- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00:00La BFM TV au cœur des cortèges, bien sûr, pour vous faire vivre cette journée de mobilisation,
00:00:05journée de mobilisation à travers tout le pays, les manifestations, les rassemblements ont eu lieu partout,
00:00:10il y avait à peu près 200 cortèges à travers toute la France, un millier de lycées fermés,
00:00:14ça c'est ce que dit la FSU, tandis que le ministère de l'éducation nationale parle de 81,
00:00:2016% d'enseignants en grève, 70 000 policiers mobilisés,
00:00:24et une journée de mobilisation pour l'augmentation du SMIC, des salaires et des meilleures conditions d'études pour les
00:00:29lycées,
00:00:29avec des annonces qui doivent être faites sur le SMIC.
00:00:31Voilà ce qui va animer nos conversations et cette fin d'après-midi au cœur de la manifestation.
00:00:36Alors ce qui est intéressant à souligner, c'est que par exemple le cortège parisien est loin d'être terminé,
00:00:41les premiers manifestants arrivent Place de la Nation, mais il y a encore du monde Place de la République,
00:00:47la manifestation a démarré vers 14h, donc c'est quasiment 3h de cortège,
00:00:54on va tout de suite retrouver sur place une de nos équipes.
00:01:02Effectivement, on a toujours énormément de monde Place de la République,
00:01:05probablement plusieurs milliers de personnes, avec plusieurs fédérations, plusieurs syndicats,
00:01:10qui attendent aussi de pouvoir s'élancer sur cette avenue Voltaire en direction de la Place de la Nation.
00:01:16Je suis avec Franck, vous êtes professeur de mathématiques dans le sud-ouest de la France,
00:01:20et vous avez fait le déplacement exprès aujourd'hui à Paris.
00:01:23Oui, bonjour.
00:01:25Pour quelles raisons ?
00:01:26Je suis là parce que, comme bon nombre de mes collègues, c'est le problème de notre rémunération qui n
00:01:34'est plus à la hauteur.
00:01:34Le gel du point d'indice que l'on subit depuis plusieurs années, presque 20 ans,
00:01:39fait qu'on a un vrai décrochage de salaire qui pose des problèmes là de pouvoir d'achat,
00:01:43et même des problèmes d'attractivité pour nos métiers.
00:01:46Vous me disiez tout à l'heure, évidemment, partager toutes ces revendications lycéennes, étudiantes,
00:01:51que l'on entend depuis plusieurs semaines.
00:01:52C'est un même combat, finalement, en quelque sorte ?
00:01:55Forcément, on se retrouve dans les revendications lycéennes.
00:01:58Ce sont les mêmes que nous.
00:02:00Depuis des mois, depuis des années, on alerte sur le problème du recrutement,
00:02:04le problème du remplacement, le problème du bâti scolaire.
00:02:07Donc ces revendications des lycéennes, elles sont légitimes, puisque ce sont les mêmes que nous.
00:02:11Quand on voit ces milliers de personnes qui sont présentes aujourd'hui pour défiler,
00:02:16est-ce que ça vous rassure de voir, finalement, qu'il y a autant de personnes qui sont mobilisées à
00:02:19vos côtés aujourd'hui ?
00:02:20Alors, rassuré, je ne le suis pas forcément, parce qu'en fait, le nombre de personnes
00:02:25fait qu'il y a beaucoup de personnes qui souffrent de ce problème de pouvoir d'achat.
00:02:30Après, là, moi, ce que j'attends, c'est des réponses politiques concrètes très rapidement
00:02:35qui puissent arriver à satisfaire le plus grand nombre.
00:02:39Justement, on en parlait à l'instant, les quelques annonces qui ont été faites par le gouvernement
00:02:43il y a quelques jours, après des consultations lycéennes et étudiantes,
00:02:47on avait notamment le remplacement de Parcoursup à partir de 2028,
00:02:52500 postes supplémentaires d'enseignants dans le secondaire.
00:02:56Tout ça, vous me disiez, ça n'est pas suffisant.
00:02:58L'inquiétude qu'on peut avoir, ça peut être une avancée,
00:03:01le fait d'avoir 500 postes supplémentaires et le gel de certaines suppressions.
00:03:05Là, l'inquiétude, elle perdure parce qu'en fait, on a aussi un problème de budget.
00:03:09C'est-à-dire, est-ce qu'on ne va pas, pour pouvoir alimenter les lycées,
00:03:14prendre des postes sur nos collèges ou même sur le premier degré ?
00:03:18On attend aussi des réponses qui soient budgétaires.
00:03:21Et puis, ça ne résout pas le problème de l'attractivité,
00:03:24parce que décréter 500 profs supplémentaires,
00:03:27sans parler de notre rémunération,
00:03:29on touche du doigt le problème de l'attractivité.
00:03:32Si la situation n'évolue pas dans les prochains jours,
00:03:34est-ce que vous pensez remonter peut-être une nouvelle fois à Paris
00:03:37pour vous mobiliser à nouveau ?
00:03:39Je ne sais pas ce que va donner l'intersyndicale qui se réunit maintenant,
00:03:43mais peut-être que de prochaines dates seront en tout cas posées
00:03:46et peut-être qu'on aura aussi des réponses du gouvernement
00:03:50qui arriveront à satisfaire le plus grand nombre.
00:03:53Merci beaucoup, Franck.
00:03:54Voilà, Franck, professeur de mathématiques,
00:03:56qui fait donc partie de ces milliers de personnes
00:03:59qui attendent encore au niveau de la place de la République
00:04:02de pouvoir s'engouffrer sur ce boulevard Voltaire
00:04:05en direction de la place de la Nation.
00:04:07Voilà, les équipes de BFMTV avec lesquelles nous allons suivre
00:04:11le déroulement de la fin de manifestation
00:04:13qui se passe plutôt bien, même très bien d'ailleurs,
00:04:17pour le moment de ce que l'on voit, et c'est le principal.
00:04:19Aurélien Boudon est avec nous,
00:04:20c'est le secrétaire national de l'Union syndicale solidaire.
00:04:22Nouvelle donc mobilisation contre la vie chère après les 17, 24 et 31 octobre.
00:04:27Il y aura un acte 4 d'ailleurs, le samedi prochain,
00:04:31à l'appel de la quasi-totalité des syndicats.
00:04:34C'est une réussite ?
00:04:35C'est une journée, c'est une réussite incontestable.
00:04:37Il y a d'une part énormément de monde dans les rues
00:04:39et puis ce qui est peut-être moins visible,
00:04:40c'est qu'il y a énormément de grèves aussi dans des entreprises.
00:04:42On a beaucoup de remontées, des personnes qui n'avaient jamais fait grève,
00:04:44qui nous avaient contactés, y compris pour demander comment faire grève.
00:04:47On a eu ce matin des piquets de grève sur une grande diversité de lieux de travail.
00:04:50Donc nous, on estime qu'on a réussi aujourd'hui ce qu'on a essayé de faire,
00:04:52c'est-à-dire franchir un cap dans le rapport de force
00:04:54en amenant sur la question du travail ce conflit
00:04:58qui pour l'instant était sur les manifestations du week-end
00:05:00parce qu'on pense que c'est là aussi que ça va jouer
00:05:02parce qu'on parle beaucoup du gouvernement.
00:05:04Mais nous, on veut mettre le patronat aussi face à ses responsabilités
00:05:06parce que notamment sur la question des négociations dans les branches,
00:05:09sur les questions de salaire,
00:05:10on pense qu'il y a aujourd'hui une responsabilité immense
00:05:12et c'est un silence assourdissant, on ne l'entend pas.
00:05:15Alors Alain rappelait que demain, a priori,
00:05:16le gouvernement devrait faire des annonces sur un coup de pouce pour le SMIC.
00:05:21Vous voulez combien en fait ?
00:05:23Alors nous, on réclame un SMIC à 2000 euros.
00:05:25Il y a différentes organisations syndicales.
00:05:272000 euros brut ou net ?
00:05:29Nous, on est sur 2000 euros net.
00:05:30On pense que ce n'est pas...
00:05:31D'accord, parce qu'aujourd'hui, le SMIC est à 1867 euros brut.
00:05:35Tout à fait.
00:05:371477 net, donc ça serait une augmentation de 500 euros.
00:05:40Pourquoi ?
00:05:41Sur les huit organisations syndicales qui appellent à la journée mobilisation,
00:05:45il y a différents niveaux de revendications,
00:05:47mais je crois que toute l'intersyndicale est d'accord pour dire
00:05:48qu'il faut une augmentation conséquente du SMIC.
00:05:51Ça varie effectivement entre 100 et 400 euros.
00:05:54La question, en tout cas, aujourd'hui, ce n'est pas un coup de pouce de 1%.
00:05:561% c'est autour de 17 euros d'augmentation.
00:05:59On pense que c'est sans rapport aujourd'hui avec le niveau de la hausse du coût de la vie,
00:06:03les 4% d'inflation à l'INSEE,
00:06:05l'augmentation et l'inflation qui par ailleurs sur les carburants
00:06:08et sur les produits frais aussi est encore bien supérieure.
00:06:11Et quand le patronat vous dit qu'on n'a pas les moyens d'augmenter ainsi le SMIC,
00:06:15parce que vous avez vu la croissance, elle est quand même très faible,
00:06:18donc ça veut dire qu'il n'y a pas beaucoup de richesses créées en ce moment dans le pays,
00:06:21donc on ne veut pas comme ça augmenter le SMIC,
00:06:23ça va mettre en péril certaines entreprises, notamment les petites entreprises.
00:06:26Alors, plusieurs choses là-dessus.
00:06:27Déjà, nous on pense qu'il ne faut pas augmenter que le SMIC,
00:06:29il faut aujourd'hui augmenter tous les salaires.
00:06:32Mais sur la question, on n'a pas les moyens.
00:06:35Nous, on est en désaccord avec ça.
00:06:36On nous parle beaucoup des petites entreprises.
00:06:39D'une part, il n'y a pas que des petites entreprises dans ce pays.
00:06:41Mais l'augmentation du sucre, vous savez que c'est pour tout le monde.
00:06:43Et on voit qu'il y a des très... On est d'accord.
00:06:45Et c'est quand même les PME qui sont les premiers employeurs de ce pays.
00:06:48Qui ont réalisé énormément de bénéfices.
00:06:49Non mais juste pour dire quand même que ce n'est pas la crise pour tout le monde,
00:06:52quand on voit que les groupes du CAC 40 ont réalisé des...
00:06:55C'est pas des groupes du CAC 40 qui emploient le plus en C.I.
00:06:57Ce sont les PME.
00:06:58Des bénéfices records. Et excusez-moi, mais une partie des PME du pays
00:07:01alimente des groupes du CAC 40.
00:07:03Oui, ils sont sous-traitants.
00:07:04Je pense que chacun connaît le système de la sous-traitance
00:07:07dans un certain nombre de secteurs.
00:07:08Que ce soit dans le luxe, l'automobile, le textile.
00:07:11Une partie des TPE et des PME sont en fait directement dans la chaîne de production
00:07:15de groupes du CAC 40 qui ont réalisé des dizaines de milliards de profits
00:07:18sur le premier semestre.
00:07:19Mais c'est pas pour autant qu'ils gagnent plus.
00:07:20C'est pas parce qu'ils fournissent des entreprises qui font du profit
00:07:22qu'eux, ils bénéficient de tout ce profit.
00:07:25Oui, parce que juste par exemple, si vous prenez une entreprise qui a 10 salariés...
00:07:29Non, ça y est.
00:07:29Pardon.
00:07:30Allez-y, allez-y.
00:07:31Une entreprise qui a 10 salariés, une entreprise par exemple, je sais pas,
00:07:35moi, de réparation de sanitaire ou des choses comme ça.
00:07:38Et qu'est-ce que vous allez dire au patron
00:07:41qui va augmenter autant ses salariés ?
00:07:44Il le trouve où l'argent ?
00:07:46Il va augmenter donc ce qu'il va demander en prestation.
00:07:49Il va augmenter ses prix.
00:07:50Ou alors il va licencier.
00:07:51Vous savez, c'est mathématique.
00:07:53Donc, si vous voulez...
00:07:55Vous avez une vision très simple du problème.
00:07:57Non, c'est pas très simple.
00:07:57C'est très réaliste surtout.
00:07:59Très réaliste.
00:07:59Vous dites toujours la même chose depuis toujours.
00:08:01Il n'y a pas plus fait que c'est vrai.
00:08:03Non, parce que c'est 90e anniversaire du Front Populaire.
00:08:06Il faut voir ce qu'on entendait.
00:08:06Guillaume Roubault, quoi, si vous représentez partie communiste ?
00:08:08Au moment du Front Populaire, les salaires ont augmenté de 7 à 15%
00:08:11et parfois bien davantage.
00:08:12Qu'est-ce qu'on entendait à ce moment-là ?
00:08:14De la droite et le patronat.
00:08:15On va mettre l'économie par terre.
00:08:17En 68, qu'est-ce que vous avez poussé comme grand ?
00:08:19Il y avait 5 ou 6% de croissance.
00:08:21Vous dites toujours la même chose à ce moment-là.
00:08:23Selon vous, monsieur, comment il fait ?
00:08:24Non, mais ok, ne me jugez pas moi.
00:08:26Je vous pose une question ouverte
00:08:27que plein de patrons de petites entreprises pourraient vous poser.
00:08:30Le sujet n'est pas moi ou la droite.
00:08:33Qu'est-ce que vous proposez à ces personnes ?
00:08:34Je vais vous donner quelques éléments.
00:08:35D'abord, nous, ce qu'on pense, c'est qu'aujourd'hui,
00:08:36il n'est pas normal que les grandes entreprises
00:08:38et les petites entreprises aient les mêmes taux d'imposition
00:08:41sur l'impôt sur les sujets ou les différentes choses comme ça.
00:08:43On pourrait moduler cet impôt, par exemple.
00:08:45Prenons Total, par exemple.
00:08:46Mais il est progressif.
00:08:47Total, vous voyez, Total, il n'est pas progressif.
00:08:49Non, vous dites pas de quoi.
00:08:50Il est proportionnel.
00:08:51Quand vous payez 30%, mais oui, mais alors...
00:08:52S'il est proportionnel, il est donc...
00:08:54Ça veut dire que c'est le même taux pour tout le monde.
00:08:56Donc, ce n'est pas du tout qu'il est progressif.
00:08:57Donc, il paye plus.
00:08:58L'impôt sur le revenu, il n'est pas progressif.
00:08:59D'accord, mais les grosses entreprises,
00:09:02s'ils ont plus de bénéfices, payent plus.
00:09:03Mais sauf que, qu'est-ce qu'il se passe ?
00:09:05Vous avez beaucoup d'entreprises dont on a les plus grandes
00:09:06pour les moyens avec des fiscalistes.
00:09:09Total, vous avez vu les profits.
00:09:11Mais Total ne fait pas les profits en France.
00:09:12Non, ce n'est pas vrai.
00:09:13Vous savez très bien qu'en l'occurrence,
00:09:15ils localisent leurs profits par des systèmes
00:09:18qui ont bien repairés.
00:09:19Mais si, ça a été remunier, montré par d'autres.
00:09:21Donc, en l'occurrence, Total, aujourd'hui,
00:09:23il y a des profits.
00:09:24Vous parlez de Total alors qu'il vous parle des PME.
00:09:26Mais monsieur, je ne me répondrai pas sur les PME.
00:09:27C'est ce que je vous dis.
00:09:28On pourrait envisager, quand même,
00:09:30d'avoir des modulations de l'impôt sur les CLT
00:09:32par rapport à tout ça.
