pour moi et puis je commençais déjà à tourner
16:33donc j'ai pris gentiment la porte.
16:35Et puis vous avez vraiment appris sur le terrain
16:37avec un instinct
16:39où vous travaillez chaque rôle mais à fond.
16:42Ouais alors ça c'est justement
16:43aussi parce que j'ai un manque
16:45de légitimité et que
16:47je n'ai pas forcément eu d'école et de choses comme ça
16:49je n'ai pas fait le conservatoire national, je n'ai jamais voulu le passer.
16:52Pourtant au cours Florent j'étais plusieurs fois réplique, je donnais la réplique à plein
16:58plein d'élèves de ma classe et les profs qui jugeaient donc le concours
17:04venaient me voir en me disant mais quand est-ce que vous vous passez le concours du conservatoire ?
17:07Moi je disais non non je veux pas, je veux pas le passer parce que j'avais peur en fait,
17:10j'avais peur de le rater et qu'on me dise finalement non t'es pas fait pour ça.
17:15Donc c'est ça qui a fait que je travaille énormément, beaucoup, beaucoup parce que je n'ai pas fait
17:20d'école,
17:21parce que j'ai ce besoin d'apprentissage et d'aller au bout des choses, de chercher, de chercher, de
17:27chercher encore et encore.
17:29De chercher le personnage idéal, ça prend des semaines et des semaines quelque part.
17:33Ouais même beaucoup plus, voilà aujourd'hui je joue Amadeus, ça fait plus de 115 représentations
17:39mais tous les soirs sur scène j'essaye de me renouveler, j'essaye d'inventer d'autres choses,
17:43j'essaye de voir autrement, comment le jouer différemment, comment apporter autre chose.
17:48Alors Thomas-Oliverès il y a eu le spectacle à dos et après vous êtes passé au spectacle pour enfants
17:53avec un autre spectacle créé par votre frère qui était le bossu de Notre-Dame.
17:57Ça aussi ça a été un événement parce que des spectacles totalement déjantés pour les enfants ça n'existait pas.
18:02Non c'est vrai et c'est Olivier en fait je me souviens très bien on allait voir des spectacles
18:08pour enfants
18:08et il me disait j'aimerais bien qu'on allait voir des spectacles pour enfants
18:12et j'ai le souvenir d'un spectacle un jour, je ne dirai pas lequel
18:14mais j'ai le souvenir d'un spectacle qu'on a vu ensemble
18:17et plutôt que de regarder le spectacle on regardait le public.
18:21Et en fait on a remarqué que les parents s'ennuyaient profondément pendant la représentation.
18:28Les enfants regardaient le spectacle mais les parents s'ennuyaient
18:30et Olivier s'est dit mais en fait c'est pas un spectacle pour enfants que je vais faire
18:34je vais faire un spectacle pour les parents qui amènent leurs enfants.
18:38Donc en fait son principe c'était ça, c'était de faire un spectacle pour les enfants
18:41mais avec beaucoup beaucoup beaucoup d'anachronisme pour les parents
18:45pour qu'il passe aussi un bon moment.
18:47Et c'est comme ça que ça a germé dans sa tête
18:50et c'est comme ça qu'on a créé le Bossu Notre-Dame.
18:53Oui, totalement délirant qui n'a rien à voir avec...
18:56Non et qui se joue encore.
18:57Oui qui se joue encore mais comme les autres spectacles
18:59que ce soit Blanche-Neige, Star Wars et autres.
19:03Parce que finalement il y a un public d'enfants et de parents qu'on ne traite pas assez souvent.
19:08Oui et je pense aussi parce qu'Olivier est un très grand enfant
19:12et est resté un grand enfant comme moi je le suis encore.
19:15Je pense qu'on a tous besoin de rester un enfant.
19:17Et voilà mon frère fait des spectacles pour ses enfants aussi.
19:20Il regarde ses enfants, il voit un peu comment ses enfants évoluent, qu'est-ce qu'ils aiment, tout ça.
19:25Et voilà Star Wars c'est aussi parce qu'à un moment donné un de ses fils était fasciné par
19:28ça.
19:29Enfin voilà c'est aussi ça.
19:31Le jour où on ne sera plus des enfants, je pense qu'on sera morts cher Thomas.
19:34C'est ça.
19:34Alors il y a aussi dans un genre très différent,
19:36vous avez joué un spectacle avec Ligne Renaud au Tâtre Antoine à Rôles-des-Maudes.
19:40Et là aussi face à Ligne Renaud ça a été une grande aventure.
19:44Ça a été une immense aventure.
19:45C'est là j'ai appris énormément avec Ligne.
19:48Vraiment parce que j'ai eu la chance d'être avec Ligne qui m'a accueilli.
19:58Déjà par exemple ne serait-ce que la promotion, elle a demandé à ce que je sois toujours avec elle.
20:03Donc j'ai fait tous les plateaux de télé.
20:06C'était la première fois que je faisais des plateaux comme ça et j'ai fait, je me souviens,
20:10le JT du dimanche soir présenté par Claire Chazal avec Ligne Renaud et qui est regardé par 9 millions de
20:18téléspectateurs.
20:18C'est la première fois que je faisais ça et je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma
20:22vie.
20:23Mais donc maintenant je suis vacciné et je peux faire toutes les promotions sans aucun problème.
20:27Et j'ai appris beaucoup avec elle parce que Ligne c'est tout.
20:33C'est une légende.
20:34C'est une légende.
20:34Donc j'ai vu tellement de gens défiler dans sa loge.
20:39Puis même elle a été d'un conseil et d'un amour pour moi que je n'oublierai pas.
20:46En plus, elle avait fait un pari, c'est-à-dire qu'elle était convaincue qu'elle pouvait quitter la
20:51revue pour jouer la comédienne.
20:53On en avait parlé avec elle d'ailleurs plusieurs fois.
20:55Personne n'y croyait et elle s'est révélée une grande comédienne.
20:58C'était génial, c'était un plaisir de travailler avec elle.
21:03J'ai appris beaucoup, beaucoup, beaucoup.
21:05Et puis Harold Desmond, c'est un classique.
21:06Je crois que Daniel Darieux l'a joué et ça a été créé au départ par Madeleine Renaud.
21:12Je ne sais pas si ça avait été joué à Orsay.
21:16Ce n'était pas un musée.
21:17Je ne sais pas si vous n'étiez pas nés.
21:19Mais Jean-Louis Varro avait récupéré le centre d'Orsay.
21:22Il y a même une chanson très célèbre qui est née dans cette arole des maudes.
21:27« La mer est en bleu entre deux rochers bruns. Je l'aurais aimé. »
21:33Vous connaissez ?
21:35Je la chantais dans le spectacle.
21:38Je la chantais au banjo.
21:39J'avais un banjo et je jouais à cette chanson.
21:42Elle a été créée par Guy Béard.
21:45Ça a été un immense succès.
21:46Peu de gens savent que c'était pour Harold Desmond.
21:49Là aussi, il y a d'autres choses.
21:52Vous avez fait d'autres spectacles.
21:54Il y a un spectacle qui m'a marqué.
21:56C'est « Venise n'est pas en Italie » de Ivan Calberac.
