- il y a 11 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Demain jeudi sera donc une nouvelle journée d'action sociale contre la vie chère, pour la hausse des salaires et
00:05de meilleures conditions d'études, notamment dans les lycées.
00:08500 à 700 000 personnes sont attendues en France, hors Paris, c'est le chiffre qui est donné par le
00:13ministère de l'Intérieur.
00:14Mais toute la question est de savoir, bonsoir Boris Karlamov, du service police-justice de BFMTV, c'est le parcours
00:19principal, celui que tout le monde regardera, c'est celui qui sera à Paris.
00:22Alors où va-t-il avoir lieu ?
00:23Alors à l'heure où l'on se parle, il y a une seule certitude, c'est qu'à moins
00:26de 24 heures de la manifestation, on ne sait toujours pas où les manifestants vont pouvoir défiler dans les rues
00:30de la capitale demain.
00:31Il y a trois semaines déjà, les organisations syndicales avaient déposé un parcours entre la place de la Bastille et
00:37la place de la Concorde.
00:38Oui mais voilà, la préfecture de police de Paris a publié aujourd'hui un arrêté pour interdire ce parcours proposé
00:44par l'union régionale CGT Île-de-France entre la Bastille et Concorde.
00:49Néanmoins, la préfecture de police de Paris indique que la manifestation pourra se tenir donc demain entre 14h et 19h
00:56entre la place de la République et la place de la Nation en empruntant le boulevard Voltaire.
01:01Ce même arrêté qui est en train d'être contesté en ce moment même devant le tribunal administratif de Paris
01:05avec une audience qui est toujours en cours et une décision qui sera prise en début de soirée.
01:10Ce choix de la préfecture de Paris est en contradiction avec les engagements du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez
01:17qui l'a redit encore cette semaine en commission, il était entendu sur le fiasco du 17 octobre pour reprendre
01:23ses propres mots.
01:23Il avait dit désormais on ne manifeste plus dans les centres-villes hors République Nation, on est au plein cœur
01:29de Paris.
01:30D'ailleurs la place de la République a été très éprouvée par les émeutes du 17 octobre. Comment expliquer ce
01:36changement de pied ?
01:37Et si on va même encore plus loin, c'est même un engagement du chef de l'État qui avait
01:40dit on ne manifestera plus dans les centres-villes.
01:43C'était une sorte de réponse après les pillages, les dégradations qui avaient été commises le 17 octobre dernier.
01:49Là, la proposition peut paraître assez surprenante de la préfecture de police de Paris puisque en passant par le boulevard
01:55Voltaire, c'est un trajet classique où il y a beaucoup de restaurants,
01:58beaucoup de commerces qui sont ouverts et on a pu voir par le passé des tensions à la fin de
02:04ces cortèges.
02:05Quoi qu'il en soit, il y a une décision qui va être rendue dans les prochaines heures, ça serait
02:09la décision du tribunal administratif de Paris,
02:11à savoir si elle valide ou non cette arrêtée.
02:13Ça peut aller plus loin parce que la semaine dernière, le tribunal avait donné raison aux organisateurs de la manifestation,
02:19c'était finalement le conseil d'État qui avait tranché quelques heures avant le début de la manifestation.
02:24Voilà, donc encore une fois, à moins de 24 heures, on ne sait toujours pas où ces manifestants vont pouvoir
02:27défiler.
02:28C'est une situation qui se répète et dont on a hélas l'habitude depuis plusieurs jours.
02:32– Alors avant d'entendre ceux qui seront dans la rue demain, ce qu'ils en pensent,
02:36on est vraiment dans une bataille des parcours à chaque semaine en fait.
02:42Habituellement c'était le samedi, maintenant c'est la journée de l'intersyndicale.
02:45Reda Bellage, vous qui êtes policier, vous comprenez le changement de pied ?
02:50Parce qu'au début, il ne fallait plus les centres-villes, puis finalement on propose les centres-villes ?
02:54– Vous avez une préférence ?
