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  • il y a 3 jours
Aujourd'hui, c'est au tour de Natacha Polony, éditorialiste et auteur de "La France corps et âme" (Ed. Plon), de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05C'est Natacha Polony, l'éditorialiste, la journaliste, Natacha Polony qui est directrice de la revue L'Audace
00:10qui vient de publier, qui publie, après-demain je crois d'ailleurs, la France corps et âme aux éditions Plon.
00:17Bonjour Natacha Polony.
00:19On va en parler mais depuis hier soir on a un nouveau candidat à l'élection présidentielle.
00:23Son nom c'est Jean-Luc Mélenchon.
00:24Et personne ne s'y attendait.
00:26Non mais c'est une surprise, heureusement qu'on est encore assis mais est-ce que c'est la bonne
00:30cette fois-ci ?
00:32Est-ce que ça peut être la bonne pour lui ?
00:34Vous avez vu l'évolution de la vie politique ces dernières années.
00:38Je pense que les Français savaient très bien que Jean-Luc Mélenchon était candidat
00:41puisqu'il a une manière de faire qui est assez simple, c'est-à-dire qu'il utilise les jeunes
00:46générations
00:47pour éliminer ceux qui, dans les générations un peu plus élevées, pourraient prendre sa place.
00:52Ça marche très bien, ça s'appelle du maoïsme.
00:54Mais le seul sujet c'est quel est le projet pour la France et est-ce que c'est un
00:58projet qui rassemble ?
01:01Or, on a bien compris qu'il y avait là un processus de fracturation de la communauté nationale
01:07et c'est bien ça dont souffre la France depuis déjà longtemps.
01:10C'est-à-dire qu'on a des partis politiques qui ont acté le fait qu'ils étaient minoritaires,
01:15qui ne cherchent même plus à parler à la majorité du peuple français.
01:20Il cherche à s'adresser à un électorat précis, une part de marché,
01:27en élargissant un tout petit peu la part de marché dans l'espoir de se retrouver dans un second tour
01:33avec quelqu'un qui sera encore plus détesté en face.
01:36C'est ça que font les partis politiques aujourd'hui, ça s'appelle une démocratie minoritaire,
01:40ce qui en fait ne fonctionne pas parce que ce n'est plus une démocratie, ça ne marche plus.
01:43Est-ce que dans un an, on va choisir forcément un président ou une présidente par défaut ?
01:48Parce que ce candidat aura éliminé Bardella ou Mélenchon ?
01:52Mais c'est ce que nous faisons depuis des années et c'est bien pour ça que nous sommes dans
01:55une crise démocratique,
01:56un blocage total, que vous avez jusqu'à 50% du corps électoral qui décide de ne plus se déplacer
02:03dans certaines élections.
02:04Non, accessoirement, ce sont les plus pauvres, c'est-à-dire qu'on a réinventé le suffrage censitaire,
02:09on a fait en sorte que les plus pauvres n'aillent pas voter parce qu'ils ont intériorisé le fait
02:15que voter ne change plus la vie.
02:17Or c'est le but de la politique, changer la vie, c'était le titre du programme commun de la
02:22gauche dans les années 1970.
02:24Pourquoi ? Parce que c'est ça la définition de la politique et que tout a été fait dans le
02:29système politique
02:29pour que chacun de ceux qui sont candidats, qui veulent représenter en fait, ait acté et accepter leur impuissance.
02:39Est-ce qu'il aime la France Jean-Luc Mélenchon ou pas ?
02:42Mais je me moque de savoir quelle France il aime.
02:45La nouvelle France, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:47Pardon, mais la France, on doit la prendre dans sa totalité.
02:53C'est-à-dire que si on veut penser l'avenir de la France,
02:55il faut avoir intégré et aimé son histoire avec ses parts d'ombre, avec sa complexité.
03:02Et tout le principe, c'est de s'appuyer sur ce qui fait le substrat à la fois politique, idéologique,
03:09culturel de la France
03:11pour tout simplement proposer aux Français un récit, j'irais même plus loin, une épopée.
03:16On a besoin de retrouver un petit peu de souffle et de savoir dans quelle direction on veut aller.
03:21Et pour ça, il faut comprendre quelle est la spécificité de ce pays qui ne ressemble à aucun autre.
03:26Mais la France corps et âme que vous aimez, parce que c'est une déclaration d'amour à la France,
03:30ce livre.
03:31Bien sûr.
03:32Ce n'est pas aussi quand même la France d'autrefois, la France idéalisée, la France effectivement des paysans,
03:38la France des campagnes, la France des clochers.
03:41Ah non, parce que vous aurez vu que ça, c'est un chapitre du livre, mais qui est fondamental.
03:44Qu'est-ce que je raconte dans ce livre ?
03:46La France corps et âme, ça veut dire quoi ?
03:48Ça veut dire que ce pays est un pays qui est à la fois charnel et spirituel.
03:53Charnel parce que nous sommes plus qu'aucun autre pays de la géographie transformée.
03:57C'est-à-dire que la géographie française, elle est très spécifique.
04:01Vous avez une diversité de climat, de géologie, comme vous n'en trouvez nulle part ailleurs sur un si petit
04:09territoire.
04:10Et ça, ça a façonné une histoire et un corps social.
04:14C'est-à-dire que si la France a été puissante, c'est parce qu'elle avait une agriculture qui
04:18était extrêmement puissante.