21:58Là aussi, un genre très différent.
22:00Complètement.
22:01Un seul en scène.
22:06Pareil, c'est la première fois que j'abordais ce théâtre-là.
22:12C'est-à-dire le théâtre de la solitude sur scène.
22:15Avec énormément de gens dans la tête.
22:17Puisque je jouais une quinzaine de personnages.
22:19Donc il a fallu gérer ça.
22:21Comment gérer une salle tout seul ?
22:22Pareil, là aussi, j'ai beaucoup appris.
22:25J'ai eu le désir à un moment, l'envie de monter seul sur scène.
22:31Parce que j'avais été beaucoup en troupe aussi.
22:34Et j'ai vu un spectacle de Zabou Bretman qui s'appelait « La compagnie des spectres ».
22:41On va prendre la phrase.
22:41Voilà.
22:43Et j'ai vu un spectacle de Zabou Bretman qui s'appelait « La compagnie des spectres ».
22:48Qui m'avait marqué.
22:49Elle était toute seule en scène.
22:51Et son spectacle était formidable.
22:54Et en la voyant sur scène, je me souviens très bien, c'était au théâtre de la Gaîté.
22:57Et en la voyant sur scène, je me suis dit « Mais je crois que j'avais envie de ça.
23:01»
23:01de retrouver seul en scène et de jouer à un spectacle et de le défendre.
23:06Et « Venise n'est pas en Italie ».
23:07Ça a été une très, très, très, très belle aventure.
23:09Et puis Yvan Le Calbera qui a également écrit « L'étudiante » et M. Henry,
23:13que vous avez joué au cinéma avec Claude Brasseur.
23:15Avec Claude Brasseur.
23:16Je n'ai pas eu la chance d'avoir une scène avec Claude Brasseur.
23:19Mais je sais que c'était un immense acteur avec une voix mémorable.
23:26Et j'aurais adoré jouer avec lui.
23:28Mais vous avez joué dans d'autres films.
23:30Et on va évoquer justement une date aussi clé de votre parcours.
23:33Le 2 novembre 2011.
23:35A tout de suite sur Sud Radio avec Thomas Oliveres.
23:39Sud Radio, les clés d'une vie. Jacques Pessis.
23:41Sud Radio, les clés d'une vie.
23:43Mon invité Thomas Oliveres.
23:45Nous évoquerons tout à l'heure Amédéus.
23:47Mais là, on parle de la partition de votre parcours de comédien.
23:49Qui est très, très riche.
23:50Puisqu'on a évoqué vos débuts dans la pub.
23:52On a évoqué le théâtre.
23:54Et puis le 2 novembre 2011.
23:55C'est le jour de la sortie de ce film.
24:02Intouchable.
24:03Car vous êtes dans Intouchable avec un succès que vous n'imaginez pas.
24:06Ah non, mais je pense que personne ne l'imaginait.
24:09Éric Toledano et Olivier Nakache n'imaginez absolument pas que ce soit un tel succès mondial.
24:16Surtout, c'est assez fou.
24:17Il y a eu plus de 20 millions de spectateurs dans le monde aussi.
24:22Et non, moi j'ai une petite participation dans ce film.
24:25Et on m'en parle encore aujourd'hui.
24:27Les gens me reconnaissent encore d'Intouchable.
24:30Le plus mot dans Intouchable.
24:31Moi je suis touché et ravi de voir que un si petit rôle a pu marquer des gens.
24:38On a pu faire rire des gens.
24:40Donc non, non, c'était fabuleux.
24:44Au moins d'avoir en premier film, en tant qu'acteur, de me retrouver sur celui-là.
24:50Oui, car vous êtes acharné pour avoir ce rôle.
24:52Effectivement, vous êtes dans la pub.
24:55Vous croisez Éric Toledano et Olivier Nakache.
24:58Et vous allez insister pour passer le casting.
25:00Oui, en fait, je me souviens que sur le tournage, on s'entendait très bien et tout.
25:04J'arrêtais pas de leur dire, si un jour vous faites Nos Jours Heureux 2, je suis là, pensez à
25:10moi, tout ça.
25:11Et puis en fait, un jour, à Intouchable, on m'appelle et on me dit Éric Toledano et Olivier Nakache
25:17qui ont demandé à te voir, ils se souviennent de toi dans une pub qu'ils avaient réalisée.
25:22Ils se souviennent de toi, ils voudraient que tu passes une audition.
25:25Et je passe l'audition et je la rate complètement.
25:27Mais vraiment, je la rate parce que j'étais terrifié, parce que je suis très angoissé.
25:33Et j'ai complètement foiré mon audition.
25:36Et je me souviens très bien qu'Olivier Nakache avait appelé, je crois, mon agent en disant
25:42« Oh là là, c'était nul. Vraiment, c'était nul ce qu'il a fait. »
25:45Mais c'est pas le Thomas qu'on avait dans la pub, donc il va revenir.
25:50Il va revenir faire un call-back.
25:53Et j'étais revenu.
25:54Et en fait, ce jour-là, il y avait Omar qui était là, dans les bureaux de production.
25:58Et en fait, il est venu dans la salle et on a improvisé pendant un quart d'heure.
26:03Et on n'a quasiment pas fait la scène, juste on a improvisé.
26:06Il m'a vanné sur mes cheveux en me disant que j'avais une tête de plumeau.
26:10Et en fait, c'est comme ça que c'est arrivé.
26:11C'est comme ça que je suis arrivé aussi parce que j'ai improvisé sur ce moment-là.
26:16Et sur le plateau aussi, j'ai improvisé.
26:19On a rajouté toute la scène des croissants.
26:21Tout ça, ce n'était pas du tout prévu.
26:23Et c'est pour ça que je suis revenu après dans le film.
26:25On m'a rajouté cette scène qui n'était pas prévue à la base.
26:28Et ça relève du miracle ?
26:30Oui, en tout cas, ça relève de la chance, beaucoup.
26:34Je pense qu'une carrière, c'est aussi fait de chance, énormément.
26:38Regardez Omar Sy.
26:39Au départ, il doit passer un bac chauffage et climatisation.
26:43Il va au festival de Cannes pour Jamel de Bouche pour des sketchs.
26:46Donc, il ne passe pas son bac.
26:48Et ça a été le début de sa carrière.
26:50S'il avait passé son bac, il n'en serait peut-être pas là aujourd'hui.
26:52C'est vrai.
26:53Alors, il se trouve que ce rôle a changé sa vie.
26:56Parce que vous êtes bastien, je crois.
26:58Oui, c'est ça.
26:58Et c'est vrai que dans ce film, il y a François Cluzet.
27:01Et François Cluzet, en plus, vous étiez un fan, je crois.
27:04Oui, je suis un très grand fan de François Cluzet.
27:07C'est un acteur que j'estime énormément.
27:10C'est un acteur que j'ai beaucoup, beaucoup observé.
27:13Je lui ai dit, d'ailleurs.
27:14Je ne sais pas si je lui ai dit.
27:15Je lui ai dit là, en tout cas.
27:16C'est un acteur que j'ai beaucoup, beaucoup observé dans les films.
27:19J'ai le souvenir de, notamment à l'origine, le film de Xavier Giannoli.
