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  • il y a 4 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:05Générique
00:06...
00:11D'abord, nous allons retrouver Mélanie Bertrand en direct de Florence dans le Gers,
00:14parce que d'ici quelques minutes, Mélanie, le maire de la ville, le maire de Florence, va s'exprimer.
00:22Exactement, peut-être pour donner les dernières consignes avant les obsèques.
00:26Demain, vous le savez, à 14h30, ici à Florence, c'est toute la commune qui s'apprête
00:29à enterrer Liana, à vos funérariums de la ville.
00:32Beaucoup, beaucoup de fleurs ont été reçues.
00:35Et les habitants que nous croisons dans les rues de Florence nous disent
00:38à quel point ils ont été évidemment émus, marqués par ce drame qui a frappé leur commune il y a
00:43maintenant 15 jours.
00:44Alors la cérémonie, elle va débuter demain à 14h30 au cimetière de Florence
00:49avec la famille de l'adolescente qui est invitée, ses proches, à prendre la parole.
00:53Au même moment, 14h30, les différentes mairies du Gers ici sont invitées
00:58à aussi faire un moment de recueillement si elles le souhaitent, à mettre leur drapeau en berne.
01:02Il y aura ensuite évidemment le moment de l'inhumation du corps de Liana
01:06qui se fera dans la plus stricte intimité.
01:09Beaucoup d'habitants nous ont dit qu'ils allaient respecter la volonté de la famille
01:12de ne pas se rendre aux obsèques, de les laisser vraiment entre eux.
01:16C'est le cas d'un papa à qui on a parlé ce matin.
01:18Son fils est scolarisé dans le même collège que Liana, trop douloureux pour lui de se rendre au cimetière.
01:24Mais il a fait envoyer des fleurs et c'est sans doute là-dessus que le maire de Florence va
01:28communiquer.
01:29D'ici quelques minutes, il l'a dit, ce qu'il souhaite, ce sont des obsèques dignes à la hauteur
01:33de la volonté de la famille de Liana.
01:35Mélanie Bertrand à Florence avec Agathe Pichon pour BFM TV.
01:39Justement, le nom de Jérôme Barrella est en tête.
01:42Mais c'est sa famille que l'on découvre aussi, et pas dans les meilleures circonstances, avec vous François Gapillon.
01:48Parce que plusieurs membres sont mis en cause pour des faits similaires.
01:52En effet, bonsoir à tous.
01:53D'abord, un rappel concernant Jérôme Barrella lui-même.
01:56Il se trouve, ou s'est trouvé, vous le voyez ici sur cet arbre généalogique, au cœur de neuf procédures
02:03depuis près de dix ans.
02:05Cela inclut notamment l'affaire Liana, mais aussi des plaintes en cours.
02:09Le grand frère de Jérôme Barrella, qui se trouve ici et lui aussi, mis en cause.
02:14Yannick Barrella, 44 ans aujourd'hui.
02:16En début de semaine, il a passé 48 heures en garde à vue avant d'être mis en examen pour
02:20des viols conjugaux sur deux anciennes compagnes,
02:22dont l'une avait 17 ans au moment des premiers faits qu'elle dénonce.
02:26Yannick Barrella a été remis en liberté depuis, sous contrôle judiciaire, décision dont le parquet a fait appel.
02:31Yannick Barrella conteste les accusations portées contre lui.
02:34Et puis, il y a le père de Jérôme Yannick, Joël Barrella, 71 ans aujourd'hui.
02:40Lui aussi, accusé de viol par deux de ses anciennes petites filles par alliance.
02:45Les deux petites filles de son ancienne compagne, Maéva et Précilia, que vous voyez tout en bas à droite.
02:50Aujourd'hui, elles sont adultes.
02:52Elles ont déposé plainte pour des viols et des attouchements lorsqu'elles étaient enfants,
02:55ce que Joël Barrella a toujours contesté.
02:56Dans l'une des procédures, il avait bénéficié d'un non-lieu, pour l'autre d'un classement sans suite,
03:01faute d'éléments matériels, mais le parquet de Bézias a annoncé hier qu'il allait rouvrir l'enquête
03:06sur les faits dénoncés par Maéva.
03:09Justement, vous venez de parler de Maéva et Précilia.
03:11François Gapian, elles ont témoigné, toutes les deux sur BFM TV.
03:15Dernier témoignage en date, justement, celui de Précilia.
03:19En fait, il s'avère que, soi-disant, une fois, sans le faire exprès, je lui aurais touché
03:26le sexe et que, du coup, ça l'a expliqué.