04:20Or, jusqu'au XIXe siècle, l'agriculture, c'est l'énergie, puisque l'énergie, c'est la force manuelle, humaine
04:26et animale.
04:27Et pour ça, il faut les nourrir.
04:28C'est pour ça que nous avions la première armée d'Europe et donc du monde.
04:32Derrière, c'est aussi de l'industrie.
04:34Pourquoi ? Parce que la France est un pays qui, grâce à sa puissance, a pu penser des sciences, des
04:39techniques, les mettre en œuvre.
04:41Et c'est pour ça que nous avons été capables d'inventer aussi bien des avions, la fusée, rien de
04:47tout ce qu'on veut.
04:47Mais ça, vous me parlez du passé, Natacha, d'aujourd'hui.
04:49Non, non, attendez, attendez. Est-ce que je peux terminer ? Je termine le raisonnement.
04:52Il y a cette dimension charnelle. Cette dimension charnelle est abîmée.
04:57Et il faut la reconstruire pour permettre, justement, de retrouver l'avenir.
05:01Et pour ça, il faut s'appuyer sur la production.
05:04Retrouver une capacité à transformer des sciences et des techniques en production qui nous rendent indépendants.
05:10Et derrière, il y a la dimension spirituelle.
05:13La France, par son histoire, a produit une vision de l'être humain, une vision du monde qui est très
05:19spécifique.
05:20C'est le peuple souverain, l'idée que nous sommes des citoyens, en dehors de toute loi divine et que
05:25nous décidons en commun de notre destin.
05:27D'où le pilier de la République, liberté, égalité, fraternité, qui est quelque chose d'extraordinaire.
05:33Or, là aussi, c'est malade, ce côté-là.
05:35On a arrêté de défendre ça. Pourquoi ? Parce qu'on a renoncé, tout simplement, à la souveraineté, c'est
05:42-à-dire à la capacité de gouverner le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.
05:47Donc, si on veut inventer l'avenir de la France, il faut reconstruire ces deux piliers, c'est-à-dire
05:53produire et rétablir une véritable démocratie.
05:57C'est ça, l'avenir de la France. Ça s'appuie sur les sciences, ça s'appuie sur la capacité
06:01d'invention, ça s'appuie sur la foi en notre modèle.
06:03Et moi, je crois que la majorité des Français croient profondément en ce modèle. Et d'ailleurs, toutes les études
06:08d'opinion le montrent.
06:09Emmanuel Devilliers ?
06:10Moi, j'ai trouvé votre livre de haut niveau. Il faut rappeler que vous êtes agrégé de lettres.
06:14Donc, vous êtes une intellectuelle accomplie. J'ai trouvé qu'il était puissant tant sur le plan dialectique que sur
06:21le plan didactique.
06:22C'est un livre qui s'intéresse à de nombreux sujets, qui représente un travail considérable.
06:26Et j'invite nos auditeurs, s'ils veulent vraiment réfléchir à la situation de la France, à son passé, à
06:31son présent, à son avenir, à acheter et lire ce livre.
06:35Ceci étant dit, il a un petit côté idéaliste.
06:41Vous apparaissez quand même dans cette complexité intellectuelle, ce niveau qui est le vôtre, un peu comme torturé de l
06:49'esprit.
06:50Et vous avez ce fond de sauce insupportable dans tout ce bouquin, de la Déclaration des droits de l'homme
06:57et du citoyen de 1789,
06:59qui est un vieux truc complètement suranné, auquel plus personne ne croit, et qui nous a amenés dans le mur.
07:04Alors, vous venez de redire, liberté, égalité, fraternité.
07:07Est-ce que les gens qui nous écoutent, ils ne pensent pas qu'il faudrait commencer à changer de devise
07:10pour avoir quelque chose qui correspond plus à la vérité de la France ?
07:13Je ne sais pas si c'est la Nouvelle-France avec M. Bagayoko qui décroche le portrait du Président de
07:20la République,
07:21mais en tout cas, les rappels que vous faites permanents sur la Déclaration des droits de l'homme et du
07:26citoyen,
07:272789, le préambule de 46, tout ça me paraît complètement dépassé.
07:32Ça m'a rappelé l'un dialogue fameux de Lino Ventura dans un taxi pour Tobrouk.
07:37Deux intellectuels assis vont moins loin qu'un con qui marche.
07:39Qu'une brute qui marche. La vraie citation, c'est moins loin qu'une brute qui marche.
07:43J'en veux pour preuve, et après je vous pose une question de manière positive.
07:46Parce que moi j'ai lu le livre, page 67, vous dites, je cite,
07:51« Pour attirer vers le travail, contrairement à ce que propose une droite aux arrières-pensées de mépris de classe,
07:58il ne faut pas réprimer les tirs au flanc, il faut garantir un travail qui émancipe, qui grandit,
08:04et non un travail qui abétit et humilie. »
08:07Je pense que les auditeurs qui nous écoutent, ils pensent le contraire.
08:10Alors ma question...
08:11Eh bien moi je ne crois pas, et je vais vous expliquer pourquoi.
08:13Premier point, moi je veux bien que vous estimiez que tout ça est suranné.
08:17Les hommes naissent libres et égaux en droit, est-ce que c'est suranné ?
08:20Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
08:24Est-ce que c'est un projet qui vous déplaît ?
08:26Moi je trouve que c'est plutôt une très belle façon de voir l'être humain.
