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  • il y a 11 heures
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-06-09##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Être une femme résolument naturelle à l'écran comme à la scène
00:08ne vous empêche pas bien au contraire de croire au surnaturel.
00:12Vous le démontrez une fois encore dans un roman où parler des morts
00:16est paradoxalement pour vous un acte de vie.
00:19Bonjour Nathalie Marquépernot.
00:20Bonjour.
00:21Alors on vous avait reçu dans les clés d'une vie il y a très longtemps.
00:23Oui.
00:24Mais on vous retrouve aujourd'hui avec votre premier roman
00:26Méfiez-vous des morts chez Belladone.
00:28On va en parler, mais le principe des clés d'une vie, vous le connaissez,
00:32c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:35Et j'en ai trouvé une, alors c'est étonnant parce que ce reportage est très discret.
00:38Le 2 juin 1987, le journal Parlez Alsace vous interview sur votre élection de Miss France
00:45et il y a une émotion dans la voix des journalistes qui fait qu'ils se sentent fiers car c
00:50'est l'Alsace.
00:51Ah bah oui, en Alsace ils sont très très chauvins et c'est grâce à eux que j'ai été
00:54élue Miss France
00:55parce que franchement ma première dauphine elle était extrêmement jolie
00:58et moi avec ma coupe horrible je me trouvais très très moche.
01:01Et heureusement qu'elle était de la Réunion donc il y avait moins d'appels pour elle
01:05et c'est grâce à ça que j'ai gagné parce qu'ils Alsaciens étaient derrière moi et ils étaient
01:08très très fiers.
01:09Vous êtes aussi timide que lui lorsqu'il vous interview dans ce journal Parlez
01:13qui est une, je crois que c'est votre seule radio pratiquement sur le service public.
01:16il y a une émotion et une timidité.
01:19Ah bah moi j'étais très très timide quand j'étais jeune, je quittais ma province, j'avais jamais rien
01:25fait, ni voyagé.
01:27Puis je vous dis, moi je me trouvais pas légitime d'être la Miss France donc je me sentais pas
01:32à ma place du tout.
01:33Donc je pense qu'il y a beaucoup, c'est pour ça que j'étais extrêmement timide aussi.
01:36Je crois que l'élection de Miss Alsace, je crois que c'est votre père qui vous a poussé à
01:40vous présenter.
01:41Oui c'est tout à fait ça.
01:43Comme j'étais un cancre à l'école, mes parents ne savaient plus quoi faire avec moi.
01:47C'est-à-dire que je séchais beaucoup les cours, j'étais vraiment un can, je supportais pas les professeurs,
01:51je supportais pas les ordres, enfin j'étais vraiment une enfant terrible.
01:55Et mon père il s'est dit, on sait plus quoi faire avec elle, c'est pas possible.
01:58Puis il a vu l'élection de Miss Alsace et derrière mon dos il m'a inscrit à Miss Alsace,
02:02il a envoyé mon CV, il a dû inventer le CV, il a dû dire qu'elle fait des études.
02:07Et un soir mon père il me dit, voilà, t'as été sélectionné pour faire Miss Alsace.
02:11Et là je regarde mon père, je dis, mais hors de question, jamais je vais faire Miss Alsace.
02:14Et je dis, c'est trop ringard, et puis c'est pas mon truc, je suis un garçon manqué.
02:18Et puis au bout de trois jours, avec mon père on se faisait la gueule parce que je voulais pas
02:21y aller.
02:22Ma mère elle monte dans la chambre, elle me dit, écoute, tu vas faire plaisir à ton père.
02:26Et de toute façon tu ne risques pas de gagner.
02:28Et c'est là que je dis, bah oui t'as raison maman, je risque pas de gagner.
02:30Donc ok, je veux bien faire plaisir à papa.
02:32Voilà, et j'ai été Miss Alsace.
02:34C'était quoi les épreuves ?
02:36À Miss Alsace ?
02:36Oui.
02:37Ah bah c'est tout simple, il fallait passer en maillot de bain.
02:41Il fallait dire deux, trois phrases, mais les trois phrases c'était pas terrible.
02:45C'était juste dire Nathalie Marquet, je suis du signe du poisson comme à Miss France.
02:50Et puis dire les études qu'on faisait, donc j'ai inventé pour mes études parce que je faisais pas
02:53d'études.
02:54Donc c'était très comique, je commençais déjà à mentir.
02:57Et personne n'a rien vu, hein.
02:59Donc c'est ça qui est bien en fin de compte, moi j'avais l'intelligence de l'instinct.
03:03Oui, et à votre grande surprise, vous êtes Miss Alsace.
03:06Tout à fait, ah bah grande surprise.
03:07Surtout que pour les autres candidates, il y avait les Alsaciens qui avaient rempli des bus entiers.
03:13Moi j'avais juste seulement ma famille.
03:14Et j'ai quand même gagné, donc je me demande si les votes n'ont pas été truqués d'ailleurs.
03:18Maintenant que j'y pense, on sait jamais.
03:20Et la réaction de votre père ?
03:22Mais très très fière.
03:23Et ma mère aussi après, parce qu'elle s'y attendait pas.
03:25C'était pas de la méchanceté de la part de ma mère, c'est qu'elle était très humble.
03:28Elle s'est dit, ça peut pas arriver dans notre famille, c'est pas possible.
03:31Et les deux très très fiers, vraiment.
03:33Et à l'école ?
03:35Ah bah les profs subitement, ils étaient tous heureux, ils m'aimaient tous.
03:38Tous ils voulaient me voir.
03:40On espère que tu vas réussir à Miss France.
03:42Ah bah ils ont jamais été aussi gentils à ce moment-là.
03:45Ça a pas sauvé votre moyenne de fin d'année.
03:47Ah non, pas du tout.
03:48Alors il se trouve qu'ensuite il y a eu le concours Miss France.
03:50Et on a un peu oublié que finalement, aujourd'hui, une Miss France à la télé c'est courant.
03:53Et vous Nathalie Marquet-Pernault, vous avez été la première à la télévision.
03:57Oui, tout à fait, avec Guilux, la toute première.
03:59Et donc c'était pas l'élection en entier, c'était que...
04:02On était 45 candidates à l'époque et on prenait que les 12 finalistes.
04:06Et c'est que les 12 finalistes qui allaient sur le plateau avec Guilux.
04:09Donc c'était vraiment le bordel parce qu'il n'y avait pas que ça.
04:12Et ce qui était marrant, il y avait déjà aussi, en même temps, une émission sur de la voyance.
04:16Donc c'est ça qui est quand même incroyable.
04:18Il y avait de la voyance alors que moi j'étais à fond déjà dedans.
04:20À 17 ans, j'avais vu ma première voyante.
04:23Donc ça m'a toujours persécutée, toujours suivie.
04:25Et en fin de compte, c'est bien.
04:26Parce que c'est des très bons signes pour moi.
04:28Et puis c'est vrai, il y a eu un cafouillage.
04:30Parce qu'ils se sont plantés avec la première dauphine, la Miss France.
04:33La quatrième dauphine qui part en courant, qui dit que c'est truqué.
04:36« Oh ! Qu'est-ce que j'étais mal ! Mais qu'est-ce que j'étais mal !
04:39»
04:39Mais bon, après, ça s'est bien terminé pour moi.
04:42Oui, mais en même temps, vous ne pensiez même pas être dans les 12 finalistes.
04:45Ah ben non, non, non, moi j'ai eu un choc.
04:46Ah non, quand je faisais partie des 12, j'ai vraiment eu un choc.
04:49En plus, nous, à notre époque, on n'était pas sponsorisés pour les robes de soirée.
04:54Donc on nous avait dit, il faut prendre une longue robe.
04:57Et puis moi, je n'avais pas envie de me prendre la tête, chercher des heures et des heures une
05:00longue robe.
05:01Donc la première longue robe que j'ai vue dans une boutique, je l'ai prise.
05:03Elle était atroce, moche, les manches bouffantes, avec toutes les couleurs.
05:09Et les autres candidates avaient loué des robes chez Dior, chez Yves Saint Laurent.
05:12Elles étaient somptueuses.
05:13Donc après, là, pour les 12, Mme de Fontenay m'a dit, je vais quand même vous prêter une robe
05:17pour la télé,
05:18parce que ça ne va pas passer sinon votre robe.
05:19Je lui ai dit, bon, d'accord, c'est comme vous voulez, Mme de Fontenay.
05:22Donc heureusement, elle m'a prêté une autre robe où j'avais l'air moins ridicule.
05:24Et l'émotion se voit sur votre visage quand vous gagnez, parce que vous êtes totalement stupéfaite.
05:29Oui, alors je ne sais pas si c'est de l'émotion, je ne me trouve pas à ma place.
05:34C'est ça, je me dis, je suis désolée, parce que dans la salle, il y a quand même des
05:37sifflements,
05:38il faut le dire quand même, il ne faut pas avoir peur.
05:39Il y a quelques sifflements, bon, tout le jury était bourré aussi, ce n'était pas sérieux.
05:44Ils avaient bu tous du champagne, ils votaient avec des roses.
05:46Donc, ouais, elle est jolie, je vais faire comme ça, elle est belle.
05:49Ah ouais, elle a des belles jambes.
05:51Puis on leur a passé devant eux, c'est horrible, parce que là, vous voyez, comme on est installé, nous,
05:55nous, on marchait sur une table qui tenait à peine debout, avec des hauts talons, ce n'était pas évident.
06:00Et on ne ressemblait à rien, ça, c'est sûr.
06:03Et puis, pour le jury sur place, c'était pour Miss Réunion, et je les comprends tout à fait.
06:07Donc, ça siffle un petit peu.
06:09D'autres qui applaudissent quand même aussi, mais c'est vrai que j'ai 2000 ou 3000 voix de différence
06:13par rapport à ma première dauphine.
06:15Mais moi, j'ai vraiment un choc, parce que je me dis, mais pourquoi moi ?
06:18Je ne ressemble à rien, ma coiffure, elle était horrible, c'était super moche.
06:23Enfin, je ne me plaisais pas, je me trouvais très moche.
06:25En tout cas, un jury comme ça, ça ne passerait pas aujourd'hui ?
06:27Ah, mais pas du tout, parce que ce n'est pas sérieux, mais vraiment pas.
06:30Déjà, maintenant, le jury n'est pas bourré, déjà.
06:35Et puis, il y a plein de plateaux, maintenant, où on a le temps de juger la fille.
06:41Il y a un jury de présélection, aussi, déjà, pour choisir les 15 finalistes.
06:45Donc, après, voilà.
06:47Heureusement, c'est très, très sérieux.
06:48Alors, je crois que ça a été la fête toute la nuit à Wittenheim, qui est une ancienne cité près
06:53de Bilouze.
06:54Wittenheim, je sais que ça vient de Wittam, qui veut dire Habitat, foyer chez soi, patrie d'une tribu.
