- il y a 7 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Après-demain, samedi, ce sera le 17 octobre.
00:03Et le 17 octobre, il y a un mouvement qui est annoncé depuis des semaines,
00:06même au cœur de l'été.
00:07On a vu commencer les appels à manifester sur les réseaux sociaux.
00:11Une colère sociale qui sera multiple.
00:14Quelle sera son ampleur ? C'est toute la question.
00:16Il y aura des gilets jaunes, il y aura ce qu'on appelle des gilets jeunes.
00:19On annonce aussi la présence de bon nombre d'agriculteurs, d'autres professions,
00:22des présences sur les ronds-points, devant les dépôts pétroliers,
00:26sur des stations essence.
00:27Il y a une chose que redoute le gouvernement,
00:28c'est que ça s'installe aussi dans la violence.
00:31Écoutez le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:33Est-ce qu'on redoute de la violence ?
00:36Oui, oui.
00:37Vous voyez bien que nous n'arrivons plus à avoir une manifestation dans ce pays,
00:43en tout cas ces derniers temps,
00:44dans lequel des mouvements violents de l'ultra-gauche,
00:47notamment, parfois de l'ultra-droite,
00:50en l'espèce ces derniers jours de l'ultra-gauche,
00:52qui s'insèrent justement dans les cortèges
00:55et notamment qui donnent à voir une violence épouvantable
00:58dans les fins de cortège.
00:59Alors, il y a mille actions déclarées,
01:02d'après les informations de nos confrères de RMC,
01:05100 000 personnes attendues hors région parisienne.
01:08Et c'est le grand retour de Maxime Nicole.
01:11Bonsoir Maxime,
01:13alias Fly Rider.
01:15Huit ans après,
01:16vous le gilet jaune,
01:17vous repartez au combat ?
01:19On n'a jamais arrêté.
01:21Le fait de dire repartir au combat,
01:23ça voudrait dire qu'on est arrêté.
01:24Ce n'est pas le cas.
01:25On a continué,
01:26après la fin des manifestations de rue,
01:28de façon massive,
01:29à construire des projets citoyens.
01:31Aujourd'hui, je participe à un projet citoyen
01:34qui s'appelle Les Ruches,
01:36qui est né des citoyens
01:38et qui a permis de mettre en place des propositions
01:42pour remettre au centre des débats
01:45et au centre des attentes
01:46la démocratie la plus directe possible
01:50pour justement éviter que des décisions politiques
01:53puissent instrumentaliser des institutions
01:56comme aujourd'hui la police, par exemple.
01:58Vous faites quoi samedi, par exemple ?
01:59Samedi, comme je l'ai annoncé,
02:01je serai en soutien avec les lycéens,
02:02entre la police et les lycéens
02:03parce qu'il est hors de question
02:04que je reste le cul dans mon canapé
02:06et regarder des jeunes se faire tabasser
02:07à cause d'ordre, attention, encore une fois.
02:10Ce sont ces images qui vous ont choquées,
02:12qui vous ont poussées à aller dans la rue samedi ?
02:14Je ne suis pas papa,
02:14j'ai une fille qui va avoir 16 ans.
02:16Si je ne vais pas dans la rue,
02:17ça veut dire que j'accepte que potentiellement un jour
02:19ma fille soit tabassée par la police ?
02:21Franchement.
02:23Franchement, c'est ce qui se passe.
02:23Ça fait réagir Jonas Haddad.
02:25Ça vous fait réagir ?
02:26C'est ce qui se passe.
02:27Excusez-moi, je trouve que d'abord,
02:28vous portiez une colère sociale qui est légitime.
02:31Qui l'est toujours.
02:33Oui, c'est pour ça que je l'ai dit,
02:34qu'elle est légitime.
02:35Vous réduisez le mouvement lycéen
02:36à des jeunes qui sont tabassés par des policiers.
02:40Je reconnais bien là le discours de Juan Branco
02:42puisque le mouvement dont vous parlez
02:43qui s'appelle Les Ruches,
02:44que vous portez sur ce plateau,
02:46vous venez un peu en cumul des mandats.
02:48C'est le discours assez complotiste de Juan Branco.
02:50Juan Branco, c'est un avocat.
02:51C'est un avocat qui a été
02:53d'ailleurs évincé d'un certain nombre de pays
02:55parce qu'il y a des discours qui sont très dangereux.
02:58Et je trouve que les colères sociales
02:59qui sont légitimes ne peuvent pas être confisquées
03:01par des gens qui résument
03:03les échanges avec les lycéens
03:04au tabassage par des policiers.
03:07Monsieur, si on devait résumer aussi,
03:09il y a des policiers qui se sont fait tabasser,
03:11il y a des professeurs qui se sont fait tabasser,
03:13et il y a des lycées qui n'avaient rien demandé,
03:16je pense notamment à ceux de ma région Normandie,
03:18qui ont été brûlés.
03:19Donc votre résumé qui consiste à dire
03:21que globalement, le mouvement lycéen,
03:23c'est des policiers qui tabassent des jeunes,
03:25je trouve ça très réducteur et très dommage
03:27pour les aspirations légitimes que vous portez.
03:30Vous voyez, je sais et j'essaye de faire la part des choses
03:33entre des colères légitimes
03:35et des résumés qui ne le sont pas.
03:38Sauf que vous limitez ce que je viens de dire
03:40à la colère lycéenne.