00:09:33Et puis, pareil...
00:09:34Mais le SMIC, il est le même pour tout le monde.
00:09:35Je ne comprends pas ce que vous dites
00:09:36parce que le SMIC, il n'est pas répondu à tout le monde.
00:09:37Je ne comprends pas ce que je vous dis aujourd'hui.
00:09:38Non, on parlait du SMIC.
00:09:39D'accord.
00:09:40La question, c'était sur le SMIC.
00:09:41Le SMIC, il faut l'augmenter massivement.
00:09:42Nous, on peut discuter.
00:09:43En l'occurrence, nous, on pense qu'il faut l'augmenter de 15%.
00:09:45C'est le minimum.
00:09:47Et que ce n'est pas y avoir le SMIC.
00:09:47Mais que répondez-vous au chef d'entreprise
00:09:50qui a une petite PME qui dit
00:09:51« Moi, je ne peux pas augmenter le SMIC.
00:09:53Je mettrai en danger mon entreprise. »
00:09:55Il y a eu deux, trois choses.
00:09:55Pour ce qui est des PME, qu'est-ce qui se passe ?
00:09:59Une PME, qu'est-ce que ça fait ?
00:10:00Ça paye des salaires.
00:10:00Ça ne paye pas que des salaires.
00:10:02Ça paye, en l'occurrence, aussi beaucoup de factures d'énergie.
00:10:04Est-ce que vous savez à quel point l'énergie a augmenté
00:10:06de manière invraisemblable ?
00:10:08On n'en parle tout le temps.
00:10:08On ne peut pas utiliser des factures, je vous rassure.
00:10:10Je ne sais pas, moi, je ne sais pas.
00:10:11On se chaude tous, non ?
00:10:13On fait nos courses aussi.
00:10:15Vous ne répondez pas sur mon exemple du réparateur sanitaire.
00:10:18Donc, votre PME qui paye, en l'occurrence, des factures,
00:10:21on peut agir de manière très forte par rapport à ces charges.
00:10:24Parce que nous, on est pour qu'en l'occurrence,
00:10:26l'État reprenne la main par rapport à ça.
00:10:28Renationalise.
00:10:28Bien sûr.
00:10:29Sortir du mécanisme européen aussi qui permet
00:10:31qu'aujourd'hui, l'énergie qu'en France ne produit pas cher,
00:10:34on doit la vendre à des tarifs invraisemblables.
00:10:36Il y a plein de manières de faire.
00:10:38Il y a l'outil de la fiscalité.
00:10:38Vous ne venez pas répondre à mon exemple concret.
00:10:40Mais si vous êtes dit que ce qui va payer en davantage pour les salaires,
00:10:43il pourra le payer moins par ailleurs.
00:10:45Pourquoi par ailleurs ?
00:10:46On va faire une pause parce qu'on va regarder les images en direct.
00:10:49Et puis, on reviendra sur l'économie
00:10:51parce que c'est effectivement le cœur des manifestations qui continue.
00:10:54Et le gouvernement doit apporter une réponse.
00:10:56Là, à gauche, on a la manifestation parisienne.
00:10:58Et puis, on a, sur l'image de droite,
00:11:01on a vu Toulouse où il y a eu l'utilisation du canon en haut.
00:11:03On a Bordeaux où on voit quelques fumées de gaz lacrymogènes.
00:11:06C'est pour ça que nous sommes avec Richard Caminade,
00:11:10qui est l'ancien général de gendarmerie spécialiste du maintien de l'ordre.
00:11:13Donc, la réponse dans ces cas-là,
00:11:15c'est quand on prend les gaz lacrymogènes ou le canon en haut,
00:11:17c'est pourquoi, général ?
00:11:19À chaque fois, c'est un moyen de force intermédiaire
00:11:22qui permet de gérer les individus minoritaires,
00:11:27fort heureusement, au regard de l'ensemble de la mobilisation,
00:11:31qui cherchent à mettre la pagaille,
00:11:33notamment en fin de cortège,
00:11:34qui ne veulent pas quitter le lieu.
00:11:35C'est toujours en fin de cortège que ça se passe ?
00:11:36Très souvent en fin de cortège,
00:11:37puisque le dispositif policier qui a été mis en place
00:11:40a permis jusqu'alors, en lien avec les services d'ordre des manifestations,
00:11:45a permis jusqu'alors d'éviter toute infiltration massive
00:11:48de fauteurs de troubles
00:11:49ou de troubles, de casses, de pillages
00:11:53en même temps, en parallèle que les cortèges.
00:11:57Alors, on a un chiffre à vous donner.
00:11:59C'est encore une estimation,
00:12:00puisque c'est une estimation à 17 heures
00:12:02et la manifestation, notamment parisienne, n'est pas terminée.
00:12:05Mais selon le ministère de l'Intérieur,
00:12:08près de 600 000 participants ont été comptés,
00:12:12y compris Paris, donc 600 000 participants partout en France,
00:12:16la capitale comprise.
00:12:17Mais attention, on aura un chiffrage définitif ce soir.
00:12:22On était sur la réponse que doit apporter le gouvernement,
00:12:25une réponse économique, une réponse sociale,
00:12:28effectivement, à ses attentes.
00:12:29Alors, l'augmentation du SMIC,
00:12:30c'est vrai que c'est l'une des demandes.
00:12:32C'est même la plus forte augmentation des salaires
00:12:33via l'augmentation du SMIC.
00:12:35Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:12:35Moi, je crois qu'il ne faut pas augmenter que le SMIC,
00:12:37il faut augmenter tous les salaires.
00:12:38Aujourd'hui, vous avez des gens qui manifestent
00:12:40parce qu'en fait, ils n'ont pas envie d'être aidés.
00:12:42Ils veulent simplement vivre dignement de leur travail.
00:12:45Et quand on voit la productivité,
00:12:47quand on voit le niveau des salaires en France,
00:12:48depuis une cinquantaine d'années,
00:12:50la productivité et le niveau des salaires n'a pas suivi
00:12:53celui, par exemple, des États-Unis, qui a augmenté de 30% en 50 ans.
00:12:56Donc, ce qu'on fait, le chiffre est très clair.
00:12:58Aujourd'hui, quand l'employeur sort 100 euros de sa poche,
00:13:00le salarié touche 54.
00:13:02Donc, l'écart entre le brut et le net est extrêmement élevé.
00:13:05Quel est cet écart ?
00:13:05Ce n'est pas des charges.
00:13:06Ça finance notre modèle social,
00:13:08ça finance notre protection sociale,
00:13:09qui est la sécurité sociale.
00:13:11C'est ce qu'on appelle le salaire différé, d'ailleurs.
00:13:12Nous, ce que nous disons, c'est que c'est à l'État
00:13:14de faire des économies, de se serrer la ceinture
00:13:16pour permettre à l'ensemble des salariés
00:13:19de voir leur salaire augmenter.
00:13:20Et ce que nous proposons avec Gabriel Attal, c'est extrêmement clair.
00:13:22Nous voulons l'équivalent, pour quelqu'un qui gagne
00:13:252000 euros par mois, de 250 euros de plus par mois.
00:13:27On peut le dire autrement, c'est l'équivalent d'un 13e mois.
00:13:29Combien ça coûte ?
00:13:30Ça coûte 40 milliards d'euros.
00:13:32Comment on finance ?
00:13:33Et c'est là qu'il y a quand même, pardon de le dire,
00:13:34une hypocrisie de la part et de la France insoumise,
00:13:37et de l'extrême gauche et de l'extrême droite.
00:13:39Tous les gens qui disent qu'aujourd'hui,
00:13:40on peut augmenter le SMIC par décret,
00:13:43mentent aux gens, parce qu'effectivement,
00:13:44ce sont les petites et moyennes entreprises
00:13:45qui vont en souffrir et qui vont faire faillite.
00:13:48Nous, ce que nous disons, c'est que c'est à l'État
00:13:49de faire des efforts.
00:13:50Oui, il faut faire une réforme des retraites.
00:13:51Pardon de le dire, mais tous ceux qui disent aux Français,
00:13:53vous pourrez demain avoir une retraite...
00:13:56Vous l'avez suspendu.
00:13:57On l'a suspendu, on l'a défendu, la réforme.
00:14:00Oui, mais vous l'avez suspendu ensuite.
00:14:02Parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée.
00:14:03C'est fort de café de dire aujourd'hui,
00:14:04il faut une réforme des retraites.
00:14:05Vous en avez fait une, elle n'a pas duré très longtemps.
00:14:07Vous n'avez pas me reprocher, nous,
00:14:09d'avoir défendu cette réforme des retraites
00:14:11avec Gabriel Attal.
00:14:12Il n'y avait pas de majorité à l'Assemblée.
00:14:13On a pris nos responsabilités.
00:14:15Oui, vous l'avez sacrifié pour se projeter au pouvoir.
00:14:17Si on essaye de se projeter dans un temps long,
00:14:18oui, il faut faire une réforme des retraites.
00:14:20Oui, il faut réformer notre modèle social.
00:14:21Oui, il faut faire une réforme de l'État
00:14:23parce qu'on a un État obèse qui dépense beaucoup.
00:14:25Oui, il faut faire une réforme de la décentralisation.
00:14:27L'idée de dire, c'est que vraiment,
00:14:28moi, je crois que là-dessus, on est d'accord.
00:14:30Non, mais sur ce que je vais dire, de grâce.
00:14:33Les gens qui sont dans la rue
00:14:34veulent vivre dignement de leur travail.
00:14:37Augmenter le SMIC, pourquoi pas ?
00:14:39Mais nous, on veut augmenter tous les salaires.
00:14:40Notre ambition n'est pas d'augmenter tout le SMIC.
00:14:42Est-ce que ce n'est pas le grand oubli, finalement,
00:14:44cette question des salaires du pouvoir macroniste
00:14:47qui va bientôt se terminer de ces 10 ans ?
00:14:50C'est-à-dire que vous avez même une politique de l'offre
00:14:52pour, effectivement, rendre la France plus attractive,
00:14:54que les entreprises puissent se développer.
00:14:57Et on a un peu oublié la question des salaires.
00:14:59Alors, pardon, mais moi, j'ai 32 ans
00:15:01et j'ai grandi avec l'idée que chaque année,
00:15:03on nous disait que le chômage de masse en France est une réalité.
00:15:06R. François Hollande n'a pas pu se présenter à l'époque
00:15:08parce que le chômage augmentait.
00:15:09On a réussi, au moins jusqu'à 2024,
00:15:11à faire baisser le chômage.
00:15:13La réalité, c'est que depuis 2024
00:15:14et depuis la dissolution de l'Assemblée nationale...
00:15:16La baisser le chômage et les salaires, c'est deux choses...
00:15:18Non, mais c'est deux sujets différents.
00:15:19Mais l'idée est quand même de faire en sorte
00:15:21qu'on ait du chômage qui baisse,
00:15:22des entreprises qui créent de la richesse
00:15:24pour pouvoir redistribuer.
00:15:25La richesse, pardon, elle ne tombe pas du ciel.
00:15:27Depuis 2024 et depuis la dissolution de l'Assemblée nationale,
00:15:30on n'a pas été capable de faire adopter
00:15:32de vraies réformes structurelles
00:15:33pour nous préparer au changement qu'on a.
00:15:36Et donc, je pense que l'enjeu principal,
00:15:38c'est les réformes de structure.
00:15:40Et pardon de le dire comme ça,
00:15:41le rôle du politique,
00:15:42ce n'est pas de dire aux gens
00:15:42ce qu'ils ont envie d'entendre.
00:15:44Tous les politiques qui disent aux Français
00:15:45et aux Français,
00:15:46nous aurons un modèle fiscal,
00:15:49social, économique, politique stable,
00:15:51sans faire de réformes de retraite,
00:15:52sans faire de réformes de modèle social,
00:15:54mentent aux gens.
00:15:55– Mais arrêtez-moi parce qu'on n'est pas d'accord avec vous.
00:15:57– On va revenir sur notre discussion,
00:15:59simplement le temps de faire un point
00:16:01dans les cortèges,
00:16:02avec ceux qui défilent,
00:16:03justement, parce que c'est la voix,
00:16:05vous en êtes les représentants,
00:16:06mais c'est aussi la voix de ceux
00:16:07qui sont dans les cortèges,
00:16:08avec l'une des équipes de BFM TV
00:16:10qui est sur place.
00:16:13– Oui, je me trouve avec Dominique
00:16:15et Dominique, vous êtes tous les deux amis
00:16:17et vous n'êtes pas dans la même situation,
00:16:19mais vous avez tenu à défiler ensemble.
00:16:21Je commence par vous, monsieur.
00:16:22Vous, vous êtes venu, vous êtes jeune retraité
00:16:24et vous me disiez tout à l'heure
00:16:25j'ai dû prendre un petit boulot pour m'en sortir.
00:16:27Expliquez-moi votre situation,
00:16:28ce qui vous a amené dans la rue.
00:16:29– Alors, je suis actuellement vendeur
00:16:31dans une boulangerie à Brunois, dans l'Essonne
00:16:33et effectivement, ça me met un peu du beurre
00:16:36dans les épinards, on va dire.
00:16:37Parce qu'effectivement, avec ma retraite de 1 500 euros,
00:16:40ça ne me suffisait pas pour vivre,
00:16:41en tout cas pour mieux vivre.
00:16:43Voilà, j'en suis là pour l'instant.
00:16:45– Pourquoi vous avez décidé de vous mobiliser ?
00:16:47Qu'est-ce qui a fait que vous avez...
00:16:48Vous n'en êtes pas à votre première manifestation,
00:16:50là c'est la troisième déjà depuis le début de ce mouvement ?
00:16:52– Oui, j'en suis à la troisième
00:16:53parce qu'évidemment, j'en ai marre de vivre dans cette situation
00:16:56et ce n'est pas seulement moi.
00:16:57Je vois bien qu'il y a un climat général
00:17:00où on se sent de plus en plus isolé,
00:17:02on se sent de plus oublié
00:17:04et dans ce pays, effectivement,
00:17:06je pense qu'il y a des solutions
00:17:07pour qu'on puisse le mieux vivre ensemble.
00:17:10C'est notamment, évidemment, on parle toujours que...
00:17:12Moi, je ne suis pas pour que les cadres
00:17:13ou en tout cas les salaires moyens
00:17:15puissent participer évidemment à la France,
00:17:17mais plutôt les grands salaires.
00:17:18Parce que moi, évidemment, il est nécessaire
00:17:20qu'aujourd'hui, le partage se fasse par le haut
00:17:23et pas par le bas.
00:17:24C'est pour ça que j'entends, évidemment,
00:17:25plusieurs propositions dans les partis politiques
00:17:27où, effectivement, il y a quelques bribes
00:17:30qui seraient intéressantes.
00:17:31– Oui, vous me disiez que les inégalités
00:17:33étaient en train de se creuser.
00:17:34Dominique, vous, vous êtes travailleuse sociale,
00:17:36vous me disiez que vous étiez un peu
00:17:36la caisse de résonance
00:17:38de tous ces mots aussi de la société
00:17:40et qu'aujourd'hui, les politiques sociales
00:17:41n'étaient plus adaptées à ce que vous entendiez.
00:17:43– Alors, je suis assistante sociale,
00:17:45je voulais juste préciser.
00:17:47Oui, oui, oui, oui, moi, mon travail
00:17:50me permet de voir, en fait,
00:17:51les conséquences de cette politique
00:17:55puisqu'on a de plus en plus de gens
00:17:57qui sont dans une grande précarité.
00:18:02Des salariés, il n'y a pas que des gens
00:18:04qui sont privés d'emploi,
00:18:06mais également des salariés.