03:30Et, du coup, ça a commencé à se frotter à moi.
03:35À part ma maman, mon beau-père et la maman de ma soeur, personne ne m'a cru.
03:42J'étais une menteuse.
03:44Même mon papa, j'étais une menteuse.
03:47Mais je n'aurais jamais menti sur un truc aussi gros.
03:51Il a détruit ma vie.
03:53Précilia, dont le visage est flouté à sa demande,
03:55et puis il y a le témoignage de Maéva qui était ce matin.
03:59Oui, en direct sur BFM TV.
04:02J'avais confiance en Joël.
04:05J'étais dans une caravane, donc moi, sur un lit de place.
04:08Et de l'autre côté de la caravane, il y avait un lit, une place,
04:10où Joël, en général, se mettait.
04:13Et une nuit, il s'est glissé, en fait, dans le même lit que moi.
04:16Donc, il pensait que j'étais endormie, sauf que je ne l'étais pas.
04:19Il ne me disait rien.
04:20En fait, il se frottait à moi et il n'y avait pas de parole, il n'y avait rien.
04:24Et puis, au niveau de la piscine, pareil, pour lui, c'était tellement normal,
04:27tellement banal qu'il ne disait rien.
04:30Donc, à partir du moment où ça s'est passé dans la piscine,
04:32j'avais un minimum de conscience et je commençais à réaliser que c'était grave.
04:36À la fois, je suis contente parce qu'on va pouvoir être enfin entendue,
04:40enfin pouvoir être reconnue comme victime, même s'il n'y a pas forcément de suite.
04:44Mais rien que le fait d'être reconnue comme victime et d'être entendue,
04:46ça, ça me fait énormément plaisir, ça me fait du bien.
04:49J'ai une vague aussi de tristesse parce que, du coup, ça me fait revenir en arrière,
04:53me remémorer les faits.
04:54Et j'ai une part d'excitation parce que je me dis que
04:58toutes les personnes qui ne parlent pas
05:00ou les personnes qui ont dû subir ça
05:03et qui, malheureusement, aujourd'hui, sont décédées
05:06vont aussi pouvoir peut-être avoir justice au fur et à mesure du temps.
05:09Ce sont deux témoignages forts, Mathias Tesson.
05:12Et ce que l'on retient, c'est qu'à aucun moment, la famille ne les a soutenues.
05:15Oui, notamment pour l'affaire de Priscillia,
05:18qui a 26 ans aujourd'hui, qui en avait 13 au moment des faits.
05:22À l'époque, c'était une fillette et elle avait dénoncé, effectivement,
05:25des faits de viol de la part de son grand-père par alliance.
05:29Et comme c'est le cas à chaque fois dans des procédures de cet ordre-là,
05:33les proches avaient été entendues, la famille avait été entendue.
05:36Et les mots prononcés pendant les auditions pour qualifier cette fillette,
05:40qui n'avait que 13 ans, on va le rappeler, à l'époque,
05:42était particulièrement dure venant de membres de sa propre famille.
05:47Il avait été dit d'elle qu'elle était une menteuse, une vicieuse, une charmeuse,
05:51qu'elle aimait attirer l'attention, que c'était une menteuse
05:56qui se complaisait dans des conflits avec des camarades et qui créait des tensions.
06:00Le grand-père, lui aussi, avait été interrogé.
06:03Il avait parlé d'une aguicheuse.
06:05Rendez-vous compte de ce terme pour qualifier le comportement d'une fillette de 13 ans.
06:11Elle avait déposé plainte pour ces faits-là.
06:14Une information judiciaire avait été ouverte,
06:16mais un non-lieu avait finalement été prononcé.
06:20De son côté, Maéva, elle aussi, avait déposé plainte.
06:22Là, la plainte avait été classée sans suite.
06:25À l'aune des derniers événements, le parquet de Bézy a décidé de rouvrir cette plainte de Maéva.
06:31Elle, c'était pour des faits d'agression sexuelle.
06:33Hélas, pour le non-lieu qui avait été ordonné pour les faits qui concernent Précilia,
06:37comme c'était une information judiciaire,
06:39on ne peut pas rouvrir une information judiciaire comme cela.
06:41Il faut un nouvel élément.
06:42C'est la seule manière de pouvoir relancer l'enquête.
06:44Gabriel Catala, bonsoir.
06:46Vous êtes député LFI du Val d'Oise.
06:47Vous êtes vice-président de la commission d'enquête sur l'inceste parental.
06:51Dans cette famille, on a bien sûr Jérôme Barrella.
06:54On a son frère qui est accusé de viol.
