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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00Dans le pays le plus taxé d'Europe, où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés de l'Union Européenne,
00:06c'est ce qu'on vient d'apprendre, eh bien une nouvelle taxe va avoir le jour.
00:11La taxe émeute. Alors c'est pas encore complètement finalisé.
00:14Le gouvernement a lancé cette idée.
00:16Une taxe de 0,8% sur tous les contrats d'assurance pour tous les Français.
00:21Ça devrait rapporter 400 millions d'euros par an.
00:24Et il s'agit donc de rembourser une partie des sinistres qui ont été causés, notamment le 17 octobre dernier.
00:32On va avoir cela de près avec notamment Franck Boisys, qui est avec nous, le journaliste au service Économie et
00:36Libération.
00:36Comment ça fonctionne, cette taxe émeute ?
00:39Olivier, vous connaissez le principe, un pour tous, tous pour un.
00:41C'est-à-dire que chacun, sur son contrat, soit d'assurance auto, soit d'assurance habitation, va devoir payer
00:48un petit surplus de 0,8%.
00:50Tout ça est mutualisé, fait un fonds qui, comme vous le disiez, va être à peu près à hauteur de
00:55400 millions.
00:55Et puis après, quand il y aura des émeutes, ce qu'il faut souhaiter, qui arrive le moins souvent possible,
01:00cet argent sera redistribué pour indemniser ceux qui auront subi un préjudice du fait de ces émeutes.
01:07Seulement, ce qu'on peut se dire, c'est quand on voit le premier chiffrage de ce qui s'est
01:10passé le 17 octobre et le 24 octobre,
01:12on est déjà bien au-delà des 400 millions.
01:15On parle de plus d'un milliard peut-être ?
01:17On parle d'un milliard, un milliard d'eux selon les premières estimations.
01:19Donc on voit déjà que sur une seule séquence, finalement, on est bien au-dessus de ce qui est prévu
01:25dans ce fonds.
01:25Donc on peut se dire que cette disposition qui devra entrer en vigueur en principe le 1er janvier
01:30risque d'avoir une utilité toute relative.
01:33Alors nous sommes aussi avec Olivier Moustakakis, directeur général d'assureland.com.
01:38Bonsoir.
01:39Alors les assurances qui seront concernées, c'est l'assurance habitation, automobile, les contrats professionnels,
01:46enfin tout quoi en fait, aussi bien les particuliers mais aussi les entreprises.
01:49Les professionnels, exactement.
01:51Dès qu'il y a un contrat qui a une garantie d'hommage qui est incluse dans le contrat,
01:55il y aura, les assureurs devront reverser un pourcentage en fait des primes d'hommage qu'ils encaissent
02:01pour alimenter justement ce fonds MED.
02:04Mais pourtant, les commerçants sont déjà assurés.
02:08Alors vous avez tout à fait raison, la plupart des contrats prévoient déjà cette garantie,
02:11mais c'est une garantie qui est optionnelle, elle n'est pas obligatoire.
02:15D'accord ?
02:15Elle coûte cher ? Certains commerçants ne l'apprennent pas parce que bon…
02:18Alors ils peuvent ne pas l'apprendre en effet, mais aujourd'hui on va dire sur l'ensemble du territoire,
02:22elle est présente dans tous les contrats et ils sont plutôt bien couverts par rapport à ça.
02:26Le vrai sujet de fonds c'est l'assurabilité de demain, parce qu'on voit qu'il y a des
02:29coûts
02:29qui sont en augmentation très importante, il y a eu des émeutes en 2023.
02:33En 2023, en 2025, on a des émeutes en ce moment qui vont dépasser le milliard d'euros d'anonymisation.
02:39Donc les assureurs privés ne vont pas continuer, si vous voulez, à offrir cette garantie.
02:44Ils peuvent d'ailleurs la supprimer sur le renouvellement du contrat.
02:48C'est le cas notamment en Nouvelle-Calédonie, les contrats d'assurance maintenant,
02:51il n'y a plus de garantie émeute avec ce qui s'est passé en Nouvelle-Calédonie.
