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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-06-25##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celles de mon invité.
00:05Trois lettres toutes simples vous ont permis d'atteindre des chiffres records.
00:09Votre succès ne doit rien au miracle, même si le pape Jean-Paul II y a un jour contribué.
00:14Vous êtes de retour après dix ans de silence.
00:17Bonjour Éra, ou plutôt, bonjour Éric Lévy.
00:20Bonjour, merci de m'accueillir chez vous.
00:22Écoutez, on est heureux de vous avoir, parce que d'abord, votre parole est rare.
00:26Vous n'êtes pas du genre à parler, mais plutôt à composer.
00:30Oui, c'est vrai.
00:31Il y a un nouvel album, au bout de dix ans, on va en parler, ce nouvel Éra.
00:37Mais le principe des clés d'une vie, c'est de parler de votre parcours à travers des dates clés.
00:41Donc, on va le faire.
00:42On va le faire à travers des dates qui vous ont marqué, qui ont marqué ce parcours méconnu,
00:46alors que vos musiques sont connues dans le monde entier.
00:48Et la première date que j'ai trouvée, c'est le 28 novembre 1969,
00:52la sortie d'un album qui est culte pour vous.
01:00Éric Lévy, Éric Lévy.
01:01Et je crois que c'est un album qui a marqué le départ de Brian Jones et l'arrivée de
01:05Cass Richard.
01:06Et cet album vous a marqué à jamais, Éric Lévy.
01:09Oui.
01:10Alors, vous avez raison, c'était le départ de Brian Jones,
01:13mais je me permets juste de...
01:14Correction, c'est l'arrivée de Mick Taylor, en fait.
01:17Parce que Kiss Richard était fondateur des Rolling Stones et Mick Jagger.
01:20Et Mick Taylor est arrivé, et je crois que Brian Jones ne pouvait pas aller aux Etats-Unis,
01:24et qu'après, ça s'est terminé tragiquement.
01:26Oui, exactement.
01:28Alors, donc, c'est une révélation pour vous ?
01:30Les Rolling Stones, c'est une révélation dans les musaux.
01:32À l'époque, c'était...
01:34Il faut imaginer, dans le contexte de l'époque,
01:36c'était un groupe qui avait toute l'essence même du rock,
01:39c'est-à-dire un côté subversif.
01:41C'était pas du tout des gentils garçons comme les Beatles,
01:44on va dire, c'était un peu les mauvais garçons.
01:45C'est ce qui m'avait plu, parce que ça se sentait dans leur musique.
01:48Avec les Beatles, qui ont écrit des chansons sublimes, bien sûr,
01:51ils avaient toujours un côté très variété.
01:55Et les Rolling Stones, ils penchaient vraiment dans le rock,
01:58ce qu'on appelle pur et dur à l'époque.
02:00Il y a eu la guerre des Rolling Stones et des Beatles dans les années 60.
02:03Après, je pense qu'eux, entre eux, s'entendaient très bien.
02:05C'était, on va dire...
02:06C'était un numéro.
02:07C'était, voilà.
02:08Et là, ça vous a marqué, c'était la révélation musicale.
02:10Oui, une vraie révélation musicale, absolument.
02:13Ça m'a totalement frappé,
02:16mais vraiment de manière presque violente.
02:20Et c'est vraiment peut-être ce qui m'a décidé une fois pour toutes
02:24de faire la musique.
02:25Sauf que votre oreille avait été habituée le week-end à d'autres musiques,
02:30celle de votre père qui écoutait plutôt du classique.
02:33Voilà.
02:33Mon père était un chimiste et un scientifique.
02:36Et comme mathématicien, comme beaucoup de gens de cet univers,
02:40ils adorent la musique.
02:41Il y a beaucoup de ces...
02:41Le rythme.
02:43Oui, mais il y a beaucoup de mathématiques dans la musique aussi.
02:45Donc, voilà.
02:46Et j'écoutais du Bach, Mozart, Beethoven, Tchaikovsky,
02:51enfin, tous les grands musiciens du classique,
02:55comme ça, tous les week-ends, toute la journée,
02:56à travers les murs de la maison.
02:57Donc, c'est vrai que ça m'a imprégné, bien sûr.
02:59Et ça vous a servi ?
03:00Ça a beaucoup compté.
03:02Oui, sûrement, parce que...
03:04Parce qu'il y a un projet qui est dans le musique.
03:06Oui, bien sûr.
03:06Et puis, c'est des très, très belles musiques, bien sûr.
03:08Donc, c'est aussi pour ça que ça m'a marqué.
03:11Et je crois aussi que les voyages ont fermé votre jeunesse,
03:14parce que votre père a beaucoup voyagé.
03:16Mon père, oui.
03:18C'est-à-dire que je suis né à Paris.
03:19Je suis tout de suite parti à Glasgow et à Londres.
03:22On ne peut pas appeler ça des grands, grands voyages.
03:24Mais disons que je suis rentré en France vers l'âge de,
03:27je ne me rends pas compte, de 4 ans, 5 ans,
03:29après la province.
03:30Donc, ce n'était pas des grands voyages.
03:32Mais c'était...
03:32C'était les déplacements professionnels.
03:34Voilà.
03:35Donc, j'étais habitué à bouger, oui, tout le temps,
03:36jusqu'à l'âge de 13 ans.
03:38On a pas mal...
03:38Je crois que vous avez éducé à Strasbourg aussi.
03:41Strasbourg, Nancy.
03:42Voilà.
03:42Mais à chaque fois, on se fait des nouveaux copains à l'école.
03:44C'est un problème ?
03:45Non, moi, ça ne m'a jamais semblé un problème.
03:47On y pense plus tard.
03:48Quand on a soi-même des enfants, on se dit,
03:49tiens, mais moi, ça ne m'a jamais posé de problème, en fait.
03:52Et puis, je crois que votre famille,
03:53c'est une famille de musiciens.
03:55Car dans vos ancêtres, il y a des musiciens.
03:57Et notamment un musicien célèbre, Charles Maurice.
04:00Alors, Charles Maurice...
04:01Célèbre, c'est peut-être un gros mot,
04:03mais il était plutôt écrivain.
04:05C'est parce que je sais qu'il était un écrivain.
04:07Il faisait partie d'une bande d'artistes de l'époque
04:10dans laquelle il y avait Gauguin.
04:12Oui.
04:12Pour vous situer l'époque.
04:14Et Gauguin et Charles Maurice, donc, étaient très proches.
04:18Et quand Gauguin est parti à Tahiti,
04:20il a envoyé deux tableaux à son ami Charles Maurice,
04:25qui était...
04:26C'est vrai que ma grand-mère maternelle a gardé les tableaux
04:29jusqu'à quasiment la fin de la Première Guerre mondiale.
04:32C'est une anecdote pas très...
04:34Bon, mais disons que ma mère a grandi
04:36avec deux Gauguin dans l'appartement
04:38et il y a un petit Anticaire qui est venu les acheter.
04:40Comme ça, en Gauguin, ça ne valait rien.
04:42Ça valait...
04:44200 euros, vous voyez, ce que j'ai eu le tableau.
04:47Et puis, voilà.
04:49Comme s'ils voulaient, à l'époque,
04:52les gens avaient faim.
04:53Les Parisiens ne mangeaient pas à leur faim.
04:55Donc, c'est vrai qu'il y avait eu ça de...
04:57C'est le cas de ma grand-mère maternelle et de ma mère.
05:00Donc, voilà.
05:00C'est une petite anecdote.
05:02Et c'est vrai, du coup, ma mère était danseuse, classique.
05:04Sa sœur était pianiste et son deuxième sœur était écrivaine.
05:08J'en reviens à Gauguin parce que la maison de Gauguin,
05:11aujourd'hui, est toujours visitée aux marquises,
05:13alors que celle de Brel n'existe plus.
05:15Oui.
05:15Et que Brel et Gauguin sont enterrés aux marquises.
05:20Et quand on voit votre exemple,
05:21moi, ça me rappelle tout l'Autrec qui, pour la goulue,
05:24quand elle est dans la panade,
05:26fait deux toiles dans sa baraque foraine.
05:28Oui.
05:28Et aujourd'hui, elle vale 34 millions de dollars aux Etats-Unis.
05:30Voilà, oui, oui, bien sûr, oui.
05:32Alors, votre mère était danseuse dans les ballets du marquis de Cuevas, je crois.
05:36Absolument, oui.
05:37Le marquis de Cuevas, qui était une espèce de pré-Maurice Béjar.
05:43Elle, elle a beaucoup tourné aussi, comme moi.
05:45Elle a fait le lac du Cy, ainsi de suite, en Amérique du Sud.
05:50Le marquis de Cuevas, c'était un mécène, je crois,
05:52chilien devenu américain.
05:53Oui.
05:53Et je crois qu'il a créé les ballets de Monte Carlo.
05:56Oui.
05:56Et je ne sais pas si vous le savez, dans les ballets de Monte Carlo,
05:58il y avait un jeune accompagnateur qui venait de Toulon
06:00parce que sa sœur était dans les ballets.
06:02Et ce jeune accompagnateur qui venait aux répétitions,
06:05c'était Gilbert Béco.
06:06D'accord, ça je ne savais pas.
06:07C'est fou, moi.
06:07Oui, oui.
06:08Et c'est vrai que tout ça vous a influencé, Éric Lévy.
06:13Donc il y a une fibre artistique qui vient forcément de quelque part.
06:16Et c'est vrai qu'on est forcément dans la musique passionnés
06:20parce qu'il y a quelque chose, mais je crois qu'il y a aussi le lycée Pasteur
06:24où vous avez découvert le Rade Rock.
06:27Oui, lycée Pasteur, oui.
06:29Dans le 15e arrondissement.
06:32Oui, écoutez, vous savez, j'ai déjà dit une fois,
06:36mais il y avait beaucoup de grèves à l'époque, c'est grève sur grève.
06:38Ce n'était pas que des grèves.
06:40Mais là, il y avait plus de grèves que de cours, clairement.
06:44Ce n'est pas des horaires.
06:45Donc il y a des tas d'activités qui s'installaient dans des classes,
06:47comme ça, à droite, à gauche.
06:49Et un jour, j'ai entendu un gros bruit comme ça.