06:57On a le père également accusé.
07:00Joël Barrella accusé d'avoir violé ses petites filles par alliance.
07:03On a donc une famille totalement cessueuse.
07:05On a effectivement une famille qui montre le caractère systémique de ces violences sexuelles faites aux enfants
07:12et qui nous montre ce qu'on dit depuis des jours.
07:14C'est-à-dire que sur les 160 000 enfants par an qui sont victimes de violences sexuelles,
07:19plus de la moitié, c'est au sein de la famille.
07:21Et la famille est finalement l'endroit le moins sécurisant pour les enfants.
07:25Moi, je pense qu'il y a l'éléphant au milieu de la pièce,
07:27et peut-être ce qui va être découvert ensuite,
07:29c'est que Jérôme Barrella agressait sûrement ses propres filles,
07:33puisque les premiers corps disponibles autour de lui, ce sont ses enfants.
07:38Et on découvrira peut-être ensuite qu'il a été lui-même victime de violences sexuelles dans son enfance,
07:44puisque son père était un agresseur.
07:47Et ça aussi, c'est démontré qu'à la fois, les personnes qui ont été victimes dans l'enfance
07:52sont davantage victimes à l'âge adulte, c'est ce qu'on appelle la revictimation,
07:55et elles reproduisent aussi un certain nombre de faits.
07:58Et moi, j'ai l'impression de lire le livre de Dorothée Ducy,
08:01Anthropologie de l'inceste, c'est ce que montre cette famille.
08:04C'est un cas d'école, en fait.
08:05Et on voit, au-delà du fait de dire que la famille ne les a pas aidés,
08:08on voit aussi qu'il s'agissait, pour les autres affaires dans la famille,
08:11du fonctionnement ordinaire de la justice.
08:13Puisque malgré la parole de l'enfant, l'enfant n'a pas été cru,
08:18il a été accusé de mentir par le reste de la famille,
08:21parce que le caractère patriarcal de la justice, il ne vient pas nulle part,
08:25il vient aussi du fait que la société est patriarcale,
08:28et qu'on ne croit pas la parole de l'enfant.
08:30– La justice qui ne croit pas forcément la parole des enfants,
08:32c'est la société qui ne croit pas la parole des enfants.
08:34– Mais hors-sujet.
08:34– Jonas Sadat, bonsoir, pourquoi vous dites hors-sujet ?
08:36– En fait que vous êtes avocat aussi.
08:37– Mais parce qu'en fait, je souscrivais à vos propos
08:40jusqu'à ce que vous utilisiez un terme politicien et très…
08:44– Non, c'est un terme d'analyse de sciences sociales,
08:46c'est-à-dire patriarcale.
08:46– Non, non, très militant patriarcal,
08:48je rappelle quand même que 70% des magistrats sont des femmes.
08:51– Ça n'a aucun rapport.
08:53– Bah si, vous avez dit la justice est patriarcale.
08:55– Oui, la justice peut être patriarcale,
08:56même si les magistrats sont des femmes.
08:58– C'est pas parce que les femmes sont…
09:00L'institution en elle-même,
09:02elle reproduit l'institution en elle-même,
09:04la justice, elle va reproduire des mécanismes
09:07que l'on trouve dans la société.
09:08– Donc en fait, ça veut dire quoi ?
09:09– Non mais attendez, juste, ça veut dire quoi patriarcale ?
09:12– Si dans la loi, vous avez…
09:13Si par exemple, regardez, très bien, vous aviez des…
09:16– Non mais est-ce que c'est un débat intéressant ?
09:18– Les magistrats sont des femmes.
09:19– Non mais c'est…
09:20– On va vous interrompre parce que le maire,
09:21– Il y a le maire de Florence ici.
09:23– Attention, c'est patriarcale, c'est bon.
09:24– Le maire de Florence, c'est bien.
09:26– Priorité au direct.
09:27– Je demande à tous de respecter ce que va vivre
09:32la famille de Liana et ses proches demain.
09:36Enterrer une petite fille de 11 ans,
09:40pas un symbole, pas une lutte, une enfant.
09:47À ce titre, restons dignes, humbles,
09:51et respectueux.
09:53Tous ensemble, demain, en accompagnant simplement,
09:58en tant que citoyens, les parents de Liana
10:01dans le moment le plus difficile de leur vie.
10:05Nous le ferons ensemble, à l'image de notre territoire
10:10et du soutien venu de partout en France,
10:13avec dignité et simplicité.
10:18Vous retrouverez l'ensemble des souhaits de la famille de Liana
10:21dans le communiqué que nous avons fait ce matin
10:23avec la mairie de Florence.
