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  • il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00C'est le coup de théâtre judiciaire du jour 5 ans après la disparition de Delphine Jubileur.
00:04Son mari, condamné en première instance, a donc écrit à ses avocats
00:07et il reconnaît avoir une responsabilité dans cette histoire.
00:12Donc il avoue et maintenant il est prêt à aider les enquêteurs à retrouver le corps.
00:16Écoutez son représentant légal.
00:19Quelques semaines, il m'a dit, écoutez maître, il faut que je vous dise la vérité, c'est moi.
00:23C'est moi qui suis à l'origine de la disparition de ma femme.
00:29L'explication qu'il donne est la suivante.
00:31Il s'agit d'un couple qui s'est dégradé inexorablement depuis plusieurs mois
00:36avec des tensions de plus en plus fortes.
00:38Et c'est dans le cadre d'une énième dispute conjugale que les choses ont mal tourné
00:42et que celui-ci se retrouve donc à l'origine de la disparition de sa femme.
00:46Parce que quand il a réalisé ce qu'il avait fait, il a tout de suite pensé à ses enfants.
00:51Il s'est dit, il ne faut pas qu'il ne voit ça, donc je dois déplacer le corps.
00:54Il a pensé aussi, parce qu'il s'agit d'un être humain, mes enfants m'en voudront,
00:59ils ne me le pardonneront pas.
01:01Et donc très rapidement, pour ne pas dire immédiatement,
01:03il a pris la décision de déplacer le corps de Delphine avec le véhicule.
01:08Et en ce qui nous concerne, nous espérons que tout sera fait
01:10avec l'aide de Cédric Jubilard pour retrouver le corps de Delphine.
01:14Il n'y a rien de plus important aujourd'hui.
01:15– C'est donc un véritable coup de théâtre que l'on vit en ce moment,
01:20cinq ans après la disparition de Delphine Jubilard.
01:23Eh bien enfin, mais il faut reconnaître que c'est quelques mois,
01:26enfin trois mois avant son procès en appel,
01:29Cédric Jubilard en fait dit des aveux.
01:32Il dit, c'est moi Dominique Rizet, voilà ce qu'il dit de…
01:35– C'est du jamais vu, c'est du jamais vu, on n'a jamais vu,
01:39regardez j'ai apporté ça, parce que je ne fais pas ma promo,
01:42mais ce livre qu'on écrit avec un ami de l'AFP, Rémi Bellon,
01:47sur les aveux, il y a 25 ou 30 aveux dedans,
01:50personne n'a jamais avoué comme ça au bout de cinq ou six ans de détention,
01:53après avoir été condamné à 30 ans,
01:56donc les six ans qu'il a fait sont déductibles des 30,
01:59il en reste en principe 24 à faire,
02:01mais on n'a jamais vu quelqu'un avouer comme ça,
02:04d'un seul coup, tomber du ciel et faire des aveux,
02:07alors que quand même, et on écoute ses avocats
02:10et la conférence de presse, il a eu mille fois l'occasion de le faire.
02:13Tous les avocats qui lui ont parlé,
02:15Mourad Bati, Pauline Rongier,
02:17tous ceux qui étaient là à l'audience, devant la cour d'assises,
02:21lui ont dit, mais dites-nous la vérité,
02:23et à chaque fois il a répondu, mais non, ce n'est pas moi,
02:26avec un appelon extraordinaire.
02:28Il dit, j'étais verrouillé par la pression,
02:31par la pression médiatique,
02:33Vous connaissiez le verrou de la pression médiatique ?
02:35Dans ce sens-là, non, je ne la connais pas beaucoup,
02:39je ne la connaissais pas beaucoup,
02:39surtout qu'au départ, ce que ces conseils oublient de préciser,
02:43c'est que c'est quand même associé aux recherches.
02:46Je rappelle quand même de pression, il n'y en avait pas beaucoup,
02:48à ce moment-là, qu'au contraire,
02:49il avait toute l'attitude pour être à l'aise
02:52et se confier à qui il avait bien envie de se confier.
