- il y a 7 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Natacha Polony, candidate à la présidentielle, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05Déclaration de candidature de Natacha Polony, bonjour.
00:08Bonjour.
00:09Après on verra si vous êtes candidate à l'élection présidentielle, si vous avez vos signatures et si vous vous
00:13présentez sur la ligne de départ.
00:16Ne vous inquiétez pas.
00:17Mais c'est pas une inquiétude, ça nourrit le débat que vous êtes là.
00:21Mais vous avez raison, pour l'instant, personne n'est officiellement candidat puisque personne n'a pour l'instant ses
00:26signatures.
00:27Ce sera acté au mois de février.
00:30Alors, est-ce qu'on est, Mourad le disait il y a quelques minutes, est-ce qu'on est aux
00:35frontières, au bord de la guerre civile dans le pays ?
00:38Alors, nous sommes face à un effondrement d'absolument toutes les structures de l'État.
00:43Et c'est profondément inquiétant et c'est le résultat de 30 ans de dérive.
00:48Il faut bien en avoir conscience.
00:49Ce que nous voyons là, c'est un peu le syndrome de la maison qui a été attaquée par les
00:53termites.
00:53Ça tient jusqu'au moment où ça craque complètement.
00:56C'est ça que nous voyons aujourd'hui.
00:57Vous ne dites pas, ce n'est pas les 10 ans de macronisme, vous remontez sur 30 ans.
01:00Mais non, bien sûr.
01:01Emmanuel Macron s'inscrit dans une logique.
01:03Il est la continuité de politiques.
01:06Ce sont des politiques globales et, en effet, l'accélérateur.
01:09Mais c'est pour ça que le danger, ce serait d'être coincé dans le court terme.
01:13Il y a des réponses de court terme à apporter aux crises qui se manifestent là.
01:18Mais ça ne suffira pas.
01:20C'est-à-dire que, justement, l'enjeu de cette élection présidentielle, c'est de réussir à se projeter dans
01:25le long terme.
01:25C'est-à-dire de dire aux Français comment on sort de cet état de crise permanent et comment on
01:31rend à la France sa grandeur dans les 10 ans, dans les 15 ans, dans les 20 ans à venir.
01:35C'est ça, ce à quoi devraient se consacrer les candidats à l'élection présidentielle et que, moi, je n
01:41'entends pas.
01:41Et c'est pour ça que je suis candidate.
01:43C'est parce que je veux proposer aux Français une vision de ce que nous serons dans 10 ans, dans
01:5020 ans.
01:50Oui, mais là, la réponse, c'est plutôt à ce week-end.
01:53C'est comment on évite le chaos ?
01:55C'est pour ça que je vous ai dit les deux.
01:56Oui.
01:56Et alors, comment ?
01:57Est-ce que c'est avec le RAID, le GIGN, la BRI ?
02:00Premier point.
02:01Avec les Centaures, avec la France Sentinelle ?
02:04Premier point.
02:05Il y a eu une défaillance.
02:07Il y a eu une défaillance.
02:09Est-elle une façon...
02:10Alors, est-ce que c'est une défaillance des services de renseignement ?
02:13En général, les services de renseignement ne se trompent pas.
02:16En revanche, on ne lit pas forcément correctement les alertes qu'il donne.
02:20Ça, c'est le premier point.
02:21Deuxième point.
02:22Le Premier ministre a dit devant la représentation nationale hier qu'il y avait eu un schéma insurrectionnel.
02:30Les mots sont extrêmement forts.
02:31Un schéma insurrectionnel qui était donc établi.
02:36C'est ce qu'il dit.
02:38Soit c'est vrai et ça justifie les interdictions de manifester
02:42et donc la limitation d'une liberté essentielle qui est celle de manifester.
02:47Parce que la démocratie doit être protégée et donc les institutions doivent être protégées.
02:52Mais dans ces cas-là, il faut qu'ils fournissent les preuves.
02:54Pourquoi ?
02:55Parce que s'il y a exagération,
02:58s'il y a en fait communication autour de quelque chose qui n'est pas établi,
03:03alors c'est extrêmement grave.
