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BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 24 octobre,Martine Gilard, médecin spécialisée en cardiologie interventioennelle et radiologie, Charlotte Cordonnier, cheffe du service de neurologie vasculaire au CHU de Lille, Bernard Iung, chef du service de cardiologie et maladie vasculaires à l'Hôpital Bichat, Bruno Lamothe, responsable du plaidoyer Renaloo, Laurence Destrieux, chirurgien vasculaire et endovasculaire à Annecy, Gérard Helft, président de la Fédération Française de Cardiologie, et Lionel Ribes, président de l'association ANHET.F, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.
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00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-Up Santé.
00:15Vous le savez peut-être, les maladies cardio-neurovasculaires sont la première cause d'invalidité et de mortalité dans le
00:19monde.
00:20Infarctus du myocarde, AVC, diabète et maladies rénales sont à l'origine en France de 140 000 décès
00:26et coûtent près de 30 milliards d'euros à l'assurance maladie.
00:29Et pourtant, 80% de ces maladies sont évitables.
00:32C'est l'objet de ces premiers états généraux de la santé cardio-neurovasculaire et métabolique
00:37en partenariat avec Check-Up Santé, présent à la maison de chimie à Paris
00:42pour écouter les principaux spécialistes dans ces domaines, médecins mais aussi associations de patients.
00:46Malgré les progrès thérapeutiques, il y a encore des choses à améliorer,
00:49la prévention, l'accès aux soins, l'accès à l'innovation.
00:52C'est la raison pour laquelle une mobilisation collective s'est formée,
00:55l'Alliance Cap-Cœur pour lancer un plan cœur plus qu'ambitieux.
00:59Puissent-ils être entendus par nos candidats à la présidentielle ?
01:02Et pour événements importants et missions importantes d'une heure cette fois-ci,
01:07j'ai le plaisir d'accueillir pas mal de mes confrères.
01:10Le professeur Martin Gillard, cardiologue à Brest, membre de l'Académie de médecine et de la Fondation Encore et Recherche.
01:16Charlotte Cordonnier, présidente de la Société Française Neurovasculaire.
01:20Bruno Lamotte, de l'association de patients Renalou.
01:23Le professeur Bernard Young, passe-président de la Société Française de Cardiologie.
01:28Gérard Heft, président de la Fédération Française de Cardiologie.
01:31Lionel Ribs, président de l'association ANET des malades atteints d'hypercholestérolémie familiale.
01:36Et enfin, Laurence Destrier, secrétaire générale de la Société de Chirurgie Vasculaire et Endovasculaire.
01:43Check-up Santé, c'est parti !
01:46Check-up Santé, au cœur de l'innovation santé.
01:51Martine Gillard, bonjour.
01:52Bonjour.
01:52Bernard Young, bonjour.
01:54Bonjour.
01:54Charlotte Cordonnier, bonjour.
01:55Bonjour.
01:56Bruno Lamotte, bonjour.
01:57Bonjour.
01:58Alors donc, ces premiers états généraux de la santé cardio-neurovasculaire et métabolique,
02:03ça représente quand même un événement relativement important ?
02:05C'est fondamental.
02:06En fait, il y avait très longtemps qu'on ne s'était pas du tout unis.
02:09On s'est tous mobilisés autour de ce problème de santé publique majeur
02:14que sont les maladies, comme vous l'avez dit, cardio-neuro-vasculaires.
02:19Et on a réussi, en cet après-midi, à avoir cette communauté tous unis
02:25avec les représentants de patients, la société de neuro-vasculaire, la cardiologie.
02:32Donc, c'était vraiment très intéressant.
02:34Et qui a démarré avec Yannick Noderre ?
02:36Exactement.
02:36Et qui a fini avec Stéphanie Risse.
02:38Qui a fini avec l'allocution de notre ministre de la Santé.
02:41Et c'était l'occasion de pouvoir échanger.
02:43Alors, on avait échangé, bien sûr, bien avant, mais ça a permis d'échanger en direct.
02:48Et c'est vraiment très, très important.
02:50Alors, Bernard Young, vous êtes professeur de cardiologie à Bichat,
02:54ancien président de la Société Française de Cardiologie.
02:56C'est vrai que les maladies cardio-vasculaires restent vraiment des affections très, très, très présentes en France
03:01et notamment dans les pays occidentaux ?
03:03Absolument.
03:04En France, qui a, à juste titre, la réputation d'être un peu moins atteinte par les maladies cardio-vasculaires
03:11que certains autres pays occidentaux, ça reste quand même la deuxième cause de mortalité,
03:16aussi bien chez les hommes que chez les femmes, juste derrière le cancer.
03:18Cancer, oui.
03:19140 000 décès par an.
03:20Et comme vous l'avez dit, en préambule, ce qui est surtout très important,
03:23c'est que 70 et 80 % de ces décès pourraient probablement être évités.
03:27En tout cas, ce qui est particulièrement important, c'est d'éviter les décès précoces
03:32et c'est également d'essayer que les gens vivent le plus longtemps en bonne santé.
03:38Je crois qu'il faut arriver à communiquer...
03:41Cette espérance de vie a stagné ces dernières années.
03:43De façon plus positive, l'espérance de vie en bonne santé a stagné.
03:45L'espérance de vie a beaucoup progressé.
03:47Elle commence à arriver un peu à un palier.
03:50Mais l'espérance de vie en bonne santé n'a pas progressé.
03:53Rassurez-moi, les hommes rattrapent les femmes ou pas ?
03:55Non.
03:56Pas encore ?
03:56Pas tellement.
03:58Et si l'espérance de vie des femmes est nettement supérieure à celle des hommes,
04:01si on prend l'espérance de vie en bonne santé, la différence est beaucoup plus ténue.
04:04Alors donc, ces maladies, vous vous disiez, sont évitables à 80 % ?
04:09C'est ce qui est estimé avec des travaux réellement solides.
04:13On identifie maintenant quand même beaucoup de facteurs de risque qui contribuent aux différentes maladies cardiaques.
04:19À la fois des facteurs de risque comportementaux, qu'on cherche vraiment à mettre en avant,
04:25parce que c'est d'avoir un mode de vie un peu différent.
04:27C'est la nutrition, c'est l'exercice physique.
04:29Et puis, les facteurs de risque qu'on dit non comportementaux,
04:34même si certains peuvent être liés, notamment à l'alimentation,
04:36l'hypertension artérielle, le cholestérol, le diabète, le tabac.
04:40Là, il est important, en tout cas pour tous les facteurs biologiques, d'améliorer d'abord le dépistage,
04:46puisqu'on estime qu'à peu près la moitié des hypertendus ne sont même pas diagnostiqués.
04:50Parmi ceux qui sont diagnostiqués, ils ne sont pas toujours contrôlés.
04:53Donc, il y a un vrai travail à faire de sensibilisation de la population et de dépistage,
04:59et de prise en charge en aval, bien évidemment.
05:02Mais déjà...
05:03Oui, bien sûr, on va en parler après, mais c'était justement important de tous se réunir,
05:09toutes spécialités confondues autour de l'affection cardio-neurovasculaire.
05:14Ça a été vraiment le début de notre démarche.
05:16Alors, pourquoi ce sujet vient d'actualité actuellement ?
05:21Je voulais juste rappeler qu'à la fin de l'année 2023,
05:24la Société Française de Cardiologie avait été sollicitée à la fois par notre collègue Yannick Noderre,
05:28qui est député de l'ISER, mais qui est cardiologue...
05:31Qui a fait beaucoup en tant que ministre de la Santé.
05:32Qui a énormément fait, qui voulait promouvoir une proposition de loi de prévention sur la santé cardio-neurovasculaire,
05:39et en même temps, par la Société Européenne de Cardiologie,
05:42dans laquelle beaucoup d'entre nous sont impliqués,
05:44pour faire pousser un plan cœur européen qui, depuis, a été voté en décembre 2025.
05:51La proposition de loi de Yannick Noderre est devenue une loi qui a été votée et promulguée en juillet dernier.
05:57Donc, il y a un alignement des planètes qui est favorable.
06:01Et dès le début que nous avons eu ces sollicitations, nous y avons bien sûr répondu,
06:05mais un des premiers objectifs était de fédérer l'ensemble de la communauté cardiologique,
06:10et également la neurologie vasculaire.
06:13Maintenant, de façon plus élargie, si je puis dire, dans un deuxième temps,
06:18les sociétés métaboliques, rénales, parce que nos combats sont tous communs.
06:23– Alors, on va en reparler évidemment un peu plus tard,
06:26mais c'est vrai que pourtant que la cardiologie, c'est une des spécialités
06:29qui a le plus profité des progrès technologiques et des progrès médicamenteux.
06:33– Oui, alors, s'en donner dans l'autosatisfaction,
06:35c'est peut-être un peu la rançon du succès,
06:37parce que c'est vrai que la médecine curative, la médecine de soins,
06:40a fait des progrès considérables.
06:42Je ne suis pas du tout d'un milieu médical,
06:43je me rappelle quand j'étais jeune, il y a longtemps malheureusement,
06:46mais quand mes parents parlaient de quelqu'un qui faisait un infarctus,
06:48c'était une catastrophe maintenant,
06:50plus de 80% des patients sortent au troisième jour.
06:53Et ça a un peu démonétisé, si je puis dire,
06:58le poids de la pathologie cardiovasculaire qui persiste,
07:00qui touche des patients différents.