27:26Il y a une scène où il revient.
27:29Il y a une scène de colère quand il revient se présenter à la banque.
27:33Et cette scène-là, je l'ai revue, je l'ai revue, je l'ai revue pour essayer de comprendre
27:36comment il faisait,
27:37comment il pouvait avoir cette intensité-là de jeu.
27:41Et il y a une phrase que j'aime beaucoup.
27:43On lui dit toujours, mais pourquoi vous êtes tout le temps énervé ?
27:47Il dit, mais je ne suis pas énervé, je suis engagé.
27:49Et ce côté, engagé, c'est un mot qui est important pour moi.
27:54Et on me dit toujours, c'est très intense.
27:56Quand je joue, je suis très intense.
27:58Et je pense à ça, au fait de s'engager dans la vie, s'engager dans le jeu, c'est
28:02aussi ça.
28:03Et ouais, François Cluzet, je n'ai jamais eu d'autres occasions.
28:07On s'est raté sur deux films.
28:08On a failli faire deux films ensemble, qui ne se sont pas faits, parce que la pandémie est arrivée.
28:14Et je pense que si la pandémie n'avait pas été là, je pense qu'on aurait pu jouer ensemble.
28:18Mais on n'avait jamais retravaillé ensemble depuis, et j'adorerais retravailler avec lui.
28:22Je crois que la première fois que vous l'avez croisé, Thomas Olivier, c'est à la sortie d'une
28:26piscine dans un hôtel.
28:27Oh là là, mais vous êtes hyper bien ! Vous êtes fort ! Vous êtes très très fort !
28:32J'avais fait si, vraiment.
28:34Oui, effectivement, c'est vrai.
28:35Et il était en peignoir.
28:37Et je crois que je n'ai même pas osé le saluer.
28:40En tout cas, j'ai peut-être dû lui dire, on a joué dans le même film, Intouchable.
28:45Il ne pouvait pas se souvenir de moi.
28:48Mais oui, il était en peignoir.
28:51On était à Saint-Jean-de-Mont pour le tournage de l'oncle Charles d'Étienne Châtilliez
28:55avec Valérie Bonneton, Alexandre Alamy, Arnaud Ducré et Di Michel.
28:59Mais il se trouve, en plus, que moi je ne connais pas d'acteur plus modeste que François Cuset.
29:04Il a galéré pour arriver où il est, et il ne l'a jamais oublié.
29:07Il a remercié, je le sais, des gens qu'il avait aidé quand il n'était rien,
29:11et quelquefois quand il n'y avait pas à manger.
29:14Mais je pense que c'est important, et ça c'est quelque chose qu'on a gardé avec mon frère,
29:18c'est de jamais oublier d'où on vient.
29:22Alors oui, on a la chance aujourd'hui de faire des projets et tout,
29:26mais moi je n'oublie pas que j'ai joué ado devant 4 personnes.
29:31J'ai joué sur scène devant 4 personnes.
29:33On était 3 sur scène, et la règle au théâtre c'est 3 plus 1 dans la salle.
29:36S'il y a 3 plus 1, tu joues.
29:38Donc comme on était 3, il y avait 4 personnes, on a joué.
29:41Et bien j'ai le souvenir de cette représentation devant 4 personnes.
29:45Et j'ai pris plus de plaisir devant 4 personnes à réussir à divertir 4 personnes
29:49que de jouer devant une salle pleine à craquer.
29:53Et je n'oublierai jamais ça.
29:55Je n'oublierai jamais que je viens de la comédie de Trois-Bornes,
29:58qui est un tout petit théâtre dans Paris.
30:01Et c'est important ça, pour garder les pieds sur terre.
30:07Et ça c'est aussi quelque chose d'une éducation de mes parents,
30:11de se dire aussi, demain, c'est pas aujourd'hui, on ne sait pas ce que sera demain.
30:18Ce qui est aussi difficile pour nous aujourd'hui,
30:20de réussir à se réjouir de ce qui nous arrive,
30:22parce qu'on a toujours l'inquiétude du demain,
30:25et du futur, et de ce qui va se passer.
30:26Je trouve aussi que vos débuts, c'était à la télévision,
30:30dans Scène de Ménage.
30:31Moi je me souviens, vous étiez un voisin de Marion Gammes et de Gérard Rienlandez.
30:35J'adore, j'ai adoré aussi cette période,
30:38j'ai adoré faire Scène de Ménage, je faisais le scout dans Scène de Ménage,
30:41et je rigolais énormément avec Gérard Rienlandez.
30:45Mais vraiment, c'était un...
30:47Je leur disais d'ailleurs, je disais,
30:48je viens voir mes petits vieux à l'EHPAD,
30:53et je venais sur le tournage,
30:54et on ricanait, mais on ricanait.
30:57D'ailleurs, je sais que tu fais partie des tops,
30:59dans les tops des bêtisiers,
31:02il y a toujours une image de moi,
31:04dans un des sketchs,
31:05où j'explose de rire avec Gérard,
31:07parce qu'il me fait des blagues tout le temps.
31:09Il me disait tout le temps,
31:10il parlait tout le temps de Malle de Marion Gammes,
31:12alors qu'elle était à côté,
31:13en disant, mais tu crois que Lynn Renaud,
31:14elle ne peut pas venir à la place de Marion,
31:15la remplacer, parce que j'en peux plus d'elle.
31:17Mais c'était vraiment un amour,
31:19j'ai adoré ce moment-là avec eux.
31:21En plus, lui, il faisait beaucoup de blagues avec Roger Carrel,
31:24je ne sais pas si vous le savez,
31:25il se faisait des blagues entre eux,
31:26et un jour, Roger Carrel glisse un soutien-gorge
31:31dans la voiture de Gérard Hernandez.
31:33Donc, la femme de Gérard Hernandez nettoie la voiture,
31:36trouve son soutien-gorge,
31:37et il répond, c'est Carrel.
31:38Il a eu beaucoup de mal à s'en sortir.
31:40Oui, je comprends.
31:41Il se trouve qu'il y a aussi un court-métrage
31:43qui a beaucoup marqué votre carrière,
31:45Thomas Olivier,
31:45il y a 30 kilos.
31:46Ah, oui, c'est vrai.
31:48Parce que finalement,
31:48ça a été quelque chose de très improvisé, en plus.
31:51Ah, mais complètement.
31:5230 kilos, c'était un court-métrage
31:55d'un 48 heures,
31:56le fameux festival 48 heures
31:59pour faire un film.
32:00Et un jour, on m'a appelé,
32:01on m'a dit,
32:02est-ce que tu veux participer à ce tournage-là ?
32:05En 48 heures, on doit faire un film.
32:08Et je dis, bon oui, pourquoi pas ?
32:09Et on l'a fait,
32:10et j'ai reçu un prix d'interprétation
32:12pour ce fameux 30 kilos.
32:15Et c'était assez joyeux.
32:16Tourner un film en 48 heures,
32:18c'est totalement fou.
32:18Oui, c'est totalement fou
32:19parce qu'en plus,
32:20ils ont écrit la nuit,
32:23ils ont à tourner,
32:24ils l'ont monté.
