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  • il y a 40 minutes
En l’absence d’avancée de la situation au Moyen-Orient, les cours du pétrole grimpent : le Brent progresse de 2% et évolue autour de 111 dollars tandis que le WTI repasse les 100 dollars, à des sommets depuis 5 mois. Pour garantir les ressources énergétiques de la France, Emmanuel Macron est actuellement en tournée dans le Golfe. Après des étapes au Koweït et aux Émirats Arabes Unis, le chef de l'État poursuit sa mission d'urgence aujourd'hui…

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Transcription
00:02Générique
00:10Un invite avec nous pour décrypter les enjeux de la séance, les tendances de la semaine.
00:15Gilles Etchébé-Igaray, vous êtes président d'Elcano Asset Management.
00:19Bonjour Gilles.
00:20Bonjour.
00:20Je vous propose de revenir sur ce prix du baril de Brent par exemple,
00:25ces prix du pétrole au global qui repartent à la hausse.
00:28Il s'était stabilisé entre 105-110 dollars sur les derniers jours.
00:32Gilles, le baril de Brent repasse au-dessus de 110 dollars, le WTI au-dessus de 100 dollars.
00:38Qu'est-ce que ça nous dit sur les marchés ?
00:40Alors déjà il y avait eu une stabilisation.
00:42Pourquoi ? Parce qu'effectivement au quotidien,
00:46on avait des échappatoires qui avaient été mis en place dans le Golfe.
00:50Dans le fait qu'on avait des allers-retours, des pétroliers qui étaient payés,
00:53enfin des allers-retours entre Dubaï et Oman.
00:56Donc on avait quand même à peu près 12-13 millions de dollars qui passaient,
00:59alors ce n'était pas crié sur les toits,
01:01mais on avait à peu près 12 ou 13 millions de dollars de barils,
01:04pardon, de mis en barils qui passaient contre 20 millions de dollars,
01:0620 millions de barils, qui passaient tous les jours.
01:10Donc on avait mis en place des échappatoires ou des contournements assez efficaces,
01:13qui avaient maintenu le prix du baril autour de 100 dollars.
01:17C'est un coût où on estime à 20-25 dollars,
01:19donc on avait à peu près 70 dollars plus 25,
01:21enfin on trouvait à peu près le prix qu'on avait,
01:24donc effectivement avec ces différents échappatoires qui fonctionnaient.
01:28Il se trouve que visiblement les Américains sont un peu moins actifs depuis quelques semaines,
01:33et les Iraniens, peut-être avec l'aide des Russes, sont un peu plus précis.
01:37Et donc apparemment ce week-end,
01:38ils auraient réussi à toucher un ou deux pétroliers qui faisaient ses allers-retours.
01:41Donc c'est pour ça qu'on a un peu de stress sur le marché pétrolier.
01:44Après, je dirais qu'on a vu quand même quelque chose au mois de septembre-octobre,
01:48on avait une corrélation parfaite quasiment entre les taux dix ans et le marché pétrolier.
01:53On a vu que cette corrélation s'est arrêtée, puisque les taux ont monté.
01:56En fait, je veux dire, le souci ou l'attention s'est porté sur autre chose dans le marché du
02:00pétrole.
02:00Pas tellement sur les stocks de bruts, même si ça commence à être un peu tendu,
02:04sur le fait qu'effectivement c'est les produits pétroliers, les produits raffinés.
02:09Donc le diesel par exemple ?
02:10Diesel, fuel, kérosène, tout ça.
02:11En fait, effectivement, parce que le Golfe était devenu une puissance, je veux dire, de raffinage.
02:19Produit export du brut, mais exporté aussi des produits raffinés.
02:24Et effectivement, et même si Trump accuse l'Ukraine à travers les bombardements des usines russes,
02:30des raffineries russes, qu'il n'a pas amélioré les choses,
02:32mais globalement, on commençait à sentir qu'effectivement,
02:35une tension plus importante sur les produits raffinés,
02:36et donc une crainte inflationniste, parce que c'est des produits qui, en fait,
02:40affusent toute la chaîne de production et l'agriculture.
02:43Donc effectivement, le souci s'est un peu déplacé là-dessus.
02:47Bon, les raffineries qui restent, maintenant, tournent à plein.
02:50Donc l'économie fait son œuvre, les prix élevés font leur œuvre.
02:53Et voilà.
02:54Mais en tout cas, on avait eu...
02:55Enfin, quelque part, la mise en place de ces mesures dans le Golfe
03:00avait permis, en fait, de déconnecter le prix de pétrole du marché
03:03et de se focaliser d'attention sur les produits raffinés.
03:06C'est une situation, Gilles, qui pèse, évidemment.
03:08Vous le disiez, des craintes inflationnistes qui pèsent sur les marchés,
03:12toujours, depuis des mois que ce conflit dure,
03:15et qui pèsent, bien sûr, aussi sur ces marchés obligataires.
03:18Je rappelais en introduction les équilibres du jour.
03:21Bon, la France est un peu...
