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BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 17 octobre, Patrick Nataf, chirurgien cardiaque à l'hôpital Bichat, Philippe Boucheron, directeur adjoint du pôle des investissements VC en sciences de la vie chez Bpifrance, et André Choulika, directeur général de Cellectis, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.
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00:11Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé.
00:16Près de 23 000 patients sont en attente de greffe par an et hélas trop peu d'honneur.
00:21A l'occasion de la journée mondiale du don d'organes et de la greffe,
00:24j'ai le plaisir d'accueillir le professeur Patrick Nataf, chef de service de chirurgie cardiaque à l'hôpital Bichat
00:29à Paris.
00:31Spécialiste internationale de la greffe cardiaque.
00:33Dans ce contexte économique pour le moins compliqué, il existe encore des structures qui poussent,
00:38qui aident des entreprises de biotechnologies innovantes.
00:40C'est le cas de InnoBio3, le fonds géré par la BPI.
00:44Et Philippe Boucheron, son directeur du pôle Biotech et Medtech,
00:47va nous dire comment son fonds investit dans ces innovations de rupture.
00:50Enfin, mon dernier invité est l'un des inventeurs de l'ingénierie du génome,
00:54des ciseaux moléculaires qui suppriment, déplacent ou réparent les gènes.
00:57C'est André Chulica, PDG de Selectis.
01:00Il se propose tout simplement de révolutionner le traitement des dysépidémies.
01:03Peut-être à l'avenir, une seule injection pour traiter de façon définitive l'hypercholestérolémie.
01:09Check-up santé, c'est parti.
01:12Check-up santé, au cœur de l'innovation santé.
01:16Patrick Natta, bonjour.
01:17Bonjour.
01:18On se connaît depuis combien de temps ? 10 ans ? 20 ans, 30 ans ?
01:20Peut-être plus de 30 ans.
01:21Non, ça va nous vieillir.
01:22Alors, vous êtes chirurgien cardiaque de notoriété vraiment internationale, c'est vrai.
01:26Vous êtes chef de service à l'hôpital Bichat.
01:28Et vous aussi, vous êtes un pionnier quand même des nouvelles technologies,
01:31puisque vous êtes directeur de technologies immersives à l'Inserm,
01:35et vice-président de l'innovation pédagogique à l'université Paris-Cité.
01:39Alors, c'est aujourd'hui la journée mondiale du don d'organes et de la greffe.
01:43C'est vrai qu'il y a beaucoup d'attentes, non ?
01:45Il y a énormément d'attentes, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gens qui ont besoin
01:48d'avoir un greffon,
01:50quel que soit l'organe, et il y a très peu de donneurs.
01:53Il y a du moins, il y a des donneurs, mais pas suffisamment pour le nombre de patients
01:57qui veulent recevoir un organe.
01:59Et donc, il y a des patients qui, hélas, décèdent avant le...
02:03Malheureusement, sur tout l'ensemble des patients qui sont en attente de greffe,
02:08on en a, vous avez cité, 23 000, il y en a 11 000 qui sont sur l'ISACTIV,
02:13et il y en a 10 % qui sont décédés avant d'avoir l'organe.
02:16D'accord. Et donc, que dit la législation ?
02:20Je crois savoir qu'on est donneurs par défaut, c'est ça, non ?
02:23Oui, c'est ça. On est présumé, on est donneurs,
02:27parce qu'on n'a pas signé le fait qu'on veut refuser de donner nos organes.
02:32Il y a un registre des refus, mais la transmission orale est suffisante.
02:36Ce qui est difficile, c'est pour une famille, quand quelqu'un vient de décéder,
02:40il a déjà le choc du décès.
02:42Surtout très jeune, souvent jeune.
02:42Et après, oui, souvent jeune, ou même moins jeune,
02:45mais à chaque fois qu'il y a une possibilité de greffe,
02:47on demande à la famille, malgré qu'il y ait ce registre des refus,
02:51c'est-à-dire que le consentement est présumé,
02:53mais on demande quand même, si oralement,
02:55s'il y a une transmission d'une volonté de ne pas donner.
02:58Et il y a des refus ?
02:59Il y a des refus, c'est 37% pour le cœur.
03:02Donc un tiers, plus d'un tiers qui refuse finalement de donner.
03:05Oui, il y a un refus de don de 37% qui doit être expliqué pour plusieurs raisons.
03:10C'est-à-dire que ça peut être une mauvaise information,
03:13ça peut être on ne sait pas et on vient d'être endeuillé,
03:15donc on n'est pas complètement conscient.
03:17Il y a le choc psychologique.
03:19Il y a plusieurs raisons qui font qu'on ne donne pas.
03:21Mais par contre, ce qui est important,
03:22c'est de transmettre l'information,
03:24en parler à l'école, avec les amis, en famille,
03:27en parler, dire « je veux, je ne veux pas ».
03:30C'est tout à fait volontaire.
03:32Alors vous êtes spécialiste bien sûr de la greffe cardiaque.
03:34Je me rappelle à Lapisier,
03:35vous faisiez plus de la moitié des greffes,
03:37des transplantations cardiaques.