03:05Pourquoi ? Parce que ça signifierait la tentation de limiter les droits des citoyens à manifester
03:14et donc une forme d'illibéralisme.
03:17Donc ce que j'attends du Premier ministre,
03:19c'est qu'il fournisse les preuves exactes de ce qu'il a avancé.
03:23Et derrière, c'est la seule condition pour que nous puissions apaiser les choses.
03:27Derrière, les manifestations qui vont venir doivent être gérées correctement.
03:32Nous avons les moyens, c'est simplement que les moyens n'ont pas été mis la dernière fois,
03:36qu'il n'y a pas eu d'anticipation.
03:38Enfin, dernier point, nous devons adapter notre réponse pénale
03:43et notre réponse sécuritaire aux nouvelles formes d'action,
03:47c'est-à-dire ces pillards que nous voyons.
03:49Alors la loi Payeur-Casseur est en discussion,
03:51il y a d'autres propositions.
03:53En revanche, ce qui manque derrière,
03:55ce qui nous manque,
03:56c'est l'ensemble de la chaîne qui permet de punir tout de suite
04:00ceux qui se livrent à des déprédations.
04:02Je prends un exemple.
04:04Aux Pays-Bas, vous avez des petites peines de prison
04:07qui sont exécutées immédiatement, très courtes.
04:1015 jours, parce qu'il faut que la loi s'applique immédiatement.
04:15Je crois que nous devons mettre ça en place.
04:17Ça nécessite évidemment une politique de moyen et long terme
04:21sur la construction de places de prison,
04:22parce que nos prisons sont dans un État absolument scandaleux,
04:26et parce qu'il n'y a eu aucun investissement de l'État pendant des années.
04:29Mais vous voyez, vous avez donc l'immédiateté,
04:32et dans l'immédiateté, j'ajoute une chose,
04:34il n'y a pas que la réponse sécuritaire.
04:36Nous avons une crise lycéenne qui a été laissée,
04:40on a laissé pourrir ce mouvement,
04:42au lieu de répondre aux lycéens,
04:44ce qui était possible.
04:45La crise des carburants aussi.
04:46Nous avons un mouvement social.
04:48Moi, j'étais au milieu des manifestants samedi dernier,
04:51en Avignon,
04:51et ce que j'ai vu, c'est des aides-soignantes,
04:54des infirmières qui disaient,
04:55nous ne vivons plus de notre travail,
04:57nous ne pouvons plus nous déplacer.
04:58Et ça, on ne peut pas ne pas y répondre.
05:01Il y a des solutions.
05:02Une TI-PCE flottante, par exemple,
05:05c'est-à-dire une taxe sur les produits pétroliers
05:06qui s'adapte au prix,
05:08et donc qui amortit les crises extérieures,
05:11c'est le minimum.
05:11Il y a la contribution écologique aussi,
05:12qui est fléchée vers l'écologie.
05:14C'est 17 euros à peu près aux entours.
05:18La contribution écologique,
05:19elle joue un rôle derrière pour nos industriels,
05:23parce qu'elle permet, par exemple,
05:25d'équiper en pompe à chaleur.
05:27Et si vous discutez avec des industriels,
05:29des pompes à chaleur,
05:29ou même avec des industriels de l'automobile,
05:31ils vous disent que ça,
05:33en revanche,
05:34il ne faut y toucher qu'avec une main tremblante,
05:36parce que ça permet petit à petit
05:38à des entreprises qui produisent
05:40sur le sol français,
05:41j'y insiste,
05:42de tenir.
05:43Donc, ce n'est pas là-dessus
05:44que moi, j'estime qu'il faut agir,
05:46c'est plutôt sur ce qu'on appelle l'accise,
05:49la taxe sur les produits pétroliers.
05:51Ça, c'est plus efficace,
05:52c'est plus immédiat.
05:53J'ai une midinette,
05:53j'ai presque envie de voter pour vous, moi.
05:56Bienvenue !
05:56Bienvenue !
05:57J'ai une midinette.