07:04– Vous voulez dire qu'on n'a pas toujours la notion de la gravité de ce genre d'affection
07:07?
07:07– Exactement.
07:07– On arrive à l'hôpital, on vous met un ou deux stints,
07:10et on ressort deux jours après.
07:11– Et on ressort, on va très bien.
07:12– Donc on se dit finalement, ce n'est pas si grave que ça.
07:13– Et la contrepartie de ces hospitalisations,
07:15bref, qui bien sûr sont une très bonne chose,
07:17c'est que finalement, on ne va pas avoir le temps
07:19de rentrer dans la prévention secondaire,
07:21d'expliquer ce que c'est qu'un facteur de risque,
07:23pourquoi il faut les traiter, pourquoi il faut changer son mode de vie.
07:25Ce n'est pas facile, quelqu'un qui est victime d'un infarctus
07:28ou d'un accident vasculaire cérébral,
07:30c'est quand même un coup de tonnerre,
07:32bon, ils sortent, ils se sont ébranlés,
07:33de se projeter en se disant,
07:35il va falloir prendre des pilules un peu tous les jours,
07:36il va falloir changer le mode de vie.
07:37C'est quand même une agression importante,
07:39et c'est là où il faut qu'on arrive à communiquer beaucoup mieux,
07:41à être beaucoup plus convaincant.
07:42– Pour info, tout le monde ne sait pas,
07:44il y a une différence entre prévention primaire et prévention secondaire ?
07:46– Absolument, prévention secondaire,
07:48c'est donc une fois qu'il y a eu un accident aigu,
07:49un accident vasculaire cérébral, un infarctus,
07:51la prévention primaire, c'est avant qu'il y ait quoi que ce soit,
07:54la prévention primaire, c'est encore plus difficile,
07:56parce que là, on va s'adresser à des gens
07:58qui ne demandent absolument rien,
07:59qui vont voir leur médecin et qui vont dire,
08:01« Ouh là là, vous savez, il faudrait mieux faire ci,
08:03il faudrait mieux faire ça ».
08:04Et encore une fois, c'est quand même un peu des changements de mode de vie,
08:07mais ce sont les plus productifs, les plus rentables,
08:11si on peut employer cette expression pas très élégante.
08:13– Alors Martine Gillard, vous êtes chef de service de cardiologie à Brest,
08:17vous êtes membre de l'Académie de médecine, je l'ai dit,
08:18vous êtes au bord de la fondation Corée Recherche,
08:20c'est vrai que si les maladies cardiovasculaires augmentent,
08:23c'est un petit peu en rapport avec le vieillissement déjà de la population ?
08:26– C'est tout à fait ça, en fait, une partie des maladies cardiovasculaires
08:29sont liées au vieillissement,
08:31et dont une qui est importante,
08:33qui sont ce qu'on appelle les maladies structurelles,
08:35alors c'est encore des mots barbares,
08:37c'est juste pour parler des valves qui sont à l'intérieur du cœur,
08:40et on sait que ces valves, dans nos pays industrialisés,
08:44lorsque l'on vieillit, elles vont s'altérer,
08:46et lorsqu'elles s'altèrent, l'évolution est très très péjorative,
08:50beaucoup plus que bon nombre de cancers.
08:52C'est-à-dire que cette maladie,
08:54elle touche à peu près 14 millions d'Européens,
08:58c'est pas négligeable,
08:59en France, 3 millions de personnes sont atteintes de maladies qui touchent les valves,
09:05et on sait que comme le vieillissement…
09:07– En général, c'est soit une valve qui ne s'ouvre pas complètement,
09:09soit qui ne se ferme pas complètement.
09:10– Voilà, exactement, qui fuit ou qui ne se ferme pas,
09:13et on sait que le vieillissement augmentant,
09:17on va avoir un doublement,
09:18un doublement de ces patients qui vont être atteints de ces maladies valvulaires.
09:22– Alors, pourquoi c'est si dangereux ?
09:25Eh bien, parce que, par exemple,
09:28la principale de ces anomalies, c'est la valve aortique,
09:32eh bien, lorsque celle-là est retrécit,
09:35on a la mortalité,
09:38tout en l'entour de 50-60% en deux ans,
09:40ce qui est énorme.
09:41Si on ne fait rien, c'est énorme.
09:43Et ça touche à peu près 12% des patients de plus de 75 ans.
09:47C'est une maladie qui est réelle et qui a un énorme impact
09:53sur la vie des patients.
09:54– Autre population spécifique, entre guillemets,
09:58ce sont les femmes.
09:59On a peu étudié jusqu'à…
10:01– Oui, juste un tout petit peu.
10:02Je voulais juste dire que ces maladies des valves,
10:06eh bien, on peut les éviter.
10:07C'est ça qui est terrible.
10:08C'est-à-dire que, je vous ai dit qu'elles tuaient énormément,
10:11mais on sait que 50% de ces maladies ne seront pas diagnostiquées,
10:14et donc elles vont évoluer vers cette évolution dramatique.
10:19Et donc, comment les dépister ?
10:20Parce qu'on ne peut pas les prévenir.
10:22On vieillit, donc on ne peut pas les prévenir.
10:24Mais on peut les dépister.
10:25On peut les dépister.
10:27Et le dépistage, il est pour une fois…
10:29Ça ne demande pas de l'argent en particulier.
10:32C'est avec un stéthoscope.
10:33On ausculte le patient.
10:36Et à ce moment-là, on entend cette anomalie
10:39et on va envoyer ensuite le patient chez le cardiologue.
10:41À la recherche d'un souffle, etc.
10:43Donc, c'est quelque chose qui est peut-être dépisté
10:47avec peu de nouveaux moyens.
10:50On a tout ce qu'il faut.
10:52On parlait aussi de l'évolution de la technologie en cardiovasculaire.
10:56L'imagerie aussi a fait beaucoup pour ces valves.
10:59Énormément.
10:59Et justement, la façon dont on traite maintenant ces valves,
11:03avant, il fallait opérer, donc c'était compliqué.
11:06Les patients étaient âgés.
11:07Maintenant, on le fait de façon percutanée,
11:09c'est-à-dire qu'on le fait par l'artère fémorale,
11:10une petite ponction, et on remplace la valve.
11:14Le patient n'est même pas endormi.
11:16Ça se fait sous anesthésie locale.
11:18Donc, maintenant, les traitements sont vraiment parfaits.
11:22Mais il faut les mettre en œuvre.
11:24Et il ne faut pas attendre.
11:26Là encore, comme le disait Bernard Jung,
11:28le problème, c'est de dépister quelqu'un qui ne se sent pas.
11:32Parce que très longtemps, elle reste sans symptômes.
11:35Et donc, d'aller expliquer à quelqu'un,
11:37oh là là, vous avez un souffle,
11:39ce souffle est important, on fait l'écho,
11:41on s'aperçoit qu'il faut vous opérer,
11:44c'est un peu compliqué.
11:46Et pourtant, c'est vers ça qu'il faut tendre.
11:49Alors, autre population, la population féminine,
11:52c'est vrai qu'elle a été peu étudiée ces dernières années.
11:56C'est exactement ça.
11:57C'est-à-dire que dans l'inconscient collectif,
11:58une femme ne peut pas être atteinte de maladie cardiovasculaire.
12:01C'est une maladie de l'homme.
12:03Or, en France, vous avez parlé de 140 000 morts par an,
12:08eh bien, on a 72 000 femmes qui meurent de maladie cardiovasculaire.
12:11Donc, on a plus de femmes qui meurent de maladie cardiovasculaire que d'hommes.
12:15Des raisons.
12:15De cardio-neuro-vasculaire que d'hommes.
12:17Donc, ça montre bien que c'est une population qui est à très haut risque,
12:20qui ne le sait pas.
12:21Et donc, il faut, là encore, faire de l'information,
12:25faire de la prévention,
12:27parce que ces femmes, on parle des facteurs de risque,
12:30tout le monde les connaît,
12:31le tabac, le diabète,
12:34les troubles sanguins,
12:37l'hypertension.
12:38Mais la femme, elle a ses propres facteurs de risque.
12:41C'est-à-dire, quand une femme a eu des complications pendant la grossesse,
12:45quand une femme a un syndrome des ovaires polykystiques,
12:47quand une femme a une endométriose,
12:48dont on parle beaucoup actuellement,
12:50le risque de faire un infarctus ou une maladie cardiovasculaire
12:53est multiplié par deux ou trois.
12:55On a, entre guillemets, plus de risque,
12:57cinq à six fois plus de risque,
12:59de faire une maladie cardiovasculaire en tant que femme
13:01qu'un cancer du sein.
13:02Et pourtant, la population n'est pas au courant.
13:07Et donc, là encore, c'est un élément qui est vraiment très important.
13:11On parle souvent de symptomatologie,
13:13de symptômes qui sont différents chez la femme et l'homme,
13:15mais pas tant que ça.
13:15Ah non, pas du tout.
13:16Là, je voudrais justement profiter...
13:18Très important de le préciser, oui.
13:19Je voudrais profiter de cette émission
13:21pour bien rappeler que c'est faux,
13:24que 80% des femmes ont une douleur dans la poitrine.
13:27Il est possible que les femmes ne le disent pas en premier,
13:30parce qu'elles vont peut-être parler des autres symptômes,
13:32mais la femme, elle a les mêmes symptômes que l'homme.
