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  • il y a 11 minutes
Face aux tensions au Moyen-Orient et aux inquiétudes politiques en France, les cours du pétrole grimpent (Brent à $111) et le CAC 40 poursuit son repli à 7 800 points avec un taux souverain français sous tension. Dans ce contexte volatil, le marché garde désormais un œil attentif sur les publications des résultats du T3 pour évaluer la résilience des entreprises.

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Transcription
00:04Générique
00:10Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:14Léa Doffas, chef économiste chez TAC Economics.
00:17Bonsoir.
00:18Bonsoir.
00:18Et Alexandre Eze, expert en marché financier et macroéconomie.
00:22Bonsoir Alexandre.
00:23Bonsoir Pauline.
00:24Léa, commençons peut-être avec ce baril de Brent,
00:27ces prix du pétrole qui ont remonté, qui sont volatiles en fait,
00:31qui ont remonté au-delà de 110 dollars ce matin,
00:34qui ont rebaissé un petit peu, mais qui restent globalement autour du seuil de 110 dollars.
00:39Vos commentaires sur ces prix du pétrole et sur peut-être les pressions inflationnistes
00:42que ça va engendrer dans les prochains mois ?
00:45Alors effectivement, volatiles parce qu'on a eu toute une succession d'événements,
00:49le mémorandum qui avait baissé les prix du pétrole, le retour des tensions.
00:52Là, c'est quelque chose d'assez paradoxal.
00:54En fait, on a les conditions qui seraient nécessaires pour diminuer un peu les prix du pétrole.
00:58C'est-à-dire que quand on regarde les flux dans le détroit d'Hormuz,
01:00on est à peu près, alors suivant les jours,
01:02mais entre 70 et 80 % des niveaux d'avant l'apparition du conflit.
01:06Mais là, en fait, la situation n'est pas suffisante parce qu'on a une complication
01:09et on a beaucoup de points de transmission des prix du pétrole
01:13qui sont des problèmes spécifiques sur le raffinage,
01:15donc qui augmentent les contraintes.
01:17Le fait que pendant toute la période depuis le mois de mars,
01:19les pays ont pompé dans leurs stocks et leurs réserves stratégiques,
01:23donc il faut les réaugmenter.
01:24Des contraintes spécifiques nécessairement aussi sur l'Ukraine et la Russie
01:28avec le fait que des flux russes peuvent aussi limiter le marché total du pétrole.
01:32Donc c'est une combinaison de beaucoup de facteurs
01:34qui font que même si on a une reprise des flux côté Moyen-Orient,
01:39en réalité, on a beaucoup de contraintes d'offres qui restent persistantes.
01:43Et ça, il faut un peu l'intégrer aujourd'hui,
01:45et notamment sur le scénario 2026,
01:47c'est-à-dire que quand on regarde toutes les estimations des grandes institutions,
01:50je pense au FMI qui est sorti la semaine dernière,
01:52je pense même au scénario des banques centrales,
01:54ce qu'on observe, c'est que tout le monde retrouve quelque part
01:56un équilibre offre-demande,
01:58c'est-à-dire des prix du pétrole autour de 80 dollars le baril,
02:01soit d'ici la fin d'année,
02:02soit plutôt sur la première partie de l'année 2027.
02:05En réalité, si on considère,
02:07et nous c'est notre scénario central,
02:09que le conflit ne va pas s'arrêter,
02:10parce qu'au-delà des contraintes d'offres,
02:11il y a bien sûr toutes les questions géopolitiques autour du conflit.
02:13Si le pétrole « rebaisse » autant,
02:17ça voudrait dire que le conflit s'arrête ou pas ?
02:19Exactement, et puis on voit bien,
02:20il y a la phase sur les outils,
02:22les attaques sur l'Arabie saoudite,
02:24donc il y a en plus des autres contraintes qui se font,
02:27une situation diplomatique qui reste complexe
02:29et qui le restera.
02:30Donc en fait, si on tape sur ces scénarios-là,
02:32il faut plutôt considérer qu'on a des moyennes
02:34autour de prix du pétrole,
02:36autour de 97 dollars le baril l'année prochaine.
02:39Les futures ont un peu remonté ce matin,
02:40mais la semaine dernière,
02:41on avait encore des futures qui étaient autour de 80 dollars le baril,
02:44et ça, ça change totalement le scénario.
02:45C'est-à-dire que le choc d'inflation
02:47qu'il devait surtout taper le second semestre de cette année,
02:50en fait, il va durer plus longtemps,
02:51et plus ce choc d'offres dure,
02:53plus le pouvoir d'achat des ménages,
02:54plus les marges des entreprises vont être contraintes.
02:56C'est typiquement les résultats
02:57qu'il va falloir regarder attentivement
03:00avec les publications du T3,
03:01c'est comment les entreprises gèrent ce choc d'offres-là,
03:04et si ce choc d'offres reste persistant,
03:06ce n'est pas encore aujourd'hui intégré dans les scénarios,
03:08ni dans les scénarios d'inflation,
03:09ni dans la réaction que les banques centrales auront
03:11face à ce choc d'offres qui est persistant.