03:38Je faisais des greffes, on va dire.
03:39Oui, je ne m'en rappelle pas très bien,
03:40je viens aussi de Lapisier.
03:43Nombreux, beaucoup de greffes en France ou pas ?
03:46Des greffes cardiaques en France,
03:48en 2025, c'était 421 greffes,
03:51un peu plus que 24.
03:53Donc c'est quand même une augmentation,
03:55donc c'est un signe positif,
03:56mais ce n'est pas encore suffisant,
03:57parce qu'il y a quand même beaucoup de patients
04:00qui sont retirés de la liste
04:01ou décédés sur la liste d'attente.
04:03Mais il y a une augmentation de la demande ou pas ?
04:05La demande augmente régulièrement.
04:07En fait, on ne sait même pas
04:08qui sont tous les patients
04:11qui ont besoin d'une greffe cardiaque,
04:13parce que c'est l'insuffisance cardiaque terminale.
04:15Il y a des patients qui ne sont même pas proposés pour la greffe.
04:18Donc déjà, en un mot,
04:19on pourrait savoir,
04:20peut-être qu'il y a beaucoup plus de gens
04:22qui seraient susceptibles d'avoir une greffe
04:24que de gens qui sont réellement inscrits sur la liste.
04:27D'accord, il y en a à peu près 1000 en attente,
04:28mais c'est sous-estimé.
04:29C'est ça.
04:30Et est-ce que les techniques de greffe se sont améliorées ou pas ?
04:32Il y a eu pas mal d'innovations.
04:34Les innovations portent aussi bien sur le donneur
04:36que sur le receveur.
04:37Receveur, la chirurgie,
04:38ce n'est pas vraiment le problème.
04:40Il y a eu beaucoup d'innovations
04:41en termes d'organisation.
04:42On a l'agence de biomédecine
04:43qui a permis de réguler un petit peu
04:45toutes ces transplantations.
04:46Elle le fait très, très bien.
04:48Et on a un organisme institutionnel, national,
04:52qui nous permet d'avoir un registre parfait.
04:54En termes de chirurgie, proprement dite,
04:56on a quelques améliorations techniques,
04:58mais ce n'est pas la problématique.
04:59La problématique, elle est vraiment logistique
05:01au point de vue de la greffe.
05:03Par contre, les innovations,
05:04elles se font surtout sur le prélèvement,
05:07sur le greffon,
05:07sur la personne qui va donner.
05:09D'accord.
05:10Et c'est vrai que les délais de transport
05:13peuvent être plus longs.
05:13Maintenant, une nouvelle technique
05:14pour rallonger le délai de transport ?
05:16Oui, il y a des possibilités.
05:17On a des machines de préservation
05:18de différents types.
05:20Il y a des machines où on enlève le cœur,
05:21on le perfuse avec du sang
05:23et ça permet de régénérer un cœur,
05:26de lui redonner un peu de vitalité
05:27et surtout de l'évaluer.
05:29Il y a des techniques
05:30où on peut faire de la préservation
05:31avec du froid,
05:32mais de façon régulée.
05:34Et on arrive quand même
05:35à augmenter les délais.
05:36La meilleure expérience,
05:38c'est celle qu'on a en France
05:39avec Pegas,
05:40où l'équipe de l'Apitié
05:41a transporté un cœur des Antilles
05:43à Paris
05:44pour arriver à transplanter
05:47avec succès le patient.
05:49Et ça coûte combien une greffe cardiaque ?
05:51Une greffe cardiaque,
05:52c'est quand même 150 à 200 000 euros
05:54pour l'année.
05:55Oui, mais par rapport aux Etats-Unis,
05:572 millions de dollars.
05:58Donc on est quand même
06:00à 200 000,
06:01on n'a pas besoin de trop pleurer.
06:03On peut dire qu'on est chanceux
06:04parce qu'en fin de compte,
06:05tout est remboursé par la sécurité sociale.
06:07On est très bien assuré.
06:08Oui, on est bien placé en France
06:09dans le domaine de l'expertise
06:10justement des greffes cardiaques.
06:12On n'est pas mauvais.
06:13En Europe,
06:14on est juste derrière,
06:15on est 6 greffes par million d'habitants environ.
06:18En Espagne, 7.
06:19Mais en Angleterre,
06:21c'est plutôt 2 à 3.
06:22Et en Allemagne,
06:23c'est plutôt 4.
06:25Par contre,
06:25aux Etats-Unis,
06:26c'est 13.
06:2713 greffes par million d'habitants.
06:29Donc on est bien placé en Europe.
06:31Malgré un prix décuplé.
06:32C'est ça.
06:33Ils ont beaucoup plus de moyens.
06:35Maintenant,
06:35il n'y a pas que la greffe cardiaque
06:37chez les insuffisants terminaux.
06:38Il y a d'autres systèmes.
06:39Oui,
06:40on a bien sûr
06:41les assistances ventriculaires.
06:43On a plusieurs types
06:43d'assistances ventriculaires.
06:45On a ce qu'on appelle
06:46les ECMO.