05:57J'ai quelqu'un à côté de moi qui parle,
05:59je suis là, genre,
06:00tiens, elle a raison, elle a raison.
06:01Elle parle comme ultra-gauche.
06:03On en discute pas tout à l'heure.
06:04Alors, comme ultra-gauche, non,
06:06mais j'essaye de prendre en compte
06:08la demande des Français,
06:09et quand vous écoutez les Français aujourd'hui,
06:12ils vous demandent bien sûr
06:13l'ordre républicain.
06:15Non, non, non, excusez-moi.
06:17Regardez ceux qui sont en tête.
06:18Je vais vous donner un exemple.
06:21Demandez-vous pourquoi,
06:22moi, je peux aller avec les Gilets jaunes
06:25dans une manifestation,
06:27discuter, échanger, les écouter.
06:29Elle est venue un jour,
06:29elle est venue à traverser
06:30une manifestation sur le rail
06:31à côté du ministère des Transports.
06:33Exactement !
06:34Et à côté de ça,
06:35quand je discute avec les forces de l'ordre,
06:37eh bien, il y a un respect.
06:40Pourquoi ?
06:40Parce que je défends l'ordre républicain
06:43qui est avant tout
06:45la protection des plus fragiles,
06:47mais je comprends aussi
06:48la demande sociale
06:49parce que la France,
06:50le cœur du projet français,
06:51c'est la justice sociale.
06:53Et donc, on doit être capable
06:54de répondre à ces attentes.
06:56Dans un État qui n'a jamais
06:56autant perçu d'argent,
06:58dans un État qui n'a jamais
06:59autant prélevé,
07:00dans un État qui n'a jamais
07:01autant distribué.
07:03Il y a un souci.
07:04Moi, je ne veux pas
07:06vous poser une question,
07:06je vais vous faire une déclaration,
07:07c'est différent.
07:08Ah bon ?
07:08Oui.
07:09Moi, je trouve que
07:10la candidature de Natacha Polony
07:13fait du bien à la campagne.
07:14Alors, je ne sais pas
07:14si vous irez au bout,
07:15je vous le souhaite,
07:16mais ça amène un peu
07:16d'intelligence à la campagne.
07:17La campagne en a besoin
07:18parce que le discours
07:19que j'entendais jusqu'à présent
07:21était totalement décalé
07:22avec les réalités
07:22et avec les priorités.
07:24Eh bien, je vous remercie.
07:25Votre candidature
07:26fait du bien à cette campagne
07:27parce qu'on revient
07:29au sujet essentiel, quoi.
07:30À l'important,
07:31à la priorisation des problèmes
07:32et ça fait beaucoup de bien.
07:34Alors, je vous remercie
07:35d'être candidate.
07:36C'est moi qui vous remercie.
07:36De nourrir le débat d'idées,
07:37quoi, en fait.
07:38C'est ça.
07:38Alors, je vous rassure,
07:39je ne viens pas seulement
07:41nourrir le débat d'idées.
07:42En effet, j'ai une structure
07:44derrière moi
07:44et je vais avoir
07:46les 500 parrainages
07:48parce que nous sommes organisés.
07:49Voilà, le mouvement s'appelle
07:50Nous sommes la France
07:51parce que la question,
07:52c'est justement,
07:53premièrement,
07:54qui est ce nous ?
07:55C'est nous tous.
07:56Moi, je veux la France pour tous.
07:57Et derrière, c'est
07:58qu'est-ce que c'est que la France ?
07:59Qu'est-ce qui nous rassemble
08:00et vers quoi nous voulons aller ?
08:02C'est en ça qu'en effet,
08:04il faut ramener
08:04dans cette campagne
08:05la capacité de projection
08:07et la capacité d'analyse.
08:08Vous parliez de la question économique.
08:10Elle est centrale.
08:11Je veux dire,
08:12nous sommes face
08:12à une crise économique
08:13et une crise de la dette
08:14et certains se réjouissent
08:16au fond de nous dire
08:17bon, on va être obligés.
08:19À un moment,
08:19le FMI et la BCE
08:20vont prendre la main
08:21parce que vraiment...
