- il y a 16 minutes
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous demeurez l'un des chanteurs les plus discrets et les plus récompensés de votre génération.
00:10On ne compte plus les prix que vous avez reçus, mais quand on aime, on ne compte pas.
00:14Sauf peut-être quand il s'agit de gagner.
00:16Gagner à être connu autant que reconnu, ce que vous méritez largement.
00:20Bonjour Romain Didier.
00:21Bonjour Jacques.
00:22Alors on vous retrouve aujourd'hui, vous étiez déjà venu dans les clés d'une vie,
00:25voici trois ans pour votre dernier album.
00:27Et puis un hommage à Alain Leprest.
00:29Et là, il y a un nouvel album qui s'appelle La Buée des miroirs.
00:33Donc on va l'évoquer tout à l'heure bien sûr, mais selon le principe des clés d'une vie,
00:36on va d'abord évoquer votre parcours à travers des appelés.
00:40Et la première que j'ai trouvée, alors je crois que c'est votre seule télévision en famille,
00:43le 28 mai 1984, vous êtes dans Le Grand Échiquier de Jacques Chancel,
00:48le vrai, pas celui d'aujourd'hui, et vous chantez ceci.
00:52C'est une terre, une cité guerrière, si fragile.
00:59Et vous êtes seul au piano au milieu de 166 musiciens de l'orchestre philharmonique de l'Institut Curtis de
01:05Philadelphie.
01:05Vous vous en souvenez ?
01:06Oui, oui, très bien.
01:07Et ce jour-là, non seulement vous êtes au piano, mais il y a quelqu'un qui vous écoute à
01:12côté,
01:12c'est votre père Pierre Petit.
01:14Oui, c'est le hasard du calendrier, parce que c'était...
01:18On voit le hasard, ou alors c'est lui qui avait fait les choses.
01:20Mais Jacques Chancel m'avait déjà invité avant.
01:25Il avait la gentillesse de s'intéresser à mon travail.
01:28Et on s'est retrouvé avec mon père à ce moment-là, je me souviens très bien.
01:31Oui, et d'ailleurs, votre père, qui a quand même été Grand Prix de Rome en 63,
01:36il a été directeur de l'école normale de musique de 63 à sa disparition.
01:41C'est quand même une performance, c'est un record, je crois.
01:43Je crois, oui, oui.
01:44Et cette école, je ne sais pas si beaucoup de celles et ceux qui nous écoutent la connaissent,
01:49c'est une école privée créée par Alfred Cortot.
01:52Et l'objectif, c'était au lendemain de la Première Guerre mondiale,
01:55de faire connaître les musiciens classiques français.
01:58Oui, c'était une belle entreprise.
02:01Alors, c'est vrai qu'il côtoyait Samson-François,
02:07plein de musiciens, de pianistes.
02:11Il a maintenu ça toute sa vie.
02:15J'ai mis les pieds de deux ou trois fois, mais moi, je n'ai pas fait des tweets musicales.
02:19Mais justement, pourquoi vous auriez dû normalement peut-être suivre le cursus
02:23et entrer à l'école normale de musique ?
02:24Moi, je n'ai jamais insisté à faire de la musique, en fin de compte.
02:28Moi, j'aime bien les fleurs sauvages.
02:29J'ai poussé comme j'ai pu entre deux pierres, sans jeu de mots.
02:33Et voilà, mes parents ne m'ont pas poussé à faire de la musique.
02:38Ils avaient une carrière à s'occuper pour eux,
02:40et ils s'occupaient un peu moins de la notre éventuelle.
02:43Et donc, je ne regrette rien du tout de ça.
02:45Parce qu'en plus, dans ce grand échiquier, Jacques Chancel pose la question à Pierre Petit,
02:51mais est-ce que votre fils fait de la musique classique ?
02:52Et Pierre Petit répond, il fera ce qu'il voudra.
02:55C'est ça, ça l'arrangeait bien.
02:57Ça l'arrangeait bien.
02:58À mon avis, ça l'arrangeait bien.
02:59J'avais un très bon rapport musicau avec lui.
03:04Mais il me disait un jour, il m'a dit un jour,
03:07mais ce n'est pas la peine que tu fasses de l'harmonie, tu l'as, tu l'as.
03:11Voilà.
03:11Alors, bon, du coup, ça m'a dédouané.
03:14Mais c'est vrai qu'il y a quelque chose d'instinctif dans la musique, dans les gènes.
03:19C'est-à-dire que c'est difficile de rentrer dans ce débat-là,
03:22mais en tout cas, moi, j'ai grandi.
03:23Mon liquide amniotique, quand j'étais petit, c'était la musique,
03:25c'était ma mère à l'opéra.
03:27Mon père, ils ont pari ces très longtemps ensemble.
03:29Surtout ma mère et l'opéra, et la fosse d'orchestre,
03:32et les musiciens qui passaient à la maison,
03:34et la compédiatrice qui faisait tous les matins faire travailler sa voix
03:36et le répertoire à ma mère.
03:38Donc, j'ai été nourri des harmonies de Puccini, de Verdi, de Mozart,
03:44de tout cet opéra italien et pas que.
03:48Et je pense que je restitue ça à mon petit niveau depuis 40-50 ans maintenant.
03:55Il faut mettre aussi à l'actif de Pierre Petit votre père, Romain Didier,
03:58qui a été responsable de la création musicale à la télévision de 70-75,
04:03c'est-à-dire une époque où il y avait des émissions de musique classique
04:05qui touchaient à l'arche publique.
04:07Ça nous manque aujourd'hui.
04:09Oui, c'est vrai que moi, dans les années 70,
04:13il faisait des émissions presto ou contre-huttes,
04:15il avait des émissions de télévision,
04:19où il faisait de la vulgarisation,
04:22avec d'excellents musiciens qui passaient le voir dans son émission.
04:26Il a œuvré aussi un peu pour ça, c'est vrai.
04:28Et c'est vrai que la musique classique fait partie des choses
04:31qui sont peut-être un peu plus négligées aujourd'hui que dans ces années-là.
04:35Je pense que ça me semblera malheureusement un peu le sens de l'histoire.
04:41Mais je dois reconnaître que votre père, Pierre Petit, avait beaucoup d'humour.
04:44On se croisait au Figaro, où j'avais à l'époque une chronique quotidienne.
04:47Il ne passait jamais sans raconter une histoire drôle
04:49qu'on ne pourrait même pas évoquer aujourd'hui.
04:51Il m'a fait une fois le coup dans un ascenseur de la maison de la radio.
04:54Il commençait à me raconter ça, il y avait des gens qui rentraient
04:56et moi je ne savais plus où me mettre, j'étais rouge comme une pivoine.
05:00Il avait des jeux un peu pervers, on va dire.
05:03Exactement. Alors, si vous vous appelez Romain, ce n'est pas par hasard Romain Didier.
05:07Parce que je suis né à Rome et donc je suis né pendant le séjour de mon père à la
05:11vie de la Médicis.
05:12Oui. Qu'est-ce qu'il faisait à l'époque la vie de la Médicis ?
05:15Il était invité ?
05:18Il était en résidence.
05:19Il était en résidence.
05:20Quand on gagne ce prix de Rome qui n'existe plus maintenant,
05:24en tout cas sous cette formule-là, quand on gagne le prix de Rome,
05:27on a la chance de vivre pendant trois ans et quelques mois à la vie de la Médicis.
05:31Donc, moi je suis né pendant ce séjour-là.
05:37Le fils est né, mon frère aîné lui, il est né en 47,
05:41mais en fin de compte, ils ont voulu que ma mère accouche en France.
05:46C'est pourquoi moi, ils n'ont pas pris ça.
05:47Donc, moi j'ai eu la particularité de naître à Rome.
05:52C'est vrai que la vie de la Médicis, c'est Marguerite Monod,
05:55qui avait été grande pianiste classique, qui avait été invitée.
05:58Elle a refusé. Elle a dit, j'en ai marre du classique, je me lance dans les variétés.
06:02Et elle a composé toutes les grandes chansons d'Edith Piaf.
06:04C'est une autre voie.
06:06Je pense qu'il y avait certains musiciens qui avaient cette chance merveilleuse
06:12de jongler un peu sur les deux tableaux,
06:14parce que c'est servir la musique savante, on va dire comme ça.
06:18Servir la musique savante, c'est formidable.
06:21Mais il y a aussi cette musique populaire qui est à côté.
06:23Et quand on voit les Michel Legrand, quand on voit les Delru,
06:27quand on voit tous ces compositeurs qui sont aussi intéressés à cette partie-là,
06:33voilà, c'est des beaux parcours.
06:36Et il se trouve que vous avez ensuite grandi en France, à Paris.
06:39Oui, j'ai grandi à Paris.
06:40Vous n'avez aucun souvenir de la vie de la Médicis ?
06:45Non, les souvenirs, c'est...