02:54Et dans les collectivités locales, certaines collectivités locales se sont vues mettre des montants
02:58de franchise jusqu'à 2-3 millions d'euros sur la garantie émeute.
03:02Donc on voit bien que le problème, en fait, c'est l'assurabilité, demain.
03:06Donc solidarité nationale, c'est l'argument qui va être avancé, Amandine Attalaya.
03:10Mais il y a quand même beaucoup qui trouvent cela quand même assez injuste
03:13qu'on soit tous obligés de payer pour les casseurs, de payer finalement des dégradations,
03:21surtout si on n'habite pas dans ces zones qui sont quand même loin des personnes
03:24qui vont devoir la payer, cette taxe émeute quand même.
03:26Oui, beaucoup ont le sentiment d'une forme d'injustice.
03:29Et d'ailleurs, le Rassemblement national a par exemple lancé une pétition sur son site
03:32pour protester contre cette taxe émeute.
03:36Et beaucoup demandent à ce que...
03:39Enfin, beaucoup de Français, il y a une grande majorité de Français,
03:41je crois que c'est 87%, qui sont en faveur de la loi casseur-payeur
03:45qui vient d'être votée au Sénat et qui la trouvent beaucoup plus juste dans l'esprit.
03:49C'est-à-dire qu'on élargit la responsabilité civile.
03:54Tous ceux qui ont participé sciemment à des manifestations
03:57doivent pouvoir payer à hauteur de 10 000 euros maximum.
03:59Oui, c'est un peu le bon sens, c'est-à-dire autant que les dégâts
04:01soient financés par ceux qui les ont commis.
04:03Voilà, c'est ça.
04:04Alors maintenant, ce texte, il est loin d'être adopté
04:07parce qu'il est passé au Sénat, mais il n'est même pas encore inscrit
04:09à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale.
04:10Et la gauche est contre à l'Assemblée.
04:12Donc, dans les médias, ce n'est pas ça qui va payer les dégâts des émeutes.
04:16On en est loin et c'est pour ça que le gouvernement s'est tourné
04:18vers une solution plus concrète.
04:20Quand bien même cette loi serait adoptée,
04:24la solvabilité de ceux qui se verraient opposer le fait de payer leurs dégâts
04:27déjà est aléatoire.
04:28C'est-à-dire qu'ils n'auront peut-être pas sur leur compte en banque
04:30de quoi payer la somme.
04:31Du coup, on va aller chercher les prestations sociales,
04:33ce qui est prévu dans la loi.
04:35Ce qui pose d'ailleurs des problèmes.
04:35La loi dit qu'on peut aller chercher les allocations familiales.
04:38Mais de toute façon, il est fort probable qu'on n'arrive pas
04:40avec ce mécanisme-là, de toute manière,
04:43à financer l'ensemble des éventuelles dégradations
04:47qui seraient commises.
04:48Ce qui est incompréhensible, pardon,
04:50c'est que le 17 octobre,
04:52il y a eu une défaillance manifeste de l'État.
04:54D'ailleurs, le ministre de l'Intérieur lui-même l'a reconnu
04:56en disant que c'était un fiasco que vous n'avez pas bien évolué.
04:58Donc finalement, on va demander aux Français
05:00de réparer le fiasco de ceux qui nous dirigent.
05:04Ça va être quand même compliqué à faire passer
05:06cette idée de taxe émeute.
05:08Oui, pour ceux qui ont suivi et compris
05:10qu'elle aurait bien lieu, parce qu'elle passe plus ou moins inaperçue,
05:14y compris sur les contrats, ça va faire un montant
05:16de quelques euros annuels à peine.
05:18Ça ne se verra pas sur les contrats.
05:20Donc encore faut-il que les Français le sachent.
05:22Ça sera un dollar.
05:22sur les contrats, puisque ce sont les assureurs
05:25qui vont devoir verser directement pour alimenter le fonds.
05:28Ensuite, ils vont le répercuter sur nos cotisations.
05:31Ce ne sera pas visible, comme par exemple la taxe attentat,
05:34où on paye 6,50 euros par contrat
05:36et ça passe à 8,50 euros, donc plus 2 euros
05:38au 1er janvier prochain.