13:36Autant elle n'est pas bien prise en charge,
13:39mais là, c'est la même chose qu'elle a avec l'homme.
13:42Ce sont ces symptômes.
13:44Charlotte Candonnier, vous êtes, vous, professeur de neurologie à Lille.
13:47Merci de vous être déplacée.
13:49Et merci à Martine de venir de Brest.
13:53Bernard, c'était facile de bichat.
13:54C'est plus court, c'est plus court.
13:56Vous êtes président de la Société française neurovasculaire.
14:01Coroner et artère cérébrale, un peu le même combat ?
14:04Oui, on a le même combat dans la première partie
14:07qui va être la prévention.
14:09C'est-à-dire comment on peut amener les outils
14:11à la population générale
14:13pour que chacun puisse devenir acteur et actrice de sa santé.
14:17Parce qu'on l'a dit, prendre conscience du fait de connaître ses chiffres,
14:21connaître son chiffre de précieux artériel,
14:23connaître son cholestérol,
14:25connaître son sucre dans le sang,
14:29connaître son poids,
14:30sont des éléments qui vous rendent acteur
14:33et qui vont permettre d'éviter 80% des maladies cardio-neuro-vasculaires.
14:39On prend soin de son cœur, de son cerveau, de ses reins,
14:43en devenant cet acteur de sa santé.
14:47Donc ça, c'est le même combat sur la prévention.
14:49Ensuite, on a des points communs sur l'urgence.
14:51On a dit...
14:53Alors quand on parle de maladies non-vasculaires,
14:54on parle surtout de l'AVC, de l'accident vasculaire cérébral ?
14:56Moi, je parle de l'accident vasculaire cérébral.
14:59Brutalement, un bras lourd, une jambe lourde,
15:01brutalement, une difficulté pour parler.
15:05Ces signes nécessitent d'agir extrêmement vite.
15:09Tout comme quand on a un infarctus du cœur,
15:11on a une douleur et il faut appeler rapidement le 15.
15:15Chaque minute compte.
15:16Et donc, on a ce point commun de cette urgence vitale.
15:19Ce point commun aussi de cette chaîne de vie.
15:22Chacun a la régulation du SAMU,
15:25la porte de l'urgence,
15:27l'imagerie pour comprendre ce qui se passe.
15:30Chaque acteur de cette filière va permettre de gagner du temps
15:33pour sauver, là, en ce qui concerne l'accident vasculaire cérébral,
15:37des neurones.
15:38Parce que chaque minute où une artère est bouchée dans la tête,
15:41ce qu'on appelle l'infarctus du cerveau,
15:43un million de neurones va mourir.
15:45Et donc, plus on va agir vite
15:47et plus on va limiter les séquelles
15:49pour regagner une autonomie.
15:50Donc, l'AVC, l'accident vasculaire cérébral,
15:52est très fréquent en France ?
15:53Une personne sur quatre fera un jour
15:56un accident vasculaire cérébral dans sa vie.
15:58Plus ou moins important, plus ou moins visible ?
16:00Plus ou moins visible, en effet.
16:02Puis, on a fait des progrès dans les traitements
16:04quand on les prend vite en charge.
16:06La difficulté dans l'accident vasculaire cérébral,
16:08c'est qu'on ne peut pas aller traiter les patients à domicile.
16:11On est obligé d'amener le patient vers la structure.
16:14Donc, un problème d'accès aux soins.
16:15Qui disposera, exactement,
16:17qui disposera de l'imagerie pour faire le diagnostic.
16:19Et puis aussi, on a démontré
16:21qu'être pris en charge dans une unité neurovasculaire,
16:24ça permettait de diminuer le handicap
16:27et de sauver la vie.
16:28Or, aujourd'hui en France,
16:30une personne sur deux victime
16:32d'un accident vasculaire cérébral
16:33n'a pas accès à l'unité neurovasculaire.
16:36L'unité neurovasculaire,
16:38c'est un lieu dédié des équipes entraînées.
16:40Il n'y a pas d'allergie à l'unité neurovasculaire.
16:42Il n'y a pas de contre-indication à l'unité neurovasculaire.
16:45C'est juste qu'il faut des lits.
16:46Et aujourd'hui, ce nombre de lits est insuffisant
16:48sur le territoire français.
16:51Bernard Young, vous travaillez en collaboration,
16:52bien sûr, avec les neurologues neurovasculaires.
16:55Bien sûr, presque au quotidien
16:58dans notre institution,
17:00l'Hôpital Bichat,
17:00où on a la chance d'avoir
17:02toutes ces ressources sur le site.
17:05et on partage les mêmes patients.
17:08Malheureusement,
17:09comme le disait Martine Gillard,
17:10on a une population qui vieillit
17:11et plus on est âgé,
17:13plus on a, comme on dit,
17:14des comorbidités,
17:15c'est-à-dire des maladies associées.
17:17Et il n'est pas rare
17:17que quand on a un patient
17:18qui est hospitalisé
17:19pour la décompensation
17:21d'une pathologie cardiaque,
17:22il y ait en même temps
17:23des complications neurologiques.
17:25Et bien sûr, dans ces cas-là,
17:26on fait appel très rapidement
17:27à nos collègues.
17:29On a la chance d'être sur le site
17:30et d'avoir toutes les ressources nécessaires.
17:32Mais évidemment,
17:33la chose est très différente
17:34pour les patients
17:34qui ont des symptômes à domicile.
17:36Donc sur ce fameux...
17:37Dites-moi.
17:38Peut-être juste un mot
17:39parce qu'on a beaucoup parlé
17:40du facteur de risque qu'est l'âge,
17:42qui est un élément extrêmement important.
17:44Néanmoins, aujourd'hui,
17:45on le voit en France,
17:47comme dans d'autres pays européens,
17:49il y a une augmentation
17:50du nombre d'accidents vasculaires cérébrales
17:52du sujet jeune.
17:5325% des AVC ont lieu
17:55chez des personnes
17:56qui sont en activité professionnelle.
17:58Et l'AVC peut aussi toucher les enfants.
18:00Donc, on parlait du biais
18:02de représentation des femmes
18:04dans l'inconscient collectif.
18:07Une femme ne peut pas avoir
18:08un accident vasculaire cardiaque
18:10ou cérébral.
18:11C'est vrai aussi
18:12chez les sujets jeunes.
18:13Et donc, c'est important
18:14de sensibiliser les personnes
18:17qui nous regardent,
18:19tout le monde...
18:19Sur ces facteurs de risque.
18:20Sur les facteurs de risque.
18:21Alors, pourquoi les AVC
18:22du sujet jeune augmentent aujourd'hui ?
18:24Probablement parce que notre mode de vie,
18:26il a considérablement changé
18:27au cours des 30 dernières années.
18:29Et on voit les facteurs de risque
18:30comme l'hypertension,
18:32le diabète,
18:33le surpoids
18:33arriver beaucoup plus tôt
18:35dans la vie
18:35qu'il n'arrivait
18:37il y a une trentaine d'années.
18:39Et donc,
18:40le signal du poids
18:41de la maladie
18:42chez des gens
18:43de plus en plus jeunes,
18:44et je mets de côté aussi
18:45la consommation de toxiques,
18:47cocaïne,
18:47amphétamine
18:48sont aussi impliqués,
18:50on sent vraiment
18:51l'impact de notre mode de vie
18:53sur le changement
18:54du visage
18:55de cette maladie,
18:56en tout cas
18:56des accidents vasculaires cérébraux.
18:58Je voulais rebondir,
18:59c'est exactement la même chose
19:00pour la femme.
19:01La femme a une augmentation
19:02depuis ces 10 dernières années,
19:04il y a plus de 25%
19:05de femmes
19:06qui font des infarctus,
19:08beaucoup,
19:08une augmentation de 25%
19:10chez la femme jeune,
19:10donc c'est exactement
19:12la même chose.
19:12Chez l'homme,
19:13ça a diminué,
19:13mais pas chez la femme,
19:14ça augmente.
19:17Chez la femme,
19:18chez l'homme,
19:18ça a diminué,
19:19chez la femme ?
19:20Donc l'homme jeune,
19:22enfin l'homme de moins de 60 ans,
19:24le taux d'infarctus a diminué,
19:26chez la femme,
19:27on a une augmentation
19:27ces 10 dernières années
19:28de 25%.
19:2925% plus de femmes
19:31font des infarctus
19:32quand elles sont jeunes.
19:34Jeune,
19:34pour la cardiologie,
19:35c'est non-ménopausé.
19:37Bien sûr.
19:38Et comment faire
19:38pour augmenter ce nombre
19:40d'unités neurovasculaires ?
19:42Alors c'est là où...
19:43Dans un contexte économique
19:45particulier ?
19:46C'est là où le poids
19:47du collectif est important.
19:49Montrer à quel point
19:50on va permettre finalement
19:51à la société
19:52d'économiser un coût humain.
19:55C'est un drame.
19:56Un accident vasculaire cérébral
19:57est un drame.
19:58On économise un coût humain
19:59et on économise aussi
20:01des coûts
20:01pour notre assurance maladie.
20:044,5 milliards d'euros
20:06par an
20:07de coûts directs
20:09juste pour la prise en charge
20:10de l'accident vasculaire cérébral.
20:12Je ne compte pas
20:13la perte de production
20:15de la productivité professionnelle
20:16mais le choc aussi social
20:19de la destruction
20:21de toutes ces familles
20:23liées à l'AVC.