06:46Moi, je n'ai pas de souvenirs parce que je suis parti, j'avais trois ans,
06:50et je suis retourné après avec mon père.
06:52Donc là, du coup, on ne sait jamais très bien dans ces cas-là,
06:56quand le temps passe, si c'est le souvenir qu'on a vraiment,
06:58ou si c'est le souvenir qu'on nous a mis dans le crâne,
06:59ou qu'on a fantasmé un peu.
07:00En tout cas, pour y être retourné, je vois bien les jardins de la villa,
07:04je vois bien la villa, et je vois bien les dépendances qu'il y avait à l'intérieur.
07:06Oui, avec des écrivains qui hurlaient en permanence
07:09parce qu'il y avait trop de bruit dans les rues voisines,
07:11et ça les empêchait d'écrire, paraît-il.
07:13Oui, c'était un peu délicat, tous ces genres.
07:17Alors, il se trouve aussi que vous avez un autre souvenir,
07:19c'est la mort de votre mère en Seine tous les soirs,
07:22et que ça vous a presque traumatisé, on m'a dit, dans la Tosca.
07:25Si, c'était que dans la Tosca, mais quand on chante souvent les rôles-titres de l'opéra,
07:35on meurt beaucoup.
07:36Ma mère, elle se jetait du château Saint-Ange dans la Tosca,
07:39elle mourait au bûcher dans le Faust de Gounod,
07:43en chantant Ange pur, Ange radieux,
07:46elle mourait poillardée comme des démons dans Otello,
07:50elle mourait, et le pire pour moi, je trouve,
07:54parce que la musique se prêtait tellement à ça,
07:58c'était la bohème, c'était la mort de Mimi.
08:02La musique de Puccini, c'est une merveille.
08:05Et donc forcément, à 5-6 ans,
08:08quand le plafonnier se rallumait,
08:12à l'époque on jouait la bohème, on le jouait à l'opéra comme il,
08:14on ne jouait pas à l'opéra.
08:15Donc quand le plafonnier, je fonçais voir comme on me connaissait bien,
08:18avec mon frère pareil, on fonçait quand même dans les loges pour voir,
08:21on était rassurés après.
08:23Et vous alliez à l'opéra à 5 ans ou à 6 ans,
08:24ça forme un esprit ça aussi ?
08:27Oui, je pense que ça forme et ça banalise.
08:30C'est-à-dire que la musique c'est normal que ça se fasse à plusieurs.
08:34Il se trouve aussi que vous avez appris la musique tout seul,
08:37les harmonies, vous avez vraiment tout appris,
08:39lire la musique, écrire la musique tout seul.
08:43Écrire, je lis avec beaucoup de difficultés,
08:45donc j'écris, il ne faut pas que je me trompe.
08:46Mais en même temps, vous écoutiez la radio
08:48et c'est presque en écoutant la radio
08:50que vous recopiez une chanson sur le piano.
08:53Ah ben oui.
08:55Très vite, j'ai développé le fait d'entendre quelque chose
08:57et de le jouer.
08:59Et puis vous avez commencé dans les pianobars,
09:01comme beaucoup d'autres.
09:02Pourquoi ? Parce qu'il fallait gagner sa vie, Romain Didier ?
09:04Parce qu'il faut gagner sa vie.
09:06Et alors, c'est du piano-bar, c'est ensuite dans des camarades,
09:16accompagné avec les quelques outils musicaux que j'avais sous les doigts,
09:19j'accompagnais des chanteurs.
09:21Et puis après, les rencontres, les fils qu'on a,
09:25le bon fil qu'on tire de temps en temps et qui amène autre part.
09:29Mais l'école du piano-bar, effectivement,
09:31De Funès en a beaucoup parlé.
09:33C'est vrai qu'il a fait du piano-bar pendant des années
09:35et son premier engagement, il a fait croire
09:37qu'il sortait du conservatoire,
09:38ce qui était absolument faux.
09:40Mais ça a marché.
09:41C'est vrai que l'école du piano-bar, c'est la plus belle
09:43parce qu'on joue pendant des heures
09:44devant un public qui ne vous écoute absolument pas.
09:47C'est ça.
09:47Donc on peut faire des gammes,
09:49on peut peaufiner des trucs.
09:52Et puis après, quand il y a quelqu'un qui s'intéresse à vous,
09:54d'un seul coup, on est content
09:55parce qu'on joue pour lui et voilà.
09:58Et puis ça fait aussi progresser la reconnaissance.
10:02Et vous jouiez Brel, Aznavour, Brassens, Trenet ?
10:06Je jouais là, je faisais du piano-bar avec la chanson française.
10:09Alors forcément quelques standards aussi qui sont merveilleux.
10:13Mais c'était beaucoup la chanson française.
10:16Et Trenet, justement, vous avez un souvenir lié à cette chanson.
10:21Le vieux piano de la plage possède un lard qui n'est pas guère.
10:25Vous avez accompagné au piano Charles Trenet dans le piano de la plage.
10:28Je ne l'ai pas accompagné, je l'ai joué devant lui.
10:31J'étais, pour faire vite, c'était un anniversaire de Charles Trenet,
10:34je ne sais plus à quelle année c'était.
10:35Vous me dites, je ne sais plus à quelle année c'était.
10:37En tout cas, c'est pas grave.
10:38Et on me dit, c'est Antenne 2.
10:40Et moi, je me disais, anniversaire de Trenet,
10:42ça va être un grand studio.
10:43Il va y avoir un piano à queue et tout ça.
10:45On va me demander de chanter.
10:47Je trouve que c'est une chanson de pianiste,
10:48une chanson de pied au pied de la plage.
10:49Je prépare ça.
10:51J'arrive dans le studio.
10:52Et là, c'est un petit studio avec un piano à queue,
10:55un tabouret de pianiste, un double,
10:58et Charles Trenet assis à côté de moi.
11:01Et là, j'accompagne d'abord Moustakie au pied levé,
11:04qui chante « Revoir Paris », un petit...
11:06J'accompagne ça au pied levé.
11:07Et ensuite, je lui chante le pied au pied de la plage.
11:09J'ai la vidéo de ça.
11:10Je vois Charles Trenet à côté de moi,
11:13me regardant, souriant,
11:16fredonnant avec moi.
11:17Je chantais la chanson.
11:18Et moi, comme un jeune homme,
11:21je trouvais ça, à la limite, formidable.
11:23Mais ça m'a...
11:24Voilà, j'ai été...
11:25Je retrouve ça avec beaucoup d'émotion,
11:2840 ans après.
11:30Exactement.
11:30Ce sont des chansons qui n'ont pas pris une ride,
11:32comme vous.
11:33Alors, autre date importante dans votre parcours,
11:35le 16 juillet 1981.
11:38A tout de suite sur Sud Radio avec Romain Didier.
11:41Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:44Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Romain Didier.
11:47Nous parlerons tout à l'heure de la buée et des miroirs,
11:49votre nouvel album.
11:50Et puis, on évoque votre parcours.
11:52On a évoqué vos débuts.
11:5416 juillet 1981, une émission de télévision
11:57au cours de laquelle vous allez,
11:59non pas chanter, mais assister sur un bateau-mouche
12:02à quelqu'un qui interprète cette chanson.
12:11Vous êtes sur un bateau-mouche
12:13à côté de Francis Lemarque, vous vous souvenez ?
12:16Et vous le regardez et il chante à Paris en playback.
12:20Par contre, je me souviens,
12:22mais je ne sais plus dans quelles conditions c'était.
12:26C'était une émission aujourd'hui, madame.
12:28Francis Lemarque est invité et vous êtes là
12:31et on passe ce reportage.
12:33Cette chanson à Paris, elle a une histoire.
12:35En fait, Yves Montand cherchait un auteur.
12:38Prévert connaît Lemarque.
12:39Ils se sont connus au Café de Flore.
12:41Et il présente Francis Lemarque à Yves Montand,
12:45chez lui, à Neuilly.
12:47Et c'est là où Yves Montand va dire
12:49« Mais c'est génial, je veux que vous me réserviez
12:51désormais toutes vos chansons. »
12:52Et c'est comme ça que Francis Lemarque a débuté.
12:54Oui, j'ai fait les premiers arrangements
12:59de Francis en 1977.
13:03Exactement.
13:06C'était les productions du Rideau Rouge
13:09de Gilbert Bécaud.
13:10Et c'était Gaïa Bécaud, son fils,
13:13avec qui j'avais fait des albums disco avant,
13:15parce que j'ai commencé à faire du disco.
13:17Et en fait, quand il me demande de faire
13:18les arrangements pour Francis,
13:19c'est comme ça que j'ai rencontré,
13:20que j'ai connu Francis et je suis resté lié
13:23à la famille et je suis toujours lié aux enfants.
13:26Depuis ce jour-là,
13:27c'est des gens qui sont très proches à mon cœur.