00:18:08– Qui n'arrivent plus à joindre les debout aujourd'hui ?
00:18:10– Oui, ils n'arrivent plus à joindre les débouts.
00:18:11L'accès au logement est un vrai problème
00:18:13avec des familles qui vivent de plus en plus
00:18:14à l'hôtel, voire à la rue,
00:18:17sans moyens pour trouver un hébergement
00:18:19ou un relogement.
00:18:21L'accès à l'emploi qui est excessivement compliqué
00:18:25puisque la loi plein emploi
00:18:28devait permettre en tout cas
00:18:29de l'accès à l'emploi et à l'accès à la formation
00:18:32et on s'aperçoit que c'est beaucoup plus compliqué que ça.
00:18:35– Il y a vraiment une convergence des luttes
00:18:37dont vous me parliez.
00:18:38Et pour vous, ce mouvement, il va aller jusqu'où ?
00:18:40Là, on parle de cette grande journée du 5 novembre.
00:18:41Est-ce qu'il y a aussi une suite derrière ?
00:18:43– Alors, la suite, on l'espère.
00:18:45C'est-à-dire que là où c'est réjouissant,
00:18:47c'est que depuis le début du mouvement
00:18:50amorcé par les lycéens,
00:18:54eh bien, en fait, continue, perdure.
00:18:57– Il y a beaucoup de monde aujourd'hui.
00:18:59– Voilà, il y a beaucoup de monde
00:19:00avec l'ensemble de la société.
00:19:03On a pu voir qu'en fait, on avait des jeunes,
00:19:06des salariés, des retraités,
00:19:07des privés d'emploi, le privé, le public.
00:19:11Voilà, je crois qu'il y a un moment donné,
00:19:13il faut entendre.
00:19:14Et je pense que les gens sont très déterminés
00:19:17pour aller jusqu'au bout de quelque chose,
00:19:19pour aller vers un changement de société
00:19:21et puis aller chercher, demander à ce que l'argent
00:19:25soit injecté là où il doit être injecté,
00:19:27donc dans les services publics, globalement.
00:19:31Et voilà, donc…
00:19:33– Et aussi dans l'éducation dont on parlait aussi.
00:19:36– Le service public, c'est l'hôpital,
00:19:38c'est l'éducation, c'est les transports,
00:19:40c'est l'énergie.
00:19:42Bref, les services publics, on en a quand même besoin.
00:19:44Et le service public, c'est d'intérêt général.
00:19:48C'est la richesse pour tous.
00:19:50Donc voilà, on paye des impôts,
00:19:53où vont nos impôts ?
00:19:54– Merci beaucoup, merci à tous les deux
00:19:56d'avoir témoigné, vous voyez,
00:19:58cette foule qui continue de défouler ici
00:20:00à boulevard Voltaire.
00:20:02– Oui, justement, on va quitter le boulevard Voltaire
00:20:04pour aller place de la nation cette fois-ci.
00:20:06Il a encore retrouvé l'une des équipes de BFM TV.
00:20:09Place de la nation, c'est le terminus,
00:20:11le dernier arrêt, c'est là où tout le monde
00:20:13doit se retrouver justement.
00:20:18– Oui, c'est là que tout le monde se retrouve
00:20:20depuis bientôt maintenant, un petit peu plus d'une heure,
00:20:23le cortège qui est arrivé, la tête de cortège est arrivée.
00:20:25Il y a un petit peu plus d'une heure sur la place de la nation.
00:20:28Ambiance, très bon enfant, vous le voyez sur ces images
00:20:31que l'on vous propose, les manifestants sont assis.
00:20:34Il y a un orchestre qui est arrivé il y a quelques minutes,
00:20:36qui commence à jouer de la musique.
00:20:39On discute, on rigole, on chante, on danse.
00:20:41On a pu faire un tour de la place de la nation.
00:20:44Vraiment, tout se passe dans le calme et dans la bonne humeur.
00:20:48Le cortège est revenu au calme après les quelques incidents
00:20:50que nous vous signalions aux alentours de 15h30.
00:20:54Et donc cet orchestre qui joue pour la place de la nation
00:20:58sur laquelle on ne peut pas accéder,
00:21:00puisqu'un cordon de CRS est en place pour empêcher les manifestants
00:21:04d'accéder à cette place de la nation,
00:21:06un cortège sous haute surveillance,
00:21:08puisque même dans les airs, on peut vous signaler également
00:21:10un drone et un hélicoptère des forces de l'ordre.
00:21:12– Voilà, de Paris, on va aller à Bordeaux
00:21:15retrouver un journaliste indépendant,
00:21:19justement l'un de nos journalistes indépendants,
00:21:20parce qu'à Bordeaux, c'est en train de se tendre là en ce moment.
00:21:23C'est un petit feu qui est devant un camion à haut des pompiers,
00:21:27je crois, enfin pardon, de la gendarmerie.
00:21:29Un canon à haut.
00:21:31– Oui, tout à fait, c'est une manifestation,
00:21:33qui au début s'est déroulée, il faut le dire, dans le calme.
00:21:36Mais c'est vrai que la situation commence à se tendre
00:21:38depuis maintenant plusieurs minutes.
00:21:40Les forces de l'ordre ont procédé il y a plusieurs minutes
00:21:43à la dispersion des manifestants.
00:21:45Et comme l'on voit sur mes images,
00:21:46juste en face de ce centaure de la gendarmerie,
00:21:50un groupe d'individus mineurs ont mis le feu
00:21:54à des détritus situés sur la ligne du tram,
00:21:58située à la place de la Victoire.
00:22:01Alors, d'après la préfecture, ce sont près de 21 000 personnes
00:22:04qui ont déambulé cet après-midi dans les rues de Bordeaux
00:22:07sur un parcours de près de 4 kilomètres
00:22:09qui avaient été déclarés et autorisés par la préfecture.
00:22:13Mais voilà, l'heure est à la dispersion.
00:22:15Et ce que je peux vous dire, c'est que ça commence
00:22:17à piquer un petit peu les yeux,
00:22:20car les forces de l'ordre ont utilisé les gaz lacrymogènes
00:22:23pour disperser tous ces manifestants.
00:22:27Et à l'heure où je vous parle, on a entendu plusieurs slogans
00:22:29de la part de ces individus cagoulés.
00:22:32Je cite, « Acab » et plusieurs commerces du centre-ville où je me trouve
00:22:36sont toujours barricadés avec, évidemment, des craintes de la part de certains commerçants
00:22:40avec des risques de débordement.
00:22:42Mais pour l'instant, la situation est plutôt gérée du côté des forces de l'ordre.
00:22:48– Voilà, du côté de Bordeaux avec l'un des reporters de BFM TV.
00:22:52– Alors, faisons le point, justement, puisque là, on voit un véhicule Centaure,
00:22:55Richard Caminat, sur les moyens qui ont été déployés.
00:22:58Très important, un dispositif robuste, pour reprendre l'expression employée,
00:23:03le mot employé par Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur.
00:23:05On voit donc des véhicules Centaure.
00:23:07Le JIGN est mobilisé, la BRI, le RAID, et bien sûr, les CRS, les gendarmes.
00:23:13Ça fait beaucoup de monde, beaucoup de policiers et de gendarmes mobilisés.
00:23:15– Comme on l'a dit depuis le début, le dispositif devait être à la hauteur de la mobilisation
00:23:20pour éviter que l'on connaisse certains épisodes précédents, malheureux d'ailleurs.
00:23:25Donc, on mobilise les moyens nécessaires, notamment, vous avez 26 Centaures de la Gendarmerie
00:23:32qui sont déployés.
00:23:33– Et à quel moment on décide, justement, de déployer les Centaures ?
00:23:37– Alors, pourquoi ce Centaure se retrouve sur le tramway, le parcours du tramway ?
00:23:43– Déjà, le Centaure, il faut savoir qu'il est déployé sur autorisation du Premier ministre.
00:23:48C'est l'ultima ratio.
00:23:51Après les blindés, on n'a plus rien d'autre dessus.
00:23:53Après, il faut attaquer avec la chasse, la force aérienne, les sous-marins,
00:24:00le chef de Gaulle, on n'en est pas là.
00:24:02Donc là, c'est quand même l'ultima ratio.
00:24:03Mais il ne faut pas voir uniquement le Centaure en tant que moyen répressif.
00:24:07Il peut être aussi et surtout un moyen de protection pour les forces de l'ordre,
00:24:11mais aussi pour la tercera.
00:24:12– Ça protège les gendarmes sur le terrain.
00:24:12– Un moyen de transporter des blessés, un moyen de déblément.
00:24:16La chaussée, en l'occurrence, là, on a un incendie, enfin, un foyer.
00:24:21– Un départ de feu.
00:24:21– Un départ de feu sur le tram, ça permet, dans l'attente de l'arrivée des pompiers,
00:24:28de dégager rapidement, de réduire l'obstacle pour éviter que le feu ne se propage
00:24:32ou de détruire les installations du tram.
00:24:34– Il faut y aller à tout pied pour le dégager, le feu, là, je pense, quand même.
00:24:36– À la marque générale.
00:24:37– Excusez-moi, je ne veux pas minimiser…
00:24:39– Elle a envie d'intervenir.
00:24:40– Je ne veux pas minimiser ce qui se passe, mais enfin, quand même, là,
00:24:42je pense qu'en y allant rapidement, ça peut s'éteindre rapidement.
00:24:46– C'est en train de s'éteindre tout seul, d'ailleurs.
00:24:48– Oui, mais si tant est que les pompiers puissent intervenir, il n'y a aucun problème.
00:24:52– En fait, le centre, ça permet d'éloigner aussi les gens qui sont là pour pouvoir intervenir.
00:24:55– Alors, on n'a pas vocation à se substituer aux pompiers.
00:24:57Et notamment, si les pompiers doivent intervenir,
00:24:58le véhicule à lui seul peut fournir un appui nécessaire et suffisant
00:25:02pour les pompiers qui interviendraient.
00:25:03– Dominique Rizet, il a été décidé à Paris, finalement,
00:25:06de faire défiler les manifestants en centre-ville.
00:25:10Il y avait toute une polémique, centre-ville, pas centre-ville.
00:25:13Finalement, le parcours qui a été décidé, c'est le parcours du préfet.
00:25:16Ce n'est pas le parcours des organisations syndicales
00:25:18qui avait demandé Bastille-Concorde.
00:25:20Finalement, c'est entre République et Nation, parcours assez classique.
00:25:25Sauf qu'on voit qu'il y a beaucoup de monde.
00:25:26– Bien sûr, et que ça se passe bien.
00:25:28– Oui, mais certains sont arrivés à Nation,
00:25:30d'autres ne sont pas encore partis de République.
00:25:32Est-ce que ce n'est pas un trajet trop court ?
00:25:33– Non, écoutez, les manifestants arrivent, place de la République,
00:25:38vont se réunir.
00:25:40Est-ce que la place de la République va contenir toutes les personnes ?
00:25:43C'est plutôt ça la question ?
00:25:44– C'est Nation, c'est Nation, pardon, excusez-moi.
00:25:47– Oui, mais moi, je pense à la dispersion,
00:25:49c'est-à-dire que s'il y a trop de monde, c'est plus compliqué ensuite.
00:25:52– Les manifestants sont pacifiques, on les voit,
00:25:55ça se passe vraiment très très bien.
00:25:56On ne va pas raconter n'importe quoi,
00:25:59et voilà, on a montré une poubelle qui brûle,
00:26:01enfin franchement, et ça se passe vraiment très bien.
00:26:03Maintenant, c'est vrai qu'au moment de la dispersion,
00:26:06les manifestants s'en vont, s'en iront.
00:26:07C'est ceux qui sont là, peut-être, en train d'attendre le bon moment
00:26:12pour se manifester, eux, qui sont les casseurs.
00:26:16Mais bon, les consignes ont été données,
00:26:18le général Caminade a expliqué, donc, 26 centaures,
00:26:21il y a 70 000 policiers mobilisés,
00:26:24des lanceurs d'eau, une quinzaine,
00:26:25la BRI, le RAID, le GIGN,
00:26:31des hélicoptères,
00:26:33des drones qui surveillent la manifestation,
00:26:35qui permettent de voir si des groupes de casseurs se déplacent.
00:26:40Visiblement, ça se passe très bien.
00:26:41– Là, ça se passe mieux que les samedis qu'on a connus.
00:26:45Pourquoi ? Parce que ce sont les syndicats qui sont à la manœuvre,
00:26:49il y a un service d'ordre, notamment celui de la CGT,
00:26:52c'est des gens qui savent organiser des manifestations.
00:26:54– Et bien solidaire, vous avez un service de maintien de l'ordre.
00:26:57Enfin, d'encadrement, plutôt.
00:26:59– La plupart des…
00:26:59– Ce ne sont pas des Français, c'est des militants.
00:27:02– Non, mais ça veut dire qu'ils peuvent être délégués syndicales dans leur boîte.
00:27:04– Non, mais ça veut dire que c'est plus simple pour tout le monde, en fait.
00:27:07– C'est plus simple aussi pour les forces de l'ordre.
00:27:09Il faut savoir que dans le cortège, il y a des personnes
00:27:11qui ne leur sont pas défavorables et qui vont avec eux,
00:27:14avec les forces de l'ordre.
00:27:15– Qui vont diriger aussi les manifestants.
00:27:17– On va parler aux manifestants, on va gérer la manifestation comme ça.
00:27:20Si vous nous dites que là, ça bloque devant,
00:27:21parce que des black blocs sont en train de casser ou de provoquer les forces de l'ordre,
00:27:25eh bien on va attendre, on va chanter, on va s'arrêter,
00:27:28et puis on repartira plus tard.
00:27:30C'est bien, et vous voyez, la plupart des manifestations peuvent se dérouler dans la ville.
00:27:33– Il y a un échange permanent avec les représentants syndicaux.
00:27:38– Les politiques de sécurité des organisations syndicales.
00:27:41C'est un point de contact qui est incontournable pour nous,
00:27:43et ça nous permet de les informer.
00:27:45Ils nous informent également de la physionomie globale du dispositif,
00:27:49et ça permet aussi de leur expliquer ce que font
00:27:52et ce que vont faire les forces de l'ordre.
00:27:54– Néanmoins, il n'y a pas de casse, pas de violence, et tant mieux.
00:27:57Mais on a des commerçants qui se disent aussi,
00:28:00ces manifestations à répétition,
00:28:02c'est la fin de notre chiffre à l'affaire.
00:28:04C'est-à-dire qu'on n'a plus de clients, forcément,
00:28:06donc c'est compliqué.
00:28:07Est-ce que vous avez une pensée pour eux ?
00:28:08Et vous dites, effectivement, il faudrait peut-être trouver d'autres parcours
00:28:11pour ne pas toujours manifester au même endroit.
00:28:14– Plusieurs choses.
00:28:15Déjà, les commerçants, ce n'est pas un tout essentialisé.
00:28:17On a aussi des retours de commerçants qui ont baissé le rideau aujourd'hui
00:28:21et qui ont affiché sur leur vitrine,
00:28:21qu'ils étaient solidaires avec les manifestations contre la vie chère
00:28:24qu'ils subissent, elles et eux aussi.
00:28:25– Et les marchands de sandwichs, ça marche en général aussi.
00:28:28– La deuxième chose, c'est qu'au-delà du fait qu'effectivement,
00:28:31les manifestants peuvent consommer des sandwichs,
00:28:32mais des bouteilles d'eau, etc., sur les parcours quand c'est ouvert,
00:28:35ce parcours, ce n'est pas nous qui l'avons choisi,
00:28:36il faut-il le rappeler.