03:14Alexandre, vos commentaires sur ces prix du pétrole,
03:17Léa nous a déjà dit beaucoup de choses,
03:21et justement, on peut aussi peut-être faire le lien
03:23avec ces résultats d'entreprises
03:24qui viennent de démarrer la semaine dernière,
03:27et comment vous les regardez,
03:29ce qu'on peut attendre aussi pour le troisième trimestre,
03:32mais peut-être d'abord un commentaire
03:33sur ces prix et sur l'inflation.
03:35– Bien, sur le pétrole, évidemment,
03:38le niveau moyen a largement augmenté,
03:40et ce qui est intéressant quand même,
03:42c'est, un, les banques centrales
03:44qui n'ont pas du tout mis en place un scénario
03:46avec un pétrole bien plus haut,
03:48ce qui est assez intéressant,
03:48c'est quand on regarde en 2022,
03:51avec les goulots d'étranglement,
03:52c'était un peu le même scénario qu'elles avaient,
03:53c'était un retour à la normale dans 3 à 6 mois,
03:56et finalement on voit ce qui s'est passé.
03:59Donc elles refont à peu près la même erreur,
04:01parce qu'elles ne veulent pas aller trop loin,
04:02la réalité c'est qu'elles ne veulent pas aller trop loin
04:04dans la hausse des taux monétaires,
04:07donc expliquer, elles essayent d'expliquer
04:09en croisant un peu les doigts
04:10que ça ne va pas se passer.
04:11Mais ce qui est aussi intéressant,
04:13et pour revenir aux entreprises,
04:14mais c'est sur les marchés,
04:15c'est qu'on voit bien dans une journée comme aujourd'hui,
04:17alors on va parler de l'intelligence artificielle
04:19et des craintes sur la finance circulaire
04:21et les financements,
04:24mais ce qui est intéressant,
04:25c'est que l'énergie,
04:27c'est le market mover quand même des marchés.
04:29On a vu aujourd'hui les marchés financiers le matin
04:32étaient en large baisse,
04:33avec des taux en hausse et des spreads de crédit,
04:36parce que quand même le crédit commence à être touché,
04:39donc là ça commence à faire peur au marché,
04:41parce qu'on voit que là c'est vraiment
04:42les problèmes de financement des entreprises
04:44qui commencent à poindre son nez,
04:46mais dès qu'on a eu un pseudo-accord,
04:49un mémorandum qui pourrait être encore signé
04:51entre l'Iran et les Etats-Unis,
04:53annoncé par les Américains,
04:55tout d'un coup le pétrole rebaisse,
04:56et là les marchés financiers remontent,
04:58les marchés actions remontent,
04:59les taux rebaissent.
05:00Donc en fait,
05:01en tout cas pour ces prochains mois,
05:03le pétrole c'est le market mover,
05:05au-delà d'une certaine manière
05:06de ce qu'on voit sur l'IA
05:09qui continue en fait son rythme d'investissement.
05:13Donc le pétrole qui va un peu tout déterminer au final,
05:15si je comprends bien.
05:16Tout déterminer,
05:17avec les prix du gaz effectivement en Europe
05:18qui touchent beaucoup plus l'Europe
05:20que les autres zones géographiques,
05:22on voit Emmanuel Macron qui part en croisade,
05:24mais c'est vrai qu'encore une fois,
05:27si on compare par rapport à 2022,
05:29on était un peu près dans la même situation
05:31et on a eu un hiver extrêmement doux,
05:33ce qui nous avait un peu sauvé à l'époque.
05:35C'est sûr,
05:35mais on ne peut pas faire de prévision météorologique.
05:38Oui, mais c'est ce qui avait sauvé
05:39puisque les réserves n'étaient pas au maximum.
05:42Donc on peut espérer à un moment
05:44que l'hiver soit un peu plus doux,
05:45ce qui sauverait en partie l'économie européenne.
05:48Oui, bien sûr,
05:49parce que les réserves sont tout à fait basses,
05:51Alexandre,
05:52pour le gaz européen.
05:56Avant de reparler de la tech
05:58et de l'intelligence artificielle,
06:00on parle évidemment de ces banques centrales.
06:03On attend la semaine prochaine
06:04deux décisions monétaires,
06:06l'EA,
06:06celle de la Réserve fédérale américaine
06:08et celle de la Banque centrale européenne
06:10le lendemain,
06:10le 28 et 29 octobre.
06:13Pas de grands changements
06:14à prévoir sur ces taux
06:16pour cette réunion d'octobre en tout cas.
06:18Non, a priori,
06:19pas de surprise.
06:20Côté BCE,
06:20on attend bien sûr
06:21la communication de Christine Lagarde
06:22sur la situation française,
06:24sur la logique de taux d'intérêt.
06:26En réalité,
06:27si on projette un peu plus loin l'inflation,
06:29on a une contrainte
06:30qui va peser
06:30sur l'inflation européenne
06:32pendant les prochains trimestres,
06:33mais à horizon 2028,
06:35on retournera à la cible.
06:36Ce qui est important
06:36à avoir en tête
06:37sur le discours de Lagarde,
06:38c'est son message de septembre
06:39où elle expliquait clairement
06:40que le fait
06:41que la croissance européenne
06:42soit résiliente
06:43lui permettait d'accompagner
06:44le choc d'offres
06:45et donc de monter les taux
06:46face aux pressions
06:47que l'énergie créée
06:49sur l'inflation.