06:46C'est des petites assistances
06:47qui permettent
06:48de passer un cap
06:49ou d'attendre une greffe.
06:51Ça permet aussi
06:52de prioriser pour la greffe
06:53quand on a cette machine.
06:55Il y a aussi
06:55les ventricules artificiels.
06:57C'est des ventricules uniques.
06:58On a deux ventricules,
06:59droit et gauche.
07:00Là,
07:00on ne va remplacer
07:01que le ventricule gauche.
07:02On va l'aider,
07:03on va l'assister.
07:04Ça,
07:04c'est par exemple
07:05le heartmet.
07:05Et la dernière technique,
07:07c'est le cœur artificiel total
07:08où là,
07:09tout le cœur a besoin
07:10d'être remplacé.
07:12Et dans ces cas-là,
07:13on met un des cœurs artificiels.
07:14Oui,
07:14le karma qui a des difficultés.
07:16Mais on espère bien
07:18un jour
07:18que ça va être possible
07:20de l'implanter
07:21à plus grande échelle.
07:22Ça coûte un peu plus cher aussi.
07:24La prothèse elle-même
07:25coûte 250 000,
07:26mais après,
07:27en attente de greffe,
07:28ça fait la greffe en plus.
07:30Et après,
07:30il y a tous les soins hospitaliers
07:31également.
07:32Donc,
07:32il y a des problèmes financiers
07:33qu'il va falloir résoudre,
07:35même si on a envie
07:36qu'ils soient résolus.
07:37Bien sûr.
07:37Mais il y a les critères
07:39quand même,
07:39ils se sont un petit peu élargis,
07:40les critères d'éligibilité
07:42d'une greffe cardiaque
07:43qui se sont un peu élargis.
07:44L'éligibilité,
07:45oui,
07:45parce qu'on peut donner,
07:46d'abord,
07:50c'est-à-dire des greffons
07:51qu'on ne prenait pas auparavant
07:52qu'on commence à prendre
07:53parce qu'on peut les évaluer
07:54justement grâce aux machines
07:55dont on a parlé.
07:56Il y a aussi
07:59les greffons
07:59qu'on peut prendre
08:00sur des patients
08:02à qui il y a une décision
08:03d'arrêt des soins
08:04qui est prise.
08:05C'est ce qu'on appelle
08:06le Mastricht 3.
08:07Il y a un patient
08:08qui est en réanimation,
08:09il n'a pas ce qu'on appelle
08:10la mort encéphalique,
08:11parce que normalement,
08:11les greffons se font prendre
08:13sur des gens qui sont morts
08:14et que le cerveau
08:15ne fonctionne plus du tout.
08:16On fait des électroencéphalogrammes
08:18ou des scanners
08:18pour vérifier
08:19qu'il y a bien
08:19une mort encéphalique,
08:21mais il y a également
08:22des patients
08:22qui sont en réanimation.
08:23Le cerveau n'est pas
08:25totalement détruit
08:25parce qu'il y a encore
08:26de la réactivité,
08:27mais on sait qu'il n'y a pas
08:28de récupération possible
08:29pour ces patients-là.
08:30Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
08:31On prend une décision
08:32d'arrêt des soins collégiale.
08:34Les gens,
08:34c'est les gens
08:35qui s'en occupent,
08:36les réanimateurs
08:37avec les familles,
08:38avec l'ensemble du personnel
08:39qui s'occupe des patients,
08:41disent qu'il est préférable
08:42de décider
08:43d'arrêter les soins.
08:44Et dans ces cas-là,
08:45une fois que le patient
08:46est déclaré
08:47qu'on va arrêter les soins,
08:48il y a la deuxième décision
08:49qui doit être indépendante.
08:51C'est celle de dire
08:52qu'on peut prélever
08:53l'organe, les organes.
08:55Et donc, dans ces cas-là,
08:56c'est deux décisions
08:57qui sont vraiment indépendantes
08:58l'une de l'autre,
08:59mais qui permettent
09:00de prélever les organes
09:02d'un patient
09:03à qui on a décidé
09:05d'arrêter les soins.
09:06Ça veut dire qu'il y a un patient
09:06qui aura un cœur à arrêter.
09:08On va attendre 5 minutes
09:09que l'arrêt cardiaque se fait
09:10avant de pouvoir le prélever.
09:12On arrêtera la circulation
09:13dans le cerveau
09:14pour être sûr
09:15qu'il n'y a pas de réveil,
09:17mais il n'y en aura pas.
09:18Et en plus,
09:19ce qu'il faut savoir,
09:20c'est qu'on peut le prélever
09:22de la même façon
09:23qu'on prélève
09:24pour une transplantation cardiaque.
09:25Et pour finir très très rapidement,
09:26il y a un critère d'âge aussi
09:28pour la transplantation ?
09:28On ne va pas greffer
09:30à partir d'un certain âge ?
09:31On a toujours dit 70 ans,
09:33mais on a dégreffé
09:34beaucoup de patients
09:34qui ont plus de 70 ans.