02:55– Vous vivez ce qu'on vit depuis le début avec les blocages de lycée,
02:58on nous a dit au début, pas de fermeté, ensuite on nous a dit de la fermeté,
03:02ensuite on nous a dit de l'empathie et de la pédagogie, ensuite on nous a dit de la fermeté.
03:07– C'est des changements de pied en permanence ?
03:09– Qu'est-ce qui est le plus pratique pour vous, pour les policiers d'ailleurs ?
03:12– Écoutez, depuis le 17, il s'est passé un tournant, je pense, en termes de gestion du maintien de
03:18l'ordre.
03:18Alors, on ne sait plus exactement sur quel pied danser, vous avez de l'ultra-gauche,
03:24vous avez les pilleurs plus du profil banlieue, ça a été très compliqué pour nous,
03:29et puis en termes de réseaux sociaux, on ne maîtrise pas assez,
03:31alors peut-être qu'ils ont, je pense, un temps d'avance sur nous pour le coup,
03:35et donc on ne peut pas savoir, vous avez donné un chiffre de manifestants,
03:39mais on n'a pas un chiffre malheureusement de pilleurs susceptibles.
03:43– 500 000 à 700 000 personnes, hors Paris.
03:46– Voilà, et donc, nous, ça nous pose problème pour le coup,
03:49parce que, vous savez, quand vous avez ce type de manifestation,
03:52ça se prépare à l'avance, c'est-à-dire que nous, on fait un parcours plusieurs jours avant,
03:56sur chaque…
03:57– Mais les parcours périphériques, c'est mieux que les parcours centre-ville ou pas ?
04:00– Écoutez, après le 17, en fait, je pense que la priorité,
04:03c'est préserver tout ce qui est domaine public et ce qui est domaine privé aussi,
04:09c'est-à-dire tous les magasins et tout, donc là, on est en plein dedans,
04:11je pense que ce n'est pas terrible pour nous, République Nation,
04:13mais après, il faudra suivre…
04:15– Préparer un parcours, ça veut dire quoi ?
04:16C'est-à-dire qu'il faut…
04:17– On fait un parcours de reconnaissance.
04:19– Enlever quoi ? Vous enlevez quoi ? Les engins de chantier ?
04:21– Exactement, engins de chantier, Vélib, tout ce qui peut servir d'arme par destination,
04:27et aussi, on a aussi les individus qui, eux, viennent pour empêcher les gens de manifester
04:32et s'en prendre aux forces de l'ordre et au commerce,
04:34et faire des dégradations et détruire,
04:37qui, eux, dissimulent des battes de baseball, des barres de fer, des mortiers, des pavés,
04:41vous avez vu comment ils sont organisés, avec une masse, vous pouvez faire beaucoup de dégâts,
04:45vous pouvez casser, vous pouvez préparer, avec un pied de biche, vous pouvez récupérer des pavés,
04:49donc nous, c'est essayer de prévenir et dissuader ce type d'événement,
04:52et donc là, c'est compliqué, et puis il y a aussi une chose,
04:55c'est l'aspect humain au niveau police, pour nous, c'est catastrophique,
04:58c'est-à-dire qu'aujourd'hui, je pense que vers 22h,
05:01on saura si on doit revenir sur un jour de repos pour mettre une tenue,
05:06pour faire du maintien de l'ordre, on saura à 22h.
05:09– Pourquoi pas avant ? Parce que, de toute façon, la manifestation, elle va se tenir demain.
05:12– Ah oui, mais vous mettez… Alors, le problème, c'est que vous gérez pas une manifestation de la même
05:17manière,
05:17c'est-à-dire que si jamais vous avez aucun cortège, vous avez vu hier,
05:21hier, la manifestation n'était pas autorisée, donc on a fait avec les moyens du bord, c'est-à-dire
05:25qu'on a fait…
05:26– Là, elle est autorisée, puis c'est une manifestation, on veut dire classique,
05:29lancée par une intersyndicale, avec un service d'ordre.