06:59Merci, parce que je ne savais pas, vous êtes formidables.
07:02Et je crois que ça a été pour vous la fête, bon, il y a eu, bien sûr, l'année
07:06Miss France,
07:07mais il y a eu aussi Jacques Chirac que vous avez accueilli.
07:09Ah oui, quel amour, mais vraiment, quel amour.
07:11J'avais tout un discours que j'avais appris par cœur, et donc, je devais le recevoir à l'aéroport
07:18de Bâle.
07:19Et je le vois arriver, la prestance, j'étais vachement, j'étais jeune, j'avais 19 ans,
07:24et la prestance qu'il avait est très grande, et il vient vers moi et me fait,
07:28qu'est-ce que vous êtes jolie, donc il me fait quatre bises,
07:30vous êtes tellement jolie, je vous en refais quatre autres.
07:32Eh bien, j'ai oublié mon discours, j'étais incapable de sortir un mot.
07:35Donc, c'est très bien passé comme ça, il était ravi, moi aussi.
07:39Et en plus, vous avez changé l'image des Alsaciens.
07:41Moi, je me souviens de Bachoum qui me disait, j'ai été élevé en Alsace,
07:44il y avait un côté taiseux que j'ai gardé toute ma vie.
07:47C'est vrai que les Alsaciens sont taiseux.
07:49Ah oui ? Je ne trouve pas, moi.
07:51Vous êtes l'exception qui ne confirme pas la règle.
07:54Alors, il se trouve que ça a changé votre vie,
07:56parce qu'au départ, vous rêviez de devenir mannequin, et pas du tout Miss France.
08:00Mannequin, c'est même pas rêver, c'est que j'ai eu des opportunités
08:04où on m'a appelé, je pense qu'on devait me trouver jolie,
08:07il n'y a que moi qui ne me trouvais pas, enfin, je ne me posais même pas la question.
08:10Je pense que j'étais un garçon manqué, je m'en foutais du maquillage.
08:14Et puis, c'est vrai que j'ai fait des trucs de mannequins,
08:17qu'on est venu me chercher, puis à la fin de compte, je trouvais ça sympa,
08:19puis c'était de l'argent gagné facilement aussi, pour l'époque.
08:22Et je me dis, tiens, pourquoi pas, c'est facile, c'est sympa à faire,
08:25et on bouge, on danse, il y a de la musique, bonne ambiance, quoi.
08:28Alors, je crois que vous étiez la quatrième Miss Alsace de Notre Miss France,
08:32et il y en a une qui est devenue très célèbre ensuite,
08:34en participant à cette émission, vous connaissez bien.
08:39Oh, Delphine Vespézer !
08:40Exactement.
08:41Je shoot, je l'adore, elle est sublime ici.
08:44Dans Fort Boyard.
08:44Ah oui, moi je l'adore, c'est vraiment une mise que j'adore,
08:49on s'entend très très bien, on pense pareil,
08:52elle est très spirituelle aussi,
08:54elle est saine comme fille, elle est généreuse,
08:58elle a tout pour elle, elle a vraiment tout pour elle.
09:00Et elle était candidate dans Fort Boyard, et ensuite elle est devenue la juge blanche et la juge rouge.
09:05Oui.
09:05C'est une belle histoire aussi.
09:06C'est une magnifique histoire, et en plus elle remplit bien son rôle,
09:09elle est sublime, moi j'adore,
09:10tout le monde rêve d'être en face d'elle pour pouvoir la voir, quoi.
09:15Exactement.
09:15J'adore.
09:16Fort Boyard, vous l'avez fait quatre fois,
09:18toujours pour des oeuvres particulières,
09:21associations,
09:22et je crois que tout ce qui est sport, pour Fort Boyard,
09:25comme les sports extrêmes, ça ne vous fait pas peur ?
09:27Oui, ça ne me fait pas peur, et en même temps,
09:29si on va faire Fort Boyard, il faut y aller, il faut foncer,
09:32parce qu'on n'a qu'une seule chance de gagner beaucoup d'argent pour une association,
09:36donc il ne faut pas se poser de questions.
09:38Donc, des fois, ce n'est pas évident quand même.
09:41Par exemple, c'est vrai que le problème,
09:43c'est qu'on vous met par exemple sur une grande balançoire,
09:45où il y a le vide,
09:46mais vous attendez des fois 20 minutes à une demi-heure sur cette balançoire,
09:50parce qu'ils finissent un autre jeu.
09:51Et là, vous commencez à dire,
09:53je commence à me sentir,
09:54parce que vous êtes quand même crispé,
09:55quand vous avez le vide en dessous, les lions, à l'époque, il y avait les lions encore,
09:59vous n'êtes pas très bien,
10:00et après, vous vous dites, mais vivement que ça commence,
10:02parce que les jambes commencent à trembler,
10:03et après seulement, on fait l'épreuve.
10:04Donc là, vous faites l'épreuve,
10:06vous balancez en l'air,
10:07il faut sauter à temps pour attraper la clé.
10:09Bon, j'ai toujours pratiquement tout le temps eu de la chance,
10:11il y a peut-être une ou deux fois, j'ai raté les clés,
10:13mais sinon, j'ai toujours eu de la chance,
10:14je les ai eues les clés.
10:15Oui, mais vous êtes une passionnée de sport,
10:16je crois que le saut à l'élastique, en plus,
10:18ça vous passionne aussi, il n'est pas si fréquent.
10:20Oui, oui, j'en ai fait beaucoup à l'époque,
10:22et d'ailleurs, je suis la première en France
10:24à avoir sauté à l'élastique d'un parachute ascensionnel avec le bateau,
10:29ça ne se faisait pas du tout à l'époque,
10:31et c'est vrai qu'il faut vraiment sauter au moment où on vous dit de sauter,
10:34parce que sinon, vous éclatez la tête dans l'eau et vous mourrez.
10:36Carrément.
10:37Oui, et moi, j'étais une folle furieuse, j'y allais à fond.
10:39Je vous dis, j'étais un garçon manqué.
10:41En même temps, il ne faut pas oublier qu'un monsieur
10:43qui a sauté de la tour Eiffel en 1987,
10:47qui est aujourd'hui le patron d'essai holistique dans le monde,
10:50et il a fait son essai, il se revêt en prison,
10:52mais finalement, ça a lancé sa société.
10:55Voilà, vous voyez, il faut oser dans la vie.
10:57Et puis, il y a aussi, je crois, la plongée.
10:59Ah, moi, je suis fan de plongée, oui, oui,
11:01et puis là, j'ai passé il y a 3-4 ans mon dernier diplôme
11:05où je peux aller sauver les gens sous l'eau.
11:07Donc, je suis une passionnée, et j'adore nager avec les requins.
11:11Au début, la toute première fois, quand j'avais fait mon baptême,
11:15il y a des gens qui font, vite, vite, on ressaut dans l'eau,
11:18il y a un requin-marteau.
11:21Et moi, j'étais sur l'échelle pour remonter sur le bateau,
11:23moi, je suis remontée en courant,
11:25je me suis dit, mais ils sont complètement malades,
11:26ils sont fous, un requin-marteau.
11:28Et après, c'est moi, je fais, ouais, ouais, vite,
11:29il y a un requin-marteau, vite, il faut aller le suivre.
11:31Donc, maintenant, c'est un truc de dingue.
11:32Mais je suis fan des requins, et c'est une vraie passion.
11:35Oui, les requins, les vrais,
11:37pas ceux du monde du spectacle, bien entendu.
11:40Pas vraiment.
11:41On va plonger maintenant vers une autre date,
11:43le 12 juin 1994.
11:46A tout de suite sur Sud Radio,
11:47avec Nathalie Marquet-Pernaud.
11:49Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:52Sud Radio, les clés d'une vie,
11:54mon invité Nathalie Marquet-Pernaud.
11:56Nous parlerons tout à l'heure de vos débuts de romancière,
11:59avec Méfiez-vous des morts,
12:00un livre qui donne envie de rester bien vivant,
12:03nos éditions Belladone.
12:05On en revient à votre parcours,
12:06on a parlé de Miss France.
12:07Alors, j'ai trouvé une date,
12:08le 12 juin 1994,
12:11où vous êtes figurante dans ce film.
12:18Vous êtes une petite figuration dans ce film,
12:23dans un rôle de serveuse, je crois.
12:25Oui, avec Timo Dalton.
12:27Deux fois James Bond, c'est quand même pas mal.
12:29Oui, c'est un mini-role.
12:31Et ça s'était tourné en Belgique.
12:34C'était un film qui était une histoire policière,
12:37une histoire d'espion entre la CIA et le FBI.
12:41Très bien, oui.
12:41Avec des échanges.
12:42Comment vous vous êtes retrouvée là-dedans ?
12:44Je ne sais même plus.
12:45Je crois que c'est une coïncidence.
12:46Quand j'étais en Belgique,
12:47il y avait un producteur qui était intéressé par moi,
12:50et qui m'avait dit,
12:51ça serait bien si tu veux faire déjà un tout petit rôle.
12:54Enfin, ce n'était même pas un petit rôle,
12:55j'ai dit un mot ou deux mots.
12:57À l'époque, je me suis dit,
12:58bien sûr, Timothy Dalton, c'est exceptionnel.
13:01Waouh, j'étais vachement étonnée.
13:05Dans ma vie, ça a toujours été des coïncidences.
13:07Parce qu'en plus, vous ne pensiez pas faire du cinéma.
13:09Pas du tout.
13:10Non, non, non.
13:11D'ailleurs, je n'en ai pas fait.
13:13Vous avez fait beaucoup de sitcoms, en revanche.
13:15Oui, oui.
13:16Vous êtes entrée dans cet univers tout à fait un peu par hasard.
13:18Toujours.
13:19Mais c'est toujours un hasard, ma vie.
13:20Tout le temps, le théâtre était un hasard.
13:23Écrire des livres, c'était un hasard.
13:25Tout est un hasard.
13:25Et le hasard fait bien les choses.
13:27Les sitcoms, ça a commencé avec le mien et les abeilles, je crois.
13:30Oui, oui.
13:31Avec une apparition pour un épisode.
13:33Oui, oui.
13:34Après, j'ai eu la chance de rencontrer Jean-Luc Azoulay,
13:37qui est un homme vraiment formidable et extrêmement fidèle.
13:40Et après, j'ai fait plein de sitcoms.
13:42J'ai fait Les Filles d'à côté.
13:44J'ai fait, je ne sais plus, tous les sitcoms qui pouvaient exister à l'époque.
13:46Il y a eu Salut les Musclés, d'abord.
13:47Voilà, merci.
13:48Je perds la mémoire, vous savez maintenant.
13:49Il faut savoir que Salut les Musclés, c'est l'origine des sitcoms.
13:52En fait, Jean-Luc Azoulay était aux Etats-Unis.
13:55Il voit un sitcom.
13:55Il décide de faire la même chose en France.
13:57Et on lui a rionné pendant des mois.