06:51Ça ressemblait à de la musique, mais c'était un son que je n'avais jamais entendu.
06:55Et je me suis dirigé avant une classe.
06:56Quand j'ai ouvert la porte, il y a un gars qui jouait avec une SG rouge.
06:59Vous savez, la guitare d'Angus Yang, la même.
07:02Il avait un ampli, il jouait très très fort.
07:04Et j'ai trouvé ça incroyable.
07:06Et là aussi, ça a été un des déclencheurs de mon envie de faire la même chose.
07:12Qu'est-ce qui vous a touché, justement, dans ces sons ?
07:15C'est un son que je n'avais jamais entendu dans ma vie.
07:17Vous savez, quand on entend une guitare électrique avec un son aussi saturé,
07:21très fort, comme un concert d'un groupe de rock, hard rock, ça marque.
07:26Enfin, moi, en tout cas, ça m'a beaucoup touché.
07:28Et vous avez décidé d'acheter une guitare ?
07:31Oui, exactement.
07:32Et je crois que là, il y a eu l'opération pièce jaune avant la lettre.
07:35Oui, voilà.
07:36L'opération pièce jaune.
07:39J'y connaissais rien aux guitares.
07:41Je voulais juste m'acheter une guitare électrique.
07:42Donc, quand j'allais faire des courses pour mes parents,
07:45acheter le lait, le pain, tout ça, je gardais la monnaie.
07:49Des petites pièces, 10 centimes.
07:51Il y avait de l'époque, bien sûr, pas d'euros.
07:53Et ça a fini par faire, à force de s'accumuler,
07:56avec quelques anniversaires et quelques Noëls.
07:58Je me suis acheté une guitare électrique bien moche, bien pourrie,
08:02qui n'avait aucune valeur.
08:03Mais au moins, c'était ma première guitare électrique
08:05que j'ai achetée chez un disquaire du coin,
08:07vous voyez accroché au mur, comme ça.
08:09Voilà.
08:10C'est un bon souvenir.
08:11En fait, l'opération pièce jaune, qu'on connaît tous aujourd'hui,
08:13elle est née parce qu'un jour,
08:15le président de la fondation des hôpitaux,
08:17qui s'appelle Claude Richelli,
08:17a vu aux États-Unis un projet de recherche
08:21sur un déficit humanitaire.
08:25Il fallait collecter des pièces de 10 centimes de dollars
08:27pour aider cette association.
08:29Et c'est comme ça qu'ensuite, ça a été transposé en France.
08:31Oui, les pièces jaunes, ça peut donner naissance à plein de choses.
08:35Alors, c'est vrai que vous avez appris la guitare tout seul ensuite ?
08:37Oui, oui, bien sûr.
08:39Parce que vous n'avez pas appris de cours, ça a été instinctif ?
08:41Oui, mais ça, c'est un peu obligatoire pour eux,
08:43je crois, sans me comparer à...
08:46Je crois que tous les grands guitaristes hard rock, rock de la planète,
08:49à part un ou deux, n'ont jamais appris...
08:52Puisqu'en fait, avec la guitare, on fait le contraire
08:53de ce qu'on nous apprend à l'école.
08:54C'est un peu le principe.
08:55C'est une recherche de son, c'est une recherche de...
08:58Donc, oui, je pense que c'est important,
09:01ça fait partie de la formation.
09:03Oui.
09:04Mais vous faites ça pour le plaisir,
09:05il n'y a aucune ambition professionnelle à l'époque.
09:08On ne pense pas professionnel, on est passionné,
09:11on a une forme de rage de vouloir faire ce métier-là,
09:14mais on ne l'identifie pas comme un métier,
09:18on n'attache pas le mot profession et revenu,
09:22on ignore tout, on ne sait pas ce que c'est des royalties,
09:25de publishing, on ne sait rien,
09:26on a juste envie de le faire.
09:27Il n'y a pas de motivation, ni...
09:29Voilà.
09:30Et puis le destin s'en mêle,
09:31puisque dans la rue,
09:31vous rencontrez une jeune femme vietnamienne,
09:33vous avez votre guitare,
09:34et toi, tu joues de la musique ?
09:36Oui, c'est ça.
09:38Elle m'a demandé si je jouais de la musique,
09:39j'avais une guitare à la main,
09:40donc voilà.
09:43Et elle me dit,
09:45viens, je vais te présenter mon mec,
09:47elle me dit à l'époque.
09:48Et là, je vois un type,
09:50les mains dans le cambouis,
09:51dans un moteur,
09:51en train de réparer une espèce de grosse camionnette blanche,
09:56on l'appelle un van,
09:57un truc de l'époque, des années 80,
09:59et même avant,
10:00qui se raconte sur les 70.
10:02Et c'est là que j'ai rencontré Jackie Julien,
10:04c'est Jackie Julien qui est en train de réparer son moteur,
10:07et il m'a dit,
10:08je joue ce soir à la Pizza du Marais,
10:10et le soir même,
10:12j'ai commencé à l'accompagner.
10:13Mais en improvisant, totalement ?
10:15C'était de l'impro quasi totale,
10:18sans répétition,
10:19mais en fait,
10:19il chantait des trucs,
10:20je l'accompagnais,
10:21on était deux sur scène,
10:23il y avait lui et moi,
10:23je ne sais pas.
10:25Et il parlait beaucoup aussi.
10:26Il parlait beaucoup,
10:27il parlait beaucoup,
10:28et quand il parlait,
10:29ça faisait beaucoup rire les gens,
10:30et pour moi,
10:31c'était les meilleurs moments
10:32de ces quelques soirées
10:33à la Pizza du Marais,
10:35quand il faisait son one-man show,
10:36toute la salle,
10:3830, 40 personnes
10:38étaient en train de rigoler,
10:40mais voilà,
10:41c'était un grand artiste,
10:44bien sûr,
10:44mais c'est vrai que
10:45ce n'était pas vraiment
10:46ce que je cherchais à faire non plus.
10:48Donc c'était une rencontre intéressante,
10:50parce qu'à travers ce réseau,
10:52j'ai rencontré Valérie Lagrange,
10:55qui à l'époque sortait
10:56avec Jean-Louis Aubert,
10:57que j'ai rencontré Jean-Louis Aubert,
10:59après j'ai rencontré,
11:00voilà, on se connaissait tous,
11:04j'ai rencontré Louis Bertignac,
11:07qui ne connaissait pas
11:08Jean-Louis Aubert à l'époque.
11:10Il faut savoir que
11:11la Pizza du Marais,
11:11à l'époque,
11:12c'était un lieu branché,
11:13c'est là que Renaud a débuté.
11:14Oui, Renaud a débuté là-bas, oui.
11:15Devant 10 personnes,
11:16personne ne l'écoutait.
11:18Bernard Lavilly a débuté là-bas.
11:19Oui.
11:20Alain Souchon traînait là-bas,
11:21son âme,
11:22en disant
11:22je vais arrêter ce métier
11:23parce que ça ne marche pas.
11:24Oui.
11:24Et le patron Lucien Gibera,
11:26je ne sais pas si vous vous souvenez de lui.
11:27Non, pas du tout.
11:28Le patron,
11:28il avait quand même une activité bizarre
11:29parce qu'il est mort
11:31en montant dans sa voiture
11:32qui a explosé.
11:33Ah, pas chance.
11:34C'est ça logique.
11:35Mais c'est vrai que c'était
11:36votre point de départ,
11:38cette Pizza du Marais.
11:40Ben disons que je ne vois pas ça.
11:42Je n'ai pas de souvenirs extraordinaires.
11:44Pour moi,
11:45c'est une anecdote
11:46pas très dans le point de départ.
11:47Pour moi,
11:47ce n'est pas ça.
11:48Le point de départ,
11:48justement,
11:49on va en parler
11:49parce qu'il y a une autre date
11:50que j'ai repérée
11:51qui est le 6 février 1991.
11:54A tout de suite
11:54sur Sud Radio
11:55avec Eric Lévy.
11:57Sud Radio,
11:57les clés d'une vie.
11:59Jacques Pessis.
12:00Sud Radio,
12:00les clés d'une vie.
12:01Mon invité,
12:02Eric Lévy,
12:03ERA,
12:04parce qu'on va en parler
12:05tout à l'heure
12:05de ce nouvel album,
12:06de ce retour.
12:07Alors,
12:08on a évoqué vos débuts,
12:10votre parcours,
12:10vos découvertes de la musique.
12:12Et puis,
12:12il y a une date
12:12que j'ai repérée.
12:14C'est la sortie d'un film
12:15le 6 février 1991.
12:21L'opération comédique.
12:22Et là,
12:23vraiment,
12:23ça a changé votre vie.
12:25Oui,
12:25parce que c'était
12:27le premier film
12:28que j'ai fait
12:28tout court
12:29et rencontré
12:30avec Jean-Marie Poiré,
12:30bien sûr.
12:32Et dans ce film,
12:33il y avait Clavier,
12:34Jean-Rénaud
12:34et Valérie Lemercier,
12:36qui est donc le trio
12:37des visiteurs
12:37qui a suivi juste derrière.
12:39Et en fait,
12:40Jean-Marie Poiré
12:41a eu du mal
12:42à monter ce film
12:42parce qu'il avait fait
12:43mes meilleurs copains
12:44avant,
12:44qui avait été un échec.
12:45Oui.
12:46Et au départ,
12:47ce n'est pas Jean-Rénaud
12:48qui devait jouer le rôle,
12:49je ne sais pas si vous le savez,
12:49c'est Gérard Depardieu.
12:51Oui.
12:51Il n'était pas libre.
12:53Et puis,
12:54comment vous l'avez rencontré,
12:55Jean-Marie ?
12:56Vous voulez dire
12:57sur les Cornet-Beef ?
12:58Oui.
12:59Jean-Marie,
13:00je l'avais rencontré
13:01bien avant ça.
13:02Il avait eu un groupe de rock
13:04qui s'appelait
13:04le Frenchies
13:05et j'avais rencontré
13:06son batteur.
13:07Je ne connaissais pas Jean-Marie
13:08et un jour,
13:08son batteur,
13:09je m'emmenais voir.
13:10J'ai rencontré Jean-Marie
13:11et on avait toujours
13:12une amitié comme ça.
13:14J'ai rencontré
13:15Josiane Balasco
13:16à l'époque.