06:50Si effectivement,
06:51on commence à avoir
06:51des poches de fragilité,
06:53si l'inflation devient
06:53un peu plus persistante,
06:55nous, on a plutôt le scénario
06:56que la BCE va un peu augmenter
06:58et elle va faire exactement
06:59en fait l'erreur
07:00qu'elle a faite en 2022,
07:02c'est-à-dire qu'elle va monter,
07:04mais elle va devoir ensuite
07:05très vite descendre
07:06et donc en fait
07:07accompagner le mouvement des prix
07:08par son mouvement de taux.
07:10Et là, pareil,
07:11c'est quelque chose
07:11qu'il faut voir
07:12par rapport au consensus de marché.
07:13Le consensus voit la BCE
07:14monter à 3 et rester à 3
07:16sur l'ensemble de l'année 2027
07:18en supposant qu'elle a répondu
07:19aux pressions d'inflationnistes
07:20mais que la croissance européenne tient.
07:22Le point qu'il faut regarder,
07:23c'est de dire attention,
07:24si la contrainte énergétique
07:26pèse plus qu'attendue
07:27sur les entreprises
07:27et sur les ménages
07:28dans un environnement de taux
07:29qui est plus élevé,
07:31la BCE va probablement
07:32accompagner ce mouvement
07:33tant que l'inflation augmente,
07:35mais derrière,
07:36elle va décélérer ses taux.
07:37Ça, c'est un point
07:38qui n'est pas dans le marché,
07:39mais là, c'est surtout la question
07:40comment la BCE réagira à la France
07:42que le marché va regarder.
07:44Côté fait, c'est différent.
07:45La contrainte d'inflation,
07:46c'est la même,
07:47mais par contre,
07:47elle est plus durable
07:48parce que l'économie américaine
07:49a d'autres facteurs
07:50en sous-jacent.
07:51Donc, malgré la volatilité
07:52de l'inflation,
07:53en BCE, en 2028,
07:54on revient à 2% d'inflation.
07:56Côté fait,
07:57l'inflation américaine
07:582027-2028,
07:59c'est plutôt 2,5-3.
08:00Donc, bien au-delà
08:01du seuil
08:02que le président Walsh
08:03considère comme 2%,
08:04c'est le seuil
08:05sur lequel l'inflation
08:06doit être,
08:07l'américaine doit être.
08:08Et donc là,
08:09c'est un vrai sujet.
08:09Autant sur l'économie européenne,
08:11on a des craintes
08:11sur la croissance
08:12l'année prochaine.
08:13L'économie américaine,
08:14hormis éclatement
08:15de la bullia significatif,
08:17ce qui n'est pas
08:17dans notre scénario,
08:18on a une économie américaine
08:19qui tient encore.
08:20Très bien.
08:20Donc, le risque
08:22pour l'économie américaine
08:23et donc pour la Fed,
08:23c'est plutôt une surchauffe
08:25de l'économie
08:25face à une inflation
08:26qui reste persistante à terme.
08:28Et donc là,
08:29autant côté BCE,
08:30j'aurais plutôt envie de dire
08:31attention,
08:31le marché price trop
08:32de hausse BCE.
08:34Côté Fed,
08:35même si ce n'est pas
08:35nécessairement aujourd'hui
08:36le sentiment de marché,
08:37c'est si l'inflation perdure
08:38et si la croissance américaine
08:40tient,
08:40le risque c'est que la Fed
08:41resserre probablement
08:42un peu plus.
08:43Maintenant,
08:43il y a des considérations politiques.
08:45Le 3 novembre,
08:45les mid-terms arrivent.
08:46Il y a beaucoup de sujets
08:48qui restent,
08:49mais on a plutôt
08:49le sentiment
08:50qu'elles ne vont pas aller
08:51dans un cycle
08:51tous les mois.
08:52Elles vont faire face
08:53à l'inflation,
08:54elles vont faire attention.
08:55Mais par contre,
08:56le risque,
08:56c'est que la Fed
08:56est un peu plus haut
08:57et que la BCE
08:58par contre aille un peu plus bas.
08:59Oui,
08:59elles vont rester finalement
09:00toujours dépendantes
09:01aux données au final
09:02comme depuis
09:04un peu historiquement.
09:08Alexandre ?
09:08Oui,
09:09je pense qu'effectivement
09:11la BCE
09:12va être très largement
09:14dépendante des données
09:14parce qu'elle n'a pas
09:16beaucoup de visibilité.
09:18Peut-être qu'aux Etats-Unis,
09:20l'appréciation
09:21est un peu différente
09:22où il y a vraiment
09:24un mantra
09:25de penser
09:26que l'intelligence artificielle
09:27va de toute façon
09:27à terme faire baisser
09:29l'inflation.
09:30Ce qui est assez,
09:30je trouve,
09:32interloquent,
09:33c'est finalement Trump
09:34alors que les taux ont monté
09:35et derrière Warch
09:36comme sans problème
09:37et quoi qu'il se passe
09:38en tout cas,
09:40il le soutient
09:41et finalement
09:41il ne fait pas
09:42ni plus ni moins
09:43que faisait l'ancien président.