08:30Ensuite, vous avez choisi... Je ne vois pas le rapport avec l'échafaud.
08:33La révolution française, c'est l'échafaud, ce sont des crimes.
08:35Arrêtez ces clichés !
08:37Bien sûr, on n'a pas tué le roi, on n'a pas tué la reine.
08:39Alors, stop. Si on a tué le roi, je ne suis pas pour l'échafaud.
08:43Est-ce qu'on peut se lancer dans un débat sur la révolution française,
08:46et de savoir si ce sont les droits de l'homme et la vision de l'humanisme et des lumières
08:51qui conduisent directement à la terreur, ou s'il y a eu une bifurcation à un moment ?
08:55Je pense que vous pouvez me faire crédit du fait qu'entre Robespierre et Condorcet,
09:00j'avoue que Condorcet me plaît un petit peu plus.
09:03Et il a fini, en effet, sur l'échafaud.
09:05Alors, revenons aux droits de l'homme et du citoyen.
09:08Parce que moi, ce qui me dérange, c'est que certains utilisent les droits de l'homme
09:11contre cette idée que c'est le citoyen qui permet l'accomplissement de ses valeurs.
09:16C'est pour ça que je parle de souveraineté, c'est pour ça que je parle de rétablir une véritable
09:20démocratie.
09:21Quand on s'assied sur des référendums, quand on empêche l'expression de la volonté des citoyens,
09:27alors on détruit tout l'édifice.
09:28Deuxième point, vous avez sélectionné le moment où je parle du travail
09:32et de la nécessité d'un travail qui permette de s'accomplir.
09:35Sauf que vous oubliez que dans tout le livre, le corollaire,
09:39c'est justement de rétablir cette valeur du travail et surtout de la production,
09:43parce que je crois que c'est la base d'une bonne politique.
09:46Tout le monde le dit ça.
09:47Vous avez vu Bruno Retailleau.
09:48Non mais Bruno Retailleau le dit.
09:50En général, c'est les candidats de droite qui disent
09:52on va remettre le travail au cœur du projet.
09:56Vous avez raison, vous avez raison.
09:59Aujourd'hui, tout le monde le dit.
10:00Il y a encore 2-3 ans, parler de souveraineté et de production,
10:04ça vous faisait passer pour le pire des ringards.
10:06Moi, ça fait 20 ans que je me fais insulter pour ça.
10:08Emmanuel Macron en parle dans tous ses discours maintenant.
10:10Alors maintenant, oui, moi je suis ravi des gens qui découvrent la Lune,
10:14tout à coup, et je leur dis, formidable !
10:16J'accueille les convertis, c'est bien si vous avez enfin compris.
10:20Simplement, les mots, les slogans, c'est très bien.
10:22La question, c'est le concret.
10:24Comment on rétablit une vraie politique de production en France ?
10:27Vous voyez que les paysans sont en train de crever,
10:30on continue à les tuer.
10:31Le traité de libre-échange avec le Mercosur,
10:34qui est une forfaiture absolue,
10:36et qui rentre dans une logique où en fait,
10:37on se moque complètement de savoir si on préserve
10:40la capacité de production sur place.
10:41Mais c'est vrai aussi de toutes les PME et ETI françaises,
10:44qui sont en proie à une concurrence totalement déloyale,
10:49qui ont des normes qui alourdissent leur capacité d'action,
10:53et dans un cadre politique où on ne pense jamais
10:56à la façon dont on va créer de la richesse.
10:59Donc il y a des actions concrètes.
11:00Par exemple, priorité à la production française dans la commande publique,
11:05définition de filière qui relève d'enjeux vitaux
11:08sur lesquels l'État doit absolument préserver justement
11:12l'outil productif français,
11:15capacité de formation,
11:16réflexion sur l'investissement.
11:17Nous sommes un pays qui a 6 250 milliards d'économies.
11:22Cette épargne, aujourd'hui,
11:24elle tombe dans des trous noirs comme l'assurance-vie
11:27qui vont en fait vers des fonds américains.
11:29Et c'est-à-dire que nous finançons notre argent,
11:32finance l'économie américaine.
11:34Vous pouvez m'expliquer pourquoi ?
11:36Tout ça est aberrant.
11:37Or, il y a moyen d'agir sur ces éléments-là.
11:40C'est du concret,
11:41on n'est pas en train de discuter de choses abstraites.
11:43Et c'est le pouvoir d'achat des gens qui est en jeu.
11:45J'ai toujours été très sensible à votre discours souverainiste
11:49parce que je partage vos convictions
11:51et que vous avez commencé à tenir à une époque
11:54où vous n'étiez vraiment pas nombreuses
11:55à se compter sur les doigts d'une main.
11:56Donc félicitations pour ça
11:57parce que maintenant tout le monde vous donne raison
11:59de l'extrême gauche à l'extrême droite.
12:01Du coup, il n'y a pas d'évidence pour 2027
12:04et votre livre est très politique.
12:06Est-ce que vous vous y pensez à faire de la politique ?
12:08Est-ce que vous vous préparez pour la présidentielle ?
12:10Premier point, je ne me suis jamais dit souverainiste.
12:13Pourquoi ?
12:14Parce que c'est un terme que les gens ne comprennent pas
12:17qui a été dévoyé totalement.
12:19Je défends l'idée de la souveraineté
12:22c'est-à-dire la définition même de la démocratie.
12:25Je suis tout simplement démocrate.