02:55Non, on va être clair,
02:56ce à quoi on a assisté avec ces deux avocats,
02:58c'est une pantomime,
02:58c'est juste une pantomime, c'est du cirque.
03:02Peut-être pour répondre à la question de Dominique,
03:04pourquoi des aveux comme ça à ce moment-là ?
03:06Tout simplement, peut-être parce qu'en première audience,
03:07il ne pensait pas être condamné à 30 ans
03:09et que de manque de peau,
03:11alors que la défense était basée sur l'acquittement,
03:13il est condamné.
03:14Il y a une deuxième chance qui est donnée.
03:16Là, tout à coup, on joue le coup de la rédemption.
03:17Attention, parce qu'on ne sait pas tout encore.
03:20Il n'a pas dit comment il avait tué...
03:23Il n'a pas dit qu'il l'avait tué.
03:23Ça change rien.
03:24Non, non, non, attendez, les mots ont un sens.
03:26Il n'a pas dit qu'il l'avait tué.
03:28Il a dit, je suis à l'origine de la disparition.
03:31Il a dit qu'il lui avait donné la mort.
03:33Oui, mais c'est l'affaire.
03:34Si on veut répondre à cette question de façon très factuelle
03:38pour arrêter les divagations de ces avocats-conseils,
03:41le président de la cour d'appel n'a qu'à ouvrir une information,
03:45ordonner son extraction, qu'il amène les enquêteurs ou les magistrats
03:48là où est le corps de Delphine Jubilard et basta.
03:51Et on arrête.
03:52Mais c'est ce qui va se passer, non ?
03:53J'espère.
03:53Parce que c'est ce qu'il laisse entendre.
03:55Il est prêt, en tout cas, c'est ce qu'ont dit ces avocats,
03:58il est prêt à dire précisément où se trouve la dépouille de Delphine Jubilard.
04:01Mais celui-là, on a tellement raconté, dans un sens comme dans l'autre,
04:04à Marco, son copain de cellule, à Jennifer, son ex-petite copine,
04:08j'ai mis le corps là, c'est moi, j'ai fait ça.
04:09Du coup, tous ces témoignages étaient vrais.
04:11Oui, mais bien sûr, à sa mère.
04:13Quand il avait dit à sa mère « j'ai envie de la tuer »,
04:15finalement, il fallait le croire.
04:16Mais après, quand on est allé lui demander
04:18« est-ce que vous avez vraiment dit ça à votre mère ?
04:19Est-ce que vous avez vraiment dit ça à Marco ?
04:21Est-ce que vous avez vraiment dit ça à Jennifer ? »
04:22Il a dit « mais non, c'est des conneries, je n'ai jamais dit ça,
04:24ils ont tout inventé. »
04:26C'est quand même un peu compliqué.
04:28Et très vite, pourquoi est-ce qu'il parle maintenant ?
04:31Il a pris 30 ans.
04:33Le 21 septembre, il part en appel, cour d'assises d'appel.
04:36S'il arrive à se rendre sympathique, ce qui va être compliqué,
04:39il peut espérer avoir la peine qu'a eue Jonathan de Val.
04:41On va y revenir sur, effectivement, la stratégie,
04:44parce qu'il y a aussi une stratégie derrière de défense.
04:47Mais Maître Vial, bonsoir, moi je voudrais comprendre,
04:50parce qu'il faut bien préciser que Cédric Jubilard a changé d'avocat.
04:53Il a désormais la famille de Buisson, un père et fils,
04:56ce sont des avocats réputés dans la région,
04:59et qui visiblement ont réussi à le faire avouer, si je comprends bien.
05:03Et eux, ils expliquent que Cédric Jubilard est dans un état assez difficile.
05:09On lui a mis des médicaments extrêmement puissants,
05:12qui en faisaient presque un zombie.
05:14Et ça expliquerait le comportement de Jubilard,
05:17qui pendant longtemps a été muti, notamment durant son premier procès.