09:45C'est ce que faisait Powell.
09:45Que ce que faisait Powell,
09:47c'est ça.
09:47Il ne fait pas un peu près
09:48il est dans la continuité
09:49de Powell.
09:51Moi,
09:51j'aime bien cette théorie
09:52qui tente à penser,
09:54qui commence à émerger
09:56qu'aux Etats-Unis,
09:57finalement,
09:58de monter les taux,
09:59ça peut amener aussi
10:00de l'inflation,
10:01c'est-à-dire que
10:02lié au financement
10:03de l'intelligence économique,
10:04de l'intelligence artificielle,
10:05pardon,
10:06et en fait,
10:07ça augmente
10:08les rentabilités
10:10de demandés
10:11et donc,
10:11dans cette économie
10:12en cas quand même,
10:13qui est quand même
10:14l'économie aux Etats-Unis
10:15où il y a toute une partie
10:16qui profite
10:17de l'intelligence artificielle
10:18et une autre partie
10:19qui est en train de décroître
10:20sur les agents consommateurs
10:23mais aussi sur les entreprises,
10:24eh bien en fait,
10:25le fait de monter ces taux,
10:26ça fragilise encore plus
10:27la partie basse
10:28de l'économie
10:29et on voit bien
10:31que l'investissement
10:32sur l'IA,
10:33il va continuer
10:34même si c'est à 8,
10:3510, 12%,
10:35de toute manière,
10:36il y a quelque chose
10:37qui est en train de,
10:37ce qui est irrépressible
10:39et donc de monter les taux,
10:41ça peut créer un danger
10:43en tout cas,
10:44sur l'économie globale
10:45en maintenant,
10:46artificiellement,
10:47d'une certaine manière,
10:48de manière contre-intuitive,
10:50une inflation
10:51beaucoup plus élevée
10:52liée à l'IA.
10:55Justement,
10:56sur cette intelligence artificielle,
10:58on a vu des ventes
11:00assez massives
11:00la semaine dernière
11:02sur les marchés,
11:04je rappelais en intro
11:06le SOX qui a connu
11:078 séances de baisse
11:09consécutive,
11:10c'était du jamais vu
11:11depuis 2008,
11:12donc depuis près de 20 ans.
11:14Est-ce que vous pensez,
11:16Léa,
11:16qu'il faut commencer
11:17à s'inquiéter
11:18sur l'intelligence artificielle ?
11:19Vous parliez de bulles
11:21de l'IA tout à l'heure,
11:22peut-être un commentaire
11:23jusqu'à ce moment-là.
11:23C'est les prémices
11:24de l'éclatement de cette bulle ?
11:25Non, nous,
11:25ce n'est pas du tout
11:26notre point de vue
11:27et les outils quantitatifs
11:28qu'on a mettent plutôt en avant
11:29une période qui est plus volatile,
11:31mais pas du tout
11:32un directionnel
11:33qui est à horizon 3 mois
11:34et baissier sur les marchés
11:36actions et le marché
11:37actions américain.
11:38Je pense que là,
11:39je ne vais pas dire
11:40que c'est plutôt rassurant,
11:41mais en tout cas...
11:42C'est sain ?
11:42Alors, c'est sain,
11:44de toute façon,
11:44il y a une bulle sur l'IA,
11:45elle éclatera un moment,
11:46le jour où elle éclatera,
11:47ce sera une crise à la 2008,
11:48mais on n'est pas du tout là-dedans.
11:49Là, c'est plutôt
11:50le narratif qui change,
11:52les modes de financement
11:53des sociétés,
11:54on le voit bien,
11:55TSMC n'a pas de problème,
11:56les contraintes d'offres
11:57sont encore persistantes,
11:58ce n'est pas un problème
11:59de demande aujourd'hui
12:00sur l'outil IA,
12:01c'est plutôt des considérations
12:02sur certains acteurs spécifiques
12:04et un allègement
12:05sur cette posture-là
12:06ne pose pas de problème,
12:08d'autant plus que ça arrive
12:09à un moment où le coût
12:10du capital remonte.
12:11Donc, dans une logique
12:12où les taux d'intérêt à terme
12:13sont plus élevés
12:14et continueront à l'être,
12:15qu'on ait une phase
12:16d'assainissement aujourd'hui,
12:17ça reste quelque chose
12:18d'assez sain et on voit bien,
12:20en tout cas sur la séance
12:22du 15 octobre,
12:22quand ça avait vraiment plongé,
12:24on avait effectivement
12:25les marchés asiatiques,
12:26le S&P qui était à l'équilibre,
12:28le Russell qui, lui,
12:29était en phase de hausse,
12:30c'est plutôt quelque chose
12:31d'ajustement sectoriel
12:33lié au semi-conducteur
12:34plutôt qu'un mouvement global
12:36qui n'est pas celui-là
12:36et quand on regarde
12:37effectivement le vrai sujet,
12:39c'est la question
12:40des dépenses d'investissement,
12:41on est à peu près
12:42à 700 milliards cette année,
12:431100 milliards l'année prochaine,
12:45quand on fait le calcul,
12:46la bascule entre 700 milliards
12:48cette année
12:48et les 1100 milliards
12:49d'investissement l'année prochaine,
12:50c'est ce qui fait
12:51qu'on a une croissance américaine
12:52autour de 2.