00:28:38Donc là, je suis désolé pour des commerçants qui seraient inquiets,
00:28:41même s'ils voyaient que ça se passe bien.
00:28:42– Vous vouliez baisser une corde, c'est plutôt une bonne affaire.
00:28:44– On voit que le portège, alors non, c'est de l'autre côté,
00:28:47on voit que le parcours, il est inadapté à l'affluence.
00:28:49Là, je ne suis pas tout à fait d'accord avec M. Rizet
00:28:50pour avoir été dans la manifestation personnellement
00:28:52en l'espace de deux heures et demie, j'ai parcouru 30 mètres.
00:28:54– C'est trop court.
00:28:55– Pourtant, nous étions le premier cortège de la manifestation
00:28:57parce que la foule a engorgé le boulevard Voltaire.
00:29:00C'est à la fois trop court,
00:29:01ce n'est pas le boulevard non plus le plus large de Paris.
00:29:04On a habitude sur des grandes manifestations,
00:29:06y compris en partant de République vers Nation,
00:29:09de passer par exemple par la place de la Bastille,
00:29:11voire d'avoir deux parcours en parallèle
00:29:13qui cheminent avec ce qu'on appelle des itinéraires de délestage.
00:29:16Et aujourd'hui, effectivement, on voit que ce parcours
00:29:17ne permet pas à tous les manifestants de défiler.
00:29:20D'ailleurs, j'en ai vu qu'ils repartaient
00:29:21parce qu'ils n'avaient pas pu démarrer.
00:29:22– Là, ça part de République pour aller jusqu'à Nation
00:29:24et Place de la République, les derniers manifestants
00:29:26sont en train de partir, justement, en direction de la place de la Nation.
00:29:29Place de la République, on va retrouver une équipe de BFM TV
00:29:32avec ces manifestants qui trépignent, en fait,
00:29:34qui attendent de pouvoir, eux aussi, s'élancer.
00:29:41– Exactement, et justement, on est en train de s'élancer
00:29:44en ce moment même sur le boulevard Voltaire.
00:29:47Cela fait presque deux heures que l'on attendait
00:29:49sur cette place de la République
00:29:50pour pouvoir s'avancer en direction de la place de la Nation
00:29:54avec ce cortège.
00:29:55Je suis avec François, vous êtes professeur d'histoire,
00:29:59vous êtes aussi secrétaire générale du syndicat
00:30:02à force ouvrière des lycées et des collèges.
00:30:05Vous venez de l'Aisne, c'est bien ça.
00:30:07Et vous êtes, expliquez-nous en quelques mots
00:30:08pourquoi vous êtes présent aujourd'hui ici.
00:30:10– Ah ben, moi je suis présent aujourd'hui
00:30:11parce que ça fait déjà plusieurs semaines
00:30:13qu'on est mobilisés dans l'enseignement
00:30:15aux côtés des lycéens, comme vous le savez,
00:30:17qui sont eux-mêmes mobilisés
00:30:19parce qu'ils veulent de meilleures conditions d'accès aux études.
00:30:22Ils veulent tout simplement un droit à un avenir qu'ils auront choisi
00:30:25et ce qui nécessite d'avoir des professeurs en nombre suffisant,
00:30:29ce qui nécessite d'avoir des classes moins chargées,
00:30:32d'avoir des établissements en bon état
00:30:34et ce qui nécessite aussi de revenir sur un certain nombre de réformes
00:30:36comme Parcoursup, la réforme Blanquer du lycée.
00:30:39Ce que demande la jeunesse aujourd'hui,
00:30:40c'est l'abrogation de Parcoursup
00:30:41pour arrêter avec la sélection à l'entrée de l'université.
00:30:44Et on est totalement d'accord avec ces revendications
00:30:46puisque ce sont des revendications que non seulement on partage
00:30:49mais qu'on défend nous aussi dans l'enseignement.
00:30:51Et justement, par rapport à ces mesures,
00:30:53on a eu quelques annonces déjà il y a quelques jours du gouvernement.
00:30:56Vous parliez de Parcoursup.
00:30:58On a eu a priori cette promesse du gouvernement
00:31:00du remplacement de Parcoursup d'ici 2028.
00:31:03C'est trop long pour vous ?
00:31:05C'est-à-dire que promettre le remplacement de Parcoursup en 2028,
00:31:09ça n'engage le gouvernement à rien en fait.
00:31:11Là, pour 2027, ce qu'ils proposent, ce sont des aménagements
00:31:14en disant voilà, on va faire en sorte que les algorithmes
00:31:17soient plus transparents, etc.
00:31:18Mais ce n'est pas du tout ce que demandent les jeunes
00:31:19et ce n'est pas ce qu'on demande non plus.
00:31:21Nous, ce qu'on demande, c'est d'arrêter avec cette plateforme
00:31:23et de rétablir le baccalauréat comme premier grade universitaire
00:31:26qui permet à tous les bacheliers, tous les lycéens
00:31:29d'accéder à la filière de leur choix lorsqu'ils ont obtenu leur baccalauréat.
00:31:32C'est ça la demande.
00:31:33Et c'est quelque chose que le gouvernement peut absolument faire dès maintenant.
00:31:37Vous me disiez à l'instant, ce sont des milliers de personnes
00:31:40qui sont mobilisées aujourd'hui.
00:31:42Le fait de voir autant de gens aujourd'hui sur cette place de la République,
00:31:45qu'est-ce que ça vous fait ?
00:31:47Qu'est-ce que ça vous fait de voir autant de gens mobilisés aujourd'hui ?
00:31:51Mais le fait de voir autant de gens mobilisés,
00:31:53ça montre tout simplement que la colère de la jeunesse aujourd'hui,
00:31:58qui est partagée par la colère aussi des personnels de l'éducation nationale,
00:32:03elle est partagée également par l'ensemble des salariés,
00:32:06l'ensemble des travailleurs de ce pays.
00:32:08Parce que comme vous le savez, aujourd'hui, c'est un appel interprofessionnel.
00:32:11Et on est là aussi parce que par exemple à l'éducation nationale,
00:32:14nous avons des revendications salariales.
00:32:16Nous demandons l'augmentation des salaires.
00:32:19Alors que le gouvernement, lui, il gèle le point d'indice des fonctionnaires.
00:32:22Et les gens, les salariés, les travailleurs de ce pays,
00:32:25ils sont pris à la gorge, ils sont étranglés
00:32:27par l'augmentation des prix du carburant,
00:32:29l'augmentation des prix de l'énergie,
00:32:31et par le fait que leur travail ne leur suffit plus à payer leurs besoins.
00:32:35Donc aujourd'hui, c'est une colère immense
00:32:37qui saisit à peu près tous les secteurs du pays.
00:32:40Et c'est pour ça que les manifestants sont extrêmement nombreux
00:32:44à Paris, en province, partout.
00:32:47C'est un vrai déferlement, je pense, auquel on assiste.
00:32:50Et c'est très encourageant.
00:32:52Parce que pour nous, ça veut dire quoi ?
00:32:53Ça veut dire qu'il faut continuer à construire et à amplifier
00:32:57le rapport de force pour que le gouvernement réponde à toutes les revendications.
00:33:03Ce qui veut donc dire qu'on ne peut pas s'arrêter là.
00:33:05Il faut absolument organiser la grève partout et bloquer le pays.
00:33:09Merci beaucoup, François.
00:33:11François, professeur d'histoire et géographie.
00:33:14Et on s'élance sur ce boulevard de Voltaire en direction de la place de la Nation sur cette fin
00:33:19cortège.
00:33:21Justement, on parlait à l'instant des salaires.
00:33:23Il y a du nouveau du côté du gouvernement.
00:33:25Aurélien Boudon, je ne sais pas si vous avez cette information,
00:33:28mais une conférence sociale est organisée lundi à Matignon par Sébastien Lecornu
00:33:33qui va réunir syndicats et patronats.
00:33:36C'est une bonne chose ?
00:33:38Nous, on pense qu'il était urgent d'ouvrir des négociations.
00:33:40Après, des conférences sociales, on commence à les accumuler sur le quinquennat.
00:33:44Alors, elles ont différents noms, conclave, conférence sociale, etc.
00:33:47Il y en a quand même quelques-unes dont il n'est pas sorti grand-chose.
00:33:50Notamment, en 2024, il y a eu une grande conférence sociale sur la question des salaires.
00:33:53Il y avait un certain nombre de sujets qui étaient sur la table.
00:33:55Ce sujet des exonérations de cotisations qui créent des phénomènes de trap à bas salaire.
00:33:59Vous irez ?
00:34:00Alors, déjà, on va vérifier si on est invité.
00:34:02Première chose, puisque pour une raison...
00:34:05Je ne sais pas s'il faut expliquer, ça va peut-être être un peu long,
00:34:07mais les représentativités syndicales dans ce pays,
00:34:09il y a cinq syndicats qui sont représentatifs.
00:34:11Et puis, il y a huit syndicats qui appellent aux...
00:34:13Et il n'y en a que sept qui étaient invités la dernière fois.
00:34:15Nous, nous ne l'étions pas.
00:34:16Et on a écrit au Premier ministre pour lui demander.
00:34:18Et il n'a pas pris la peine de nous répondre.
00:34:20Donc, manifestement, il choisit aussi ses interlocuteurs.
00:34:22C'est un peu surprenant.
00:34:23Mais on discuterait évidemment.
00:34:25Donc, lundi, en tout cas, conférence sociale.
00:34:27S'il y a du biscuit, nous, sur des commentaires de salaire,
00:34:29on est prêts, évidemment, à en discuter.
00:34:31On prend cette expression de biscuit, Laurent, ça y est.
00:34:33Est-ce que le gouvernement lâche ?
00:34:35Alors, le problème, c'est que le gouvernement ne cesse de nous répéter qu'il n'y a pas d
00:34:37'argent.
00:34:37De toute façon, ce sera un chèque en bois.
00:34:39Un chèque en bois ?
00:34:40Bien sûr.
00:34:41Donc, je veux bien qu'on raconte aux gens qu'on va pouvoir leur donner des choses.
00:34:44Ce sera un chèque en bois pour deux raisons.
00:34:46Première raison, il y aura un budget rectificatif, déjà.
00:34:49Donc, même ce qu'on mettrait aujourd'hui dans le budget,
00:34:51le président ou la présidente de la République qui sera élue
00:34:53fera un budget rectificatif.
00:34:55Donc, toutes les promesses...
00:34:57D'ailleurs, si le Premier ministre voulait être malhonnête,
00:34:59il dirait « Ok, prenez, allez-y ! »
00:35:03De toute façon, ça sera revu.
00:35:04Et, autre raison, monsieur, j'allais au bout de mon raisonnement, monsieur.
00:35:07Les aides qui sont accordées aux entreprises, c'est un chèque en bois ?
00:35:09Oui, attendez, monsieur.
00:35:10On va laisser terminer.
00:35:10Attendez, monsieur, avec vos 211 qui ont été démantelés depuis longtemps,
00:35:14je vais aller, oui, monsieur.
00:35:16Et le scandale, c'est qu'il n'ait pas eu un rapport du Sénat pour qu'on arrive à
00:35:19dénouer.
00:35:20Vous êtes démocrate, donc je vais finir mon raisonnement.
00:35:23Deuxième chose, nous n'arriverons bientôt plus à emprunter.
00:35:27C'est clair, on est à plus de 5%.
00:35:29Donc, la BCE va nous aider.
00:35:33Et pour nous aider, elle va nous demander de faire des concessions.
00:35:37Donc, l'inverse de ce que demandent les manifestants, alors.
00:35:40Mais évidemment, la vérité, c'est ça.
00:35:41C'est-à-dire que, malheureusement, on est à la fin d'un modèle social.
00:35:44On ne pourra pas réformer le pays.
00:35:46Vous êtes en train de dire que Sébastien Lecornu, à la conférence sociale lundi,
00:35:49devrait tenir un langage de vérité en disant « Écoutez, on n'a plus d'argent,
00:35:51et on est menacé, en plus, d'être menacé. »
00:35:54Tous les politiques devraient dire la vérité.
00:35:57Moi, je n'ai pas d'enjeu.
00:35:59Donc, ça m'est égal.
00:36:00C'est écrit, c'est expliqué, c'est documenté.
00:36:03Au taux où nous empruntons,
00:36:05de toute façon, nous allons être dans une impasse.
00:36:08Et je vais finir.
00:36:10Aujourd'hui, le pays est à cran.
00:36:12Et je le comprends.
00:36:13Mais le problème, c'est qu'on ne pourra pas réformer.
00:36:16Parce que personne ne veut accepter de dire
00:36:19qu'on doit faire comme nos voisins européens,
00:36:22c'est-à-dire travailler plus longtemps.
00:36:24Et tant qu'on continuera un tiers du budget de l'éducation nationale,
00:36:27ce sont le paiement des retraites.
00:36:28Et si on veut faire comme nos voisins européens,
00:36:30je crois que la France, c'est seulement le sixième smith européen.
00:36:33Donc, on pourrait aussi augmenter le smith.
00:36:34Vous savez, moi, je vous trouve l'argent pour tous les étudiants,
00:36:36les 10 milliards, tout de suite.
00:36:37Il suffirait que les profs travaillent deux ans de plus.
00:36:40Non, mais c'est tout.
00:36:41On réglerait le problème.
00:36:42Comme les voisins européens.
00:36:44Mais tant qu'on n'aura pas dit la vérité.
00:36:45Mais ce n'est pas les politiques qui seront élus
00:36:48qui vous le diront, monsieur.
00:36:49C'est une excellente idée.
00:36:50Ce n'est pas 70.
00:36:51Deux ans de plus, ce n'est pas 70.
00:36:52Guillaume Robot, quoi, si ?
00:36:53Ah, ils partent à la retraite à 68 ans, les profs, maintenant ?
00:36:5567.
00:36:56Ah oui, bien sûr.
00:36:57Mais bien sûr.
00:36:58Ils partent à la retraite à 67 ans, les profs.
00:37:00C'est une blague, monsieur.
00:37:01Ce n'est pas 67 ans.
00:37:02Non, non, non.
00:37:02Guillaume Robot, quoi, si ?
00:37:04La journée qu'on vient de vivre, elle est incroyable.
00:37:06Il faut quand même mesurer ça.
00:37:07C'est-à-dire que les gens ont peur.
00:37:08Au moins 600 000 manifestants en France.
00:37:10On va passer des semaines à voir, on se dit, c'est terrible, il va y avoir de la répression.
00:37:14Les gens ont peur.
00:37:15Les gens ont peur.
00:37:15On dit, on n'écoutera rien.
00:37:17Et les gens, ils vont.
00:37:18Moi, on était à la manifestation, j'étais aussi.
00:37:20On ressort de là avec une énergie incroyable, des gens de tous les âges.
00:37:23On a une manifestation énorme.
00:37:24C'est la gauche qui est dans la rue ?
00:37:25Non, c'est beaucoup plus large que ça.
00:37:27Je veux dire, c'est beaucoup plus large.
00:37:28Il y a des gens qui ont des revendications simples, qui veulent vivre dignement de leur travail
00:37:31et qui veulent des services publics qui fonctionnent.
00:37:33Or, dans notre pays, qu'est-ce qui se passe ?
00:37:35Tous nos amis macronistes, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
00:37:40L'impôt sur la fortune, des milliards pour les riches, ils les ont touchés.
00:37:43Effectivement, des milliards envoyés pour les entreprises.
00:37:46Des choix politiques ont été faits, effectivement.
00:37:48Allègements de charges.
00:37:49Et aujourd'hui, madame, si vous voulez pas...
00:37:50Allègements de charges.
