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  • il y a 14 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Nous allons revenir maintenant sur un dossier qui froisse une partie de la police.
00:03Le lycéen qui avait tabassé un policier à Belfort a été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict.
00:09Il a 17 ans, il a fait 10 jours de prison, de préventif.
00:13Pourquoi est-ce qu'il a été remis en liberté ?
00:15Quelles sont les conditions qui ont poussé à sa remise en liberté ?
00:18Il lui-même avait reconnu qu'il avait donné deux coups de pied à la tête au commissaire en question.
00:22Oui, il avait reconnu les coups portés et la Cour retient que la détention proviseur de ce jeune homme
00:26n'est plus indispensable mais qu'il y a un contrôle judiciaire avec des obligations strictes
00:31qui va permettre de se prémunir du risque de réitération des faits.
00:35Ça c'est ce qu'on peut lire dans l'arrêt de la chambre d'instruction.
00:37En fait, son avocat a formulé une demande de mise en liberté et il l'a obtenu.
00:41Donc le jeune homme, il est sorti de prison, il a un contrôle judiciaire strict.
00:44Qu'est-ce qu'il doit faire ? Il n'a pas le droit de sortir de son domicile seulement
00:48et seulement si
00:49que pour aller en cours et il a surtout interdiction de se rendre sur une manifestation.
00:53Notamment, rappelons en termes de droit que la détention provisoire c'est selon la loi une exception,
00:58que le contrôle judiciaire c'est la règle surtout pour les mineurs et que la détention provisoire
01:02elle ne permet pas de juger les faits qu'on a commis, en l'occurrence des coups portés aux policiers,
01:07mais c'est le procès qui aura lieu dans quelques semaines, dans quelques mois, dans quelques années plus tôt.
01:10Nous sommes avec l'avocat du policier agressé à Belfort, Maître Liénard.
01:16Bonsoir, à distance, merci d'être avec nous. Est-ce que vous comprenez les raisons qui ont poussé la justice
01:22à libérer ce jeune homme qui a agressé, puisqu'il a reconnu les faits, on peut le dire, qui a
01:27agressé le policier ?
01:31Oui, ce n'est pas une surprise. Vous savez, on ne met pas les gens en prison dans notre pays.
01:35Donc quand on les met en prison, c'est pour très peu de temps. Il n'a pas encore 18
01:40ans.
01:40J'imagine bien sûr que les magistrats avaient tendance à vouloir le sortir de prison le plus vite possible.
01:47Ce qui compte, c'est qu'il y a passé dix jours qu'il a eu le choc carcéral et
01:53j'espère, je ne suis pas candide,
01:56je ne me fais pas d'illusions, mais quand même, j'espère qu'il aura compris.
02:01– Mais il a aujourd'hui reconnu qu'il avait donné les deux coups de pied,
02:06et pour les magistrats, le contrôle judiciaire strict suffit.
02:11Il est en fait assigné à résidence, grosso modo, Franck Lienard.
02:15Donc vous ne faites pas confiance à la justice ?
02:18Vous pensez qu'il va aller manifester par exemple samedi et recommencer ?
02:23– Ah non, il a interdit de s'il y a.
02:24– Oui, je sais, il n'a pas le droit.
02:25– Non, pas du tout.
02:27– Non, il n'a pas le droit, je ne pense pas qu'il le fera.
02:32J'imagine rien, moi vous savez, je regarde les faits, je regarde les actes,
02:35je vois que ce jeune homme est parti en prison, il y a passé dix jours,
02:41au bout de dix jours on l'a sorti, et j'imagine qu'on ne le remettra jamais un homme
02:45à terre,
02:46il a frappé un homme qui était inconscient, qu'il savait être un policier,
02:49et il l'a frappé juste à coups de pieds dans la tête.
02:54Je ne sais pas si vous imaginez le niveau de sauvagerie que ça représente.
02:59– Et comment réagit Maître Liénard ?
03:02– Maître Liénard justement, selon vous quel signal ça envoie,
03:06et comment réagit votre client ?
03:09– C'est toujours le même signal de l'impunité,
03:14ça fait 20 ans qu'on le dénonce, c'est l'impunité judiciaire,
03:18les délinquants peuvent faire, puis refaire, puis recommencer,
03:22et il faut 20 comparutions pour que ça commence à être un peu payible,
03:27et encore, on essaye quand on est en prison que ce soit le moins pénible possible.
03:31Donc ce pays fonctionne sur l'impunité judiciaire,
03:35voilà, donc ce n'est pas une surprise.
03:37– Mais Maître Liénard, est-ce qu'au moment où ça s'est passé,
03:41il savait que c'était un policier ?
03:43Est-ce qu'il avait un brassard ?
03:44Est-ce qu'il avait un signe reconnaissable ou pas ?