05:40Ça, c'est le gouvernement qui l'a décidé.
05:42Là, c'est visible. Là, ça ne se verra pas.
05:43Parce qu'en fait, c'est un dispositif
05:45qui était déjà inscrit dans la loi de finances pour 2026,
05:47mais il y a des modalités réglementaires
05:50qui restaient en cours de préparation.
05:51C'est pour ça qu'on travaille en ce moment là-dessus.
05:54En fait, ils attendaient la validation de Bruxelles,
05:57qui devait donner son feu vert,
05:59qui a été donné fin juillet.
06:01Et là, maintenant, le gouvernement a un an
06:03pour publier le décret d'application.
06:04Donc ça pourrait être applicable là en 2 janvier.
06:07Ce ne sera pas rétroactif pour les personnes
06:09qui ont été touchées par les émeutes.
06:11Alors, je voudrais qu'on écoute un commerçant.
06:13C'est Michael Fox, qui est fondateur du groupe
06:15Lieux d'émotions, restaurant et lieu d'événementiel à Paris.
06:17Est-ce que vous avez été impacté par notamment le 17 octobre ?
06:21Alors moi, j'ai été très impacté par le 17 octobre.
06:24D'abord parce que j'ai un restaurant en place de la République
06:26qui s'appelle Le Bouillon de Paris,
06:28qui est un restaurant à gros volume.
06:30Et donc du coup, alors nous, on a été légèrement cassés
06:33puisqu'on a juste une vitrine qui a été cassée.
06:36Donc on ne rentre pas en fait dans les cases des assureurs
06:39dans la mesure où on n'a pas été dégradé, cassé ou brûlé.
06:43Par contre, on a une perte d'exploitation.
06:44On voit les images de votre restaurant, enfin depuis le restaurant.
06:47Voilà, bon ça c'était le dimanche d'ailleurs, c'était les charges.
06:49Oui, parce que ça a continué le lendemain, il ne faut pas l'oublier.
06:52Ça c'était le 18 octobre et donc le 17, évidemment on a fermé en...
06:58Voilà, pour tout vous dire, on a fait une caisse de 700 euros le samedi.
07:03Vous imaginez bien que pour un restaurant en place de la République
07:06qui a 30 salariés, c'est très faible.
07:09Et le dimanche, on n'a pas fait beaucoup plus.
07:12D'ailleurs d'une façon très étonnante, puisqu'on ne s'y attendait pas du tout.
07:15Mais on n'est pas pris en charge par les assurances
07:17puisqu'il n'y a pas de perte d'exploitation prise en charge par les assurances
07:20ni par le gouvernement.
07:21On ne peut pas s'assurer sur la perte du chiffre d'affaires ?
07:24Non.
07:24Ça existe ça ?
07:25Ça s'appelle la garantie perte d'exploitation.
07:27Mais le problème c'est qu'en gros, il n'y a que 50% des petites entreprises
07:31qui souscrivent.
07:32Alors pourquoi ? Parce que ça coûte cher.
07:34Ils n'y pensent pas forcément, mais c'est un coût supplémentaire.
07:36Donc ils préfèrent préserver leur trésorerie.
07:39Mais la garantie perte d'exploitation existe pour pallier ce manque à gagner.
07:44J'ai la perte d'exploitation dans mon contrat d'assurance.
07:47Je suis chez un gros assureur français qui s'appelle AXA.
07:51Et ils ne prennent pas en charge dans la mesure où je n'ai pas été cassé.
07:53Voilà ce qu'a dit mon courtier.
07:54Il faut qu'il y ait le dommage direct pour ensuite déclencher la perte d'exploitation.
07:57Le fait de ne plus avoir de clients parce que les gens ne viennent plus
07:59parce qu'ils ont peur de se retrouver dans une manif, c'est pas couvert ça.
08:02Non, c'est pas couvert.
08:04Peut-être qu'il y a eu 3-4 000 commerçants qui ont été touchés et dégradés
08:06en fait le 17 octobre.
08:08Mais il y a 10 fois plus qui ont été en perte d'exploitation,
08:10voire peut-être 100 fois plus.