12:53Si vraiment on maintient
12:54en fait ces 700 milliards
12:56et qu'on n'a pas
12:57les 1100 milliards
12:58l'année prochaine,
12:58la croissance américaine
13:01commencera déjà à ralentir
13:02mais sera encore stable.
13:04Le vrai problème,
13:05c'est si on sort
13:05des semi-conducteurs,
13:06si c'est un mouvement durable
13:07sur le S&P,
13:08on aura les effets
13:09de l'investissement,
13:10les effets sur la richesse
13:11financière des ménages
13:12mais là,
13:12ce n'est pas du tout
13:13la situation qu'on a actuellement,
13:14c'est plutôt un épiphénomène
13:16qu'une vraie bulle IA
13:17qui est en train de diffuser
13:18compte tenu des investissements
13:19qui restent encore majeurs
13:20sur 2027.
13:22Alexandre,
13:23vos commentaires
13:23sur l'intelligence artificielle
13:26et la tech,
13:26sachant que
13:27Léa a mentionné
13:28justement les résultats
13:29de TSMC,
13:30peut-être qu'on peut en dire
13:30un mot,
13:31parce que des résultats
13:31qui étaient globalement
13:33assez exceptionnels
13:35et qui n'ont pas été salués
13:37par le marché,
13:38justement parce qu'il y avait
13:40ce mouvement...
13:40Il y a un mouvement de vente,
13:43notamment des hedge funds
13:44qui ont vendu
13:44de manière massive,
13:46ils étaient extrêmement positionnés,
13:47ils le sont encore
13:48mais il y a eu
13:48des grosses prises de bénéfices.
13:50Alors,
13:51depuis 30 ans
13:52que je suis sur les marchés,
13:53j'ai toujours considéré
13:54que des baisses
13:55assez violentes comme ça,
13:56c'est toujours bon
13:57pour les marchés
13:57parce que ça assainit
13:58le marché
13:59et notamment les positions
14:00de levier.
14:00C'est-à-dire qu'il y a un moment
14:01quand une bulle se met en place,
14:04un levier continue
14:06en fait,
14:06alimente cette bulle
14:07et là,
14:08c'est là où ça peut être dangereux
14:09parce que...
14:10et le fait d'avoir
14:11des volatilités excessives
14:12à la baisse,
14:13vous avez des ventes forcées
14:16qui assainissent complètement
14:17le marché
14:17et qui rabaissent le levier.
14:19Donc,
14:19ça veut dire qu'on peut repartir
14:20d'une certaine manière
14:21un peu plus calme
14:23et sereine.
14:25Sur les craintes
14:27que l'on peut avoir,
14:29les craintes,
14:29quand on voit les résultats,
14:30même à SML
14:31ou TSMC,
14:33les résultats sont exceptionnels
14:34et il y a quand même
14:35une visibilité
14:37qui est quand même
14:38très forte,
14:39même tous les plans,
14:40on est jusqu'à 2030,
14:41on n'est pas...
14:41Évidemment,
14:42ça peut baisser un peu
14:42l'année prochaine,
14:43etc.
14:44Mais tant que les investissements
14:45continuent...
14:45Et ce qu'on a pu voir
14:46depuis le début de l'année,
14:47c'est que vous pouvez avoir
14:48des problématiques sur le pétrole,
14:49des problématiques sur les taux
14:50d'intérêt.
14:51En fait,
14:51il n'y a aucune remise en cause
14:53des investissements
14:54pour une raison essentielle,
14:55c'est que c'est quasiment
14:57un enjeu géopolitique
14:58entre les Chinois
15:00et les Américains.
15:01Je veux dire,
15:01c'est la force,
15:02celui qui va gagner
15:03cette guerre technologique
15:04qui l'emportera
15:07pour des dizaines
15:08et des dizaines d'allées.
15:09Donc,
15:10les États-Unis
15:11ne vont pas s'arrêter,
15:12les Chinois non plus.
15:14Et en même temps,
15:15il y a une espèce
15:16de captation
15:16du capital
15:17par l'IA,
15:19en défaveur
15:20des autres secteurs
15:22où il n'y a plus
15:22du tout d'investissement,
15:23qui est quasiment,
15:24encore une fois,
15:26sans concurrence
15:27et quel que soit
15:28le taux d'intérêt.
15:28Donc,
15:29ça va continuer,
15:30donc on a une visibilité.
15:31C'est vrai que ce qu'on appelle
15:32les neoclodes,
15:33c'est-à-dire que les centres
15:34de données,
15:34ceux qui fabriquent
15:35les petits hyperscalers,
15:36mais non généralistes,
15:37qui fabriquent les centres
15:38de données
15:39que sur les puces Nvidia,
15:41les GPU,
15:42l'intelligence artificielle,
15:43on a eu quelques déboires.
15:45Ce risque peut arriver
15:45à ce niveau-là
15:47et ce que l'on voit,
15:48on commence à pointre
15:49quelques points quand même
15:49des annulations
15:50de construction
15:52de data center,
15:54Microsoft en Angleterre,
15:55avec N-Scale,
15:56etc.