13:59Bien sûr.
13:59Mais personne n'en voulait.
14:01Et puis un jour, grâce à Dorothée, qui était à l'antenne,
14:05ils ont proposé Salut les Musclés, qui étaient les musiciens.
14:08Et ça a marché.
14:08Et les ancêtres des sitcoms, en fait, c'est une dame qui s'appelle Lucie Le Boul,
14:13qui a fait Lucie, l'extravagante Lucie, dans les 50 aux Etats-Unis,
14:18offert par une marque de lessive.
14:20Et en France, elle est transposée en 62, avec Odette Laure et Pierre-Louis,
14:25qui étaient deux animateurs de télévision, avec Quand on est deux.
14:28Et c'est comme ça que tout a commencé, sans imaginer un jour que ça irait plus loin.
14:31C'est incroyable.
14:33C'est fou, hein ?
14:33Parce que quand on sait la suite, après, c'est formidable.
14:35C'était toute une génération.
14:37Ça a été un succès fou, quoi.
14:39Et là, vous avez accepté tous les rôles possibles et imaginables.
14:42Comment c'est venu ?
14:43C'est parce que j'avais rencontré Jean-Luc Azoulay.
14:45Et puis après, moi, je suis une bonne camarade.
14:48Donc, par exemple, j'ai beaucoup sympathisé avec Thierry Redler,
14:51qui nous a quittés, malheureusement.
14:54Donc, il m'a présenté à plein d'autres personnes.
14:56Et après, il fait, ça serait bien que tu fasses un guest là.
14:58Ça serait bien que tu fasses un guest là.
14:59Je lui dis, pourquoi pas, pourquoi pas.
15:00Moi, je prenais tout.
15:01Et puis, je m'éclatais, je m'amusais.
15:03Et puis, voilà, quoi.
15:04C'est un travail très particulier.
15:05Quand même, il faut apprendre vite les textes.
15:07Ah, c'est une école, une excellente école.
15:10Parce que vous avez les textes, des fois, à minuit.
15:13Et puis, le lendemain matin, à 6h, vous levez, vous êtes au boulot.
15:15Et vous devez savoir votre texte.
15:17Mais là aussi, c'est un apprentissage.
15:18Oui, mais c'est génial.
15:19On apprend tout.
15:20Et c'est vrai que là, on ne vous demande pas si vous avez fait les cours Florent.
15:23Les cours...
15:24Non, c'est l'instinct.
15:25Avec Azoulay, ça a toujours été l'instinct.
15:30Il dicte ses feuilletons allongés sur le ventre, sur son bureau, à sa secrétaire.
15:35Comme les feuilletonistes du siècle passé.
15:37Car c'est une tradition, le feuilleton.
15:39Ah.
15:40C'est-à-dire, dans les siècles passés, on dictait sans savoir ce qui allait se passer le lendemain.
15:43Ah oui, ça, c'est du tout craché Azoulay.
15:46Bien sûr, mais toujours.
15:48Après, il dit, bon, peut-être là, il serait peut-être temps qu'il meure.
15:52Parce qu'il faut changer.
15:53Parce qu'il faut moderniser.
15:55Donc, il faut qu'il quitte la série.
15:56Puis, d'un seul coup, non, c'est dommage qu'on l'ait enlevé.
15:59Il va ressusciter.
16:00Et ça fonctionnait.
16:01Comment un mort peut partir et on ressuscite quelqu'un d'autre ?
16:04Enfin, il revient après, deux mois après.
16:06Et ça fonctionnait, tout le temps.
16:08Oui, parce que dans les journaux du XIXe siècle, il y avait le feuilleton quotidien.
16:11Et pour son utéra, il y avait les rocamboles.
16:13Et puis, il avait tous les petits personnages, pour ne pas s'y perdre, sur sa cheminée.
16:17Ceux qui étaient debout étaient vivants.
16:19Ceux qui étaient couchés étaient morts.
16:19Et je les morts.
16:20La femme de ménage passe, elle a allongé tout le monde.
16:22Oh.
16:22Donc, ça a été une pagaille pour que les feuilletons continuent sans se tromper.
16:26Ah oui, non, c'est autre chose là.
16:28Mon Dieu.
16:28Alors, il y a eu tous ces feuilletons, parce que vous avez même joué dans Les Vacances de l'Amour.
16:32Oui, oui.
16:32Ça, moi, j'étais très amie avec tous les comédiens que j'avais vus avant, justement, sur d'autres séries.
16:38Et d'ailleurs, on voit mes fesses sur un générique de ce générique-là.
16:43Heureusement, on ne voit pas ma tête.
16:45Puis, j'ai fait pas mal de sitcoms.
16:46Ah oui, c'était bien.
16:47Puis là, on partait à l'étranger.
16:48Donc, c'était sympa.
16:49Et le premier réalisateur de sitcom de Jean-Luc Azoulay, c'est Jacques Samin,
16:52qui a commencé à la télévision en réalisant Bonne nuit les petits,
16:56auquel personne ne croyait.
16:57Oh, il y a la pop, pop, pop, pop, pop, pop.
16:58Ça vous a marqué, ça ?
16:59Ah oui, grave.
17:00Avant que j'aille faire dodo.
17:01Voilà.
17:02Et puis, il y a une autre série.
17:04Alors là, vous avez eu un rôle beaucoup plus important.
17:13Ah oui, oui, c'était formidable.
17:15Comment c'est né cette aventure ?
17:16Alors, comment c'est venu ?
17:17Encore un truc incroyable.
17:20Il y a un moment, j'ai voulu quitter tout ce monde à Payette.
17:24Et je suis partie dans les îles.
17:25Je ne voulais plus rien savoir.
17:27Je ne voulais plus voir dans la comédie.
17:29Plus rien du tout.
17:30Et ma grand-mère n'allait pas bien.
17:32Donc, je suis revenue en métropole.
17:33Et j'ai rencontré, comment il s'appelle déjà ?
17:37Ah, l'acteur de, j'ai un truc de mémoire, de la boum.
17:42Pierre Cossot, pardon.
17:43Excuse-moi, Pierre.
17:44Pierre Cossot, on s'est rencontrés.
17:46On a été un petit moment ensemble.
17:48Et puis, lui, il jouait dans Sous le Soleil.
17:49Et puis, moi, je revenais de mes îles.
17:52Et il me dit, écoute, il cherche quelqu'un pour faire un casting
17:56pour la secrétaire d'Adeline.
17:57Alors, je dis, ah non, non, moi, je n'ai pas envie de retomber là-dedans.
18:00Et puis, de toute façon, non, j'ai envie de faire autre chose.
18:02Vraiment.
18:02Il me dit, oh non, écoute, ça serait vraiment sympa.
18:04Parce que moi, je vais tourner longtemps avec eux.
18:07Parce que j'ai un petit personnage au moins pendant 5-6 mois.
18:09Donc, vas-y, ça serait bien.
18:11On sera tous les deux ensemble.
18:12Je fais, bon, écoute, je veux bien passer le casting.
18:14Mais je n'y croyais pas du tout.
18:16Et je passe le casting.
18:17Et le soir même, on me dit, ben voilà, tu as le rôle récurrent de Monica.
18:21Boum.
18:21Et ça m'a relancé dedans.
18:24En même temps, vous avez passé quelques mois à Saint-Tropez tous les ans pendant 8 ans.
18:28Ah oui, oui, non, ça c'était génial.
18:29Je crois qu'il y avait la plage et il y avait la plage reconstituée en cas de mauvais temps.
18:34Oui, alors moi, j'avais moins de chance parce que j'étais la secrétaire d'Adeline.
18:37Donc, nous, on était dans un genre d'immense garage.
18:40Quand il faisait chaud, on était en transe.
18:43Je n'étais pas beaucoup à la plage, moi.
18:44J'étais beaucoup au cabinet d'avocat avec Aline Mondiaux.
18:47Mais là encore, on apprend un autre métier.
18:50Ah oui, ben oui, on apprend à être comédienne, à un rôle beaucoup plus conséquent, un rôle qui est construit.
19:00Mais c'est bien.
19:02Encore, c'est une école aussi où des fois, tu as les textes à minuit pour le lendemain.
19:06C'est pareil.
19:06Donc, merci Jean-Luc Azoulay, ça m'a beaucoup aidée.
19:09Et Saint-Tropez, on parle beaucoup de Bardot qui nous a quittés.
19:12Mais avant Bardot, on a oublié que Colette, la romancière, s'est installée à Ramatuel, à la Traille-Muscade, dans
19:18les années 30.
19:19Et qu'il y avait tout le gratin des écrivains et des poètes comme Jean Cocteau qui venaient passer l
19:23'été.
19:24Mais à l'époque, on ne parlait pas autant de Saint-Tropez qu'aujourd'hui.
19:26Oui, ça c'est sûr.
19:27Il y a eu ensuite Sous le soleil de Saint-Tropez, avec un autre rôle.
19:31Oui, mais j'en ai moins, j'en ai pas fait beaucoup.
19:34Mais c'était très sympathique aussi.
19:37Mais c'est vrai que c'était complètement différent.
19:38Parce qu'il y avait d'autres personnages, c'était pas tous les mêmes.
19:42Mais j'ai pas fait beaucoup d'épisodes.
19:44Mais c'est sympa à faire, c'était une bonne expérience, avec Tom Lebbe.
19:47Exactement, mais comme vous ne faites jamais la même chose,
19:49vous avez ensuite tourné dans un téléfilm qui s'appelait Il s'aime, enfin presque.
19:55Et là, c'était un sketch Gérard et Troinette.
19:57Et là, vous avez montré que vous pourriez faire un seul en scène, faire du comique.
20:00Oui, c'est là que j'ai...
20:02D'ailleurs, j'ai fait ma première pièce de théâtre comme ça, où on n'était que deux.
20:06Et justement, on était... Voilà, c'était un couple.
20:09Et avec tout ce qu'on peut vivre dans un couple.
20:11Et donc, c'est là que j'ai démarré au théâtre.
20:13Quand on est venu me chercher, alors que je n'avais jamais fait de théâtre de ma vie.
20:17Et là, j'avais très très peur.
20:18Et je dis, mais je suis folle d'accepter, parce que c'est un autre exercice.
20:22Là, il faut parler beaucoup plus fort.
20:23C'est pas comme quand on est comédienne dans une série, c'est resté...
20:28Enfin, la douceur de la voix, c'est complètement différent.
20:30Là, il faut projeter la voix.
20:32Il faut être présente tout de suite, quoi.
20:34On n'a pas le droit à l'erreur.
20:36Donc, encore un autre exercice.
20:37Voilà.
20:38Mais en même temps, ces exercices de télévision vous ont appris à aller de plus en plus loin.
20:42Parce que je crois que vous avez sans cesse appris quelque chose, Nathalie.
20:45Oui, mais de toute façon, moi, je suis toujours dans l'urgence.
20:47On vient toujours me chercher dans l'urgence.