13:31Et je me souviens de cette émission,
13:34je me souviens dans ce reportage
13:37de Malade avec lui,
13:38on se trouve dans un bistrot,
13:38on discute, on part.
13:40Et vous êtes au pied d'un tour Eiffel
13:42et c'est là qu'il vous annonce
13:43qu'il veut vous proposer
13:46les orchestrations de son prochain album.
13:48Ah voilà.
13:48Car c'est vrai que c'est tout un album,
13:50c'est pas simple à orchestrer.
13:52Ben oui, oui.
13:55Le premier, ça avait été en 77
13:56et après, j'en ai fait d'autres.
13:59Alors, vous parlez de Gilbert Bécot
14:00et du Rue de Rouge
14:01et je crois justement
14:02que vous devez vos débuts
14:03à l'équipe de Gilbert Bécot
14:05qui vous a repéré
14:06dans les pianobars, je crois,
14:07Romain Didier.
14:09Alors, c'est...
14:10Les éditions du Rue de Rouge.
14:13Non, c'est Nicole Croisi.
14:16C'est ma rencontre avec Nicole Croisi.
14:19Je vais...
14:20Alors, peut-être que c'est...
14:21Là où ça se mélange un peu,
14:22c'est que Patrice Mitois
14:23qui a écrit...
14:24Qui était un copain de l'époque,
14:27qui était, à mon avis,
14:28aussi copain avec Gaïa,
14:29le fils de Gilbert.
14:31Et on a décidé d'écrire des chansons.
14:33On ne savait pas pour qui.
14:34Si, on savait.
14:35Pour les filles, à l'époque,
14:36c'était Nicole Croisi.
14:38Donc, on s'est dit
14:39on va écrire des chansons pour Nicole.
14:40Et puis, lui, il connaissait quelqu'un
14:41qu'il connaissait vaguement
14:42quelqu'un qui connaissait
14:43un petit peu le machin de...
14:44Voilà.
14:45Et on est remonté à la finière
14:46jusqu'à Sylvain Krièf
14:48qui dirigeait les éditions de Nicole.
14:52Et puis, il a entendu les maquettes.
14:54Et puis, il a fait enregistrer à Nicole
14:58deux ou trois chansons sur un album.
15:00Et en écoutant ma voix,
15:01il m'a dit
15:01mais tu ne veux pas faire un disque.
15:04C'est comme ça que ça a commencé.
15:05C'est comme ça que ça a commencé.
15:06Donc, j'ai dit
15:06oui, je veux bien.
15:07Mais c'est vrai que vous avez
15:08un point commun avec Gilles Hubert Bicot
15:09qui a débuté lui aussi à Paris
15:11dans les pianobars.
15:13Il jouait pour 500 anciens francs,
15:15je crois,
15:16avec une petite sébille à côté
15:17où on mettait quelques pièces.
15:19Et c'est là où il a rencontré
15:20Maurice Vidalin
15:21qui est devenu l'un de ses auteurs.
15:23Alors, donc, vous débutez
15:24avec Nicole Croisi.
15:25Vous faites votre premier disque.
15:26Mais en même temps,
15:27vous allez être orchestrateur
15:28car vous avez orchestré
15:30beaucoup de chansons
15:31au cours de votre carrière
15:31pour Pierre Perret,
15:33pour Annie Cordy,
15:34Yves Duteil et beaucoup d'autres.
15:37Oui, Yves Duteil,
15:38j'ai fait un album
15:40pour...
15:41On a travaillé ensemble
15:42sur un ou deux albums.
15:44Annie Cordy,
15:45j'ai écrit des chansons pour elle
15:46mais je n'ai pas fait
15:46d'orchestration.
15:48Pierre Perret,
15:49j'ai fait l'organisation
15:50d'un album de Pierre.
15:52C'est toujours des aventures formidables.
15:56À cette époque
15:57où les studios étaient...
15:59On allait dans les grands studios
16:00où il y avait de l'argent
16:01qui circulait autour de la chanson
16:04et de la variété
16:04où on enregistrait au studio Davout,
16:06au studio Ferbert
16:07et on décidait de prendre des cordes,
16:10on prenait des cordes,
16:11des cuivres,
16:11on prenait des cuivres,
16:12des cœurs,
16:12on prenait des cœurs,
16:13on restait...
16:13C'était une période grave
16:14assez bénigne pour l'enregistrement.
16:16En même temps,
16:17l'orchestration,
16:18c'est un métier très particulier.
16:19Encore une fois,
16:19vous l'avez appris en autodidacte,
16:21Romain Didier.
16:23Oui,
16:26j'ai commencé pour rendre service
16:28à des copains
16:29à écrire
16:31quand ils voulaient
16:31faire des petits arrangements
16:33pour des chansons qu'ils voulaient,
16:35des instruments à compte d'auteurs,
16:36des choses comme ça.
16:38Et quand on prend des cordes,
16:39on n'a pas l'argent
16:40pour prendre autre chose
16:40qu'un coitueur à cordes.
16:42Et il n'y a rien de plus formateur
16:43que l'écriture du coitueur à cordes.
16:44L'avantage,
16:45c'est qu'il y en a que...
16:46Si on fait une erreur,
16:48c'est qu'il n'y en a que un
16:49à corriger,
16:49ce n'est pas
16:51se lancer.
16:53Donc,
16:54j'ai appris comme ça.
16:56Comme tous les autodidactes,
16:57j'ai planté mes racines
16:59là où il y avait de l'eau.
17:00Je ne suis pas allé
17:01mettre ça n'importe où.
17:02Là où j'avais besoin,
17:03j'allais tirer
17:04ce qui m'était utile.
17:06Et je crois que c'est
17:08la particularité
17:09des autodidactes.
17:10Voici quelques mois,
17:10j'ai reçu Serge Hélaïc
17:12qui a fait le dictionnaire
17:13des arrangeurs.
17:15200...
17:15C'est un métier très particulier,
17:17un métier de l'ombre aussi.
17:18Oui, oui, oui.
17:20Oui,
17:21je connais des arrangeurs
17:22qui ont essayé de chanter aussi
17:23parce que c'est vrai que ça...
17:25Dans ce sens-là,
17:26on a envie...
17:27Quand on sait qu'on met
17:28de la lumière sur les gens
17:29parce que l'orchestrateur
17:30sert un petit peu à ça,
17:32parmi d'autres,
17:32mais à mettre de la lumière
17:33sur les chansons,
17:34on rêve d'être aussi
17:35soi-même en lumière,
17:36je pense.
17:36Et d'ailleurs,
17:37vous avez enregistré
17:38votre premier album
17:39avec ce titre.
17:41À partir d'aujourd'hui,
17:43promesse, promesse,
17:44demain je commence à
17:45c'est comme tous les matins,
17:46c'est jure et c'est promis.
17:48Promesse, promesse,
17:49promesse,
17:50sur votre album,
17:50il y a un sous-titre,
17:51Les Tramways de Shanghai.
17:53Oui.
17:53C'est la première chanson
17:55que j'ai écrite
17:56avec Patrice Mitois
17:58qui a écrit tous les textes
17:59de ce premier album.
18:01Et...
18:02Et...
18:03Je...
18:04Moi, j'écrivais pas
18:05du tout de textes
18:06à l'époque
18:06et j'étais...
18:07On a fait comme ça,
18:08on a été vraiment
18:09frangins d'écriture
18:09tous les deux.
18:10C'était comme je l'étais
18:11après avec d'autres auteurs
18:12mais lui,
18:12c'est le premier
18:13avec qui j'ai eu la chance
18:13de faire ça.
18:16Et je me souviens
18:17d'accompagner
18:18le soir
18:19Nicole Croisi
18:20au Théâtre des Champs-Elysées,
18:22première partie
18:22à deux pianos
18:23avec Graziella
18:24qui était le pianiste.
18:26Et moi,
18:26j'étais à deux pianos
18:27et derrière,
18:27à l'entraxe,
18:28le rideau s'ouvrait
18:29avec l'orchestre.
18:31Et je rentrais,
18:32je sortais,
18:32j'avais sorti
18:32mon premier album
18:33et je raccompagne
18:34un technicien
18:35chez lui,
18:35comme ça,
18:36j'ai lu la radio
18:37et j'entends Promesse Promesse
18:38et il me dit ça,
18:38elle souhaite
18:39cette chanson de Lavillier.
18:40Mais je lui ai dit
18:40non, c'est pas Lavillier,
18:41c'est moi.
18:42Je lui aurais dit
18:42que c'était le pape,
18:43il m'aurait pas plus cru.
18:44C'est fou.
18:45Et pourquoi
18:45les Tramouettes sont garées
18:46comme sous-titres ?
18:47Parce que c'est cité
18:49comme des choses
18:49qui ne...
18:50comme les...
18:53tous ces trucs
18:54qui perdent de la valeur,
18:56enfin voilà,
18:56donc on trouvait sûrement...
18:59Je sais pas si c'est moi
18:59qui ai trouvé le titre
19:00ni le sous-titre.