08:11D'autant plus qu'on impose des couvre-feu.
08:13Donc ça, ça n'aide pas le commerce.
08:14Alors pas du tout.
08:15D'ailleurs la semaine dernière, on a eu une baisse d'activité Place de la République aussi.
08:18Alors moi, j'ai plusieurs restaurants dans Paris.
08:21Donc il n'y a pas uniquement les restaurants directement liés au parcours
08:25des manifestations ou lors des casseurs.
08:27Parce qu'il y a des parcours de casseurs en fait.
08:28Mais on a été également touchés dans le deuxième arrondissement,
08:31dans le neuvième arrondissement.
08:32On a été touchés partout.
08:34Mais depuis le 17 octobre, en fait, samedi dernier, le 24 octobre,
08:38on a fait des caisses extrêmement réduites aussi.
08:41Donc la perte d'exploitation continue.
08:42Et ça, c'est peut-être plus qu'un milliard.
08:45Et ce week-end, c'est le 31 octobre.
08:47C'est un des plus gros week-ends de l'année,
08:48avec le 31 décembre pour les commerçants.
08:50Parce qu'évidemment, c'est Halloween.
08:52Donc on ferme tard.
08:53Il y a des festivités jusqu'à tard.
08:55Les gens viennent déguiser.
08:57C'est la fête.
08:57Mais en termes de réservation, au moment où je vous parle,
09:01c'est une catastrophe.
09:03Ah oui ?
09:03La fête est d'ores et déjà gâchée.
09:06Alors on verra si les gens, au dernier moment,
09:08suivant le parcours des manifestants,
09:10se rassurent un peu et se disent on va quand même sortir.
09:12Ça vous rassure ce parcours qui sera a priori
09:14entre la porte de Charenton et la porte de Bagnolet,
09:17c'est-à-dire en périphérie de la capitale,
09:19pas dans le centre de Paris ?
09:20Alors ça me rassure, oui.
09:22Mais j'ai une affaire dans le 12e,
09:24qui s'appelle le Chalet du Lac,
09:25auquel on attend effectivement beaucoup de monde
09:27pour le soir du 31, donc d'Halloween.
09:29C'est dans le bois de Vincennes, le Chalet du Lac.
09:31C'est dans le bois de Vincennes.
09:31C'est pas très loin, effectivement, du...
09:33Du Charenton.
09:35Donc je ne savais pas que c'était ce tracé,
09:36vous me l'apprenez.
09:37Mais bon, on verra.
09:38Peut-être que le soir, effectivement,
09:39ça sera terminé, je l'espère.
09:41Mais en tout cas, aujourd'hui,
09:43vraiment, les commerçants
09:45ont besoin d'être prises en charge
09:47pour la perte d'exploitation.
09:48Alors évidemment,
09:48ce n'est pas les assurances qui vont le faire,
09:50parce qu'on n'a pas de contrat dans ce sens.
09:51Mais le gouvernement, peut-être,
09:53peut le faire, d'une façon ou d'une autre.
09:55Et je trouve que c'est assez dommage, d'ailleurs,
09:57de nous mettre sur le bas-côté,
09:58de ne pas nous entendre par rapport à cela,
10:00en nous proposant simplement d'ouvrir le dimanche,
10:01parce que j'ai entendu, effectivement,
10:03qu'une des raisons sur lesquelles
10:04on pouvait éventuellement se rattraper...
10:05Vous avez déjà ouvert le dimanche, vous ?
10:06Mais nous, on est ouvert le dimanche, évidemment,
10:08parce que le dimanche,
10:08les restaurants sont ouverts.
10:14éphémères jusqu'au 30 novembre.
10:16Donc ça, c'est la dernière information
10:17qu'on a eue cet après-midi.
10:18Donc super, mais moi,
10:19je n'ai pas de terrasse éphémère.
10:20Et puis ce n'est pas au mois de novembre,
10:22en général, qu'on va manger en terrasse.
10:23En plus.
10:24Donc, en fait,
10:25on essaye de trouver des solutions
10:26qui ne sont pas adéquates
10:27par rapport à nos problèmes
10:28qui sont simplement financiers.