15:57Et le risque pour moi,
15:59c'est comme dans une entreprise,
16:00c'est une crise de croissance,
16:02c'est-à-dire que tout va bien,
16:03mais il y a un moment
16:04où ça ne suit pas.
16:05Et là où ça peut ne pas suivre,
16:07c'est sur les réseaux électriques.
16:09Il y a un sujet
16:10pour moi actuellement,
16:11et on voit qu'il y a
16:12énormément de centres de données
16:13qui prennent du retard,
16:14voire même qui sont annulés,
16:16non pas à cause des puces
16:18qui sont vendues
16:18à des prix,
16:20il y a une élasticité
16:21assez folle,
16:22mais à cause
16:23de l'infrastructure électrique
16:25qui ne suit pas.
16:26Notamment,
16:26il y a un cas en Angleterre
16:27où le centre de données
16:29ne s'est pas fait,
16:29parce que finalement,
16:30les plans d'infrastructure électrique
16:32étaient à l'horizon 2029-2030,
16:34alors que là,
16:35on a besoin maintenant.
16:36Je veux dire,
16:37les 1 100 milliards
16:38d'investissements,
16:39c'est l'année prochaine
16:40puisque l'année d'après,
16:41ça sera 1 200,
16:421 300,
16:43c'est pour maintenant
16:45et ce n'est pas pour
16:45dans 2-3 ans.
16:47Donc,
16:47il y a un retard
16:48qui peut être fait
16:48et c'est ce qu'on appelle
16:49une crise de croissance
16:50d'une certaine manière,
16:51c'est-à-dire que tout est bien
16:51mais derrière,
16:53ça ne suit pas.
16:54Et là,
16:54pour moi,
16:55c'est potentiellement
16:56le risque essentiel
16:57qu'il faut suivre.
16:58Dans tous les cas,
16:58on va continuer de suivre
17:00cette saison des résultats.
17:01Pour l'instant,
17:01c'est que le début,
17:02donc on va regarder
17:03évidemment les résultats
17:04des joueurs de la tech,
17:06de l'intelligence artificielle
17:07avec attention.
17:08Un autre sujet
17:09dont il faut qu'on parle,
17:11c'est le cas français,
17:12Léa.
17:13Le cas français,
17:14on en parle souvent
17:15sur ce plateau.
17:16Je rappelais en intro
17:18les équilibres
17:19sur les marchés obligataires
17:20avec un rendement
17:21à 10 ans français
17:22qui flirte désormais
17:23avec les 5%.
17:24Est-ce que cette situation
17:26française inquiète
17:27vraiment les marchés ?
17:29Est-ce qu'il y a
17:29un risque de contagion
17:31à l'ensemble
17:31de la zone euro également ?
17:33Et si oui,
17:35dans quelles conditions
17:36la BCE pourrait-elle intervenir ?
17:38Alors,
17:38est-ce que ça inquiète
17:39les marchés ?
17:39Très clairement,
17:40quand on voit les signaux,
17:41le repli qu'on a eu
17:42un peu sur la semaine dernière,
17:43c'est vraiment un bêta
17:44de la baisse du mouboune
17:45et pas du tout
17:45une situation française.
17:47Il y a plusieurs éléments
17:48à mettre en avant.
17:49C'est-à-dire que
17:51tant que l'élection présidentielle
17:52ne se tiendra pas,
17:54en réalité,
17:55on ne va pas pouvoir
17:55faire grand-chose
17:56et donc toutes les contraintes
17:57françaises qui sont là
17:58et qui expliquent
17:59pourquoi on a un taux français
18:00supérieur au taux allemand
18:01vont rester.
18:02Quand on essaye de faire
18:03un peu une valeur d'équilibre
18:04entre la situation budgétaire,
18:06macro,
18:07politique française,
18:08un OAT-Bound
18:10à 100,
18:11150 points de base,
18:12c'est assez cohérent.
18:13On pourrait même
18:13aller le chercher
18:14un peu au-dessus.
18:16Maintenant,
18:16il y a deux choses
18:17à mettre en avant.
18:17Le premier,
18:18c'est que plus on attend,
18:20moins on résout rapidement
18:21les problèmes,
18:22plus ça va être compliqué
18:23de le résoudre.
18:24C'est-à-dire que
18:24le projet de loi français
18:26que le gouvernement a voté
18:27table sur une croissance française
18:28l'année prochaine
18:29qui doit être autour de 1%.
18:30Cette année,
18:31on est à 0,4%.
18:32Si rien ne se passe,
18:34et on le voit bien,
18:35la croissance française
18:36décroche totalement
18:37de la croissance européenne.
18:38La croissance européenne
18:39est prévue autour de 1,2%
18:40l'année prochaine.
18:41Le FMI vient de sortir
18:43ses prévisions sur France
18:44pour l'année prochaine.
18:44Elles sont 0,7%.
18:46Et je pense vraiment
18:470,7% c'est la fourchette haute.
18:48C'est-à-dire que
18:49les questions qu'on mentionnait
18:51sur l'énergie,
18:51sur le pouvoir d'achat,
18:52sur les marges des entreprises,
18:54sur cette confiance
18:56qui plombe aujourd'hui
18:57les décisions françaises,
19:01va s'apesantir.