20:24Donc ces politiques,
20:25le fait d'être ensemble
20:26permet de montrer les choses.
20:28Puis il faut quand même dire aussi
20:29aujourd'hui en France
20:30quand on fait un AVC
20:31on ne dort pas sous un pont.
20:33On arrive dans un hôpital,
20:34on a un lit.
20:35C'est juste que ce lit
20:36il n'est pas mis
20:37au bon endroit
20:38avec la ressource
20:42paramédicale
20:43suffisante pour éviter
20:44les morts
20:45et les handicaps.
20:46Donc c'est de la réorganisation
20:47et du soutien
20:48à des pathologies
20:50fréquentes et graves.
20:51Donc pas de vision
20:52à court terme
20:52de nos politiques
20:53mais de vision à long terme.
20:55Bruno Lamotte,
20:56vous êtes l'association
20:57RENALOU.
20:58On a l'impression
20:59qu'on parlait de coroner,
21:01on parlait d'artacérébrale,
21:02on va parler d'artarenal.
21:03Là aussi c'est un peu
21:03le même combat.
21:04On a l'impression
21:05que vous êtes oublié
21:07un petit peu
21:07parmi ces spécialités
21:08et non la néphrologie.
21:10C'est ça,
21:10je pense que jusqu'à présent
21:11on a été très silencieux,
21:15d'ailleurs comme le REN
21:15qui est silencieux,
21:17dont la maladie rénale
21:18est silencieuse.
21:19Mais oui,
21:20on a été sans doute
21:21un peu oublié
21:22des stratégies.
21:23Et je pense que justement
21:25le rôle de cette alliance-là
21:27c'est de faire en sorte
21:28qu'on travaille en commun
21:30sur les facteurs de risque
21:31qui sont les nôtres.
21:32On connaissait,
21:33en tout cas les spécialistes
21:34savent très bien
21:35que l'hypertension artérielle
21:37et les risques cardiovasculaires
21:39de manière générale
21:39sont des facteurs de risque
21:41de la maladie rénale chronique.
21:43On ignorait,
21:44ou en tout cas on feignait d'ignorer
21:45que la maladie rénale chronique
21:48est un des gros facteurs de risque
21:50des maladies cardiovasculaires.
21:53Et donc là aussi
21:54on a besoin de travailler ensemble
21:56parce que nos populations
21:57sont les mêmes,
21:58parce que les cinétiques
22:00de nos maladies sont les mêmes.
22:02parce que sans aucun doute,
22:04et c'est le rôle justement
22:05de la feuille de route
22:06qui a été dévoilée
22:07la semaine dernière,
22:08nous avons des dynamiques
22:11de prévention à avoir ensemble.
22:14Charlotte parlait
22:16justement de l'alimentation
22:18trop sucrée,
22:19des aliments ultra transformés
22:20qui provoquent des maladies
22:22beaucoup plus jeunes.
22:22Eh bien ces combats-là
22:24nous pouvons les mener ensemble.
22:25je ne suis pas persuadé
22:26que la prévention primaire
22:28soit extrêmement difficile à mener,
22:30par contre il faut la concevoir ensemble,
22:32l'affronter ensemble
22:33et ne pas raisonner
22:34les politiques de santé
22:35en silo
22:36et c'est extrêmement important
22:38justement qu'on puisse
22:38se retrouver
22:40sur des constats partagés,
22:42mais aussi des solutions
22:42que nous pourrons communautariser.
22:44Donc RENALO c'est une association
22:46de patients,
22:47donc peut-être de patients
22:47qui sont en insuffisance rénale ?
22:50De patients qui sont atteints
22:52de maladies rénales chroniques
22:53de manière générale,
22:54c'est 6 millions de personnes
22:55en France.
22:566 millions de personnes en France,
22:571 Français sur 10
22:59souffrent d'une maladie rénale chronique.
23:00On parlait du sous-diagnostic
23:02de l'hypertension artérielle.
23:05Dans la maladie rénale chronique,
23:07on a 85% des gens
23:08qui ignorent leur maladie
23:09et donc ça provoque
23:11encore aujourd'hui
23:12des arrivées
23:14en dialyse en urgence,
23:16c'est-à-dire en insuffisance
23:17rénale chronique terminale.
23:19C'est 100 000 personnes.
23:2055% sont dialysées,
23:2245% sont greffées.
23:25La dialyse,
23:26à elle seule,
23:27elle consomme 3,8 milliards d'euros
23:29pour 55 000 personnes.
23:31Donc évidemment,
23:33plus on traitera tôt,
23:34plus on traitera
23:35les facteurs de risque,
23:36plus on fera
23:38des dépistages conjoints
23:40et la Société européenne
23:41de cardiologie
23:41et de néphrologie,
23:42cet été,
23:43se sont exprimés
23:44de manière
23:46extrêmement forte
23:47pour avoir
23:48un dépistage commun.
23:49C'est-à-dire que
23:50quand une personne
23:50a une maladie
23:52cardiovasculaire,
23:53elle doit être dépistée
23:54pour les reins
23:55et inversement,
23:57je pense que justement,
23:58il faut absolument
23:59qu'on ait des politiques
24:01où une entrée
24:02provoque
24:03l'ensemble des dépistages
24:05de l'ensemble
24:05des facteurs de risque.
24:07Bernard Young,
24:07il était temps de s'unir.
24:09Oui.
24:10Première fois,
24:11cette association,
24:12l'Alliance Cap-Cœur,
24:13quelle est sa mission ?
24:15Alors,
24:15tout d'abord,
24:15cette Alliance Cap-Cœur,
24:16elle a été créée
24:17en janvier dernier
24:19par le professeur
24:19Alain Chahinov
24:20qui m'a succédé
24:20à la présidence
24:21de l'Associété française
24:22de cardiologie
24:23et qui donc a concrétisé
24:24ce travail
24:25qu'on avait conduit
24:25depuis quelques années
24:26mais de façon plus officielle,
24:28cette fédération
24:30de toutes les communautés
24:31cardiologiques,
24:32je ne les passerai pas
24:32toutes en revue,
24:33d'autres sociétés savantes
24:34et pardonnez-moi,
24:35j'ai oublié
24:35les associations de patients
24:36qu'on a inclus
24:36dès le départ
24:38avec l'Alliance du Coeur
24:39qui, comme son nom est
24:40une fédération
24:41d'associations de patients
24:42mais c'est bien évidemment
24:43destiné à s'élargir
24:44parce que cette union
24:45elle est absolument essentielle.
24:46Je suis entièrement d'accord
24:47avec ce qui vient d'être dit,
24:48il faut que les portes d'entrée
24:49soient multiples,
24:50qu'un insuffisant rénal
24:52soit d'abord diagnostiqué
24:53et ensuite pris en charge
24:54sur le plan cardiovasculaire
24:55et inversement.
24:55C'est pour ça qu'il faut
24:57qu'on parle tous
24:57d'une même voie
24:58et je crois que c'est vraiment
24:59le rôle de cette Alliance Cap-Cœur
25:02de fédérer la communauté
25:06dépassant largement la cardiologie
25:08autour du livre blanc
25:10qui a été dévoilé
25:13en septembre dernier
25:15qui reprend les principaux points
25:17que nous avons passés
25:18en revue aujourd'hui
25:18et dont nous espérons
25:20qu'elle pourra s'articuler
25:21avec la feuille de route
25:22du gouvernement
25:23et avec le plan cœur européen.
25:24Tout reste à faire
25:25mais c'est déjà un début
25:28et j'espère qu'on sera convaincants
25:29en étant unis.
25:30C'est une condition nécessaire,
25:31elle est loin d'être suffisante
25:32mais espérons qu'on sera plus convaincants.
25:34Alors Martine,
25:35évidemment ce livre blanc
25:36c'est trois piliers,
25:37c'est la prévention,
25:38dépistage
25:38mais c'est aussi accès à l'innovation.
25:40Vous qui êtes à la Fondation
25:41Corée Recherche,
25:42il n'y a pas un problème
25:43en ce moment
25:44d'accès à cette innovation
25:45très rapidement ?
25:46Il y a un énorme problème.
25:47D'abord la recherche médicale,
25:49il faut savoir qu'on a dit
25:50que c'était la deuxième cause
25:51de mentalité en France.
25:52il n'y a que 5% de la recherche médicale
25:54qui va à la cardio
25:56donc c'est vraiment très insuffisant
25:58et en ce qui concerne
26:00l'accès aux innovations,
26:02vous savez qu'au départ
26:03la France était bien
26:05mais maintenant
26:06il y a un millefeuille
26:07qui est tellement important,
26:08il y a tellement d'éléments
26:10qu'il faut justifier
26:12pour que l'on n'a plus accès
26:15à l'innovation
26:17alors qu'on était vraiment
26:20pionniers là-dedans,
26:21on ne l'est plus,
26:21on ne l'est plus
26:22et il y a beaucoup de start-up
26:24et de compagnies
26:25qui décident d'éviter la France
26:26de ne plus donner
26:28et qu'est-ce que ça veut dire ?
26:29Ça veut dire que nos patients
26:30ne pourront plus bénéficier
26:32de l'innovation
26:33et donc d'une amélioration
26:34de leur traitement
26:35donc c'est vraiment
26:36très très grave.