05:31– Oui, mais alors, nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a accompagné,
05:34on était à un moment non casquillé, à un moment casquillé,
05:36on a fait usage deux fois de grenades lacrymogènes,
05:39parce qu'on avait quelques individus hostiles,
05:41mais de manière générale, ça s'est très bien passé,
05:43on a été dans le dialogue, parce que ça fait partie aussi du maintien de l'ordre,
05:46de dialoguer avec les organisateurs,
05:48et nous, ce qu'on a peur demain, surtout, c'est les cortèges sauvages.
05:52Ça, c'est une grande crainte, et les rassemblements, juste avant la manifestation.
05:56– On est avec Emilio Tinka, il est président de l'association des commerçants,
06:02Voltaire et Léon, Paris 11e, dont des boulevards ou des rues qui seront traversées,
06:07si c'est le trajet République Nation qui est retenu,
06:11parce que, bonsoir, Emilio Tinka, le boulevard Voltaire se trouverait sur le trajet,
06:16si c'est celui-là qui est validé, quelle est votre réaction ?
06:19– La réaction est que nous ne comprenons pas comment ça se fait
06:24que les 17, ça a été sécurité, tout le monde l'a vu.
06:29Les deux manifestations suivantes se sont déroulées d'une manière,
06:33je dirais, plus correcte, sur des parcours un peu plus excentrés,
06:38et je ne comprends pas pourquoi on veut retourner dans la ville de Paris,
06:42sur un parcours dans lequel il y a des 50 à 60% de magasins
06:49entre la République et l'Amérique du 11e qui ont été saccagés et détruits.
06:54Donc, franchement, je pense qu'on a le droit d'en existir dans d'autres endroits.
06:59– C'est incompréhensible.
07:01On en a parlé avec d'autres présidents de l'association des colonies de la Nouvelle,
07:06avec la mairie, mais pour nous, c'est incompréhensible.
07:11Nous, on ne comprend pas pourquoi on fait ses choix.
07:14– Je vois que vous êtes caviste, a priori, vu les bouteilles de vin qui sont derrière vous.
07:19C'est-à-dire que si c'est confirmé entre nation et république,
07:24ou république-nation, dans ce sens-là, vous êtes boulevard Voltaire,
07:27c'est-à-dire que vous fermez la boutique demain ?
07:30Vous mettez des panneaux de bois ?
07:31– Nous, demain, moi, j'essaierai au magasin,
07:37comme toujours pendant les manifestations.
07:40Ça nous permettra de fermer si on voit qu'il y a beaucoup de monde qui passe,
07:46mais de rester ouvert avant ou après,
07:49des manières à essayer de sauver un peu la journée,
07:52parce que ça commence à bien faire.
07:54On a beaucoup de journées qui sont à vide,
07:56et donc ça commence à être très compliqué.
07:59Je pense que vous avez évoqué à l'antenne plusieurs fois,
08:02et si on continue comme ça, on ne sait pas comment on va continuer.
08:08– Justement, parce qu'après le 17 octobre,
08:10on a aussi entendu beaucoup de commerçants dire
08:13« si on n'est pas capable de nous protéger,
08:16on va se protéger nous-mêmes ».
08:18Est-ce que ça, vous l'avez entendu justement avant la manifestation de demain ?
08:22Est-ce que certains de vos collègues commerçants
08:24ont l'intention de faire leur propre service d'ordre ?
08:27– Écoutez, on l'a entendu après les 17.
08:32Moi, je ne suis pas de cet avis,
08:35parce que je trouve qu'il y a des personnes qui doivent nous défendre,
08:39et que ça ne peut pas être chacun pour soi.
08:42Ça devient trop dangereux,
08:45et donc ça ne peut faire que des dégâts.
08:48Donc moi, quand j'ai dit que j'essaierai dans mon magasin,
08:50comme d'autres,
08:52les moments venus, on s'est renfermé dedans,
08:55juste pour faire en sorte que les gens voient
08:59qu'il y a du monde à l'intérieur.
09:02Nous, on est protégés avec une grille métallique,
09:04mais pour éviter que les gens s'approchent
09:08des magasins dans lesquels il y a du monde.
09:11Parce que la plupart des fois,
09:12ils s'approchent des magasins qui sont protégés
09:14avec des panneaux en bois ou qui sont fermés.