09:37En fait, le patient âgé,
09:38on va parler d'âge physiologique
09:40si la personne est en très bon état,
09:41si on pense qu'on trouve
09:42un greffon qui soit prioritaire
09:44et qu'on peut l'administrer,
09:46oui, il faut profiter.
09:48Il n'y a pas d'âge.
09:49On est encore chanceux,
09:50Fabien, tous les deux.
09:53Merci, Patrick Nataf.
09:55On va à présent
09:55accueillir Philippe Boucheron
09:56qui est directeur
09:57adjoint du pôle investissement
09:58biotech et écotech
09:59de BPI France.
10:02Check-up Santé
10:03sur BFM Business.
10:06Philippe Boucheron, bonjour.
10:07Bonjour.
10:08Bienvenue dans Check-up Santé.
10:09Vous êtes directeur adjoint
10:10du pôle biotech et medtech
10:12de BPI France.
10:13C'est le sens de la vie.
10:15Exactement.
10:15C'est vrai que ça appartient
10:17évidemment à...
10:18C'est géré par BPI.
10:19La BPI qui a consacré
10:21pas mal d'argent
10:23pour la santé, non ?
10:24Absolument.
10:25Donc, dans ma business unit,
10:28comme on dit en bon français,
10:31on gère à peu près 7 milliards
10:33et la santé représente
10:34à peu près un tiers
10:35de ces 7 milliards.
10:36Ah oui, d'accord.
10:36Quand même.
10:37Et dans ce tiers,
10:38l'équipe à laquelle j'appartiens
10:41et que je co-gère,
10:43on gère à peu près 1 milliard.
10:45D'accord.
10:45Et il paraît que l'objectif
10:47serait de plusieurs milliards
10:49d'ici 2030.
10:50Ah ben, il faudrait
10:51toujours investir plus
10:53dans nos entreprises
10:55impliquées dans la santé
10:56parce que la santé,
10:58comme vous le savez,
10:58se développe de manière
11:00très très rapide.
11:01L'arrivée de l'IA
11:03va probablement accélérer
11:04encore cela.
11:05Donc, plusieurs verticales,
11:07les médicaments bien sûr,
11:08les dispositifs médicaux
11:10et tout ce qu'on appelle
11:13la thérapeutique digitale
11:15avec ce qui est numérique.
11:19Je ne m'occupe pas du tout
11:20de ce dernier secteur.
11:23Alors, c'est vrai que le contexte
11:25économique est plutôt complexe,
11:27c'est le moins que je veux dire.
11:28Est-ce qu'on peut encore
11:28investir en France ?
11:30Alors, bien sûr,
11:31nous, on le fait tous les jours.
11:33Donc, InnoBio3 vient d'être lancé.
11:36On a déjà cinq entreprises
11:37en portefeuille.
11:38On peut en faire au moins une
11:39d'ici la fin de l'année.
11:41On va en reparler,
11:42mais du maire générale,
11:43on peut encore investir, oui ?
11:44Oui, absolument.
11:46De toute façon,
11:47l'investissement en santé en général
11:49et en biotechnologie en particulier
11:51est un investissement
11:53contracyclique
11:53qui se passe sur des périodes
11:55qui sont relativement longues
11:56si on compare ça
11:57par rapport au digital
11:58voire à l'IA.
11:59Et c'est absolument...
12:01Oui.
12:02C'est en général
12:05des investissements
12:05qui se révèlent rentables.
12:06En plus, la France,
12:08historiquement,
12:09est le deuxième écosystème
12:10en Europe
12:11derrière le Royaume-Uni.
12:13On est à peu près égale
12:15avec l'Allemagne
12:16et la Suisse,
12:17pour vous donner
12:17une bonne idée,
12:19et très, très supérieure
12:20aux Espagnols et aux Italiens.
12:22Mais on est quand même,
12:23pour ainsi dire,
12:24pris en étau
12:24entre deux mastodontes,
12:25la Chine et les États-Unis.
12:28Est-ce qu'on a les moyens
12:29de faire face
12:30à ces deux mastodontes ?
12:31Notre système d'innovation
12:33reste performant,
12:35mais il va falloir
12:37s'adapter,
12:38parce que les choses
12:39s'accélèrent
12:40et s'accélèrent très, très vite.
12:41Il y a quand même
12:42des choses qui clochent
12:43en Europe, quand même.
12:44Absolument.
12:45C'est toujours pareil,
12:46on est dans un environnement
12:47contraint.
12:48Donc, en Europe,
12:50il y a deux choses,
12:51à mon avis,
12:52qui empêchent
12:54d'avoir une industrie
12:55de santé
12:56encore plus prospère
12:57et qui va créer
12:58beaucoup d'emplois.
12:59On a, d'une part,
13:02l'absence
13:03d'un marché de capitaux
13:04unifié
13:05pour permettre
13:05à nos plus belles entreprises
13:07de s'introduire en bourse
13:09en Europe,
13:10alors qu'aujourd'hui,
13:10quand elles veulent faire
13:11des levées de fonds
13:12qui sont supérieures
13:12à 200 millions de dollars,
13:14elles doivent aller
13:14sur le Nasdaq.