26:38Bernard Yonck,
26:38c'est pas un petit peu dommage
26:39qu'on ait traité
26:41la recherche clinique
26:42comme une dépense ?
26:46C'est difficile à défendre
26:47dans le contexte actuel
26:48parce qu'il y a quand même
26:49des mises de fonds au départ.
26:50Après, évidemment,
26:52ça doit être considéré
26:53non pas comme une dépense
26:53mais comme un investissement
26:54pour justement
26:56que ça soit aussi bien
26:57la recherche fondamentale
26:58que la recherche clinique
26:59la plus appliquée
27:00de pouvoir essayer
27:01de diminuer la prévalence
27:03de ces maladies
27:03et tous les coûts
27:04dont on parlait
27:05comme l'a dit Charlotte Cordelier
27:06que ça soit la prise en charge
27:07des patients
27:07mais aussi les coûts indirects
27:09et puis bon,
27:10on peut estimer
27:10que le fait de faire vivre
27:11les gens longtemps
27:12en bonne santé
27:13c'est quand même
27:13une mission normale
27:16mais c'est aussi
27:18peut-être
27:18de rationaliser
27:19les dépenses
27:20comme disait
27:21Martine Gillard
27:22la complexité
27:23de nos structures
27:25induit probablement
27:26des dépenses
27:27qui pourraient être
27:27mieux attribuées.
27:28Philippe Gabriel-Seck
27:29parlait justement
27:29de pourquoi ne pas créer
27:31un institut
27:32comme l'Inca ?
27:33Oui, tout à fait.
27:35Si on se bat
27:36pour un plan cœur
27:37c'est un petit peu
27:37pour reproduire
27:38ce qui a été fait
27:39avec le plan cancer
27:39il y a plus de 20 ans.
27:41Il y avait d'ailleurs
27:41eu une démarche cardiologique
27:42à l'époque
27:42mais qui n'avait pas abouti
27:43d'avoir encore une fois
27:45une approche coordonnée
27:47on en a parlé longuement
27:48pour nos alliances
27:50mais également
27:50pour structurer
27:52mieux structurer
27:53la recherche
27:53qu'il y ait
27:55une sanctuarisation
27:57de certaines dépenses
27:58de même qu'il y ait
27:58un PHRC cancer
27:59qu'il y ait un PHRC cœur
28:00pour les projets hospitaliers
28:01de recherche clinique
28:02pour les études interventionnelles
28:04qu'il y ait également
28:05des possibilités
28:06de financement
28:07des cohortes
28:08des registres
28:09qui sont des études
28:10en soins courants
28:11on se contente
28:12d'observer
28:13ce que deviennent
28:13les patients
28:13c'est extrêmement important
28:14ça permet notamment
28:15d'évaluer
28:16la pertinence des soins
28:17qui est quelque chose
28:18qui est très important
28:19pour nous
28:19parce que
28:20la pertinence des soins
28:21c'est un gisement d'économie
28:22qui est considérable
28:23les pratiques évoluent
28:25et il faut adapter
28:26nos pratiques
28:27et une des meilleures façons
28:28d'être convaincant
28:29pour les adapter
28:29c'est de les évaluer
28:30et de voir ce qui va
28:31et ce qui ne va pas
28:32Justement notre 13h de guerre
28:33Martine Gillard
28:34c'est un petit peu
28:35les données santé
28:35les datas
28:36qu'on ne l'utilise pas assez
28:37On est très très bon
28:39normalement
28:39on a tout ce qu'il faut
28:40on a le système national
28:42des données de santé
28:43c'est incroyable
28:45la richesse qu'est la France
28:46et malheureusement
28:48malheureusement
28:48on a énormément de mal
28:50à les exploiter
28:51et on n'a vraiment
28:52qu'une hâte
28:53c'est que tout ceci
28:54s'améliore
28:55que ça soit plus facile
28:56et surtout
28:57qu'on ait un tout petit peu
28:58de financement
28:59pour pouvoir le faire
29:00Et peut-être qu'en fait
29:02dans toutes ces approches
29:03ce qu'on entend
29:03c'est la nécessité
29:05de sortir du silo
29:06sortir du silo
29:07des organes
29:07des spécialités
29:08mais c'est aussi
29:09sortir des silo
29:10tout ce qu'on a abordé
29:12là
29:12on parle d'innovation
29:13on parle de santé
29:14on parle de prévention
29:15on parle d'urgence
29:16c'est-à-dire qu'on sort aussi
29:18uniquement de la santé
29:19quand on dit
29:20il faut bouger
29:21il faut qu'on ait des villes
29:22où on pourra bouger
29:24quand on dit
29:25il faut bien manger
29:25il faut que l'alimentation
29:27soit embarquée
29:28quand on dit
29:28il faut bien respirer
29:29il faut travailler aussi
29:30sur le dehors
29:32du silo santé
29:33parce que c'est en emménant
29:35tout le monde
29:36y compris chaque citoyen
29:37que l'on pourra faire avancer
29:39la santé globale
29:41et au premier lieu
29:42ce qui nous intéresse
29:43aujourd'hui
29:44le cœur
29:45le cerveau
29:45le rein
29:45et bien merci beaucoup
29:47merci Charles Cordonnet
29:49merci Martine Gillard
29:50merci Bernard Young
29:51et merci Bruno Lamotte
29:53on va accueillir
29:54dans quelques intents
29:55Laurence Destrieux
29:56Gérard Heft
29:57et Lionel Rib
30:00Check-up santé
30:01sur BFM Business
30:04Laurence Destrieux
30:05bonjour
30:05Gérard Heft
30:06bonjour
30:07Lionel Rib
30:08bonjour
30:08Laurence Destrieux
30:10vous êtes chirurgien
30:12vasculaire à Antti
30:12merci de vous être déplacé
30:13d'Antti
30:14décidément
30:14tout le monde vient
30:15de toute la France
30:17aujourd'hui
30:17vous êtes secrétaire générale
30:19de la société de chirurgie
30:20vasculaire et endovasculaire
30:21et vous êtes vice-présidente
30:22du CNP
30:23de chirurgie vasculaire
30:24tout à fait
30:25c'est pas mal
30:25alors je disais tout à l'heure
30:27coroner, cérébral, artère rénale
30:29même combat
30:29les artères des membres inférieurs aussi ?
30:32on est vraiment dans le même combat
30:34on a vraiment tous les mêmes problématiques
30:37et j'ai l'impression qu'il est temps aujourd'hui
30:40d'en prendre conscience
30:42et effectivement de sortir des silos
30:45dont on parlait
30:45donc justement
30:46on parlait tout à l'heure
30:47de ces artères
30:48qui se dégradent
30:49avec le temps
30:50notamment
30:51au niveau des
30:54membres inférieurs
30:56est-ce que justement
30:57ces pathologies
30:59augmentent avec le temps ou pas ?
31:00et pourquoi ?