20:49Et je dois me sauver de l'urgence où j'ai dit oui.
20:52Oui. Et sur le coup, je dis, mais pourquoi ? J'ai dit oui.
20:54Et après, je dis, ben, j'ai pas le choix.
20:56Il faut que je fonce.
20:56Il faut pas que j'ai peur.
20:58Je vais donner ce que je peux.
20:59Et puis, ça marche ou ça marche pas.
21:01Il faut que j'arrête de me prendre la tête.
21:02Vous dites toujours oui dans ces cas-là ?
21:04Oui, moi, je dis souvent oui.
21:05Là, par exemple, j'ai plein de choses en ce moment.
21:07Et je dis oui à tout.
21:08Et je dis, mais mince, j'ai déjà dit oui là.
21:10J'ai plus beaucoup d'heures dans la journée.
21:11Comment je vais faire ?
21:12Mais ça, c'est moi.
21:13J'ai besoin de tout le temps travailler.
21:16J'ai besoin...
21:17C'est pas dire d'exister, mais j'ai besoin d'occuper ma journée.
21:20Et de ne pas vous ennuyer ?
21:21Oui, surtout après que mon mari est parti.
21:25Oui, encore mieux.
21:27Bon, ben justement, le théâtre, on va en reparler
21:29avec une date qui a marqué votre parcours, le 4 avril 2012.
21:32A tout de suite sur Sud Radio avec Nathalie Marquet.
21:36Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
21:39Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Nathalie Marquet-Pernot.
21:42Nous parlerons tout à l'heure de Méfiez-vous des morts,
21:45ce roman passionnant et passionné chez Belladone.
21:48On en revient à ce parcours.
21:49Vous avez commencé à parler de théâtre tout à l'heure.
21:51Et finalement, le 4 avril 2012, vous êtes à l'affiche à Paris avec cette pièce.
21:56Piège à Matignon, c'est pour la première fois au théâtre
21:58une pièce qui met en scène Internet, mais pour s'en moquer,
22:01avec des comédiens extraordinaires.
22:03C'est vrai que Jean-Claire Pernon annonce cette pièce.
22:05qui est au théâtre d'eau, nouveau départ.
22:07Il y a le gymnase et de l'eau, nouveau.
22:08Oui, et il y a eu une grosse, grosse tournée pendant 7 ans.
22:11Vous vous rendez compte, 7 ans, la même pièce qu'on a jouée,
22:13tellement que ça cartonnait, puis ça parlait de politique.
22:16Et donc, on a eu le président qui a changé.
22:18Donc, on a changé la veille avec Jean-Pierre.
22:21On a changé la veille après l'élection.
22:23On a changé parce que c'était Jean-Pierre et moi
22:26qu'on avait écrit cette pièce.
22:28Et c'était compliqué, quoi, parce qu'il fallait tout changer,
22:31tout rapprendre.
22:32Donc, c'était marrant, c'était un super exercice.
22:34Et Jean-Pierre et moi,
22:37on ne pensait pas être capables d'écrire une pièce.
22:39Mais c'est vrai que c'était ma deuxième pièce
22:42que j'ai jouée, celle-là.
22:43Et c'est parce que j'étais avec Alil Vardar.
22:46On n'était que deux sur scène avec Alil.
22:48Et comme Alil Vardar, c'était un showman,
22:50chaque fois, il me mettait un peu en carafe
22:52et il rajoutait des textes.
22:53Et des fois, pendant 20 minutes,
22:55je n'avais plus rien à dire sur scène.
22:56Et j'étais frustrée.
22:57Et quand je rentrais le soir,
22:59j'ai dit, Jean-Pierre, j'en ai marre,
23:00je n'ai rien pu dire et tout.
23:02Lui, il prend tous les applaudissements des gens.
23:04Moi, je suis une potiche.
23:05Bon, bien sûr, c'est ma première scène,
23:06mais je ne me sens pas bien et tout.
23:08J'en ai marre, je vais écrire mes textes
23:10et puis je vais les balancer comme ça,
23:11en direct, et on verra si ça marche.
23:13Donc, le soir, j'écris un peu mes textes et tout.
23:15Et le lendemain, quand on va jouer au théâtre,
23:17je bouche B à Alil Vardar,
23:19je lui sors mes textes.
23:20Et c'est lui qui est resté en carafe pendant 10 minutes.
23:22Et les gens ont applaudi et ils ont ri.
23:24Et Jean-Pierre, donc, il m'attendait,
23:26il attendait que je rentre.
23:27Et dès que je suis rentrée,
23:28il me fait alors, ça s'est passé,
23:29je lui ai dit, écoute, ça a cartonné.
23:30Et bien, ça serait bien qu'on ait écrit une pièce sous les deux.
23:32Et c'est de là que ça a existé.
23:33C'est un truc de dingue.
23:34Et on a dit, ben voilà, on va écrire.
23:37Et puis, ça a cartonné.
23:39Ça a été vraiment un bonheur.
23:40C'était le cas quand Lille Renaud et Jean-Claude Briali
23:42jouaient ensemble au Palais Royal.
23:43C'était à qui recevrait les applaudissements le plus prépareil.
23:47Chacun avançait vers le public.
23:48C'est terrible, ça.
23:49C'est horrible, ça, je trouve.
23:52Et le pire, pour en rajouter, c'est Jean Lefèvre.
23:55Jean Lefèvre, qui était sur scène,
23:57racontait n'importe quoi,
23:58qui inventait, qui parlait au public,
24:00à un ami dans la salle.
24:01Comment suivre le spectacle ensuite ?
24:03Comment donner la réplique ?
24:04Ah oui, c'est compliqué.
24:05Mais là, c'est ça qui est vachement bien.
24:07Moi, tout ça, ça ne me fait pas peur
24:08parce que j'ai beaucoup de répartis
24:10et j'adore l'improvisation.
24:11Donc, quand quelqu'un commence à partir à l'improvisation,
24:14il est pris dans son piège parce que moi, je le suis.
24:16Et là, il commence à éclater de rire
24:17et là, il est mal parce qu'il ne sait plus où reprendre.
24:19Et c'est moi, chaque fois, je lui donne la béquille.
24:21Et ça, j'adore.
24:21Alors, l'idée de piège à Matignon, comment elle est née ?
24:24Ça fait tellement longtemps qu'on m'en dirait venir.
24:26On s'est dit, on va parler de la politique.
24:28Ah oui, le sujet, c'était par rapport avec un ordinateur.
24:32Avec Internet.
24:33Avec Internet, oui, pardon.
24:34Les ravages que peut causer Internet.
24:36Exactement.
24:36Et comme nous, on a vécu ça, tous les deux.
24:38On a vécu les rumeurs.
24:42Les rumeurs qui peuvent détruire un couple.
24:44Heureusement, nous, on était un couple bien solide
24:46et qu'on n'écoutait pas les rumeurs.
24:48Mais comme ça peut détruire une famille.
24:50Et c'est là qu'elle est l'idée.
24:52Et donc, voilà.
24:53En plus, vous vous êtes amusé à écrire tous les deux
24:54parce que Jean-Pierre Pernaud n'avait pas l'habitude
24:56d'écrire des livres de théâtre.
24:57Ah ben, pas du tout.
24:58Mais moi non plus, tous les deux.
25:00Mais ça, c'était un super exercice.
25:02Donc, c'était vraiment...
25:04Ça a été un bon moment.
25:05Et ce qui est bien, c'est qu'on écrivait chacun de notre côté.
25:07Et il me fait...
25:08Alors, lui, il s'occupait de tel et tel personnage,
25:10moi de l'autre personnage.
25:11Et on se remettait ensemble.
25:12Je me suis dit, écoute, moi j'ai raconté ça, j'ai raconté ça.
25:13Ah ben oui, ça, ça va bien.
25:15On va le mettre là comme ça.
25:15Ah ben là, ça, je ne pensais pas.
25:17Enfin, c'était génial.
25:18C'est un exercice extraordinaire.
25:19Surtout que le monde politique, lui, il le connaissait.
25:21Ah ben oui, c'était...
25:22Oui, ça, c'est sûr que pour ça,
25:23c'était mieux de son côté que le mien.
25:24Mais les ravages d'Internet, on en parle aujourd'hui.
25:27Mais on oublie, dans les années 50,
25:29il y avait la radio, on montait les bandes.
25:32Et c'était tellement bien fait les montages
25:35que les juristes avaient dit aux juges,
25:37on interdit de passer des bandes dans un procès comme preuve
25:43parce que ce n'est pas crédible.
25:44Et il faudra appliquer ça aujourd'hui.
25:46C'est une loi qui est passée,
25:48qui a totalement été oubliée aujourd'hui.
25:50Complètement, oui.
25:50Et ça empêcherait certains ravages d'Internet auprès des juges.
25:55Alors, il se trouve qu'Internet, en plus,
25:57ça vous a devenu familier
25:58parce qu'au départ, ce n'était pas votre univers.
25:59Ah, du tout, du tout.
26:00Moi, j'aime bien toujours,
26:01et toujours maintenant encore, quand même.
26:03J'écris tout à la main.
26:04Moi, tout ce qui est ordinateur, je déteste.
26:09Donc oui, ce n'est pas mon truc du tout, quoi.
26:11Alors, la pièce démarre au gymnase et au Donou.
26:14Vous n'imaginiez pas que ça démarre plusieurs mois à Paris
26:16et une tournée ensuite ?
26:17Bah, évidemment que non.
26:18On a peur, justement.
26:19On a peur que ça ne rit pas là où on a envie que ça rit.
26:22Et puis là, moi, étant sur scène,
26:25quand j'entends les premiers rires,
26:27j'ai un soulagement.
26:29Je me dis, waouh, notre bébé, il fonctionne, quoi.
26:32Parce que c'est après,
26:33quand on est directement avec le public,
26:34ça fonctionne ou ça ne fonctionne pas.
26:36Et puis moi, j'étais en première loge.
26:37Et quand tu vois les gens qui partent et qui rient,
26:40c'est extraordinaire.
26:41Mais ce qui est extraordinaire aussi,
26:42c'est que la mécanique de précision du rire,
26:44et ça, il faut s'y habiter.
26:45Un rire quelques ondes trop tard, c'est fichu.
26:47C'est fini, c'est fini.
26:48C'est vraiment une gymnastique.
26:49Et puis après, il faut bien laisser retomber les rires
26:51pour bien relancer, bien rebalancer.
26:53Et moi, qui n'avais jamais pris des cours,
26:55c'est venu instinctivement, quoi.
26:56Et c'est au dos nous, d'ailleurs,
26:58que Robert Derry a débuté Les Belles Bacantes,
27:00avec une précision totale.
27:02Et il avait engagé une jeune comédienne
27:04que personne ne connaissait,
27:05qui s'appelait Jacqueline Maillan.
27:06Oh là, quelle apprise !
27:07Au premier rang, tous les soirs,
27:09il y avait un musicien,
27:09Michel Emmer, qui était amoureux de Jacqueline Maillan.