19:01En tout cas,
19:02le titre c'est lui
19:02et c'est Patrice Mitois
19:03et le sous-titre
19:04c'est peut-être
19:04parce que...
19:06ça passe comme
19:06les travaux de Shanghai.
19:07Voilà.
19:08Alors cette pochette
19:09est très particulière,
19:11c'est une nouvelle collection
19:12et il y a une préface
19:13de Nicole Croisille
19:14et je sais pas
19:16si vous venez cette pochette,
19:17c'est presque
19:18comme une première page
19:19du journal.
19:20Oui,
19:20c'était une...
19:22c'était une...
19:26une série...
19:27une série
19:28qui s'appelait
19:28Paroles et Musique,
19:29d'ailleurs moi j'étais
19:29numéro 9
19:30ou je sais pas combien,
19:31il y avait
19:31il y avait eu Souchon avant,
19:33il y avait d'autres...
19:34c'était comme ça,
19:36un tout vraiment
19:37chanson française,
19:39je l'ai chez moi
19:39ce titre,
19:40je l'ai...
19:41Et il y avait une préface
19:42de Nicole Croisille
19:44et le premier
19:45à avoir fait une préface
19:46sur un disque,
19:47c'était Henri Salvador
19:48pour Boris Vian
19:50à l'époque
19:51et depuis
19:52beaucoup ont fait
19:52ce genre...
19:54C'est une sorte
19:54de...
19:55une forme de parrainage.
19:56C'est ça.
19:57Alors,
19:57vous êtes devenu un artisan
19:58et vous êtes resté un artisan
20:00car vous avez déjà
20:01à l'époque travaillé
20:02en artisan,
20:03vraiment Didier.
20:04Ben,
20:05oui,
20:06là c'est...
20:08Oui,
20:08c'est ça,
20:09c'est pas l'usine.
20:10Oui.
20:10C'est ça,
20:11c'était la manufacture,
20:12je sais pas comment on peut dire,
20:13c'était...
20:14On fait des chansons,
20:15on fait des chansons...
20:16Alors,
20:17forcément il y a eu
20:18plusieurs périodes,
20:19enfin il y a la période
20:19où moi je faisais ce métier
20:23en me disant
20:23ce qui m'intéresse
20:24c'est de faire des tubes.
20:25Oui.
20:25Parce qu'on fait un métier public
20:26donc on vend des disques
20:27donc il y a une maison de disques
20:28qui veut vendre des disques
20:29donc il faut vendre des disques.
20:31Donc,
20:32j'ai eu la chance
20:32d'avoir des travaux de Shanghai,
20:34Amnésie,
20:34l'aéroport de Fiumichin,
20:36au Juli de la Loire,
20:36des seigneurs aux seigneurs
20:37des seigneurs,
20:37des seigneurs qui sont passés
20:38à la radio.
20:39Et je pense qu'après,
20:41peut-être après ma rencontre
20:41avec le preste
20:42en 85-86,
20:44je me suis dit
20:45mais faire de la chanson
20:48c'est aussi rencontrer les gens,
20:50c'est aussi parler de la vie,
20:52parler de soi,
20:52parler des autres
20:53et quand on parle des autres
20:53on parle toujours de soi
20:54et vice-versa.
20:56Et du coup,
20:57je l'ai fait avec d'autres motivations
20:58et j'ai continué comme ça.
21:00Et dans votre répertoire,
21:01il y a quand même
21:01une chanson surprenante
21:02qu'on n'imagine pas
21:04vous voir interpréter.
21:06J'ai la grappe électrique
21:08et le vibrato qui tue
21:09J'ai les jambes qui flagellent
21:10sur trois accords
21:11qu'on ne peut plus
21:12et je chante
21:13J'ai toujours cru
21:14que j'étais un chanteur
21:15de rock'n'roll
21:15par Romain Didier.
21:16J'étais sur scène
21:18il y a quelques jours
21:20à Venelle
21:20à côté d'Aix-en-Provence
21:21et je l'ai chanté
21:23et je la chante
21:24de temps en temps
21:24ça m'amuse bien.
21:25Comment est née
21:26cette chanson ?
21:28Le rock'n'roll
21:29c'est pas votre univers
21:30a priori ?
21:33Non, mais
21:34en fin de compte
21:34j'ai appris ça aussi
21:35peut-être un petit peu
21:36de mon père
21:36mais moi j'aime
21:39tout ce qui est bien fait
21:40j'essaie de bien faire
21:41les choses
21:42et honnêtement
21:43tout ce qui est fait
21:45si c'est bien fait
21:46ça mérite d'être fait.
21:47Et que ce soit
21:48la musique
21:48forcément savante
21:50que je n'atteindrai jamais
21:52mais
21:53de la bossa nova
21:54que ce soit du jazz
21:55que ce soit du reggae
21:56si c'est bien fait
21:57et de la musique
21:59actuelle
21:59j'écoute des choses
22:00que je trouve
22:00parce que
22:02je ferai mon métier
22:03maintenant jeune
22:04je pense que
22:05je m'équiperai
22:06avec les mêmes machines
22:07que les jeunes maintenant
22:07c'est formidable.
22:09Donc voilà.
22:09Justement les jeunes
22:10on va en parler
22:10à travers une autre date
22:11le 28 mai 2016
22:13à tout de suite
22:14sur Sud Radio
22:15avec Romain Didier
22:16Sud Radio
22:17les clés d'une vie
22:18Jacques Pessis
22:20Sud Radio
22:21les clés d'une vie
22:21mon invité
22:22Romain Didier
22:23nous évoquerons tout à l'heure
22:24votre nouvel album
22:25La Buée des Miroirs
22:27avec des chansons
22:28totalement inédites
22:29et on en revient
22:30à votre parcours
22:31alors on a évoqué
22:32vos débuts
22:32on a évoqué
22:33vos premiers albums
22:34vos orchestrations
22:35et puis le 28 mai 2016
22:37c'est le jour
22:39de la création
22:40à Saint-Nazaire
22:41d'un conte musical
22:43pour solistes
22:44chœurs d'ados et orchestres
22:45qui s'appelle
22:45l'Opération Belvédère
22:46et ça c'est une chose
22:48exceptionnelle
22:48parce qu'il y a eu
22:49deux soirs je crois
22:50à Saint-Nazaire
22:50et une création
22:52tout à fait originale
22:53Oui alors
22:57la naissance de tout ça
22:58en fin de compte
22:58dans ma tête
22:59c'est le premier
23:00conte musical
23:01le premier opéra
23:02pour enfants
23:02que j'ai écrit
23:02avec le presse
23:03qui s'appelle
23:03Pantin Pantin
23:04Oui qu'on va évoquer
23:05tout à l'heure
23:06donc ça c'est le premier
23:08conte musical
23:09que j'ai fait
23:11j'en ai écrit un autre
23:13avec Loïc Lantoine
23:14quelques années après
23:15pour fêter
23:16les dix ans
23:16de Pantin Pantin
23:18et j'ai fait
23:20la maîtrise de la Loire
23:22qui est une maîtrise
23:22magnifique
23:23qui est à Montbrison
23:23où ils avaient déjà
23:25fait pas mal de créations
23:26j'ai fait des choses
23:26pour eux
23:27ils m'avaient demandé
23:27et là ils m'ont fait
23:29la commande
23:29d'un truc
23:31pour leur maîtrise
23:33et donc j'ai écrit
23:34avec un auteur
23:35qui s'appelle
23:35Gilles Chauvet
23:36qu'on va retrouver plus tard
23:38Gilles Chauvet
23:39on a écrit
23:41un premier
23:42conte musical
23:42et ensuite
23:43un deuxième
23:45c'était
23:46Opération Belvédère
23:47et ensuite
23:48on a écrit
23:48cinq ou six
23:49ou sept autres
23:50et ça c'est un métier
23:50très particulier
23:51parce que ce sont
23:52des contes musicaux
23:53qui sont joués
23:54une fois
23:54deux fois
23:55trois fois
23:55bah oui
23:57mais moi c'est mon travail
23:58là c'est mon travail
23:59d'artisan
23:59c'est à dire
24:00c'est un conservatoire
24:03qui me fait la commande
24:07c'est l'étape
24:07à travers
24:08qui me fait la commande
24:09et là
24:09je suis un ébéniste
24:11ou un manusiaire
24:12qui me demande
24:12de faire une armoire
24:13je fais une armoire
24:14je suis payé
24:15pour faire mon armoire
24:16et je fais
24:17la plus belle armoire possible
24:18mais c'est un travail
24:19très particulier
24:20en plus pour les jeunes
24:21pour des chœurs
24:21et des jeunes
24:22c'est pas toujours évident
24:23Romain Didier
24:23bah oui
24:24mais c'est
24:28ça crée
24:28alors aussi
24:29ça fait des rencontres
24:30formidables
24:30ça sert
24:30les enfants qui montent
24:32sur scène
24:33autour d'un projet
24:34comme celui-là
24:36j'en rencontre
24:36de temps en temps
24:37dix ans après
24:38quinze ans après
24:38ils s'en souviennent
24:39dans le corps
24:39et ça fait partie
24:40des plus beaux jours