08:24Et en fait,
08:24ils sont ravis
08:25de se dire
08:26que des gens extérieurs
08:28vont venir
08:29faire le boulot,
08:29faire le sale boulot.
08:30Oui, mais non,
08:31ce n'est pas le sale boulot
08:32parce que derrière,
08:33ça veut dire quoi ?
08:35Il nous arriverait
08:36comme à la Grèce,
08:37c'est-à-dire qu'on nous obligerait
08:38à vendre nos actifs stratégiques.
08:40On nous priverait
08:42de toute capacité de décision
08:43et en effet,
08:44vous avez raison,
08:45ça fait 20 ans
08:46qu'on les vend
08:46les actifs stratégiques.
08:47Il faut faire des réformes.
08:48Il faut faire des réformes.
08:49Quelles sont-elles ?
08:50Notamment sur le périmètre de l'État.
08:52Alors,
08:52quelles sont-elles ces réformes ?
08:53Il faut que l'État
08:54retrouve son sens.
08:55À quoi ça sert l'État ?
08:57Surtout en France,
08:58qui est une nation
08:59qui s'est construite
09:00autour de l'État.
09:01Je vais vous donner un exemple.
09:02L'État,
09:03qu'est-ce que c'est ?
09:03C'est Colbert
09:04qui décide de planter
09:05la forêt de Troncet,
09:07c'est-à-dire des chênes
09:08qui pousseront
09:09dans les 50-100 ans suivants
09:10pour avoir une marine
09:11parce qu'il a analysé
09:12que la France,
09:13pour être indépendante,
09:14avait besoin d'une marine.
09:16C'est ça le rôle de l'État,
09:17c'est de prévoir
09:18la planification.
09:21Et donc,
09:22le rôle de l'État,
09:23c'est pas de vous dire...
09:25Le rôle de l'État,
09:26c'est pas de vous dire
09:26à quelle hauteur
09:27on met les barrières
09:28devant les écoles.
09:28Ça, c'est très certainement pas ça.
09:30En revanche,
09:31première chose,
09:32on définit les filières
09:34qui relèvent
09:35des enjeux vitaux
09:36de la France.
09:37Est-ce que c'était la Chine
09:37sur 10 et 15 ans ?
09:38La Chine fait ce que nous avons fait
09:41dans les années 50-60
09:42et qui a fait notre puissance.
09:44Nous, nous avons abandonné.
09:45Donc, définir les enjeux vitaux
09:46de la nation,
09:47qu'est-ce que c'est ?
09:48D'abord, nous avons besoin
09:49d'énergie
09:49parce que sans énergie,
09:51il n'y a pas de production.
09:52Le nucléaire.
09:52Parce que nous avons besoin
09:53d'une électricité bon marché,
09:56décarbonée.
09:56Derrière, il faut un plan
09:57d'électrification.
09:58Ensuite, nous avons besoin
09:59de nourrir notre population.
10:01Or, là, nous sommes en train
10:02de détruire notre agriculture
10:03et dans 10 ans
10:04qu'il y aura une crise alimentaire
10:06si on n'a plus de paysans,
10:07les autres pays
10:08ne viendront pas gentiment
10:09nous donner à manger.
10:10Troisièmement,
10:11le pharmaceutique.
10:12Nous avons vu pendant le Covid,
10:14or, vous vous souvenez
10:14que pendant le Covid,
10:15on nous a expliqué
10:16qu'il faut rapatrier
10:18les principes actifs.
10:1880% des principes actifs
10:20des médicaments
10:20sont produits en Chine ou en Inde.
10:22C'était il y a 5 ans.
10:23Il ne s'est rien passé.
10:25Mais quand je dis rien,
10:26c'est vraiment rien.
10:27On a vaguement,
10:27avec le plan France 2030,
10:29voulu implanter une usine
10:31dans l'Isère,
10:32Séquence,
10:33sauf que comme on a laissé
10:34Sanofi vendre
10:35sa branche d'oliprane,
10:37eh bien, en fait,
10:37les clients qui devaient
10:41remplir le carnet de commande
10:42de Séquence
10:42sont fragilisés
10:43puisque maintenant,
10:44c'est un fonds américain.