10:24Je vous remercie.
10:26– Je suis désolée, il n'y aura pas de réponse aux questions.
10:30Merci.
10:31– La mise au point du maire qui demande le respect,
10:34la dignité alors que les obsèques auront lieu demain,
10:36dans la plus stricte intimité.
10:38– Oui, absolument.
10:39– La famille de Liana, bien sûr.
10:40– Sans présence médiatique, sans présence d'inconnus,
10:44la plus stricte intimité familiale,
10:46ce sont effectivement les consignes et les demandes
10:48de la famille de Liana.
10:50– Revenons à notre discussion.
10:52– Vous vouliez répondre à Jonas Sadat,
10:53qui ne comprend pas pourquoi vous utilisez le terme
10:55de patriarcat dans l'affaire en question.
10:57– Je pense que lorsque 70% des plaintes pour viol sur mineurs
11:03ne font l'objet d'aucun acte d'enquête,
11:05c'est-à-dire le suspect n'est même pas convoqué,
11:08soit interrogé, soit en audition libre,
11:10il n'y a aucun acte de prélèvement pour vérifier
11:12si des faits auraient été commis,
11:14c'est bien que l'institution judiciaire ne s'est pas mise à jour
11:18avec une réalité qui est celle de la domination masculine
11:22et du fait que les hommes, à 90%,
11:25lorsque des enfants sont agressés, séparent des hommes
11:27et que cette justice n'est pas féministe.
11:29Et ça n'a rien à voir avec le fait que de nombreuses femmes
11:31soient magistrats.
11:32– Madame, excusez-moi, vous faites de l'idéologie,
11:35je le comprends, c'est dans votre rôle.
11:37Moi, à côté du fait d'être porte-parole des Républicains,
11:39je suis avocat et il se trouve que j'ai accompagné
11:40des femmes qui ont été victimes de viol.
11:42L'institution, en elle-même, n'est ni patriarcale,
11:45ni anti-féministe.
11:46La réalité, c'est que cette institution,
11:48elle doit être réformée et qu'elle a un déficit structurel,
11:51non pas de moyens, mais de personnel.
11:54– Mais les personnels, c'est directement lié aux moyens.
11:57Le recrutement, c'est de l'argent, quand même.
11:59– Oui, oui, j'allais y venir.
12:01Pas forcément.
12:03Depuis 2017, il y a eu une augmentation de 60%
12:05du budget de la justice en France.
12:07Ce qui s'est passé, c'est qu'en réalité,
12:08on a ajouté des couches et des couches de bureaucratie
12:10et qu'on a de moins en moins de personnes
12:12qui sont en charge de faire des poursuites
12:14que vous regrettez.
12:15Je donne juste un exemple et un chiffre.
12:17On a quatre fois moins de procureurs
12:19que dans le reste de l'Europe.
12:20D'accord ?
12:21On a un nombre aujourd'hui pour que nous…
12:22– Mais où va l'argent, là ?
12:24– La moitié du budget de la justice,
12:25c'est l'administration pénitentiaire.
12:27– Et une autre partie, sur la retraite des fonctionnaires.
12:31– Et ne vont pas aux tribunaux
12:31ou à la prison de charge des mineurs.
12:33– Vous voyez qu'on est d'accord
12:33et qu'il n'y a rien de patriarcal là-dedans.
12:36– Si, c'est patriarcal.
12:36– Deuxièmement, non, madame.
12:37– Donc il y a un problème de répartition des moyens.
12:39– Il y a un problème de répartition des moyens.
12:40Et donc, comme il y a un problème
12:41de répartition des moyens,
12:42les moyens sont mal fléchés.
12:43Et donc, lorsqu'il y a un embouteillage dans la gare,
12:47le triage est mal fait.
12:49– Oui, mais pourquoi on priorise pas ?
12:51– Alors voilà, là, c'est une réalité.
12:53Pourquoi on priorise pas ?
12:54C'est des circulaires qui sont prises
12:57par le ministre de la Justice.
12:58En l'occurrence, c'était Darmanin
12:59qui a pris des circulaires
13:00et qui ne sont pas suivis.
13:02Et donc, la question que nous posons…
13:03– Sauf qu'il y a beaucoup de circulaires,
13:05il y a beaucoup de priorités.
13:05– Il y a eu 110 circulaires en deux ans.
13:06– Et donc, la question que nous posons,
13:08ce n'est pas une question de savoir
13:09si tout ça est patriarcal, sexiste ou féministe.