13:18En fait,
13:18vous disiez,
13:19ce film n'a pas marché
13:20mes meilleurs copains.
13:20C'est peut-être
13:21le seul film
13:22qu'il a fait
13:22qui n'a pas marché
13:24mais je crois
13:24qu'il est devenu
13:25un peu culte depuis.
13:26Il a des répliques
13:26totalement cultes.
13:29Bref,
13:30vous avez raison,
13:31ce n'était pas facile
13:32à monter pour lui
13:34et ça a quand même
13:35plutôt bien marché
13:36et surtout,
13:37il y avait le fameux trio
13:39qui a donné naissance
13:40aux visiteurs.
13:41Bien sûr,
13:41les visiteurs,
13:42bien sûr,
13:42dans la bande originale,
13:43c'est vous aussi.
13:50Alors,
13:51c'est la première,
13:51c'était qu'au départ
13:52vous n'avez pas été compositeur,
13:54vous composez
13:54Cornet de Biff
13:55qui est un succès
13:56et les visiteurs
13:56vous demandent
13:57quelque chose
13:57de très précis,
13:58très moyenâgeux
13:58et ça vous a tout de suite
14:00inspiré,
14:00Eric Lévy.
14:01Oui,
14:02enfin,
14:02j'étais compositeur,
14:03on va dire,
14:07des...
14:07Enfin,
14:07j'ai composé
14:08dans Shaken Street,
14:09je n'écris pas
14:09de musique de film,
14:10ça vous voulez dire.
14:13Oui,
14:13enfin,
14:13la musique moyenâgeuse,
14:15je le dis toujours,
14:16mais c'est une musique
14:16très ennuyeuse
14:17et très,
14:19on dirait,
14:19une musique de maternelle,
14:20ça n'a vraiment
14:21aucun intérêt
14:22et donc,
14:23Jean-Marie m'a demandé
14:24au départ
14:25de lui faire une musique
14:27style Robin des Bois,
14:28film d'aventure
14:31et dans Les Visiteurs,
14:32il y a,
14:33vous savez,
14:33les éléments
14:34du medieval
14:34héroïque fantasy,
14:35c'est-à-dire le surnaturel
14:36avec le voyage d'antan,
14:38il y a la magie,
14:38il y a plein de choses
14:38comme ça
14:39et donc,
14:40à l'époque,
14:41je pensais déjà
14:41à faire Erra
14:42et c'était la coïncidence,
14:44un peu le bon timing.
14:45J'ai trouvé que le scénario
14:47j'aurais pu proposer
14:49quelque chose
14:50donc j'ai proposé
14:51Henaé Volare
14:52qui est le,
14:52on peut appeler ça
14:53le premier titre
14:54d'Era
14:55et c'est vrai
14:56que ça a très,
14:57très bien fonctionné
14:58dans le film.
14:59Et ce film,
15:00vous,
15:00personne n'imaginait
15:01que ça ferait
15:02autant de spectateurs ?
15:04Oui,
15:04enfin personne,
15:06c'est toujours difficile
15:07de...
15:07Enfin,
15:08tous les gens
15:08qui ont travaillé
15:09sur le film
15:09savaient que ça serait
15:10un très,
15:10très bon film
15:12sauf bien sûr
15:13les producteurs,
15:13Gaumont,
15:14tous les gens
15:15producteurs du film
15:16étaient prêts
15:16à...
15:18avaient détesté le film,
15:19je vais raconter ça
15:20à tous les jours
15:20mais c'est vrai,
15:20c'est une vraie anecdote.
15:22Je me rappelle
15:22sur la dernière projection
15:23du film,
15:24je ne sais pas
15:24si je devrais la raconter
15:24mais bon,
15:25je pense que
15:25Jean-Marie
15:25ne vaudra pas
15:26parce qu'il a écrit
15:28un livre
15:28il n'y a pas longtemps
15:28il va le raconter
15:29en détail
15:30donc je peux me permettre
15:31de le raconter
15:31autrement je ne l'aurais pas fait
15:33mais je me rappelle
15:34très bien
15:35la projection
15:36il y avait un silence de mort
15:37il y a eu trois rires
15:38pendant le film
15:40et il y avait un gars
15:41très important
15:42je ne vais peut-être
15:43pas dire son nom
15:43mais il faudrait aller au livre
15:45qui est devenu
15:46l'associé de Luc Besson
15:47plus tard
15:47chez Europa
15:49et qui a dit
15:50bon la première chose
15:51il va falloir enlever
15:52les c'est ok
15:52c'est ok
15:53il faut que ça sorte du film
15:54enfin ils étaient tous
15:55absolument effarés
15:57par le film
15:57ils trouvaient ça vulgaire
15:59ils trouvaient ça
15:59pas drôle du tout
16:00donc c'est assez particulier
16:02quand même
16:02quant au producteur
16:04à l'interdion
16:04je crois qu'il a vendu
16:05ses parts du film
16:06le lendemain
16:08mais par contre
16:10moi qui travaillais
16:10sur le film
16:11en amont
16:12de la sortie bien sûr
16:13parce que j'avais les scènes
16:14je voyais les gens rire
16:15dans le studio
16:16quand on travaille
16:16une musique de film
16:17les ingéussons
16:18en général
16:18ils ne se mettent pas à rigoler
16:19c'est le boulot
16:20c'est la routine
16:21et là il y avait
16:22un tel effet
16:22de déclenchement
16:24de rire
16:24enfin voilà
16:25donc moi j'avais aucun doute
16:26sur le fait
16:27que ça allait marcher fort
16:28mais bon maintenant
16:2814 millions bien sûr
16:30on ne peut pas
16:30on ne peut pas
16:31et en même temps
16:32le fan absolu
16:33de ce film
16:33aux Etats-Unis
16:34c'est Tom Cruise
16:34qui l'a dit un jour
16:36à Jean-Marie Poiret
16:36vous avez osé faire
16:38ce qu'on n'ose pas faire
16:38mêler l'humour
16:40au fantastique
16:40et au Moyen-Âge
16:41oui oui
16:42absolument
16:43avec des gars identiques
16:45des dents jaunes
16:46avec plein de caries
16:47parce que c'est vrai
16:47quand ils ont fait
16:48les visiteurs
16:49aux versions américaines
16:50j'ai un coup
16:50il y avait les dents
16:51toutes blanches
16:52ils ont fait une adaptation
16:54alors il y a le compositeur
16:56et puis vous avez à côté
16:57de cette musique
16:58qui fait des groupes
16:59et le premier groupe
17:00c'est Speedball
17:01qui a été une aventure
17:02aussi avec Fabien Schein
17:04que vous avez rencontré
17:06en effet quand j'ai rencontré
17:08Fabienne
17:08on a monté un groupe
17:09on avait un nom
17:10enfin moi je ne parlais pas
17:11du tout l'anglais à l'époque
17:11et Fabienne avait pensé
17:14à appeler le groupe Speedball
17:15qui était un nom terrible
17:18et avant de monter
17:19très rapidement
17:19on s'est retrouvé
17:20à jouer au festival
17:21du Mont de Marsan
17:22qui a été un festival
17:23assez important
17:25en 1976
17:26parce que c'était
17:27le premier festival
17:28qu'ils ont appelé Punk
17:29mais il n'y avait
17:29que des groupes de rock
17:31il y avait Dr. Feelgood
17:32à l'époque
17:33je ne sais pas si vous connaissez
17:34Clash
17:34il y avait
17:35Billy Idol
17:37alors Police
17:38il le dit souvent
17:38je ne suis pas suffisant
17:39que c'était là
17:40mais moi je ne me rappelle pas
17:42les avoir vus là
17:42mais c'est vrai
17:43que c'est écrit partout
17:43que c'était là
17:44il y a même un article
17:45de Sud-Ouest
17:45qui dit
17:46Police c'est un trio
17:47de hard rock punk anglais
17:50tout était punk
17:50à l'époque
17:51de toute façon
17:52et au moment de monter
17:54sur scène
17:54le gars lui
17:55je ne peux pas
17:55vous annoncer Speedball
17:56le nom il est vraiment pourri
17:57je ne peux pas
17:59et il dit
17:59je vous appelle
18:00Shaken Street
18:01donc il a annoncé
18:01Shaken Street
18:02comme ça
18:02en montant
18:04en montant l'escalier
18:06pour aller sur scène
18:06et voilà
18:07et comme
18:08à cette époque là
18:09il n'y avait pas de
18:10le hard rock
18:10c'était un domaine
18:12exclusivement réservé
18:13aux hommes
18:13il n'y avait pas de chanteurs
18:15c'est que des gars
18:17il n'y avait aucune fille
18:18aucune femme
18:18qui chantait
18:19dans ce territoire
18:20de la musique
18:22et Pat Binata
18:24est arrivée plus tard
18:24et c'est vrai que Fabienne
18:27qui n'a jamais été
18:28une grande chanteuse
18:28mais c'était une fille
18:30qui pouvait être
18:31très très bonne sur scène
18:32qui pouvait réaliser
18:33très très bonne performance
18:36comme de moins bonne
18:37mais ce jour là
18:37elle a été très très bonne
18:39et on a fait
18:40un très bon concert
18:41on s'est retrouvé
18:42avec la première page
18:43de tous les journaux
18:44musicaux
18:44au centre magazine
18:45en Angleterre
18:46en Allemagne
18:47aux Pays-Bas
18:48c'est ça
18:51qui a lancé
18:51un peu
18:51entre guillemets
18:52la carrière du groupe
18:53puisque
18:54trois jours après
18:55on signait avec
18:55Columbia à l'époque
18:57et Fabienne Schein
18:58elle avait tourné
18:59je ne sais pas si vous savez
19:00dans Barbarella
19:00un petit rôle
19:01dans le film
19:02avec Jane Fonda
19:03après ça
19:03je ne t'appelle
19:03Trigui
19:04oui Fabienne Schein
19:05elle a même tourné
19:05dans le film
19:07Fellini
19:07si vous regardez Roma
19:08on la voit passer
19:10on passe une belle brune
19:11avec deux énormes chiens
19:12c'est elle
19:13c'est une fille
19:14qui évoluait
19:14dans ces années-là
19:15elle faisait des romans
19:17des romans photo
19:18vous savez
19:19magazine comme ça
19:20un peu sexy
19:21très court
19:22sur trois pages
19:22elle a grandi
19:23enfin elle a grandi
19:24c'est une jeune femme
19:24elle était dans cet univers-là
19:27d'où le film dont on parlait
19:29Barbarella
19:30alors effectivement
19:32ce groupe
19:33Chakin Street
19:33ça a marché
19:34et le premier titre
19:35c'est celui-ci
19:46oui un succès
19:47c'est peut-être un grand mot
19:48mais disons
19:48on s'est fait connaître
19:49dans le milieu du hard rock