09:17Et par expérience, ils évitent,
09:19mis à part les 17,
09:21les 17, ça sortait de tous les schémas connus.
09:24Bien sûr, c'est ce dont on a parlé régulièrement,
09:27effectivement, avec les policiers.
09:29Emiliano Tinka, merci d'avoir été avec nous.
09:31Avant de parler du cortès, Jean-Louis,
09:33on a juste encore, Boris Carlamov,
09:35des petites informations qui viennent du directeur
09:37de la police nationale.
09:38Absolument, le DGPN, le directeur général
09:40de la police nationale,
09:41qui vient de transmettre un télégramme
09:42pour ses consignes en marge
09:44de la manifestation de demande.
09:45Ce même directeur, lui, logé,
09:47qui demande que les chefs de service
09:49portent le taux de présence des effectifs à 75%.
09:51C'est le même pourcentage que pour la journée
09:53du 31 octobre dernier.
09:55Il demande au service de faire appel
09:56à la réserve opérationnelle
09:57et le report des formations non essentielles.
10:01Des contrôles en amont auront lieu,
10:02notamment sur le réseau ferroviaire.
10:04L'objectif, c'est de repérer des individus
10:06pouvant commettre des troubles
10:07à l'ordre public.
10:08Le directeur demande aussi le renfort
10:10des moyens spécialisés.
10:11Une nouvelle fois, le RAID, par exemple,
10:14des engins lanceurs d'eau et des drones.
10:16Et puis, la direction des compagnies républicaines
10:18de sécurité, donc les CRS, veillera, je cite,
10:21à mettre à disposition le plus grand nombre
10:23d'unités sur le terrain.
10:26C'est en quelque sorte les mêmes directives
10:28que pour la mobilisation du 31 octobre.
10:30Alors, on aura bien sûr le détail
10:32avec Laurent Nunez, tout à l'heure en direct
10:33sur BFM TV à 18h30, avec le ministre de l'Intérieur.
10:36Mais déjà une réaction, Marius Ménil.
10:38Bonsoir, vous êtes lycéen,
10:39co-secrétaire général de l'union syndicale lycéenne.
10:41Vous serez demain dans la rue, une nouvelle fois.
10:44Est-ce que le parcours qui est proposé
10:46par la préfecture, donc en centre-ville,
10:49entre la place de la République
10:50et la place de la Nation à Paris, vous convient ?
10:52Mais non, mais en fait, le principal problème,
10:54c'est que ce n'est pas la préfecture
10:55de choisir où est-ce qu'on manifeste.
10:56En France, c'est un droit de manifester
10:57qui est constitutionnel.
10:58Et donc, on est dans une logique
11:00où on dépose le parcours à la préfecture
11:02et elle doit l'accepter normalement.
11:04Non, elle peut le refuser.
11:06Elle peut le refuser, mais quand c'est l'ultime recours.
11:07Il ne faut pas banaliser cette mauvaise habitude
11:10qu'elle est en train de prendre la préfecture.
11:12Vous êtes jeune, mais les manifestations
11:14entre République et Nation, il y en a eu beaucoup.
11:17Exactement.
11:18Ce n'est pas inédit.
11:18Et entre toutes les Nations, il y en a eu énormément
11:20et pourtant, elle a été interdite la semaine dernière.
11:22Pourtant, effectivement, c'est un parcours
11:23où il y en a des dizaines chaque année.
11:24On y manifeste depuis 1789.
11:26Donc là, il y a un changement de pied, finalement.
11:27Là, vous aviez sans doute des craintes
11:29de manifester une nouvelle fois en périphérie.
11:32Visiblement, ça sera dans le 11e arrondissement.
11:34Voilà.
11:35Ce qui montre bien, d'ailleurs,
11:35que la stratégie du gouvernement,
11:37ce n'est pas de nous éloigner des centres-villes,
11:38mais c'est juste d'organiser le désordre,
11:41en essayant de changer à la dernière minute.
11:43Pourquoi organiser le désordre ?
11:45Ils font quoi, là ?