32:25Enfin, c'était complètement artisanal.
32:27Et c'est ce que j'aime bien aussi
32:28dans ce métier-là,
32:30c'est qu'on reste avant tout des artisans.
32:33Et ce n'est pas forcément des tournages
32:35sur 7 mois
32:37avec énormément de millions d'euros.
32:39Non, c'est aussi
32:40tourner un film en 48 heures.
32:42Alors, je reviens à l'oncle Charles
32:43parce que vous avez quand même tourné
32:44dans le film d'Étienne Châtillet
32:45avec Eddy Mitchell.
32:47Oui.
32:47Et ça, c'est aussi une légende.
32:48La classe incarnée.
32:49La classe, vraiment,
32:51la générosité, l'élégance.
32:53J'étais extrêmement impressionné
32:56de me retrouver face à Eddy Mitchell
32:58et de jouer avec lui.
33:00C'était un vrai bonheur
33:02de travailler avec lui.
33:03En tout cas, en plus,
33:04lui, il est fou de cinéma depuis toujours.
33:06Quand il avait 14 ans,
33:07il est travaillé comme coursier
33:08dans une banque.
33:09En fait, il n'était pas là,
33:10il s'est fait virer
33:10parce qu'il passait ses journées
33:12au cinéma
33:12et il entrait le matin,
33:14il s'en faisait le soir
33:15parce qu'on pouvait rester au cinéma
33:17toute la journée
33:17et souvent,
33:18il rentrait par la porte de derrière
33:19pour ne pas payer.
33:20Ça marchait.
33:21Et c'est comme ça
33:22qu'il a fait sa culture cinématographique.
33:24Oui.
33:24Mais on a beaucoup,
33:25beaucoup parlé de cinéma
33:26avec Eddy Mitchell.
33:27Le seul regret que je peux avoir,
33:30c'est vrai qu'à Saint-Jean-de-Mont,
33:31du coup, dans l'hôtel où on était,
33:32il y avait un piano
33:33et tous les soirs,
33:34on se couchait extrêmement tard
33:35avec Valérie Montouard,
33:37Ducré,
33:38Alexandre Alamy
33:39parce que je jouais au piano
33:41et je jouais plein de classiques
33:43de la chanson française.
33:44Et souvent,
33:45je jouais du Eddy Mitchell
33:46et j'espérais qu'un jour,
33:47il allait l'entendre
33:48et qu'il allait descendre
33:49et venir chanter avec nous.
33:50Il ne l'a jamais fait,
33:51mais j'aurais aimé ce moment-là
33:53avec Eddy.
33:54Oui, il est plutôt discrète.
33:55Et puis, il y a eu aussi
33:56un film étonnant
33:57et vous avez eu un rôle étonnant,
33:59c'est le rôle d'Edmond Rostand
34:00parce qu'Alexis Michalik
34:02vous a appelé
34:02pour jouer dans l'adaptation au cinéma
34:05de son succès, Edmond.
34:06Oui, c'est...
34:08D'ailleurs,
34:10je n'y croyais pas trop,
34:12en fait,
34:12quand Alexis m'a...
34:15On s'est vu un jour,
34:16il m'a dit
34:16« Viens, viens,
34:19je vais voir un spectacle,
34:20viens avec moi. »
34:22Je vais avec lui
34:22et dans l'ascenseur
34:24qui nous mène à la salle,
34:26au backstage et tout,
34:27il me dit
34:27« Mais tu sais que là,
34:28je vais faire Edmond Rostand au cinéma. »
34:30Je dis « Ah, super ! »
34:31Il dit « Ouais, je cherche mon Edmond. »
34:34Et je lui dis « Ah, bah, super ! »
34:35Et je lui ai fait une liste d'acteurs.
34:37Je lui dis « Ah, bah,
34:37il faut que tu vois Vincent Lacoste,
34:40je lui cite d'autres acteurs. »
34:43Et il me dit
34:43« Non, non, t'as pas compris,
34:45je cherche mon Edmond. »
34:46Et il me regarde
34:47et il laisse un silence.
34:48Et je lui dis
34:49« Ah, ah bon ? Moi ? »
34:52Il me dit « Bah, ouais, je pense que ouais, ouais. »
34:54Il me dit
34:54« Il faudrait qu'on fasse des essais,
34:55il faudrait convaincre tout le monde
34:57que ça pourrait être toi. »
34:59Mais oui, je pense que ça pourrait être toi.
35:00Et donc, j'ai fait des essais.
35:02J'ai fait des essais
35:04comme on fait rarement.
35:05C'est-à-dire, j'ai fait,
35:06je crois que j'avais
35:0635 pages de texte à prendre,
35:08j'avais 6 séquences à apprendre.
35:10On a fait des vrais essais filmés
35:11pour convaincre Gaumont, tout ça.
35:13Et oui, Edmond,
35:14ça a été
35:16une expérience fabuleuse.
35:17Quand on pense que Cyrano,
35:19qui a été adapté
35:19des dizaines de fois au cinéma,
35:21le premier,
35:22c'est en 1925,
35:23un film muet
35:23qui existe encore aujourd'hui
35:24avec Pierre Magnier
35:25qu'on a totalement oublié
35:27dans le rôle de Cyrano.
35:28Et puis, il y a une chose
35:28qu'il faut savoir aussi,
35:30Thomas Solivéresse,
35:31c'est que vous êtes
35:31un pionnier des web-séries.
35:35C'est vrai ?
35:35Vous avez tourné des web-séries.
35:36Et à l'époque,
35:37où personne ne le faisait.
35:38Oui, c'est vrai.
35:39Ah, je suis précurseur,
35:40c'est ça ce que vous êtes en train de dire ?
35:41Oui, c'est ça.
35:41Oui, j'ai fait une web-série
35:43qui s'appelle Pusso X.
35:45Oui.
35:45C'est ça ?
35:46Réalisé par Benjamin Parent.
35:47Je ne sais pas si c'est...
35:48Non, mais il y a eu aussi
35:50VDM, la série.
35:51Ah oui, c'est vrai.
35:52Je l'ai complètement oublié,
35:53vous voyez.
35:54Qui était basé
35:55sur les dialogues authentiques.
35:57Et puis, il y avait
35:57ce qu'il y avait sur la chaîne
35:58On s'exprime sur YouTube
35:59et qui était destiné aux jeunes.
36:00Oui, c'est vrai.
36:01J'avais complètement oublié.
36:02C'est vrai que j'ai fait ça aussi
36:04parce que, oui,
36:05VDM, c'était un programme court
36:07qui était très drôle à faire
36:09et j'avais pris beaucoup de plaisir.
36:10Et pareil, c'était des sketchs
36:11avec plein de personnages
36:13mais je n'ai jamais revu ces images.
36:14Il faudrait que je retrouve ça.
36:15Oui, parce qu'en plus,
36:16finalement, aujourd'hui,
36:16tout le monde fait ça.
36:18Essayer d'aider les jeunes
36:19avec des sujets authentiques
36:20et vous êtes le premier
36:22à l'avoir fait.
36:23J'avais fait cette série-là
36:24et j'avais fait une autre série aussi,
36:26une web-série
36:26dont je parle
36:27qui s'appelle Pusso X
36:28réalisée par Benjamin Parent.