05:19Est-ce que c'est une explication ?
05:22Disons qu'en tout cas, c'est l'explication qui nous est donnée aujourd'hui par ces conseils.
05:26Maintenant, vous sentez l'agacement sur votre plateau,
05:29parce qu'effectivement, vous avez quand même une audience qui se déroule devant des professionnels,
05:33des confrères en partie civile, des confrères qui l'ont défendu en défense,
05:38aussi une cour d'assises et, il faut le dire, un avocat général,
05:41qui n'a pas manqué de regarder si l'État était compatible avec une comparution devant une cour d'assises.
05:48Et à aucun moment, tous ces professionnels n'ont estimé que M. Jubilard était dans un état second
05:53qui l'empêchait de répondre aux questions.
05:55ou, on a, je crois, un psychologue sur votre plateau,
05:59un état psychologique qui ne permettait pas de comprendre ce qu'il disait
06:03et donc interrogeait sur sa santé mentale.
06:05Alors, comment expliquer ce revirement ?
06:06Selon vous, vous, l'avocate, vous êtes en contact avec des accusés.
06:11Comment on arrive comme ça à avouer son crime ?
06:15Ce sont des dossiers difficiles.
06:17Moi, j'ai assisté quelqu'un qui était accusé,
06:20qui a été condamné pour un féminicide à Moneto en 2021.
06:25C'est des dossiers qui sont difficiles à mener.
06:27En face, on a effectivement une pression.
06:28Alors, elle peut être médiatique, ça, c'est une réalité.
06:31Mais il y a aussi la pression des faits, du drame.
06:34Parfois, des enfants qui survivent au drame.
06:38Et donc, tout ça peut effectivement jouer dans le cadre d'aveux.
06:43Maintenant, là, ce qui est, je crois, extrêmement difficile pour les professionnels que nous sommes,
06:48et on en parle, y compris entre confrères,
06:50c'est qu'on vient mettre en avant une lettre, un courrier qui a été adressé à son avocat.
06:56Et ça, c'est vrai que normalement, c'est du jamais vu.
06:59Parce qu'en fait, les courriers sont strictement confidentiels entre un client et son avocat.
07:03Ça veut dire qu'on ne peut le montrer à personne.
07:06Sauf si, il y a l'accord de la personne qui...
07:08Non, non, non, on n'est jamais relevé de son secret professionnel.
07:12Jamais.
07:12Donc, même un client qui nous dit,
07:13allez-y, maître, donnez-moi ce courrier que je vous ai écrit,
07:17vous pouvez le transmettre au président de la cour d'assises,
07:19eh bien, on refuse.
07:19On dit, vous écrivez directement au président de la cour d'assises.
07:22Pourquoi il est passé par son avocat ?
07:23Pourquoi il n'a pas fait directement ses aveux ?
07:26C'est surprenant, ça.
07:26On aura peut-être la réponse dans les prochains jours,
07:29ou peut-être à la cour d'assises même,
07:30lorsqu'il y aura enfin l'interrogatoire au fond,
07:33en espérant qu'il donne toutes les réponses.
07:34Vous comprenez ça, sur une éventuelle stratégie
07:37ou la stratégie de vos confrères,
07:39cinq ans après la disparition,
07:40après la condamnation et à deux mois du procès d'appel,
07:43d'avoir ces aveux qui arrivent maintenant comme ça ou pas ?
07:46C'est difficile de comprendre,
07:47parce qu'il y a énormément de critiques.
07:49C'est-à-dire que des aveux de quelqu'un
07:52qui a besoin, effectivement, à un moment donné,
07:54de donner la vérité, de dire et de soulager sa conscience,
07:57et puis aussi, il faut le dire, peut-être soulager ses enfants,
08:00ça, on peut le croire et on peut l'entendre.
08:01Ce qui dit donner une sépulture à la mère de mes enfants.
08:03Complètement, on peut l'entendre.