19:52mais le milieu du hard rock
19:53pour vous
19:53c'était nouveau
19:54vous veniez d'un père
19:55qui aimait la musique classique
19:57c'est pas le même univers
19:58Eric Lévy
19:59oui oui oui
20:00ça vous a passionné
20:01ça vous a touché
20:02le hard rock
20:03dès le départ
20:03ah dès le départ
20:04oui oui bien sûr
20:05dès le départ
20:06parce que c'est là
20:07c'est uniquement dans le hard rock
20:08que j'ai entendu
20:09les plus belles voix
20:10les plus belles mélodies
20:12les musiques les plus entraînantes
20:15je pense que j'aurais eu
20:1817 ans, 18 ans
20:19aujourd'hui
20:19j'aurais fait de l'électro
20:20vous voyez par exemple
20:21ce qui m'aurait plu
20:22mais à l'époque
20:23la musique qui avait
20:23le plus d'énergie
20:24les plus belles
20:25encore une fois
20:26les plus beaux sons de voix
20:27les plus belles productions
20:30sonores
20:30c'était dans le hard rock
20:31quand je parle de Led Zeppelin
20:32bien sûr
20:33Lead Purple
20:34tous ces groupes là
20:35et ça marche tellement bien
20:36vous vous retrouvez aux Etats-Unis
20:38je retourne aux Etats-Unis
20:39c'est à dire
20:40vous vous retrouvez aux Etats-Unis
20:41avec ce groupe
20:42oui oui
20:42en fait
20:42oui parce qu'on a
20:43on a signé avec le manager
20:45de Blue Oyster Cult
20:48c'est un groupe
20:48pas très connu en France
20:49mais qui était un gros groupe
20:50aux Etats-Unis à l'époque
20:52et
20:54on s'est retrouvé
20:54en première partie
20:55on a signé avec ce manager
20:57qui était également
20:57le manager de Black Sabbath
20:59et donc
21:00on s'est retrouvé
21:01à faire une énorme
21:02tournée qui s'appelait
21:03le Black and Blue Tour
21:04c'est Black Sabbath
21:05Blue Oyster Cult
21:06et nous on faisait la première partie
21:08et la tournée
21:08elle a duré un an et demi
21:09on a traversé
21:10tous les Etats-Unis
21:11en long en large
21:12c'est fabuleux
21:13c'est un peu comme départ
21:14c'est pas mal
21:14oui oui c'est sûr
21:15quand on est un jeune français
21:16petit français
21:17comme ça
21:17on débarque là-bas
21:18on se retrouve propulsé
21:19dans ce genre de
21:22de contexte
21:23c'est assez incroyable
21:24oui
21:24et je crois qu'il y a eu un concert
21:25qui était dans le stade de Berkeley
21:27Day on the Green
21:28Day on the Green
21:29absolument
21:29qui était un événement aussi colossal
21:31c'était un gros événement
21:32c'était à l'époque
21:33peut-être le plus gros événement musical
21:35de l'année
21:35c'était Day on the Green
21:37c'était Bill Graham
21:39le producteur
21:39qui était un grand producteur
21:40de concerts américains
21:42donc c'était
21:42il avait
21:43et
21:44Day on the Green
21:45il y avait un stade
21:46de 80 000 personnes
21:47et ça s'appelait
21:48Day on the Green
21:49donc une journée sur l'herbe
21:51puisqu'il y avait un très très beau gazon
21:54et
21:55les concerts commençaient
21:56à 10h du matin
21:57et à 16h
21:58c'était terminé
21:58parce qu'il fallait
21:59que 80 000 personnes
22:00s'en aillent
22:00avant la tombée de la nuit
22:02donc c'est ça
22:03c'est une fête
22:04là par contre
22:04c'est vraiment une fête
22:06la fin des années 70
22:07vous pouvez imaginer
22:08la Californie
22:08on est encore un peu
22:10dans la période hippie
22:11c'est un contexte incroyable
22:13oui
22:13en même temps
22:14vous avez continué
22:14vous avez travaillé
22:15avec Marianne Fesful aussi
22:16Marianne Fesful
22:17oui absolument
22:18ça c'est une autre histoire
22:20j'ai rencontré
22:20Marianne Fesful
22:21à travers Chris Blackwell
22:22qui était le
22:23qui a monté
22:24qui a fondé
22:25Highland Records
22:28et Chris Blackwell
22:29m'avait demandé
22:30de travailler
22:30avec Marianne
22:33pour la bonne raison
22:34que j'étais un des rares musiciens
22:36à l'époque
22:37souvent dans cet entourage
22:39qui ne prenait pas de drogue
22:40pour tout vous dire
22:41et comme Marianne
22:42oui
22:43Nobody's Perfect
22:44et comme Marianne
22:45si vous voulez
22:46bon
22:47avait un historique
22:48un peu chargé
22:49de ce côté là
22:50il voulait
22:51qu'elle travaille
22:51avec des gens
22:52voilà
22:52qui ne sont pas
22:53l'opportunité
22:54de replonger
22:56de reprendre
22:57de mauvaises habitudes
22:58et s'il voulait
22:59on a travaillé
23:00ça a duré
23:00on avait préparé
23:01un bel album
23:01c'était à la suite
23:02de Broken English
23:03qui avait fait un carton
23:04un album assez rock
23:06et j'ai travaillé
23:07sur cet album
23:08quelques mois
23:09et puis
23:10après Marianne
23:11a eu des problèmes
23:12de santé
23:13ça a été un peu
23:14la fin du projet
23:15là-bas
23:15si vous voulez
23:15quand
23:15c'est une belle rencontre
23:20on a partagé
23:21le même appartement
23:23c'est une personne
23:24vraiment très intéressante
23:25et une vraie artiste
23:27jusqu'au bout des ongles
23:28donc c'est toujours intéressant
23:29et votre seule drogue
23:30ça a été la musique
23:31il y a une date importante
23:32aussi dans ce parcours
23:33c'est le 23 août 1997
23:35à tout de suite
23:36sur Sud Radio
23:37avec Eric Lévy
23:39Sud Radio
23:40les clés d'une vie
23:41Jacques Pessis
23:42Sud Radio
23:42les clés d'une vie
23:43mon invité
23:44Eric Lévy
23:45ERA
23:45ERA 8
23:46on va en parler tout à l'heure
23:47parce que c'est aussi
23:48un événement
23:49votre retour
23:49on a évoqué vos débuts
23:51la musique classique
23:52la guitare
23:53Jacques Higelin
23:54les Etats-Unis
23:55c'est quand même
23:55un parcours pas anodin
23:56et puis encore moins anodin
23:58le 23 août 1997
24:00à la veille
24:01du 24 août
24:04on a fait
24:04les journées mondiales
24:05de la jeunesse
24:07avec le pape Jean-Paul II
24:09à Longchamp
24:09et puis
24:10vous êtes dans cette aventure
24:12absolument
24:14c'est quelque chose
24:15de totalement
24:17imprévisible
24:19puisque
24:20quelques mois
24:20pas si longtemps avant
24:23Miu Munchong
24:25je sais pas si vous voyez
24:25ce personnage
24:26qui est un maestro
24:27qui a été responsable
24:28il dirige des orchestres
24:29on dit un maestro
24:30c'est ces gens
24:31qui sont bouqués
24:32trois ans à l'avance
24:34et à l'époque
24:35il était responsable
24:36du programme musical
24:37du Vatican
24:37c'est un musicien très connu
24:39parce que je sais
24:40qu'en Corée
24:40il est rentré à 7 ans
24:43dans l'orchestre
24:44philharmonique du Séoul
24:44oui oui
24:45c'est un type incroyable
24:47et
24:51donc voilà
24:53plutôt que de reprendre
24:54une oeuvre du classique
24:55il est à Rome
24:56à ce moment-là
24:56au Vatican
24:57oui
24:58il est à Rome
24:59alors je sais pas
25:00s'il est à Rome
25:00en tout cas
25:01il s'occupe
25:01il est souvent à Rome
25:02en tout cas
25:03parce qu'il gère
25:03le programme musical
25:04encore une fois
25:04du Vatican
25:06et
25:08il voulait une oeuvre
25:09originale
25:10pour la venue du pape
25:10à Paris
25:11il voulait pas reprendre
25:12un grand thème
25:12du classique
25:13donc ils ont fait
25:14ce qu'on fait toujours
25:15dans ce cas-là
25:16un appel d'offres
25:18dont je ne faisais pas partie
25:20il y avait
25:20je disais un peu
25:21les habitués
25:21les appels d'offres
25:22c'est-à-dire
25:23Evangélie
25:24Jean-Louis
25:24Michel Jarre
25:25et deux trois autres
25:26et visiblement
25:27il n'avait pas trouvé
25:28ce qu'il cherchait
25:30et ça c'est une histoire
25:31je vais encore une fois
25:32je ne sais plus
25:33comment la raconter
25:33mais
25:35il était chez lui
25:36il entend une musique
25:37à travers la porte
25:37son fils est en train
25:38d'écouter un disque
25:39et il dit
25:40tiens ça a l'air pas mal
25:41il lui demande ce que c'est
25:41lui c'est du Héra
25:42il avait l'album des Hérares
25:44donc du coup
25:46je suis au contact
25:47universal
25:49on m'appelle
25:49Jacques Sanjouan
25:50je peux vous connaissez
25:51le téléphone de universal
25:53il m'en parle
25:53est-ce que ça t'intéresse
25:55on prend un rendez-vous
25:56et voilà
25:56ça s'est fait très vite
25:58j'avais deux jours
25:59pour le faire
26:00je crois que je l'ai fait
26:01le soir même
26:01le I believe
26:02il était fait
26:03et on l'enregistrait
26:04très vite
26:05il a dit oui tout de suite
26:08et une semaine après
26:09on était en studio
26:10à la Santa Cecilia
26:12à Rome
26:13c'était juste à côté
26:14du Vatican
26:15une espèce de
26:17grand théâtre
26:17église
26:18transformée en studio
26:18d'enregistrement au sous-sol
26:20on enregistrait ça là-bas
26:21voilà
26:21cette chanson
26:22ça s'appelait
26:22effectivement
26:23I believe
26:23voilà
26:36on est plus du tout
26:37dans le hard rock
26:38non
26:39mais on est dans
26:40les belles mélodies
26:41c'est toujours pareil
26:41mais c'est important
26:42parce que moi je suis fasciné
26:44parce que vous faites
26:45des mélodies
26:45et qu'aujourd'hui
26:46des mélodistes
26:47il y en a de moins en moins
26:49c'est pas un problème ça ?