11:46Ils pourraient très bien nous autoriser
11:47et nous, quand ça, on pourrait s'organiser.
11:48Les forces de l'ordre pourraient s'organiser aussi
11:50et tout le monde serait serein.
11:51Vous n'êtes jamais content, en fait.
11:53Là, on vous donne quand même plutôt raison.
11:55Alors, ce n'est pas entre Bassi et Concorde
11:57parce que, si j'ai bien compris,
11:58on ne veut pas voir arriver le cortège
12:00près de l'Assemblée nationale et des lieux de pouvoir.
12:02Les Champs-Elysées, il y a les Champs-Elysées aussi.
12:05Donc, bon, République-Nation,
12:07c'est un parcours très classique, syndical.
12:09Mais vous n'êtes pas content non plus ?
12:11Mais nous, ce qu'on veut,
12:12c'est préserver le droit de manifester
12:13et donc, quand on dépose un parcours,
12:15il doit être accepté.
12:16Voilà.
12:16Maintenant, là, on parle beaucoup du maintien de l'ordre.
12:18Moi, à mon avis, il faut aussi parler de la réponse politique
12:20parce que notre objectif,
12:21ce n'est pas de manifester comme ça tous les trois jours
12:22et que tous les trois jours,
12:23on s'interroge sur où est-ce qu'on va manifester,
12:25comment on va maintenir l'ordre, etc.
12:27Concernant les lycéens,
12:28vous avez déjà obtenu des choses, déjà.
12:30Ce qu'on a obtenu,
12:31plus on l'analyse,
12:32plus on se rend compte que c'est des arnaques.
12:33Par exemple, il y a un prêt aux régions
12:34de 4 milliards d'euros.
12:35Et c'est un prêt, justement.
12:36Et nous, on a parlé il y a quelques jours
12:37avec les directeurs de région
12:38qui nous disaient,
12:39on est déjà surendettés,
12:40on ne pourra pas faire ce prêt.
12:41Ce qui veut dire que les établissements
12:42vont rester dans l'état actuel.
12:43Vous voulez 10 milliards
12:44et la fin de parcours sup.
12:4610 milliards et 10 revendications, exactement.
12:48Et ce qu'on demande, franchement,
12:48ce n'est pas énorme.
12:49Et moi, je trouve que c'est quand même dingue
12:50qu'on ait besoin d'être autant dans la rue
12:51juste pour ça.
12:52Après, votre mouvement s'essouffle.
12:54On le voit bien.
12:54Non, non, non.
12:55Il y a une nouvelle dynamique.
12:56Il y a encore une fois
12:57des centaines de lycées bloqués.
12:58Oui, une nouvelle dynamique
12:59pour vers demain.
12:59Mais pardon, simplement,
13:00j'éteille mes propos.
13:01C'est-à-dire que depuis lundi,
13:02il n'y a quasiment plus de lycées bloqués.
13:04Je crois qu'il y avait moins d'un pour cent
13:06ce matin de lycées bloqués
13:07partout en France,
13:09selon les chiffres.
13:10Donc, on voit bien quand même
13:11qu'on a même vu des parents d'élèves
13:13venir devant les établissements
13:15pour débloquer la situation
13:17parce qu'ils sont visiblement inquiets
13:19de voir leurs enfants louper
13:21autant de cours.
13:22Est-ce que ce n'est pas la fin
13:23de votre mouvement
13:24que vous accompagnez finalement
13:25avec peut-être effectivement
13:27une dernière manifestation demain ?
13:30Non, non, pas du tout.
13:30Nous, on l'a toujours dit,
13:31tant que nos 10 revendications
13:32ne sont pas écoutées,
13:32on continuera.
13:33Et donc, ce qu'on demande,
13:34c'est très simple.
13:35On demande, quand on va
13:36à la cantine pour manger,
13:37qu'on n'ait pas des plafonds
13:38qui nous tombent dessus.
13:38On demande, quand on va en cours,
13:40d'avoir un professeur devant nous.
13:41Normalement, l'État
13:42devrait nous garantir ce droit
13:43et on ne devrait pas avoir besoin
13:44de bloquer des lycées.
