- il y a 23 heures
Ce mardi 13 octobre, Antoine Larigaudrie a reçu Christophe Goudal, dirigeant et fondateur du Groupe CG Patrimoine, Mayo Kaba, responsable de la sélection Private Equity chez Neuflize OBC, et Antoine Andreani, directeur de la recherche chez XTB France, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:05BFM Business, tout pour investir, Antoine Larigauderie.
00:08C'est votre demi-heure personnelle, survitaminée, concentrée pour créer de la valeur et prendre soin de vos finances personnelles,
00:15de votre capital, de votre patrimoine.
00:17C'est TPI, c'est tout pour investir et on est partout, radio, télé, sur le web.
00:22Évidemment, vous pouvez tout retrouver en podcast et en replay et on va évidemment continuer à feuilletonner pour vous la
00:30grande transmission.
00:31Parce que c'est un enjeu qui va nous tenir en éveil pendant un bon bout de temps, ça se
00:35compte en années.
00:36Et toujours du pratique, des idées fraîches pour vous aider à bien gérer ça, rappeler un petit peu le contexte
00:43et puis vous donner des idées pour bien transmettre votre patrimoine.
00:48Règle numéro 1, il faut anticiper et pour vous aider, notre coach aujourd'hui, c'est Christophe Goudal de CG
00:54Patrimoine.
00:55Ensuite, le private equity, là aussi c'est une rentrée pas comme les autres.
00:59Un marché qui a été très très attractif et puis coup d'arrêt quand même ces derniers mois, ces dernières
01:04semaines, avec un univers qui change.
01:07Alors en matière de taux notamment, qui change vraiment la donne.
01:10Si on est investi, si on veut s'y mettre, comment on fait ?
01:13Alors toutes les bonnes pistes de placement sont à retrouver tout à l'heure dans le placement à suivre avec
01:17Maillot-Caba de Neuflis-OBC.
01:20Enfin, où est-ce qu'on va sur l'or ?
01:23On le disait, taux qui grimpent à une vitesse quand même assez inquiétante, arbitrage dans tous les sens, environnement qui
01:28change.
01:29On le voit, on a eu une nette correction ces derniers mois sur l'or, mais ça semble s'être
01:33stoppé sur les points d'équilibre, là du côté des 4200 dollars l'once.
01:37Alors où va-t-on ? Comment anticiper les scénarios d'Antoine Andréani et d'XTB comme régulièrement dans Tout
01:44Pour Investir ?
01:44Ce sera à retrouver dans le coffre-fort en fin d'émission.
01:46Évidemment, toutes vos questions, vous pouvez nous les poser par e-mail.
01:49L'adresse c'est direct à bfmbusiness.fr.
01:52Vous pouvez nous envoyer un SMS au 732, taper le mot-clé business, suivi de votre message.
01:56Puis sinon, directement sur mes comptes Twitter et LinkedIn.
01:59Et on essaiera de vous répondre.
02:00Tout de suite, on ouvre la boîte à outils, s'il vous plaît.
02:08Et on retrouve Christophe Goudal de CG Patrimoine.
02:10Bonjour Christophe.
02:11Bonjour Antoine.
02:11Donc, grande transmission, on l'a dit, ça va être le feuilleton de ces prochains mois, de ces prochaines années.
02:16On va avoir vraiment le passage d'une génération à l'autre pour des raisons démographiques,
02:20mais aussi pour des raisons de fenêtres fiscales, d'opportunités, etc.
02:25Anticiper.
02:25Ça, c'est vraiment la règle numéro 1 quand on aborde cette grande transmission.
02:30Et on va se poser cette question toute simple.
02:33Pourquoi tellement anticiper ?
02:35Qu'est-ce qu'on risque à s'y prendre ?
02:37Je ne veux pas dire au dernier moment, mais faire attendre les choses en disant, ça ne urge pas.
02:42Qu'est-ce qui rend nécessaire cette anticipation ?
02:46Il faut peut-être bien le rappeler.