19:02Et donc,
19:02tout le resserrement budgétaire
19:04que le marché anticipe
19:05va être encore plus dur à faire
19:07si la situation de Macron
19:08ne s'améliore pas.
19:09Donc ça,
19:09c'est le premier point.
19:10Le fait d'avoir un écart de spread
19:12de la France
19:13par rapport aux autres,
19:13c'est en réalité assez cohérent.
19:15Maintenant,
19:15est-ce que le marché s'inquiète ?
19:17Pas nécessairement.
19:18En fait,
19:18là,
19:18j'ai plutôt tendance à dire
19:19qu'il price en réalité
19:20un risque français plus élevé.
19:22Nous,
19:22on a fait des mesures
19:23de qu'est-ce qui se passerait
19:24plutôt à 2027-2028,
19:27une fois l'élection passée.
19:30En réalité,
19:31ce qu'on voit,
19:32on avait modélisé
19:32des scénarios
19:33dans lesquels on disait
19:33qu'il n'y aura pas de solution.
19:34C'est-à-dire qu'il y aura
19:35un président d'un parti,
19:36une assemblée
19:37qui resterait divisée.
19:38Et ça,
19:38c'est des niveaux d'équilibre
19:39autour de 150 points de base.
19:41Donc en réalité,
19:42on y est.
19:43En fait,
19:43le marché price probablement
19:44déjà un résultat
19:45qui sera compliqué
19:46à la suite des présidentielles.
19:49Effectivement,
19:49moi,
19:50j'ai beaucoup eu la question
19:51de la part de mes clients
19:51qui était de dire
19:52c'est quoi le niveau
19:53qui va faire que la BCE
19:54fait quelque chose ?
19:55Qu'est-ce qui va faire déclencher ?
19:56En réalité,
19:56on n'en a pas.
19:58Est-ce que c'est 200 ?
20:00Est-ce que c'est 400 ou autre ?
20:01En fait,
20:01on pourrait très bien
20:02rester à 200 points de base
20:03jusqu'en mai 2027.
20:05Le point qu'il va falloir regarder
20:07pour l'intervention
20:07des banques centrales,
20:08c'est de dire déjà
20:08est-ce qu'on a une contagion
20:10du risque français
20:10aux autres pays ?
20:11Pour l'instant,
20:12ce n'est pas encore le cas.
20:13La BCE avait beaucoup réagi
20:14quand il y avait
20:15les effets de contagion
20:16et c'est d'ailleurs
20:16la raison pour laquelle
20:17le TPI,
20:19l'outil de la BCE
20:20que tout le monde
20:20espère mettre en place,
20:21avait été créé.
20:22Et puis surtout,
20:23est-ce que ça amène
20:24à des questions
20:24sur l'existence même
20:25de la zone euro
20:26ou le risque de la zone euro ?
20:27Là,
20:27on n'est plus du tout
20:28dans la situation
20:29de la crise des dettes souveraines.
20:30Tous les pays,
20:31bien compris l'intérêt
20:33de rester dans la zone.
20:34Donc,
20:34nous,
20:34on a plutôt le sentiment
20:35de dire que c'est une situation
20:36qui va être complexe.
20:37La BCE,
20:38elle a beaucoup de choses
20:39qu'elle peut faire
20:40entre de la communication.
20:41Elle l'a déjà fait.
20:42On a tous les outils possibles.
20:44Il y a une question
20:45qui n'est pas assez discutée,
20:46c'est de dire
20:46est-ce que la BCE
20:47va arrêter son quantitatif tightening ?
20:49Ça limiterait,
20:51ça améliorerait un peu
20:52les pressions sur les taux.
20:53Il y a bien sûr
20:53la question du TPI.
20:54Moi,
20:54ce que j'ai plutôt envie
20:55de mettre en avant,
20:56c'est qu'en fait,
20:56un spread OAT-Bound
20:57à 200 BP jusqu'en mai 2017,
20:59c'est une contrainte
21:00pour la France.
21:00Ça complexifie encore plus
21:02la charge d'intérêt,
21:03mais c'est un scénario
21:04qu'il faut envisager
21:05dans la mesure
21:05où on a le budget,
21:07on a les agences de notation,
21:08on a la situation
21:09qui est dégradée,
21:10on a la question
21:12des violences
21:13et de l'implication
21:13que ça peut avoir.
21:14Tout ça fait qu'en réalité,
21:16le niveau de spread
21:17d'aujourd'hui,
21:17il n'a pas de raison de baisser.
21:19Il est plutôt cohérent.
21:20Non, il n'a pas de raison de baisser.
21:21Et justement,
21:22Alexandre,
21:23vos commentaires
21:24sur cette situation
21:26française
21:26sur la BCE.
21:28On attend évidemment
21:29la réunion le 29
21:30de la Banque centrale européenne
21:32où Christine Lagarde
21:33pourra prendre la parole
21:34sur la situation
21:36française.
21:38Est-ce que selon vous,
21:40le risque de contagion
21:42pour l'instant
21:43n'est pas vraiment là ?