12:27Le titre 1 de la constitution de 1958
12:30c'est de la souveraineté.
12:32Article 3, la souveraineté appartient au peuple
12:35qu'il l'exerce par l'intermédiaire de ses représentants
12:39et par le référendum.
12:40Mais aujourd'hui, qui a le pouvoir aujourd'hui ?
12:42Alors, qui a le pouvoir aujourd'hui ?
12:46Après, je réponds à votre question.
12:47Qui a le pouvoir aujourd'hui ?
12:49Eh bien, depuis plusieurs décennies,
12:51en fait, petit à petit,
12:52on a fait en sorte de contourner les instances démocratiques
12:55par des instances supranationales,
12:57que ce soit l'OMC,
12:59que ce soit tous les accords de libre-échange
13:01qui empêchent les citoyens de chaque pays
13:04de décider réellement la politique qu'ils veulent.
13:08L'Union européenne a été détournée de son sens
13:11puisqu'au départ, je rappelle que
13:131957, le traité de Rome,
13:15ça repose sur l'idée qu'entre six pays
13:18qui ont des économies à peu près homogènes,
13:21on va faire un marché commun
13:23dans lequel on appliquera la préférence communautaire.
13:26C'est-à-dire qu'en gros,
13:27on s'échange nos excédents,
13:28donc on libéralise à l'intérieur,
13:30mais on protège à l'extérieur.
13:32Ça, au fur et à mesure,
13:34ça a été totalement bouleversé
13:35jusqu'à l'acte unique de 1986
13:37qui, en gros,
13:40institue la libre circulation des hommes des marchandises.
13:42Aujourd'hui, on est la zone économique
13:44au monde la plus ouverte,
13:46c'est-à-dire qu'on met nos systèmes
13:48en concurrence avec des pays.
13:50Regardez par exemple la Turquie.
13:52Le SMIC en Turquie,
13:53c'est 475 euros.
13:56La Turquie, depuis le traité de libre-échange
13:58de 1996 avec l'Union européenne,
14:00est économiquement de faite
14:01dans l'Union européenne.
14:03Donc, comment voulez-vous
14:04que nos entreprises s'en sortent ?
14:06Regardez l'entreprise Brandt
14:08qui fait de l'électroménager.
14:09Vous allez dans une boutique d'électroménagers,
14:12vous voyez que l'électroménager turc,
14:14évidemment, est dominant.
14:16Pourquoi ?
14:17Avec un SMIC à 475 euros,
14:19comment vous voulez que ça marche ?
14:20Donc, il y a un moment
14:21où il faut faire des choix.
14:22C'est-à-dire, si on veut préserver
14:23un modèle social,
14:24il faut faire en sorte
14:25de ne pas se mettre en concurrence
14:27avec des gens qui...
14:28Mais préserver ou changer ce modèle social ?
14:29Alors, ce modèle social,
14:31aujourd'hui,
14:31on voit qu'il ne fonctionne pas.
14:33Non mais attendez.
14:34Oui, il ne fonctionne pas,
14:36c'est-à-dire qu'il y a des choses
14:37à réformer.
14:38Mais est-ce que votre but,
14:39c'est d'avoir le modèle social turc
14:41ou le modèle social chinois ou vietnamien ?
14:43Je ne pense pas.
14:44Il y a d'autres modèles en Europe...
14:46Oui, qui sont meilleurs.
14:47Mais est-ce que vous voulez
14:49le SMIC roumain ?
14:50Est-ce que vous voulez le SMIC roumain ?
14:51Moi, je veux bien les salaires suisses,
14:53par exemple.
14:53C'est toute la question
14:54quand les doigts Philippe
14:55il dit qu'il faut qu'on soit compétitifs,
14:56qu'il faut qu'on puisse concurrencer la Chine.
14:58Ça n'a aucun sens.
14:59Non, ça n'a aucun sens.
15:00Nous avons un problème gigantesque.
15:02Nous avons d'un côté
15:03une droite
15:04qui ne voit que
15:05les problèmes
15:06de compétitivité
15:07et de normes
15:08et qui ne voit pas
15:10que nous nous sommes mis
15:11dans un système
15:12de concurrence
15:13qui détruit,
15:14qui est une concurrence déloyale.
15:15C'est le contraire
15:16du vrai libéralisme
15:17et qui détruit petit à petit
15:19nos entreprises.
15:19Je vous cite un exemple.
15:21Vous avez des fabricants
15:22de pompes à chaleur
15:24qui se battent
15:25pour produire en France,
15:26qui créent de l'emploi,
15:27de la richesse en France,
15:28qui financent le modèle social,
15:29qui financent les retraites.
15:30Eh bien, ces gens-là,
15:31quand ils vont à Bercy
15:33pour dire
15:34écoutez,
15:35l'État donne des primes
15:36pour ceux qui achètent
15:37des pompes à chaleur,
15:38sauf que les gens
15:39achètent des pompes à chaleur chinoises
15:41parce qu'elles sont moins chères,
15:42alors même que
15:43les entreprises chinoises
15:44sont subventionnées
15:45par l'État chinois.
15:46On fait comment ?
15:47Et là, on leur répond à Bercy
15:48« Mais c'est que vous n'êtes pas
15:49assez compétitifs. »
15:51Mais s'ils étaient subventionnés
15:52par l'État,
15:53comme le sont
15:53les entreprises chinoises,
15:54ça pouvait être rare.