31:01alors cette pathologie
31:02augmente
31:03avec l'âge
31:04on a une moyenne d'âge
31:06de 70 ans
31:06mais en fait
31:07elle augmente en volume
31:08parce qu'on a un vieillissement
31:09de la population
31:09et puis on a une augmentation
31:13des comportements à risque
31:15en termes de diabète
31:17tabagisme
31:18addiction
31:20donc
31:22donc
31:22ceci fait
31:23qu'on va vers une augmentation
31:25et une croissance
31:26qui est estimée
31:27à peu près
31:27à 1% par an
31:28d'ici 2040
31:29et là aussi
31:30donc avant l'accident
31:31pas de symptômes
31:32pas de
31:33ce qui fait que
31:34non c'est une maladie
31:34qui est vraiment insidieuse
31:36et qui en plus
31:37l'artériopathie
31:38des membres inférieurs
31:39va
31:40va pouvoir simuler
31:42en fait
31:42un problème ostéo-articulaire
31:43donc on peut avoir
31:45des patients
31:46qui errent
31:47pendant plusieurs mois
31:49voire plusieurs années
31:50avec
31:51une claudication
31:53qui aura
31:54fait
31:54penser au médecin
31:56à un problème
31:57sciatalgique
31:57à un problème tendineux
31:58ou un problème
31:59articulaire
32:00donc
32:01il faut une vigilance
32:02particulière
32:03du médecin traitant
32:05qui va ensuite
32:06conduire vers
32:07des spécialistes
32:08puisque tous ces facteurs
32:10de risque
32:10ne s'additionnent pas
32:11ils se multiplient
32:11en fait
32:11exactement
32:12pour aggraver
32:13et là aussi
32:14on note des progrès
32:14quand même
32:15des gros progrès
32:16dans la chirurgie
32:17de l'artériopathie
32:18des membres inférieurs
32:18oui mais
32:18il y a quand même
32:19un paradoxe
32:20c'est mieux
32:20de ne pas en arriver là
32:21mais
32:21oui
32:22le paradoxe
32:23c'est qu'on fait
32:24des progrès constants
32:25avec des revascularisations
32:27qui sont de moins en moins
32:28invasives
32:29donc on fait
32:30maintenant à peu près
32:3125% de revascularisation
32:33ouverte
32:33donc de la chirurgie
32:34conventionnelle
32:35et 75%
32:36de traitement
32:37endovasculaire
32:38c'est-à-dire
32:39l'angioplastie
32:39des stents
32:40angioplastie
32:40stenting
32:41avec des techniques
32:42qui sont de plus en plus
32:43performantes
32:44avec des revascularisations
32:47de plus en plus extensives
32:48mais par le biais
32:50d'hospitalisation
32:51de plus en plus courte
32:51et donc
32:52à côté
32:53des facteurs
32:55prédictifs
32:55que l'on a vus
32:56chez nos patients
32:58qui ont
32:59des facteurs de risque
32:59on a des facteurs
33:01aggravant
33:01le risque
33:02d'inobservance
33:03au traitement
33:04c'est-à-dire
33:05que le patient
33:06qui souffrait
33:06depuis longtemps
33:07qui va être hospitalisé
33:08et qui pourra être
33:09revascularisé
33:10en une demi-journée
33:11ressorti rapidement
33:13et n'aura plus mal
33:15après
33:15va avoir beaucoup
33:16de difficultés
33:17à comprendre
33:18que sa maladie
33:18est grave
33:19et qu'en tant
33:20que chirurgien
33:21vasculaire
33:21on n'a pas guéri
33:22son artériopathie
33:23on a juste
33:23soigné
33:24une artère
33:25qui était particulièrement
33:26malade
33:26à un instant T
33:27mais on ne guérit pas
33:28de l'artériopathie
33:29on ne guérit pas
33:29de la thyroscérose
33:29on ne s'occupe souvent
33:30que des rétrécissements
33:31très serrés
33:32et non pas
33:32exactement
33:32donc en fait
33:33s'il n'y a pas
33:34une implication
33:36une compréhension
33:37du patient
33:37concernant la gravité
33:38de sa maladie
33:39elle va récidiver
33:41sur le plan
33:42coronaire
33:42sur le plan
33:43carotidien
33:44sur le plan rénal
33:45et au niveau
33:46à nouveau
33:46de membres inférieurs
33:49Gérard Aref
33:49vous êtes président
33:50de la Fédération Française
33:51de Cardiologie
33:52donc qui s'adresse
33:53directement au public
33:54tout à fait
33:54par rapport à la société française
33:56qui est plutôt
33:57recherche fondamentale
33:58etc
33:59c'est vrai que cette prévention
34:00vous êtes un des acteurs
34:01aussi important
34:03de cette alliance
34:04cœur
34:05et du livre blanc
34:06c'est vrai que cette prévention
34:07elle n'est pas facile
34:08dans le sens où
34:09toutes ces maladies
34:11cardio-neurovasculaires
34:12au début
34:13c'est juste un chiffre
34:14sur une analyse biologique
34:15ou un cholestérol élevé
34:16mais il n'y a pas de symptômes
34:17il n'y a pas de symptômes
34:18c'est pour ça que c'est difficile
34:19en réalité la prévention
34:20elle est cruciale
34:22et la prévention
34:23c'est le parent pauvre
34:25de la bonne santé cardio-neurovasculaire
34:27et dans notre livre blanc
34:28c'est le premier axe
34:29il faut évidemment
34:31développer la prévention
34:32en fait la prévention
34:32vous l'avez abordé précédemment
34:34il y a plusieurs niveaux
34:35de prévention
34:35il y a la prévention primaire
34:36pour les patients
34:38avant l'accident
34:38avant l'accident
34:39et la prévention secondaire
34:41après l'accident
34:41mais il y a encore en amont
34:43ce qu'on appelle
34:43la prévention primordiale
34:44c'est-à-dire
34:44il faut éviter
34:45que les facteurs de risque
34:46cardiovasculaires apparaissent
34:48les facteurs de risque
34:49cardiovasculaires
34:49encore plus en amont
34:50encore plus en amont
34:51et logiquement
34:52il faut commencer
34:53dès l'école
34:54les quatre facteurs
34:55de risque cardiovasculaires
34:56principaux
34:57cardio-neurovasculaires
34:58principaux
34:58c'est le tabac
34:59c'est l'hypertension artérielle
35:01c'est l'excès de sucre
35:02et c'est l'excès de cholestérol
35:03en réalité
35:04il faut dès l'enfance
35:06dès l'école
35:07avoir une bonne alimentation
35:09et évidemment
35:10avoir une activité physique
35:11avoir une activité physique
35:13et avoir une bonne alimentation
35:14ça va permettre
35:15de diminuer
35:16le risque
35:17d'avoir un facteur de risque
35:18qui lui-même
35:19va développer la maladie
35:20et on le disait
35:21la prévention
35:21c'est vraiment
35:22le parent pauvre
35:23la santé cardiovasculaire
35:24cardio-neurovasculaire
35:26elle occupe
35:2798% du budget
35:29pour ce qui concerne
35:30le curatif
35:302% pour le préventif
35:32clairement
35:33les pays occidentaux
35:34et la France en particulier
35:35ne fait pas assez
35:35les chiffres d'ailleurs
35:36de l'OCDE
35:37disent qu'on est quasiment
35:38pratiquement les derniers
35:39en prévention
35:39les premiers
35:40on reste à charge
35:41absolument
35:42le français n'est pas
35:43un enfant gâté
35:44mais presque
35:44et les derniers
35:46en prévention
35:47c'est vrai que c'est pas facile
35:48c'est pas facile
35:49mais en fait
35:49il faut clairement
35:51informer les patients
35:51il y a un message
35:52d'information
35:53qui est crucial
35:53et c'est ce qu'on fait
35:54à la fédération française
35:56de cardiologie
35:56il faut développer
35:58les messages de prévention
35:58par tous les canaux
36:00la télévision
36:01c'est un peu maintenant
36:02vieux jeu
36:02mais par les réseaux sociaux
36:04par toutes les chaînes
36:05comme la vôtre
36:06qui est une chaîne importante
36:07évidemment
36:07il faut que les gens
36:09sachent
36:09ce que c'est
36:10qu'avoir un cholestérol élevé
36:12que ça va augmenter le risque
36:13que le risque d'avoir
36:14un diabète
36:15va augmenter
36:16le risque de faire
36:18une maladie cardiovasculaire
36:19et ça c'est insuffisamment
36:21su par l'ensemble
36:22de la population
36:22donc il faut prévenir
36:23il faut dépister
36:24il y a des prises de sang
36:26de dépistage
36:27à faire
36:27dès le plus jeune âge
36:28oui
36:28alors c'est vrai
36:30qu'il y a un petit changement
36:31il y a moins de fumeurs
36:33on peut dire
36:33un petit peu moins
36:34mais il y a un espèce
36:35de changement de comportement
36:36où maintenant
36:37on voit des adolescents
36:37commencer par le vapotage
36:39pour après finir
36:41par une poursuite
36:42par une vraie consommation tabagique
36:44tout à fait
36:45et puis il y a un autre
36:47facteur pour la consommation
36:48c'est le cannabis
36:49parce qu'on voit quand même
36:50de plus en plus
36:50de patients jeunes
36:52des trentenaires
36:53des quadragénères
36:54arriver avec une artériopathie
36:56sur une consommation mixte
36:57de cannabis
36:58et de tabac
36:59donc on a certainement
37:01pas encore suffisamment
37:02de recul
37:02pour voir
37:03les impacts
37:05du vapotage
37:06mais par contre
37:07on voit clairement
37:08ceux de l'association
37:09tabac-cannabis
37:10avec
37:10d'une part
37:12des artériopathies
37:13juvéniles
37:14qui ont
37:15comme impact
37:15parfois des
37:16revascularisations
37:17non possibles
37:18et des amputations
37:19nécessaires
37:19et puis on a aussi
37:21des artériopathies
37:22plus proximales
37:23ou des échecs
37:25de revascularisation
37:26qui se produisent
37:27chez nos patients
37:29comme on l'a vu
37:30lors des interviews
37:31qui ont été faites
37:33lors des états généraux
37:34alors évidemment
37:34les artériopathies
37:35des membres inférieurs
37:36c'est évidemment
37:36un cumul de plusieurs
37:37aussi facteurs
37:37souvent
37:38diabète
37:4030%
37:4130%
37:42de nos patients
37:42sont diabétiques
37:44Gérard Reft
37:45à quel moment
37:46doit démarrer
37:47la prévention ?