27:11Ah, tu m'étonnes !
27:12Il prenait le fauteuil du premier rang,
27:15tous les soirs,
27:16et Jacqueline Maillan était un peu amoureuse,
27:18et Pierre me disait à Maillan,
27:19tu ne vas pas épouser ce con.
27:21Oh là là !
27:21Et ils se sont mariés,
27:23et ils ont vécu heureux.
27:24Ah oui, oui, c'est une très belle histoire.
27:25Et ça s'est passé au-delà.
27:26Alors, il y a eu plusieurs théâtres,
27:28parce que finalement,
27:29la tournée non plus,
27:30c'était une surprise.
27:31Vous n'imaginiez pas
27:31que vous alliez vous retrouver en province ?
27:34Ben non, pas du tout.
27:35Et puis surtout, 7 ans.
27:36On l'a fait pendant 7 ans.
27:37C'est énorme.
27:38C'est rare pour une pièce
27:42où c'était notre première pièce,
27:44où on a fait nos preuves nulle part,
27:45et que ce soit accepté.
27:47Mais moi, je pense que c'est grâce à Jean-Pierre,
27:48surtout qu'on a eu des grosses tournées comme ça,
27:50parce qu'il connaissait tous les maires.
27:52Oui.
27:52Jean-Pierre.
27:53Donc, eux, ils l'appelaient Monsieur le Maire,
27:54ils disaient,
27:55excuse-moi, je viens d'écrire une pièce avec ma femme,
27:57elle joue dedans,
27:58est-ce que ça t'intéresserait ?
27:59Donc, on envoyait les bandes et tout,
28:00et dire, ben oui, c'est génial,
28:02ça a l'air d'être marrant.
28:03Et voilà.
28:04Donc, Jean-Pierre,
28:04grâce à lui,
28:05il connaissait tout le monde,
28:06et ben, on a fait 7 ans, quoi.
28:08Oui, en même temps,
28:08il venait de temps en temps présenter la pièce.
28:10Ah, mais il adorait.
28:11Il adorait ça.
28:12Mais c'est un truc que je ne comprenais pas.
28:14Parce que moi,
28:14quand je vois une pièce,
28:15je la vois une fois,
28:16ok,
28:16trois mois après,
28:17je la revois une deuxième fois,
28:18d'accord.
28:19Mais la voir plusieurs fois après,
28:20non,
28:21franchement,
28:21entre moi,
28:23j'ai plus envie, quoi.
28:24Et lui, il aimait bien.
28:30Et il était fier.
28:31Il était toujours fier.
28:32Alors, je dis,
28:33oh, ce soir,
28:34je ne me sentais pas très, très bien.
28:36Il me fait,
28:36mais non, non,
28:37tu étais formidable.
28:38Je dis, mais Jean-Pierre,
28:38avec toi,
28:39je suis tout le temps formidable.
28:40Comment tu veux que je te crois ?
28:41Donc, c'était trop mignon.
28:42Ça s'appelle l'amour, tout simplement.
28:43Mais oui,
28:43mais l'amour,
28:44c'est bien de dire la vérité aussi.
28:47Donc,
28:48mais non,
28:48il était trop mignon.
28:49Et puis,
28:49il adorait présenter le spectacle.
28:51Et puis,
28:51il adorait derrière le rideau
28:53et entendre les gens
28:54qui s'installaient dans la salle,
28:56l'ambiance.
28:57Et il disait,
28:58moi, ça me donnait des frissons
28:59pour les comédiens et tout ça.
29:01Et c'était bien,
29:02c'était mignon.
29:02Et puis,
29:03les gens étaient contents
29:03de le voir sur scène.
29:04Et voici quelques jours,
29:06j'ai reçu dans les clés d'une vie
29:07Philippe Rizoli.
29:08Oh oui,
29:08j'adore.
29:09Donc,
29:09il m'a dit que le plus grand souvenir
29:11après la télévision,
29:12c'était d'avoir joué avec vous.
29:14Eh bien,
29:14tant mieux.
29:14Ça me touche énormément
29:15parce que c'est vrai
29:16que quand on avait écrit cette pièce,
29:18avant,
29:19on avait un autre comédien
29:20qui est décédé.
29:21Et je dis à Jean-Pierre,
29:22écoute,
29:22ça serait bien
29:23avec Philippe Rizoli.
29:24Et j'ai dit,
29:25laisse-moi l'appeler
29:25et on verra.
29:26Et j'ai appelé Philippe.
29:28Et au début,
29:28il avait très peur
29:29parce qu'il m'a dit,
29:29mais je ne me vois pas
29:30comment je veux apprendre
29:31une pièce de théâtre.
29:31Ça doit être compliqué.
29:33Je dis,
29:34mais t'inquiète pas,
29:34on va te mettre
29:34des bonnes personnes
29:36entre les mains
29:36et ça va y aller.
29:37Il a travaillé comme un fou
29:39et ça l'a bien fait.
29:40Ça a été une complicité énorme.
29:42Oui,
29:42vous vous êtes retrouvée
29:42au Théâtre des variétés
29:43et dans d'autres théâtres
29:44sans problème.
29:45Il faut savoir aussi
29:46que vous avez quand même
29:46pris quelques cours
29:47d'art dramatique
29:48au fil des années.
29:49Oui,
29:50j'ai fait des petits stages.
29:53Mais bon,
29:55franchement,
29:55je trouve que ça n'aide pas.
29:57Moi,
29:57je trouve que c'est...
29:58Il faut prendre
30:00les histoires
30:00de notre vie
30:03pour se mettre
30:03dans un personnage.
30:04Quand on est triste,
30:05il faut penser
30:05à quelque chose
30:05de très triste.
30:06Quand on a envie de rire,
30:07il faut un truc tout de suite
30:08d'avoir une image.
30:09Ça,
30:09c'est les meilleurs cours,
30:11je trouve.
30:11Il y a une pièce aussi
30:12que vous avez jouée,
30:12Les tontons farceurs,
30:13qui est un hommage
30:14à Michel Audiard.
30:15Ah oui,
30:15c'était extraordinaire.
30:16Je chantais,
30:17je dansais,
30:18je faisais la fille bébête
30:19et en fin de compte,
30:20c'était moi le flic à la fin.
30:21Donc,
30:21j'avais plusieurs rôles différents.
30:23C'était extraordinaire.
30:24C'est dans la dernière pièce
30:25que Jean-Pierre a pu me voir aussi.
30:27Donc,
30:27c'est une pièce
30:28qui me touche énormément.
30:29Mais qu'est-ce que
30:30je me suis amusée.
30:31J'avais plein de choses
30:32différentes à faire dedans.
30:33C'était un clin d'œil
30:34au tonton flingueur,
30:35bien entendu.
30:35Tout à fait.
30:35Que vous aviez vu,
30:36que vous connaissiez.
30:37Ah bah oui,
30:38c'est formidable.
30:39La scène de la cuisine,
30:40il faut le savoir.
30:41Au départ,
30:41elle est tournée
30:42dans une toute petite cuisine.
30:43Elle est coupée au montage
30:44parce que l'autre n'est pas content.
30:46Et il y a deux choses dedans.
30:47Quand on voit
30:48Francis Blanche
30:49qui dit
30:49touche pas au gris-bissalot,
30:51c'est totalement improvisé.
30:52Et quand on voit
30:53Jean-Pierre
30:54qui a l'œil qui pleure,
30:55en fait,
30:55Francis Blanche
30:56avait fait une farce.
30:57Tout le monde avait
30:58de la tisane,
30:58sauf Jean-Pierre
30:59qui avait une boisson
31:00très forte.
31:02Donc,
31:02il l'a avalée,
31:02il s'est mis à pleurer naturellement.
31:04Oui,
31:04mais c'est ça,
31:05vous voyez,
31:05c'est l'impro.
31:07C'est ce que nous,
31:09on vit vraiment
31:10du naturel.
31:11C'est ça qui marche.
31:12Puis il y a eu
31:12Séverine Ferrer aussi.
31:14Oui.
31:14Ça,
31:14c'est une autre aventure
31:16qui vous touche.
31:17Oui,
31:17mais ça ne s'est pas fait
31:18en fin de compte.
31:19C'était un projet.
31:20C'était un projet
31:21et bien sûr,
31:23dès qu'on parle
31:23pour aider les gens
31:24pour la maladie,
31:27voilà,
31:27c'était un magnifique projet.
31:29Malheureusement,
31:29il ne s'est pas monté.
31:30C'était un peu
31:30peut-être trop compliqué
31:32ou pas le moment,
31:33mais peut-être
31:34que ça se fera.
31:35Ce qui est étonnant,
31:35aussi Nathalie Marquet-Perneau,
31:37c'est le nombre
31:37d'émissions
31:38auxquelles vous avez participé
31:39comme candidate
31:40ou comme animatrice.
31:41On vous appelle toujours
31:42parce qu'on sait
31:43que vous aurez le réflexe.
31:44Alors,
31:44ça va des rênes du shopping
31:45à qui vous gagnez des millions
31:46en passant par
31:47toutes les autres
31:48possibles et imaginables.
31:49Je crois que vous êtes
31:50une record woman
31:51dans le genre.
31:52Ah bon ?
31:52Écoutez,
31:53je ne sais pas,
31:54mais s'il faut gagner
31:55de l'argent
31:56pour les associations,
31:57il faut être là,
31:57il faut essayer.
31:58Oui,
31:58mais il faut avoir
31:59le sens du réflexe
31:59et de l'improvisation.
32:01Oui,
32:01mais ça,
32:02je crois que je l'ai
32:02et ça fait partie
32:05de moi
32:06et tant mieux.
32:07Puis,
32:07il y a une autre émission
32:08aussi qui a marqué
32:08votre parcours
32:09à la télévision.
32:10Adieu,
32:11les limousines
32:11avec chauffeur
32:12et bonjour le tracteur.
32:14Oubliez les 5 et 3.
32:15Célébrité,
32:15ça,
32:15c'est aussi
32:16une autre aventure.
32:17Ah oui,
32:17complètement.
32:18Alors,
32:18au début,
32:19TF1 ne me voulait pas
32:22et c'est vrai
32:23que c'était difficile
32:23d'être la femme
32:24de Jean-Pierre Perneau
32:25parce que vous mettez
32:26des bâtons dans les roues,
32:27ce qui est normal
32:28parce qu'il fallait faire attention
32:29par rapport au 13h,
32:30parce que je comprends tout à fait.
32:32Et donc,
32:32moi,
32:33j'ai carrément été frappée
32:34aux portes à TF1.
32:35J'ai dit,
32:35écoutez,
32:35moi,
32:35je suis vraiment
32:36quelqu'un de légitime
32:37pour faire cette émission
32:37parce que s'il y en a bien une
32:38qui a une vraie association
32:40et qui me tient à cœur,
32:41c'est bien moi
32:42dans toutes les candidates
32:43où c'était pour Titouane,
32:45pour le cancer de la leucémie.