13:12La question, c'est de savoir, tout simplement,
13:15pourquoi des magistrats qui reçoivent,
13:16en tout cas des procureurs, des circulaires,
13:18ne les respectent pas ?
13:20Et pourquoi, s'il y a eu une faute,
13:22elle doit être sanctionnée ?
13:23Parce que c'est bien beau de faire de la théorie,
13:25mais l'idée, c'est de savoir
13:26comment on évite qu'il n'y ait plus de drame de l'IANA
13:28sans faire de l'idéologie,
13:30en apportant des réponses…
13:31– Et quand le Premier ministre, par exemple,
13:32il faudra justifier, je vais prendre un décret,
13:34il faudra justifier un non-lieu pour les cas,
13:37effectivement, de non-lieu pour les crimes sexuels
13:39supposés, les classements sans suite, pardon,
13:41les classements sans suite,
13:42est-ce que ça va dans le bon sens ?
13:43Ça, ça ne coûte pas grand-chose,
13:45mais c'est une mesure d'efficacité.
13:46– Je réponds d'abord à monsieur
13:47qui reprend les éléments de langage du gouvernement
13:49et de monsieur Darmanin,
13:50c'est-à-dire de faire peser la responsabilité
13:51sur les individus qui n'auraient pas suivi des circulaires
13:53au lieu de voir la responsabilité politique.
13:55– Il peut y avoir les deux.
13:56– Monsieur Darmanin a pris 114 circulaires
13:59et dépêches en deux ans,
14:01et dans les circulaires qu'il a cités,
14:04la lutte contre les violences faites aux femmes
14:05et aux enfants était une priorité
14:07parmi des dizaines de priorités
14:08que les magistrats doivent suivre.
14:10– Mais madame, c'était la priorité…
14:11– Quand c'était Christiane Taubira,
14:13c'était la priorité de la garde des soies à l'époque,
14:16et pour autant, on avait autant de non-lieu.
14:17Donc je vous dis que la question n'est pas une question…
14:19– Ensuite, monsieur Darmanin a caché
14:20un certain nombre de rapports,
14:22dont un rapport de 2023
14:23qui montrait déjà les défaillances
14:25et l'absence de politique
14:27pour lutter contre les violences sexuelles.
14:29– Vous citez Gérald Darmanin,
14:31il est quand même aujourd'hui
14:34ciblé par l'opposition.
14:36Hier, Olivier Faure a demandé sa démission,
14:39il a dit qu'il avait changé d'avis là-dessus,
14:41et Jordan Bardella, aujourd'hui même,
14:43estime qu'il aurait dû présenter sa démission.
14:45– Par honneur, effectivement,
14:46le président de l'Assemblée nationale.
14:48– Et on va écouter Jean-Luc Mélenchon,
14:48on va écouter les trois personnalités.
14:51– Parce qu'il a été ministre de l'Intérieur
14:53en charge de la sécurité des Français,
14:56parce qu'il est en charge de l'institution judiciaire
14:58et que cette institution a manifestement failli,
15:02peut-être que l'honneur aurait appelé Gérald Darmanin
15:05à présenter au président de la République sa démission.
15:08– Parce qu'il défend aujourd'hui très mal son dossier
15:10et parce qu'aujourd'hui il donne le sentiment
15:13de ne pas avoir compris ce qu'il se passait,
15:15d'être dans un déni qui est de lui un déni systématique
15:18pour un problème qui est lui systémique,
15:21oui, Gérald Darmanin devrait démissionner.
15:23– Il y a des pays où quand quelque chose ne va pas bien
15:25ou qu'il y a un scandale, le ministre démissionne.
15:27Mais regardons le fond de l'affaire.
15:29Le fond de l'affaire, c'est toute une politique.
15:31Il faut prendre le problème dans sa globalité.
15:33La question de la démission intervient là-dedans.
15:35Si ça change quelque chose,
15:37si c'est pour continuer à faire pareil,
15:39écoutez, pour ne rien faire, gardons les mêmes.
15:41C'est moins coûteux.
15:42– Gérald Darmanin, alors ?
15:43– Lui, pour l'instant, il n'est pas question de démissionner,
15:45il le répète, son entourage également, il considère que…
15:47– Il est soutenu par Emmanuel Macron, par Sébastien Lecornus ?
15:49– Absolument, il considère effectivement
15:51que le travail a été fait, comme on le disait,
15:53que sa responsabilité, c'était de prendre
15:55ses circulaires, et dans un second temps, c'était de présenter
15:57ses excuses au nom de l'institution,
15:59et d'engager tout ce calendrier, vous avez vu,
16:01qui va se dérouler au mois de juillet.