03:41Ces dix dernières années,
03:43je ne pense pas qu'on puisse dire
03:44que les pompiers étaient des dangers,
03:46ça ne les a pas empêchés de se faire tabasser,
03:48on ne peut pas dire que les infirmières étaient des dangers,
03:51ça n'a pas empêché nous l'État de les faire tabasser.
03:53Je vous ai laissé parler, je voudrais juste finir.
03:55Tous les mouvements sociaux de ces dix dernières années
03:57ont été réprimés dans la violence.
03:59Vous avez vu ce que dit Lecornu,
04:00ces mouvements-là sont infiltrés souvent par l'ultra-gauche
04:03et que malheureusement,
04:05effectivement, des colères sociales
04:06se transforment en violences urbaines.
04:08Il y a des infiltrations, évidemment,
04:09qu'il y en a partout dans tous les mouvements.
04:11Il y a huit ans,
04:13les Gilets jaunes aussi,
04:14ça s'est terminé souvent dans la violence.
04:16Alors qu'au départ,
04:17le mouvement était pacifique sur les ronds-points
04:20avec des Français
04:22qui étaient tout simplement dénoncés la Vichère.
04:25Mes déclarations publiques appellent toujours
04:27à être le plus pacifique possible.
04:28Je n'ai jamais appelé à la violence
04:29ni à...
04:30Mais est-ce que ça veut dire
04:31que les problèmes de 2018 sont toujours là,
04:34en 2026,
04:35notamment les problèmes de Vichère,
04:37des difficultés de s'en sortir ?
04:38Il faudrait être soit naïf, soit aveugle
04:39pour ne pas écouter ce que les gens disent,
04:41en fait.
04:41Parce que quand vous écoutez
04:42toutes les professions parler de leurs problématiques,
04:44ils n'en parlent pas depuis 5 ans.
04:46Je veux dire,
04:47Macron, quand même,
04:47c'est un ancien banquier,
04:48il a fait 1 000 milliards de dettes supplémentaires.
04:50Donc évidemment que ça impacte tout le monde.
04:52Et quand vous entendez la colère des gens dans la rue,
04:55elle ne sort pas de n'importe où.
04:56Je veux dire,
04:57moi, j'ai autre chose à faire à la base
04:58que de venir manifester.
04:59J'aimerais bien continuer ma vie.
05:00Mais pour obtenir quoi, en fait ?
05:02Baisse des taxes ?
05:03Alors moi, je milite pour obtenir l'entrée
05:07dans une démocratie la plus directe possible.
05:08Aujourd'hui, en tant que citoyen français,
05:10je n'ai pas le droit de voter,
05:11je n'ai pas le droit de décider.
05:12Je donne ma voix à quelqu'un
05:13qui décide à ma place.
05:14Vous votez quand même directement
05:15pour un président ?
05:17Le vote, c'est pouvoir décider.
05:19En Suisse, par exemple,
05:20ils décident.
05:20Ils votent au niveau législatif,
05:22au niveau constitutif.
05:24Ils peuvent révoquer un élu
05:25et ils peuvent imposer un mandat impératif à un élu.
05:28C'est toujours cette idée
05:29de plus de démocratie directe ?
05:31Évidemment, regardez la démocratie qu'on a aujourd'hui,
05:33qui est dite représentative.
05:35On a des gens qui ont l'article 44,
05:37l'article 49.3.
05:39Le référendum est consultatif
05:41et ne détermine pas l'action du gouvernement.
05:42Et je pense que tous les gens aujourd'hui
05:44qui manifestent
05:45en ont juste simplement marre
05:46de la représentativité telle qu'on la vit aujourd'hui.
05:49Et des discours de politiciens
05:50qui sont toujours à essayer d'éteindre le feu
05:52qu'ils allument eux-mêmes.
05:53La colère, elle est dans la rue,
05:54pas parce que les gens ont envie
05:55d'être en colère dans la rue.
05:56Elle est dans la rue malheureusement
05:58parce que sur ces dix dernières années,
06:01à chaque fois que la population
06:02a essayé de se faire entendre,
06:03et c'est ma dernière phrase,
06:04le gouvernement a répondu avec la police,
06:06pas avec du dialogue.
06:08Copélia Moreau est avec nous également,
06:11étudiante.
06:12Bonsoir.
06:12Bonsoir.
06:13Donc, samedi mobilisé.
06:14Tout à fait.
06:15Est-ce que l'idée,
06:16c'est d'arriver à une convergence des luttes ?
06:19Parce que samedi, au départ,
06:20ce n'était pas forcément
06:21les étudiants et les lycéens,
06:22ce mouvement du 17 octobre.
06:23C'était pour dénoncer la vie chère,
06:25notamment le prix des carburants.
06:28Le mouvement des étudiants et des lycéens
06:30se greffe à cette contestation.
06:32C'est la convergence des luttes ?
06:33Parce que finalement,
06:34vous avez des revendications communes ?
06:35Oui, tout à fait.
06:36En fait, aujourd'hui,
06:37nous, ce qu'on veut,
06:37c'est changer la société.
06:39Il y a des revendications immédiates
06:40sur les questions des moyens.
06:42Ça a été posé par les lycéens et les lycéennes,
06:44des moyens dans l'enseignement,
06:45dans l'éducation.