13:15Et donc,
13:16ça a d'autres contraintes,
13:17notamment de Madagérial,
13:19qui font que,
13:19souvent,
13:20on peut les perdre
13:20et qu'elles deviennent américaines.
13:23Et l'autre problème
13:24qu'on a pour nos start-up,
13:26c'est quand même,
13:27autant on a un marché unifié
13:29sur l'accès
13:31des médicaments
13:32et même des dispositifs
13:34médicaux,
13:35mais là où on a un problème,
13:36c'est l'accès au prix
13:38et au remboursement.
13:40Et chaque entreprise
13:42doit faire
13:42une démarche individuelle
13:44dans chaque pays
13:45pour avoir un prix.
13:46Et ça,
13:47évidemment,
13:47quand vous êtes Sanofi
13:48ou une grande entreprise
13:49pharmaceutique,
13:50vous pouvez vous le permettre
13:51parce que vous avez
13:51toute l'infrastructure
13:52qui le permet.
13:53Quand vous êtes une start-up,
13:54c'est extrêmement chronophage
13:56et consommateur de ressources.
13:58Alors,
13:58évidemment,
14:00ce qui se passe
14:02d'habitude,
14:03hélas,
14:03c'est que finalement,
14:04une société est vendue
14:06à une compagnie américaine.
14:07C'est souvent
14:08le business model,
14:09c'est-à-dire qu'on investit
14:11dans des sociétés
14:12qui sont à un stade
14:13pré-clinique
14:14ou début de clinique,
14:15comme on dit.
14:16Donc c'est vraiment là.
14:16Et ces sociétés
14:17développent la preuve
14:18de concept chez l'homme
14:19et lorsque la preuve
14:20de concept est suffisamment
14:21aboutie,
14:22en général,
14:23ces sociétés sont vendues
14:25à des entreprises
14:26pharmaceutiques
14:26qui peuvent être américaines
14:27mais qui peuvent être européennes.
14:28Nous,
14:29on a vendu récemment
14:30une société
14:32in-check
14:32pour ne pas la nommer
14:33à Ibsen
14:34qui est une société
14:35pharmaceutique française.
14:36Alors justement,
14:37InnoBio,
14:38donc il y a eu InnoBio 1,
14:392, 3,
14:39c'est quoi la mission
14:40vraiment d'InnoBio ?
14:41Alors InnoBio,
14:41c'est un fonds
14:43de capital risque
14:44donc gérés par BPI France.
14:46Tous les InnoBio,
14:47donc on est à la troisième mouture,
14:49sont structurés de la même façon,
14:51des fonds de BPI France
14:52associés à des fonds
14:53de l'industrie pharmaceutique.
14:56Des fonds toujours plus grands ?
14:57Oui, toujours plus grands.
14:58On a commencé à 179
14:59avec InnoBio 1
15:01en 2009,
15:03InnoBio 2, 204
15:04en 2018
15:05et aujourd'hui
15:07donc InnoBio 3, 207
15:09en 2026.
15:10On est accompagné
15:11depuis le début
15:12par Sanofi
15:13et par Ibsen,
15:14qui sont deux partenaires
15:15qui ont investi
15:16dans les trois fonds
15:17et depuis InnoBio 2
15:18par Servier
15:20et Bristol-Meyers-Quibb.
15:22D'accord.
15:22Et la nouveauté
15:24dans InnoBio 3,
15:25c'est que
15:26l'Institut Pasteur
15:27avec qui on travaille bien
15:29par ailleurs
15:29sur le démarrage
15:31de start-up
15:31nous a rejoints.
15:32Alors justement,
15:33quel type d'entreprise
15:34vous financez ?
15:35Alors, dans InnoBio,
15:37on investit exclusivement
15:39dans des entreprises
15:40qui développent
15:41des produits thérapeutiques.
15:43C'est-à-dire qu'on n'investira
15:44pas dans une plateforme
15:45ou dans des modalités thérapeutiques
15:47où il n'y a pas
15:47un produit identifié.
15:49Et plutôt vers
15:49les innovations de rupture, non ?
15:50Et toujours
15:51des innovations de rupture,
15:52des produits
15:53qui peuvent apporter
15:54quelque chose
15:54de très novateur
15:57à une pathologie
15:58ou une indication
15:59qui est aujourd'hui mal servie.
16:00Soit des maladies rares,
16:01soit une indication cancéreuse,
16:04soit des choses comme ça.
16:04Évidemment.
16:04Et donc,
16:05vous sélectionnez
16:05à peu près 10 à 12 ?
16:07Alors,
16:07InnoBio 3,
16:08nous avons 207 millions.
16:09On pense investir
16:10dans une quinzaine de sociétés.
16:12On a des premiers tickets
16:13qui vont se situer
16:14entre 4 et 8 millions d'euros.
16:16et on peut exposer
16:18jusqu'à 15,
16:1920 millions d'euros.
16:20D'accord.
16:20Et donc là,
16:21vous avez choisi quand même,
16:21on peut donner quelques noms ?