16:03La convocation des procureurs, on l'a vu il y a quelques jours,
16:05ils considèrent que c'était ça qu'on pourrait être.
16:06– Les 60 000 plaintes examinées.
16:08– Absolument, à cribler, a dit hier le Premier ministre,
16:11qui a précisé qu'elles ne seraient pas toutes examinées,
16:13mais qu'elles seraient criblées, c'est-à-dire,
16:15on essaierait de voir, effectivement, lesquelles doivent
16:17être le plus rapidement possible examinées.
16:19Lui ne veut pas lâcher du tout, il considère
16:21que ce serait quitter le navire
16:23beaucoup trop tôt, et donc là-dessus, il ne veut pas lâcher,
16:25il est soutenu par le Premier ministre, par le Président
16:27de la République, on voit que le Premier ministre a endossé
16:29un rôle qui est, lui, de gérer
16:31à plus long terme cette crise de la justice.
16:33À Gérald Darmanin, la gestion
16:34de l'affaire Liana, les sanctions éventuelles,
16:37à Sébastien Lecornu, les propositions
16:39pour améliorer la question
16:41de la justice, que le Premier ministre l'a dit, à ses yeux,
16:43c'est pas un fait divers, c'est un fait de société,
16:45et on le disait, il y a ce décret
16:47qu'il a promis pour que désormais
16:49soient justifiés
16:51les enquêtes, effectivement,
16:53qui seront abandonnées
16:55parce qu'il n'y a pas suffisamment d'éléments,
16:57et ça, il veut que ce soit désormais justifié,
16:59il y a aussi le fait que les enquêteurs aient désormais 3 mois
17:01pour aller faire les premiers éléments
17:03d'enquête, et vous savez,
17:05il y a aussi cette question de dire, désormais,
17:07il faut que les criminels
17:09sexuels qui récidivent soient
17:11passibles, puissent être passibles,
17:12et bien de perpétuité, et donc, on voit que
17:15lui s'engage sur une réforme à plus long terme
17:17de la justice.
17:17– Si Darmanin partait, ça changerait quoi, en fait ?
17:20– Eh bien, s'il partait,
17:21il y aurait au moins un signal
17:23que les victimes de violences sexuelles
17:25sont respectées, et que
17:26c'est lui le principal responsable,
17:28avec d'autres, au sein du gouvernement,
17:30et ses prédécesseurs de la situation.
17:31Mais je reviens sur les propositions
17:32qui ont été faites par M. Lecornu.
17:34– Le décret pour le placement sans suite.
17:36– Voilà, l'idée du décret,
17:38moi, j'y suis favorable,
17:39c'est une recommandation de la civise,
17:41parmi les 82 recommandations,
17:42dont 75% avaient été enterrés
17:44par le gouvernement,
17:45c'est une recommandation qui date
17:46d'il y a 4 ans.
17:48La perpétuité, on sait que plus
17:50de répression pénale n'a jamais conduit
17:52à moins de violences sexuelles.
17:54– Quelle contradiction incroyable !
17:55– Ce qui conduit à de la dissuasion,
17:56c'est d'abord la prévention,
17:58c'est-à-dire des moyens pour les VAR,
17:59c'est-à-dire l'éducation à la vie sexuelle
18:01dès le plus jeune âge,
18:02c'est ça qui conduit les enfants
18:04à apprendre ce que c'est,
18:05l'égalité entre les femmes et les hommes,
18:06à apprendre ce que c'est,
18:07le consentement à apprendre
18:08aux petits garçons
18:09que le corps des petites filles
18:10n'est pas à leur disposition.
18:11– Mais quelle contradiction !
18:13– Et ensuite, ce qui compte,
18:15c'est que les agresseurs
18:16aient la certitude d'être pris.
18:18Et là, cela dépend de moyens
18:19pour les enquêteurs.
18:20Donc nous, nous réclamons du budget,
18:22c'est-à-dire plus d'enquêteurs,
18:23d'officiers de police judiciaire
18:25spécialisés sur les violences sexuelles.
18:26La perpétuité, ça ne changera rien.
18:29– Il y a une autre proposition
18:32qui émane de Bruno Rotaillot,
18:34c'est la castration chimique.
18:35– Tout à fait.
18:36– Bon, ça existe déjà.
18:37– Dans plein de pays.
18:38– Même en France.
18:39– Exactement.
18:40– Il faut que la personne
18:42l'accepte aussi.
18:42– Exactement.