03:46– Alors bien sûr qu'il savait que c'était un policier,
03:50puisque ce policier a tenté de l'interpeller,
03:53il lui a mis une première menotte,
03:56donc il savait bien que c'était un policier,
03:58il ne pouvait pas l'ignorer, il est parti avec la menotte au poignet.
04:03– Là, aujourd'hui, ça provoque la colère des policiers,
04:05on imagine Dominique Rizet.
04:06– Certains d'ailleurs étaient mobilisés aujourd'hui pour dénoncer
04:09le fait que l'État ne les soutient pas suffisamment.
04:12– Oui, le geste est gravissime.
04:13– Ce jeune homme de 17 ans a agressé un commandant de police
04:17du renseignement territorial, le chef du renseignement territorial
04:20du département de Belfort, c'est un geste qui aurait pu tuer,
04:23il lui a donné des coups de pied dans la tête,
04:25le geste est gravissime et il est condamnable, plus, plus, plus.
04:29Maintenant, Maître Lienard nous dit, bon, les conséquences ne l'ont pas été,
04:33fort heureusement, pour ce policier qui était solide,
04:35et je crois qu'il avait demandé, on avait Jérémy Rodriguez en plateau avec nous,
04:40qui disait, normalement ce soir, il devrait retourner travailler.
04:43Donc les conséquences, heureusement, n'ont pas été…
04:45– Et l'adolescent porte plainte contre le policier aussi.
04:48– Absolument, il a porté plainte contre le policier,
04:50mais ça a été refusé, enfin, le procureur de Belfort a balayé ses accusations,
04:55lui disait que le policier avait tenté de le noyer, dans 15 centimètres d'eau.
04:59– Alors, je vais peut-être rappeler les déclarations du policier en audition,
05:02il raconte qu'il a plaqué ce jeune homme face dans l'eau,
05:05il a commencé à le menotter, il a réussi à le menotter au poignet gauche,
05:08mais l'autre menotte s'est bloquée et arrivée en haut du talus
05:11et remontée avec le jeune homme qui tentait de s'échapper,
05:13il dit qu'il s'est fait rouer de coups, et vous vous souvenez de la vidéo,
05:16par le lycéen d'autres jeunes, il a perdu connaissance,
05:19et il a eu effectivement 8 jours d'ITTÉ,
05:21et la scène avait été largement diffusée.
05:22– Alors, il y a quelque chose, je ne comprends pas dans ce que nous dit Maître Liénard,
05:24mais comme il est avec nous, il va pouvoir nous le préciser,
05:26donc, effectivement, il a 17 ans, il a passé 10 jours en détention,
05:31on peut espérer qu'il a compris, le laisser en détention plus longtemps,
05:33ça ne sert à rien, clairement.
05:35– Ça veut dire qu'il ne sera jamais condamné à de la prison ?
05:38– Si, il va être convoqué plus tard.
05:42– Il risque quoi, en fait ?
05:43– Il pourrait y retourner, mais il ne y retournera pas,
05:45donc moi ce que je trouve…
05:45– Ah bon, il ne y retournera pas ?
05:46– Non, il ne y retournera pas, bien sûr que non.
05:47– Donc, en fait, les 10 jours qu'il a fait en prison,
05:49c'est les seuls 10 jours qu'il fera.
05:51– Tentative de meurtre, ça suffit pour tentative de meurtre ?
05:53– Ils ne vont pas le condamner, la justice ne va pas le couper.
05:55– On ne sait pas, on verra, on verra, on verra.
05:57– Mais bon, moi je trouve que c'est vrai.
05:59– Pardon, mais attendez, parce que les gens qui nous regardent,
06:02ils doivent se demander, attendez, il y a un jeune homme,
06:04alors certes, il a 17 ans, il est mineur,
06:06mais il n'est pas loin d'avoir 18 ans.
06:07Quand on tape délibérément sur la tête d'un policier,
06:13il y a une circonstance aggravante.
06:15Quand on tape, finalement, on fait 10 jours de prison,
06:18– Il y a plusieurs personnes, c'est en réunion.
06:21– Il y a plusieurs personnes dépositaires de l'autorité publique.
06:23– C'est une circonstance aggravante.
06:24– Attendez, je vous pose la question,
06:27quel message ça envoie ?
06:28Parce que j'imagine que ceux qui nous regardent
06:30se disent quand même, c'est pas cher payé, en fait.
06:33– Oui, je vous le disais tout à l'heure,
06:34mais la connexion était modélée, je vous le disais tout à l'heure,
06:37c'est l'impunité.
06:38Le message envoyé, c'est frapper du flic,
06:41de toute façon, ils sont là pour ça,
06:42ils sont payés pour ça, vous pouvez y aller,
06:44et la réponse pénale, elle sera minime.
06:47Surtout si vous avez un casier judiciaire vierge.