08:04La difficulté, c'est que, dans le même temps,
08:06on tacle ces anciens conseils qui ont fait un travail,
08:09je crois, remarquable.
08:10C'est pas mal.
08:11C'était pas mal.
08:11Et en même temps, on vient violer le secret professionnel en le faisant par voie de presse,
08:18alors que, normalement, on le fait en écrivant à la présidente ou au président des assises en appel,
08:23en lui demandant un supplément d'information ou peut-être la réalisation d'une expertise,
08:27ce qui peut se faire entre la première instance et l'appel.
08:30Et c'est à cette occasion-là que l'accusé vient dire un certain nombre de choses
08:33qui peuvent donner lieu à un supplément d'information.
08:35Dominique, vous alliez sur cette piste.
08:38Est-ce que les aveux de Jubilard peuvent rendre le jury en appel plus clément, plus compréhensif ?
08:45C'est très vraisemblablement ce que lui espère.
08:48C'est ce qu'il espère.
08:49Sinon, quel intérêt ?
08:50Moi, je crois pas du tout, Maître Vial,
08:54qu'il ait envie de dire la vérité à ses enfants.
08:59Il a tellement menti.
09:01Ses enfants lui ont demandé de dire ce qui s'était passé.
09:06Il a menti.
09:07Je le vois pas faire ça.
09:09Je pense que dans sa tête, tout est calcul.
09:11Que tout est petit calcul.
09:13Pas que dans la sienne.
09:14Et donc, peut-être dans celle de ses avocats aussi.
09:17Effectivement, il prend 30 ans en première instance.
09:20Et là, on appelle.
09:21Mais il peut se dire, voilà, moi, si j'avoue,
09:23si je me rends sympathique devant la nouvelle cour d'assises,
09:26la future cour d'assises,
09:27eh bien, je peux espérer mentir avec 25 millions.
09:30Mais je voudrais interroger, pardon, Florent Gaterias,
09:32vous êtes psychocriminologue.
09:34Parce que ce qu'on met en avant aussi, ce sont ces conditions de détention.
09:37Il est à l'isolement depuis 5 ans.
09:39Des conditions que ses avocats décrivent difficiles.
09:42Il est d'ailleurs, en ce moment, en service médico-psychologique régional.
09:46C'est une unité à part en détention.
09:49Donc, est-ce que ça joue aussi, selon l'état psychologique,
09:51dans cette lettre agressée à ses avocats ?
09:54Très probablement, revenons à la personnalité de Cédric Jubilard lui-même.
09:58Il est décrit comme étant quelqu'un qui, globalement, a eu une enfance
10:04où il s'est senti abandonné, placé en foyer,
10:08un beau-père violent, une mère qui le couvait un peu trop,
10:13en le laissant un peu faire toutes les choses.
10:15Bref, c'est quelqu'un qui s'est développé
10:16en ayant une intolérance à la frustration,
10:21en ayant une capacité à réagir sous la force de l'impulsion,
10:28à manipuler les uns et les autres,
10:30et avec une empathie relativement faible pour l'entourage.
10:34C'est en tout cas comme ça qu'il est décrit dans ce que l'on peut en voir.
10:39Cette définition-là montre que c'est quelqu'un qui, en prison,
10:44doit subir de façon assez frontale le choc carcéral.
10:48Et surtout qu'il est placé à l'isolement
10:50parce que c'est une affaire médiatique.
10:52C'est probablement pour ça...
10:52Il pense à propre sécurité, c'est ce qu'on nous dit.
10:54Évidemment, oui, c'est pour ça.
10:58C'est probablement pour ça aussi qu'il a eu un traitement
11:02pour diminuer l'angoisse.
11:05Ce traitement, il est obligé de le prendre ?
11:07On le force à le prendre ?
11:08Non.
11:09Parce que c'est ce que les avocats laissent entendre.
11:13Ils ont même parlé de torture.
11:14Oui, oui.
11:15Il était presque un zombie.