06:46On veut la fin,
06:46l'abrogation de la sélection
06:48à l'entrée de l'université,
06:49de Parcoursup, de Mon Master,
06:50qui sont des plateformes
06:51de sélection sociale
06:52où il y a d'ailleurs des sans-fac
06:53qui se battent comme à Nanterre,
06:54à Lille, à Lyon, à Grenoble.
06:56Mais il y a en fait
06:57toute une question de la logique
06:59derrière le gouvernement.
07:00Ça fait des dizaines d'années aujourd'hui
07:01qu'il y a des politiques antisociales
07:03qui sont menées à l'encontre
07:04de la jeunesse,
07:05du monde du travail,
07:06un mépris envers les travailleurs
07:08et les travailleuses
07:08alors que c'est eux
07:09qui construisent tout dans la société.
07:11On viendrait nous dire
07:12qu'il n'y aurait pas d'argent aujourd'hui
07:13pour créer des places
07:14dans les universités,
07:14pour réparer des plafonds
07:16dans des lycées.
07:16Et quand on voit
07:17que le gouvernement
07:17est en train de parler
07:18de 10 milliards d'euros
07:19pour des porte-avions
07:20où le seul budget
07:21qui augmente en France
07:22c'est le budget pour la guerre,
07:23on voit qu'il y a une logique aujourd'hui.
07:25Donc moins de porte-avions
07:26plus de lycées.
07:27Oui, c'est ça.
07:28Et en fait, ils veulent faire de nous
07:29de la chair à patron,
07:30de la chair à canon.
07:30Et c'est ça que la jeunesse
07:31elle est en train de refuser aujourd'hui.
07:32Et c'est pour ça qu'on se mobilise
07:33et qu'on continuera.
07:34Et on invite l'ensemble
07:36des travailleurs et des travailleuses
07:37à rejoindre ce mouvement
07:38et à faire gré
07:39sur leurs propres revendications
07:40parce qu'elles sont communes.
07:41Il y aura une manifestation
07:42à Paris.
07:43Il y a un trajet qui est prévu ou pas ?
07:44Tout à fait.
07:44Il y a plusieurs manifestations
07:45qui sont appelées.
07:46Mais en fait, vous voyez là par exemple
07:48il y a des discussions
07:49pour déposer la manifestation
07:51notamment avec du coup
07:52nos camarades Gilets jaunes
07:54parce qu'il y a
07:54l'Assemblée Générale Interfac
07:55Île-de-France
07:56qui appelle à une manifestation
07:58aussi pour samedi.
07:59En fait, on aimerait
07:59qu'avec les camarades Gilets jaunes
08:01et avec l'intersyndicale
08:02salle de place d'Italie
08:04qu'on puisse ensemble
08:06avoir une manifestation en commun
08:08au départ de Bastille.
08:09Mais on veut dire aussi
08:09parce que le corps nu disait
08:11on va accepter
08:11toutes les manifestations, etc.
08:13Mais en fait, nous ce qu'on veut
08:13c'est aller au plus proche
08:14des lieux de pouvoir.
08:15Pour que le gouvernement
08:16il sente la colère
08:17de la jeunesse.
08:19On veut manifester à Matignon,
08:20on veut manifester à Concorde.
08:22Vous n'aurez jamais le droit à ça.
08:23Écoutez, nous c'est ça
08:24qu'on est en train de dire.
08:25Le corps nu essaye de dire...
08:27C'est un droit constitutionnel
08:28la manifestation normalement, non ?
08:30On n'aurait jamais le droit
08:31sous ses prétextes.
08:32Vous savez très bien
08:32que ces lieux de pouvoir
08:33sont inaccessibles en général.
08:35Ils sont inaccessibles.
08:36On les protège.
08:37Évidemment.
08:37Qu'est-ce que vous voudriez faire
08:37au plus près ?
08:39Si vous êtes devant Matignon,
08:40faites-moi.
08:40Qu'est-ce que vous voudriez faire
08:41à Matignon ou à l'Elysée ?
08:42Que le gouvernement comprenne
08:43aujourd'hui la colère
08:44qui est en train d'exister.
08:45Précisément.
08:45C'est-à-dire que vous arrêtez au port ?
08:46Qui sentent ça ?
08:47Qui voient le nombre
08:48qu'on ait regardé hier par exemple.
08:49Avant-hier,
08:50on était 50 000 en manifestation
08:51au départ d'Hôtel de Ville.
08:52Des jeunes qui s'organisent
08:54et qui choisissent
08:55de leur propre calendrier
08:56de manifestation.
08:56Il y aura un risque
08:56que des éléments perturbateurs
08:58essaient de rentrer...
08:59Mais je dis ça pour que vous compreniez
08:59aussi la situation
09:00dans laquelle on est
09:01et que le gouvernement comprenne ça.
09:03C'est qu'aujourd'hui,
09:03c'est plus seulement l'intersyndical
09:04qui pose le calendrier
09:05des mobilisations.
09:06Les étudiants et étudiantes mobilisés,
09:08lycéens et lycéennes,
09:09dans leurs assemblées générales,
09:10décident de poser
09:11des dates de manifestation
09:12qui sont des réussites.
09:13Avant-hier,
09:18d'une grève générale
09:19face à toute la politique
09:20qui est menée
09:20mais la logique qu'il y a derrière.