13:45Pour ça, maintenant,
13:46le mouvement ne s'essouffle pas.
13:47Il y a eu une dynamique.
13:47Il y avait plus de 500 lycées bloqués hier.
13:49Et la nouvelle journée,
13:49c'est demain.
13:50Je peux vous dire que des remontées
13:51que j'ai, il y aura énormément
13:52de lycées bloquées.
13:52Théo, Amsa Adi est avec nous,
13:54le président des Jeunes Républicains.
13:56Déjà, un mot sur cette bataille
13:58des parcours.
13:59Alors, une doctrine avait été établie
14:01par le chef de l'État lui-même.
14:03Plus de manifs dans les centres-villes.
14:04Finalement, demain,
14:05la préfecture propose
14:06République Nation.
14:07Donc, on revient
14:08à un parcours classique.
14:09Est-ce que vous comprenez
14:10ces changements de pied ?
14:11Non, mais je trouve ça très dommage
14:12parce que quand j'ai vu
14:13les images du 17 octobre,
14:15je me suis dit,
14:16comme tout le monde,
14:16l'État va prendre la mesure
14:18de ce qui s'est passé.
14:18On a eu des scènes inimaginables
14:20en France.
14:20Donc, l'État va prendre les leçons,
14:22va tirer les leçons
14:23de ce drame-là
14:23et à l'avenir,
14:25donc, organiser collégialement
14:27avec les syndicats
14:27et les manifestants
14:28des manifestations
14:29dans des endroits
14:30qui, justement,
14:31n'aboutiront pas
14:31à des casses,
14:32à des violences,
14:32à des pillages de masse.
14:33Et au final, non,
14:34c'est encore le même temps.
14:36Et bon, mon réflexe,
14:37c'est de penser
14:37que le même temps
14:38durera jusqu'au bout
14:39dans ce pays
14:3910 ans jusqu'au dernier jour
14:41de l'ère d'Emmanuel Macron.
14:42Donc, c'est dommage
14:42parce qu'on parle
14:44de manifestations.
14:44Vous êtes inquiet
14:45pour les commerçants demain ?
14:46Mais je pense
14:47qu'on est tous inquiets.
14:48Et la question,
14:49elle n'est pas de savoir
14:49si même les commerçants
14:51vont subir des violences,
14:53des pillages demain,
14:54mais elle est de savoir déjà
14:55comment ils vont se protéger
14:56de tout ça.
14:57Surtout que même
14:58s'il n'y a pas de pillages,
14:59le commerçant, en général,
15:00il n'y a plus de clients.
15:00Les clients ne viennent pas.
15:01Oui, déjà,
15:02il n'y a plus de clients.
15:02Il n'y a plus ensuite
15:03parfois même de commerce
15:04tout simplement.
15:05Et moi, je trouve ça dingue.
15:06Vous prétendez être
15:07du côté des travailleurs,
15:09etc.,
15:09d'être de ceux
15:10qui travaillent dur
15:11toute leur vie
15:11pour nourrir leurs enfants,
15:12pour se nourrir eux-mêmes.
15:13Et vous bousillez la vie
15:14tout simplement
15:15de jeunes gens,
15:16de gens honnêtes
15:16qui ont un petit commerce,
15:18qui ont tout misé
15:19sur ce commerce-là
15:19toutes les semaines,
15:20toutes les semaines.
15:21Et vous n'avez aucune pensée
15:22pour eux,
15:23aucun même.
15:23D'ailleurs,
15:24vous cautionnez,
15:25enfin, parfois même
15:26les pires d'entre vous
15:26cautionnent même les violences.
15:27Et d'autres parmi vous,
15:29les plus modérés
15:29seulement se permettent
15:31de se taire
15:31quand il y en a
15:32qui se font fracasser
15:33les vitrines,
15:33quand il y en a
15:34qui se font piller
15:35leur stock, etc.
15:36Donc moi,
15:36je trouve ça assez dommage.
15:38J'aimerais vraiment
15:39apporter d'avance déjà
15:40mon soutien,
15:42évidemment,
15:42à toutes les forces de l'ordre,
15:43à tous ceux
15:43qui seront mobilisés demain
15:44parce que je pense
15:45que la journée sera difficile.