36:29Et justement aussi,
36:30c'était sur deux jeunes
36:31et sur leurs problèmes de sexualité
36:34et comment on aborde la sexualité
36:36quand on est ado, tout ça.
36:37J'avais fait ça
36:38et j'avais fait un autre aussi
36:41sur un truc qui s'appelle
36:42Pusco Itoum
36:43qui a fait le tour aussi du monde
36:45et c'était une web-série
36:48sur l'adolescence
36:49et le rapport à la sexualité.
36:51Et puis avant de parler de Mozart,
36:52il faut parler d'un autre personnage historique
36:54qui vous a marqué,
36:55c'est Voltaire.
36:55Car vous avez fait l'enfance de Voltaire
36:57et là, il y a eu un côté révolté
36:59qui vous a plu.
37:00Oui, c'était vraiment un personnage
37:03où je me suis senti,
37:06il a déclenché quelque chose en moi.
37:09Je pense que j'avais besoin
37:11à ce moment-là de ma vie,
37:12cette révolte,
37:13cette colère.
37:14J'avais besoin d'un personnage
37:16tout feu, tout flamme comme ça.
37:18J'ai adoré tourner ce programme-là,
37:22cette série-là
37:23et aborder ce personnage de Voltaire,
37:26de François-Marie Harouet
37:26et comment on devient Voltaire,
37:30comment de François-Marie Harouet
37:31on devient ce personnage-là.
37:32Et j'ai adoré travailler en amont
37:35le personnage.
37:36J'ai eu un accès à la BNF
37:39où j'ai pu, en leur expliquant
37:41que j'allais faire Voltaire,
37:42ils m'ont laissé avoir un accès en dessous
37:44pour ceux qui font justement des thèses
37:47sur des grands personnages.
37:49Donc j'ai eu accès à plein de documents
37:51qui étaient fascinants sur Voltaire
37:54et j'ai appris beaucoup de choses.
37:56J'ai tout oublié, évidemment,
37:58parce que c'est ça le comble,
38:00malheureusement, d'un acteur,
38:01c'est de tout oublier
38:02une fois que le projet est terminé.
38:04C'est vrai que quand je faisais Edmond Rostand,
38:05je pouvais faire des masters.
38:07Sur Edmond Rostand,
38:08je pouvais parler de ce personnage-là.
38:10Voltaire, c'était la même chose.
38:11Aujourd'hui, je ne sais plus rien.
38:12À part une citation de Voltaire
38:14que je garde
38:15et qui m'habite énormément,
38:17c'est
38:17« Le doute est en état mental désagréable,
38:20mais la certitude est ridicule. »
38:22Belle phrase,
38:23mais vous ne pensez plus à Voltaire,
38:25vous pensez à Mozart.
38:26Et on va l'évoquer
38:27à travers la date du 7 octobre 2026.
38:29A tout de suite sur Sud Radio
38:30avec Thomas Oliveres.
38:32Sud Radio,
38:33les clés d'une vie,
38:34Jacques Pessis.
38:35Sud Radio,
38:36les clés d'une vie,
38:37mon invité Thomas Oliveres.
38:38On a évoqué votre parcours détaillé,
38:40le théâtre, le cinéma.
38:41Et puis 7 octobre 2026,
38:43reprise au théâtre Marigny
38:45d'Amedeus.
38:46Amedeus qui est au départ,
38:47il faut se souvenir,
38:48un film culte.
38:50Excusez-moi majesté,
38:51mais peut-on me dire
38:52quelles sont ses vertus ?
38:53Le film de Milos Forman
38:55que vous avez vu sans doute.
38:56Oh oui, bien sûr.
38:58Plusieurs fois.
38:58Plusieurs fois.
38:59Après, j'ai essayé
39:00de ne pas trop le regarder
39:01non plus pour ne pas faire
39:04une pâle copie
39:05de ce que fait Tom Holtier
39:06dans le film,
39:08qui pour moi est un acteur
39:10absolument phénoménal
39:11et ce qu'il fait dans le film
39:12est absolument phénoménal.
39:13Donc j'ai essayé
39:14de ne pas trop le copier.
39:17En fait, au départ,
39:18c'est Mark Hamill
39:19qui avait joué le spectacle
39:20à Broadway
39:20qui devait prendre le rôle.
39:21Seulement, il avait fait
39:22Luke Skywalker dans Star Wars.
39:24Donc ce n'était pas possible
39:25pour Milos Forman
39:26de prendre celui
39:27qui avait pris Luke Skywalker.
39:29Exactement.
39:29Et donc, vous avez pris
39:31donc c'est Amédeus.
39:31Amédeus, il faut savoir
39:32au départ
39:33que c'est au départ
39:34Salieri
39:35qui est le fil conducteur
39:37du spectacle.
39:37Oui, avant tout, c'est ça.
39:39Avant tout, c'est la confrontation.
39:41Ce n'est même pas la confrontation
39:42entre Salieri et Mozart.
39:44C'est la confrontation
39:45entre Salieri et Dieu.
39:47Pourquoi Dieu a choisi...
39:50Pourquoi Dieu a tendu la main
39:52à Mozart,
39:53lui a donné ce génie-là
39:54et pas à Salieri.
39:56Et Salieri était le seul
39:58à reconnaître le talent
40:01sublime de Mozart.
40:03Il s'en rendait compte.
40:04Il pleurait quand il écoutait
40:06ce qu'écrivait Mozart.
40:07Et ça le rendait fou
40:08de ne pas avoir ce génie-là.
40:10Même si Salieri
40:11était une star à l'époque.
40:13Il a écrit plus de 40 opéras.
40:15Il y en a des absolument sublimes.
40:17D'ailleurs,
40:17dans Amédeus,
40:18la dernière musique
40:19qu'on entend,
40:21c'est le Requiem de Salieri
40:22que je conseille aux auditeurs
40:24si jamais ils veulent écouter
40:25du Salieri.
40:26Le Requiem de Salieri
40:27est vraiment absolument sublime.
40:28Alors, il se trouve
40:29que le projet est né
40:30parce qu'un jour,
40:31Olivier Autrefraire a dit
40:32« J'aimerais bien refaire du théâtre
40:34avec mon frère Thomas ».
40:36Oui.
40:36En fait,
40:37quand il a monté
40:38Le Cercle des Poets Disparus,
40:39c'est un spectacle
40:40qui a mis beaucoup de temps
40:41à se monter.
40:42Dix ans, je crois.
40:42Oui, dix ans.
40:43On en avait parlé.
40:45On n'arrêtait pas d'en parler.
40:46Ça prenait du temps,
40:47du temps, du temps,
40:47des années, des années.
40:48Et ça se repoussait
40:49chaque année,
40:50chaque année, chaque année.
40:51Et puis, moi,
40:51à un moment donné,
40:52je continuais ma carrière au cinéma.
40:54Et puis, en fait,
40:55il y a eu un moment
40:55où le projet allait se monter.
40:58Moi, j'avais déjà donné
40:59mon accord sur un film
41:00et donc, je n'ai pas pu faire
41:02Le Cercle des Poets Disparus.