16:23Ah oui,
16:23nous avons déjà fait
16:245 premiers investissements.
16:26Donc,
16:27on est dans Artex,
16:28qui est dans les maladies rares.
16:30Dans les maladies neuromusculaires ?
16:31Voilà,
16:31maladies rares.
16:32On est dans Silen,
16:33qui fait de la thérapie génique
16:35pour une pathologie rare aussi,
16:38mais associée à la vessie.
16:39On est dans Coav.
16:42Adcytérix ?
16:43Adcytérix,
16:44qui sont ce qu'on appelle des ADC,
16:46ce sont des anticorps armés
16:47pour l'oncologie.
16:49Et on a fait également
16:51donc Coav dans la thérapie génique
16:54de l'œil.
16:54De l'œil.
16:55Ah oui,
16:55les maladies rares géniennes,
16:56vasculaires.
16:57On a quand même quelques,
16:58juste pour finir,
16:59quelques success stories ?
17:00Absolument.
17:01Dans InnoBio 2,
17:02historiquement,
17:03on a fait quand même
17:03trois sorties.
17:04Donc,
17:04Imchek,
17:05j'en ai déjà parlé avec,
17:06qui a été vendu à Ibsen.
17:08On a fait Émergence Thérapeutique,
17:10qui a été vendu à Lili.
17:12Et on avait également vendu
17:14Amolite Pharma à AstraZeneca.
17:16On compte sur vous
17:17pour financer d'autres entreprises ?
17:19donc le but,
17:19c'est comme ça
17:20qu'on gagne de l'argent aussi
17:22dans le capital risque.
17:23C'est qu'on a des succès
17:24qui vont payer
17:25pour les échecs
17:27ou les entreprises
17:27qui ne marchent pas si mal,
17:28mais qui ne font pas
17:30d'aussi beaux succès.
17:31C'est comme ça
17:31qu'on gagne de l'argent.
17:32Merci beaucoup,
17:32Philippe Boucheron.
17:33Merci beaucoup.
17:34On va à présent accueillir
17:34André Chulka,
17:35que vous connaissez ?
17:36Oui, absolument.
17:37Qui est le CEO de Selectis.
17:39Merci beaucoup.
17:45André Chulka,
17:46bonjour.
17:47Bonjour.
17:47Ravie de vous revoir
17:48dans Check Up Santé.
17:50Vous aussi,
17:50on se connaît depuis
17:51quelques dizaines d'années.
17:52vous êtes le cofondateur
17:54et PDG et CEO de Selectis
17:56depuis 26 ans,
17:57donc pas vraiment une start-up.
17:59Vous êtes le pionnier
18:00dans le domaine
18:01de l'édition génie,
18:02c'est-à-dire que vous pouvez
18:03modifier l'expression des gènes
18:04en les supprimant,
18:05les activant,
18:07les réparant.
18:08C'est vrai qu'il y a
18:08deux approches,
18:09c'est ça.
18:10Et vous intervenez
18:12sur les gènes
18:12depuis de nombreuses années.
18:14On a beaucoup parlé
18:14des ciseaux moléculaires.
18:16Absolument,
18:17oui.
18:18Effectivement,
18:18il y a deux approches.
18:19L'utilisation des...
18:21Une sorte de fantasme
18:23incroyable
18:23dans l'approche
18:25de ciseaux moléculaires
18:27ou l'édition de génome.
18:28Ça fait rêver quand même.
18:29Oui,
18:29c'est une approche chirurgicale
18:31sur l'ADN
18:32et toujours,
18:33on s'est dit,
18:33on voyait ça
18:35d'un horizon lointain,
18:36le fait de pouvoir
18:38intervenir directement
18:39dans le corps humain
18:40pour pouvoir modifier des gènes.
18:42Et alors,
18:42jusqu'à présent,
18:43jusqu'à il y a
18:44peut-être un an
18:45ou deux,
18:47on n'osait pas
18:47en faire faire ça
18:48directement
18:49dans le corps humain,
18:50mais on extrait
18:51des cellules.
18:52Ça s'appelle
18:52Exvivo.
18:53C'est de l'édition
18:54Exvivo.
18:54Exvivo.
18:55On faisait la modification,
18:56on vérifiait
18:57que tout allait bien
18:57et puis on les réinjectait.
18:59C'est le cas
18:59des cars allogéniques,
19:01par exemple.
19:02Et en fait,
19:03il y a une grosse révolution
19:04absolument incroyable,
19:05tout le monde connaît,
19:06qui est la révolution
19:07du Covid,
19:08où on a commencé
19:09à injecter
19:09des acides nucléiques
19:10chez des gens
19:10pour des raisons
19:11vaccinatoires
19:12avec les vaccins Covid.
19:13Le rôle de l'ARN messager,
19:15d'ailleurs.
19:15Comment ?
19:15L'ARN messager ?
19:16L'ARN messager
19:17est packagé
19:18dans ce qu'on appelle
19:19une particule lipide
19:20et on a injecté ça
19:22directement dans le sang
19:23et ça a ouvert
19:24en fait
19:24un potentiel
19:26incroyable
19:27de pouvoir faire
19:27directement
19:28de l'édition
19:28de génome
19:29Invivo.