26:51bah écoutez
26:52tant mieux pour moi
26:53non mais je rigole
26:54non mais
26:55oui je vois ce que vous voulez
26:56il y a plein de musiques
26:58aujourd'hui
26:59oui c'est pas
27:00l'expression même
27:01de cet art là
27:02c'est pas forcément
27:03la musique toujours
27:04il y a différentes manières
27:06voilà
27:06alors il se trouve qu'au départ
27:07c'est
27:09bien sûr
27:09André Abocelli
27:10il est choisi
27:10au départ
27:11ça devait être
27:11Cécilia Bartoli
27:12alors Cécilia Bartoli
27:14était là le jour
27:14on l'a enregistrée
27:17c'est une grande soprano
27:19bon c'est vrai
27:19j'avais trouvé
27:20son interprétation
27:21un peu
27:22voilà un peu
27:23barbante
27:24même si il y a
27:24une grande voix
27:25oui mais bon
27:26c'était pas très
27:27ça manquait un peu
27:28d'intensité
27:31et après
27:31je ne sais pas pourquoi
27:32je ne sais pas
27:33comment ça s'est passé
27:33pour la suite
27:34mais à l'arrivée
27:34ça a été Didi Vrijouateur
27:36et André Abocelli
27:36qui l'ont chanté
27:39le jour de l'événement
27:40à Longchamp
27:40alors se retrouver à Longchamp
27:42avec cette musique
27:44qu'on a écrite en deux jours
27:45avec 100 000 personnes
27:47et le pape Jean-Paul II
27:48et 900 000 personnes
27:49900 000 personnes
27:50oui
27:50ils attendaient 400 000
27:51et 900 000 sont arrivés
27:52voilà
27:53qu'est-ce qu'on ressent
27:54comment se recouler de tout ça
27:56bah écoutez
27:57c'est un beau souvenir
27:58voilà
27:58tout s'est passé très vite
28:01j'ai rencontré
28:02le cardinal Lustiger
28:03qui était un des moments
28:04importants
28:05de
28:05de
28:06de ce
28:07moment
28:08puisqu'il
28:09il voulait me rencontrer
28:10j'avais écrit la chanson
28:11en anglais
28:11il voulait discuter
28:12des paroles en français
28:13il voulait que ça soit
28:14chanté en français
28:15ce que je comprends
28:16donc j'ai fait une adaptation
28:17française
28:20d'où
28:21Didi Vrijouateur
28:22parce qu'elle parle français
28:23bien sûr
28:24et voilà
28:25donc c'était
28:25plus le cardinal Lustiger
28:27vous lui avez fait
28:27la surprise de sa vie
28:29oui
28:29en parlant de votre grand-mère
28:30oui
28:30voilà
28:32vous savez tout
28:34qu'est-ce qui s'est passé
28:36en fait si vous voulez
28:37quand le cardinal Lustiger
28:39était jeune
28:39il était prêtre
28:40dans les années
28:41pendant l'occupation
28:42à Paris
28:43où il le courbe
28:44et ma grand-mère
28:45habitait à 100 mètres
28:46de sa paroisse
28:49et ils sont devenus amis
28:50puisqu'on m'avait dit
28:51dans la famille
28:52ma grand-mère
28:53avait une relation
28:54très amicale
28:55ils discutaient beaucoup
28:55ma grand-mère
28:56était une fervente
28:57catholique
28:59et ils ont dû avoir
29:00une relation comme ça
29:01où ma grand-mère
29:01devait lui confier
29:02tous ses soucis
29:03il en avait beaucoup
29:06notamment parce que
29:07son mari était toujours absent
29:10pendant la guerre
29:11et puis
29:13voilà le temps a passé
29:14et quand j'ai annoncé
29:15à mon père
29:16que j'allais voir
29:16le cardinal Lustiger
29:17pour parler de cette chanson
29:19il m'a dit
29:20il faut que tu lui dises
29:21je lui parle de la grand-mère
29:22donc je vais au rendez-vous
29:24je lui parle pas de la grand-mère
29:25bien sûr
29:26en arrivant
29:28et une discussion
29:29plutôt
29:31un gars
29:31qui sort de l'ordinaire
29:32le cardinal Lustiger
29:33s'il a beaucoup de
29:35prestance
29:36il a
29:36enfin on sent que c'est quelqu'un
29:37non pas parce qu'il est le cardinal
29:39mais parce qu'il a ça en lui
29:41et au moment de
29:42zéro revoir
29:43on est dans l'entrée
29:44il me ramène
29:46et
29:46j'ai une question personnelle
29:49ça ne vous dérange pas
29:49il me dit non
29:50allez-y
29:51je pense qu'il connait
29:52madame Maurice
29:52et c'est vrai que là
29:53il a eu
29:54j'ai vu un homme
29:55qui s'est figé
29:56qui était un peu bloqué
29:58il avait l'air
29:59et je lui annonçais
30:00que c'était juste ma grand-mère
30:01maternelle
30:01et là ça
30:02j'ai vu encore
30:03il s'est complètement
30:05il était très très surpris
30:06que
30:07voilà
30:08qu'il me rencontre
30:09carrément
30:1150 ans après
30:12c'était un peu bizarre
30:14et
30:14voilà
30:15donc ça a créé une espèce
30:16de lien
30:17supplémentaire
30:17dans cette
30:18aventure musicale
30:20l'aventure musicale
30:21a commencé
30:22parce que vous vous êtes dit
30:23un jour
30:23Eric Lévy
30:24je ne suis pas chanteur
30:25je ne suis pas acteur
30:25mais j'ai mon univers
30:27et cet univers
30:27vous l'avez créé
30:28petit à petit
30:29et presque par hasard
30:30par passion
30:30c'est pas hasard
30:32non je ne l'ai pas fait
30:33par hasard
30:33j'ai bien réfléchi
30:37et en effet
30:37je ne suis ni acteur
30:38ni chanteur
30:39je n'ai pas eu la chance
30:40de rencontrer
30:40ni Robert Plant
30:41ni Robert Mercury
30:43le chanteur de Queen
30:45Freddie Mercury
30:46ou des gens de ce calibre
30:48donc je me suis dit
30:50bon
30:52je vais essayer
30:53de faire un projet
30:53où je ne peux compter
30:54que sur moi
30:55je n'ai pas à dépendre
30:56des autres
30:56en fait
30:56voilà
30:57et donc
30:58d'où l'idée d'Era
30:59en même temps
31:00donc voilà
31:01d'avoir la musique
31:02en avant
31:03sans identification
31:06à une personne
31:07à des vêtements
31:08à des textes
31:08en anglais
31:09ou en français
31:10donc un langage inventé
31:11la musique
31:12elle est projetée
31:13très conscient
31:14qu'il fallait bien sûr
31:15des voix
31:15parce que les instrumentales
31:16l'instrumental
31:17ça ne peut jamais
31:18aller très loin
31:19peut-être une ou deux fois
31:20dans l'histoire de la musique
31:20et voilà
31:22donc c'est parti de là
31:23avec en plus
31:25l'héroïque fantaisie
31:26en un temps
31:27où il n'y avait pas
31:28le seigneur des anneaux
31:28ça c'était clair aussi
31:30dans ma tête
31:30que j'allais partir
31:31dans cet univers
31:33mystique
31:34héroïque fantaisie
31:34oui
31:35et pourquoi ?