41:04Ce qui m'a rendu
41:05quand même assez triste
41:06parce qu'on en parlait
41:07depuis dix ans
41:07et ne pas être là.
41:09Vous auriez dû jouer
41:10le rôle du professeur ?
41:11Non.
41:11Non ?
41:11Non, j'aurais dû jouer
41:12le rôle de Neil Perry,
41:13le jeune garçon
41:14qui se suicide.
41:16C'était prévu.
41:17Non, j'étais encore
41:17trop jeune pour jouer
41:18Le Professeur.
41:19Peut-être qu'un jour,
41:19je le ferai, j'espère.
41:21Mais comme j'adorerais
41:22pouvoir jouer Salieri
41:23plus tard, plus tard.
41:25Mais donc, voilà,
41:26on s'est raté
41:27sur ce projet-là
41:27et quand le succès
41:28du Cercle des Poets Disparus
41:30est arrivé,
41:31Olivier m'a dit tout de suite
41:32qu'il faut qu'on trouve
41:32quelque chose,
41:33qu'il faut qu'on trouve
41:33un truc ensemble.
41:34On est partis
41:35dans un grand magasin,
41:36la FNAC,
41:38chercher, regarder,
41:39s'inspirer.
41:40Et puis, lui,
41:41il est arrivé avec des DVD
41:42et puis moi,
41:43je suis arrivé avec Amadeus
41:44et je lui ai dit
41:45tiens, regarde,
41:45est-ce qu'on ne ferait pas ça ?
41:47Et on est partis là-dessus.
41:48Oui, ça a été une évidence.
41:50Oui.
41:51Oui, c'est un peu
41:52une évidence aussi
41:53parce que je trouvais
41:54que pour lui,
41:55pour Olivier,
41:56c'était un projet
41:58évident
41:58parce qu'il y a
41:59cette folie-là.
42:00Il voulait quelque chose
42:01de beau,
42:03il voulait faire
42:05un grand spectacle
42:06avec de la musique,
42:07avec des musiciens
42:08et je lui disais
42:09Amadeus, c'est parfait
42:10et puis moi,
42:10quand même,
42:11je m'offrais un rôle
42:13assez sympa.
42:15Alors, il se trouve
42:15qu'au départ,
42:16on connaît la version
42:17d'Amadeus,
42:17on sait qu'il a été monté
42:18par Polanski
42:19avec François Perrier
42:20en 82,
42:21à Marigny, justement.
42:22Ça a été un succès public
42:24mais pas de critique.
42:25Il fallait adapter
42:26parce qu'on n'est plus
42:26en 82,
42:27on est en 2026.
42:29Oui, c'est un spectacle
42:31qui, à la base,
42:32c'est une pièce de théâtre
42:33qui a été écrite
42:34par Peter Schaeffer
42:35et Milos Forman
42:35a vu la pièce au théâtre
42:37et a dit à Peter Schaeffer
42:38« Je veux que vous adaptiez
42:39votre pièce en scénario ».
42:40C'est comme ça que Milos Forman
42:42a fait le film.
42:43Mais donc, c'est vrai
42:44que la pièce avait,
42:46on peut dire,
42:46un petit peu vieilli.
42:48Donc, il a fallu,
42:50Olivier,
42:50à retravailler
42:51toute la pièce.
42:53Il est reparti
42:53du texte anglais
42:54et à réadapter
42:56pour le rendre,
42:57pour rendre une forme
42:58un peu plus moderne.
43:00D'ailleurs,
43:00la version de Polanski,
43:01je crois,
43:02durait 3h30.
43:03quand nous...
43:04Je m'en souviens.
43:05Ah, vous l'avez vu ?
43:06Ah oui.
43:08Je n'étais pas là.
43:09Je ne l'ai pas vu.
43:10Mais la version d'Olivier
43:13dure 2h15.
43:14Donc, il a beaucoup coupé
43:15et on essaye
43:16d'avoir un rythme entraînant
43:17pour pas que les gens
43:19puissent s'ennuyer.
43:20Oui.
43:20Et puis, il y a le contraste
43:21entre Salieri et Mozart
43:22qui est nettement mis en valeur.
43:25Oui.
43:26On essaye de...
43:27Voilà,
43:27c'est pas le bien et le mal,
43:29mais c'est quand même
43:30cette confrontation
43:31entre deux personnages
43:32qui sont vraiment opposés,
43:36littéralement opposés.
43:36La jeunesse,
43:39je ne vais pas dire la vieillesse
43:40parce que sinon,
43:40Jérôme Kirchner,
43:41je vivrais très mal.
43:42La noirceur.
43:43La noirceur, en tout cas.
43:44Mais il y a cette confrontation
43:45entre deux personnages,
43:48deux époques aussi différentes.
43:50C'est vrai que Mozart,
43:51à ce moment-là,
43:52il a une capacité
43:54de composer une musique
43:55totalement nouvelle.
43:57À l'époque,
43:57on ne composait pas comme ça
43:59et c'est pour ça
43:59que finalement,
44:00Mozart n'a pas eu
44:01un tel succès.
44:03à l'époque,
44:03parce qu'il était avant-gardiste.
44:06Et Saliri, lui,
44:08était plus dans les clous
44:09de la composition,
44:10comment on devait composer
44:11à l'époque
44:12la musique classique.
44:13Oui,
44:13mais Saliri était le roi
44:14à la cour
44:15et voir arriver ce jeune homme,
44:16ça a été un problème.
44:17Ah, ça a été un gros problème,
44:18oui.
44:19Et donc,
44:20la pièce et le travail
44:21que vous faites
44:22avec Olivier,
44:23c'est de montrer
44:24que l'être humain
44:24est capable de me dire
44:25comme du pire
44:26dans la contradiction.
44:27Oui, c'est ça.
44:27C'est ça.
44:28C'est comment un jeune garçon
44:30peut se permettre
44:31de rire
44:32avec ce rire aussi exubérant,
44:34pété,
44:35dire des grossièretés
44:36et en même temps,
44:37écrire la flûte enchantée,
44:38en même temps,
44:39écrire le requiem.
44:42Comment c'est possible ?
44:44Et c'est cette complexité
44:48et cette dualité
44:50qu'il y a entre ces deux personnages.
44:51C'est comment Dieu a accepté
44:54de donner ce génie-là
44:56à un espèce d'énergumène
44:58tel est Mozart.
45:00Le rire justement de Mozart,
45:02il faut le faire sur scène.
45:04Là aussi,
45:04ça a été compliqué.
45:05Oui, ça a été compliqué
45:07parce qu'il a fallu le trouver.
45:08Et pour le trouver,
45:09il faut le faire.
45:10J'ai beaucoup pratiqué
45:13le rire chez moi
45:14et même dans des lieux publics
45:17pour voir si ça gênait
45:18les gens que je riais comme ça.
45:21Ça m'est arrivé
45:22avec ma compagne
45:22dans le métro parisien
45:23de rire avec ce rire-là
45:25et de voir qu'elle rougissait
45:26en disant
45:26je t'en supplie,
45:27arrête de faire ça,
45:28c'est gênant.