15:56Et donc,
15:56jusqu'à quand allons-nous
15:58utiliser les impôts des Français
15:59pour subventionner
16:01des entreprises étrangères
16:02pour détruire
16:03notre propre tissu économique,
16:04c'est-à-dire
16:05les retraites
16:05et la sécurité sociale
16:07des citoyens ?
16:08Et après,
16:08il faudra qu'elle réponde
16:09sur la crise financière.
16:10Je réponds.
16:11Le rôle en 2027, alors.
16:12Évidemment, on la garde.
16:14Alors, Natacha,
16:15quel rôle pour 2027 ?
16:16Écoutez,
16:17candidate ?
16:17Je ne sais pas.
16:19Je vais vous dire une chose.
16:19De plus en plus de gens
16:21me posent la question.
16:22Moi, je me balade
16:23partout en France
16:23et honnêtement,
16:25oui,
16:26je suis frappée
16:27parce qu'on m'en parle.
16:28Et je vais vous dire
16:28pourquoi on m'en parle.
16:29Tout simplement
16:30parce qu'on est tous
16:31absolument effarés
16:32du niveau global
16:35des candidats aujourd'hui,
16:36de l'absence de réflexion.
16:37Il n'y a que des mecs
16:38qui se plaisantent.
16:39Et donc,
16:40on nous en parle
16:41peut-être que vous pensez
16:42la même chose depuis longtemps
16:43et c'est très rare aujourd'hui.
16:44Parce que j'ai une cohérence
16:45et que, hélas,
16:47la politique française,
16:48aujourd'hui,
16:49manque de cohérence.
16:51Nous avons besoin
16:51d'un récit,
16:52d'une architecture.
16:53Alors, après,
16:54ce n'est pas un jeu,
16:55ce n'est pas un hobby,
16:57tout ça.
16:57Ce n'est pas une plaisanterie.
16:58Donc, c'est quelque chose
17:02qui est une responsabilité
17:04absolument gigantesque.
17:06Et pour le coup,
17:07pour avoir réfléchi
17:08à toutes ces choses-là
17:09depuis des années,
17:10analysé la politique
17:11depuis mon point de vue
17:12qui était celui
17:12d'une journaliste,
17:14d'une commentaire,
17:14je sais ce que ça signifie.
17:15Et j'ai trop vu
17:17la déception des gens
17:18face à des discours,
17:20à des slogans
17:20que je trouve insupportables.
17:22Donc, ça n'est pas une blague.
17:24On va continuer d'en parler.
17:25Donc, vous y réfléchissez.
17:27Donc, je suis,
17:28frappée par le fait
17:30que des gens
17:30de tous milieux sociaux,
17:32de toutes origines,
17:33me posent la question
17:34et me disent
17:35il faudrait vous engager.
17:36Vous auriez envie ?
17:38Non, mais ce n'est pas
17:39une question d'envie.
17:40Justement parce que
17:41ce n'est pas un plaisir.
17:43Alors, on va continuer
17:44d'en discuter parce que
17:45j'ai des choses à dire.
17:47Bien sûr,
17:47tu as des choses à dire.
17:48Natacha Poloniski,
17:49il faudra parler aussi
17:49carburant,
17:51notamment parce que
17:51c'est le grand débat
17:52politique du moment.
17:53RMC,
17:54Alain Marshall,
17:56Olivier Truchot,
17:57les grandes gueules.
18:05Les Gégis,
18:06les grandes gueules
18:06en direct sur RMC,
18:07RMC Stories.
18:09C'est Natacha Polony
18:10qui est avec nous,
18:10la France Cors et Hames,
18:11aux éditions.
18:12La France,
18:13elle a du mal à faire
18:13son plein d'essence
18:14en ce moment.
18:15Est-ce qu'il faut en demander
18:16plus à Total ou pas,
18:17Natacha Polony ?
18:18Le problème qu'on va avoir
18:20dans les années à venir,
18:21plutôt dans les mois à venir,
18:23c'est la question
18:25de la distinction
18:26entre le court terme,
18:27le moyen terme
18:27et le long terme.
18:28Sur le court terme,
18:29on va avoir une crise,
18:31on va avoir une inflation
18:32cet automne
18:33et peut-être même
18:34des problèmes
18:35d'approvisionnement.
18:36Il faut bien comprendre
18:36que le détroit d'Ormousse,
18:37ce n'est pas seulement
18:38le pétrole,
18:39c'est aussi le soufre,
18:41par exemple,
18:41qui est issu
18:42du raffinage du pétrole
18:43et qui sert dans tout,
18:45c'est-à-dire dans le cuivre,
18:47la fabrication du cuivre,
18:47du nickel,
18:48des microprocesseurs.
18:50Donc, si le détroit d'Ormousse
18:51n'est pas ouvert très rapidement,
18:52on va vers des difficultés
18:55gigantesques.
18:55Donc, le problème,
18:56c'est que ce sont
18:57les plus fragiles
18:57qui vont payer,
18:58c'est-à-dire ceux
18:59qui sont obligés
19:00de prendre leur voiture
19:00pour aller bosser
19:01et comme on n'a rien prévu,
19:03puisqu'on n'a pas assuré
19:05la souveraineté,
19:06c'est-à-dire l'indépendance
19:08dans les domaines
19:08absolument essentiels,
19:10eh bien,
19:10on se retrouve face
19:11à un cataclysme.