00:37:51Oui, mais parce que vous me revenez sur mes 211 milliards.
00:37:53Un tiers d'allègements de charges et on reste les champions d'Europe.
00:37:57C'est un mot de ce point de vue.
00:37:58Il y a des choix budgétaires qui sont faits.
00:38:00C'est-à-dire, des cadeaux pour les riches sont faits.
00:38:02Aujourd'hui, les gens disent, on aimerait, dans un lycée, il puisse y avoir des toilettes qui ferment.
00:38:06On aimerait avoir des services publics qui fonctionnent.
00:38:09Pardon, mais ce sont les régions.
00:38:10Quand on coupe, on ne les a pas le cornu.
00:38:11Qui est-ce qui coupe ?
00:38:12Qui est-ce qui coupe ?
00:38:13C'est la permanence, l'argent que le tueur des territoires.
00:38:15Donc, c'est des choses simples qui sont proposées là.
00:38:17Non, mais...
00:38:18Et elles sont accessibles.
00:38:19Justement, justement.
00:38:20Parce que là, il y a toujours un petit décalage.
00:38:22Là, je regardais, il y a une liste de 200 lycées, je crois, qui sont inscrits sur une liste d
00:38:25'urgence.
00:38:26Bâtiment vétus, toilettes insalubles, chauffage défectueux.
00:38:28Quand on a discuté ici, depuis que le mouvement a commencé avec des présidents de région,
00:38:32ils disent, on aimerait pouvoir aller plus vite.
00:38:35Malheureusement, on a aussi le code de l'administration, on a aussi les appels...
00:38:39Non, alors, on a les appels d'offres et tout ça, ça prend du temps.
00:38:44Ça prend des mois et on aimerait pouvoir aller plus vite.
00:38:47Et je crois que c'était le vice-président de la région Bretagne qui nous disait,
00:38:50si on veut globalement rénover tous les lycées, on en a pour deux ans.
00:38:54C'est vrai ou c'est pas vrai ?
00:38:55La réalité, c'est quoi ? C'est que les régions, comme toutes les collectivités, font avec des dotations...
00:38:59Non, mais là, il ne parlait pas de moyens, il parlait simplement de...
00:39:02Je vous dis quand même que...
00:39:03D'un chemin administratif qui était plus long.
00:39:05Il fait avec l'argent qu'on lui donne.
00:39:06Donc, si vous lui donnez moins d'argent, il ne va pas commencer à se dire,
00:39:08tiens, je vais faire un grand plan de rénovation.
00:39:09Il va dire, je vais raboter là, je vais raboter ici, je vais raboter là.
00:39:12Ça prenait du temps.
00:39:13Bien sûr que ça prend du temps, mais si on veut que ça prenne...
00:39:15C'est des choses qui peuvent s'anticiper.
00:39:16Quand on a les moyens, qu'on décide que c'est une priorité,
00:39:19est-ce que l'avenir de la nation, c'est une priorité ou pas ?
00:39:22Ou est-ce que la priorité, c'est de donner...
00:39:24Un plus à rénover aujourd'hui, Tournefeuille, parce qu'on l'a brûlé aujourd'hui, Tournefeuille.
00:39:27En plus de ce qu'on avait déjà brûlé avant.
00:39:28Vous voulez décidément toujours couper la parole, vous vous plaignez.
00:39:30Non, mais...
00:39:30On va faire une pause parce qu'on va retourner sur le terrain.
00:39:33On va retourner sur le terrain dans nos équipes.
00:39:35On va avoir nos équipes qui sont justement avec les responsables politiques,
00:39:39qui sont aussi dans le cortège.
00:39:40Il y a les responsables syndicaux, mais les responsables politiques.
00:39:42On a une de nos équipes qui est avec Manon Oubry de la France Insoumise.
00:39:50Effectivement, on vient de croiser Manon Oubry, députée européenne de la France Insoumise.
00:39:54Vous me disiez, vous avez participé à ces deux heures de cortège.
00:39:57Et vous ne vous attendiez pas finalement à avoir autant de personnes mobilisées aujourd'hui.
00:40:01Non, c'est incroyable. Il est 17h30, là, à l'heure où on se parle.
00:40:04Et les derniers manifestants viennent de quitter la place de la République.
00:40:08Pendant plus de deux heures et demie, ça a défini, mais ça a débordé.
00:40:11Parce que, manifestement, le cortège était même trop petit, le tracé pour le nombre de manifestants.
00:40:16On n'a pas encore le chiffre pour Paris, mais ça va se compter en centaines de milliers.
00:40:19Et je crois que c'est historique.
00:40:20Et le pari qu'a fait le gouvernement que la mobilisation ne serait pas forte aujourd'hui,
00:40:25qu'il n'y aurait pas une jonction entre les jeunes d'un côté, les syndicats et les salariés de
00:40:29l'autre,
00:40:30ce pari, il est perdu.
00:40:31Et la force, la détermination et même la joie.
00:40:33Là, on est place de la République.
00:40:35Au début de la manifestation, il y avait l'orchestre du Nouveau Monde.
00:40:37Et moi, j'en ai eu la chair de poule et c'était un beau moment de se retrouver tous
00:40:41ensemble
00:40:41et de montrer que même la répression, même les tentatives d'interdire, de limiter le droit de manifester
00:40:49ne seront pas venues à bout de la détermination.
00:40:51Et ça, je crois que le pouvoir, maintenant, doit le prendre au sérieux.
00:40:54Et il doit clairement soit céder aux revendications sociales, soit partir.
00:40:58On a vu au début de mobilisation plusieurs politiques.
00:41:02Jean-Luc Mélenchon qui était présent à vos côtés.
00:41:04On a vu aussi Raphaël Cluxman, Marine Tondelier.
00:41:07Mais pas de politique de droite, d'extrême droite.
00:41:09Ça, vous le regrettez ?
00:41:10Étrangement, la droite est l'extrême droite quand il s'agit de défendre les conditions matérielles et sociales,
00:41:15quand il s'agit de demander des moyens pour l'éducation, pour la jeunesse,
00:41:19quand il s'agit d'abroger Parcoursup,
00:41:21quand il s'agit de bloquer les prix des produits de première nécessité comme les prix de l'essence,
00:41:24quand il s'agit d'augmenter le salaire.
00:41:25Bref, toutes les revendications qui étaient exprimées aujourd'hui, massivement, dans la rue,
00:41:31toutes générations confondues, la droite et l'extrême droite ont piscine.
00:41:35Parce qu'on le sait très bien, à l'Assemblée nationale,
00:41:37l'extrême droite, lors de notre niche parlementaire,
00:41:39a tout essayé pour ne pas voter sur l'augmentation du SMIC à 1 700 euros net.
00:41:44Ils ont fait de l'obstruction parlementaire.
00:41:45Et l'extrême droite et Marine Le Pen montrent leur vrai visage.
00:41:48Ils ne sont pas du côté des gens qui souffrent,
00:41:50pas du côté des gens qui peinent à finir leur fin de mois.
00:41:53Et si demain, ils arrivaient au pouvoir, ce serait une continuité du macronisme,
00:41:57avec du racisme encore plus.
00:41:59Et on voit aujourd'hui qu'il y avait aussi beaucoup de pancartes
00:42:03qui appellent à un sursaut collectif,
00:42:05y compris contre le racisme dont on sait qu'il est responsable de l'attentat à Trappes.
00:42:09Donc c'est tous ces morts d'ordre qui ont convergé aujourd'hui
00:42:12et je crois qu'ils nous ont donné une grande force.
00:42:13Nous étions un petit peu plus tôt dans l'après-midi avec Raphaël Kluxman
00:42:16qui était présent sur place, qui a été hué à son arrivée,
00:42:20qui a finalement dû quitter le cortège au bout de quelques dizaines de minutes.
00:42:24Écoutez, moi je le regrette, tout le monde est évidemment le bienvenu en manifestation,
00:42:28mais peut-être que s'il avait passé plus de temps en manifestation ces dernières années,
00:42:33peut-être que s'il avait passé plus de temps aux côtés des lycéens sur les blocages,
00:42:37oui, oui, la lutte, il faut se lever tôt.
00:42:39Moi, je me suis levée à 6h du mat', des jours et des jours et des jours
00:42:41pour aller voir les lycéens, les écouter, être à leur côté.
00:42:45Sans doute qu'il n'aurait pas eu cet accueil-là, que moi je déplorerais, je regrette,
00:42:48parce que je pense que ce n'est pas la bonne manière de mener la bataille politique.
00:42:51On a des désaccords avec lui, mais ils ne doivent pas s'exprimer de cette manière-là.
00:42:55Maintenant, c'est peut-être un signe qu'on ne vient pas en manifestation
00:42:59qu'en campagne électorale, mais qu'il faut y venir régulièrement.
00:43:04Et ces dernières années, les gens qui manifestent ici savent qu'on a été à leur côté.
00:43:08Merci beaucoup Manon Aubry, députée européenne.
00:43:11La France Insoumise qui était à notre micro.
00:43:14Voilà, de la place de la République, on va aller à Nation, qui est l'arrivée du cortège.
00:43:18Retrouvez là encore l'une des équipes de BFM TV,
00:43:21avec les animateurs aussi aujourd'hui de la contestation lycéenne, justement.
00:43:31Oui, nous sommes avec Mathis Aversin, membre du comité de mobilisation Interfac Île-de-France.
00:43:37Mathis, ce que l'on peut dire, c'est que c'est une mobilisation réussie pour vous.
00:43:41Aujourd'hui, vous en êtes plutôt satisfait.
00:43:42Extrêmement satisfait.
00:43:43Encore maintenant, il y a des manifestants qui partent à peine de la place de la République.
00:43:48Ça veut dire des centaines de milliers de personnes.
00:43:50Aujourd'hui, à Paris et encore plus partout en France,
00:43:53le gouvernement a essayé de briser la mobilisation en la réprimant, en l'intimidant,
00:43:58en reléguant les manifestations hors des centres-villes,
00:44:01avec ses interdictions, ses couvre-feux.
00:44:03On avait réussi, mardi déjà, à manifester avec l'Interfac Île-de-France,
00:44:10depuis Jussieu jusqu'à la Sorbonne.
00:44:12Là, évidemment, c'est à une toute autre échelle, avec des travailleurs, des travailleuses.
00:44:15On était allé voir des salariés de l'automobile, de Stellantis par exemple.
00:44:20Hier, on a lié des liens devant leur usine qui est en train de fermer.
00:44:24Et là, aujourd'hui, ils ont manifesté avec nous.
00:44:26Donc la jonction lycéens-étudiants-travailleurs,
00:44:29elle se passe sous nos yeux et elle va être extrêmement importante pour les suites.
00:44:32Et justement, la suite, vous faites une bonne transition.
00:44:34C'est mardi, vous prévoyez de vous remobiliser.
00:44:37Oui, en fait, les assemblées générales étudiantes et lycéennes,
00:44:40qui se tiennent, se coordonnent à l'échelle nationale
00:44:42et ont appelé d'ores et déjà à une nouvelle date nationale de mobilisation, le 10 novembre.
00:44:47Donc, à Paris, on appelle déjà, avec l'Interfac-Ile-de-France,
00:44:51à une manifestation à 14h au départ de Place de la Bastille.
00:44:54On va discuter précisément de notre parcours.
00:44:57Mais une chose est sûre, on va manifester vers les lieux de pouvoir,
00:44:59dans les centres-villes, avec les travailleurs et les travailleuses,
00:45:02parce que le droit à manifester, il est important.
00:45:05Et on va continuer de se battre pour le défendre.
00:45:07Et une chose qu'il faut dire, c'est que les annonces du gouvernement,
00:45:10elles ne nous suffisent pas.
00:45:12C'est de l'arnaque, c'est des miettes.
00:45:13On n'en veut pas.
00:45:14Les lycéens n'en veulent pas.
00:45:15Les étudiants n'en veulent pas.
00:45:16On va continuer de se battre pour l'abrogation de Parcoursup,
00:45:19de tout le tri social à l'entrée de l'université,
00:45:21et au tri social qui continue dans les années suivantes.
00:45:24On veut davantage de moyens, pas 4 milliards d'euros de prêts ou je ne sais quoi.
00:45:28Ce qu'on veut, c'est au minimum 40, 50 milliards en réalité pour rénover les bâtiments.
00:45:33Il nous faut beaucoup plus.
00:45:34400 000 places dans les universités pour accueillir toutes celles et ceux
00:45:37qui veulent suivre une formation dans le supérieur.
00:45:39Merci beaucoup Mathis Aversinck d'avoir été avec nous.
00:45:43Vous le disiez, les manifestants qui continuent de partir de la place de la République
00:45:47alors qu'ils sont arrivés ici, place de la nation, il y a maintenant un petit peu plus d'une
00:45:52heure et demie.
00:45:53Et donc les comités étudiants qui sont satisfaits de cette mobilisation aujourd'hui.
00:45:58Voilà, on est au cœur de la mobilisation entre République,
00:46:02où on assiste au dernier départ, et l'arrivée du côté de la place de la nation à Paris.
00:46:06Et ça se passe bien et tant mieux.
00:46:08Mais c'est vrai que là, il y a en fait, dans le cortège, on voit deux motifs de revendications.
00:46:13C'est-à-dire, il y a ce que veulent les lycéens qui sont prêts à continuer leur mouvement.
00:46:15Et ils sont venus encore nous le répéter hier sur ce plateau.
00:46:1810 milliards, 10 mesures, la fin de Parcoursup.
00:46:21Et puis il y a les attentes aussi des Français.
00:46:23Des salariés, des fonctionnaires.
00:46:25Pour le pouvoir d'achat, pour une vie moins chère, contre la hausse des tarifs de l'énergie.
00:46:29Donc il va falloir que le gouvernement trouve des réponses diverses et variées,
00:46:33mais surtout les bonnes réponses, quoi.
00:46:34Oui, dans un contexte budgétaire contraint où l'État n'a pas...
00:46:39Supprimer Parcoursup, ça ne coûte rien à personne.
00:46:40Alors supprimer Parcoursup, oui, mais pour mettre quoi à la place ?
00:46:43Pardon, mais je crois que la France Insoumise ment aux jeunes en leur dirant
00:46:46que tout le monde pourra accéder à l'université,
00:46:48que tout le monde pourra accéder à un emploi suite à l'université.
00:46:51Enfin, pardon.
00:46:52Et donc, nous, ce qu'on dit avec Guilherme Natal, c'est qu'il faut remettre de l'exigence à
00:46:55l'école.
00:46:56On ment aux jeunes quand on leur fait croire que tout sera facile dans la vie.
00:46:59Donc il faut mettre les moyens à l'école.
00:47:01On l'a dit, et typiquement dans le projet de loi de finances,
00:47:03nous, avec les députés Renaissance, on a voté contre, par exemple,
00:47:06la suppression des 1600 postes dans l'éducation nationale qui était prévue.
00:47:09On a voté pour l'aide de 100 millions d'euros supplémentaires pour tous les lycées.
00:47:12On a voté pour des moyens supplémentaires sur les psychologues et dans le médico-social.
00:47:16Mais donc, si vous voulez, je crois que philosophiquement,
00:47:19et je rejoins Laurent Saillet et c'est rare que ce soit le cas, donc je le dis,
00:47:22je crois qu'on est à la fin d'un modèle.
00:47:23On est à la fin d'un modèle politique, on est à la fin d'un modèle social.
00:47:26Et maintenant, il faut qu'on refonde le modèle sur notre modèle de protection sociale.
00:47:29Ce que vous nous faites, c'est un programme présidentiel très intéressant.