02:47Tout à fait.
02:47Alors, tout d'abord, peut-être deux chiffres importants.
02:49On parle en effet de grande transmission.
02:51On estime entre 6 000 à 9 000 milliards d'euros d'ici 2040 de patrimoine qui doit être transmis,
02:58premièrement.
02:58Et deuxième point important, on estime d'ici 2030 à peu près 400 000 entreprises qui vont changer de main.
03:04Voilà, ça aussi, c'est un chiffre important.
03:05Il est important en effet de se pencher sur ces chiffres et d'anticiper.
03:08Pourquoi anticiper ?
03:09Alors, lorsqu'on parle de transmission du patrimoine, il y a plusieurs stratégies.
03:13La première, chaque parent peut donner à chaque enfant 100 000 euros tous les 15 ans.
03:20C'est des droits rechargeables, ça.
03:22Rechargeables.
03:23Donc, plus tôt on donne, plus on a de chances de renouveler cette donation, premièrement.
03:27Ensuite, chaque parent peut transmettre à chaque enfant 31 850 euros également.
03:32Le don Sarkozy.
03:33Le don Sarkozy.
03:34Ça marche également pour les grands-parents âgés de moins de 80 ans, pour des petits-enfants mineurs.
03:40Donc, quand on fait le calcul de ces différents abattements qu'on peut renouveler tous les 15 ans,
03:44on se rend compte qu'on peut transmettre des sommes très importantes, sans fiscalité, en commençant le plus tôt possible.
03:50Voilà, et en protégeant ce qui va faire justement le patrimoine de la génération d'après.
03:57Alors, il y a plusieurs options là-dedans.
04:00Il y a la donation, tout bêtement.
04:02Et puis, il y a la donation partage.
04:05Quelle est la nuance entre les deux solutions ?
04:07Très importante.
04:08Une donation, donation simple.
04:09Je donne 100 000 euros à l'un de mes enfants.
04:11J'ai deux enfants, je donne 100 000 euros à un de mes enfants.
04:14Cette donation simple, elle est pratique, elle est simple.
04:18Mais, le problème, c'est qu'elle est ce qu'on appelle rapportable.
04:21Je m'explique.
04:22Donnez 100 000 euros à chacun de vos enfants, donation simple.
04:25Il y en a un qui dépense les 100 000 euros, l'autre qui les place, qui a fait de
04:28très bons investissements.
04:29Ces 100 000 deviennent 300 000.
04:30Au décès du donateur, le donateur, celui qui a les 100 000 qui sont devenus 300 000,
04:35doit devoir partager avec son frère ou sa soeur qui a tout dépensé.
04:38Ça, c'est une donation simple qui est rapportable.
04:40L'intérêt de la donation partage, c'est de fixer la valeur du patrimoine qui est partagé au jour de
04:46la donation.
04:46On ne reviendra jamais sur ces valeurs données, figées.
04:50Ah oui, c'est super important.
04:52Très attention.
04:53Parce que là, mon exemple est simple, 100 000, 300 000.
04:55Imaginez que vous ayez investi dans Nvidia.
04:58Les 100 000 deviennent 10 millions.
05:00Le partage peut coûter cher.
05:02Oui, effectivement, c'est sûr que c'est possiblement équitable, mais pas très égalitaire, en fait.
05:09Pas du tout.
05:10Pas du tout.
05:10Donc voilà, il faut être précis là-dedans.
05:12Et effectivement, c'était important de le dire.
05:15Comment est-ce qu'on peut transmettre, mais en continuant à conserver l'usage, les revenus ?
05:24Comment on fait ?
05:25Ça, c'est très très important.
05:26Vous savez, dans la cour d'école, quand vous étiez petit, on disait donner ses données, reprendre ses volets.
05:30Oui.
05:31Donc, une fois que je donne, je n'ai pas le droit de reprendre.
05:33Donc, ce qui est très important, c'est que très souvent, on se focalise sur la fiscalité.