19:12Donc, face à ça,
19:13que faut-il faire ?
19:14Surtout pas uniquement
19:15du court terme.
19:16Pourquoi ?
19:17Parce que sinon,
19:18à la prochaine crise,
19:18on se retrouve dans la même situation
19:20et surtout,
19:20on continue à s'enfoncer.
19:22Donc, il faut protéger
19:23les plus fragiles.
19:24Je donne un exemple,
19:25les aides à domicile.
19:27Leur indemnité kilométrique
19:29n'a pas été révisée
19:30depuis des années.
19:32Donc, ces gens-là
19:32qui n'ont pas choisi
19:34de travailler
19:34avec leur voiture,
19:36il faut les aider,
19:37il faut cibler.
19:38En revanche,
19:39dans le même temps,
19:40il faut absolument
19:41mettre en place
19:42à la fois
19:42un véritable plan
19:44de décarbonation.
19:45Pour ça,
19:45il faut garantir
19:46une énergie électrique,
19:48c'est-à-dire décarbonée
19:49et peu chère.
19:51Mais pour ça,
19:52il faut se battre
19:53à l'échelle européenne
19:55pour que notre nucléaire
19:56puisse être garanti.
19:58Il faut revenir
19:59sur les volontés
20:00de la Commission européenne
20:01de donner notre énergie
20:04issue de nos barrages
20:05hydroélectriques
20:06à des faux concurrents.
20:07C'est-à-dire qu'on est en train
20:07de faire sur l'hydroélectrique
20:09ce qu'on a fait
20:09sur le nucléaire
20:10et sur l'ensemble
20:12de la politique d'EDF.
20:15C'est-à-dire qu'on a créé
20:16des faux concurrents
20:17à EDF
20:17qui ne produisent rien
20:18juste parce qu'il fallait
20:19de la concurrence.
20:20Tout ça est stupide.
20:22J'ajoute un point,
20:23c'est que la fixation
20:24du prix de l'électricité
20:26à l'échelle européenne
20:28est une aberration,
20:29c'est-à-dire qu'on fait tout
20:30pour empêcher la France
20:31de bénéficier,
20:32pour ses entreprises,
20:33de son avantage compétitif.
20:35Par exemple,
20:37quand le prix de l'électricité
20:38est très faible en France
20:39puisque nous avons du nucléaire
20:41et que le prix est très élevé
20:42en Allemagne
20:43où ils ont du charbon
20:44qui pollue d'ailleurs,
20:45qui pollue toute l'Europe
20:46et des énergies renouvelables,
20:48eh bien en fait,
20:49la France,
20:50quand elle vend son électricité
20:52à l'Allemagne,
20:53n'empoche pas la différence.
20:54EDF n'empoche pas,
20:55ce n'est pas le producteur
20:56qui empoche la différence,
20:57ce sont les réseaux
20:58et de telle manière
20:59qu'en fait,
21:00ça équilibre les prix.
21:01Donc vraiment,
21:02tout est fait
21:02pour qu'on ne puisse pas
21:03bénéficier de nos investissements.
21:04Bref,
21:05il faut mener une politique
21:07qui défend le pouvoir d'achat
21:09à court terme
21:10et à long terme
21:11des Français
21:11par cette électricité
21:12bon marché,
21:14donc avec un opérateur
21:16qui soit un opérateur
21:17piloté par l'État
21:18et il faut avant tout
21:20investir dans une politique
21:22de production
21:22parce que c'est ça
21:24qui nous permettra
21:24d'encaisser les futurs chocs.
21:26Donc, mettre l'ensemble
21:28de l'énergie
21:30de la puissance publique
21:31sur cette préservation
21:32de ceux qui produisent
21:34sur le sol français.
21:35Charles ?
21:36Je trouve ce propos
21:38très intéressant.
21:40J'aime bien cette idée
21:41selon laquelle la France
21:42est à la fois
21:43un corps et une âme,
21:44un corps de par ses territoires,
21:46sa géographie particulière,
21:49sa cuisine
21:50qui ne va pas sans son territoire
21:52et une âme
21:54par les idées
21:55qu'elle défend
21:55depuis toujours,
21:56et sur lesquelles
21:58elle a été
21:59à l'avant-garde
22:00au cours des siècles.
22:02J'aime bien aussi,
22:04il y a quelque chose
22:05d'assez finckelkrautien
22:06dans votre approche
22:07de l'éducation
22:09et dans votre espèce
22:11de désarroi
22:12face à cette jeunesse
22:13qui manifestement
22:14a le cerveau
22:15qui fonctionne
22:15mais qui ne sait plus lire.
22:17Il n'y a pas de désarroi.
22:18Il y a une colère
22:19face au fait
22:19qu'on leur ment.
22:20Ça, oui.
22:21Mais il n'y a aucun désarroi.
22:22Par exemple,
22:23un moment où ils sont
22:24très émus
22:24en écoutant les travailleurs
22:26de la mer
22:26de Victor Hugo.
22:27Oui,
22:28mes élèves que j'avais eus
22:29quand j'ai enseigné
22:30à Épinay-sur-Seine
22:32et donc des élèves
22:33issus vraiment
22:34de toute origine
22:36et à qui j'ai fait étudier
22:38les travailleurs de la mer
22:39de Victor Hugo
22:40parce que
22:40ce n'est pas évident
22:41mais quand il y a
22:43la volonté
22:44on y arrive
22:45et on arrive
22:46à transmettre ça
22:47parce que je considérais
22:48que c'était leur héritage
22:49à tous.