11:17Il était devenu presque un zombie.
11:18Il ne peut pas y avoir de traitement forcé en prison.
11:20Ce serait considéré comme une double peine.
11:22D'accord.
11:22Et ça n'annile pas éventuellement les facultés cognitives ?
11:26Il y a un effet sédatif.
11:28C'est-à-dire entre lui-même, peut-être son blocage,
11:30plus les médicaments ?
11:32Non ?
11:33On parle quand même de torture blanche.
11:34Dans le cadre de l'isolement, il faut quand même le dire,
11:37l'isolement produit des effets désastreux sur la mémoire.
11:42Mais bien sûr, et ce n'est pas seulement moi, c'est la jurisprudence.
11:45On a été condamnés.
11:46Ça veut dire quoi de torture blanche ?
11:47Ça veut dire que concrètement, quand vous ne voyez personne toute la journée,
11:51au bout d'un moment, ça a des effets sur votre santé mentale
11:54et ça a notamment aussi des effets sur la mémoire.
11:57Et donc, il y a un certain nombre de choses que vous n'êtes pas en capacité de restituer.
12:00Jusqu'à oublier qu'on a tué sa propre femme.
12:02Alors, probablement pas jusque-là, et je ne suis pas expert pour pouvoir le dire.
12:06Mais entendez quand même que cet isolement, c'est quelque chose qui est vraiment suffisamment difficile
12:12pour qu'on parle de torture.
12:13Et ça n'est pas la défense qui le dit.
12:16C'est vraiment notoirement connu.
12:17– L'isolement, c'est quelque chose qui peut rendre fou.
12:22– Jean-Pierre Colombien.
12:24– Non, c'est quelque chose qui…
12:25– Ça ne vous gêne pas, l'isolement, Jean-Pierre.
12:26– Très bien, ok.
12:26Mais comment il a fait pour nouer une relation sentimentale, alors, pendant cette incarcération ?
12:30– Ça n'a rien à voir. Il est enfermé toute la journée.
12:32– C'est vrai qu'il a fait une relation.
12:34– Il peut écrire, il peut avoir des parloirs.
12:37– Sérieux, deux secondes.
12:38D'abord, il a eu des coups de détenus.
12:40Il ne faut pas dire n'importe quoi, puisqu'il s'est confié à d'autres détenus.
12:44Il a eu noué une relation sentimentale.
12:46Moi, je suis désolé, quand on me parle d'état d'abattement,
12:49regardez, rediffusez les images de sa première audience.
12:53Il est tout sourire, il est décontracté.
12:54Je vais vous dire un truc.
12:56Moi, j'ai assisté aussi, en tant que policier,
12:58j'ai été cité comme témoin à des assises,
13:00où les clients des avocats qui les défendaient
13:03étaient tellement désappointés de la propre attitude de leurs clients
13:07que certains m'ont même dit, parfois, à l'audience,
13:09« Qu'est-ce que vous voulez ? Je ne dis pas rien, il est con. »
13:11Ok. Parfois, il y a aussi, et ça, il faut le dire...
13:13Donc, je suis là, vous le mettez dans quelle catégorie, Jean-Pierre Colombiard ?
13:16Je le mets dans la catégorie des manipulateurs.
13:18C'est évident, il a passé son temps, comme l'a dit, de mentir.
13:21Il a menti pendant cinq ans.
13:22Ça n'a été que ça.
13:23Et il s'était bien installé dans cette...
13:25Et ce n'est pas moi qui le dis.
13:26C'est son avocat, d'ailleurs, de la première audience, qui dit,
13:29« Pour moi, ce revirement, je ne me l'explique pas,
13:31parce qu'il était assis, conforté dans son positionnement
13:35de plaider l'innocence. »
13:36C'est pour ça qu'il est compté, je pense, sur l'acquittement,
13:39parce que le dossier, en termes de preuves matérielles, physiques, est faible.
13:42Donc, ce sont des aveux trop tardifs, il faut être honnête.