19:30D'accord.
19:30Invivo,
19:31donc chez le patient.
19:32D'accord.
19:33Donc votre stratégie
19:34est passée
19:34de l'Exvivo
19:35à Invivo.
19:36Et alors,
19:37la stratégie,
19:38en fait,
19:39elle a été
19:39un tout petit peu
19:40bouleversé par la concurrence
19:41pour dire franchement
19:43parce que
19:44l'Exvivo
19:45et l'écarté
19:46allogénique
19:46qui ont eu
19:47des résultats
19:47absolument formidables
19:48et qui ont toujours
19:49des résultats formidables.
19:50Les carticelles,
19:50on appelait l'écarticelles.
19:51Les carticelles,
19:51voilà,
19:53sur étagère.
19:54Nous,
19:55on a vu le développement
19:55d'un produit,
19:56on le sait,
19:56mis l'infoblastique
19:57aiguë.
19:57Il y a eu,
19:58en fait,
19:59un grand bouleversement
20:00concurrentiel
20:00avec un produit
20:01qui a été repositionné
20:02en première ligne,
20:03le BINATUMUMAB
20:05ou BINSAITO
20:06qui est développé
20:06par AMGEN
20:07qui a été mis,
20:08en fait,
20:09en consolidation
20:10de première ligne
20:11après la chimiothérapie
20:13et qui,
20:14une très,
20:14très bonne nouvelle,
20:14a fait chuter,
20:15en fait,
20:16le taux de rechute
20:17de 60% environ,
20:19on l'avait de rechute,
20:20à 15%.
20:21Ah ouais,
20:21énorme.
20:21Et du coup,
20:22en deuxième ligne,
20:23il y a deux nouveaux produits
20:23qui sont arrivés,
20:24etc.
20:24On s'est retrouvés
20:25avec un produit
20:26qui avait de moins en moins
20:27de patients,
20:28même si on a rêvé
20:28les mettre en rémission complète,
20:30on a dû repositionner la société.
20:32Et donc,
20:32si vous vous êtes repositionné,
20:34surtout sur les dissipidémies,
20:35les troubles des lipides,
20:38les glycérides et cholcérols ?
20:40Alors,
20:40il y a plusieurs raisons à ça.
20:42Premièrement,
20:42c'est des deux produits.
20:43Alors,
20:44un qui tape sur
20:44l'hypertriglycéridémie,
20:46donc c'est des gens
20:47qui ont des taux de triglycérides
20:48très,
20:49très hauts,
20:49ce qui induit des pancréatites
20:51qui peuvent être mortelles.
20:51C'est plus un problème
20:52pancréatique que vasculaire
20:53quand la triglycéridémie
20:54est très élevée.
20:55Absolument.
20:56Et deuxièmement...
20:56Une pancréatite aiguë,
20:57c'est largement pire
20:58qu'un infarctus.
21:00Comme si vous mettez
21:00une grenade dans le ventre
21:01et on la faisait exploser.
21:03C'est dramatique.
21:04Et en fait,
21:05on ne peut rien faire.
21:06Et jusqu'à présent,
21:08l'un des gènes responsables,
21:09c'est un gène
21:10qui s'appelle Apocé-3,
21:12toute petite protéine,
21:13non drogable,
21:15c'est-à-dire
21:15qu'on ne pouvait pas développer
21:16de médicaments contre ça.
21:17Et nous,
21:18ça fait de nombreuses années
21:19qu'on travaille effectivement
21:20sur ce gène-là
21:21et qu'on a des produits
21:22qu'on attendait
21:23à développer en préclinique.
21:25De l'autre côté,
21:26c'est les LDLC.
21:27Et en fait,
21:28là, c'est l'hypercholestérolémie
21:29très connue.
21:30Le LDLC,
21:30le mauvais cholestérol.
21:32Exactement.
21:32Et donc là aussi,
21:33c'est un gène extrêmement connu
21:34qui s'appelle PCSK9.
21:35Donc deux gènes
21:35très très validés
21:37comme cible thérapeutique
21:39Apocé-3,
21:39PCSK9.
21:40Et troisièmement,
21:41des produits extrêmement matures
21:42avec une maturité
21:43du marché là-dessus.
21:45Et donc vous parlez justement
21:46tout à l'heure,
21:47vous avez parlé
21:47de traitements presque radicaux
21:49ou pas ?
21:50Alors,
21:51à partir du moment
21:52où on fait une édition de gènes
21:54dans le foie
21:55et que ça a été hard-codé
21:57dans le gène par exemple,
21:58à changer une paire de bases
22:01dans le gène Apocé-3,
22:03on ne peut pas la changer
22:04dans le sens inverse.
22:05Donc en fait,
22:06tout le concept,
22:07c'est le même concept
22:07de la chirurgie.
22:08On appelle ça
22:09de la chirurgie de gènes.
22:10Le gars a un problème
22:12de prostate,
22:13il a du mal
22:14à aller aux toilettes,
22:15il prend des pilules
22:15pour pouvoir...