32:47Et comme ils m'ont dit,
32:49bon,
32:49d'accord,
32:49on va y réfléchir
32:50et le soir,
32:50ils me disaient,
32:51c'est bon,
32:51on vous prend dans la ferme
32:52de la célébrité.
32:52Donc,
32:52j'étais heureuse
32:53parce que je suis arrivée
32:54en finale
32:55et puis,
32:56et puis,
32:57c'est formidable.
32:58J'ai pu acheter
32:59une machine
33:00pour la recherche
33:01du cancer des enfants.
33:02Donc,
33:02c'est très bien.
33:03Mais c'était aussi une épreuve,
33:04ce n'était pas facile
33:04comme émission.
33:05Oui,
33:05c'est très,
33:06très compliqué.
33:07J'étais avec Philippe Rézoli,
33:08c'est de là qu'on s'est connus.
33:09Tous les deux,
33:10on se soutenait énormément.
33:11Donc,
33:12il a vu tout ce qui était vrai,
33:13tout ce qui était faux.
33:14Donc,
33:14au moins,
33:14lui,
33:15il m'a bien soutenue.
33:16Bon,
33:16il y a eu cette histoire horrible
33:18avec du crué.
33:20En fin de compte,
33:21on s'en est très,
33:22très bien sortis
33:22avec Jean-Pierre
33:23parce que,
33:25c'est vrai que j'ai fait
33:2766 couvertures,
33:28c'est plus que la mort du pape
33:30par rapport,
33:31Jean-Pierre était le roi du JT,
33:33cocu,
33:34c'était,
33:34enfin voilà.
33:35Et il y a un moment,
33:36je dis à Jean-Pierre,
33:36écoute,
33:36là,
33:37il va falloir qu'on porte plainte
33:38parce que j'en ai marre
33:39que moi,
33:39je passe pour la salope
33:40et toi,
33:40le roi du JT.
33:41Il y a un moment,
33:42il faut replacer les choses.
33:43Donc,
33:44il va falloir qu'on bouge.
33:46Et il me dit,
33:46bon d'accord,
33:47je te suis.
33:47Donc,
33:48j'ai attendu que tout se finisse
33:49et au bout de trois mois,
33:51pendant trois mois,
33:52j'ai été harcelée par la presse,
33:53toute la presse inimaginable.
33:55Et au bout de trois mois,
33:57j'ai ouvert tous les prêts.
33:58Ça nous a duré plus de six mois.
34:00Ça nous a coûté,
34:02combien ça nous coûtait à peu près ?
34:03Je ne sais plus là maintenant,
34:04peut-être 250 000 euros.
34:06Et j'ai récolté presque 500 000 euros.
34:11Et donc,
34:11j'ai remboursé mon avocat
34:12et j'ai donné le reste de l'argent
34:16pour l'association Titouane.
34:17Donc,
34:17c'est un mal pour un bien.
34:19Voilà.
34:19Pour votre information,
34:21Jordi qui a gagné ce jour-là,
34:22son père s'appelait Claude Lemoyne
34:24et c'était un dessinateur
34:26et c'est lui qui a dessiné Fix,
34:28sous le nom de Fix,
34:29Chouchou,
34:29le personnage de celui des copains
34:31dans l'année 60.
34:32Oh,
34:32d'accord.
34:32C'est donc un petit personnage
34:35avec les cheveux longs
34:37que vous connaissez.
34:38C'est le père de Jordi
34:39qui l'a créé.
34:39D'accord.
34:40Mon petit Jordi.
34:41Ça,
34:41c'est le passé.
34:42Le présent,
34:43c'est le 5 mai 2026
34:44avec ce livre
34:45qu'on va évoquer
34:46dans quelques instants
34:47sur Sud Radio
34:47avec Nathalie Marquet-Pernot.
34:49Sud Radio,
34:50les clés d'une vie.
34:51Jacques Pessis.
34:52Sud Radio,
34:53les clés d'une vie.
34:54Mon invité,
34:54Nathalie Marquet-Pernot.
34:56Alors,
34:56on a évoqué votre parcours,
34:58votre long parcours
34:59et puis,
34:59à chaque fois,
35:00il y a une nouveauté.
35:01Le 5 mai 2026,
35:02aux surprises,
35:03un premier roman,
35:05Méfiez-vous des morts
35:06chez Belladone.
35:07Alors,
35:07un premier roman,
35:09vous avez déjà fait
35:10plusieurs livres
35:10sans avoir votre bac,
35:12je le précise.
35:13Oui,
35:13c'est ça,
35:13j'adore,
35:14j'en suis fière.
35:15Et là,
35:15un roman,
35:16on ne s'y attendait pas.
35:17Ah non,
35:17pas du tout.
35:17Justement,
35:18c'est chez Belladone,
35:19ils sont venus me chercher,
35:20ils me disent,
35:20écoute,
35:20on aimerait bien
35:21que tu viennes chez nous
35:23parce que tes lecteurs
35:24ne t'attendent pas
35:26pour faire un roman.
35:29je ne vois pas ce que je veux faire
35:29en roman,
35:30je ne me sens pas légitime,
35:32c'est déjà plus compliqué,
35:33c'est notre thématique,
35:34donc je ne sais pas
35:35comment faire.
35:36Et après,
35:37je leur dis,
35:37laissez-moi réfléchir.
35:38Et d'un coup,
35:40j'ai nouveau mon flash.
35:42Et ce flash,
35:43c'est lié à ce film.
35:44Ah.
35:48Elle est en train de mourir.
35:49Elle est en train de mourir.
35:50D'accord.
35:53Ghost.
35:53Ghost, oui.
35:54Et ce film,
35:55dès que j'entends déjà la musique,
35:57j'ai la chair de poule.
35:59Et souvent,
35:59quand je pense à Jean-Pierre,
36:01je regarde ce clac,
36:01il y a Ghost.
36:02Tout le temps,
36:03ça me suit partout.
36:04La dernière fois,
36:04la dernière fois sur Ghost,
36:05j'étais en Belgique
36:06pour la promo.
36:08Je discutais avec mon attaché
36:09de presse là-bas.
36:10On s'arrête à l'hôtel
36:11et j'étais en train de parler
36:12et j'ai regardé ce qu'il y a en face.
36:14Il y avait un grand bâtiment,
36:15c'était marqué Ghost.
36:16Et il me dit,
36:17mais c'est un truc de dingue.
36:17Ça me poursuit partout.
36:18Donc, grâce à ce film,
36:20Ghost,
36:20qui est une des plus belles
36:21histoires d'amour
36:22en 1990,
36:23ce que j'ai vu,
36:23c'est un film qui m'a marqué,
36:25m'a énormément aidée.
36:27Déjà d'une,
36:27parce que je faisais
36:28des rêves prémonitoires
36:29et je me suis dit,
36:30tiens,
36:30il doit bien y avoir
36:31quelque chose après la mort.
36:32Quelqu'un doit m'aider
36:33à me dire
36:33toutes ces choses-là.
36:36Et il m'a tellement choquée
36:38ce film en me disant,
36:39mais il doit vraiment avoir
36:40quelque chose après la mort.
36:42Et c'est vrai,
36:43ce que j'ai vécu avec Jean-Pierre,
36:44c'est un peu comme ce film.
36:46La mort n'existe pas,
36:47elle continue.
36:48Bien sûr,
36:48c'est plus physique,
36:49mais il y a toujours
36:50ce lien qui nous unit.
36:52Et là,
36:52je me suis dit,
36:53ça me donne une idée
36:54pour faire mon roman.
36:55Il se trouve que Ghost,
36:56c'est Patrick Swayze,
36:57les débuts morts
36:57qui ont fait ce film,
36:58et le scénariste
37:00Bruce Joël Robin,
37:01il s'est inspiré
37:02tout simplement
37:02d'Hamlet,
37:03de Shakespeare.
37:04C'est l'histoire d'un roi
37:05qui devient un fantôme
37:08et demande à son fils
37:09de le venger.
37:09C'est le point de départ.
37:10Et ce film,
37:11vous l'avez vu,
37:11vous aviez 22-23 ans.
37:1323 ans,
37:13oui,
37:13j'avais 23 ans
37:14et je l'ai trouvé
37:15vraiment formidable
37:16et il y a du comique
37:19aussi dedans,
37:19il y a toujours
37:20de la voyance,
37:21il y a du comique,
37:22il y a tout.
37:22Ce film,
37:23il résume tout.
37:24Il résume l'amour
37:25que la mort ne détruit pas.
37:28Et j'ai voulu...
37:29Alors moi,
37:29bien sûr,
37:30je n'ai pas copié
37:30le film Ghost,
37:31mais ça m'a donné une idée
37:32et c'est là
37:33que je me suis dit,
37:34c'est un style comme ça
37:35que je veux faire.
37:36Donc,
37:36ok,
37:36je suis partante
37:37pour faire le roman.
37:38Donc,
37:38vous avez imaginé
37:39un thriller.
37:40Tout à fait.
37:40Ah bah oui,
37:40il fallait que je fasse
37:41un thriller,
37:41il fallait que ça change.
37:43Donc,
37:43à savoir que tous les personnages,
37:45la moitié sont des personnages
37:47qui m'entourent,
37:48c'est-à-dire l'héroïne,
37:49c'est ma fille.
37:50Je me suis...
37:52J'ai pris tous les deuxièmes prénoms,
37:54c'est-à-dire que Marguerite,
37:56c'est moi,
37:56c'est mon deuxième prénom.
37:57Albert,
37:58c'est Jean-Pierre
37:59qui est dans le livre.
37:59Mon frère...
38:00Mon frère...
38:00Mon fils s'appelle Jean,
38:02son deuxième prénom.
38:03Ma fille,
38:04donc j'ai mis Angèle.
38:06Et plein de petites...
38:09plein de petits clins d'œil
38:11de ma vie personnelle.
38:12Mais bien sûr,
38:13je rajoute quand même
38:14que c'est un roman.
38:15Bien sûr.
38:15Voilà,
38:16je n'ai jamais tué personne.
38:17Enfin,
38:18encore pour l'instant.
38:21Mais voilà,
38:22donc j'aime bien
38:22parce que mes personnages
38:23sont vraiment réels.
38:25Donc ma fille
38:26qui est influenceuse,
38:27donc je l'ai mis Angèle
38:28qui est l'héroïne de mon livre,
38:29elle est influenceuse.
38:30Et justement,
38:31je trouve que...
38:32Parce que c'est vrai
38:33qu'être influenceuse,
38:34c'est un métier
38:35qui est très visé,
38:37très jugé,
38:38très commenté,
38:39violent,
38:41cruel.
38:42Donc c'est pour ça
38:42de tous ces ingrédients-là,
38:44je m'en suis servie
38:45pour en mettre dans mon livre.