00:47:32Mais là, vous voyez, ce qu'on voit, c'est qu'on a une manifestation.
00:47:35Et on a une série de manifestations bien avant la présidentielle.
00:47:37C'est assez rare, d'ailleurs, mais c'est la première fois que je vois un mouvement social
00:47:41avant qu'on aille voter.
00:47:42Parce qu'en général, on se dit, comme on va voter,
00:47:45ceux qui sont là, de toute manière, ils peuvent toujours promettre des choses,
00:47:47ils ne pourront pas les appliquer puisqu'ils sont bons.
00:47:49C'est la peur du RN.
00:47:49Là, on a une urgence, en fait.
00:47:51Si je comprends bien les manifestants, c'est qu'ils veulent tout de suite des réponses.
00:47:55Parce qu'ils savent que le RN peut gagner.
00:47:56Parce qu'ils savent que le RN peut gagner.
00:47:59Et c'est ça la différence avec les autres élections.
00:48:00Et on l'entend beaucoup, beaucoup le disent.
00:48:03Vite, vite, obtenons des choses.
00:48:04Parce que si le RN gagne, parce que c'est quand même quelque chose de très possible aujourd'hui,
00:48:10si le RN gagne, les étudiants le disent.
00:48:12Il faut absolument trouver des solutions avant.
00:48:15Disons la vérité.
00:48:16Il y a une urgence politique.
00:48:18Il y a une urgence politique pour ceux qui ne veulent pas le RN au pouvoir
00:48:21et qui considèrent qu'il y aura une perte de droit pour beaucoup de Français.
00:48:25Je crois que c'est surtout une urgence sociale.
00:48:26Parce qu'en vérité, le fait qu'il y ait la progression de parcours sub,
00:48:28si le RN arrive, ce sera une maigre consolation.
00:48:30Pour toutes celles et ceux qui aujourd'hui le redoutaient.
00:48:33Monsieur, est-ce que vous avez peur de l'arrivée du RN ?
00:48:35Et est-ce que c'est pour ça que vous accélérez vos demandes ?
00:48:38Vous pouvez dire la vérité.
00:48:40Je vous répondrai juste après.
00:48:41Je termine ma phrase.
00:48:41L'urgence aujourd'hui, elle est sociale.
00:48:43C'est-à-dire que les gens, c'est à l'entrée de l'hiver,
00:48:44la question se pose de retarder, d'allumer le chauffage.
00:48:47Ils nous disent qu'on ne peut pas attendre six mois
00:48:49pour aujourd'hui avoir des augmentations de salaire
00:48:50et des réponses sur la question du coût de la vie.
00:48:53Est-ce que je redoute l'arrivée du RN au pouvoir ?
00:48:55Sans embâche, je vous réponds.
00:48:57Je le comprends, effectivement, et je vais tout faire.
00:48:58Oui, mais ce que dit l'arrivée, il n'y a pas de secret là-dessus.
00:49:01L'enseiller dit finalement, ceux qui sont dans la rue,
00:49:03c'est des gens de gauche qui savent que la gauche n'arrivera pas au pouvoir.
00:49:05Mais la question de la vie chère, ce n'est pas une question de droite et de gauche ?
00:49:06Non, mais aujourd'hui, il faut obtenir des choses le plus vite possible
00:49:10parce que de toute manière, on ne les aura pas dans six mois.
00:49:12Je crois qu'on se trompe si on pense aujourd'hui
00:49:14que les gens qui descendent dans la rue et qu'on fait une journée de grève,
00:49:16et je tiens le souligner, parce que dans le sujet de vie chère,
00:49:18qu'on perdait une journée de salaire,
00:49:19c'est dire aussi l'engagement dans cette mobilisation
00:49:23et la volonté de faire changer les choses.
00:49:24Je crois que la question de ne plus arriver à remplir son frigo ou son réservoir
00:49:28et de pouvoir faire des choix dans sa vie quotidienne,
00:49:30ni de droite, ni de gauche, c'est les solutions.
00:49:33Et les réponses qu'on fait à ça, c'est le plus vite possible.
00:49:33Mais là, je parle de ceux qui se font dans la rue.
00:49:35Sauf que l'essence, ça ne dépend pas de nous.
00:49:37L'essence, c'est une situation internationale,
00:49:41même s'il y a 60% de taxes dessus.
00:49:45Mais cet argent, ça sert à financer aussi pas mal de choses.
00:49:48Notamment le monnaie sociale que vous défendez.
00:49:49Et la libération des stocks stratégiques va faire baisser au fil des jours
00:49:53de 20 centimes, entre 17 et 20 centimes.
00:49:55Et d'ailleurs, on ne défend pas de solution par la baisse de la TVA.
00:49:58Mais par contre, on propose nous le blocage des prix,
00:50:00c'est la première chose, et ça, ça ne coûte rien.
00:50:02Et la deuxième chose, pourtant, on l'a déjà fait,
00:50:05au moins de la guerre du Goff, notamment.
00:50:06Et la deuxième chose...
00:50:07Ça a été fait en Hongrie par M. Orban.
00:50:09La seule chose que ça a produit, c'est des pénuries.
00:50:11Donc, en réalité, ça n'a pas du tout résolu le problème.
00:50:13Pardon, juste...
00:50:14Attends, attendez, j'ai posé une question.
00:50:16Terminé, mais comme vous m'avez...
00:50:18Je parlais des 60% en taxes et du blocage des prix,
00:50:20en disant que ce n'était pas possible d'aller sur les taxes.
00:50:23Et pour l'essence...
00:50:24Et sur le prix de l'essence, oui, voilà, merci.
00:50:26Le prix de l'essence, c'était la situation internationale.
00:50:28Sur la question du prix de l'essence,
00:50:29il y a un rapport qui a été publié
00:50:30sur l'industrie pétrolière européenne et française.
00:50:33Et on voit qu'en France, il y a une différence
00:50:36sur le prix du litre à la pompe de gasoil
00:50:38et le prix du litre brut de 20 centimes.
00:50:40Et je crois que c'est 14 centimes et demi sur le sans-plomb.
00:50:42Donc, on voit bien, aujourd'hui, qu'il n'y a pas que une...
00:50:46Non.
00:50:47Si, vous dites à l'échelle européenne.
00:50:50Chargée, c'est-à-dire...
00:50:51Il y a les pays européens, mais c'est moins cher.
00:50:52La marge, aujourd'hui, qui est faite
00:50:53entre la différence de prix sur le prix du litre brut
00:50:55et le prix à la pompe,
00:50:57il y a cette différence-là qui se traduit dans les marges.
00:50:59C'est pas la...
00:51:00Évidemment, taxe comprise.
00:51:01Parce que, de toute façon, c'est plus que ça, sinon...
00:51:02Et dans les marges des raffineurs ou des distributeurs ?
00:51:04Sur les marges des raffineurs.
00:51:06Et aujourd'hui...
00:51:06Oui, donc, vous savez que le raffinage,
00:51:08on a peu de raffinage en France,
00:51:10on en a une partie...
00:51:10Ah bah, ça crée...
00:51:11Oui, mais attendez, c'est arrêté, oui.
00:51:13Au total, on a compris.
00:51:14Le total a des activités de raffinage en France.
00:51:15Non, mais d'accord.
00:51:15Oui, d'accord.
00:51:16Mais vous savez que les prix du raffinage,
00:51:18c'est fixé à l'international.
00:51:20C'est un marché international.
00:51:22C'est ce qui a d'ailleurs beaucoup progressé.
00:51:24Je veux dire, moi, je veux bien.
00:51:25Je ne suis pas encore le total.
00:51:26Le total a la main sur le raffinage,
00:51:27fait du raffinage en France.
00:51:28Et a tellement la main que c'est ce qui lui permet
00:51:29de plafonner les prix.
00:51:30C'est de tonte par ailleurs la concurrence,
00:51:32mais bon, ça, c'est pas tellement...
00:51:33Mais oui, mais bon, il faut bien qu'il y ait...
00:51:34Vous n'avez pas ce qu'on dit qu'il soit...
00:51:35Il faut bien qu'il y ait un tout petit mot
00:51:36jusqu'à ce qu'il se passe.
00:51:37On a l'impression que c'est de la philanthropie.
00:51:38Vous dites que Macron a fait une politique de l'offre.
00:51:40Ça n'est pas vrai.
00:51:41Parce qu'une politique de l'offre,
00:51:42ça aurait contribué à défendre l'outil industriel
00:51:44dans notre pays.
00:51:45Or, Macron, quand on regarde typiquement
00:51:46l'institution du raffinage en France,
00:51:48Macron a accompagné...
00:51:58C'est les écolos !
00:51:59Mais il s'agit aussi de relancer
00:52:02l'industrialisation de la France,
00:52:03une industrielisation qui réponde aux besoins.
00:52:05Et on peut le faire avec des charges aussi fortes,
00:52:06avec un coût du travail qui restait plus élevé
00:52:08que nos concurrents ?
00:52:09En tout cas, moi, ce que je constate,
00:52:11c'est que le champion par rapport à nos concurrents,
00:52:13c'est quoi ?
00:52:14C'est les dividendes versés par les grandes entreprises
00:52:16aux actionnaires.
00:52:1761 milliards sur un trimestre.
00:52:18Les Italiens, qui ne sont pas des manants,
00:52:20sont à 11 milliards ou 15 milliards.
00:52:22Vous voyez ?
00:52:22101 milliards d'un côté
00:52:23et moins de 20 milliards de l'autre.
00:52:25Donc franchement, visiblement,
00:52:26il y a beaucoup d'argent dans ce pays.
00:52:27Ça va.
00:52:28Par exemple, Total, pour lesquels 80%
00:52:30de leurs salariés sont actionnaires.
00:52:31Ils n'ont pas le droit de toucher leurs dividendes.
00:52:33Vous n'êtes pas contents que Total
00:52:35redistribue des dividendes à leurs salariés ?
00:52:38Est-ce que les salariés de Total
00:52:39peuvent être défendus aussi ?
00:52:41Au service d'autres pays,
00:52:42une entreprise publique,
00:52:43par rapport aux enjeux de l'environnement,
00:52:45on aurait dû avoir une entreprise publique.
00:52:47Malheureusement, vos amis ont privatisé tout cela
00:52:49il y a longtemps.
00:52:49Et rachetez-le, monsieur,
00:52:50vu que tout est facile.
00:52:51Rachetez-le.
00:52:52Vu le nombre de milliards que ça rapporte,
00:52:53vous êtes au monopoli.
00:52:54Vous pouvez vous assurer
00:52:55que ce travail vitre est censé.
00:52:56C'est 150 milliards.
00:52:59Écoutez, vous avez vu,
00:53:00en 1980,
00:53:01le nombre de choses que vous avez nationalisées,
00:53:02la libération.
00:53:03Tout est privatisé.
00:53:05Oui, par eux, par ces gens-là.
00:53:06Et on voit le résultat.
00:53:08Vous savez, celui qui est le plus,
00:53:09faisons un peu d'histoire politique,
00:53:10celui qui est le plus privatisé à cette époque,
00:53:12c'est Lionel Jospin, premier ministre.
00:53:13Vous parlez d'ouverture du capital.
00:53:14On peut parler de privatisation, carrément.
00:53:16Notamment français.
00:53:17Vous voulez renationaliser Total,
00:53:20renationaliser les autoroutes,
00:53:22renationaliser une partie du secteur bancaire.
00:53:25Alors, quand vous aurez compris
00:53:27qu'il y a un petit rapport
00:53:28entre le fait qu'on n'ait plus d'argent
00:53:29et qu'on n'a plus aujourd'hui de politique,
00:53:31comment dire, d'outils dans les mains,
00:53:32vous aurez fait un grand progrès dans la vie.
00:53:33C'est la même chose.
00:53:34C'est parce que, comment dire,
00:53:35vous avez plus en plus de milliardaires dans votre pays,
00:53:37et vous n'avez pas dit,
00:53:42comment vous rachetez...
00:53:54Comment vous sortez les 150 milliards ?
00:53:55Je peux vous donner une information, monsieur ?
00:53:58Mais pas du tout.
00:53:59Il va vous intéresser.
00:54:00Vous allez être très content.
00:54:01Écoutez-moi.
00:54:02Votre ami Zuckman,
00:54:03il a tenté un petit coup en Californie.
00:54:05Ils ont voulu voter la taxe.
00:54:07Et ils ont annoncé la taxe.
00:54:097 milliardaires sont partis.
00:54:11Coût total du départ de ces milliardaires,
00:54:13parce que, quand même,
00:54:14comme je suis sûre que c'est votre ami,
00:54:16ça coûte déjà 39 milliards.
00:54:17Pour, au final,
00:54:19une taxe qui n'a pas été votée.
00:54:20Il faut taxer les petites gens
00:54:21qui, eux, vont rester.
00:54:22C'est ça votre politique.
00:54:23C'est votre politique que vous menez.
00:54:24On la connaît.
00:54:24Vous devriez lui demander
00:54:25comment ça s'est bien passé pour lui en Californie.
00:54:28Ils ont perdu 39 milliards.
00:54:30Continuons.
00:54:31Toujours plus pour les riches
00:54:32et rien pour les autres.
00:54:33Continuons comme ça.
00:54:34C'est ce que demande tout le monde.
00:54:34C'est parfait.
00:54:35D'ailleurs, on a vu les privilégiés.
00:54:36Vous l'avez vu tout à l'heure,
00:54:37il y avait un retraité
00:54:37qui gagnait plus de 1260 euros.
00:54:40Le voilà, le privilégié
00:54:41qu'il faut attaquer.
00:54:42Vous avez raison, madame.
00:54:43Il ne partira pas,
00:54:44contrairement au milliardaire.
00:54:45C'est lui qui faut taper.
00:54:47Vous avez raison.
00:54:47Ce chiffre qu'on a maintenant,
00:54:50c'est le chiffre syndical.
00:54:52Selon la CGT,
00:54:53il y avait aujourd'hui,
00:54:54partout en France,
00:54:551,6 million de manifestants,
00:54:58dont 350 000 à Paris.
00:55:00Des chiffres assez énormes.
00:55:02On va voir, bien sûr,
00:55:03maintenant quels sont les chiffres
00:55:04des autorités du ministre de l'Intérieur
00:55:06qui seront bien en dessous, quand même.
00:55:07Mais si on est à 1,6 million de manifestants,
00:55:09c'est la plus grosse manifestation
00:55:11depuis le début du mouvement.
00:55:12Si je comprends bien.
00:55:13Absolument.
00:55:13En tout cas, en termes d'arithmétique,
00:55:14c'est la plus grosse fonctionnalité.
00:55:15C'est plus que les 17, 24 et 31 octobre.
00:55:17Exactement.
00:55:17Et les sources du ministère de l'Intérieur
00:55:19sont bien moindres
00:55:20puisqu'ils sont à un chiffrage
00:55:22non définitif de 600 000 participants,
00:55:24y compris Paris.
00:55:25Donc on a divisé...
00:55:26Toujours pareil,
00:55:27on est toujours dans un rapport
00:55:28de 1 à 3.
00:55:28On est dans un rapport de 1 à 3, exactement.
00:55:29Mais ce n'est pas terminé.
00:55:31C'est assez fréquent.
00:55:31Et 350 000 à Paris,
00:55:32effectivement, dit la CGT.
00:55:33Mais ce qui s'est passé aujourd'hui,
00:55:35ce n'est pas le point d'orgue,
00:55:36c'est la continuation d'un mouvement.
00:55:39Par exemple, samedi,
00:55:40il y a l'acte 4 qui est annoncé.
00:55:41Il y aura d'autres journées aussi syndicales
00:55:44au mois de novembre.