22:16Non, il va trop souvent
22:16aux toilettes, au contraire !
22:17Ou même quand il y va
22:18parce qu'il n'y arrive pas
22:19à rien !
22:20Donc il prend des pilules
22:20toute la journée
22:21et puis à un moment
22:22il fait une énucléation
22:24de la prostate
22:24et puis après tout va bien.
22:26Voilà,
22:26c'est formidable !
22:28Donc on peut imaginer
22:29des traitements radicaux !
22:31Alors,
22:31et là c'est fini,
22:32il n'a plus de pilules,
22:33il n'y a rien du tout !
22:33Et là c'est un traitement
22:34complètement radical
22:35où on va en fait
22:36faire une fermeture
22:39du gène Apocé-3
22:40et ça va...
22:41Pour les hypertriglycéridémies ?
22:42Pour l'hypertriglycéridémie,
22:44en fait ça va libérer
22:45des médications à vie
22:47et sur lesquelles
22:48l'adhérence du patient
22:49finalement se fatigue
22:50et il ne prend plus
22:50ses produits-là.
22:52Et donc tout est
22:52sur le concept
22:53d'un potentiel
22:54long terme,
22:55voire à vie.
22:56Oui.
22:57Sur l'hypercholestéroline,
22:59il y a des produits
22:59qui agissent
23:00sur le fameux gène
23:01PCSK9 ?
23:02Alors oui,
23:02effectivement,
23:03il y a des produits,
23:04des anticorps monoclonaux,
23:06il y a en fait
23:06ce qu'on appelle
23:07des RNAi
23:08ou des ARN antisense,
23:10il y a plein,
23:11même maintenant
23:11il y a le développement
23:12de molécules
23:13qui sont prises
23:14spéroses,
23:15mais c'est toujours
23:16la même chose,
23:16c'est des choses
23:17qu'on doit prendre
23:17de façon très régulière
23:19à vie.
23:20Et donc ça peut être
23:21assez intéressant
23:22de subir une chirurgie
23:23génomique,
23:24surtout par exemple
23:24nous on est en train
23:25de traiter une population
23:26de jeunes personnes
23:27qui ont en fait
23:28une maladie génétique
23:29sur l'hypercholestéroline
23:30familiale,
23:31qui ont eu en fait
23:32un événement cardiovasculaire
23:33avant l'âge de 40 ans,
23:34donc ils sont très très
23:35très à risque
23:36et puis ils doivent
23:37se projeter jusqu'à
23:38l'âge de 90 ans,
23:40peut-être 100 ans.
23:42Et là vous avez
23:43des partenaires,
23:44vous avez même
23:44des investisseurs,
23:45AstraZeneca est un
23:45des investisseurs
23:46les plus importants,
23:47non ?
23:48Oui, oui,
23:48alors AstraZeneca
23:49est non seulement
23:49un investisseur
23:50mais c'est aussi
23:51un partenaire
23:51de développement,
23:52or pas sur ces produits-là,
23:54on a des développements
23:55dans des tas
23:55d'indications différentes
23:56qui vont des maladies
23:57rares à l'oncologie
23:59en passant par
24:00les maladies auto-immunes,
24:01mais voilà,
24:02c'est un de nos...
24:04Et vous êtes suivi aussi
24:05par mal de labos
24:08de l'industrie pharmaceutique,
24:08Servier aussi vous suit ?
24:10Servier nous suit,
24:11on a aussi Pfizer
24:12comme actionnaire
24:13aussi de Selectis,
24:14donc on a effectivement
24:15pas mal de relations
24:16avec soit des boîtes
24:17de biotechnologie,
24:18soit de la grosse
24:20industrie pharmaceutique.
24:21Bon, très rapidement
24:21votre plan alors,
24:22on est pressé quand même,
24:22on veut ces traitements
24:24rapidement ?
24:24Alors on veut ces traitements
24:25rapidement,
24:26moi aussi je suis très très
24:27pressé,
24:27donc voilà,
24:29on a mis le turbo
24:31et pour mettre le turbo,
24:33il faut aller dans les endroits
24:34où ça va extrêmement vite,
24:36où les gens ont une force
24:37de travail considérable
24:38qui est la Chine
24:40et on a commencé
24:41à fabriquer les produits
24:43pour faire en fait
24:44ce qu'on appelle
24:44une étude sponsorisée
24:46par un investigateur,
24:47ce qu'on appelle
24:48une ITT en Chine
24:49et ça va permettre
24:51en fait de faire
24:51non seulement une escalade
24:53de doses pour savoir
24:53c'est quoi la bonne dose
24:55pour ces patients-là,
24:56mais très vite démarrer,
24:58alors à partir du premier
24:59trimestre de 2027,
25:01on essaiera
25:01d'avoir le premier patient.
25:03Bon, on est très impatients,
25:04on est très impatients.
25:04Merci André Chouliquiam,
25:05merci beaucoup,
25:06vous revenez quand vous voulez,
25:07c'est la fin de cette émission,
25:09on se retrouve la semaine prochaine.