31:37ça me plaisait
31:37ça me plaisait beaucoup
31:40mais à des fois
31:40peut-être
31:41mais non
31:42je n'étais pas le seul
31:42parce que l'album
31:43je crois
31:44a marché très fort
31:45ça plaisait en fait
31:46à plein de gens
31:47mais pas au producteur
31:50mais c'était
31:51à l'époque
31:53c'était totalement enterré
31:54au niveau de la culture
31:55il n'y avait pas
31:57pas de film
31:59série télé
31:59il n'y avait pas
32:00littérature
32:01on n'en parlait plus
32:02donc c'est vrai
32:02que c'est pas moi
32:04qui l'ai inventé
32:04mais c'est vrai que
32:06à l'époque
32:07où j'ai décidé ça
32:08c'était totalement
32:10absent du décor
32:12culturel
32:12d'ailleurs les producteurs
32:13vous ont rayonné
32:15rayonné
32:16peut-être pas
32:16mais ils m'ont tous dit
32:17ça marchera jamais
32:19voilà
32:20ils m'ont envoyé
32:20balader poliment
32:21j'ai fait le tour
32:23j'ai mis plus de temps
32:24à trouver un label
32:25qu'à réaliser l'album
32:26si vous voulez
32:26clairement
32:27vous avez dit
32:28bon
32:29grâce aux visiteurs
32:30j'ai un peu d'argent
32:31je me suis
32:32voilà
32:32ça m'a permis
32:33d'autofinancer mon album
32:34de m'autoproduire
32:35comme on dit
32:37et après
32:38je ne m'attendais pas
32:39à ce que ça soit
32:39aussi compliqué
32:40de trouver un label
32:41oui je pensais
32:42mais vous l'avez fait
32:43et je crois que le point de départ
32:44c'est Carmina Burana
32:46ça vous a inspiré
32:47en partie
32:48pas forcément
32:51quand les gens me demandent
32:52à quoi ressemblera
32:53je disais
32:53oui
32:54il y a une référence
32:54à Carmina Burana
32:55dans le son des cœurs
32:56bien sûr
32:57c'est évident
32:58mais c'était pas ma source
32:59d'inspiration musicale
33:02votre source
33:03c'était
33:03est-ce que ça remonte à l'enfance
33:04est-ce que c'est le mélange
33:05de tout ce que vous avez fait
33:06on va dire
33:06c'est les mystères d'inspiration
33:08je ne cherche pas à analyser
33:09tout ce que je sais
33:10c'est que
33:11j'ai toujours
33:13quand je compose
33:14notamment pour parler
33:15à l'album des rages
33:15j'essaie toujours de faire
33:16ce qu'ont pas fait les autres
33:17j'écoute surtout pas
33:18ce qui marche
33:19en me disant
33:19tiens je vais
33:21ça j'ai jamais voulu copier
33:23c'était votre inspiration
33:23votre mélodie
33:24ce que vous aviez au fond du cœur
33:25voilà
33:26et l'émotion
33:28oui
33:28c'est une musique
33:29qui déclenche
33:29c'est une musique
33:30qui porteuse d'émotions
33:32certainement
33:32et j'ai retrouvé des critiques
33:34où on dit
33:34c'est une musique de film
33:35sans le film
33:36c'est moi qui disais ça
33:37à l'époque
33:37c'est vrai
33:38c'est ça
33:39c'est une musique
33:39si vous voulez
33:40moi qui fais quelques musiques de film
33:41à part Les Visiteurs
33:43Opération Cornelie
33:44fait 2-3 bons films
33:46le reste
33:47j'ai vite arrêté
33:49de faire ce métier
33:50parce que j'ai réalisé
33:50que s'il faut faire ce métier
33:52il va falloir accepter
33:53de faire plein
33:53de mauvais films
33:55en faisant forcément
33:56une musique pas brillante
33:59et donc
34:00j'ai préféré arrêter
34:01parce que
34:02si vous voulez
34:03voyez
34:03parce que soit vous dites oui
34:05soit vous dites
34:06mais vous pouvez pas dire
34:06tout faire le difficile
34:08soit vous faites des films
34:09que vous le faites pas
34:09vous pouvez pas
34:10donc j'ai décidé d'arrêter
34:11et c'est vrai que
34:13ERA ça m'a aussi permis
34:14d'arrêter
34:15mais au moment où
34:16j'ai fait ERA
34:17j'ai arrêté de faire
34:18des musiques de film
34:18j'avais aucune garantie
34:19qu'ERA marcherait
34:20en même temps
34:20mais pourquoi ERA ?
34:22ERA c'est à la fois
34:24un règne
34:25ERA
34:26donc c'est le règne
34:27d'une épopée
34:27enfin c'est une épopée
34:29aussi
34:30medieval ERA
34:30ça veut dire
34:32voyez où medieval
34:33c'est une tranche
34:35de temps
34:37on peut dans l'espace
34:38donc c'est un peu
34:39voilà
34:39et il y a cette notion
34:41de
34:44hors temps
34:44si vous voulez
34:45un règne
34:46c'est vraiment l'univers
34:47du medieval Euric Fantasy
34:49le medieval Euric Fantasy
34:51c'est un royaume inventé
34:53dans une période médiévale
34:55c'est un royaume créé
34:56dans un décor plutôt médiéval
34:58et avec du surnaturel
35:00c'est les trois éléments
35:02et une quête
35:03et résultat
35:04ça a donné
35:05ce morceau
35:06Ameno
35:06voilà
35:21dans le monde entier
35:23est-ce que vous n'imaginiez pas
35:24Eric ?
35:25non
35:25j'imaginais que ça marcherait
35:27très bien
35:28que ce soit chez les allemands
35:29chez l'Europe de l'Est
35:31parce que
35:31ça j'étais assez sûr
35:33la France
35:34mais je ne m'attendais pas
35:35que ça fasse le tour du monde
35:37comme ça
35:38c'est vrai que tout le monde
35:39connaît Ameno
35:40mais souvent
35:42les gens ne connaissent pas ERA
35:43mais comment ça se fait ?
35:46c'est lié au fait
35:47que justement
35:47sur les pochettes
35:48il n'y a jamais eu
35:48de personnages
35:49il n'y a jamais eu
35:50de presse
35:51de radio
35:51de télé
35:52il n'y a jamais rien eu
35:53sur ERA
35:53et pourquoi ?
35:55c'était un choix
35:56au départ
35:57et si vous voulez
35:57Universal
35:58c'était poser la question
35:59et à partir du moment
36:00où ça a bien marché
36:01comme ça
36:01sans faire de radio
36:02sans faire de presse
36:03sans faire de télé
36:04ils se sont dit
36:05ça marche
36:06allons-y comme ça
36:07voilà quoi
36:07c'était un peu
36:08le contraire
36:11de ce qu'on apprend
36:11à faire en marketing
36:12c'était en marketing
36:14Yann Blanc m'avait dit ça
36:15je ne sais pas si
36:16Yann Blanc
36:16qui était patron du marketing
36:17justement
36:18chez Universal
36:18à l'époque
36:19sur mon label
36:21il m'avait dit
36:21c'est l'anti
36:22c'est tout ce qu'on apprend
36:24en marketing
36:24et carré
36:25on fait le contraire
36:26c'était un peu
36:27l'exception
36:29vous avez innové
36:30sans vous en rendre compte
36:31tout en faisant du classique
36:33c'est-à-dire
36:35cette mélodie
36:36concourante
36:36classique
36:37mais totalement nouveau
36:38dans le genre
36:39oui oui
36:40je pense que c'est un projet
36:41original
36:41ça ne ressemble pas
36:43ça ressemble
36:45après il y a souvent
36:46des références
36:46à droite à gauche
36:47mais je suis un des rares
36:50artistes
36:51même pas
36:52peut-être un des seuls
36:52qui réussit
36:55à faire un projet
36:55qui marche fort
36:56sans avoir jamais
36:57le moindre procès
36:59de plagiat
37:00parce qu'il y a tellement
37:01peu de références
37:02c'est vrai que je pense
37:03que tout artiste
37:04qui a fait un album
37:05qui marche
37:05il y a toujours quelqu'un
37:06qui va écrire en disant
37:07c'est moi qui ai écrit
37:08ce truc là
37:08il y a 10 ans
37:095 ans
37:09j'ai envoyé ma maquette
37:10sur Jean-Jacques Goldman
37:12ou je crois que
37:13c'est un de ses avocats
37:15ou même chez Universal
37:16il m'avait dit ça
37:16qu'en général
37:17tous les gens
37:18qui écrivent d'un tube
37:20il y a toujours un courrier
37:21qui arrive un jour ou l'autre
37:21en disant
37:23il m'a volé le morceau
37:24et c'est vrai que
37:25Erra
37:25on n'a jamais eu ça
37:26donc c'est
37:27c'est un des indices
37:28il n'y a pas vraiment de
37:30personne n'a jamais écrit
37:31Ameno
37:31si vous voulez
37:32vous voyez ce que je veux dire
37:32enfin il n'y a personne
37:34qui a dit
37:34j'ai écrit Ameno
37:35c'est ça que je veux dire
37:36vous l'avez composé
37:38et vous continuez aujourd'hui
37:39et on va évoquer
37:40la date du 29 mai 2026
37:41dans quelques instants
37:42sur Sud Radio
37:43avec Erra
37:43c'est à dire
37:44Eric Lévy
37:45Sud Radio
37:46les clés d'une vie
37:47Jacques Pessis
37:48Sud Radio
37:49les clés d'une vie
37:50mon invité
37:50Eric Lévy
37:51Erra
37:52effectivement
37:53vous vous êtes fait rare
37:54pendant des années
37:55pour évoquer ce projet
37:57dont on ne savait rien
37:58et qui a été un succès
37:59dans le monde entier
38:00et puis
38:0029 mai 2026
38:02un nouvel album
38:03Erra 8
38:04premier album depuis 10 ans
38:06pourquoi avoir attendu
38:07aussi longtemps
38:07avant de revenir
38:09dans le monde
38:10du disque
38:11et de la musique
38:13parce qu'à l'époque
38:14je tenais absolument
38:15à développer
38:17le côté live
38:18du projet
38:18j'avais pas eu encore
38:19l'occasion de le faire
38:21parce qu'à l'époque
38:22où Erra
38:22marchait très fort
38:24fin des années 90
38:25début des années 2000
38:28j'avais rencontré
38:29les gros
38:30les gros producteurs
38:31de l'époque
38:31ce qui produisait
38:32les gros artistes
38:33à l'époque
38:34et j'ai eu
38:352-3 rendez-vous
38:36qui sont
38:37les 3
38:38en face de moi
38:40une incompréhension
38:41totale du projet
38:43encore une fois
38:44c'était avant
38:44Le Seigneur des Anneaux
38:45c'était avant tout ça
38:46qu'il n'y avait pas
38:46encore cet univers
38:47dans les magazines
38:49dans les séries télé
38:50donc on m'a proposé
38:52des choses tellement
38:54méchant de dire ça
38:55mais je ne sais pas
38:55le dire quand même
38:56affligeantes
38:57ou qui avaient
38:58de mauvais goûts
38:59et surtout
38:59l'obsession