18:43En fait, ce qu'on veut dire,
18:44c'est que…
18:44– Mais Bruno Rotaillot va plus loin,
18:45même s'il n'y a pas de volontariat,
18:47il n'est pas la castration chimique,
18:48c'est ça ?
18:48– En fait, la question,
18:49c'est de voir
18:50qu'est-ce qui marche
18:50dans les autres pays.
18:51Et on ne peut pas dire,
18:52matin, midi et soir,
18:53sur les plateaux télé,
18:54que c'est gravissime.
18:55On ne peut pas faire
18:56des manifestations
18:57sans prendre des mesures.
18:59Moi, je trouve que c'est
19:00une contradiction
19:00qui est assez incroyable
19:01de dire qu'il y a
19:02un système patriarcal,
19:03systémique, violent
19:04qui broie les gens,
19:06et d'un autre côté,
19:07ne pas avoir
19:08un équilibre de la force
19:09qui fait en sorte
19:10qu'on empêche
19:11ces personnes-là
19:11de broyer.
19:12Quand j'entends des gens
19:13qui disent,
19:14on n'est pas pour
19:14la castration chimique
19:15ou on n'est pas
19:16pour les peines planchées,
19:17pour les récidivistes
19:18multidélinquants,
19:19parce qu'il faut favoriser
19:20la prévention.
19:21Mais quand la personne
19:21est à son dixième fait,
19:23quand, comme c'est évoqué
19:24dans vos documentaires,
19:26la personne a violé
19:28ou a agressé sexuellement
19:29la moitié de sa famille
19:31et la moitié des copines
19:32de ses filles ?
19:33On va lui faire
19:34de la prévention ?
19:35Vous allez lui expliquer,
19:36madame, par exemple,
19:37que ce n'est pas bien ?
19:38Vous croyez qu'il n'est pas
19:39au courant que ce n'est pas bien ?
19:40Lorsque déjà,
19:41il a été convoqué
19:42par trois fois par les policiers
19:43et qu'on lui a expliqué
19:44que ce n'était pas bien ?
19:45Bien sûr qu'il est au courant
19:46que ce n'était pas bien.
19:46À un moment,
19:47il faut accepter, madame,
19:48que le mal,
19:49notamment à la matière,
19:51ça existe,
19:53et on doit combattre
19:53ce mal-là
19:54par des mesures concrètes,
19:56pas par des colloques,
19:57pas par des manifs,
19:58mais par des textes réglementaires
20:00et l'autorité de la loi.
20:01Un mot pour dire
20:02que Jérôme Barrella,
20:03il n'est pas soupçonné
20:04à ce stade
20:04de quelconque fait que ce soit
20:06sur des membres de sa famille
20:07et d'ailleurs,
20:08même s'il a été mis en cause
20:09à plusieurs reprises,
20:10il a effectivement
20:11un casier jusqu'ici
20:13qui est vierge.
20:14C'est le paradoxe.
20:15C'est le paradoxe.
20:16Mais pourquoi vous ne voulez
20:17pas plus de fermeté ?
20:19L'intervention de monsieur
20:20illustre une méconnaissance
20:22totale du phénomène
20:23de violences sexuelles.
20:24Le viol,
20:25ce n'est pas...
20:26Le viol,
20:26ce n'est pas...
20:27Le viol,
20:28ce n'est pas...
20:29C'est hallucinant.
20:30Le viol,
20:30c'est la volonté
20:31de dominer le corps
20:32d'un individu
20:33et de le dominer
20:35et de le détruire.
20:35C'est ça, un viol.
20:36La castration chimique,
20:37moi, je n'ai jamais vu
20:38une seule pancarte
20:39aux manifestations féministes,
20:41notamment les manifestations
20:42de lundi
20:42avec cette réclamation.
20:43Parce que vous n'avez pas vu
20:43les manifestations féministes
20:45des autres mois.
20:45Par contre, regardez
20:46ce que réclament
20:47les collectifs féministes,
20:48les collectifs enfantistes,
20:49par exemple,
20:50les 3 milliards
20:50pour lutter contre
20:51les violences sexuelles,
20:52pour que les unités
20:52médico-judiciaires soient renforcées,
20:54pour qu'il y ait
20:542000 enquêteurs en plus
20:55sur ce type d'infraction.
20:56On peut faire les deux.
20:58Pour qu'il y ait davantage
20:59de magistrats spécialisés.
21:00Nous, nous réclamons
21:01600 magistrats spécialisés
21:02sur les violences sexuelles.
21:04Nous réclamons aussi
21:05pour les violences faites
21:05aux femmes et aux enfants en général.