38:48Et donc voilà,
38:49ça m'a beaucoup aidée
38:50dans les personnages
38:51et je pense que j'ai bien réussi.
38:53Magalie Berda
38:54qui est sur l'antenne avant nous
38:56tous les jours à 20h
38:57est influenceuse
38:58et on sait combien
38:59c'est compliqué.
38:59Alors c'est vrai qu'au départ,
39:00il faut imaginer une histoire.
39:02Donc l'idée de départ,
39:03l'influenceuse,
39:04elle perd ses parents
39:05qui curieusement,
39:06l'un travaille à la télévision
39:08et directe de la télévision
39:08et l'autre s'occupe
39:09d'un comité de Miss France.
39:10C'est dingue quand même.
39:12Bah oui,
39:13il fallait que je m'aide,
39:14ça m'aidait
39:15à cerner les personnages
39:16et puis j'aime bien
39:17parce que c'est vrai
39:18quand on lit un roman,
39:19on a envie de cercler
39:20bien le personnage.
39:22Donc moi,
39:22oui,
39:23par rapport aux Miss,
39:24un petit clin d'œil
39:25et puis Jean-Pierre,
39:26c'était Blu TV,
39:29mais bien sûr,
39:31ça remplace
39:31la tour de TF1.
39:32Voilà,
39:32exactement.
39:33Il se trouve aussi
39:34qu'il a fallu
39:35créer une histoire,
39:36une histoire policière,
39:37une histoire d'assassinat.
39:38Là aussi,
39:39ça se construit
39:40assez difficilement,
39:43mais vous avez lu
39:44beaucoup de romans policiers,
39:45je crois.
39:46Oui,
39:46mais surtout,
39:47moi,
39:47je suis beaucoup
39:48à l'instinct
39:49et moi,
39:49je vous ai dit,
39:49j'ai beaucoup pensé
39:50à Gosse.
39:52Après,
39:52dans Gosse,
39:52il n'y avait qu'un seul
39:53possible d'assassin
39:55et moi,
39:56j'aime bien,
39:56je suis quelqu'un
39:57qui aime bien,
39:58quand je dis,
39:59quand je suis au théâtre,
40:00faire des impros
40:01et là,
40:02j'aime bien installer
40:03tous mes personnages
40:05et faire croire
40:06que lui,
40:06c'est l'assassin
40:07et hop,
40:07une petite virgule
40:08et non,
40:09c'est encore pas lui.
40:10Donc,
40:10j'imagine le lecteur
40:11en train de lire
40:11et il me dit,
40:12mais c'est pas possible,
40:12je pensais vraiment
40:13que c'était un tel,
40:14mais c'est vraiment pas elle
40:15et jusqu'à la fin,
40:16je laisse une grande ouverture.
40:17D'ailleurs,
40:18j'espère pouvoir faire
40:19le second.
40:20Oui,
40:20car à la fin,
40:21on reste sur un suspense
40:22mais on n'en parlera pas.
40:24Oui,
40:24je laisse une grande porte
40:25ouverte pour Angèle
40:26et en espérant
40:27qu'il y ait un deuxième
40:28puis un troisième
40:29et après,
40:30franchement,
40:30j'aimerais faire
40:33une série
40:34sur Netflix
40:34ou pourquoi pas
40:35sur TF1
40:36ou M6,
40:37pourquoi pas le proposer
40:38à Jean-Luc Azoulay
40:39qui serait peut-être
40:39le producteur,
40:40j'en sais rien,
40:41je me fais plein de trucs
40:41dans la tête
40:42mais c'est comme ça
40:42qu'on avance
40:43et j'aimerais que ma fille
40:44soit,
40:45alors ça,
40:45j'insisterais que ce soit
40:46ma fille la comédienne.
40:48Autant rester en famille.
40:49Évidemment
40:49et puis c'est tellement
40:53donc voilà.
40:53Et justement,
40:54il y a beaucoup de signes
40:55dans le livre,
40:56des signes surnaturels.
40:58Ces signes,
40:59c'est tous des signes
41:00qui sont réels,
41:01vrais,
41:01qui m'est arrivé
41:05et l'enterrement,
41:06par exemple,
41:07c'était l'enterrement
41:08de Jean-Pierre
41:09que je raconte.
41:10C'est vraiment
41:10l'enterrement de Jean-Pierre.
41:11Donc ça fait vraiment réel.
41:12On a l'impression,
41:13il y a l'atmosphère
41:13qui est là dans le livre
41:14et j'ai envie
41:15que le lecteur
41:16se sente dans cette salle
41:17même si c'est glauque
41:18un enterrement
41:19mais voilà,
41:21tout est réel.
41:23En même temps,
41:24on sait que
41:25vous avez fait des signes
41:27dans d'autres livres
41:28mais là,
41:29par exemple,
41:29il y a un oiseau,
41:30vous êtes à la Martinique
41:31qui vous parle,
41:32c'est assez étonnant.
41:33Oui,
41:34oui,
41:34et là,
41:35c'est parce que je voulais
41:37comment dire,
41:38là,
41:39par exemple,
41:39au mois de décembre,
41:41avec Jean-Pierre,
41:42je lui dis,
41:42il me faut un cadeau
41:42pour Noël
41:43et puis,
41:44il y a eu un petit oiseau
41:45et il était sur la rambarde
41:47et j'étais en train
41:48de prendre mon petit déjeuner
41:49et je mets du pain
41:50sur ma main
41:51même si je sais
41:51que ce n'est pas bon
41:52de donner du pain
41:53aux oiseaux
41:53et j'ai dit,
41:54Jean-Pierre,
41:54fais-moi mon petit cadeau
41:55de Noël
41:57et l'oiseau,
41:58il vient manger dans ma main.
42:00J'ai les vidéos
42:00dans mon téléphone.
42:01C'est extraordinaire.
42:02Il y a une chose étonnante aussi,
42:04c'est que vous êtes réveillée
42:05par la télévision
42:06à 4h du matin.
42:07Ah oui,
42:08alors ça,
42:08c'est terrible,
42:08ça,
42:08ça m'a un peu embêtée
42:09parce qu'au début,
42:10je rigole,
42:10mais là,
42:10je dis,
42:11Jean-Pierre,
42:11il est 4h du matin,
42:12je dois me lever à 7h,
42:12là,
42:12je ne rigole plus,
42:14j'aimerais bien dormir.
42:16Donc,
42:16au départ,
42:17bien évidemment,
42:18je suis très terre à terre.
42:19Je me dis,
42:20j'ai dû m'endormir
42:21sur ma télécommande
42:23et après,
42:24la télécommande,
42:24elle est sur ma table de nuit
42:25donc je le prends,
42:26j'éteins,
42:27elle se rallume.
42:28Donc,
42:28je dis,
42:28je vais changer HDL,
42:29MDL,
42:29comme ça,
42:30il n'y a plus de chaîne
42:30qui se met en route.
42:31Ça recontinue.
42:32Et sur LCI,
42:33la dernière chaîne
42:34pour laquelle il a travaillé,
42:35les paroles,
42:36c'était un médecin
42:37qui parlait du cœur
42:37et Jean-Pierre,
42:38son cœur,
42:39quand il s'est arrêté
42:39avec la tête et tout ça,
42:41les problèmes de cœur
42:42qu'il avait,
42:43voilà,
42:44et j'ai dû débrancher la télé
42:45pour être tranquille
42:46et dormir.
42:46Mais voilà,
42:47je préfère qu'il me fasse ça
42:48à 13h,
42:50au niveau du 13h.
42:56dans une zone
42:56où il n'y avait pas
42:57de téléphone portable,
42:58ça ne marchait pas
42:59et sur son téléphone,
43:01ça sonne
43:02et une voix,
43:03c'était sa mère décédée.
43:04C'est incroyable.
43:05Alors moi,
43:05ce que j'ai eu,
43:06enfin,
43:06mes parents ont eu ça,
43:08enfin,
43:08il n'y a pas de parole,
43:09mais mes parents,
43:10donc,
43:11ils sont à l'étage,
43:12ils dorment à l'étage
43:13et leur téléphone portable,
43:14ils ne sont pas comme nous,
43:15ils laissent leur téléphone portable
43:17dans la cuisine.
43:18Et quand je dis comme nous,
43:19les jeunes,
43:20on met toujours
43:20sur notre table de nuit
43:21dans la chambre.
43:22Et mon père,
43:23à 3h du matin,
43:24il entend le téléphone sonner
43:25donc il est très inquiet,
43:26il dit c'est bizarre,
43:26on ne m'appelle jamais,
43:27mes parents,
43:27ils sont âgés,
43:28donc mon père,
43:29il descend rapidement et tout,
43:31parce qu'il avait peur
43:31que c'est moi
43:31qui ai un accident
43:32ou un de ses enfants
43:33et il prend le téléphone
43:34et c'était marqué
43:35Jean-Pierre Pernault.
43:36Il a décroché,
43:37il n'y avait personne
43:37au bout du fil.
43:38C'est complètement fou.
43:39C'est intriguant avec mes parents.
43:40Déjà,
43:41des gens en prennent
43:41pour une folle,
43:42bien sûr.
43:42Mais je m'en fous.
43:43Mais alors,
43:43je m'en fous complètement.
43:44Moi,
43:45l'essentiel,
43:45c'est que je me sens bien,
43:46je sais ce que je vois,
43:47je sais ce que j'enregistre,
43:49je sais les images
43:50que j'ai sur mon téléphone.
43:53J'ai tellement cassé les pieds
43:54à Jean-Pierre
43:55pour qu'il me fasse des signes
43:56parce que je lui en ai
43:56tellement parlé
43:57avant qu'il parte,
43:58même déjà avant,
43:59j'avais écrit un livre
44:00déjà là-dessus
44:01avant que Jean-Pierre meure.
44:02Donc,
44:02on ne peut pas me dire
44:02oui,
44:03elle fait ça
44:04pour se faire de l'argent
44:05sur le dos de son mari.
44:06Enfin,
44:06j'entends de tout,
44:07mais ce n'est pas grave.
44:08Et j'ai tellement préparé
44:10Jean-Pierre
44:10et je suis très fière
44:11parce qu'il y arrive
44:12à me donner ses signes
44:13et moi,
44:13j'y crois énormément.
44:14Je ne peux qu'y croire
44:15et de toute façon,
44:16c'est quand on perd vraiment
44:17de quelqu'un de très cher
44:18qu'on peut commencer
44:18à penser
44:19ou à voir des choses
44:20parce qu'il y a plein de gens
44:21qui disent
44:21mais moi,
44:22je ne comprends pas,
44:22je ne vois rien et tout.
44:24Ça se travaille
44:24et moi,
44:26je suis très heureuse comme ça.
44:28Le premier à avoir évoqué
44:29ce sujet en public,
44:30c'est Paul Misraki,
44:31compositeur de chansons célèbres
44:32Tout va très bien
44:33dans la marquise
44:34et il était passionné
44:36par le sujet.