10:45Donc, ça veut dire
10:46que d'ici quelques années,
10:47peut-être que l'argent public
10:48qu'on aura mis
10:49dans Séquence
10:50sera à fond perdu
10:51puisqu'on n'a pas sécurisé
10:52toute la filière.
10:53C'est pour ça que quand je vous disais
10:54qu'il faut définir
10:55les enjeux vitaux,
10:56derrière l'État
10:57sécurise les filières
10:59et il mène
11:00une vraie politique industrielle.
11:01Ça ne veut pas dire
11:02qu'il se substitue
11:04au secteur privé.
11:05Ça veut dire
11:05qu'il y a des domaines
11:06qui ne doivent pas
11:07être abandonnés
11:08au seul marché
11:09parce que c'est la protection
11:10des citoyens.
11:11Mais ça veut dire quoi aussi ?
11:12Premier élément,
11:13premier levier de l'État,
11:15la commande publique.
11:16La commande publique,
11:17c'est 8%
11:18du PIB français.
11:20Actuellement,
11:22pour quelques centimes
11:23dans un marché public,
11:25on va laisser tomber
11:26une PME française
11:27et on va dire
11:27on va aller acheter
11:28chinois
11:29parce que c'est moins cher.
11:30Derrière,
11:30on ne compte jamais
11:31l'externalité négative,
11:33c'est-à-dire
11:34combien ça coûte
11:35de payer le chômage
11:35de tous les salariés
11:37de la PME
11:37qu'on a fait mourir.
11:38Mais comment vous faites
11:39pour que justement
11:39le français soit plus compétitif ?
11:41Eh bien, priorité à la production.
11:42Non, ce n'est pas
11:43une question de compétitivité.
11:45Il faut que le français
11:46puisse acheter
11:47les produits que l'on...
11:48Ça, c'est marrant
11:49parce que je vais vous citer
11:50un exemple.
11:51Les pompes à chaleur.
11:52Là, je suis allé
11:52au salon Batimat récemment.
11:5460 stands de pompes à chaleur.
11:56Il y en avait moins de 10
11:58qui étaient européens.
11:59Donc, les producteurs français
12:01de pompes à chaleur.
12:01Je suis en train
12:01de regarder ça en ce moment.
12:02Les producteurs...
12:03Mon mari, c'est son métier.
12:06Pour qu'il puisse vendre
12:07ses pompes à chaleur
12:08parce qu'avec la vitesse
12:09à laquelle l'État rembourse
12:10et parce qu'il n'avance pas,
12:12mon mari,
12:12pour faire que sa boîte fonctionne
12:14et qu'il puisse payer
12:15ses salariés,
12:16il ne peut pas prendre
12:16des pompes à chaleur
12:17européennes tout le temps
12:19parce qu'en fait,
12:19il s'adapte à son client.
12:20C'est vrai.
12:21Et pourquoi ?
12:22Donc, c'est le prix.
12:22C'est le prix.
12:24Effectivement,
12:25les producteurs français
12:28de pompes à chaleur
12:29sont allés à Bercy
12:30pour dire
12:30vous subventionnez
12:31le passage aux pompes à chaleur
12:32mais ça va
12:33à des pompes à chaleur chinoises.
12:34On leur a répondu
12:35c'est parce que
12:36vous n'êtes pas assez compétitifs.
12:37Les pompes à chaleur chinoises
12:38sont totalement subventionnées
12:39par l'État chinois.
12:41Au nom de quoi ?
12:42Mettons en concurrence
12:43des producteurs français
12:44avec des gens
12:45qui n'ont pas les mêmes règles.
12:46C'est ça la folie furieuse.
12:47Donc, l'argent,
12:48les subventions,
12:49c'est-à-dire l'argent
12:50des contribuables français
12:52finance l'industrie chinoise.
12:52Mais on est d'accord
12:53avec votre analyse, madame.
12:54Mais oui, mais justement.