21:09C'est Gérald Darmanin
21:10qui a dit que finalement,
21:11quand on est pédocriminel,
21:12c'est incurable.
21:13Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
21:15Donc si c'est incurable,
21:16c'est-à-dire que le danger
21:17est toujours là.
21:17Le discours de monsieur
21:18est caricatural.
21:19Au bout de 10 viols,
21:20la personne a déjà pris perpétuité.
21:21Et je rappelle que seulement
21:231% des viols sont condamnés.
21:24Donc ça veut dire
21:25que...
21:25Mais vous contredisez les autres.
21:29Et je parlais de prévention
21:30dès le plus jeune âge
21:32et les parcs.
21:32On parle d'une loi
21:33qui date de 2001
21:34qui doit être appliquée.
21:36Vous faites la prévention
21:36Non, mais je parle
21:38de ceux qui passent à la...
21:39Les pédocriminels, monsieur,
21:40ils doivent être condamnés.
21:41Il y a une justice pour ça.
21:42Il y a un code pénal.
21:43Le viol est déjà un crime
21:45passible de 15 ans d'inclusion.
21:45Ils ne le sont pas suffisamment.
21:46Et ensuite,
21:47mais s'ils ne le sont pas suffisamment,
21:48c'est parce que les enquêtes
21:49sont défaillantes.
21:50C'est parce qu'il y a un mépris
21:51pour le corps des femmes
21:52et des enfants.
21:53Ce n'est pas parce que
21:53le code pénal est vide
21:55et que les peines n'existent pas.
21:55Donc ça ne sert à rien
21:56de renforcer.
21:57La loi est là.
21:57Il faut l'appliquer.
21:57Merci.
21:58Mais écoutez,
21:59les associations féministes,
22:00est-ce qu'elles ont réclamé
22:01depuis deux semaines
22:03la peine à...
22:04Ce n'est pas les seules
22:04aussi à avoir un avis
22:05sur la question.
22:06Un dernier mot, s'il vous plaît.
22:07Si vous, vous pensez
22:08qu'il faut écouter
22:08les associations féministes,
22:09c'est peut-être votre position.
22:11Moi, je demande juste
22:11qu'on écoute les familles des victimes
22:13qui ne sont pas d'accord avec vous.
22:14Mais la famille de Vianna,
22:17c'est intéressant.
22:18Elle a demandé plus de moyens
22:19pour la justice, justement.
22:21Oui, il y en a certains
22:21qui demandent la castration chimique,
22:22il y en a certains
22:23qui demandent aussi la responsabilité.
22:26Oui, monsieur Retailleau,
22:27et qui demandent la responsabilité.
22:28Moi, je suis une militante féministe
22:29et vous ne connaissez pas la vie, monsieur.
22:30Et moi, madame,
22:31j'ai été avocat
22:32de certaines victimes
22:33de violences sexuelles
22:34et je peux vous assurer
22:35qu'elles auraient bien aimé
22:36que les personnes
22:37qui ont été condamnées
22:38parce qu'on a fait un travail
22:39aient été condamnées
22:40plusieurs fois
22:41parce qu'ils étaient récidivistes
22:42et vous laissez
22:43des gens comme ça
22:44dans la nature.
22:45C'est grave.
22:45Merci.
22:46Je ne laisse personne
22:46dans la nature
22:46mais sans gens qui n'y jugent
22:48et les victimes
22:49auraient peut-être
22:49mieux fait choisir
22:50un autre avocat.
22:50Suite de l'émission,
22:51nous reviendrons
22:51sur le cas de Patrick.
22:53Dis donc.
22:53Elles vont être contentes.
22:54Vous avez entendu ça quand même.
22:55Oui.
22:56Enfin, en même temps,
22:56vous l'attaquez aussi.
22:58Vous dites que c'est à cause d'elles
23:00que les gens se dirigent.
23:01Moi, j'ai...
23:02Vous enchaînez
23:03propos de français
23:05depuis tout à l'heure
23:06avec des contre-vérités.
23:08Vous parlez des associations féministes.
23:09Vous ne connaissez rien
23:09aux violences sexuelles
23:10ou aux mécanismes de l'inceste.
23:11C'est vraiment pénible.
23:11Les associations féministes
23:12n'étaient pas à nos côtés
23:13lorsque nous avons fait condamner
23:14monsieur Tariq Ramadan
23:15à 18 ans
23:17de réclusion criminelle.
23:18Pas une association féministe
23:20était là.
23:20Donc, je pense que j'ai
23:20de leçons à recevoir
23:21de personne.
23:21Vous voyez,
23:22la justice fonctionne alors.
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