44:37Il est tombé
44:38sur un livre américain
44:39de Raymond Moody,
44:41et il l'a traduit
44:42et c'est devenu
44:43le premier best-seller
44:44du genre
44:45alors que c'est un compositeur
44:46de 300 musiques de films.
44:48Voilà,
44:48mais ce qui est surprenant
44:49c'est qu'il y a beaucoup de gens
44:50qui critiquent le surnaturel
44:52mais combien de gens
44:53on va aller voir des voyants
44:57donc ils sont à fond
44:58parce que maintenant
44:58les voyants,
44:59il y a beaucoup de charlatans,
45:00ça aide à être le psy,
45:01c'est meilleur qu'un psy,
45:02je trouve,
45:02je suis d'accord avec vous
45:03mais ça marche énormément
45:05et là,
45:06je suis très contente
45:06dans ce roman
45:07parce que c'est la première fois
45:08qu'on fait un thriller
45:09avec du surnaturel
45:10et c'est très bien
45:12et on n'a pas besoin de dire
45:13c'est pas parce qu'on ne croit pas
45:14au surnaturel
45:15qu'on ne peut pas lire ce livre.
45:17Chacun fait comme il veut quoi.
45:18Et le premier thriller moderne,
45:20on sait aujourd'hui
45:20que c'est les 39 marches
45:22qui a été adapté
45:22par Hitchcock
45:23qui était vraiment
45:24un film extraordinaire.
45:27dans ce livre,
45:28vous avez construit des personnages
45:29avant de construire le récit.
45:30Oui,
45:31c'est super important pour moi
45:32pour savoir vers où je vais,
45:34comment je peux les diriger
45:35et qui va faire le méchant,
45:37qui va être...
45:38Alors j'ai déjà la suite en plus,
45:39j'ai déjà plus de la moitié
45:40de la suite dans ma tête
45:41donc c'est très dur
45:42de ne pas encore l'écrire
45:43parce que j'ai du temps
45:43que je ne vais pas porter la poisse
45:47mais oui,
45:48après on met bien
45:50ce qu'ils vont faire,
45:52on met bien le caractère,
45:53c'est important,
45:53du personnage
45:54et puis après c'est un fil rouge
45:55et tout s'enchaîne.
45:56C'est facile après.
45:57Je crois que votre fille
45:58a été la première
45:59à lire ce roman
46:00et qu'elle l'a approuvé immédiatement.
46:02Oui,
46:03elle l'a approuvé,
46:04elle l'a adoré,
46:04elle me dit
46:04c'est génial
46:05sauf que je suis désolée,
46:07il y a 3-4 pages
46:08que je n'ai pas pu lire
46:09parce que ça mêle
46:11son frère avec sa marraine
46:12qui n'est que de la fiction
46:13bien naturellement
46:14et elle dit
46:15je n'ai pas pu lire
46:16ces 4 pages.
46:17En même temps,
46:17votre fille,
46:19influenceuse,
46:19elle a souffert de ça
46:20comme vous avez souffert
46:21des réseaux sociaux
46:22et ça c'est très présent
46:23dans ce roman.
46:24Oui,
46:24énormément.
46:25Justement,
46:26ma fille,
46:27ça a été violent pour elle
46:27parce qu'on n'arrête pas
46:29de lui dire qu'elle est grosse,
46:30on n'a pas arrêté
46:31de lui dire
46:31on aurait préféré
46:32que c'est toi qui meurs
46:33au lieu de ton père,
46:34enfin des trucs
46:35qu'elle avait 19 ans.
46:36Donc il faut avoir
46:37le cœur solide
46:38surtout quand en plus
46:38vous avez perdu votre père.
46:40Donc voilà,
46:40je vais faire un petit clin d'œil
46:41pour elle,
46:42montrer la force qu'elle a eue
46:43et qu'on peut s'en sortir.
46:44Je pense à toutes ces jeunes filles
46:46qui sont aussi influenceuses,
46:47qui se font traiter
46:48de tous les noms
46:48et qu'elles ont du mal
46:50à s'en sortir
46:50et que voilà,
46:51pour le harcèlement,
46:53c'est pour leur faire
46:54un petit clin d'œil
46:55à toutes ces jeunes filles
46:56et qu'il ne faut pas
46:56baisser les bras.
46:57Et j'ai dit,
46:58les vrais gens,
46:58c'est les gens à l'extérieur,
47:00c'est ce que j'expliquais
47:00à ma fille,
47:01je dis, écoute,
47:01on te critique machin
47:02mais quand tu es avec moi,
47:03les gens vont dans tes bras,
47:05te prennent dans les bras,
47:05te font des bisous
47:06et te disent
47:07on vous adore.
47:13Sur les réseaux,
47:13tu vois,
47:14il n'y a pas de tête,
47:14il n'y a pas d'amis,
47:15il n'y a rien.
47:16Ils se défoulent sur les réseaux
47:18en disant n'importe quoi,
47:19comme le courrier des lecteurs
47:20de Jadis
47:21où on écrivait
47:22quand on était mécontent
47:23mais jamais
47:23quand on était content.
47:24Et il y a un clin d'œil aussi,
47:26un autre clin d'œil
47:27que j'ai repéré dans ce livre,
47:28c'est le commissaire Luc Matteo.
47:30Ah oui,
47:30c'est à mon Jean-Luc Rechman,
47:32exactement.
47:33Ah oui,
47:33parce que Jean-Luc Rechman,
47:34c'était un très bon ami
47:35à Jean-Pierre
47:36et puis,
47:39il était juste avant le 13h,
47:40tous les deux,
47:41c'était une super équipe,
47:42super audience
47:42pour les 12 coups de midi
47:44et super audience
47:45pour le 13h,
47:45donc voilà.
47:47Et j'ai voulu lui faire
47:48un petit clin d'œil.
47:49Oui,
47:49parce qu'en même temps,
47:49lui aussi,
47:51était animateur
47:51et devenu aujourd'hui
47:53comédien et auteur.
47:54Ah oui,
47:54et ça cartonne tout ce qu'il fait,
47:56tout ce qu'il touche,
47:56c'est de l'or.
47:57Alors maintenant,
47:58ce livre est prêt,
47:59vous débordez de projet,
48:00je crois qu'il y a
48:01un autre livre,
48:02il y a une autre tournée
48:03de théâtre,
48:04dans tous les sens.
48:05Oui,
48:06dans tous les sens exactement.
48:08Là,
48:08je suis en tournée de théâtre
48:09pour Oublie-moi,
48:10je t'aime
48:10avec Laurent Petit-Guillaume.
48:12J'ai un oracle aussi
48:14qui va sortir
48:15au mois d'octobre.
48:17J'espère avoir la suite
48:18de mon livre
48:20que je vais démarrer
48:21si c'est ça en décembre
48:22pour écrire la suite.
48:23Et puis,
48:24plein de projets,
48:25j'espère encore d'autres.
48:26Ah,
48:26et puis la radio,
48:27pardon,
48:27j'allais oublier.
48:28Ma chère consoeur.
48:30Et puis,
48:30il y a une chose
48:30qui est évidente aussi,
48:31c'est le parfum
48:32de Jean-Pierre Pernoud
48:33qui est présent dans le livre.
48:35Énormément.
48:35Il était présent déjà
48:36à l'enterrement.
48:37Et mon fils,
48:40il a eu du mal.
48:41Souvent,
48:41il me disait
48:41« Maman,
48:42t'es une folle,
48:44tu dis n'importe quoi,
48:45moi j'ai jamais de signes,
48:46c'est n'importe quoi ce que tu fais. »
48:47Puis d'un seul coup,
48:48il a commencé à avoir des signes
48:49et je trouve ça extraordinaire.
48:50Et justement,
48:51c'était l'année dernière,
48:52par exemple,
48:53on s'était un peu embrouillé
48:53avec mon fils,
48:54genre que c'est des choses
48:55qui nous arrivent rarement.
48:57Et il ne me parlait plus carrément.
48:59Et donc,
49:00ça me rendait triste.
49:01Et là,
49:01je dis à Jean-Pierre,
49:01« Écoute Jean-Pierre,
49:02il va falloir que tu mettes
49:03un coup de pied aux fesses
49:03à ton fils
49:04et il va falloir qu'il m'appelle
49:05parce que là,
49:06j'ai trop les boules.
49:07C'est pour une histoire de chien,
49:08c'est ridicule.
49:10Fais quelque chose. »
49:12Et d'un coup,
49:14c'est quoi,
49:1520 minutes après
49:16que je dis ça à Jean-Pierre,
49:17le téléphone sonne,
49:18c'est mon fils.
49:18Je dis « Waouh,
49:19c'est quand même un truc de dingue. »
49:21Et il me fait
49:21« Maman, maman,
49:22écoute,
49:22il y a un truc bizarre
49:23dans ma chambre,
49:24il y a ma petite lampe de cheveux
49:25qui n'arrête pas de s'allumer. »
49:26Je dis « Écoute,
49:27regarde bien la prise,
49:27enfonce bien
49:28ou remet bien l'ampoule. »
49:30Il fait « Maman,
49:31je ne suis pas con quand même. »
49:32Bien sûr,
49:32je fais « Bon,
49:33bon, d'accord. »
49:34Et il me fait
49:34« Ouais,
49:34puis il y a autre chose
49:35parce que j'ai ma meilleure amie
49:36qui habite en haut de chez moi
49:38parce que j'ai un appartement
49:41en haut de ma maison. »
49:43Il me dit
49:43« Écoute,
49:43j'ai appelé Muriel,
49:44elle s'appelle Muriel,
49:44j'ai appelé Muriel
49:45pour descendre
49:46pour qu'elle constate
49:48ce que j'ai constaté.
49:49J'ai dit
49:50« C'est quoi ? »
49:51Il me fait
49:51« Il y a l'odeur de papa
49:52dans tous les tâches. »
49:54« L'odeur de quoi ? »
49:54« De son parfum. »
49:55Je dis
49:55« Ah, d'accord,
49:56je croyais que tu ne croyais pas aussi. »
49:58Il me fait
49:58« Là, c'est très chaud,
49:59maman,
49:59parce que ma copine... »
50:00Donc, elle est descendue,
50:00elle fait
50:01« Mais Tom,
50:01qu'est-ce que tu as fait ?
50:02Tu as mis le parfum
50:02de ton père sur toi
50:03ou quoi ?
50:03Ça sent le parfum partout. »
50:05C'est incroyable.
50:06Tout ce que je vous souhaite,
50:07c'est le parfum du succès,
50:08si j'ose dire.
50:09C'est gentil.
50:20« Les clés d'une vie. »
50:20Avec grand plaisir.
50:22Merci, Nathalie Marquette-Arnaud.
50:23Merci beaucoup.
50:23« Les clés d'une vie. »
50:24C'est terminé pour aujourd'hui.
50:25On se retrouve bientôt.
50:26Restez fidèles
50:27à l'écoute de Sud Radio.
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