03:23Je mets la France un peu à part, évidemment,
03:24parce que c'est un pays qui a d'autres problèmes que les craintes inflationnistes.
03:30Mais par exemple, si on parle des États-Unis ou des autres pays de la zone euro,
03:34vous nous aviez déjà parlé de ces équilibres obligataires il y a un mois et demi.
03:38Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire aujourd'hui ?
03:40Voilà.
03:40Donc, il y a un mois et demi, on était franchement par favori aux obligations
03:43et, effectivement, sur des critères macroéconomiques.
03:46Je dirais que ça n'a pas vraiment changé.
03:48Et je dirais qu'en fait, ce qu'on n'avait pas vu,
03:50c'est qu'il y avait des structures...
03:52La structure de marché avait changé.
03:54En fait, pour nous, l'analyse de ce qui est passé
03:57et la brusque flambée obligataire de fin septembre,
04:01qui est déjà en partie revenu, il faut voir,
04:04n'est pas vraiment liée à la macroéconomie.
04:06On ne voit pas d'accélération inflationniste, comme on disait.
04:08On voit une croissance qui reste stable.
04:10Non, pour nous, c'est vraiment plutôt lié à la structure des marchés.
04:13On n'avait pas vu venir.
04:14C'est qu'en fait, les marchés ont fait une espèce de, je dirais, de crise de foi.
04:18Crise de foi cet été, avec toutes ces émissions liées à l'Aïd.
04:21Parce qu'en fait, le trésor américain émet à trois ans et demi, il n'émet plus à long terme.
04:25Ce sont les Google, les Microsoft qui émettent à 30, 40 ans.
04:29Donc, les valeurs de la tech et de l'IA.
04:31Voilà, pour financer les data centers.
04:35Et effectivement, le marché a été un peu en situation d'indigestion.
04:40et a été déstabilisé par deux choses, à mon sens.
04:44Un, la Fed, le principal coupable, c'est le changement de ton de la Fed.
04:48La première, on avait parlé ici aussi, la première conférence de Warche n'avait pas été terrible.
04:54Elle était sous l'œil de Moscou, de Washington.
04:56Mais c'est peut-être la Maison Blanche de Moscou, en ce moment, ça a tendance à s'assembler un
05:00peu.
05:01Mais sous l'œil de Trump, on sentait qu'il n'était pas à l'aise.
05:05Vraiment, la première mal reçue par les investisseurs.
05:10Déjà, Jacksonon, on avait eu un ton un peu plus martial.
05:12Oui, il avait remis l'inflation au cœur.
05:14Voilà.
05:15Et la première, fin septembre, là, clairement, on avait un changement.
05:18Et en fait, je pense qu'il y a vraiment ce changement de ton a surpris.
05:22Donc, on avait des marchés obligataires long terme, en particulier,
05:24un peu en phase d'indigestion, de crise de foie.
05:27Ils ont été surpris et derrière, ils se sont affolés.
05:29Il y a eu des crises techniques sur le 30 ans, sur le chip.
05:32Il y a eu des problèmes techniques qui sont réglés en plus, créés en plus.
05:35Donc, voilà, on a eu vraiment un changement de ton de la Fed assez brutal.
05:39C'est un moment où les marchés étaient assez faibles, étaient en situation de faiblesse.
05:43Avec un autre aspect, qu'on savait qu'il y arriverait, mais qu'on n'avait pas noté.
05:47Et la principale victime, en mon sens, ça a été la France, de ce côté-là.
05:50C'est que, depuis deux ans, on a une normalisation, je veux dire, silencieuse.
05:55Qui sont les taux du japonais ?
05:56Ça fait 20 ans que les taux étaient à zéro, et là, on est à 3,5-4.
05:59Et donc, on se disait, un jour, les japonais, c'était des achats obligataires depuis.
06:04Et là, en fait, pour moi, l'essentiel, enfin, l'essentiel, une grosse partie du stress sur la dette française
06:11qu'on a connue,
06:12c'est parce que les japonais ont décidé d'arrêter, et de vendre, et de revenir au Japon,
06:16et de venir un peu sur l'Allemagne, c'est pour que l'espace s'écarte.
06:19Voilà, donc, en fait, on a eu des caractéristiques.
06:22On a eu le changement de ton de la Fed à mise en exergue de changements techniques, je dirais fort.
06:29La disparition de la demande structurelle japonaise, et l'indigestion post-IA.
06:36Voilà, donc, et c'est pour ça qu'effectivement, on a eu un choc sur l'obligataire.
06:42Après, les coupons sont élevés.
06:43Déjà, un mois et demi après, nous, enfin, notre fond est revenu sur les plus hauts.
06:48Je veux dire, les coupons jouent le rôle.
06:50On touche du 6%, donc ça fait quasiment 0,5 par mois.
06:54Donc, ça fait au bout de deux mois, vous avez récupéré 1%.
06:56On avait perdu 2% en valo.
07:00On a déjà récupéré quasiment la moitié.
07:01Donc, il n'y a pas d'inquiétude.