15:46J'ai des amis
15:47qui sont gendarmes
15:48et vraiment
15:50à qui j'adresse
15:50toutes mes pensées
15:51parce que ce n'est pas facile
15:52tous les jours
15:52quand on est gendarme
15:53en France aujourd'hui,
15:54policier non plus.
15:55Et enfin,
15:56j'adresse vraiment
15:56toutes mes pensées
15:58aux commerçants
15:58et vivement 2027
16:00parce qu'il est temps
16:01vraiment qu'en fait
16:01dans ce pays,
16:02on puisse prendre
16:03la mesure de tout ça
16:04et que le retour de l'ordre
16:05se fasse pacifiquement.
16:06En attendant,
16:07il y a le 5 novembre
16:08donc vous ne pensez pas
16:09à ceux qui travaillent.
16:10Alors,
16:10je vais répondre.
16:11D'abord,
16:11nous,
16:12nos méthodes
16:12ont toujours été
16:12à non-violence
16:13et j'espère que
16:14tous les commerçants
16:14pourront ouvrir demain
16:15en sécurité.
16:16Et d'ailleurs,
16:17sur les manifestations,
16:17il y a parfois
16:18des commerçants,
16:18par exemple des boulangeries
16:19ou des commerces ouverts
16:20et ils ont des records
16:20de clientèle
16:21parce que les manifestants
16:22en ont aussi soif,
16:23en ont aussi faim
16:23et donc on a besoin aussi
16:25d'aller faire des achats.
16:27Ensuite,
16:27si on est nés aujourd'hui,
16:28je suis désolé,
16:28mais c'est en partie
16:29à cause de votre camp,
16:30les Républicains,
16:31vous avez eu la présidence,
16:32le Sénat,
16:32l'Assemblée,
16:33vous auriez pu tout faire
16:33et finalement,
16:34vous voyez ce que vous laissez
16:35à la jeunesse,
16:36c'est-à-dire un avenir
16:36qui, désolé,
16:38n'est pas très réjouissant.
16:39Vous avez des lycées,
16:40encore une fois,
16:41je vais rentrer
16:41avec des plafons qui tombent
16:42où il fait beaucoup
16:43trop chaud l'été,
16:43on n'a pas de professeur,
16:45on ne peut pas faire
16:45des études même
16:46si on a le bac.
16:46C'est pour ça qu'on se bat.
16:50Vous devriez être
16:50avec la jeunesse
16:51dans la rue
16:51pour nous soutenir.
16:52Et nous,
16:53si on bloque les lycées
16:54sur Manifest,
16:54c'est notre dernier recours.
16:55On essaie de passer
16:56par d'autres méthodes,
16:57on essaie de passer
16:58par les institutions,
16:59on essaie de passer
16:59par les pétitions
17:00et à chaque fois,
17:01ça ne fonctionne pas.
17:01Et là,
17:02on constate tous
17:03que quand on bloque les lycées,
17:04ça fonctionne assez bien
17:05parce qu'effectivement,
17:06il y a eu des premières annonces
17:06qui montrent que le gouvernement
17:08là où les lycéens ont raison
17:10et où on peut donner
17:11le point quand même
17:12au syndicat.
17:13Je me tourne vers vous
17:14et vers Amandine Atalaya,
17:15c'est-à-dire que la crise,
17:16elle couvre.
17:17On l'a vu monter.
17:18Donc,
17:19le pouvoir politique
17:20n'a pas su la désamorcer aussi
17:22en apportant déjà
17:23des débuts de réponses concrètes.
17:25Dans l'urgence,
17:25on a trouvé 3000 enseignants,
17:27on a donné le bébé aux régions.
17:29C'est vrai que ce sont les régions
17:30qui s'occupent des lycées,
17:32mais le carburant,
17:34il a fallu débloquer en urgence
17:35les stocks,
17:35ça ne suffit pas,
17:36les prix commencent à peine
17:37à baisser.