22:49Et ils se sont passionnés
22:50pour ça.
22:51Ils ont aimé.
22:52Donc tout ça,
22:53je trouve ça très intéressant.
22:54Je trouve que c'est très intéressant
22:55sur le plan
22:57disons analytique
22:58mais je pense que ça appellerait
23:00un tome 2
23:01disons
23:01sur lequel peut-être
23:02que vous travaillez déjà
23:03sur en gros
23:04la projection.
23:05on est d'accord
23:06sur tout ça
23:07ce constat etc.
23:09Mais maintenant
23:10qu'est-ce qu'on fait
23:11au-delà des ajustements
23:12Si vous avez lu
23:13les trois derniers chapitres
23:14vous voyez que ça n'est que
23:15de la projection.
23:15Oui mais je trouve
23:16que vous êtes un peu
23:17pour le coup
23:17il y a un peu
23:18de technocrate
23:20en vous étrangement
23:21alors que vous n'avez pas fait
23:22C'est la première fois
23:23qu'on me le fait.
23:24Oui mais même là
23:25ici vous parlez
23:26des barrages hydrauliques
23:27je pense qu'il y a
23:28un auditeur sur deux
23:29qui décroche
23:29mais je ne vous dis pas
23:31que ce n'est pas intéressant
23:32Vous pensez
23:33que les auditeurs
23:34de RMC
23:35ne peuvent pas
23:36s'intéresser à ça
23:37En tout cas
23:38j'ai décroché
23:38sur une partie
23:39donc je vous dis
23:39les choses
23:40comme je les ressens
23:40Je pense que
23:41vous avez quand même
23:42un petit côté
23:45techno
23:46Ce qui est d'ailleurs
23:47étonnant
23:48parce que
23:48vous admirez
23:50en fait
23:50le panache français
23:51vous parlez
23:51de la littérature
23:52qui est indissociable
23:53de notre pays
23:54on sent que
23:55c'est sincère
23:56cette démarche
23:56vraiment
23:57vous aimez ça
23:58mais les grandes périodes
23:59de l'histoire de France
24:00c'est des périodes
24:01de projections
24:02qui vont très au-delà
24:03des ajustements
24:04C'est Louis XIV
24:06qui construit Versailles
24:07C'est Napoléon
24:09qui change absolument tout
24:10C'est De Gaulle
24:11qui change absolument tout
24:12qui a reconnu le pays
24:13et je pense qu'on aurait besoin
24:15Je pense qu'on aurait besoin
24:16Si je peux en placer une
24:17Louis XIV
24:18qui construit Versailles
24:19c'est le contraire
24:20de la projection française
24:21Louis XIV
24:22a laissé la France
24:23dans un état bien pire
24:24qu'il ne l'a trouvé
24:25Moi ce que je cite
24:27dans le livre
24:28c'est Henri IV
24:28C'est Henri IV
24:30qui réconcilie la France
24:32C'est Henri IV
24:32qui se projette
24:33et derrière
24:34il y a Colbert
24:35Oui mais pas Louis XIV
24:36Colbert
24:37C'est Colbert
24:38qui prévoit
24:39qui fait en fait
24:40de la planification
24:41c'est-à-dire
24:42qui plante des chaînes
24:43parce qu'il a prévu
24:44qu'il fallait avoir
24:44une marine
24:45Eh bien vous
24:46vous avez lu le livre
24:47donc vous savez
24:48que j'en parle
24:49Donc au contraire
24:50ce livre
24:51c'est une façon
24:51d'utiliser
24:53l'histoire de France
24:54pour se projeter
24:55c'est-à-dire
24:55ce qu'a fait Colbert
24:56c'est de la planification
24:57c'est ça que nous devons faire
24:59à l'échelle contemporaine
25:01Oui mais je trouve
25:01qu'il vous manque
25:02un peu un concept global
25:03Mais il est là
25:04le concept global
25:05production
25:06souveraineté
25:06Le concept global
25:08c'est de dire
25:08et je vais vous le simplifier
25:10si vous voulez bien
25:11je vais essayer
25:12de ne pas être trop techno
25:13même si je suis convaincue
25:14parce que je suis
25:14profondément démocrate
25:15que les citoyens
25:18comprennent parfaitement
25:19toutes ces problématiques-là
25:21J'ai une entière confiance
25:22en la capacité
25:23de jugement
25:24des citoyens
25:24de quelques
25:26milieux sociaux
25:26qu'ils soient
25:27Donc je termine
25:28qu'est-ce que c'est
25:29le cœur
25:30de ce livre
25:32sa thèse
25:32c'est de dire
25:34qu'il faut produire
25:36pour retrouver
25:36notre indépendance
25:37c'est-à-dire
25:38notre liberté
25:39qu'est-ce qui fait
25:40que nous allons
25:41pouvoir survivre
25:42dans un monde
25:42qui est un monde
25:43de plus en plus
25:44brutal et violent
25:45où nous sommes lancés
25:47dans une guerre
25:47de matière première
25:48parce que c'est ça
25:49qui se passe
25:50ce qu'il est en train
25:50de faire
25:51Donald Trump
25:52dans le détroit d'Hormuz
25:53Ce que font les Chinois
25:54c'est une guerre
25:55de matière première
25:56Or dans ce cadre-là
25:58l'Europe a arrêté
25:59de penser
26:00en termes d'indépendance
26:01Donc si nous voulons
26:02ne pas être esclaves
26:03dans les décennies