09:22Jeunesse Adat,
09:22pourquoi vous soufflez comme ça ?
09:23Parce que, en fait,
09:24je trouve qu'il y a
09:25des revendications légitimes
09:26pour la jeunesse,
09:26notamment pour les lycéens.
09:28Par exemple,
09:29il y a un manque de moyens,
09:30notamment dans des lycées
09:31franciliens.
09:31Ce n'est pas le cas
09:32dans les lycées
09:32de la plupart des autres régions.
09:34dirigée par la droite,
09:35Valérie Pécresse ?
09:35Ça ne change rien.
09:36Vous voyez,
09:36j'essaye d'être très clair.
09:39À une heure de Paris,
09:40il existe un magnifique pays
09:41qui s'appelle la France.
09:42Et dans ce magnifique pays,
09:44les régions investissent
09:46massivement dans les lycées.
09:47En revanche,
09:47moi, ce que je n'aime pas,
09:48Madame,
09:49c'est comment vous essayez
09:50de capturer cette colère
09:52de la jeunesse
09:53pour déballer
09:54tout votre vocabulaire
09:57marxiste
09:57qui consiste,
09:58ça vous fait rire,
09:59tant mieux,
09:59c'était l'objectif,
10:01de parler de convergence
10:03des luttes,
10:03de parler de camarades,
10:05d'assimiler ça
10:06et de mettre sur le même plan
10:07la question de la défense nationale
10:09avec la question des lycées.
10:10Je ne vois pas quel rapport,
10:12lorsqu'on sait qu'on est menacé
10:14fondamentalement par Poutine,
10:15à moins que vous ne soyez pas
10:16contre cela,
10:17et par d'autres menaces
10:18globales dans le pays,
10:19quel est le rapport
10:19entre le fait de pouvoir
10:21augmenter le budget de la défense
10:22et le fait...
10:23C'est les choix budgétaires.
10:24Oui.
10:24C'est vrai que l'un des rares
10:25budgets qui va augmenter là,
10:26c'est le budget de la défense.
10:27Mais on peut considérer
10:28que ce sont nos deux priorités.
10:30Et peut-être que Madame...
10:31C'est les choix politiques.
10:31Attendez, mais vous rigolez,
10:32mais vous croyez
10:33que c'est ça que fait le gouvernement ?
10:34Mais tous les budgets en France
10:35aujourd'hui sont en train
10:36de baisser la santé
10:37et l'éducation nationale.
10:38Les services publics
10:39sauf le budget pour la guerre.
10:40Il n'y aurait pas un problème
10:41de choix, de logique
10:43aujourd'hui derrière le gouvernement ?
10:44Madame, vous pouvez avoir
10:45des revendications légitimes,
10:46mais le budget
10:47de l'éducation nationale
10:48n'a pas baissé.
10:49Ce n'est pas vrai ce que vous dites.
10:50Non mais attendez,
10:51le gouvernement est en train de dire
10:52qu'on va augmenter
10:52les frais d'inscription
10:53pour les étudiants
10:54étrangers et étrangères
10:55et ensuite pour l'ensemble
10:56des étudiants.
10:56Vous voyez, vous mélangez tout.
10:57Le budget pour l'éducation nationale
10:59a augmenté.
11:00Donc il faut qu'on se base
11:00sur des chiffres
11:01qui sont réels.
11:0130% part pour les retraites
11:03des enseignants.
11:03Mais, c'est une réalité,
11:0530% part pour les retraites
11:07des enseignants
11:07qui ont cette vision
11:08qui consiste à dire
11:09qu'on part toujours
11:10plutôt à la retraite,
11:11c'est-à-dire votre vision
11:12marxiste des choses.
11:13Donc ce que je dis,
11:14ce que je dis simplement,
11:15c'est qu'il ne faut pas
11:15tout mélanger,
11:16c'est qu'il y a des revendications
11:17légitimes de la part
11:18de la jeunesse
11:19et que malheureusement,
11:20avec votre discours très politisé,
11:22vous ne représentez pas
11:23la jeunesse.
11:24Il faut vous le dire.
11:24Enfin, il faut un moment
11:25que les gens vous disent
11:26des choses.
11:27Mais vous pensez
11:27qu'ils disent quoi les jeunes
11:28en fait ?
11:28Parce que nous,
11:29ce qu'on entend
11:29en Assemblée Générale,
11:30c'est à la fois que les lycéens,
11:31ce qu'ils disent sur les blocages,
11:32c'est très simple.
11:33On n'a pas d'infirmière scolaire.
11:34Moi, je passe mon bac de français,
11:36je n'ai pas de prof de français.
11:37Vous ne venez pas nous dire
11:38qu'il n'y a pas de problème
11:39de budget dans l'éducation nationale.
11:41Mais oui, bien sûr,
11:42parce que ce gouvernement,
11:42il veut faire de nous
11:43la chair à patron,
11:44la chair à canon.
11:44Non, ça, c'est vos slogans
11:45marxistes, madame.
11:46Non, non, ce n'est pas des slogans.
11:48Moi, je suis très fier
11:48d'être marxiste par ailleurs.
11:49Et j'invite l'ensemble
11:51des jeunes aujourd'hui.
11:52Mais vous savez,
11:52je ne suis pas la seule.
11:53Il y a des dizaines de mille...
11:54Mais ce n'est pas de masque, monsieur.