39:00de ces gens là
39:00c'était quand même
39:01de faire le moins cher
39:01possible
39:02pour gagner le plus
39:03possible
39:04je ne sais pas
39:05c'était un habitus
39:06je crois que c'est un producteur
39:07il vous dit bon
39:08et puis bref
39:11il se sentait un peu
39:11obligé de me recevoir
39:12parce que j'avais vendu
39:13beaucoup d'albans
39:14je ne sentais aucun
39:15entrain
39:15il n'y avait pas de
39:15donc c'est un métier
39:17produire des concerts
39:18donc j'avais vraiment
39:19renoncé à l'époque
39:20et je m'étais dit
39:21on verra plus tard
39:21après la vie
39:22et là
39:23en 2017
39:252018
39:25c'est aussi l'époque
39:27où j'ai été voir
39:28Pascal Negre
39:29qui avait quitté
39:29Universal
39:30donc Pascal Negre
39:32il y a eu une personne
39:33qui connaissait bien
39:34le projet
39:34c'est lui
39:34parce que forcément
39:35il avait vécu
39:36tout le démarrage
39:37le succès commercial
39:39et il avait
39:40quand même
39:40une très bonne idée
39:41de ce qu'était le projet
39:44donc il en a parlé
39:46à Angelo Gopé
39:47qui est le patron
39:48de Live Nation
39:49donc c'est la première fois
39:50que je revois un producteur
39:51de concerts
39:51après tant d'années
39:53et là
39:54j'ai tout de suite vu
39:55qu'il avait parfaitement compris
39:59ce à quoi correspondait
40:02et le premier rendez-vous
40:03c'était acquis
40:04voilà
40:04donc il était décidé
40:06parce qu'il fallait un mélange
40:07de musiciens
40:08il fallait déjà avoir
40:10un peu d'ambition
40:10et ne pas se dire
40:11comment faire
40:12pour gagner le plus d'argent possible
40:14en dépensant le moins
40:15parce qu'il y a rap
40:16par définition
40:17ça ne peut pas
40:18ne rien coûter
40:19parce qu'on déjà
40:19on est 23 personnes sur scène
40:20ou 25 ou 28
40:22on entend les chorales
40:22des cordes
40:23c'est une musique
40:24où il y a beaucoup de monde
40:25on ne peut pas arriver
40:25à 4 sur scène
40:26vous voyez ce que je veux dire
40:27après tout l'univers visuel
40:29c'est pareil
40:30il faut quand même
40:31de la production
40:32ça a l'air beau
40:33il faut des lumières
40:34c'est un peu comme l'opéra
40:36sur scène
40:36c'est comme un opéra
40:38et ça Angelo Gopé
40:40l'a tout de suite compris
40:41et puis voilà
40:43c'est parti de là
40:44donc à partir de là
40:44à partir de ce moment là
40:47je me suis beaucoup concentré
40:48sur ça
40:50donc première tournée
40:51pas longtemps après
40:52le 7ème album
40:53le 7ème album 2017
40:55en 2019
40:56on est sur scène
40:57donc c'était assez rapide
40:59tout ça
40:59deux ans
40:59entre rien
41:00monter le concert
41:01et partir en tournée
41:02mais il y a eu le Covid
41:04donc on devait faire
41:0419, 21, 23
41:06et du coup on a fait
41:0719, 22 et 25
41:09parce qu'il y a eu le Covid
41:10ils étaient tous arrêtés
41:11pour tout le monde
41:12donc les années passent vite
41:14ça a été dur à agir
41:15donc il faut que les ténors
41:17soient libres
41:17que les choristes soient libres
41:18en plus
41:19c'est pas simple
41:20après
41:20ça c'est la logistique
41:21c'est vrai
41:22mais c'est surtout le Covid
41:24qui a arrêté
41:26la mise en route
41:26à peine on a démarré
41:28qu'on a dû s'arrêter
41:29parce que forcément
41:30c'est un opéra
41:31mais avec les technologies modernes
41:33car là aussi
41:34Eric Lévy
41:34vous avez été toujours
41:36très attentif
41:36aux technologies modernes
41:38oui
41:39à tout ce qui se passe
41:40pour que les décors
41:41soient les lumières
41:42les décors et les lumières
41:43soient les mieux possibles
41:44oui
41:45ça je crois que c'est un peu
41:46tout le monde
41:47je crois que tous les artistes
41:48il y en a beaucoup
41:48qui s'intéressent à ça
41:50mais ça permet
41:50les lumières
41:51surtout
41:51c'est plus intéressant
41:52la lumière
41:53que la vidéo
41:54dans la vidéo
41:56il y a des shows
41:57tellement incroyables
41:57qui ont été montés
41:58pour des millions de dollars
41:59que c'est dur
42:01de rentrer en compétition
42:03avec ces shows là
42:04par contre
42:04les lumières
42:05si on est créatif
42:06si on a quelqu'un de doué
42:08on peut faire
42:08des très très belles choses
42:09avec
42:10donc j'ai priorité aux lumières
42:12la vidéo bien sûr
42:14mais les lumières en premier
42:15et aujourd'hui priorité à ERA 8
42:17alors vous êtes remis au travail
42:19et vous avez composé
42:21et réalisé cet album
42:22voilà
42:23parce que c'était une envie nouvelle
42:25presque vous repartez de zéro
42:27à chaque fois
42:27oui absolument
42:28oui
42:28c'est à chaque fois
42:29comme une page blanche
42:30alors après il y a toujours des
42:31vous savez je reprends un peu
42:32comme dans la musique classique
42:33ça aussi
42:33vous savez à l'époque
42:35les compositeurs
42:36une oeuvre
42:36ça durait 25 minutes
42:37il y avait le fameux thème
42:39que tout le monde connait
42:40qui dure peut-être une minute
42:41pas plus parfois
42:42au carrément de la Burna
42:42remarquez
42:43regardez
42:44c'est un petit bout de l'oeuvre
42:45donc si vous voulez
42:48je reprends parfois
42:49ça m'arrive de reprendre
42:51un thème ou deux
42:52de les développer
42:53de rajouter des chorales
42:54des voix lides
42:54mais c'est
42:55c'est comme une saga
42:56c'est comme un épisode
42:58oui
42:58mais il y a un lien
42:59c'est ce qui fait le lien
42:59entre tous les albums aussi
43:01mais bien sûr
43:02beaucoup de musique originale
43:05et ma priorité
43:06c'est toujours les belles voix
43:07les belles mélodies
43:08et
43:09et tout ce qui tourne autour
43:10et l'exemple type
43:11c'est le morceau
43:12Everything Gonna Be
43:13Right
43:13c'est-à-dire
43:14tout va bien se passer
43:15voilà
43:15c'est tout le monde
43:17Everything's gonna be alright
43:20Everything's gonna be okay
43:23Everything's gonna be alright
43:28And can you hear me crying now
43:30il y a les voix
43:31et il y a le clip
43:32parce qu'il y a un clip
43:33qui se passe à la cathédrale de Chartres
43:35là aussi
43:35c'est assez étonnant
43:36oui
43:37non mais c'est pas un hasard
43:38non plus
43:41oui oui la cathédrale de Chartres
43:42parce que c'est peut-être
43:43le monument français
43:44le plus gothique
43:45enfin il y a une histoire
43:46c'est de l'origine
43:49je ne veux pas dire
43:49la chrétienne
43:50qui est française
43:50mais c'est vrai
43:51que c'est un endroit
43:55comment dire
43:55qui est très fort en France
43:57ça fait partie
43:57de l'histoire de France
43:59et j'aime bien
44:00cette histoire
44:01le gothique
44:02les chevaliers
44:03c'est l'univers des raves
44:04vous voyez
44:04et puis il y a le vert bleu aussi
44:06qui est très célèbre
44:08à la cathédrale de Chartres
44:09qui est un vert
44:09qui a été fabriqué
44:10de façon très particulière
44:11et qui est le symbole
44:13de la cathédrale de Chartres
44:14oui
44:15alors dans ce clip
44:16il y a
44:17une femme blonde
44:18une femme brune
44:19mais il y a surtout
44:19à un moment
44:20des avions
44:22la fin de la guerre
44:23c'est presque notre histoire
44:25ce clip
44:25oui oui c'est ça
44:26c'était l'histoire
44:27de devins
44:28qui arrivent
44:29d'époques différentes
44:30qui se rejoignent
44:32dans une espèce
44:33d'endroit
44:33à ce près de la cathédrale
44:35et ils viennent
44:36avec leur vision
44:37et les visions apparaissent
44:39comme ça
44:39je ne vous ai pas vu le clip
44:40mais on voit apparaître
44:42des images
44:43comme ça
44:43enfin c'est pour dire
44:44everything
44:44je ne voulais pas
44:45ramener le texte
44:46à une histoire
44:46comment dire
44:47d'amour personnel
44:49entre deux personnes
44:50une relation
44:50c'est quelque chose
44:51de plus grand pour moi
44:52ces paroles
44:53inspirent quelque chose
44:54de plus vaste
44:55qu'une simple relation
44:56entre deux personnes
44:57parce que vous êtes toujours
44:58dans l'héroïque fantaisie
44:59simplement il faut aller plus loin
45:00Eric Lévy aujourd'hui
45:01puisqu'il y a eu
45:02Le Seigneur des Anneaux
45:03oui absolument
45:04et ça effectivement
45:07ça a marqué
45:07et ça vous a même donné
45:09un nouveau public
45:10absolument
45:11parce qu'aujourd'hui
45:12jusqu'à Game of Thrones
45:13Seigneur des Anneaux
45:14c'est le premier
45:14enfin la série
45:15jusqu'à Game of Thrones
45:16et puis
45:16bien d'autres depuis
45:18et du coup
45:19ça nous a aussi amené
45:20enfin pour ERA
45:21ça nous amène un public
45:23de plus en plus jeune
45:25parce que les jeux vidéo
45:26il y a tout cet univers
45:29dont vous parlez
45:30de ces films
45:31qui sont très populaires
45:32chez les jeunes
45:32et ils découvrent
45:34souvent là
45:35ils découvrent Amélo
45:36notamment
45:36à travers différents
45:39remixes
45:39ou différentes images
45:40comme ça
45:41et c'est vrai
45:41qu'ils adorent en fait
45:43donc on s'aperçoit
45:44que les années passent
45:46et le public rajeunit
45:47c'est bizarre
45:48en général les anciens artistes
45:49ils ont des gens
45:51de plus en plus âgés
45:52ce qui est logique
45:52et avec ERA
45:53c'est un peu l'inverse
45:54on a une courbe
45:55de la courbe
45:58statistique inverse
45:58et grâce effectivement
46:00au Seigneur des Anneaux
46:01et toutes ces séries là