26:04qui viennent
26:05il faut produire
26:06sur notre sol
26:07il faut penser
26:08les chaînes d'approvisionnement
26:09de façon à ce que
26:10nous puissions avoir
26:11tout ce qui va nous permettre
26:12de vivre
26:13sans dépendre des autres
26:14Le premier point
26:15c'est l'énergie
26:16Derrière c'est l'alimentation
26:18Ensuite l'industrie
26:19L'État n'a plus un rond
26:20On ne peut plus planifier
26:21L'État n'a plus un rond
26:22parce que ça fait 20 ou 30 ans
26:23qu'on a des politiques
26:24qui se contrefichent
26:26de ces questions d'indépendance
26:27On ne peut plus planifier
26:28On en est à savoir
26:29si on peut payer les salaires
26:30Donc cher Emmanuel De Villiers
26:32la question de l'argent
26:33il y en a
26:346 250 milliards d'épargne
26:36qui va abonder l'économie
26:38Pour prendre l'argent des économistes français
26:39ceux qui nous écoutent
26:40n'ont pas d'accord
26:40Non ce n'est pas ça
26:41ce n'est pas prendre l'argent
26:42c'est faire en sorte
26:43que cet argent
26:44soit productif
26:45c'est ensuite
26:47nettoyer
26:47la dépense
26:49de l'État
26:50parce qu'il y a
26:51des gouffres financiers
26:52parce qu'il faut absolument
26:53par exemple
26:55réviser le millefeuille territorial
26:57faire en sorte
26:58d'arrêter
26:59d'avoir une administration
27:00absolument pléthorique
27:02tout ça
27:03ça doit être fait
27:04mais en parallèle
27:05si vous ne recréez pas
27:07de la richesse
27:07en produisant
27:08sur le sol français
27:09et donc
27:10en favorisant
27:11les entreprises
27:12qui produisent ici
27:13plutôt que celles
27:14qui importent
27:15ou qui s'enrichissent
27:16en ruinant l'industrie
27:17et l'agriculture française
27:18alors vous ne vous en sortez pas
27:19tout à l'heure je disais
27:20ça n'a l'assentiment de personne
27:21que si on ne repasse pas
27:22aux 39 heures
27:23sans augmenter les salaires
27:24on ne peut pas redécoller
27:25j'ai dirigé 6 entreprises
27:27depuis 40 ans
27:27dans plein de secteurs différents
27:29je peux vous l'affirmer
27:31on ne décollera jamais
27:32si on n'augmente pas
27:33le temps de travail
27:34sans augmentation de salaire
27:35tous les jours
27:35la question
27:36si vous faites ça
27:37sans penser le reste
27:39c'est-à-dire
27:40l'ensemble de l'organisation
27:42qui permet de flécher l'argent
27:44vers la production française
27:45ça ne suffira pas
27:47vous ne pouvez pas
27:48vous mettre en concurrence
27:49avec des pays
27:50qui ont un SMIC
27:51qui est deux fois
27:52quatre fois inférieur
27:54au nôtre
27:54si vous ne limitez pas
27:56en quelque sorte
27:57cette concurrence
27:58regardez par exemple
27:59je prends le cas de Chine
28:00Chine est une entreprise
28:02qui ne rapporte
28:03aucun impôt
28:04aucune taxe
28:05aucune cotisation
28:07sur le sol français
28:09donc
28:09le fait
28:10d'avoir laissé
28:11s'installer
28:12ce genre de plateforme
28:13d'avoir fait en sorte
28:14de leur faciliter la vie
28:16en ouvrant
28:17les ports européens
28:18à des petits colis
28:19et en aidant même
28:20c'est-à-dire que c'est fabuleux
28:21la Poste considère
28:22que la Chine
28:23est encore un pays
28:24en voie de développement
28:24et donc jusqu'à récemment
28:26nous avions des subventions
28:27pour les petits colis chinois
28:28donc vous pouvez faire
28:29tout ce que vous voulez
28:31baisser les salaires
28:32en France
28:32tout ce que vous voulez
28:33ça ne changera rien
28:34à ça
28:34si vous ne réglez pas
28:35le problème de fonds
28:36qui est celui
28:37d'une concurrence déloyale
28:38et accessoirement
28:39il faut dire aux français
28:41quand vous achetez
28:42chez Chine
28:43et bien
28:44vous votez
28:44pour un système
28:45qui va vous demander
28:46de travailler
28:47jusqu'à 70 ans
28:48parce que
28:48en fait
28:49vous faites travailler
28:50des entreprises
28:51qui ne payent pas
28:52les cotisations
28:52qui n'abondent pas
28:53notre système social
28:54mais c'est pas tous
28:56c'est pas les consommateurs
28:57tout seuls
28:57qui vont régler le problème
28:58c'est un problème politique
29:00c'est à la puissance publique
29:01de faire en sorte
29:02que l'argent des français
29:03abonde le modèle social français
29:05merci Natacha Polony
29:06la France
29:07corps et âme
29:08aux éditions
29:08vous reviendrez
29:09pour vos déclarations
29:10de candidature
29:10dans les grandes gueules
29:11merci
29:13merci d'être passé
29:15par les GG
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