11:56Vous êtes marxiste
11:57et vous voulez de la suivre.
11:57Aujourd'hui, monsieur,
11:59dans les assemblées générales,
12:00ce que disent les étudiants
12:01et étudiantes
12:01et lycéens et lycéennes,
12:02c'est qu'il y a un problème
12:03avec cette société.
12:04Madame, vous avez quel âge ?
12:04Ce n'est pas normal, monsieur.
12:05Vous avez quel âge ?
12:06Je suis étudiante,
12:06j'ai 26 ans,
12:08et je me mobilise.
12:09Vous n'êtes pas lycéenne ?
12:10Oui, mais je suis étudiante.
12:12Vous n'êtes pas la porte-parole.
12:13Écoutez, monsieur.
12:14Vous n'êtes pas la porte-parole.
12:14Écoutez, monsieur.
12:15Mais allez voir,
12:16en assemblée générale,
12:16ce que disent les étudiants
12:17et étudiantes mobilisés,
12:18c'est très simple.
12:19Aujourd'hui, il y a un problème
12:20de société dans laquelle on vit.
12:21Oui, vous essayez de me couvrir la voie.
12:22Il n'y a pas de raison aujourd'hui
12:23de devoir se faire exploiter
12:24toute notre vie
12:25pour des patrons
12:26qui se font...
12:28Madame Moreau,
12:30les techniques d'AG
12:31qui consistent à couvrir
12:32la voie de l'autre,
12:33ça ne marche pas avec moi.
12:33Vous avez 26 ans,
12:34vous n'êtes pas représentatif
12:35des lycéens.
12:36Vous êtes une militante
12:37politique marxiste,
12:38vous venez de l'avouer
12:39devant tout le monde
12:40sur le plateau
12:40et vous nous déballez
12:42votre tête à penser.
12:43Mais ce n'est pas grave.
12:44Mais il ne faut pas dire
12:44qu'elle est représentante
12:45de la jeunesse lycéenne.
12:46On n'a jamais dit
12:47qu'elle était lycéenne.
12:49Je suis là pour l'interfakeur,
12:51monsieur l'interfakeur.
12:52Madame Moreau,
12:52je voudrais qu'on donne la parole
12:53à...
12:53Elle ne représente pas les lycéens.
12:55Elle représente les marxistes.
12:56Je voudrais qu'on donne la parole
12:57à notre invité Cyril Coupeau
12:59qui est proviseur
13:00d'un lycée dans l'Essonne,
13:02secrétaire académique
13:03du syndicat UNESA.
13:05Et aujourd'hui,
13:05vous êtes en grève.
13:06Pourquoi ?
13:08On a baissé le rideau.
13:09On est en pause
13:10parce que nous subissons
13:12des violences énormément.
13:14Alors, on subit la violence
13:16qui déborde du mouvement lycéen.
13:18Le mouvement lycéen
13:19n'est pas forcément violent en soi,
13:20mais il y a de la violence
13:22qui s'y agrège.
13:23Nous la vivons pleinement.
13:25Violemment.
13:25Très, très durement.
13:26À la fois dans notre exercice professionnel,
13:28parfois dans nos vies privées,
13:29avec des atteintes
13:30jusque dans nos logements de fonction.
13:32Et puis,
13:34il se peut aussi
13:35qu'on soit un peu
13:37livré en pâture
13:39par le ministère
13:40ou par le ministre
13:41qui voudrait faire de nous
13:42des boucs émissaires
13:43en renvoyant vers nous
13:44énormément de choses
13:46qu'il faudrait
13:46que nous puissions résoudre
13:48par des moments de démocratie
13:50avec les jeunes dans les lycées
13:51pour parler de problèmes
13:52qui ne sont pas locaux
13:53mais nationaux.
13:56Vous voulez parler
13:57de ces fameux temps
13:58de dialogue
13:58qu'Edouard Geffray
14:00voulait instaurer
14:01dans chaque établissement.
14:02Ça fonctionne, ça ?
14:03Non, ça ne marche pas.
14:05Dans beaucoup d'établissements,
14:06ça ne marche pas.
14:06Il y a des endroits
14:07où ça puisse faire,
14:07je ne dis pas, évidemment.
14:09Mais globalement,
14:10ça ne marche pas.
14:10Moi, j'ai essayé,
14:11ça n'a pas pris.
14:12Et samedi,
14:12vous ferez quoi,
14:13après-demain ?
14:14Samedi ?
14:15Vous serez aux côtés
14:15des lycéens,
14:16aux côtés des étudiants ?
14:17À titre personnel,
14:18je serai chez moi.
14:20Vous en avez marge,
14:21je comprends que là,
14:22vous n'en pouvez plus.
14:23Parce qu'il y a beaucoup
14:24de vos collègues
14:24qui ont été agressés.
14:25Oui, et puis moi,
14:26je suis menacé aussi
14:27sur les réseaux sociaux.
14:28Pourquoi ?
14:28J'ai des collègues
14:29dont on casse les vitres
14:30des logements,
14:30on essaie d'incendier.
14:32Il y a des choses
14:33extrêmement violentes.
14:36Donc, moi,
14:36je serai chez moi samedi,
14:38non pas parce que
14:38je n'adhère pas
14:39aux vendications.
14:39Vous nous avez confié
14:40des captures d'écran,
14:42de visuels qui circulent
14:43sur les réseaux sociaux
14:44et qui vous suivent.