46:01bien sûr
46:02il y a même je crois
46:02un prêtre
46:03un prêtre d'Ilgi
46:05qui a enregistré
46:05Mano
46:07Adré Guilherme
46:07c'est un prêtre portugais
46:10qui est un vrai DJ
46:12incroyable
46:12il fait des gros cartons
46:14il joue dans des trucs
46:16gigantesques
46:16et Améno
46:17c'est un peu le clou
46:18du spectacle
46:19dans cet album
46:20il y a d'autres morceaux
46:21dont The Fallen King
46:35encore de Eric Fantaisie
46:37oui oui
46:37bien sûr
46:38qu'est-ce qui vous a inspiré
46:39cette fois-ci
46:41c'était plutôt
46:42l'époque
46:44dans laquelle on vit
46:44il y a eu
46:45beaucoup de rois déchus
46:46pour ainsi dire
46:47moi je ne fais pas
46:48de politique
46:49bien sûr
46:49dans R.A
46:51mais si vous voulez
46:52ça reprend un thème
46:53qui est assez actuel
46:54l'histoire des rois déchus
46:57si vous écoutez
46:58les paroles
46:58un peu
46:59ces gens
47:00qui vivent
47:02dans un monde
47:04il faut écouter
47:05ce qui m'a beaucoup plus
47:06on ne l'a pas entendu
47:07c'est la mélodie du ténor
47:09c'est un air
47:10très opératif
47:11vous en parliez tout à l'heure
47:12on dirait
47:12la musique classique
47:13et là vraiment
47:13le plus intéressant
47:15pour moi
47:15dans The Fallen King
47:16c'est la partie
47:17qu'on n'a pas entendue
47:17mais on l'écoutera
47:19sur l'album
47:20l'album
47:21ou en streaming
47:21parce que quand je vois
47:22que vous avez fait
47:242 milliards
47:24300 000 streams
47:27sur Youtube
47:28c'est hallucinant
47:28en 2024
47:29oui
47:29c'est hallucinant
47:30vous arrivez à compter
47:32tous ces milliards
47:33de
47:34non je ne compte pas
47:36on me donne les chiffres
47:37mais ça fait toujours plaisir
47:38bien sûr
47:38c'est étonnant surtout
47:39ça donne un côté
47:40oui j'imagine
47:41je ne suis peut-être pas
47:42la personne la mieux placée
47:44pour vous le dire
47:44mais
47:44j'imagine que
47:46un projet
47:47qui a démarré
47:48qui a presque 30 ans
47:50avec ce renouvellement
47:51d'audience
47:51et
47:52ses scores
47:53comme ça
47:53oui
47:54c'est peut-être ça
47:55peut-être pas tous les jours
47:56et comment vous l'expliquez
47:58est-ce que c'est pas rassurant
47:59justement
47:59sur le goût
48:00je pense parce que
48:01la musique est intemporelle
48:02la musique
48:04encore une fois
48:04je l'ai toute humilité
48:07mais
48:08disons que la musique
48:08souvent que j'ai écrite
48:09elle a un côté intemporel
48:11parce que
48:11je ne cherche pas
48:13à faire des choses
48:13non plus mode
48:14ou tendance
48:15ou voilà
48:16c'est tout
48:16je trouve une belle mélodie
48:17quelle qu'elle soit
48:18que ce soit une mélodie
48:20une belle mélodie
48:21la trompette
48:21de Stanley Clark
48:22ou
48:24un bac
48:25ou qui vous voulez
48:26à partir du moment
48:27où la musique est intemporelle
48:28elle peut traverser
48:30les décennies
48:30oui
48:31mais en même temps
48:32vous êtes un artisan
48:34oui
48:34c'est ce qui est plus si courant
48:36dans la musique
48:36Eric
48:37oui oui
48:37je comprends ce que vous voulez dire
48:38oui
48:39car vous travaillez en artisan
48:41je crois que beaucoup
48:42travaillent en artisan
48:43non
48:43enfin il me semble
48:44mais
48:44oui
48:46il vous a fallu combien de temps
48:47pour réaliser cet album
48:49lequel
48:49le dernier
48:50ah le dernier
48:51écoutez
48:51comme il y avait une tournée
48:52au milieu
48:53j'ai commencé
48:53l'album
48:54en 2024
48:57enfin 2003
48:58après la tournée 2025
49:00et je l'ai terminé
49:01après
49:01oui j'étais un peu
49:03la dernière tournée
49:04on avait déjà joué
49:05un ou deux titres
49:06du dernier album
49:07qui était
49:07quasi abouti
49:09voilà
49:10donc
49:10et les tournées vont recommencer
49:12vous prévoyez déjà
49:122028
49:14absolument
49:14dans un an et demi
49:15on va jouer dans un an et demi
49:17on fait une tournée des
49:20des zenith en France
49:21et on passe par l'accord arena
49:22à Paris
49:22ce qui pour nous
49:23est une forme de
49:26de
49:27on gravit une marche de plus
49:28parce que c'est vrai
49:29qu'avant on faisait
49:30le palais des congrès
49:31et la scène musicale
49:32ce genre de salles
49:32et là l'accord arena
49:33on se retrouve
49:33une salle beaucoup plus grande
49:36belle salle
49:36et c'est vrai que
49:37je crois que tous les musiciens
49:38enfin moi notamment
49:40je rêvais de jouer
49:40dans cette salle
49:41donc ça sera chose faite
49:42et ça nous permettra
49:43de faire un
49:44un très beau show
49:45pour le public
49:46ça demande deux ans
49:47de préparation
49:47car il faut
49:48oui
49:50oui enfin quelques mois
49:51quelques mois de préparation
49:52et RAS a toujours été
49:53un projet assez
49:54tout s'est fait
49:55toujours rapidement
49:56les albums
49:57les préparations
49:58de tournées
49:59c'est toujours un projet
50:00qui
50:01quand je vois
50:03le nombre de semaines
50:04que passent
50:04certains artistes
50:05en répétition
50:05nous RAS
50:06c'est vrai qu'en général
50:07on répète
50:08une semaine
50:09bon c'est vrai
50:11qu'après
50:12je suis avec des très bons musiciens
50:13chacun travaille de son côté
50:14mais c'est vrai que
50:15beaucoup d'artistes
50:16passent énormément de temps
50:18à tout faire
50:18et je suis quelqu'un
50:20qui m'allait assez vite
50:22assez rapidement
50:24oui
50:25mais en même temps
50:26il faut avoir des idées
50:28sans arrêt
50:28il faut comprenner
50:28sans arrêt
50:29oui il n'y a pas
50:30beaucoup d'improvisation
50:31parce que voilà
50:31c'est pas un espace
50:32pour improviser
50:33donc
50:35tout est assez calculé
50:37il y a beaucoup d'éléments mélangés
50:38la chorale
50:39les cordes
50:39les voix
50:39c'est un univers assez précis
50:43d'ailleurs comme dans la musique classique
50:44vous me parliez de ça tout à l'heure
50:45mais c'est vrai
50:45dans la musique classique
50:47tout est millimétré
50:48donc
50:48dans RAS
50:49c'est un peu pareil
50:50donc ça permet de travailler plus vite
50:52du coup
50:52mais ce côté millimétré
50:54vous le donnez
50:54du sens des mathématiques
50:56de votre père ?
50:57oui peut-être
50:58c'est un côté
50:58j'aime bien
50:59tout ce qui est
51:00oui j'aime pas
51:01les zones de flou
51:01dans la musique
51:03je passe des heures
51:04parfois sur les petits détails
51:06mais à l'arrivée
51:07on dit toujours
51:08le diable
51:09se cache dans les détails
51:10c'est vrai
51:11et en même temps
51:12bon cet album est sorti
51:13vous allez en faire d'autres
51:14et continuer les tourner
51:15qu'est-ce que vous n'avez pas encore fait
51:16qu'est-ce que vous avez des rêves ?
51:18alors mon rêve
51:18oui
51:18le rêve pour moi
51:19c'est d'aller jouer
51:20on ne l'a pas fait
51:21c'est d'aller jouer
51:21en Amérique du Sud
51:23parce que
51:24d'abord c'est le territoire
51:27c'est là où il y aura
51:28le plus de succès
51:28le Brésil
51:29le Mexique
51:30le Mexique en premier
51:31et j'ai été faire
51:32de la promo là-bas
51:33deux, trois fois
51:34c'est vrai que c'est un pays
51:35j'adorais faire des concerts là-bas
51:37donc c'est sur la table
51:39on risque d'avoir des nouvelles
51:41dans les mois qui viennent
51:43ça, ça sera vraiment
51:45est-ce que vous êtes conscient
51:46d'avoir monté
51:47quelque chose
51:47qui n'existait pas
51:48d'avoir créé
51:49ça me vous en rende compte
51:50une musique étonnante
51:52oui, oui
51:53avec le temps
51:53j'en suis conscient
51:54que c'est un projet
51:56qui est différent
51:57c'est vrai que
51:59ça ne ressemble pas
52:00à un autre projet
52:00il y a un côté original
52:03je ne fais pas partie
52:04d'une série de groupes
52:06vous êtes peut-être unique
52:08dans votre genre ?
52:10ça c'est pas moi
52:11je ne me dirai jamais
52:12moi-même
52:12je suis unique
52:13oui
52:13vous êtes trop modeste pour ça ?
52:18oui, non, il faut relativiser
52:22relativiser en fait
52:23qui on est
52:24par rapport à Zumonde
52:25et quand vous pensez à vous
52:27vous voyez comment
52:28vous-même ?
52:30comment je me vois ?
52:31oui, l'avenir ?
52:33l'avenir ?
52:36peut-être après
52:38quand je ne serai plus là
52:38j'espère que la musique
52:39il continuera
52:41à traverser des décennies
52:42comme ça
52:43être écouté par des gens
52:44ça serait
52:45ça serait
52:46c'est un truc
52:47qui me ferait plaisir
52:47même si je ne serais pas là
52:48pour en profiter
52:49ça c'est le plus tard possible
52:50en attendant
52:50il y a cet album 8
52:52qui va toucher
52:53j'en suis convaincu
52:54beaucoup de gens
52:54et faire un record
52:55de streaming
52:56une fois de plus
52:57et puis il y a ses tournées
52:58à partir de 2028
52:59et merci
53:00de défendre ainsi
53:02cette musique
53:03d'être une sorte
53:03de village gaulois
53:04qui résiste à envahisseurs
53:06la musique
53:07et nous avons besoin de vous
53:09merci
53:10et merci de m'avoir accueilli
53:12chez vous encore
53:12Sud Radio
53:13c'est intéressant
53:15de discuter avec vous
53:16et c'était passionnant
53:17merci Eric Lévy
53:17et à bientôt
53:18merci
53:18l'écrit d'une vie
53:19c'est terminé pour aujourd'hui
53:20on se retrouve bientôt
53:21restez fidèles
53:22à l'écoute de Sud Radio

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