07:03Et je dirais, au contraire, par rapport à notre thèse macroéconomique,
07:05qui était que l'inflation énergétique ne se diffuse pas
07:09et qu'on a plutôt un stress sur la croissance,
07:12je dirais que la hausse des taux réels,
07:15parce que les entreprises inflationnistes,
07:16puisqu'on a une fête plus active,
07:18donc ça veut dire que c'est bon dans la lutte pour l'inflation.
07:20Ça veut dire que ce sont essentiellement les taux réels qui ont monté.
07:24Je veux dire, on a même deux points positifs supplémentaires,
07:26par rapport à ce que j'ai dit en septembre,
07:28qui sont que, un, on a encore un meilleur rendement,
07:30puisqu'on est autour de 10 ans,
07:32bon, on n'est pas énorme,
07:33on est à 5, un peu en dessous de 5,
07:35on est à 5, 10,
07:35mais en tout cas, c'est toujours bon à prendre.
07:38Et après, la pression monte sur l'AI,
07:41non pas sur les meilleurs émetteurs,
07:43mais sur les émetteurs périphériques.
07:45On a eu Core Wave perdre 25% la semaine dernière,
07:47qui est donc un fabricant de data centers un peu marginals,
07:50qui quasiment se financent intégralement à crédit.
07:52Vous avez Oracle,
07:53qui est un gérant dont les CDS,
07:55on voit même les META,
07:57même tout ça,
07:57les CDS,
07:58les crédits des fausses swap,
07:59donc ce qui mesure la solubilité
08:00ou les craintes sur la solubilité,
08:02s'écartent progressivement.
08:03Donc on voit le stress monter
08:05sur l'AI,
08:05sur la construction,
08:06et surtout le financement de cette,
08:07je l'appelle,
08:08bulle de data center,
08:08parce que,
08:09je veux dire,
08:09ce n'est pas un problème de l'AI,
08:10c'est surtout un problème de data center.
08:12Et donc,
08:13entre ça et les hésitations,
08:15enfin,
08:16les doutes,
08:16parce qu'on n'a toujours pas de chiffres
08:17vraiment clairs,
08:19sur la rentabilité,
08:20enfin,
08:20elle est nulle,
08:20mais en tout cas,
08:21sur les chiffres d'affaires,
08:22l'évolution de chiffres d'affaires,
08:22des grands laboratoires,
08:23comme Anthropik et Open AI,
08:30et financer surtout un trillion de dollars,
08:33bon,
08:33c'est ce que vous disiez tout à l'heure
08:34sur la Corée,
08:35un trillion de dollars
08:35de l'investissement
08:36dans les data center en 2027.
08:38La pression monte,
08:39et je dirais que quelque part,
08:40par rapport à notre thèse de septembre,
08:44sur l'intérêt aujourd'hui
08:45que les obligations présentent,
08:46gouvernementales,
08:47présentent un meilleur recoupe
08:48de risque de rendement
08:49que les actions,
08:51je veux dire,
08:51ça a encore renforcé.
08:52On a eu un choc négatif,
08:53mais qu'on a quasiment déjà absorbé,
08:55mais qui en plus,
08:56je veux dire,
08:57renforce cette thèse-là.
08:59On a,
09:00il nous reste 30 secondes
09:01pour évoquer très rapidement
09:03la France,
09:04que vous avez mentionné rapidement.
09:06Un mot sur cette situation
09:09franco-française,
09:09peut-être sur ce 10 ans français
09:11qui fleurte maintenant
09:12avec les 5%.
09:13Oui.
09:14Alors je dirais que,
09:14il y a moins de deux choses.
09:16Un,
09:16on a un timing impossible,
09:17c'est qu'on a la crise maintenant
09:18et la solution dans six mois.
09:20Et deux,
09:20la France n'est pas la Grèce.
09:21Je veux dire,
09:21la France,
09:22je veux dire,
09:22c'est 5% de déficit budgétaire,
09:231% de déficit de compte courant.
09:25Je veux dire,
09:25l'essentiel du déficit budgétaire
09:26est d'épargner.
09:27Je veux dire,
09:28ça veut dire que là justement,
09:29personne ne veut le faire,
09:30mais il n'est pas énorme,
09:31c'est 0,5 à 1%.
09:32Donc,
09:32je veux dire,
09:33quelque part,
09:33le problème politique aujourd'hui,
09:34c'est plus un problème politique timing
09:36où la solution ne viendra que dans six mois
09:38et le stress lié aussi au fait
09:40du départ des Japonais et autres
09:41a lieu maintenant.
09:42Donc,
09:42ça va être un peu long
09:43de six mois,
09:44mais je n'ai pas d'inquiétude particulière.
09:46On attendra de voir effectivement
09:48dans six mois
09:49cette élection présidentielle
09:50qu'on attend tous.
09:51Gilles Etchéberi-Garay,
09:52merci beaucoup.
09:53Vous êtes président d'Elcano,
09:55Asset Management.
09:55Merci d'avoir été avec nous ce midi.
09:58Merci à vous de nous avoir suivis.
10:00On se retrouve ce soir
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