24:40de leur vie
24:41parce qu'ils sont sur scène
24:42parce qu'ils jouent
24:43quelque chose d'original
24:44parce qu'ils sont contents
24:44et puis voilà
24:45donc j'aime
24:46j'aime tout ça
24:48on se souvient
24:49de Francis Lemar
24:50qui a des chansons
24:51comme Le Petit Cordonnier
24:51qui sont aujourd'hui
24:52enseignées dans les écoles
24:54mais là aussi
24:54la composition
24:55pour les enfants
24:56est très particulière
24:57on ne travaille pas
24:58de la même manière
24:58que pour un adulte
25:00Romain Didier
25:04moi je
25:06je pense que
25:07les enfants
25:08peuvent
25:09entendre
25:09beaucoup plus de choses
25:10qu'on imagine
25:11qu'on leur met
25:13et musicalement
25:14je pense à Pantin Pantin
25:16qui n'est pas facile
25:16à chanter du tout
25:17par exemple
25:18et ils y arrivaient
25:19très bien
25:19je pense que
25:21l'exigence
25:22c'est aussi
25:22leur demander
25:22de sauter
25:24un peu plus haut
25:24que là où ils ont
25:25l'habitude de sauter
25:26comme le saut en hauteur
25:27j'en reviens
25:28à Opération Belvédère
25:29donc il y avait
25:30une centaine d'élèves
25:30de plusieurs écoles
25:31de la ville
25:32et au départ
25:33l'idée
25:33c'était
25:34une bouteille à la mer
25:35version 2016
25:36parce qu'à l'intérieur
25:37il n'y avait pas un papier
25:38mais il y avait
25:38un email
25:42oui c'était
25:46il faut trouver
25:47pour faire
25:47pour faire ça aussi
25:49mais ça j'ai retrouvé
25:50ça à chaque fois
25:50qu'on a fait
25:51des contes musicaux
25:51pour des jeunes
25:53et c'est
25:54c'est pas facile
25:56de plus en plus
25:56de trouver
25:56l'angle d'attaque
25:58pour intéresser
26:00pour emballer
26:02des ados
26:03ils nous échappent
26:04de plus en plus
26:05j'ai l'impression
26:06que les ados
26:07nous échappent
26:08parce qu'ils ont
26:08d'intérêt
26:09complètement différent
26:10donc voilà
26:11je trouvais
26:11à chaque fois
26:13formidable
26:14cette façon
26:15d'aborder
26:17le problème
26:18de la communication
26:18et de cette nouvelle
26:19communication
26:20qu'on subit
26:20ou qu'on pratique tous
26:22voilà
26:22mais en même temps
26:23ce sont des contes
26:25qui sont chantés
26:26en direct
26:26il n'y a aucune trace
26:27sur internet
26:28il n'y a aucune image
26:29au-delà des images
26:30personnelles faites
26:31par la famille
26:31alors j'ai
26:32en fin de compte
26:33avec ce Gilles Chauvet
26:34en question
26:35avec qui j'ai écrit
26:35une dizaine de contes musicaux
26:37avec le presse
26:38avec qui j'ai fait
26:39en dehors de Pente à Pente
26:40ou Pascal Mathieu
26:41qui est décédé
26:41il n'y a pas longtemps
26:42cet auteur merveilleux
26:43un Pinocchio court toujours
26:44qui était une revisitation
26:45une revisite
26:47du Pinocchio
26:47de Colody
26:48au plus près de Colody
26:49d'ailleurs
26:52effectivement
26:53ça part un petit peu
26:54comme ça
26:55et je me suis
26:55j'avais dans l'esprit
26:58je pense que je vais le faire
26:58un jour
26:59de faire l'intégrale
26:59ça fait quand même
27:00ça fait quand même
27:03200-300 chansons
27:05quand même
27:06si jamais on les laisse
27:06comme ça
27:07elles sont perdues
27:08il faut trouver une chorale
27:09pour les enregistrer
27:10ou alors un ensemble vocal
27:11et un piano
27:12mais même s'il n'y a plus
27:13les orchestrations
27:13faire vivre les chansons
27:14parce qu'il y en a
27:15qui sont
27:17voilà
27:17mais c'est frustrant
27:18de faire des chansons
27:19pour deux soirs
27:22est-ce que la vie
27:24d'une chanson
27:24c'est pas ça
27:26c'est pas toucher en direct
27:27le coeur des gens
27:29ça y va
27:30ça y va pas
27:31en même temps
27:32ces contes musicaux
27:33c'est une façon
27:33de sauver un patrimoine
27:35et de mettre en valeur
27:36une ville
27:37Saint-Nazaire par exemple
27:39est mise en valeur
27:39à travers ce conte musical
27:41le romanier
27:42oui oui
27:45ça je
27:45oui c'est
27:47plein d'aventures
27:48et puis
27:51on rencontre
27:52alors quand on va chanter
27:53son spectacle
27:55on rencontre un public
27:56qui est content
27:56qui vient
27:57qui est acquis
27:57ou qui découvre
27:58c'est merveilleux
28:00quand on va comme ça
28:02s'implanter un petit peu
28:03dans une ville
28:04on rencontre des gens
28:05formidables
28:05des chefs de coeur
28:06des musiciens
28:09des profs
28:10des incises
28:10des salles
28:12des émotions
28:15des enthousiasmes
28:16j'ai une chance
28:17enfin vraiment
28:19à chaque fois
28:20je me réveille
28:20j'ai une chance inouï
28:21de faire ce métier
28:22c'est fabuleux
28:23alors justement
28:23pantin pantine
28:24que vous évoquiez
28:25on va en écouter un extrait
28:43le petit bal des vélos cassés
28:45dans un pantin pantine
28:46que vous avez signé
28:47avec Alain Lepresse
28:50là aussi
28:50c'est une aventure
28:51tout à fait
28:53insolite
28:53oui
28:55c'est une aventure
28:55c'est
28:56c'est Gérard Lefebvre
28:58qui dirigeait
28:59qui était
29:01bassoniste solo
29:02à l'Orchestre de Lyon
29:02qui dirigeait
29:03le conservatoire
29:03de Bourgogne-Jalieu
29:04qu'il avait créé
29:05un petit peu
29:05où sont nés d'ailleurs
29:06Frédéric Dard
29:07et Guy Savoie
29:08à Bourgogne-Jalieu
29:09exactement
29:09et puis
29:11donc on n'y fait pas
29:12que du rugby
29:12à Bourgogne-Jalieu
29:13et donc
29:15résidence là-bas
29:17et
29:18il nous demande
29:19un opéra
29:20pour enfants
29:21donc
29:21je demande
29:23je demande
29:24à Lebreste
29:26je travaillais beaucoup
29:27avec lui
29:27à l'époque
29:27de faire ça
29:29alors voilà
29:30ce truc-là
29:32qui a eu la chance
29:32d'être enregistré
29:33parce que
29:33après
29:34c'est comme le Pinocchio
29:35de tout à l'heure
29:36que j'évoquais
29:37il a été enregistré
29:38avec Pierre Perret
29:39dans le rôle
29:40avec plein de gens
29:42mais
29:42Port-à-Portine
29:43a été enregistré
29:44et très bien enregistré
29:47avec Jean-Louis Tratignan
29:48comme récitant
29:48et c'est ça
29:49la première étape
29:50c'est l'enregistrement
29:50et ensuite
29:52on a fait l'enregistrement
29:53et on se rend compte
29:53le presse se rend compte
29:54que les chansons
29:55on se rend compte tous
29:56qu'il faut faire un lien
29:58donc il écrit dans la nuit
29:59le lien
30:01entre toutes les chansons
30:06Tratignan accepte
30:06de venir faire ça
30:07et je me souviens
30:08de la séance d'enregistrement
30:09où on s'était dit
30:10alors les seules remarques
30:11à Tratignan
30:12c'est le presse
30:13qui les faits
30:13dans le studio
30:16pour pas qu'il y ait
30:17des informations différentes
30:18et que ce soit
30:20et le travail
30:22d'équilibriste
30:24et de l'humilité
30:25de Tratignan
30:27disant
30:28mais oui
30:28je vais le faire plus
30:28comme ça
30:29comme tu veux
30:29c'était un moment
30:31de pur délice
30:32et c'est vrai
30:33que c'est un classique
30:34aussi
30:34par Tampantine
30:36qu'on reprend
30:37aujourd'hui régulièrement
30:38jusqu'au Canada
30:39on joue par Tampantine
30:40oui
30:40ça a été joué
30:42ça a été repris
30:43et
30:46Frédéric Brin
30:47qui est l'éditeur
30:48et le producteur du disque
30:50qui est parti dans l'aventure
30:52et tout ça
30:53et qui avait
30:55qui était le fils
30:56de Jean Dréja
30:56avec qui j'ai fait
30:58d'autres projets
30:59pour Jean
31:00et avec Jean aussi
31:01après
31:03voilà
31:03c'est lui qui a
31:04c'est une chance inouïe
31:06qu'il ait suivi ce projet
31:07et ça continue
31:08et il continue