10:29Il y a eu des aides quand même annoncées
10:30par le ministre Papa.
10:32Il y a un fonds de soutien qui est prévu.
10:34Il y a un fonds de soutien,
10:35une aide de 10 000 euros.
10:36Mais c'est pour ceux qui ont eu de la casse.
10:38Oui, exactement.
10:39Et pas pour ceux qui perdent
10:40une journée de chiffre d'affaires, en fait.
10:42Là, on va être à la troisième,
10:43enfin, voire à la quatrième.
10:45Mais...
10:45Et quand on vous dit
10:46que ça risque de durer,
10:48c'est-à-dire que certains imaginent même
10:51des mobilisations jusqu'à la présidentielle
10:53tous les samedis.
10:54Et on se souvient des Gilets jaunes.
10:56Ça avait duré des semaines et des semaines.
10:57Ça, j'imagine que ça vous inquiète.
10:59Alors, les Gilets jaunes,
11:00c'est un tout petit peu différent
11:01parce que c'était quand même
11:02beaucoup plus sectorisé,
11:03l'air de rien, sur les Champs-Elysées.
11:05Donc moi, j'avais une affaire
11:06sur les Champs-Elysées à l'époque.
11:07Donc j'étais effectivement fermé
11:08tous les samedis jusqu'à très tard.
11:09Donc ça m'a fait beaucoup de mal.
11:11Énormément.
11:12D'ailleurs, ce restaurant,
11:13je m'en suis débarrassé
11:14à cause des Gilets jaunes, d'ailleurs,
11:16très franchement.
11:16Et puis après, il y a eu le Covid.
11:17Mais ça a été très dur financièrement
11:19parce que j'étais en travaux.
11:19Enfin, ça a été assez compliqué.
11:22Là, le problème, c'est qu'en fait,
11:23on est tous touchés.
11:24C'est-à-dire que partout dans Paris,
11:25les commerçants sont touchés.
11:26Centre, nord, ouest, est, sud, partout.
11:30Il y a des casseurs partout.
11:31Les gens ne sortent plus
11:32parce qu'ils ont peur.
11:33Samedi dernier, c'était no man's land.
11:34Vraiment, on n'a rien fait.
11:36J'ai également un spa dans Paris,
11:37dans le deuxième, un gros spa.
11:39Même là, en fait, c'était une catastrophe.
11:41Les gens ne voulaient même pas
11:42dans l'atmosphère actuelle.
11:43Donc il faut reconvaincre les gens de sortir.
11:47Il faut les rassurer.
11:48Il faut aussi que l'État sécurise
11:49et leur dire,
11:50vous pouvez venir en toute confiance
11:51dans nos restaurants.
11:51Il n'y aura pas de problème.
11:52Alors nous, ce qu'on dit,
11:53c'est simplement dans nos restaurants,
11:55dans les commerces en règle générale,
11:57c'est que nous, on est ouverts.
11:57De toute façon, on n'a pas le choix.
11:59Donc, si on est ouverts, venez.
12:00Après, la sécurité publique,
12:03ce n'est pas nous.
12:03C'est évidemment l'État.
12:04Mais est-ce que vous prévoyez,
12:06comme l'avait suggéré
12:07le préfet de police de Paris,
12:08de prendre des agents de sécurité privés
12:11pour sécuriser l'entrée
12:12de vos établissements
12:13et donner une certaine forme
12:15de confiance à vos clients ?
12:16Non, mais ça ne sert à rien
12:17parce que les clients ne réservent pas.
12:18Donc de toute façon,
12:19on n'a pas besoin d'agents.
12:19Ils ne viennent pas, les gens.
12:20Les gens ne viennent pas.
12:21Le 24 octobre, la semaine dernière,
12:23réellement, on a eu
12:25très, très, très, très peu de clients.
12:26Très, très peu.
12:27Donc, ça ne sert à rien
12:28de rajouter des frais supplémentaires.
12:29On n'a pas l'argent nécessaire
12:30pour prendre des agents de sécu.
12:31Un agent de sécu,
12:32ça vaut par heure
12:34entre 20 et 30 euros hors taxe.