21:47Sachant que
21:47sur ce risque de contagion,
21:50moi,
21:50ce que je regarde aussi,
21:51c'est cet euro
21:52qui a baissé
21:52assez rapidement
21:53quand même face au dollar
21:54pour retrouver des niveaux
21:57pas vus depuis mai 2025
21:58à 1,12.
22:00C'est là où on peut peut-être
22:01se poser la question
22:01de la contagion,
22:02sachant qu'on n'est pas
22:04le seul pays
22:05qui attend une période électorale.
22:07Il y a l'Italie,
22:07l'Allemagne avec l'AFD,
22:09l'Espagne avec le 29 novembre
22:10et ses élections
22:11anticipées également.
22:13Alors,
22:13sur la baisse de l'euro,
22:15normalement,
22:16ce serait presque
22:17une bonne nouvelle.
22:19la France,
22:20c'est un des seuls
22:21grands pays en Europe
22:21qui n'a jamais fait appel
22:23ni au FMI
22:24ni à la BCE,
22:26la Grande-Bretagne,
22:27l'AFL,
22:28l'Allemagne,
22:29évidemment,
22:29la crise souveraine.
22:30On est un peu resté
22:32à chaque fois en dehors
22:32des vraies crises.
22:33Alors,
22:33il y a eu historiquement
22:3458 avec
22:35le général de Gaulle
22:37et ce qu'il avait fait,
22:38c'est quand même
22:38qu'il avait dévalué
22:39le franc à l'époque
22:40de manière assez significative
22:41pour retrouver une compétitivité
22:43avec des hausses d'impôts,
22:44etc.
22:44Donc,
22:45on voit que ce n'est plus possible
22:46et on se retrouve
22:47dans la même situation
22:48de l'Espagne,
22:49la Grèce,
22:51l'Italie,
22:51c'est qu'en fait,
22:52on n'a pas sa propre devise.
22:53Donc,
22:54on ne peut rien faire,
22:55on ne peut rien faire,
22:56l'euro,
22:56c'est la devise de l'Europe,
22:58ce n'est pas la devise de la France.
22:59Donc,
22:59on n'a pas une banque centrale
23:00qui peut agir.
23:02Et,
23:03je pense que
23:03le spread,
23:04évidemment,
23:05s'il y a une vraie réalité,
23:06les élections présidentielles,
23:08ce qu'on peut avoir
23:08quand même
23:08après les élections présidentielles,
23:10alors,
23:10tout dépend de ce qui peut se passer,
23:11mais c'est un moment,
23:13comme on a eu en Italie
23:14avec la Ligue du Nord,
23:15c'est avec l'Estrus,
23:16c'est un moment
23:17où les marchés
23:17peuvent tester la France
23:18de manière très significative.
23:20Moi,
23:20je crois vraiment au fait que,
23:21et on l'a vu aussi
23:23dans la crise souveraine,
23:24les marchés,
23:25à un moment,
23:25peuvent tester
23:27des taux
23:28beaucoup,
23:28beaucoup plus hauts
23:29pour amener,
23:30obliger la France
23:31à agir
23:31et en tout cas,
23:33se mettre soit
23:33sous la tutelle
23:34de la Banque Centrale Européenne,
23:35la Troïka,
23:36enfin,
23:36on peut imaginer
23:38des scénarios
23:38qui sont bien plus noirs
23:39pour la France,
23:40pour la forcer
23:41comme on a fait
23:42dans les autres pays.
23:44En tout cas,
23:44une chose est quasi certaine,
23:46c'est que tout cela
23:47ne changera pas
23:48avant l'élection présidentielle
23:50et même après.
23:50Les marchés peuvent tester
23:51potentiellement un peu avant.
23:54C'est possible aussi,
23:55on peut mettre
23:56un peu plus la pression.
23:57Et vous parliez
23:57de la contagion,
23:58on commence à voir
23:59quand même en Italie
23:59les pays les plus fragiles
24:01et notamment l'Italie
24:02malgré tout
24:02est un pays fragile
24:03en termes de dettes
24:04et c'est le premier pays
24:06qui sera touché,
24:07ce sera l'Italie.
24:09Alors voir s'il y a
24:10une...
24:11si l'Union,
24:13si l'Europe agit
24:14de manière solidaire
24:16ou pas,
24:17ce sera à mon avis
24:18un vrai test
24:19pour l'Europe
24:21et la BCE.
24:23Ce qui s'est passé
24:24en 2011
24:25avait été très compliqué
24:26et la France
24:27était un peu en dehors
24:28d'honneur de leçon
24:29et je ne suis pas sûr
24:29que les autres pays
24:30soient d'accord
24:32pour aller au chevet
24:34de la France
24:34aussi rapidement.
24:35Affaire à suivre,
24:37Alexandre,
24:37merci à tous les deux.
24:39Alexandre,
24:39aisé,
24:40expert en marché financier
24:41et macroéconomie.
24:42Merci Léa Daufas,
24:43chef économiste
24:44chez TAC Economics.
24:46Merci à tous les deux
24:46d'avoir été sur ce plateau
24:48ce soir.
24:49Merci à vous
24:49de nous avoir suivis
24:50et on se retrouve
24:52demain à midi et demi
24:53en direct
24:54sur Bsmart.
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