00:55:45Et ça pourrait aller jusqu'aux fêtes de fin d'année ?
00:55:48On est actuellement réunis pour en discuter.
00:55:50Donc je ne vais pas faire d'annonce prématurée.
00:55:51Qu'est-ce que vous souhaitez-vous ?
00:55:53En fait, je crois que ça va beaucoup dépendre aussi
00:55:54des réponses qui sont apportées à certains.
00:55:56Je crois que personne ne se mobilise par plaisir,
00:55:57ne serait-ce que parce que ça coûte cher.
00:55:59Donc la prochaine étape,
00:55:59c'est surtout lundi,
00:56:00voire la réponse du gouvernement ?
00:56:01Déjà, effectivement, vous l'avez dit,
00:56:03il y a samedi des manifestations.
00:56:04Et du patronat ?
00:56:04On espère qu'elle va être
00:56:05le plus importante possible
00:56:06parce qu'on pense que ça peut aussi peser
00:56:07sans doute sur ce qui va être discuté lundi.
00:56:09Et que si les manifestations
00:56:10sont aussi importantes aujourd'hui,
00:56:12c'est parce que nous, ce qu'on entendait,
00:56:12c'est que les gens,
00:56:13ils avaient la sensation aujourd'hui
00:56:14que faire grève et manifester
00:56:16allait être utile
00:56:16parce que ça allait peser aussi
00:56:18sur le montant du coup
00:56:19de tout ce qui allait être annoncé
00:56:20sur le SMIC
00:56:21et que ça pouvait avoir des effets
00:56:22très vite et très concrets
00:56:23et que finalement,
00:56:23la jauge de la journée d'aujourd'hui
00:56:25pouvait être la jauge
00:56:25de l'augmentation annoncée.
00:56:27Et nous on met en garde.
00:56:27Donc dans ce rapport de force...
00:56:29Il ne faut pas que les annonces
00:56:30créent une importante déception
00:56:31parce que quand on voit
00:56:32le niveau de tension dans le pays,
00:56:34là aussi, on a vu le jeu dangereux
00:56:35qui a été joué
00:56:35dans la préparation des manifestations
00:56:37par le gouvernement,
00:56:39pas qu'à Paris,
00:56:39d'ailleurs dans beaucoup de villes.
00:56:41Et d'ailleurs,
00:56:42il faut noter aussi
00:56:43la manière dont a pu se dérouler
00:56:46malgré tout cette journée
00:56:48avec des endroits
00:56:48où y compris les interdictions
00:56:49de manifestations,
00:56:50la force et le nombre
00:56:51des manifestants
00:56:51ont permis de tenir
00:56:54les parcours malgré tout.
00:56:55Pauline, on va arriver
00:56:55à un moment clé
00:56:56d'une manifestation,
00:56:57c'est-à-dire que
00:56:58les gens arrivent
00:56:59place de la nation.
00:57:00Je ne sais pas d'ailleurs
00:57:00si tout le monde
00:57:01va pouvoir tenir
00:57:02place de la nation.
00:57:03Ça va être un enjeu.
00:57:04Et puis c'est la tombée
00:57:05de la nuit,
00:57:05donc c'est un peu plus compliqué.
00:57:06Il va y avoir
00:57:07des ordres de dispersion.
00:57:08Alors la manifestation,
00:57:09c'était jusqu'à 19h.
00:57:1019h.
00:57:10Il y a un seuil de tolérance
00:57:11jusqu'à 19h.
00:57:12Bon, si ça va jusqu'à 19h30,
00:57:14ça ne va pas modifier.
00:57:15Dans ces cas-là,
00:57:16c'est annoncé au porte-voix
00:57:17qu'on arrive vers
00:57:18l'heure de la dispersion,
00:57:19l'heure de la fin
00:57:20de la manifestation.
00:57:21Comment ça se passe ?
00:57:21On s'appuie dans un premier temps
00:57:22sur les organisations syndicales
00:57:23qui, eux, ont la main
00:57:25pour intimer
00:57:26à leurs participants
00:57:29l'ordre ou les injonctions
00:57:31pour quitter les lieux.
00:57:32Mais s'il appère
00:57:33qu'il n'y ait pas
00:57:34de mouvement significatif
00:57:36pour quitter la place
00:57:38de la nation,
00:57:38il va y avoir
00:57:39des informations
00:57:40qui vont être faites
00:57:41avec des publics adresses,
00:57:42avec des systèmes
00:57:43de sonorisation
00:57:44pour inciter les gens
00:57:45à partir.
00:57:46Et les gens devraient partir.
00:57:48Ils partent comment
00:57:48dans ces cas-là ?
00:57:49Il y a une sortie
00:57:50qui est prévue.
00:57:51Oui, il y a un axe
00:57:51pour quitter les lieux.
00:57:53C'est prévu.
00:57:54Les organisations syndicales
00:57:55sont au courant
00:57:56et l'ont diffusé
00:57:57au sein de leurs participants.
00:57:59Les gens le savent
00:58:00et s'ils le savent
00:58:00si jamais il était nécessaire
00:58:02de le rappeler,
00:58:03ça sera rappelé
00:58:03lorsque les forces de l'ordre
00:58:04vont faire,
00:58:05dans un premier temps,
00:58:06une tentative de vague
00:58:07de refoulement
00:58:07pour dégager la place.
00:58:09On n'en est pas là.
00:58:09Il est 17h47.
00:58:10La manif, c'est jusqu'à 19h.
00:58:12Il y a déjà beaucoup de monde
00:58:13de place de la nation.
00:58:14D'autres arrivent
00:58:14du boulevard Voltaire.
00:58:16Comment on fait
00:58:19permettre à ceux qui arrivent
00:58:20de venir aussi
00:58:21sur cette place de la nation ?
00:58:22Parce qu'il n'y aura pas
00:58:22cette place, sinon.
00:58:23De toute façon,
00:58:24à ce stade-là,
00:58:25on est sur l'incitation.
00:58:27On ne peut pas être
00:58:28sur l'injonction.
00:58:29On est sur l'incitation.
00:58:30Parce que ce qu'on veut,
00:58:31c'est que les forces de l'ordre
00:58:32soient le moins présentes possible
00:58:36pour faire craindre
00:58:39une montée des tensions.
00:58:42On est là pour accompagner,
00:58:43y compris la dislocation,
00:58:45et permettre aux gens
00:58:46de quitter les lieux
00:58:47dans les conditions
00:58:47de sécurité optimales.
00:58:49Alors, on va retourner
00:58:50justement au cœur
00:58:50de la manifestation,
00:58:52voir comment ça se passe,
00:58:53comment ça se déroule.
00:58:53Et on a entendu
00:58:54depuis le début
00:58:56de l'après-midi,
00:58:56d'ailleurs,
00:58:57que tout allait bien.
00:58:58Le cortège est plutôt
00:58:58bon enfant.
00:58:59On a écouté
00:59:00les revendications
00:59:01de ceux qui participent,
00:59:02les syndicats,
00:59:03et puis les anonymes
00:59:04qui sont là aussi
00:59:05pour parler
00:59:06de leur quotidien.
00:59:07Et là,
00:59:07on va retrouver
00:59:08les équipes de BFMTV
00:59:09avec une manifestante.
00:59:13Oui, exactement.
00:59:14Et un cortège
00:59:15qui a été vraiment
00:59:16bon enfant
00:59:16tout le long du parcours.
00:59:17et une foule immense
00:59:17qui s'est élancée
00:59:19depuis la place de la République
00:59:20jusqu'à la place de la Nation.
00:59:21Beaucoup de monde,
00:59:22beaucoup de profils aussi
00:59:23dans ces manifestations.
00:59:23Je me trouvais avec Kali.
00:59:24Bonjour.
00:59:25Merci d'être avec nous.
00:59:26Vous, quand vous vous êtes rencontrés,
00:59:27il y avait une certaine colère
00:59:28qui devait s'exprimer
00:59:29depuis longtemps.
00:59:30Qu'est-ce que vous êtes venu
00:59:30dénoncer aujourd'hui
00:59:31en venant ici
00:59:33sur cette manifestation ?
00:59:36Surtout le fait
00:59:37que la jeunesse
00:59:38n'a plus d'insouciance,
00:59:39n'a plus d'avenir.
00:59:40Ils sont conscients
00:59:41du fait de ne plus avoir d'avenir.
00:59:42Moi, j'ai un enfant
00:59:42qui ne fait pas d'études,
00:59:44ne trouve pas de travail.
00:59:46Voilà.
00:59:47Et quand ils manifestent
00:59:48leur colère,
00:59:49leurs conditions d'études,
00:59:51la réponse,
00:59:52elle est répressive.
00:59:53Voilà.
00:59:53Et cet autoritarisme permanent
00:59:56depuis 10 ans maintenant,
00:59:59à mon sens,
01:00:02il faut que ça s'arrête.
01:00:03Qu'est-ce qui vous touche
01:00:04le plus aussi ?
01:00:05Il y avait ce côté aussi
01:00:06d'avoir l'impression
01:00:06de ne pas être entendue,
01:00:07vous, depuis des années aussi.
01:00:09Vous êtes électrice de gauche
01:00:10et vous me disiez
01:00:11que vous n'aviez pas été entendue
01:00:12jusque dans les résultats
01:00:14et jusque dans les derniers
01:00:15notamment résultats
01:00:16des législatives.
01:00:17Oui, on aurait dû avoir
01:00:18un gouvernement de gauche
01:00:19puisque c'était la gauche
01:00:21qui avait gagné.
01:00:22Et non.
01:00:23Et depuis, on succède
01:00:24les premiers ministres de droite
01:00:25et de plus en plus à droite.
01:00:27Et il y a aussi
01:00:27cette montée comme ça
01:00:28du racisme,
01:00:30cette montée de l'extrême droite.
01:00:31Le pays devient invivable
01:00:33pour tous en fait.
01:00:35Merci beaucoup.
01:00:35Merci d'avoir témoigné.
01:00:37Vous voyez cette foule
01:00:37qui continue ici
01:00:38d'apparaître
01:00:39et d'arriver
01:00:40sur la place de la nation.
01:00:42Justement maintenant,
01:00:43on va rester place de la nation
01:00:45pour essayer de comprendre
01:00:46la stratégie
01:00:47de fin de manifestation
01:00:50avec les policiers
01:00:51et avec les équipes
01:00:52de BFM TV.
01:00:56Oui, on est sur un autre côté
01:00:58du boulevard Voltaire.
01:00:59Vous voyez aussi
01:00:59sur ces images d'ici,
01:01:00on voit encore cette foule
01:01:01qui continue d'arriver
01:01:02sur la place de la nation
01:01:04comme vous expliquez
01:01:05ma collègue juste à l'instant.
01:01:06Alors pour le dispositif policier,
01:01:08c'est bien simple.
01:01:09Depuis que le cortège
01:01:10est en train d'arriver,
01:01:11ils se sont placés
01:01:12sur toutes les rues
01:01:13qui sortent
01:01:14de la place de la nation.
01:01:15Là, vous voyez
01:01:15les policiers et gendarmes
01:01:17qui se sont placés
01:01:18et vous le voyez
01:01:18sur ces images,
01:01:19ils font des barrages filtrants.
01:01:21En fait, ils laissent les gens sortir,
01:01:23quitter la manifestation
01:01:24que ce soit à certains endroits
01:01:27comme là devant nos caméras
01:01:28où ils laissent partir
01:01:29des petits groupes de gens
01:01:30puis ils arrêtent
01:01:31pour essayer de contrôler le flux.
01:01:33Le but étant d'éviter
01:01:34qu'il y ait des cortèges sauvages
01:01:36qui se forment
01:01:36et sinon, ils invitent aussi
01:01:38les gens à partir
01:01:38par les stations de métro.
01:01:41Ils vont faire cela
01:01:41jusqu'à 19h,
01:01:43l'heure jusqu'à laquelle
01:01:44peut durer la manifestation
01:01:45ou en tout cas,
01:01:46l'heure jusqu'à laquelle
01:01:47il était prévu de durer
01:01:48et à partir de 19h,
01:01:49ils vont commencer
01:01:51à demander aux gens
01:01:52de partir
01:01:53avec peut-être
01:01:54des appels à sommation
01:01:55si des gens
01:01:56ne veulent pas partir.
01:01:57Tout se passe
01:01:58dans le calme
01:01:58et très bien jusqu'ici.
01:01:59Alors, pour tout vous expliquer,
01:02:02les gendarmes et policiers
01:02:04que vous voyez là
01:02:04n'étaient pas casqués
01:02:05jusqu'à il y a quelques minutes
01:02:07parce que tout se passait très bien
01:02:08et puis quelqu'un
01:02:09a envoyé une bouteille en verre.
01:02:10Donc ça, c'est légèrement tendu
01:02:12mais il faut dire
01:02:13que depuis tout à l'heure,
01:02:15depuis que nous sommes arrivés
01:02:16à la place de la nation
01:02:16et depuis l'ensemble
01:02:18de cette manifestation,
01:02:19tout se passe majoritairement
01:02:20dans le calme.
01:02:22Et la réponse maintenant,
01:02:23elle doit être politique
01:02:24et c'est lundi
01:02:25que ça va se passer.
01:02:26Marie Chantret,
01:02:26chef du service politique
01:02:27de BFM TV.
01:02:29Absolument,
01:02:29annonce il y a environ
01:02:30un quart d'heure
01:02:31des services de Matignon,
01:02:32le Premier ministre
01:02:32Sébastien Léocornu
01:02:33réunira donc
01:02:34une grande conférence sociale
01:02:36Lundi,
01:02:36on ignore l'heure
01:02:37pour le moment.
01:02:39Représentative,
01:02:40les organisations
01:02:41seront invitées,
01:02:42les salariés et les employeurs
01:02:43pour cette conférence
01:02:44permettant,
01:02:45nous dit-on,
01:02:46d'apporter des réponses
01:02:46aux questions
01:02:47du pouvoir d'achat
01:02:48et des salaires.
01:02:49On ignore comment
01:02:51cela est reçu pour l'heure
01:02:52parce que je vous dis
01:02:52ça date d'il y a
01:02:53une vingtaine de minutes à peine
01:02:55les syndicats.
01:02:56Est-ce que tous seront présents
01:02:57ou certains pratiqueront
01:02:59la politique de la chaise vide ?
01:03:00C'est une interrogation
01:03:01à cette heure.
01:03:02On va évidemment solliciter
01:03:03les organisations syndicales.
01:03:04On nous indique du côté
01:03:05du Premier ministre
01:03:06et de son entourage
01:03:06que cela fait un moment
01:03:08qu'il a en tête l'idée
01:03:09de mettre sur la table
01:03:10cette proposition.
01:03:11Lui qui,
01:03:12il y a quand même
01:03:12quelques jours,
01:03:14slash semaine,
01:03:14a reçu les organisations syndicales
01:03:16notamment dans le cadre
01:03:18des revendications lycéennes
01:03:20et à la sortie,
01:03:21ces organisations syndicales,
01:03:23je pense notamment
01:03:24à Sophie Binet,
01:03:25n'étaient pas forcément tendres
01:03:26à l'égard du Premier ministre
01:03:28considérant qu'il n'avait
01:03:28rien entendu
01:03:29des revendications
01:03:30qu'il portait.
01:03:31Là, il s'agit en effet
01:03:32de mettre les choses à plat.
01:03:34On sait aussi
01:03:35que du côté du ministère
01:03:36du Travail,
01:03:37on s'active
01:03:37pour recevoir
01:03:38les représentations syndicales
01:03:39pour notamment le SMIC,
01:03:41cette revalorisation avancée
01:03:42et ce coup de pouce
01:03:43supplémentaire.