31:08à le faire rééditer
31:09le disque continue à exister
31:11il se bat avec
31:11et le point de départ
31:13de l'idée
31:13je crois que c'est
31:13la mort de Coluche
31:15c'est ça oui
31:16alors c'est une histoire
31:17un peu
31:18un peu bête
31:19mais
31:20au départ
31:21le Pantin Pantine
31:22il y a une chanson
31:24qui s'appelle
31:25Adieu Pantin
31:27parce qu'au départ
31:27c'était Tchao Pantin
31:29c'est à dire que c'était
31:29en fin de compte
31:30qu'est-ce que laisse
31:31quelqu'un
31:32quand il s'en va
31:33quand il disparaît
31:35l'accident de moto
31:36l'accident de vélo
31:37le vélo cassé
31:39là c'est un gamin
31:40qui meurt
31:42et qui
31:42qui avait une belle parole
31:43et qui laisse la parole
31:44et les enfants autour
31:46cela
31:47la fructifie
31:48enfin ils se battent un peu
31:49pour y arriver
31:51c'est un peu l'image
31:53et je pense que
31:54les ayants droit
31:54de Coluche
31:56ont dit
31:56si jamais vous montez ça
31:57on attaque
31:58oui
31:59ça s'est pas fait
32:00ça s'est pas fait
32:01on s'est pas fait
32:02et donc on a changé
32:04on a changé
32:05ils n'avaient plus
32:07un truc de clown
32:08sur le nez
32:09et plus aucune référence
32:11à Coluche
32:12et en fin de compte
32:13ça n'a pas desservi
32:14l'oeuf
32:14puisque ça continue à être joué
32:15et vous continuez vous aussi
32:17malgré une chanson
32:18que vous avez interprétée
32:19dont le titre
32:20ne vous correspond pas
32:21je t'aime en fil
32:22ses chaussons
32:23la mourgette
32:24ses paillassants
32:27et la tête tourne
32:28soudain
32:29à relire
32:30le papier peint
32:31où mille fois
32:31les chats sortent
32:32c'est pas du tout
32:33pour vous
32:34Romain
32:35non
32:36c'est à dire que
32:37je me dis toujours
32:38comme j'ai pas
32:40le jardin
32:41je trouve ça joli
32:42mais de là
32:43à m'en occuper
32:43c'est pas
32:44la philatélie
32:45pas trop
32:46la pêche
32:48j'ai rien contre
32:50mais je comprends pas
32:51donc
32:53la musique a toujours été
32:54pour moi
32:55façon extraordinaire
32:56de gagner ma vie
32:57et aussi
32:58c'est mon hobby
33:00je continue mon hobby
33:01et cette retraite
33:03je l'ai choisie
33:03parce que vous l'avez
33:04interprétée
33:05le 4 septembre 2021
33:06à la maison de la culture
33:08de Venelle
33:09qui a été baptisée
33:10maison de la culture
33:11Alain Leprest
33:13c'est ça
33:16et
33:17et
33:18je chantais
33:19ce 7 juin
33:21le dernier
33:22à Venelle
33:24justement
33:26ils fêtaient
33:27les 30 ans
33:28et
33:29il y a eu la remise
33:30d'un portrait
33:31de Leprest
33:32donc
33:32j'étais très proche
33:34de Leprest
33:34il y a quelques jours
33:35mais c'est fou
33:36parce que moi
33:36j'ai interviewé une ou deux fois
33:37Alain Leprest
33:38de façon très gentille
33:39parce que c'était
33:40quelqu'un de très doux
33:41et je crois qu'il est
33:42presque plus connu
33:43depuis son départ
33:44que de son vivant
33:46oui
33:48il s'appelait
33:50lui le chanteur
33:50le plus connu
33:52des chanteurs méconnus
33:53il était
33:55tout le monde
33:56tout le métier
33:56savait que c'était
33:58un des meilleurs
33:59si ce n'est le meilleur
34:00tout le monde le savait
34:01et quand on a
34:02et quand
34:03Didier Pascalis
34:04son producteur
34:05à l'époque
34:06avait décidé
34:07de faire
34:07de faire
34:08des albums
34:10moi au piano
34:11je recevais
34:12les gens
34:13j'ai reçu
34:14Adamo
34:15Igelin
34:15Fuguin
34:16Hervé Villard
34:18de son vivant
34:19le presse était là
34:20et les gens venaient
34:21chanter
34:22Alain Leprest
34:23tout le monde savait
34:24que c'était
34:24quand on a
34:25quand on a fait
34:26un Bataclan
34:27ou
34:28Lille de la Fernandez
34:29tout le monde est venu chanter
34:30le presse
34:31le presse là
34:34pour un chanteur
34:35méconnu
34:36du grand public
34:37c'était
34:38c'est incroyable
34:39l'album symphonique
34:40qu'on a fait
34:41qu'on a commencé
34:42à faire
34:42du vivant
34:42de Leprest
34:43on l'a terminé
34:44en 2011
34:45après sa mort
34:46et c'est pareil
34:49il n'était
34:50pas connu
34:51du grand public
34:53mais tout le monde
34:54savait dans ce métier
34:55que c'était
34:55le plus grand
34:56comment expliquer
34:57justement
34:57est-ce que c'est
34:58sa discrétion
34:59est-ce que c'est
35:00sa vie particulière
35:01pour qu'on ne le connaisse
35:03pas à sa juste
35:03démesure
35:04je pense que c'est
35:07l'époque
35:07qui veut ça
35:08je pense que
35:09d'abord
35:09je pense que c'est
35:10l'époque qui veut ça
35:12et je pense que
35:12Leprest était un peu
35:13fâché avec la musique
35:14c'est-à-dire que
35:16la musique était
35:17il la sentait
35:19terriblement
35:20mais c'était quand même
35:20un mal nécessaire
35:21à la chanson
35:22c'est-à-dire qu'il aurait eu
35:25le même feeling
35:27musical
35:27que Gainsbourg
35:28que Brel
35:31que tous ces gens
35:33qui portaient des textes
35:36magnifiques
35:37et enthousiasmants
35:38et voilà
35:39ce que Leprest avait
35:40cette foule là
35:41il fallait le voir sur scène
35:42sur scène
35:43c'était terrassant
35:45sur disque
35:46j'ai fait beaucoup
35:47des arrangements
35:48de Leprest
35:48j'ai cherché
35:49plein de formules
35:49j'ai fait plein d'albums
35:50c'est compliqué
35:51parce que
35:52maintenant faire découvrir
35:53à un jeune
35:54Alain Leprest
35:55paradis
35:55c'est pas facile
35:56en tout cas
35:57vous continuez
35:58avec votre enthousiasme
35:59habituel
36:00et on va évoquer
36:01cet album
36:02sorti le 1er mai
36:032026
36:04à tout de suite
36:04sur Sud Radio
36:05avec Romain Didier
36:06Sud Radio
36:07les clés d'une vie
36:08Jacques Pessis
36:09Sud Radio
36:10les clés d'une vie
36:11mon invité
36:12Romain Didier
36:13on a évoqué
36:13votre passé
36:14toutes les chansons
36:16que vous avez réalisées
36:17notamment avec
36:17Alain Leprest
36:18aux opéras
36:19pour enfants
36:19et puis
36:201er mai 2026
36:21un nouvel album
36:22qui s'appelle
36:23La buée des miroirs
36:24c'est justement le titre
36:25de l'une des chansons
36:49La buée des miroirs
36:50c'est vrai que
36:51c'est un titre étrange
36:53oui
36:55c'est un titre étrange
36:55c'est-à-dire que
36:56après c'est
36:58quand on se regarde
36:59dans le
37:00le côté flou
37:02le côté de
37:02flou
37:03de miroir
37:04comme ça
37:04la buée commence
37:05à s'en aller
37:05et puis la silhouette
37:06revient
37:08moi ça évoque
37:09tout ce qu'on a
37:09en mémoire
37:11tout ce qui
37:12on a quelque chose
37:13de net
37:13et puis voilà
37:14c'est votre côté
37:15flou chante
37:15en quelque sorte
37:17c'est le côté flou chante
37:18alors oui
37:18alors c'est vrai
37:19que c'est le premier album
37:20depuis 4 ans
37:22il fut un temps
37:23où vous aviez un album
37:24tous les ans
37:24et là il a fallu
37:25attendre 4 ans
37:26pour ce nouvel album
37:27Romain Didier
37:27mais c'est mieux
37:27que le précédent
37:28où j'ai attendu 10 ans
37:29oui
37:29entre de loin
37:31on aurait cru
37:31des oies
37:32qui est sorti en 2011
37:34et l'album
37:36et l'album
37:37Souviens-moi
37:37qui a suivi
37:38la gentillesse
37:39de m'inviter
37:39c'était
37:41il s'est passé
37:419 ou 10 ans
37:42mais c'est parce que
37:43je fais beaucoup de choses
37:45à côté de ça
37:46et que de temps en temps
37:47il faut que je me rappelle
37:48que je suis un chanteur
37:50qui fait des chansons
37:51et qui est
37:52je suis un auteur
37:52compositeur interprète
37:53voilà
37:54et donc
37:55donc j'ai décidé