05:38On l'a vu, on peut transmettre des sommes importantes sans payer le droit.
05:40Très bien.
05:41Néanmoins, nous, le conseil qu'on donne à nos clients, c'est de quand même appréhender,
05:45essayer de savoir de combien ils auront besoin à la retraite, par exemple, de revenus complémentaires,
05:51et de ne pas trop se démunir.
05:53Parce qu'une fois qu'on a donné, c'est compliqué.
05:55Donc, il y a une solution qui est prévue dans le Code civil, c'est faire ce qu'on appelle
05:58un démembrement de propriété.
06:00Ce démembrement, c'est que je donne la nue propriété à mes enfants, ça peut être
06:04une somme d'argent, ça peut être un billet immobilier ou que sais-je, et je conserve
06:07l'usufruit, donc les fruits, le droit de louer, le droit de percevoir les revenus.
06:11Bon.
06:12Là, au moins, c'est clair et net, et puis une fois que c'est signé, on ne revient pas
06:15dessus.
06:15Au décès d'usufruitier, ce qui est important, c'est que, comme on a préparé la transmission,
06:19au décès d'usufruitier, les nus propriétaires récupèrent 100% du capital sans payer de droit.
06:23Bon, ça c'est important, et là aussi, ça devait être dit.
06:28Dites donc, on va avoir pas mal de choses à se mettre sous la dent au niveau discussion
06:33budgétaire, on a vu que ça commençait déjà à bouger en commission et que ça pourrait
06:37encore continuer à bouger pendant les débats à l'Assemblée nationale.
06:40Est-ce qu'on est en droit d'anticiper du mouvement du côté du pacte d'Utreil ?
06:48A priori, non.
06:49A priori, non.
06:50Ils l'ont déjà un peu toiletté l'année dernière.
06:52Je l'avais présenté sur ce plateau, d'ailleurs.
06:53Absolument.
06:54On avait légèrement bougé les curseurs.
06:56Exactement.
06:56Pour le moment, rien n'est prévu concernant le pacte d'Utreil.
07:00Mais il est évident, vous le dites, vous avez raison, les 6 à 9 000 milliards d'euros
07:04font rêver nos apprentis sorciers de l'Assemblée nationale, bien évidemment.
07:08Mais rien ne prévu concernant le pacte d'Utreil.
07:11Et puis, il y a le pacte papain qui pourrait s'ajouter aussi.
07:14Alors là, il est question de céder une société à ses salariés.
07:18Les salariés, exactement.
07:19Voilà, on va voir comment ça évolue.
07:21Et oui, effectivement, c'est plutôt un protocole positif.
07:26Dernière question.
07:28On arrive à la fin de l'année, on sait qu'il va y avoir du changement.
07:31Est-ce qu'on a des opérations à faire là, en urgence, justement, dans le cadre de cette grande transmission,
07:35avant le 31 décembre ?
07:38Surtout pas.
07:42Non ?
07:43On a vu qu'ils avaient, à un moment donné, eu l'idée de modifier l'article 150 au BTR
07:49pour la transmission.
07:51Et en fait, normalement, ça a été amendé.
07:53Mais les modifications devaient arriver le jour où ça a été annoncé.
07:57C'était trop tard, une fois qu'on le savait.
07:58Donc, il est urgent d'attendre.
07:59D'accord.
08:00OK, on ne prend pas de décision précipité.
08:02Préciper ce que l'on connaît, les appartements connus, mais pas se précipiter.
08:05Tout à fait.
08:06Absolument.
08:06Très bon conseil.
08:07Merci beaucoup, Christophe Goudal, CG Patrimoine, pour vous aider dans cette grande transmission
08:12qui se prépare activement.
08:13On passe au placement à suivre.
08:14Merci à toi.
08:17Tout pour investir.
08:19Le placement à suivre.
08:20Et on est avec Maïo Kaba de Neuflis OBC.
08:23Bonjour.
08:24Bonjour Antoine.