17:37Donc,
17:38il y a encore un peu
17:38de retard à l'allumage
17:40politiquement.
17:40Oui,
17:41il y en a eu à chaque fois
17:42jusque-là.
17:43Sur les carburants,
17:44ça a beaucoup traîné
17:45parce qu'il est vrai
17:45que le chèque gros rouleur
17:46de 100 euros,
17:47ce n'était pas suffisant
17:48et la mesure importante,
17:50la libération des stocks stratégiques
17:51a mis beaucoup de temps.
17:52Pour les lycéens,
17:53retard à l'allumage assumé,
17:55même Emmanuel Macron
17:55l'a dit d'ailleurs,
17:56on a répondu trop tard.
17:58Et surtout qu'ils ont répondu
17:59après le 17 octobre,
18:01après la casse et les pillages,
18:03ce qui donne quand même
18:05un mauvais message.
18:06C'est-à-dire que dans ce pays,
18:07il faut casser
18:08pour qu'on soit reçu.
18:09C'est ça que ça envoie
18:10comme message.
18:10C'est vrai.
18:11Et les lycéens ont été
18:12la mèche qui a allumé
18:14quand même tout le reste.
18:15Sinon,
18:15on n'en serait quand même
18:16pas là aujourd'hui.
18:17Et là,
18:18sur le pouvoir d'achat,
18:19c'est un peu le même problème
18:20avec toujours cette limite
18:21de l'État n'a pas les finances
18:22pour faire ce qu'il faut.
18:22Est-ce qu'on a un gouvernement
18:24qui est dépassé par les événements
18:26et qui semble tout le temps
18:29à la remorque des choses ?
18:30Là, on parle du dispositif
18:32de sécurité,
18:32on ne comprend pas pourquoi
18:33tout d'un coup,
18:34la doctrine de l'interdiction
18:36des centres-villes
18:36ne tient plus.
18:37Oui, c'est un gouvernement
18:39qui n'a plus de pouvoir.
18:40C'est un président
18:41qui n'a plus lui-même
18:43d'assises sur le pays
18:45qui est en fin de règne
18:46aujourd'hui.
18:47C'est un gouvernement
18:49qui n'arrive même pas
18:49à faire un budget
18:50à l'Assemblée nationale
18:51en ce moment
18:52et qui, sur le pouvoir d'achat,
18:53n'a quasiment rien
18:54à proposer non plus.
18:55La seule mesure
18:56pour l'instant évoquée,
18:58rapidement,
18:58ce serait un coup de pouce
18:59pour le SMIC.
19:01Ce qui est d'ailleurs
19:01une des revendications
19:02de la CGT demain dans la rue.
19:03Oui, mais la CGT...
19:04Un coup de pouce
19:04pour le SMIC de 10%
19:05dès décembre.
19:07Ce ne sera pas 10%.
19:10Il y aura une indexation
19:11qui sera aussi avancée.
19:13Enfin, vous voyez,
19:14c'est extrêmement mince.
19:15Donc, en fait,
19:15on peut continuer
19:16très longtemps ceci
19:17où, à chaque fois,
19:18on a une réponse
19:18plusieurs semaines après.
19:20La colère qui dure.
19:21Et Emmanuel Macron
19:22a beau dire
19:23qu'il faudra
19:23une réponse politique
19:24aux mouvements sociaux
19:25aujourd'hui,
19:25on ne la voit pas venir.
19:27Mais justement,
19:27ce qui est intéressant,
19:28c'est que dans un instant,
19:29on va vous révéler
19:29un sondage qui montre
19:30que les Français
19:30sont plutôt en soutien
19:32du mouvement social.
19:34Donc, on va continuer
19:35de l'évoquer.
19:35On va continuer
19:36d'en discuter.
19:37En attendant,
19:38la prise de parole
19:38de Laurent Nunes,
19:39le ministre de l'Intérieur.
19:40Ce sera tout à l'heure
19:41aux alentours
19:42des 18h30
19:43pour dire précisément
19:45le parcours
19:46de la manifestation
19:47et l'ensemble du dispositif
19:49qu'il a prévu
19:50d'être robuste.