37:56de resserrer un petit peu
37:57et de ne pas attendre encore
37:59par contre
38:01par contre
38:03je fais de la musique
38:05pratiquement
38:05ou j'orchestre
38:06ou j'écris
38:07toute la journée
38:08je fais de la musique
38:11pratiquement tout le temps
38:13mais le texte non
38:14la musique
38:15l'outil reste affûté
38:18et écrire des textes
38:19en chansons
38:20qui est un format
38:20quand même très particulier
38:21et là il faut se remettre
38:23il faut remettre
38:24le muscle d'athlète
38:24en route
38:27et moi
38:29c'est beaucoup plus douloureux
38:30et beaucoup plus lent que ça
38:31donc
38:31pour faire cet album
38:33si je voulais le faire assez vite
38:35il fallait que je m'entoure
38:36d'auteur
38:38et justement
38:39on en revient
38:40à ce qui s'est passé
38:40à Saint-Nazaire
38:41vous avez travaillé
38:42avec Gilles Chauvet
38:43qui est un guitariste
38:45au départ
38:45qui a écrit
38:45beaucoup d'albums
38:46je crois qu'il a même fait
38:47un album produit
38:48par le Crédit Agricole
38:50c'est assez étonnant
38:51et vous vous êtes retrouvé
38:52pour cet album
38:53on s'est retrouvé
38:54d'abord
38:54on s'est connu
38:55autour d'une commande
38:56je citais
38:59une commande
39:00de la maîtrise
39:01de la Loire
39:03après sur un projet
39:04où je l'ai fait écrire
39:05pour un truc
39:07pour un grand festival
39:08de chorale
39:10on s'est retrouvé
39:11il en a écrit beaucoup
39:12on a écrit des contes
39:13et j'aime beaucoup
39:14beaucoup son écriture
39:15et à chaque fois
39:16c'est un auteur
39:17avec qui
39:18il est facile d'écrire
39:19parce que
39:21parce que pas plus
39:22que pour moi
39:22les notes
39:22les mots
39:23on peut l'échanger
39:24ça ne dérange pas
39:25voilà
39:26donc
39:26il ne tient pas forcément
39:27on peut évoluer
39:29on peut échanger
39:31et
39:32on écrit vite
39:34et
39:35puis si on n'est pas content
39:36on laisse
39:36on en fait une autre
39:37c'est simple
39:39vous avez fait ensemble
39:40des opéras
39:40en Moselle
39:41en Lorraine
39:42au Havre
39:42un peu partout
39:43oui
39:45et il y a même une chanson
39:46dans cet album
39:46qui évoque ces opéras
39:48c'est peut-être la seule
39:49rien
39:51il ne faut plus rien
39:54abandonne la pensée
39:56qui vient
39:59laisse-la
40:00sur le bord
40:02du chemin
40:07comme un chant grégorien
40:08c'est Mlle Moselle
40:10je crois
40:11ça
40:11c'est peut-être
40:13la seule chanson
40:14des opéras
40:14qui est enregistrée
40:15c'est ça
40:18je trouve qu'elle finissait bien
40:19l'album
40:19et puis j'aime beaucoup
40:20cette chanson
40:20j'aime bien ce qu'elle raconte
40:21j'aime bien
40:23cette recherche
40:24de la ligne droite
40:26du simple
40:27et puis faire une chanson
40:28sur une note
40:31ça me plaisait bien
40:32mais voilà
40:33je suis sensible
40:34à un auteur
40:35pour moi
40:36il faut qu'il me mette
40:37dans ma bouche
40:38ce que j'aurais pas pensé
40:42j'aurais pas pensé
40:42le dire comme ça
40:43et puis
40:44ça me touche
40:47et j'avoue
40:48qu'avec Gilles
40:48c'est réussi
40:49à chaque fois
40:50oui c'est une complémentarité
40:51en plus Mlle Moselle
40:53on a un public
40:53en Moselle
40:54est né le lièvre de Pâques
40:55le lapin de Pâques
40:56qui est une tradition
40:57pour les enfants
40:58et bien au départ
40:59c'était un lièvre
41:00dans la tradition
41:01de la Moselle
41:02et c'est devenu un lapin
41:03un puce
41:04dans toute la France
41:04en ville
41:05oui c'est ça
41:06et c'est vrai
41:06mais il faut justement
41:07rebondir sans arrêt
41:09que ce soit pour un opéra
41:10ou des chansons
41:11avec Gilles Chauvet
41:11il faut rebondir
41:13en permanence
41:15oui
41:17il faut rebondir
41:18c'est-à-dire qu'il faut
41:21après c'est compliqué
41:22de faire des
41:23je pense que c'est difficile
41:24ça pourrait être difficile
41:25pour un auteur
41:27de mettre des mots
41:29pour un chanteur
41:29qui existe déjà
41:30depuis pas mal d'années
41:32pour qu'il ne soit pas redondant
41:35et pour moi ça a amené
41:36oui donc c'était de discuter
41:38puis il me connait assez bien maintenant
41:39et je pense qu'il a
41:42oui il faut rebondir
41:43il faut être vivant
41:44surtout qu'on ne le sait pas assez
41:47Romain Didier
41:47vous avez fait beaucoup de chansons
41:49beaucoup d'albums
41:50vous êtes un des compositeurs
41:53les plus prolifiques
41:54même si on ne le sait pas toujours
41:55à force
41:56à force
41:57on a sorti
42:00EPM a sorti
42:01un coffret
42:02avec
42:03un coffret
42:04avec toutes mes chansons enregistrées
42:08donc ça en fait pas mal quand même
42:10mais c'est ça pour moi
42:11et puis si je rajoute
42:12celle que j'ai faite pour d'autres
42:13et les comptes musicaux
42:14et ça fait beaucoup de chansons
42:15mais à chaque fois
42:16il faut se renouveler musicalement
42:18oui alors il y a
42:19oui
42:19ben oui
42:21ça vient tout seul
42:21ou il faut chercher
42:24pour moi c'est
42:26j'ai un contact
42:27très sensuel
42:29avec le texte
42:30c'est à dire que
42:31je peux
42:33une chanson
42:34je l'écris en 5 minutes
42:34la musique
42:36directement
42:36ah ben oui
42:37c'est à dire que je mets le texte
42:39je mets le texte
42:39et
42:40alors c'est pas forcément
42:41les 5 premières minutes
42:41qui vont être bonnes
42:42mais au bout de 5 minutes
42:43si je commence à chercher
42:44à bafouiller
42:45il faut que j'aille
42:45faire autre chose
42:47et je me remets
42:47et
42:49et voilà
42:49et ça vient
42:50après je peux peaufiner
42:51arranger un peu
42:52mais
42:54moi je fais comme ça
42:55c'est un travail
42:56c'est un travail
42:57de sprint
42:59l'orchestration
43:00c'est un travail
43:00c'est un marathon
43:02mais
43:02moi je connais
43:03Yves Gilbert
43:04le compositeur de Serge Lama
43:05lui aussi
43:06lui donne un texte
43:07et la musique
43:07naît immédiatement
43:09Napoléon
43:09il avait oublié
43:10qu'il devait rendre
43:10le texte
43:12les musiques
43:12et en 2 jours
43:13il a composé totalement
43:15les musiques de Napoléon
43:16oui
43:19honnêtement
43:19ça ne m'étonne pas
43:22parce que
43:23le texte
43:24l'émotion
43:24alors après
43:25c'est les doigts
43:25qui travaillent
43:26enfin chez moi
43:26les doigts travaillent
43:27tout seuls
43:28en même temps
43:28vous êtes un mélodiste
43:29et aujourd'hui
43:31beaucoup disent
43:32ne fait plus des mélodies
43:33mais on fait des sons
43:35oui
43:38oui enfin
43:39oui
43:40bien
43:40oui
43:40alors on peut se
43:42on fait plus
43:43on fait de moins en moins
43:45d'harmonie
43:45oui
43:45donc
43:47moi j'écris
43:48ce que je fais d'abord
43:50j'écris d'abord
43:51les harmonies
43:52c'est à dire que
43:52je suis sensible
43:53aux suites harmoniques
43:55et sur la suite harmonique
43:57la mélodie naît
43:58ce qui fait que
43:59comme beaucoup
44:00de chansons de pianistes
44:02elles sont difficilement
44:03chantables
44:04à cappella
44:04c'est à dire
44:05si ce n'est pas sous-tendu
44:06si ça n'appuie pas
44:07sur un matelas harmonique
44:09c'est un peu difficile
44:11le guitariste a plus de chance
44:13pour ça souvent
44:13parce que c'est
44:15quelques accords
44:16le piano
44:16il y a toujours des trucs
44:17des machins
44:17et puis plus on joue de piano
44:18plus on prend le
44:22plus on prend le
44:24plus ce qu'on appelle
44:25le plus fin
44:26donc voilà
44:26plus ça devient compliqué
44:28mais
44:29c'est vrai que les mélodies
44:30c'est quand même
44:32important non ?