12:55Je suis complètement d'accord.
12:55Ça ne change pas le paradigme.
12:56Si, ça change le paradigme.
12:57Les entreprises françaises
12:58sont les plus d'accès au monde.
13:00On produit de plus en plus chers.
13:03C'est pour ça que je vais vous expliquer
13:04comment on fait.
13:05Je vais vous expliquer comment on fait.
13:06Premier point,
13:07pour ce qui est des commandes
13:08d'État ou de collectivité,
13:10priorité à la production française
13:12dans la commande publique.
13:13Comme ça, déjà,
13:14on recrée, là aussi,
13:16on remplit le carnet sur le monde
13:17de nos producteurs.
13:18Il faut que l'Europe laisse faire.
13:18Ensuite,
13:19mais l'Europe,
13:20on va lui expliquer
13:20qu'on n'a pas le choix
13:21parce que nous...
13:22C'est d'ailleurs d'aller se faire voir, quoi.
13:23Alors, sur ce sujet-là,
13:24Quand on est le seul pays
13:25à avoir l'arme atomique,
13:26l'Europe, elle se taira.
13:27Exactement.
13:29Alors, vous voyez,
13:29c'est là que l'on est fait.
13:31C'est un peu schématisé,
13:32ce que dit Bourad.
13:33Mais il a raison.
13:34Il a raison.
13:36Il a raison
13:37parce que nous sommes la France.
13:38C'est-à-dire que nous ne sommes pas
13:39n'importe quel pays.
13:40Nous sommes contributeurs nets
13:42au budget européen.
13:43Donc, les autres pays
13:44défendent leurs intérêts vitaux.
13:46Nous sommes les seuls
13:46à ne pas le faire.
13:47Donc, à un moment donné,
13:48on met des lignes rouges.
13:49Et l'Europe, il y a...
13:50Si on quitte l'Europe,
13:51elle est morte, l'Europe.
13:52L'Europe, il y a intérêt
13:53parce que les déséquilibres économiques
13:55vont finir par faire exploser les choses.
13:58Et donc, les autres pays européens
13:59ont intérêt à ce que la France
14:01ne s'effondre pas.
14:01Donc, il faut trouver ce chemin.
14:03Donc, priorité dans la commande publique.
14:06Ça, c'est le premier point.
14:07Derrière, l'État,
14:09les entreprises et les salariés
14:11doivent être mis autour de la table.
14:12Un pacte pour la production
14:14et les salaires.
14:15Le premier à faire le travail,
14:16c'est l'État.
14:17C'est-à-dire qu'il nettoie ses normes
14:19et il bascule une part
14:22de la protection sociale
14:23sur la CSG
14:24pour que ce ne soit pas
14:25systématiquement le travail
14:27qui paye la protection sociale
14:29parce que ça,
14:29ça alourdit nos entreprises.
14:31Derrière, ça implique
14:32que vous pouvez augmenter
14:33le salaire net
14:35dans la mesure où vous baissez
14:36les cotisations salariales
14:38et patronales.
14:39En échange,
14:40les patrons acceptent
14:41de prendre une part
14:43d'augmentation de salaire
14:44et en échange,
14:45on te réfléchit
14:46à la question du travail
14:48parce que le temps
14:49de travail global,
14:50c'est-à-dire nous sommes
14:51un des pays
14:51où on rentre le plus tard
14:52sur le marché du travail
14:53et nous sommes un des pays
14:54où en fait
14:55la quantité globale
14:57de travail
14:57n'est pas assez importante
14:59et que du coup,
15:00ceux qui travaillent,
15:01travaillent beaucoup
15:01mais on n'a pas assez
15:03de gens au travail.
15:04Est-ce que ça remet en cause
15:05le modèle social français ?
15:07Justement non,
15:08vous le sauvez.
15:08Non, tu le sauves.
15:10C'est ça aujourd'hui.
15:12Les retraites,
15:13la santé,
15:14tout ça,
15:15ça a un coût
15:16aujourd'hui quand on regarde.
15:17Et donc derrière,
15:18vous avez entendu la musique.