13:44Mais évidemment.
13:45Enfin, il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour s'en apercevoir.
13:48Il y a un timing évident avec l'appel.
13:50L'idée, c'est de repousser cette audience, peut-être...
13:53C'est ce que souhaite son avocat.
13:54Il estime que ce serait grotesque, juste que le procès en appel se tienne à date prévue.
13:57Je voudrais savoir, dans ces cas-là, pardon, parce qu'on vous a un peu coupé la chique,
14:01je suis navré, mais est-ce que c'est lui qui a décidé, c'est le moment, je le fais,
14:07c'est le moment de dire ce que je sais, dire ce que j'ai fait,
14:11en collaboration avec ses avocats, c'est lui qui décide
14:13ou ce sont ses avocats qui arrivent à le faire venir à eux ?
14:15Alors, évidemment, on n'en sait rien, parce qu'on n'est pas dans le secret des parloirs
14:19entre les avocats et leurs clients.
14:22Ce qui est certain, c'est que là, Cyril Jubilard est un petit peu au pied du mur.
14:25Alors, le procès en appel va arriver, si effectivement il ne réagit pas,
14:31et sa défense le sait très bien, s'il ne réagit pas,
14:34ça risque d'être la même sanction pour les mêmes...
14:38Voire plus ?
14:39Les causes vont faire les mêmes effets.
14:40Voire plus ?
14:40Plus, visiblement, non.
14:43Donc, il faut changer la donne.
14:45Pour changer la donne, il faut qu'il se présente sous un autre jour.
14:51C'est que Jubilard est très soucieux de l'image qu'il donne de lui-même.
14:54Et il est très sensible à ça.
14:58Et c'est effectivement ce qui est probablement le moteur de ce changement,
15:03qui est, si ce n'est manipulatoire, en tout cas défensif, ça c'est clair.
15:08Mais en même temps, c'est quelque chose qui lui permet de passer d'un état,
15:12d'un rôle de celui qui subit à celui qui agit.
15:16D'une personnalité qui se dit victime de sa famille, de la société, de la justice,
15:22à celui qui maintenant prend les choses en main.
15:24C'est manipulatoire, mais c'est défensif.
15:27On peut le comprendre.
15:29Le drame s'est joué à Cagnac-Lémy,
15:30nous nous retrouvons Arthur Descudé en direct pour BFM TV,
15:33parce que ce qui est intéressant de savoir, Arthur,
15:36c'est quelles sont les réactions dans la ville des Jubilards.
15:39Est-ce que c'est soulagement, entre autres, ou pas ?
15:44Oui, vraiment, c'est un ouf de soulagement ici à Cagnac-Lémy.
15:47Alors nous, avec Léane Delabrière, on se trouve devant l'ancienne maison,
15:51l'ex-domicile du couple Jubilard.
15:53C'est ici où Cédric et Delphine ont passé quelques années.
15:55Et c'est surtout dans cette maison que s'est tenu ce drame en décembre 2020.
16:00Vous le voyez, une maison qui a été complètement abandonnée.
16:03Les ronces recouvrent cette habitation.
16:05Il y a également un mémorial qui a été installé ici en hommage à Delphine.
16:09On a également, juste à côté, l'ancien véhicule de Cédric Jubilard.
16:13Voilà donc, grande émotion dans ce quartier.
16:16Et vous le disiez, surtout, un ouf de soulagement.
16:18C'est en tout cas ce qu'on a compris quand on a rencontré quelques habitants de ce quartier.
16:22Je vous propose de les écouter.
16:23Ils sont au micro de Léane Delabrière.
16:26Soulagement, quand même.
16:27Maintenant, on a hâte de découvrir où elles se trouvent
16:31et mettre fin à ce calvaire pour les enfants.
16:34Vu le personnage, je ne pensais pas qu'il avouerait un jour.
16:37Malgré qu'il y a des choses qu'on peut comprendre.