37:48en fait il faut
37:48démarrer
37:49très tôt
37:50on en parlera
37:52en fait le cholestérol
37:53il faut certainement
37:53le dépister
37:55dès l'âge de 6 ans
37:56dès l'école
37:56et en fait
37:58il n'y a pas d'âge
37:59pour ne pas prévenir
38:00il faut prévenir
38:00réellement à tout âge
38:01il faut commencer jeune
38:02il faut certainement
38:04surtout si on a
38:04des antécédents familiaux
38:06cardiovasculaires
38:07et la communication
38:07ce n'est pas la même
38:08au fonctionnage
38:08quand vous vous adressez
38:10à des écoliers
38:10des lycéens
38:11la prévention n'est pas la même
38:12il faut savoir
38:13que le facteur de risque
38:14très important
38:15qui est l'hypertension artérielle
38:16c'est un facteur de risque
38:19qui n'entraîne pas de symptômes
38:20donc clairement
38:21il faut savoir utiliser
38:22un brassard à tension
38:23les médecins
38:24les pharmaciens
38:24on l'appelle le tueur silencieux
38:25exactement
38:26c'est un tueur silencieux
38:28il faut le dépister
38:29dès 20 ans
38:30et encore plus tôt
38:31si on a
38:31des facteurs de risque
38:32dans la famille
38:33il faudrait que les gens
38:34s'équipent de tensiomètres
38:35oui clairement
38:36je pense que les tensiomètres
38:38coûtent maintenant
38:38quelques dizaines d'euros
38:39et clairement
38:40c'est un geste simple
38:42je dis souvent
38:43c'est aussi
38:44ça fait partie des gestes
38:45qui sauvent
38:45de dépister une hypertension artérielle
38:47qui devrait être confirmée
38:48et qui peut être traitée
38:49et on l'a dit précédemment
38:51un français sur deux
38:52qui est hyper tendu
38:53ne le sait pas
38:53et puis la tension
38:54peut-être qu'on prend chez soi
38:55est plus fiable
38:56que celle qu'on prend chez le médecin
38:56tout à fait
38:57chez le médecin
38:57il y a un effet blouse blanche
38:59il y a le stress
39:00il y a une réaction de défense
39:01ce qui compte
39:02c'est la moyenne
39:02des tensions artérielles
39:03il faut multiplier les mesures
39:04et si on a une tension artérielle
39:06je rappelle que la tension artérielle
39:07optimale c'est 12,8
39:09donc en fait
39:09si on a plus de 13,5
39:11chez soi
39:11en moyenne
39:12c'est une hypertension artérielle
39:14qu'il faut traiter
39:15d'abord par des mesures
39:16comme l'activité physique
39:17et puis rapidement
39:18par des médicaments
39:19qui sont très efficaces
39:20et sans effet secondaire
39:21on consomme beaucoup de sel en France ?
39:22ça aussi
39:23c'est un des facteurs de risque
39:24la consommation de sel
39:26de sel caché surtout
39:27est importante
39:28dans tous les aliments surgelés
39:30dans les aliments congelés
39:31au restaurant
39:32l'alimentation
39:33est trop salée en France
39:34et un des premiers gestes
39:35c'est de limiter
39:36la consommation en sel
39:37Lionel Rib
39:38vous êtes président
39:39de l'association ANET
39:41c'est l'association nationale
39:42des patients atteints
39:43d'hypercholestérolémie familiale
39:45ça c'est plus de la prévention primaire
39:47alors on est patient
39:49à haut risque cardiovasculaire
39:50dès qu'on est
39:51puisque fêtueusement
39:53des hypercholestérolémies
39:55très élevées
39:55oui
39:56très très élevées
39:56je vais prendre mon exemple
39:58j'étais à 4,60 g de cholestérol
40:01à 17 ans
40:02alors que j'étais sportif
40:03j'avais 4 entraînements par semaine
40:05et je crois clairement
40:06la prévention m'a sauvé la vie
40:07aujourd'hui
40:08et en tout cas
40:09j'ai des états
40:10j'ai des artères
40:11qui sont plutôt
40:13en mon état
40:13par rapport à ce que j'aurais pu avoir
40:16en n'étant pas dépisté
40:17et pas traité
40:17ce qui veut dire que
40:18dans votre famille
40:19il y avait aussi beaucoup
40:19de cholestérol
40:20oui oui
40:21j'étais un grand oncle
40:22un grand oncle
40:23qui est décédé
40:24à 51 ans
40:24d'un infarctus massif
40:25j'ai un oncle
40:26qui autour de la cinquantaine
40:28a fait un infarctus
40:28et je crois que mon frère
40:30et moi
40:30on a été sauvés
40:31par le dépistage
40:33très tôt
40:34moi c'était autour
40:35de 17 ans
40:36mon frère 24-25 ans
40:38même si c'est un peu tardif
40:39pour l'hyperchocie familiale
40:40je vais le reprendre après
40:41c'est déjà
40:42un grand pas
40:44pour préserver
40:45ses artères
40:46je crois qu'on a
40:46un capital
40:47qui est absolument nécessaire
40:48à préserver
40:49et ça il faut qu'on l'entende
40:50et je crois qu'il y a
40:51une désinformation
40:52sur le cholestérol
40:53qui est à reprendre
40:55aujourd'hui en France
40:56et je crois qu'il faut
40:56informer correctement
40:58sur le cholestérol aujourd'hui
40:59et c'est important
41:00que la coalition
41:00prenne la parole là-dessus
41:03quand vous dites
41:04information plus précise
41:06plus précis
41:06sur le taux de cholestérol
41:09il faut que tout le monde
41:09connaisse son taux de cholestérol
41:10aujourd'hui
41:11à mon nez
41:11pour effectivement savoir
41:13quand on est
41:13en surplus de cholestérol
41:16et à quel moment
41:17effectivement
41:17une athérosclérose silencieuse
41:19va s'instaurer
41:19on peut généraliser
41:20un bilan lipidique
41:21chez l'enfant
41:22c'est compliqué
41:23alors chez l'enfant
41:24déjà je crois qu'en France
41:26quand on parle cholestérol
41:27on pense toujours
41:27alimentation
41:28on pense hygiène de vie
41:30ou âge mûr
41:30mais on oublie
41:31que le taux de cholestérol
41:33élevé
41:33peut être
41:36on peut l'hériter
41:37comme on hérite
41:38la couleur des yeux
41:38et c'est vraiment
41:39le cas de l'hypercholestérol
41:40infamilial
41:41puisque c'est effectivement
41:42on est une des premières
41:43maladies génétiques en France
41:44c'est une personne
41:45sur 250
41:46c'est plus de
41:47en gros
41:48en chiffre
41:48c'est plus de
41:49250 000 patients
41:50en France
41:51c'est dont
41:5230 000 enfants
41:53et seulement
41:545 à 10%
41:54des patients
41:55sont dépistés
41:56aujourd'hui
41:56et traités
41:56c'est un sous-diagnostic
41:59extrêmement important
42:00c'est un enjeu
42:00de santé publique
42:02et pour nous
42:03combien de personnes
42:04atteintes d'hypercholestérol
42:06ennemis familial
42:06plus de 250 000
42:07plus de 250
42:08c'est quand même beaucoup
42:09c'est beaucoup
42:09c'est pas vraiment
42:10une maladie rare
42:11non
42:11on a une forme rare
42:12dans la pathologie
42:13mais on a une forme
42:14très fréquente
42:14c'est une des premières
42:15pathologies génétiques
42:16avec un risque sur deux
42:18pour le parent
42:20de donner cette mutation
42:22à son enfant
42:22donc effectivement
42:23c'est des fatalités
42:24qu'on hérite
42:25de génération en génération
42:28vraiment
42:28c'est une maladie
42:29familiale
42:30complète
42:30et là on a des traitements
42:31il y a des traitements
42:32de plus en plus efficaces
42:34alors on a des traitements
42:35je crois qu'il faut le dire
42:35clairement on a des traitements
42:37qui sont peu coûteux
42:39et il y a des traitements
42:40innovants
42:40qui sont là aujourd'hui
42:41qui sont pas suffisamment
42:43accessibles pour les patients
42:44qui ont une hypercholestérol
42:44familiale
42:45mais effectivement
42:46avec des traitements
42:47peu coûteux
42:48on arrive déjà
42:48pour les patients
42:49les moins atteints
42:50en termes de taux de cholestérol
42:52à faire baisser le cholestérol
42:54et avoir une vie normale
42:56et une espérance de vie
42:57tout à fait normale
42:58par rapport aux autres
42:59et je crois que
43:00l'hypercholestérol familiale
43:01c'est
43:02elle va rester licencieuse
43:03pendant 20-30 ans
43:04jusqu'à
43:05jusqu'à ce qu'il y ait
43:06un infarctus
43:07un AVC
43:07qui s'exprime
43:09et rapidement
43:10c'est des infarctus
43:11autour de 30-40 ans
43:12et je crois que
43:13l'infarctus moyen
43:14dans le registre français
43:15qui réfère col
43:16c'est 47 ans
43:18pour un patient
43:19atteint d'hypercholestérol
43:20le dépistage
43:21dès l'enfance
43:22est absolument nécessaire
43:23dès 6 ans
43:26pour préserver
43:27ces artères
43:27des enfants
43:29parce qu'effectivement
43:30déjà
43:30faire un dépistage
43:31à 18-20 ans
43:33c'était déjà
43:33un retard de diagnostic
43:34c'est déjà
43:35des risques accrus
43:36d'infarctus
43:37et d'AVC
43:38donc vous êtes
43:39partie prenante
43:39évidemment
43:40de cette alliance
43:40cœur
43:41bien sûr
43:41donc qu'est-ce que
43:43vous préconisez
43:43dans ce livre blanc
43:44justement
43:44nous ce qu'on préconise
43:45et comme monsieur
43:46Noderl a pu le porter
43:47dans sa loi
43:48c'est un dépistage
43:49décisant
43:50effectivement
43:51je remercie aussi
43:52l'alliance cœur
43:52de porter ce message
43:54là
43:55c'est capital
43:56pour notre population
43:58atteindre
43:58cette mutation
43:59de ces mutations génétiques
44:00que sont l'hyperquestrofamilial
44:02Oui
44:03Laurence Destrieux
44:04donc dans ce livre blanc
44:05que proposez-vous
44:06justement
44:06des choses concrètes
44:07pour une fois ou pas ?