14:45Vous pouvez les expliquer ?
14:46Alors ça,
14:46ce n'est pas moi,
14:47mais c'est une image
14:48qui est censée montrer
14:50le ministre.
14:51Effectivement,
14:52cette affiche-là,
14:52ça appelle à une série
14:53de blocs.
14:54On vous voit là sur la gauche,
14:55Wanted, Cyril,
14:56c'est vous qui êtes caricaturé
14:58sur la gauche en haut.
14:59Alors là,
15:00ce n'est pas encore
15:00une caricature
15:01parce que c'est bien moi.
15:02Mais effectivement,
15:04il y a flores d'affiches
15:05de ce type
15:07avec Wanted,
15:08Rechercher,
15:08Mort ou Vif,
15:09etc.
15:10Avec des têtes de proviseurs.
15:11On vous reproche de vouloir
15:12simplement laisser
15:14les lycéens
15:15qui veulent travailler
15:15rentrer dans l'établissement ?
15:16Écoutez,
15:17nous, on veut faire
15:17d'autres métiers.
15:18D'autres métiers,
15:19c'est que les lycées
15:19soient ouverts.
15:20Là, par le coup,
15:21je suis caricaturé.
15:22J'espère que vous vous en rendez compte.
15:24Voilà,
15:25le cauchemar revient.
15:26Alors, je ne sais pas
15:26si le cauchemar,
15:27c'est moi
15:27ou si c'est ce que je vis.
15:28C'est ce que je vis-mille
15:29à les ténèbres.
15:31J'ignore
15:31si c'est une insulte
15:33pour me parler de moi
15:34ou si c'est une menace
15:35en me disant
15:35que ça va être terrible
15:36parce que d'autres affiches
15:37vont dire
15:38profitez bien du week-end.
15:39Lundi, ça va être très bien.
15:40Ça, c'est pas bien.
15:41Vous êtes d'accord
15:41que ce n'est pas admissible ?
15:43Moi, ce que je trouve inadmissible
15:44aujourd'hui,
15:45c'est le manque de moyens
15:46dont on parlait
15:46mais aussi la normative.
15:48Oui, mais là,
15:49je vais parler de ce truc-là.
15:50C'est qu'en fait,
15:50aujourd'hui,
15:51il y a une volonté
15:52de la part des présidences
15:53d'universités
15:53et des proviseurs de lycées
15:55à fermer les établissements
15:56en pensant
15:57que c'est ça
15:57qui va stopper la mobilisation
15:59pour faire en sorte
15:59que ça ne s'élargisse pas.
16:01C'est ce que vous faites ?
16:03Nous, on dénonce
16:03évidemment cette tentative-là
16:04de faire en sorte
16:04que ça ne grossisse pas
16:05et on invite l'ensemble
16:06des étudiants et lycéennes
16:07à continuer de construire
16:09la mobilisation et la grève.
16:10C'est ce que vous faites ?
16:10Effectivement,
16:11vous fermez les établissements
16:12pour casser le mouvement ?
16:14Je ne vise pas
16:14à fermer l'établissement,
16:15je vise à ce qu'il soit ouvert
16:16et ce qu'il y a de cours, madame.
16:18En revanche,
16:19c'est vrai qu'il est partiellement
16:20fermé chez moi
16:20et comme dans beaucoup
16:21d'autres lycées
16:23parce que quand on essaye
16:24de remettre les cours en place,
16:25c'est pour ça que
16:26les moments de démocratie
16:27la semaine dernière
16:27n'ont pas fonctionné
16:28dans mon lycée.
16:30Il n'a pas été possible
16:31de les mettre en œuvre
16:31parce que jeudi matin,
16:33c'était les terminales
16:34qui étaient attendues.
16:35Un blocus s'est remis en place
16:37devant le lycée
16:38comme les jours précédents.
16:40Ce qui est interdit,
16:40les blocus,
16:41on ne peut faire rien
16:41mais on ne peut pas bloquer.
16:42C'est interdit
16:43mais de fait,
16:44c'est comme ça que ça se passe.
16:45Il ne faut pas filtrer
16:46les blocus ?
16:47Ça dépend des endroits.
16:48Chez moi,
16:49il était filtrant
16:49et les BTS
16:50et les étudiants
16:51de classe préparatoire
16:52pouvaient entrer
16:53mais pas les lycéens.
16:54Mais vous,
16:54la majorité des élèves,
16:55ils veulent bloquer
16:57ou ils veulent travailler
16:58ou ils veulent avoir cours ?
17:00Ce n'est pas toujours simple à voir.
17:01C'est-à-dire que moi,
17:02je vois à peu près
17:03150 à 200 jeunes
17:04devant le lycée.
17:05Je ne sais pas
17:05quels sont complètement
17:07les bloqueurs
17:08et quels sont ceux
17:08qui sont là
17:09qui voudraient entrer
17:09et qui attendent
17:10de voir si ça va se débloquer.
17:12Et les parents,
17:12ils interviennent ?
17:13Ils ne vous appellent pas
17:14et ne vous disent pas
17:14et ça serait temps que...
17:15Les parents,
17:16ils m'écrivent beaucoup.
17:17J'en prends pour mon grade,
17:19ne vous inquiétez pas.
17:20Ah bon ?
17:21Qu'est-ce qu'ils disent les parents ?