15:21Le débat politique
15:22aujourd'hui se concentre
15:22sur quasiment
15:23l'âge de la retraite.
15:24C'est ce qui concentre
15:25le débat politique.
15:2660 ans pour la France insoumise,
15:29le RN,
15:29on ne sait pas trop,
15:3062 ans.
15:31Du côté des Républicains,
15:32on dit 64,
15:33même 67.
15:35Donc on a l'impression
15:35que c'est l'alpha
15:36et l'oméga du débat politique.
15:37Exactement,
15:37et c'est tout le problème.
15:38Ça fait trois ans
15:38qu'on est à temps plein
15:40uniquement sur ce sujet-là.
15:41C'est un sujet
15:43pour diverses raisons.
15:45Mais premier point,
15:46il faut le raccrocher
15:47au reste,
15:48c'est-à-dire au fait
15:48que notre problème en France,
15:50c'est un problème
15:51de production
15:52et que donc
15:53nous ne gagnons pas assez.
15:55Donc ça,
15:55c'est le premier point.
15:56Deuxième point,
15:56il y a des dépenses
15:57de l'État
15:58qui sont pléthoriques
15:59et il faut toucher
16:00les grandes masses.
16:00Les grandes masses,
16:01par exemple,
16:02c'est l'organisation territoriale.
16:04Là, revoir
16:04tous les doublons
16:05dans l'organisation territoriale,
16:07là, vous économisez
16:08beaucoup d'argent.
16:10Donc, vous voyez,
16:11il faut remettre...
16:11En ne renouvelant pas,
16:12pas en mettant au chômage
16:13parce qu'on ne peut pas
16:14l'histoire.
16:14Je ne vous parle pas de ça,
16:15je vous parle de l'organisation
16:16territoriale.
16:17Oui, l'organisation,
16:17mais c'est des gens
16:18derrière l'organisation aussi.
16:19Oui, bien sûr.
16:19Il y a des strates administratives.
16:21Oui, et derrière,
16:22en effet,
16:22vous remettez les gens
16:24sur le terrain
16:24en les formant.
16:26Et enfin,
16:27dernière chose,
16:28attention à la question
16:30démographique
16:30dont on ne parle jamais.
16:32Si vous voulez préserver
16:33notre modèle social,
16:34il faudrait s'intéresser
16:36à ce chiffre.
16:371,5 enfants par femme
16:39en France,
16:39c'est une catastrophe.
16:40C'est la fin
16:41de la parenthèse française.
16:43Or ça,
16:44les politiques familiales
16:45ont été abandonnées.
16:47Les aides doivent venir
16:48dès le premier enfant.
16:49Si vous avez...
16:51La spécificité,
16:52c'est que
16:52quand vous aidez les femmes
16:54à mener une vie professionnelle
16:56et une vie familiale,
16:57elles peuvent assouvir
16:59leur envie
16:59de faire des enfants.
17:00Donc,
17:01vous devez avoir
17:02une politique
17:03de garde d'enfants.
17:04Vous devez avoir
17:05une politique
17:05en faveur des familles.
17:07Ça,
17:07on n'en parle jamais.
17:08C'est majeur.
17:09Sinon,
17:09en effet,
17:10vous condamnez les gens
17:11à travailler
17:12jusqu'à 70 ans.
17:13Merci Natacha Polony
17:14d'être venue.
17:15Première discussion
17:16avec les GG.
17:17Il y en aura d'autres
17:18au fur et à mesure.
17:19On est tenus
17:20par une chose
17:21qu'on appelle
17:21le temps de parole.
17:23Bien sûr.
17:24Qui est en proportion.
17:25Sur une ardoise.
17:26Qui est en proportion.
17:28On pourra se reparler,
17:29bien sûr.
17:30Si elle devient président,
17:30peut-être qu'elle libérera
17:32toutes les règles
17:32du temps de parole.
17:33Avez-vous de ce qu'Alain Marchel
17:34vous fait.
17:36A bientôt Natacha.
17:37A bientôt
17:37et merci pour votre invitation.
17:38Merci.