06:49Et c'est affreux, hein, c'est affreux,
06:51parce que le policier, si un policier donne un coup de pied dans la tête,
06:55et j'étais à la cour d'appel d'Orléans il y a un mois,
06:58il y a un policier qui a donné un coup de pied dans la tête d'un jeune homme,
07:00les réquisitions, c'était 5 ans fermes avec mandat de dépôt.
07:04Voilà, pour le policier, ça tape très très fort.
07:07Pour le délinquant, ça ne tape jamais.
07:09– Parce que les dépositeurs de l'autorité publique aussi,
07:12ils sont censés mieux se comporter que le délinquant, heureusement.
07:14– Il y a évidemment une circonstance aggravante de la qualité de l'auteur,
07:19mais il y a aussi une circonstance aggravante de la qualité de la victime, c'est la même.
07:23Donc, si vous tapez sur un policier ou qu'un policier vous tape,
07:27c'est les mêmes circonstances aggravantes qui s'appliquent.
07:29C'est la même peine encourue.
07:31Mais pour les policiers, elle est vraiment appliquée.
07:33– J'ai entendu un syndicat, le syndicat de la magistrature,
07:36dire qu'on était trop durs vis-à-vis de ces jeunes,
07:40qu'il fallait aller plutôt vers des mesures de prévention, d'éducation,
07:45que plutôt de la répression.
07:48– Bien sûr, ces magistrats sont hors sol.
07:52– Est-ce qu'on est dans ce cadre-là, finalement ?
08:02Tous les jours, au cabinet, tous les jours, on voit des gars
08:04qui ont 20, 30 mentions, 40 mentions quasi judiciaires.
08:08Comment est-ce que vous pouvez humainement être condamné 40 fois
08:12sans être exclu durablement de la société ?
08:14Eh bien, en France, c'est possible, c'est la magie judiciaire.
08:17– Ce jeune homme est présenté comme quelqu'un qui est gentil,
08:22je cite, « gentil, admirable, qui ne pose aucun problème ».
08:25– À chaque fois, c'est pareil, mais évidemment qu'à chaque fois, c'est pareil.
08:28– Pardon, maître, juste une seconde.
08:31– Maître, juste une seconde, je pense qu'on a mal expliqué
08:34dès le départ à ceux qui nous écoutent.
08:36Il est en détention, il est ressorti de la détention,
08:40les juges disent « ok, d'accord, on le remet dehors, le parquet ».
08:43Mais en attendant, il va être rejugé, bien sûr qu'il va être jugé.
08:46– Vous me dites Dominique ?
08:47– Il va être jugé, et là…
08:49– Il n'a même pas brassé une chronique ?
08:50– Bien sûr, c'est ce que dit Maître Liénard,
08:52là, il n'y aura pas de sanction.
08:54Et moi, je dis la même chose que Maître Liénard.
08:55Là, ce garçon n'ira pas en prison.
08:57Et c'est là qu'on dit, et c'est là qu'on est d'accord sur le fait que…
09:00– Alors moi, je dis que je ne sais pas s'il ira en prison,
09:01il sera jugé dans quelque temps, et surtout…
09:03– L'expérience de Maître Liénard, il n'ira pas.
09:04– Et surtout, je dis que la détention provisoire
09:06doit rester l'exception, et que là, les critères ne sont pas retenus.
09:09– Mais oui, mais il n'y aura pas en prison, Pauline.
09:10– Non, mais les critères de la détention provisoire,
09:12c'était le protéger contre des représailles,
09:14empêcher une concertation, et empêcher la récidive.
09:16– Le message que ça envoie, c'est qu'à 17 ans,
09:19on peut frapper sur la tête d'un policier.
09:21– Maître Liénard, combien de temps va durer ce contrôle judiciaire strict ?
09:25– Alors, l'instruction va durer des années,
09:28puisque les instructions, elles durent des années.
09:31Quand il va comparaître, il va évidemment fournir
09:34des éléments de personnalité, parce qu'il aura trouvé un travail,
09:37parce que ce sera un bon petit garçon.
09:39on oubliera complètement qu'il a frappé un mec au sol,
09:42et qu'il a été détruit.
09:43– Après, s'il ne recommence pas, c'est quand même une bonne chose.
09:45– Oui, mais ce contrôle judiciaire strict ne va pas durer
09:47à de vitame aeternam.
09:48– Non, il sera levé assez vite.
09:52– Ça dépend de la rapidité avec laquelle son avocat
09:56va faire la demande de le main levé.
09:58Ça, vous savez, on ne peut pas donner de délai
10:01dans la justice française.
10:03Donc, combien de temps, c'est une question
10:05à laquelle on ne peut jamais répondre.
10:07– Il y a aussi la question de la lenteur judiciaire.
10:09– Oui, nous verrons, nous verrons.
10:10– Merci Maître Liénard, merci Pauline Revena
10:13et Dominique Rizet, merci d'avoir été avec nous.

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