17:22D'abord,
17:23ils trouvent scandaleux
17:23que le lycée ne soit pas ouvert.
17:26Ils trouvent scandaleux
17:27que la police
17:27ne fasse pas telle ou telle chose.
17:29Enfin, moi,
17:29je ne gouverne pas encore
17:31la police de ma ville.
17:35Qu'est-ce qu'ils peuvent me reprocher ?
17:36Donc, vous êtes vraiment pris
17:36en étau
17:38entre ceux qui veulent bloquer,
17:40ceux qui veulent aller travailler,
17:41les parents qui ne comprennent pas
17:42et le ministère
17:44qui se défausse un peu sur vous.
17:45C'est ça que je comprends ?
17:45Un peu, oui.
17:46C'est un peu, oui.
17:46On peut dire ça.
17:47On a lancé une alerte sociale
17:48à cause de ça, d'ailleurs.
17:50C'est-à-dire ?
17:51D'arrêter de renvoyer vers nous
17:53la balle des politiques publiques
17:54qui, depuis dix ans,
17:55consistent à ne pas écouter le terrain.
17:57On met en place des réformes.
17:58Pourquoi pas ?
17:59Nous, on n'est pas contre les réformes.
18:00Mais par contre,
18:01on veut les accompagner
18:02en apportant une expertise
18:03de ce qu'on sait.
18:04Vous voyez ?
18:05Et puis, la deuxième chose,
18:06c'est que j'entends bien
18:07que le budget d'éducation
18:08continue à augmenter
18:09dans ses enveloppes globales,
18:10au global.
18:11Mais les dotations
18:12que nous recevons
18:13pour fonctionner
18:14en nombre d'heures,
18:15parce que nous,
18:16l'argent,
18:17il se compte en heures,
18:18les enveloppes
18:19que nous recevons en heures,
18:20elles dégringolent
18:21à une vitesse phénoménale.
18:23Et cette année,
18:24il y a certaines enveloppes
18:25qui ont pu diminuer
18:26de 80%.
18:27Vous avez moins de moyens.
18:28C'est le problème.
18:28C'est le problème.
18:29Et c'est ce que je pointe
18:30à plusieurs reprises,
18:31et notamment dans le livre
18:32que je sors,
18:33c'est que, en fait,
18:34tout notre budget
18:34est aujourd'hui aspiré
18:35par les retraites.
18:36Vous savez que sur les 8 milliards
18:38d'euros complémentaires
18:39qui ont été mis dans le budget
18:40de l'éducation nationale,
18:417 milliards sont partis aux retraites.
18:43Parce qu'en fait,
18:43comme on ne réforme pas
18:44les retraites
18:45dans la plupart des services publics,
18:47on arrose du sable.
18:49Et tant qu'on ne réformera pas
18:50les retraites,
18:51ce n'est pas que dans le système
18:51de l'éducation nationale,
18:53eh bien,
18:53tous les services publics
18:54seront pompés.
18:55D'ailleurs,
18:55c'est pour la première fois
18:56Bercy qui,
18:56la semaine dernière,
18:57a publié les chiffres
18:58et qui démontre
18:59qu'un tiers de chaque budget,
19:02quasiment,
19:02voilà, 30%,
19:03un tiers de chaque budget
19:04est pompé par les retraites
19:05de chaque fonction publique.
19:07Donc, il faut qu'on change ça.
19:09En fait, c'est le même
19:09gouvernement qu'à se dire
19:10à la retraite.
19:11Peut-être.
19:12C'est très juste.
19:13Il y a tellement de choses
19:13sur lesquelles j'aimerais réagir,
19:15mais je vais essayer
19:15de faire court.
19:17Wanted,
19:18je l'ai aussi,
19:19je vous rassure,
19:19des menaces de mort,
19:20on en reçoit malheureusement.
19:22Ça ne le rassure pas, monsieur.
19:23Non, ce n'est pas rassurant,
19:24évidemment,
19:24ce n'est pas rassurant.
19:24Maintenant,
19:25bon, moi,
19:25je le prends un peu plus
19:26à la rigolote
19:27parce que malheureusement,
19:28les jeunes,
19:29en tout cas,
19:30n'ont pas forcément
19:30toujours de mauvaises intentions
19:32quand ils le font.
19:32Ils forcent de la nuance.
19:33J'appelle publiquement
19:36au calme,
19:36le plus possible,
19:37les menaces de mort
19:38n'ont jamais mené
19:39quelqu'un
19:40à faire des choses positives.
19:41Ça se retourne d'ailleurs
19:42souvent contre la cause
19:43que vous défendez.
19:44Bien sûr,
19:44et puis il n'y a pas
19:45d'intérêt
19:46à s'en prendre
19:47à quelqu'un
19:47qui,
19:48comme à l'armée,
19:49est un peu le sergent,
19:50petit parmi les grands
19:51et grand parmi les petits,
19:52donc le cul entre deux chaises.
19:54Et malheureusement,
19:55dans les sociétés,
19:56les gens ont toujours
19:57plus tendance
19:57à aller s'en prendre
19:58à ceux qui sont accessibles
19:59plutôt que ceux
20:00qui se retranchent
20:00dans des palais présidentiels.
20:02C'est beaucoup plus facile.
20:04J'aurais voulu réagir
20:05sur plein de choses,
20:06mais on dit que...