12:35Donc, si on a un, deux,
12:37trois agents de sécurité par affaire,
12:38vous voyez ce que ça fait
12:38à la fin de la journée.
12:39C'est encore des coûts supplémentaires.
12:40On ne peut pas.
12:41On ne peut pas.
12:42Il y a autant les autres jours
12:43de la semaine qu'avant ?
12:44Ou ça aussi, ça décroît
12:45parce que l'ambiance
12:46est complètement sinistre ?
12:48Alors, là, si vous voulez,
12:50on a, par exemple,
12:50le Bouillon de Paris
12:51que nous avons en Place de la République.
12:53Depuis lundi, étonnamment,
12:55on a une augmentation fébrile
12:59du nombre de couverts.
13:01Un rattrapage ?
13:02On a l'impression
13:03que les gens se rattrapent.
13:04Mais ce n'est pas ça.
13:05Ce n'est pas du rattrapage.
13:06C'est que c'est les vacances.
13:07Oui.
13:07Donc, en réalité,
13:08c'est des gens qui sont de province.
13:10Alors, on a moins de touristes, d'ailleurs.
13:12On a plus de gens de province
13:13qui viennent à Paris
13:14et qui continuent à venir à Paris
13:15parce que chez eux, c'est pareil.
13:16Il y a des casseurs aussi.
13:18Et donc, voilà,
13:19les gens, on les voit un peu.
13:20Et simplement, ce samedi,
13:22on n'a pas de réservation
13:23dans nos restaurants
13:24et dans nos spas.
13:25Ça continue.
13:26Il y a peut-être un truc
13:27qu'on peut vous suggérer
13:28parce qu'en cherchant
13:29dans la jurisprudence,
13:30il y a une possibilité
13:31pour un commerçant
13:33quand il a été lésé,
13:34quand son commerce
13:35a été vandalisé
13:36ou quand il y a une perte
13:36de chiffre d'affaires,
13:37d'engager un recours
13:38contre l'État
13:39puisque c'est l'État
13:40qui est garant
13:40de la protection
13:41des personnes et des biens.
13:43Et on commence à voir
13:44des contentieux qui apparaissent
13:45ou des recours
13:46sont faits contre l'État
13:47pour obtenir une indemnisation
13:48parce que, justement,
13:49l'État n'a pas fait son boulot
13:51de protection des personnes
13:51et des biens.
13:52C'est ce que font les assureurs.
13:53Les assureurs saisissent
13:54ce tribunal administratif.
13:55Ça avait été le cas, justement,
13:56en 2018,
13:57lors des événements
13:58des Gilets jaunes
13:58où la ville de Paris
14:00et de Toulouse
14:00avait fait condamner l'État
14:02au tribunal administratif
14:04de rembourser
14:04l'intégralité des dégâts
14:06qui avaient été causés
14:06dans une journée
14:07à Gilets jaunes.
14:08Et ça a donné quoi, alors ?
14:10Alors, ça a marché,
14:11ça n'a pas marché.
14:11C'est-à-dire qu'en Calédonie,
14:12ça n'a pas marché
14:13parce qu'ils disaient
14:13maintenant en Calédonie...
14:14Pour partie, ça a marché
14:15puisqu'ils ont remboursé
14:16une partie.
14:17Oui, mais une partie
14:17qui a été annulée
14:18par la grande administrative
14:19d'appel.
14:20C'est comme tous les recours
14:21en justice.
14:22Il y a une part d'aléa,
14:23c'est-à-dire qu'on ne sait pas
14:24par avance
14:24ce que serait la décision.
14:25C'est long, ça prend des années.
14:26Mais en tout cas,
14:27la possibilité est ouverte
14:28d'exercer ce type de recours
14:30en disant
14:30« Si l'État n'a pas fait son boulot,
14:32nous, on demande
14:33à être indemnisés. »
14:34Bon courage.
14:36En fait, nous,
14:37on voudrait simplement
14:37être ouverts.
14:38Oui, c'est ça,
14:39et pouvoir travailler
14:39tranquillement.
14:40Bon courage à vous
14:41pour les week-ends
14:42qui arrivent
14:42et pour samedi.

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