45:29Mais donc,
45:30j'ai cherché ce rire
45:31et de trouver un rire
45:33qui se rapproche
45:34de celui de Tom Hulsem
45:35et qui est aussi le mien
45:36parce que je ne voulais pas copier.
45:38Et j'avais quand même
45:39cette pression-là.
45:39Je ne pensais pas
45:40que les gens attendaient
45:41à ce point.
45:42Tous les gens
45:42qui se disaient
45:43je vais faire Amédeus,
45:44ils me disaient
45:44mais t'as le rire,
45:45t'as le rire,
45:46tu vas faire le rire.
45:46Et j'étais genre
45:47oui, oui, je veux faire le rire.
45:48Donc je l'ai cherché.
45:48Je l'ai cherché.
45:49Je l'ai trouvé, j'espère.
45:50Oui, en même temps,
45:51ce qu'on ne sait pas,
45:52c'est qu'il a été inventé
45:53pendant les auditions.
45:54Au départ,
45:55ce n'était pas prévu
45:56dans le scénario
45:56et le rire était tellement énervant
45:58que certains techniciens
45:59portaient des bouchons
46:00dans les oreilles
46:00pour ne pas l'entendre.
46:02parce qu'il est agaçant.
46:03C'est agaçant.
46:03Mais même moi,
46:04sur scène,
46:04parfois ça m'arrive
46:05de sortir de scène
46:06et de dire
46:06je suis insupportable.
46:07Je suis insupportable.
46:09Je sors de scène
46:09et je me dis
46:09mais les gens me détestent,
46:11doivent me détester
46:12de rire,
46:13de cette exubérance.
46:15C'est insupportable.
46:16Mais après,
46:17cela dit,
46:17c'est vrai que Mozart
46:18avait quand même
46:19il y a eu des écrits
46:20où on parle d'un rire
46:22quand même agaçant
46:23ou en tout cas
46:24une voix quand même agaçante.
46:26Je pense que ce rire
46:26n'est pas arrivé,
46:28voilà,
46:28est une invention
46:29mais pas non plus
46:31complètement farfelue.
46:32Alors ça veut dire
46:33que pour rentrer
46:34dans la peau de Mozart,
46:35Thomas Olivier Ress,
46:36vous avez énormément travaillé,
46:37vous avez lu,
46:38écoutez,
46:38comment ça s'est passé ?
46:40Oui,
46:40j'ai beaucoup lu.
46:42J'ai lu plein,
46:44plein,
46:44plein de choses différentes
46:45et il y a des très,
46:46très,
46:47des très bons écrits
46:49sur Mozart
46:51et je me suis
46:54beaucoup inspiré
46:54de plein de choses.
46:56J'ai regardé
46:57beaucoup de peintures
46:57aussi de l'époque.
46:58Dans ma loge,
46:59j'ai un mur
47:00avec plein de photos,
47:01d'inspiration,
47:02oui,
47:03d'Amadeus,
47:04de Milos Forman
47:04mais pas que,
47:05il y a plein de choses
47:06différentes
47:06et la musique
47:09évidemment
47:09est extrêmement importante.
47:11Tous les soirs,
47:11il y a du Mozart
47:12dans ma loge,
47:13je pense aux grands dames
47:15de mes collègues
47:17qui entendent tout le temps
47:18du Mozart
47:19et qui n'en peuvent plus
47:19d'entendre du Mozart
47:20et qui me demandent
47:21parfois de mettre
47:22des choses différentes
47:23mais oui,
47:23dans ma loge,
47:24c'est une règle,
47:26il doit y avoir du Mozart
47:27avant de jouer.
47:28Oui,
47:28et puis il y a
47:29la construction
47:29du personnage,
47:30je pense que
47:31comme pour les autres rôles,
47:32ça a mis des semaines
47:32et des semaines,
47:33Thomas Olivier Vérez.
47:34Ah oui,
47:34ça a mis même
47:35des mois
47:35et des mois
47:36parce que même
47:37ne serait-ce que
47:37pour jouer,
47:38j'avais dit à mon frère,
47:40j'ai besoin d'un an,
47:41j'ai besoin d'un an
47:42pour pouvoir intégrer
47:43les morceaux
47:44donc s'il te plaît,
47:45ne me sors pas
47:46un morceau au piano
47:47à jouer deux semaines
47:49avant le début du spectacle.
47:50Il m'a dit
47:51non,
47:51t'inquiète pas,
47:52t'inquiète pas,
47:53on fera ça bien
47:54en avant.
47:55Évidemment,
47:56deux mois avant,
47:56il me dit
47:57ah,
47:57ce serait bien
47:57que tu joues ça.
47:58Je dis,
47:58mais c'est impossible.
47:59Donc il y a un morceau
48:00qui est arrivé,
48:00le fameux Pamina,
48:02Pamina est arrivé
48:03deux mois avant la première
48:04et il a fallu que je...
48:06c'est pas possible,
48:07je t'avais dit
48:07de me prévenir.
48:08Mais donc oui,
48:09il a fallu quand même
48:10travailler
48:13et réfléchir quand même
48:15à ce que représentait
48:16ce personnage,
48:17ce qui moi me touchait
48:20chez lui
48:21et le rapport à l'enfance.
48:23J'ai beaucoup,
48:23beaucoup travaillé à ça,
48:24au rapport à l'enfance
48:25et au rapport à la mort.
48:27C'est deux questions
48:28qui me questionnent.
48:30Deux questions
48:31qui me questionnent.
48:32Oui, oui.
48:32Super.
48:33Mais c'est vrai
48:34que ces deux sujets
48:34qui en dehors de Mozart
48:35vous touchent.