44:32plus que des sons
44:34oui
44:34c'est pas inquiétant
44:35qu'il y ait plus de sons
44:36que de mélodies aujourd'hui
44:38il y a des choses
44:38des gens plus inquiétantes
44:39sur terre ces temps-ci
44:40mais
44:42je crois
44:43que c'est
44:44c'est comme ça
44:47et puis dans votre album
44:48Romain Didier
44:49il y a quand même un duo
44:50un duo inattendu
44:51et heureux
44:52je t'aime toi
44:54tu m'aimes moi
44:56on s'aime nous
44:58beaucoup
45:00on sait pas
45:03pourquoi ça
45:05match autant
45:06ce chou
45:07d'apocalypse
45:08en calypso
45:09avec Isabel Maillero
45:10et c'est vrai
45:10que Isabelle Maillero
45:11bon
45:11elle a écrit
45:12quelques chansons
45:13pour Marie-Paul Bell
45:14mais elle se faisait rare
45:15ces derniers temps
45:16bah oui
45:16alors c'est
45:17à chaque fois que je la vois
45:18je lui dis
45:19faut que tu fasses un album
45:19faut que tu fasses un album
45:21je lui dis
45:21faut que tu fasses un album
45:22et quand j'ai écrit
45:24quand j'ai eu l'idée
45:25de faire un album
45:27j'ai téléphoné à Isabelle
45:28en lui disant
45:28écoute
45:29je te mets pas de pression Isabelle
45:30mais si jamais
45:31si jamais tu as un texte
45:32que voilà
45:33je vais faire un nouvel album
45:34et j'aurais pas le temps
45:37avec sa petite voix
45:38elle m'a dit
45:38oui d'accord
45:40et puis
45:41on s'est rencontrés
45:43pour une mauvaise occasion
45:44malheureusement
45:45c'était pour le décès
45:47de Jean-Guy Denis
45:48il y a quelque temps
45:49on s'est retrouvés
45:51et là
45:52on était au boire un verre
45:54ou je sais plus
45:55puis elle m'a donné
45:56un texte
45:57en me disant
45:58je trouve ça un petit peu
45:59je trouve ça un petit peu ado
46:00je trouve ça un petit peu ridicule
46:01mais bon
46:02et tout ça
46:04donc j'ai pris le texte
46:05et je l'ai mis en musique le soir
46:07et donc
46:08et donc
46:09je l'ai
46:09et j'ai dit à Isabelle
46:10ok mais on le fait en duo
46:11et elle a accepté
46:12et elle a accepté
46:13et là je la travaille au corps
46:14si je peux
46:15pour qu'elle fasse un album
46:16c'est fou
46:17elle a commencé
46:18sa carrière
46:19elle a envoyé
46:20une cassette
46:21au disque à Z
46:21dont le directeur artistique
46:23c'était Jacques Bedos
46:23qui a écouté
46:24et qui a dit
46:25oui
46:25on peut plus imaginer ça
46:26aujourd'hui
46:27en m'a dédié
46:28c'est sûr
46:29c'est autre chose
46:30mais la particularité
46:31de
46:33la particularité
46:34d'Isabelle
46:36c'est que
46:37elle joue de la guitare
46:38elle joue bien de la guitare
46:41elle chante bien
46:43elle a une voix
46:44de chanteuse de blues
46:47discrète
46:48on entend
46:50toute la bouche
46:52quand elle chante
46:53c'est comme ça
46:53et pour moi
46:54c'est comme Philippe Lafontaine
46:56à l'époque
46:56c'est quelqu'un
46:57on peut lui mettre
46:58un micro
46:59et brancher une guitare
47:00elle peut faire un album
47:02ça swing
47:02c'est joliment chanté
47:04la voix
47:05est formidable
47:05je comprends pas
47:06qu'elle en fasse plus
47:07que pop
47:08écoutez
47:08je pense qu'on le veut
47:10qu'elle vous écoute
47:10et en attendant
47:11évoquons cet album
47:12avec une autre chanson
47:13brocante
47:31cette chanson évoque
47:33les 33 tours
47:33les 45 tours
47:34les vinyles
47:35de nouveau à la mode
47:36aujourd'hui
47:36qu'on trouve dans les brocantes
47:39oui je pense qu'il y a
47:40un retour
47:41on a tous la nostalgie
47:42de quelque chose
47:43ou du temps passé
47:45et moi c'est vrai
47:47que les brocantes
47:50je peux pas voir un objet
47:51sans imaginer
47:52quelle a été sa vie
47:54on trouve joli
47:55un chandelier
47:56on joue un truc
47:57et je trouve que
47:58le texte de Gilles
48:00est très évocateur
48:01là dessus
48:02qui s'est assis
48:03sur ce fauteuil
48:04à fumer une cravenne
48:06on imagine
48:09le petit plateau
48:10en marbre
48:12le violon
48:12qui est là
48:13il a été joué
48:15ça me touche beaucoup
48:16et ce qui nous touche aussi
48:17c'est cette chanson
48:18Laissez une trace
48:19faites-moi penser
48:20de ne pas oublier
48:21de laisser une trace
48:23donner mon blase
48:25à un gymnase
48:26à une impasse
48:27à un sentier
48:29une cuvée
48:30pas dégueulasse
48:31à un insecte
48:33une comète
48:34une plante grasse
48:36un virus
48:36à un autobus
48:39voire à un schlase
48:41une friandise
48:42vous avez envie
48:42de laisser une trace
48:44Romain Didier
48:45honnêtement
48:45j'y pense pas
48:46j'y pense juste
48:47quand on décrit
48:47cette chanson là
48:48pour moi la chanson
48:49c'est
48:51elle est utile
48:52en temps
48:53c'est une époque
48:55où on écoute
48:56des podcasts
48:57où on a des CD
49:00où on est vinyle
49:01et machin
49:02mais pour moi
49:02la chanson
49:03elle est faite
49:04pour aller de la bouche
49:05à l'oreille de quelqu'un
49:07en temps réel
49:09donc
49:12si les gens chantent
49:13des chansons
49:15j'imagine pas
49:16que les gens chantent
49:17mes chansons
49:18quand je serai plus là
49:18peut-être qu'il y en aura
49:19je ne sais rien
49:20mais c'est pas une recherche
49:22mais vous imaginiez
49:24au départ
49:24quand vous avez commencé
49:25d'être aussi prolifique
49:26de faire un tel parcours
49:28Romain Didier
49:30honnêtement
49:31non
49:32on a un projet
49:33moi parmi tout
49:34j'ai plein de projets
49:35il faut
49:35j'ai plein de projets
49:36ça n'arrête pas
49:37du truc absolument
49:38qui sont peut-être
49:39l'objet d'une nouvelle rencontre
49:40mais qui sont assez épatants
49:42notamment avec la bande dessinée
49:44c'est assez curieux
49:45et
49:46je
49:47non non
49:47je
49:48je
49:49je
49:50je
49:50je ne pensais pas
49:51on est en train d'écrire
49:52on imagine d'écrire un livre
49:54autour de mon parcours
49:55et je me dis
49:56oui mais peut-être pas très intéressant
49:57et puis
49:58en tirant des fils
49:59comme ça on rend compte
50:00qu'il y a plein de choses
50:01plein de belles expériences
50:03donc ça ce sera
50:03pour notre prochaine émission
50:05pour un rendez-vous
50:05dans les clés d'une vie
50:06j'espère
50:07en tout cas en attendant
50:08il y a cet album
50:09La Buée des Miroirs
50:10où vous êtes fidèle
50:11à votre tradition musicale
50:13à votre talent
50:13on vous remercie
50:14les fans qui vous aiment
50:16toujours autant
50:16les nouvelles générations de fans
50:18parce qu'il y en a une nouvelle génération
50:20apprécieront cet album
50:20et merci Romain Didier
50:21merci à vous Jacques
50:22merci les clés d'une vie
50:23c'est terminé pour aujourd'hui
50:24on se retrouve bientôt
50:25restez fidèles
50:26à l'écoute de Sud Radio
50:27à l'écoute
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