44:09Alors
44:09Est-ce qu'il faut
44:11pour une fois
44:11être concret
44:12et comme on dit
44:13get to the point
44:14aller vraiment
44:16Alors
44:17moi
44:17à titre personnel
44:18j'ai créé une société
44:19il y a deux ans
44:20une start-up
44:20qui s'appelle
44:21EasyDizzy
44:21j'ai développé
44:22une web application
44:25qui s'appelle
44:25Naomi Phil
44:26et qui a commencé
44:27à être utilisée
44:28la semaine dernière
44:29en fait
44:30c'est une web application
44:31qui vise justement
44:32à ce que l'on n'ait plus
44:34ces patients
44:34qui
44:35quel que soit l'endroit
44:36où j'ai travaillé
44:37que ce soit à Paris
44:37à Lille et à Annecy
44:38quel que soit
44:39les milieux sociaux professionnels
44:40sont capables de revenir
44:42avec une artère bouchée
44:43en disant
44:43je n'avais pas compris
44:44que ça pouvait récidiver
44:46je n'avais pas compris
44:47que c'était à nouveau
44:48ma maladie
44:49je n'avais pas compris
44:50qu'il fallait continuer
44:51mes traitements
44:52je n'avais pas compris
44:53et en fait
44:54cette incompréhension
44:55alors qu'on a l'impression
44:56nous soignants
44:57de donner un maximum
44:58d'informations
44:59crée un décalage
45:00parce que
45:00nous avons l'impression
45:02de déployer
45:03de plus en plus
45:03de techniques
45:05le système de santé
45:06dépense à peu près
45:0810 000 euros
45:08par intervention vasculaire
45:09mais si au final
45:11le patient
45:12ne comprend pas
45:13parce qu'on n'a pas su
45:14utiliser les mots
45:15parce qu'on n'a pas su
45:16répéter
45:16en fait
45:17on arrive à un échec
45:18de revascularisation
45:19et ça coûte très cher
45:20aux patients
45:21et au système de santé
45:22donc l'idée
45:23de la web application
45:24c'est d'envoyer
45:25de l'information
45:26aux patients régulièrement
45:27pour lui permettre
45:28d'ancrer la maladie
45:30et puis également
45:31de lui envoyer
45:32des questionnaires
45:32pour lui permettre
45:33de nous alerter
45:36en cas d'évolution
45:36péjorative
45:37et nous permettre
45:38de réagir précocement
45:40donc là c'est un début
45:41de déploiement
45:41on espère que
45:42ça va permettre
45:43d'accompagner
45:44un maximum de patients
45:46qui souffrent
45:46d'artériopathie
45:47aussi bien
45:48en post-opératoire
45:49et en long cours
45:50donc en fait
45:51on n'a pas beaucoup
45:52de mots encore
45:53dans ce livre blanc
45:53on commence par une action
45:55qui on espère
45:56va prendre
45:58de la valeur
45:59Justement
46:00Gérard Reff
46:00donc il y a d'autres
46:02peut-être dispositifs
46:03non
46:03qui pourraient être importants
46:04dans cette
46:05mise en place
46:06de cette prévention
46:06Tout à fait
46:07en fait
46:08on l'a dit
46:09mais je le redis
46:09en fait il faut clairement
46:10développer les campagnes
46:11nationales de sensibilisation
46:13et à ce titre je pense
46:14et nous pensons
46:15à l'alliance Cap-Cœur
46:16et c'est écrit
46:17dans le livre blanc également
46:18que les chaînes publiques
46:20et privées
46:21devraient clairement
46:23donner davantage
46:24de temps
46:25de paroles
46:26de temps
46:27d'explications
46:28aux citoyens
46:28lorsqu'on fait des sondages
46:29on est proprement
46:30très étonné
46:31par la mauvaise connaissance
46:34des facteurs de risque
46:35des français
46:35mais il faut aussi
46:36dépister
46:37et donc il faut aller
46:38vers les français
46:39parce qu'on le sait
46:39il y a des populations
46:41qui ne consultent pas
46:42ou pas assez
46:42et donc il y a tout un ensemble
46:43de dispositifs
46:45à la Fédération Française
46:46de Cardiologie
46:46on a le Secours Tour
46:47c'est un dispositif
46:48un semi-remorque
46:50qui se déplace
46:51tout au long
46:52de l'année
46:54vous étiez vraiment
46:55en contact
46:55avec la population
46:56et qui va
46:56dans des endroits
46:59assez reculés
47:00où les gens
47:00n'ont plus la possibilité
47:02et n'ont pas assez
47:03la possibilité
47:03de dépister
47:05leurs facteurs de risque
47:06ça semble fou
47:07en 2026
47:08ça semble tout à fait
47:10sens au monde
47:10tout à fait étonnant
47:12mais c'est clairement
47:14important
47:15et on fait aussi
47:15ce qu'on appelle
47:16les parcours du cœur
47:17les parcours du cœur
47:18ce sont des campagnes
47:19de sensibilisation
47:21chaque année
47:22quelques 400 000
47:23à 500 000
47:23enfants et adultes
47:25apprennent
47:26qu'il est important
47:27de faire de l'activité physique
47:28pas forcément
47:28d'être un sportif
47:29de haut niveau
47:30mais de faire
47:30une activité physique
47:31je rappelle que
47:32l'enfant doit faire
47:34une heure d'activité physique
47:35par jour
47:36l'adulte
47:3730 minutes par jour
47:38c'est suffisant
47:39ce sont les recommandations
47:40qui font du bien
47:41pour tout
47:42pour le cœur
47:42pour la prévention du cancer
47:44vraiment pour tout
47:45et donc
47:46ces parcours du cœur
47:47sont à destination
47:49des entreprises
47:50clairement
47:50et si
47:51je lance un appel
47:52si d'autres entreprises
47:53sont intéressées
47:54nous sommes partie prenante
47:55nous pouvons les aider
47:56c'est pour l'ensemble
47:57de la population
47:58et c'est aussi pour les enfants
47:59il faut que dès l'école
48:00sensibiliser les jeunes
48:01il n'est jamais trop tôt
48:03pour faire de la prévention
48:04on peut espérer une génération
48:05sans tabac
48:06alors ça c'est un point
48:07également très important
48:07je pense qu'il faut
48:08qu'on s'inspire
48:08de l'exemple anglais
48:10qui veut que les enfants
48:11nés après 2009
48:13n'aient plus la possibilité
48:14d'acheter du tabac
48:16et donc
48:16fumerait
48:17forcément moins
48:19je pense
48:20qu'il faut l'espérer
48:21effectivement
48:22comme vous l'avez dit
48:22les chiffres sont en amélioration
48:24il y a encore quelques 20%
48:25de français qui jeûnent
48:27mais clairement
48:27qui jeûnent
48:28qui fument
48:29mais clairement
48:30les jeunes fument
48:31de moins en moins
48:32et on a des très bons espoirs
48:34tout comme le Nutri-Score
48:36dont on n'a pas eu le temps de parler
48:37qu'on pourrait
48:37rendre un peu obligatoire
48:39non ?
48:39moi je le pense
48:40clairement
48:40il y a un lobbying
48:41qui va contre le Nutri-Score
48:43qu'il faut lutter contre
48:45Gérard Reff
48:46bien sûr qu'il faut
48:47il faut de l'argent
48:48mais il n'y a pas que
48:49il n'y a pas que l'argent
48:49qui compte
48:50il faut de l'argent
48:51mais il n'y a pas que ça
48:52et on sait bien
48:52qu'on n'est pas dans la situation
48:53la plus favorable
48:55sur le plan financier
48:56mais au-delà de l'argent
48:57il faut vraiment
48:58il faut être malin
48:59il faut être
48:59il faut une volonté politique
49:01il faut une
49:02il faut vraiment être conscient
49:04qu'on veut
49:05améliorer l'information
49:06moi je pense qu'il faut même
49:07un portage politique
49:09interministériel
49:10parce qu'on l'a vu
49:11la prévention
49:12fait appel bien sûr
49:13au ministère de la santé
49:14mais ça fait également
49:14appel au ministère
49:16de l'environnement
49:17au ministère des transports
49:18au ministère de l'éducation
49:19donc je crois que
49:21si on arrivait à mobiliser
49:22nos politiques
49:23pour une prévention
49:24cardiovasculaire
49:25pour une bonne santé
49:26cardio-neurovasculaire
49:27vraiment d'une façon nationale
49:28d'une façon nationale
49:29avec certes des objectifs
49:31certains coûteront
49:32bien sûr
49:32mais une réorganisation
49:34et une volonté politique
49:36forte et collective
49:37pourrait être
49:38la bienvenue
49:39donc intéressé au-delà
49:40du monde de la santé
49:41exactement
49:42et donc ce plan cœur
49:45donc il est disponible
49:46ce plan cœur
49:47est disponible
49:48justement
49:49donc on peut le télécharger
49:49absolument
49:50sur les différentes
49:51sociétés
49:52fédérations
49:52et associations
49:54de patients
49:55c'est un document
49:56assez court
49:58qui veut
49:59sensibiliser
50:00et on va aller
50:01vers les politiques
50:02même s'ils ont sans doute
50:03d'autres chats
50:04à fouetter à l'heure actuelle
50:05Gérard Reft
50:05merci
50:06Laurence Destrieux
50:07merci
50:08Lionel Rib
50:09merci
50:09voilà c'est la fin
50:10de cette émission spéciale
50:12en rapport avec
50:13les premiers états généraux
50:14de la santé cardio-neurovasculaire
50:16et métabolique
50:17à la maison de la chimie
50:18on se retrouve
50:19la semaine prochaine
50:22Cup Santé
50:23sur BFM Business