48:36Oui,
48:37ces deux sujets
48:37qui me touchent
48:39et notamment,
48:41j'ai mis du temps
48:42à réaliser
48:43et c'est une des comédiennes
48:46du spectacle,
48:47Marjolaine,
48:47que j'embrasse,
48:48qui un jour m'a écrit,
48:49qui est aussi musicienne
48:50sur scène,
48:50qui est une des violoncellistes
48:51et qui se préoccupait
48:53quand même
48:54de ma santé
48:55parce que c'est un rôle
48:56qui est assez complexe
48:59parce que comme vous parliez
49:01tout à l'heure
49:01de François Cluzet
49:02et moi je vous parlais
49:03de l'engagement,
49:04c'est un rôle
49:04où je m'engage
49:04aussi beaucoup
49:06émotionnellement,
49:06j'essaye d'aller
49:07assez loin
49:09et Marjolaine
49:09un jour me demandait
49:11si ça allait,
49:11je dis oui ça va,
49:12je suis quand même
49:12un peu émotionnellement
49:14c'est difficile,
49:15elle me dit oui,
49:15ça doit pas être évident
49:16de mourir tous les soirs
49:17sur scène
49:18et j'avais absolument
49:19pas réalisé
49:20que tous les soirs
49:20j'affrontais la mort
49:21et que tous les soirs
49:22je mourrais sur scène
49:24avant de renaître
49:26et quand je l'ai réalisé
49:27j'ai perdu ma voix
49:29je suis devenu
49:30un peu à faune
49:31et aujourd'hui
49:32j'ai une voix
49:33qui est différente
49:34depuis que je joue
49:34Amadeus
49:35j'ai une voix
49:36qui est beaucoup plus
49:38cassée,
49:38beaucoup plus abîmée
49:39et du coup
49:40je l'utilise
49:41je me dis
49:41c'est cette espèce
49:42de fissure
49:43cette espèce
49:44de grain
49:45c'est aussi ce grain
49:46là de Mozart
49:46il y a quelque part
49:48où il y a quelque chose
49:48qui est brisé
49:49en lui
49:49et c'est le rapport
49:51entre l'enfance
49:52et l'adolescence
49:55et le fait
49:56de devenir un homme
49:57et cette grande question
49:58là
49:59moi qui joue
49:59beaucoup de rôle
50:00d'adolescent
50:01et d'éternel adolescent
50:02quand est-ce que
50:03je vais devenir un homme
50:04je ne sais pas
50:06la question reste posée
50:07alors il y a aussi
50:07l'affrontement
50:08avec Salieri
50:09c'est-à-dire
50:10Jérôme Kircher
50:11là aussi
50:11c'est pas simple
50:12parce que Jérôme Kircher
50:13c'est un élève
50:14de Michel Bouquet
50:15qui a travaillé
50:15dans des têtes classiques
50:16là aussi
50:17c'était pas simple
50:18Thomas Oliveres
50:19non mais quel bonheur
50:20et quel plaisir
50:21de travailler
50:21avec Jérôme Kircher
50:22c'est un acteur
50:23que j'estime
50:24énormément
50:25je l'avais vu
50:26justement à l'époque
50:27quand j'étais au cours Florent
50:28j'avais été voir
50:28un spectacle
50:29aux ateliers Berthier
50:30qui était la petite Catherine
50:31de Heigh Brown
50:32c'était un peu la
50:33il me semble
50:33je sais pas
50:34si c'était pas la première fois
50:35que j'allais aux ateliers Berthier
50:36à l'Odéon
50:37atelier Berthier
50:37et donc je vois ce spectacle
50:39et je vois un acteur
50:40mais je suis fasciné
50:42par cet acteur
50:42prendre tout le spectacle
50:43je ne regarde que lui
50:44que lui
50:44que lui
50:45il y avait une diction
50:46une façon de se tenir
50:47de se présenter sur scène
50:49et je me dis
50:51mais qui est cet acteur
50:52et on me dit
50:52mais c'est Jérôme Kircher
50:53et je découvrais
50:54Jérôme Kircher
50:54pour la première fois
50:55et pendant des années
50:57j'ai pensé à cet acteur-là
50:58et j'ai regardé
50:59ce qu'il faisait
51:00je l'ai vu
51:00et un jour
51:01mon frère me dit
51:02mais je sais que j'ai pensé
51:03à Jérôme Kircher
51:04et je lui dis
51:04évidemment
51:05évidemment il faut que ce soit
51:06Jérôme Kircher
51:07je veux que ce soit
51:08Jérôme Kircher
51:09et j'ai énormément appris
51:11avec Jérôme
51:11et chaque représentation
51:14j'apprends
51:14tous les soirs
51:15j'apprends
51:16et on parle beaucoup
51:17et c'est une vraie
51:19collaboration artistique
51:20entre nous
51:21et je suis ravi
51:22de partager la scène
51:23tous les soirs avec lui
51:24Il faut savoir
51:24qu'à Medeus
51:25à Marigny
51:25c'est aussi un grand spectacle
51:26ce qui n'est plus très courant
51:27aujourd'hui
51:28avec 14 personnes sur scène
51:29avec un décor
51:30qui évolue
51:31là aussi c'est un gros risque
51:33Oui c'est un gros risque
51:34c'est le choix aussi
51:37de la direction
51:38du Théâtre Marigny
51:39c'est d'arriver
51:40avec un spectacle
51:41avec des musiciens sur scène
51:42avec des chanteurs
51:43tous les soirs
51:45avec pas forcément
51:46des têtes d'affiche
51:47la tête d'affiche
51:48c'est Amadeus
51:49c'est Mozart
51:52donc c'est un choix aussi
51:54on a eu la chance
51:55d'avoir le public
51:56qui nous a suivis
51:57tout de suite
51:58et d'avoir des salles
51:59qui sont remplies
51:59tous les soirs
52:00et les gens qui sont ravis
52:01de venir voir
52:02un grand et beau spectacle
52:04en tout cas
52:05ce qui est sûr
52:05c'est que nous
52:06tous les soirs
52:0714 sur scène
52:08chaque soir
52:09on défend ce spectacle
52:10et on s'engage
52:12tous les soirs
52:13pour donner le meilleur
52:14de nous-mêmes
52:14et pour pouvoir divertir
52:16un public nouveau
52:16tous les soirs
52:17ça c'est votre aventure actuelle
52:19mais je suis sûr
52:19que vous en préparez
52:20bien d'autres
52:21j'espère
52:22parce que finalement
52:23à chaque fois
52:24vous apprenez quelque chose
52:25vous évoluez
52:26Thomas Olivier Ress
52:27bah oui
52:27mais je pense que c'est ça aussi
52:28d'être acteur
52:29c'est à partir du moment
52:30où je me dis
52:31oh j'ai tout compris
52:32autant arrêter
52:33pour moi être acteur
52:35c'est se renouveler
52:35c'est découvrir
52:36autre chose de soi
52:38et autre chose des autres
52:39c'est la complexité
52:40de l'être humain
52:42c'est aussi d'essayer
52:42de le comprendre
52:43de comprendre l'être humain
52:46et de se comprendre
52:46soi-même
52:47et découvrir des choses
52:48de soi
52:48et découvrir des choses
52:49des autres
52:49donc c'est voilà
52:50évoluer en permanence
52:52et continuer en permanence
52:53d'apprendre
52:53en tout cas
52:54si on n'a pas découvert
52:55encore cet amédéus
52:56à Marigny
52:57c'est du mercredi
52:58au jeudi à 20h
53:00le vendredi à 21h
53:01le samedi à 16h30
53:02et le dimanche
53:03à 16h30
53:04et le dimanche
53:05à 15h
53:05ça fait beaucoup
53:06de représentations
53:07comment vous faites
53:08pour tenir le choc
53:08je ne sais pas
53:09je ne sais pas
53:10vraiment
53:11c'est un spectacle
53:12qui est très engageant
53:14pour l'instant
53:15je tiens
53:16ça va
53:16mais c'est vraiment
53:18un travail de sportif
53:20il faut avoir
53:20une vraie routine
53:21et bien continuez
53:22à tenir comme ça
53:23pour le plaisir du public
53:24et continuez à vivre
53:26votre passion
53:26qui est intacte
53:27et qui à mon avis
53:28n'est pas prête
53:28de s'arrêter
53:29je l'espère
53:29merci beaucoup
53:30Thomas Olivier
53:31et puis à bientôt
53:32parce que vous ferez
53:33beaucoup d'autres choses
53:33j'espère vous revoir
53:35à bientôt
53:36les clics d'une vie
53:36c'est terminé pour aujourd'hui
53:37on se retrouve bientôt
53:38restez fidèles
53:39à l'écoute de Sud Radio
53:40Sous-titrage Société Radio