01:03:43Mais de combien ?
01:03:44Parce que la CGT,
01:03:4510% ?
01:03:46Bien en deçà,
01:03:47en tout cas,
01:03:48ça ne sera pas 10%
01:03:49tout simplement
01:03:50parce qu'il faudrait
01:03:52contraindre les entreprises
01:03:53à le faire
01:03:53et que certains expliquent.
01:03:55À raison sans doute
01:03:56qu'aujourd'hui,
01:03:56pour beaucoup d'entreprises,
01:03:57il est impossible
01:03:58d'aller si haut
01:03:59en termes d'augmentation.
01:04:01Mais c'est vrai
01:04:02que ce que propose
01:04:02et ce que met sur la table
01:04:03le gouvernement
01:04:04ne satisfont pas du tout
01:04:06du tout
01:04:06les organisations syndicales
01:04:08que nous avons interrogées.
01:04:09Il faut rappeler
01:04:09que le SMIC
01:04:10est indexé sur l'inflation
01:04:11et que ce salaire minimum
01:04:12n'a pas bénéficié
01:04:13d'une réelle revalorisation
01:04:15depuis 2012,
01:04:17depuis François Hollande
01:04:18à son arrivée au pouvoir.
01:04:20L'été 2012,
01:04:21François Hollande
01:04:21avait fait un geste
01:04:22et depuis,
01:04:23effectivement,
01:04:23le SMIC, certes,
01:04:24augmente chaque année
01:04:25parce que c'est la loi
01:04:25avec l'inflation,
01:04:27mais il n'y a pas eu
01:04:27de coup de pouce réel.
01:04:29Là, le coup de pouce,
01:04:29ça serait 0,5-0,6%.
01:04:31Ça fait combien alors
01:04:320,5-0,6% ?
01:04:33C'est un peu,
01:04:34nous le calculons
01:04:34puisque en brut,
01:04:36aujourd'hui,
01:04:36le SMIC est à 1867.
01:04:38Votre portable,
01:04:39monsieur Robocouaché,
01:04:39allez-y,
01:04:40nous faites un petit quelques-là.
01:04:41Alors, 0,5% de 1867 brut.
01:04:43Ça fait même pas 10 euros,
01:04:44ça doit faire 8 ou 9 euros.
01:04:45Oui, 8 ou 9 euros.
01:04:46Donc, c'est 1 500 euros net.
01:04:47Qu'est-ce que vous demandez ?
01:04:48Vous demandez-vous 500,
01:04:49tout à l'heure,
01:04:49vous avez dit.
01:04:51On demande 400 euros
01:04:52d'augmentation de tous les salaires,
01:04:53mais on est prêt à discuter.
01:04:53On pense qu'il faut
01:04:54une augmentation conséquente
01:04:56et qu'en tout cas,
01:04:56effectivement,
01:04:57ce n'est pas avec des augmentations.
01:04:57Il faudrait des 8 ou 9 euros.
01:04:59Une centaine d'euros supplémentaires.
01:05:06Quelques centimes, voilà.
01:05:07Et vous avez dit
01:05:08que le SMIC était indexé
01:05:09sur l'inflation.
01:05:09Par ailleurs,
01:05:10on pense qu'il faut
01:05:10que l'ensemble des salaires
01:05:11aujourd'hui sont indexés
01:05:12sur l'inflation,
01:05:13ce qu'on appelle
01:05:14l'échelle mobile des salaires.
01:05:15Et aujourd'hui,
01:05:16c'est carrément illégal.
01:05:16C'est-à-dire,
01:05:17dans certaines branches,
01:05:17il y a des accords
01:05:18qui sont signés
01:05:18et qui sont retoqués
01:05:19parce qu'aujourd'hui,
01:05:19la loi ne permet même pas
01:05:21de le faire.
01:05:22L'autre sujet,
01:05:22c'est celui du point d'indice
01:05:23qui devait permettre
01:05:24ce mécanisme.
01:05:24La réponse sera immédiate
01:05:25pour toutes les entreprises
01:05:26qui ne pourront pas le faire.
01:05:27C'est-à-dire que
01:05:28quand vous avez une enveloppe
01:05:29et que cette enveloppe
01:05:30vous en prend une partie,
01:05:31ce sera des licenciements.
01:05:33C'est très intéressant
01:05:33ce que vous dites.
01:05:34Est-ce que c'est pas...
01:05:35Il ne faut pas plutôt
01:05:37faire confiance aux entreprises
01:05:38et laisser augmenter
01:05:38celles qui veulent augmenter
01:05:39plutôt que de faire...
01:05:41Non, mais je sais bien.
01:05:42J'ai moi, monsieur Robo Kouachi
01:05:43qui se marre, là.
01:05:44Qui rigole, mais vous voyez,
01:05:46parce que demander l'augmentation
01:05:47du SMIC pour tout le monde,
01:05:49il y a un coût derrière.
01:05:50Je pense qu'il y a deux choses là-dessus.
01:05:51La première chose,
01:05:51c'est que sur l'augmentation
01:05:52des salaires,
01:05:53en vérité, ça profite aussi.
01:05:55Aux petites et aux moyennes entreprises,
01:05:56on a beaucoup vu, par exemple,
01:05:57des restaurateurs
01:05:57qui disaient que c'est à cause
01:05:58des manifestations
01:05:58que les salles étaient vides.
01:05:59Nous, on pense qu'aujourd'hui,
01:06:00les gens, c'est peut-être pas
01:06:01leur priorité d'aller au restaurant
01:06:02quand ils n'arrivent pas
01:06:03à boquer la fin du mois.
01:06:04Ça existe quand même
01:06:05des restaurateurs
01:06:05qui ne peuvent pas travailler.
01:06:06Ça pourrait permettre
01:06:07de faire mieux tourner
01:06:07un certain nombre
01:06:08de très petites et moyennes entreprises.
01:06:09Première chose.
01:06:10Deuxième chose,
01:06:11faire confiance aux employeurs.
01:06:12C'est ce qu'on fait
01:06:12avec la négociation dans les branches.
01:06:14Et quel est le résultat ?
01:06:14C'est qu'aujourd'hui,
01:06:15124 branches ont des premiers niveaux
01:06:17de salaire inférieurs
01:06:18au salaire minimum.
01:06:19Et donc, on voit bien
01:06:20que faire confiance aux employeurs
01:06:21aujourd'hui sans contrainte
01:06:23de l'État
01:06:23ou sans rapport de force,
01:06:25ça ne mène à rien
01:06:25et ça ne suffit pas.
01:06:26Et donc, c'est pour ça
01:06:27que nous, on travaille
01:06:27à construire ce rapport de force
01:06:28et qu'on pense que l'État
01:06:29qui subventionne largement
01:06:31ces entreprises
01:06:32peut aujourd'hui
01:06:33leur tordre la main
01:06:34pour les contraindre
01:06:34à rouvrir des négociations
01:06:36dans les branches,
01:06:37dans toutes les branches
01:06:37et augmenter les salaires.
01:06:39Marie Chantray,
01:06:40le gouvernement,
01:06:41j'imagine,
01:06:42a bien conscience
01:06:42que la proposition
01:06:43qui sera faite là,
01:06:44soit demain, soit lundi,
01:06:46sera jugée insuffisante
01:06:47par les syndicats.
01:06:48Il y a un acte 4
01:06:49qui est prévu samedi.
01:06:50Donc, on voit bien
01:06:51que ce n'est pas terminé.
01:06:53Ça pourrait s'inscrire
01:06:54dans le temps,
01:06:54cette mobilisation,
01:06:55comme on l'a connue
01:06:56au moment des Gilets jaunes.
01:06:58Comment Sébastien Lecornu
01:07:00imagine-t-il
01:07:01se sortir de cette affaire ?
01:07:03Vous voyez un équilibriste
01:07:04sur un fil
01:07:05qui regarde en effet
01:07:06ces mobilisations massives.
01:07:08Encore une fois,
01:07:09on peut tempérer
01:07:10et qui s'enchaînent,
01:07:11qui fait dire
01:07:12à Emmanuel Macron
01:07:14qu'il n'est pas normal
01:07:15que le pays soit
01:07:15en telle ébullition
01:07:16à six mois
01:07:17d'une élection présidentielle
01:07:18et renvoyant finalement
01:07:19ces échéances
01:07:20comme l'alpha et l'oméga
01:07:23de ce qui pourra être décidé.
01:07:25Sauf que ce que leur est renvoyé
01:07:27en permanence au visage,
01:07:28c'est de dire
01:07:29les gens,
01:07:29les Français,
01:07:30en tout cas,
01:07:31c'est maintenant
01:07:31et ils n'ont pas six mois
01:07:32à attendre.
01:07:33Et tout cela,
01:07:34dans un contexte budgétaire,
01:07:36on ne peut plus contraindre
01:07:37où aucune décision,
01:07:38aucun vote n'est possible.
01:07:40Cela s'est traduit encore
01:07:40hier soir à l'Assemblée nationale.
01:07:42La première partie
01:07:43du budget des recettes
01:07:44a été rejetée
01:07:45à l'unanimité.
01:07:46Personne ne va voté,
01:07:46même pas le vote central.
01:07:48Pas une voix pour.
01:07:49Zéro.
01:07:50Zéro.
01:07:50Zéro pour,
01:07:53458 contre.
01:07:54Donc même,
01:07:54en effet,
01:07:55vous avez raison de le souligner.
01:07:56577 députés,
01:07:57il faut le rappeler.
01:07:57Mais ils étaient quand même
01:07:58nombreux hier soir.
01:07:59Ils étaient 458.
01:08:01C'est du joli.
01:08:03C'est quasiment inédit.
01:08:04En effet,
01:08:04il faudrait remonter
01:08:04dans les...
01:08:05Zéro voix.
01:08:06Donc même,
01:08:06en effet,
01:08:07il est important de le préciser,
01:08:08avec des soutiens,
01:08:10censés être soutiens
01:08:11du gouvernement
01:08:12qui ne votent pas,
01:08:13qui rejettent massivement.
01:08:14Et un argumentaire
01:08:16qui est le même
01:08:17depuis plusieurs semaines,
01:08:18c'est que les marges
01:08:18de manœuvres économiques
01:08:19et financières,
01:08:20n'existent pas.
01:08:21C'est-à-dire qu'ils ne peuvent
01:08:22pas débloquer...
01:08:24Il n'y a pas d'argent magique ?
01:08:25Non.
01:08:25Alors,
01:08:25on débloque,
01:08:26en effet,
01:08:26les stocks stratégiques
01:08:28pour le carburant,
01:08:29ce qui fait baisser un peu
01:08:30les prix à la pompe.
01:08:30Mais on considère,
01:08:32et c'est massif aussi
01:08:33dans l'opinion,
01:08:33ces manifestations,
01:08:34elles sont soutenues par...
01:08:35C'est au-delà
01:08:36de la majorité des Français.
01:08:37Jusqu'à 90%.
01:08:38Le sondage Elab
01:08:39le démontrait hier.
01:08:40Et extrêmement parlant.
01:08:41Il y a ces chèques
01:08:41d'aide gros rouleurs,
01:08:435,5 millions
01:08:44de Français concernés,
01:08:45mais considérés là aussi
01:08:47comme insuffisants.
01:08:49Et certains,
01:08:49beaucoup de Français
01:08:50ne font pas
01:08:51la démarche
01:08:52de le demander.
01:08:53Et puis,
01:08:54en effet,
01:08:54en ligne de mire,
01:08:55une présidentielle.
01:08:566 mois.
01:08:56Et beaucoup anticipent
01:08:57quand même
01:08:58que cette présidentielle
01:08:59se fera aussi
01:09:00une grande partie
01:09:01dans la rue.
01:09:01Il y a des meetings,
01:09:02mais on anticipe
01:09:03des rassemblements
01:09:05comme ça
01:09:05et des appels
01:09:05à manifester
01:09:06tout au long,
01:09:07finalement,
01:09:08de ces mois
01:09:09de campagne.
01:09:10et il va falloir faire avec.
01:09:11Vous êtes d'accord avec ça ?
01:09:12La campagne présidentielle,
01:09:13c'est aussi son originalité
01:09:14cette année,
01:09:15se fait en partie
01:09:16dans la rue.
01:09:17Ce qui n'était pas le cas
01:09:18auparavant
01:09:19parce qu'on a rarement vu
01:09:20des mouvements sociaux
01:09:21se mettre en branle
01:09:22à quelques mois du vote.
01:09:24C'était le discours
01:09:24de Fabien Roussel
01:09:25à la fête de l'humanité.
01:09:27On avait dit
01:09:27qu'il faut se mobiliser
01:09:28dès maintenant
01:09:28parce que nous,
01:09:29on n'est pas simplement
01:09:29un parti électoraliste.
01:09:30Mais pourquoi en fait ?
01:09:31Parce que les problèmes,
01:09:32ils se posent tout de suite.
01:09:33Donc, il faut y répondre maintenant.
01:09:34Pourquoi vous voulez,
01:09:35comment dire,
01:09:35considérer qu'il fallait
01:09:40porter des revendications
01:09:40de se battre pour que ça avance ?
01:09:42Et là, en l'occurrence,
01:09:42vous pouvez regarder
01:09:43la question des salaires,
01:09:44vous pouvez regarder
01:09:45la question des services publics.
01:09:46Il y a une urgence.
01:09:47Il faut intervenir maintenant.
01:09:47Oui, mais vous savez très bien
01:09:48que sur les services publics,
01:09:49des décisions peuvent être annoncées.
01:09:52Le temps qu'elles se mettent
01:09:53en action, ces décisions,
01:09:55Sébastien Lecornu
01:09:55ne sera plus chef du gouvernement.
01:09:56Donc, en fait,
01:09:57ça sera des promesses
01:09:58un peu en l'air.
01:09:59Vous voyez ce que je veux dire là ?
01:10:00Pourquoi est-ce que personne
01:10:01n'a voté ce budget ?
01:10:02Parce qu'il n'a pas fait
01:10:03des gestes réels en direction ?
01:10:05Non, j'ai juste une précision
01:10:06parce que c'est le budget amendé
01:10:07qui n'a pas été voté.
01:10:08Ce n'est pas le budget du gouvernement
01:10:10parce que sinon,
01:10:10on se dirait
01:10:10pourquoi il n'a pas été voté.
01:10:12C'est qu'en fait,
01:10:12comme c'était devenu
01:10:13du grand n'importe quoi,
01:10:15ce n'est pas le budget
01:10:16du gouvernement initial
01:10:17qui a été rejeté.
01:10:18C'est le budget...
01:10:18C'était d'ailleurs un budget
01:10:19très dépensier.
01:10:20Oui, mais qui ne satisfaisait personne.
01:10:23Il n'y aura pas de budget voté.
01:10:25Ce que je veux dire,
01:10:25c'est que là,
01:10:26on devrait...
01:10:26Mais on connaît le macronisme,
01:10:28malheureusement,
01:10:28on a cette illusion.
01:10:29On pourrait penser
01:10:30que quand on a des mobilisations
01:10:31aussi massives,
01:10:32on pourrait essayer
01:10:33d'en tenir compte.
01:10:35Or, ce qu'on voit,
01:10:35c'est qu'il va falloir
01:10:36continuer et amplifier
01:10:37ce mouvement
01:10:38pour le faire reculer
01:10:39puisque décidément,
01:10:40ils ne veulent rien entendre.
01:10:41Merci d'avoir débattu,
01:10:44discuté de ce qui se passe
01:10:45en ce moment,
01:10:45la mobilisation tranquille,
01:10:47massive.