16:39L'enfermement, rester dans son mensonge avec un poids lourd à porter comme ça.
16:44Penser à ses enfants, à sa famille, à beaucoup de choses.
16:48Voilà, vous l'avez compris.
16:49Donc, ouf de soulagement ici à Cagnac-les-Mines.
16:52Mais maintenant, on attend de savoir où a été placé le corps de Delphine Jubilard.
16:56Et surtout, quand est-ce que Cédric Jubilard donnera plus d'informations à la justice ?
17:01Arthur Descudé avec Léane Delabrière.
17:04Cagnac-les-Mines.
17:04Le corps, la question du corps.
17:06Oui, alors justement, que va-t-il se passer maintenant ?
17:08Est-ce que les gendarmes vont très rapidement entendre Cédric Jubilard
17:11pour lui demander qu'est-ce qui s'est passé précisément cette nuit-là ?
17:15Et où est le corps ?
17:16La présidente de la cour d'assises d'appel, où le président va prendre une décision,
17:19va dire oui, on y va, non, on n'y va pas.
17:22Entendez-le, allez-y.
17:23Bien sûr qu'il faut aller vite, évidemment qu'il faut aller vite.
17:25Est-ce que le procès peut se tenir en septembre ?
17:27Les avocats voudraient que la date soit repoussée.
17:29Je pense que oui, s'ils collaborent, il y a deux mois de non,
17:33c'est un peu juste, un mois et demi.
17:36Vu le temps judiciaire qui est toujours très lent.
17:38Et si on retrouve le corps, d'abord il va falloir l'identifier, y aller,
17:41puis c'est ça, il va falloir faire quand même une autopsie
17:43et puis réentendre M. Jubilard sur les circonstances de la mort.
17:47Parce qu'en fait, il va falloir quand même y avoir un interrogatoire au fond.
17:50Ça peut aller assez vite, c'est septembre quand même.
17:53On a compris que la stratégie des avocats, c'est de défendre le crime passionnel,
17:59un terme qui n'existe plus juridiquement.
18:00Maintenant, on parle de féministe, ça n'existe plus le crime passionnel, on est d'accord ?
18:03En fait, on romantise, ce mot romantise quelque part le crime.
18:07Et donc, en fait, il y a quand même à un moment donné l'envie de se séparer
18:12de ce terme qui a été utilisé pendant des années par la Défense
18:14pour essayer d'expliquer qu'il y avait des crimes qui se déroulaient dans le cadre
18:18de difficultés relationnelles amoureuses.
18:22Mais le crime passionnel, ça tend à romantiser.
18:25Ça, c'est inaudible aujourd'hui.
18:26C'est inaudible, inaudible.
18:27Non, il ne faut plus l'utiliser, je pense.
18:29En tout cas, c'est mon avis.
18:31Merci.
18:31Signez-moi un peu quelle passion il y a dans le meurtre d'une femme
18:34par un type qui met sa femme dans le coffre d'une voiture et qui va l'enterrer.
18:37Mais ça, on est d'accord.
18:38Alors d'ailleurs, l'explication, c'était pour ne pas montrer le corps aux enfants.
18:41Oui, oui.
18:42Ah ben oui, s'il avait peut-être l'intention.
18:44C'est l'explication qu'il apporte.
18:45Vous y croyez ?
18:46Je ne suis pas là pour y croire ou pas, je donne les faits.
18:47Moi, j'y crois pas.
18:48Et maintenant, la deuxième étape, c'est qu'effectivement, ces avocats, ces conseils
18:52arrivent à lui faire dire où est le corps.
18:54Et ça, on n'a pas besoin d'attendre des mois.
18:56Dans un instant, la deuxième, on va s'intéresser aux incendies.
18:59On va regarder où on en est sur le fond des incendies.
19:01Dans les Pyrénées-Orientales, essentiellement, il y a du vent sec, il y a la chaleur qui est
19:06là, les pompiers ont mis les moyens, mais les feux ne sont pas encore maîtrisés.
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