20:07Moi,
20:07je voudrais vous poser
20:08une question,
20:08Maxime,
20:09les gilets jaunes,
20:10ça avait démarré
20:11sur les ronds-points
20:11et puis on a vu
20:12ce mouvement prendre
20:12de l'ampleur
20:13et durer semaine après semaine.
20:14Est-ce qu'il va se passer
20:15samedi ?
20:15Est-ce que c'est le début
20:16de quelque chose
20:17ou c'est un moment,
20:18une journée de colère,
20:19d'expression de colère ?
20:20Mon nom de famille,
20:21c'est Nicole,
20:21c'est pas Irma,
20:22j'aurais bien voulu
20:22avoir une boule.
20:23Mais comment vous le sentez
20:24lorsque vous en discutez ?
20:25Ce que je vois,
20:26c'est que ça fait 5 ans
20:27à peu près
20:27que je m'étais mis en retrait,
20:30en tout cas publiquement,
20:31pour des raisons personnelles
20:32et puis professionnelles
20:34puisque je montre
20:34un projet pro
20:35qui me tient à cœur.
20:38Mais la colère,
20:38elle monte
20:39et elle monte
20:40en plus sur l'échelle sociale.
20:41C'est-à-dire que plus ça va,
20:42on a vu il n'y a pas longtemps,
20:44je crois que c'est hier
20:44ou aujourd'hui d'ailleurs,
20:45un journaliste dire
20:46ça commence à me toucher.
20:48Oui, c'est Dominique Rizet ici.
20:50Voilà,
20:50qui a dit
20:51ça commence à me toucher
20:52dans mon entourage,
20:52je vois des gens
20:53qui commencent à aller mal
20:54et qui se posaient
20:55la question de savoir
20:56s'ils n'auraient pas
20:56poser une pancarte
20:57quelque part
20:57dans un lieu de mobilisation.
20:59Donc oui,
21:00je ne sais pas
21:01ce qui va se passer samedi.
21:01Ce que je constate néanmoins,
21:03c'est que la colère
21:04non seulement n'est pas calmée,
21:05mais a touché
21:07un nombre de plus en plus important
21:09de gens
21:09avec des classes
21:11socio-professionnelles
21:12de plus en plus variées
21:14et que je ne vois pas
21:15comment ça pourrait se calmer
21:16puisqu'il n'y a aucune réponse politique.
21:18Un dernier mot.
21:19Moi, je voulais revenir
21:20sur plusieurs choses
21:21sur la question
21:21du blocage, etc.
21:23En fait,
21:24ça parle beaucoup
21:25de blocage,
21:26de violence.
21:26Bon, déjà la violence,
21:27on la voit quand même
21:28du côté de la police.
21:29C'est quand même
21:308000 lycéens, lycéennes
21:31qui ont été interpellés
21:32et personne pendant la mobilisation
21:34quand même.
21:35Mais par ailleurs,
21:35en fait,
21:36sur les blocages,
21:36je trouve qu'il y a quand même
21:37une petite hypocrisie
21:38sur cette question
21:39parce que les fermetures
21:41d'universités et de lycées,
21:42c'est fait pour que
21:43les universités,
21:44elles soient désertes,
21:45que personne ne se mobilise
21:46qui est par ailleurs
21:47une erreur.
21:48Mais là où il y a aussi
21:49une hypocrisie,
21:50c'est qu'en fait,
21:51c'est surtout pour ne pas
21:52faire respecter le droit de grève.
21:53Parce qu'en fait,
21:54quand on ne respecte pas
21:55le droit de grève
21:58et qu'il y a une sanction.
22:00Aujourd'hui, les lycéens,
22:01ils sont sanctionnés
22:02quand ils font grève
22:02parce que c'est inscrit
22:03dans leur dossier parcoursu.
22:05Et c'est parce que
22:05le droit de grève
22:06n'est pas respecté
22:06qu'ils sont obligés
22:07de bloquer.
22:08Et ça, vous,
22:09ça vous arrange
22:09qu'ils bloquent
22:10parce que là,
22:10vous pouvez ramener la police
22:11et tenter de réprimer.
22:12Mais il faut comprendre
22:13et je termine juste
22:13sur cette phrase.
22:14Il y avait 8 poubelles
22:14qui vont arriver à Jodas Sadat.
22:17C'est qu'il faut comprendre
22:17une chose.
22:18Malgré la répression,
22:19les interpellations,
22:20les fermetures,
22:21d'établissements,
22:22la jeunesse continue
22:23de se mobiliser
22:23et le gouvernement
22:24parle d'essoufflement.
22:25Ce n'est pas du tout le cas.
22:26La jeunesse n'est pas
22:27en train de s'essouffer.
22:28Elle est en train
22:28de s'organiser.
22:29Il y a une coordination nationale
22:30étudiante et lycée.
22:32Notamment la dimanche.
22:33Vous ne représentez rien, madame.
22:34On verra pas d'hyperfond.
22:36Vous avez 26 ans,
22:37vous n'êtes pas lycée.
22:37Mais monsieur,
22:38j'ai déclaré la manifestation
22:41d'aventir
22:42où il y a 50 000 personnes
22:43qui sont venues.
22:43Je ne représente pas
22:44un problème.
22:45C'est terminé, madame.
22:46Merci, ça préfigure
22:47ce qui va se passer samedi.