08:25On va faire un petit peu le point sur le private equity, parce que c'est vrai que c'est
08:29un marché
08:29qui a beaucoup bougé ces derniers mois.
08:31On a vu, bon, il y a eu un gros engouement parce que...
08:34Et une vraie popularisation aussi, parce que les gens étaient quand même impressionnés
08:39par les rendements qui étaient possibles sur le long terme.
08:42C'est un placement de très long terme, avec du risque en capital, on le rappelle.
08:47Mais voilà, il y a eu quand même une période de vache maigre ces derniers mois, dont on sort
08:52un petit peu et où on a l'impression que, comme dans beaucoup de marchés, du nettoyage
08:56a été fait.
08:57Donc c'est quand même une bonne occasion de faire le point.
09:01Où en est un petit peu le marché aujourd'hui, si on pouvait dresser un petit peu un panorama
09:04du private equity de manière générale ?
09:06Absolument Antoine.
09:07Vous avez rappelé les points principaux.
09:09Donc nous sommes dans un contexte de marché qui est plus exigeant qu'il y a 8 à 10 ans,
09:16dans la période pré-Covid où on était dans un environnement de taux bas qui était
09:20assez favorable aux opérations, aux conditions des opérations de LBO, qui était également
09:26accompagnée par une expansion des multiples, une amélioration régulière des valorisations
09:32qui soutenait la performance de beaucoup de fonds de private equity.
09:38Aujourd'hui, les gérants doivent démontrer la création de valeur au sein des sociétés
09:45de sociétés en portefeuille qu'ils accompagnent.
09:50Est-ce que ça veut dire que le private equity aujourd'hui est moins intéressant ?
09:55Non, loin de là.
09:57Bien sûr, cela prend un petit peu plus de temps à générer de la plus-value, étant donné
10:05cette création de valeur dont la mise en application va mettre du temps.
10:10Pour autant, nous avons des gérants qui arrivent à faire cela très très bien.
10:15Et c'est ce qui est déterminant aujourd'hui, c'est la sélection des gérants, de ces mêmes
10:19gérants dont je suis en train de parler, pour s'assurer de confier l'argent de nos clients
10:24aux meilleurs de la classe.
10:26La sélectivité, ça va devenir la clé dans ce marché après une période de grand ménage.
10:32Mais qu'est-ce qui va faire la différence ? Qu'est-ce qui va faire qu'un gérant
10:35sera très bon dans le private equity ou juste moyen ?
10:39Oui.
10:40Alors, je dirais que vous aviez, vous avez toujours trois moteurs de création de valeur.
10:48La création de valeur opérationnelle, l'effet de levier ou l'ingénierie financière
10:56et également l'expansion des multiples, donc l'effet de marché.
11:00Aujourd'hui, on a une étude de Bain & Company qui est assez révélatrice, qui montre
11:08que pour générer un multiple de 2,5 fois la mise sur une société qui a été détenue
11:15par un fonds de private equity pendant cinq années, avant on parlait de 5% de croissance
11:23de libidda ou des bénéfices opérationnels par an, qui permettait de générer ce type
11:30de performance.
11:30Aujourd'hui, il faut le remplacer par 12% de croissance.
11:34Donc, on parle de cette nouvelle phrase « 12 is the new five ».
11:39Oui, c'est ça.
11:40Et c'est vrai qu'elle est assez parlante.
11:42Ce qui veut dire, encore une fois, comme j'ai indiqué dans mon propos introductif,
11:45que la création de valeur est vraiment au centre de la performance des fonds de private
11:50equity.
11:50Donc, ce qu'on observe par rapport à l'il y a plusieurs années, il y a beaucoup
11:54de fonds qui maintenant intègrent des équipes de création de valeur ou de transformation
11:58opérationnelle au sein de leur société de gestion, là où auparavant ils faisaient
12:01appel à des cabinets externes, pour s'assurer d'appliquer justement ces objectifs de création
12:09de valeur dans les sociétés sous-jacentes.
12:10Il y a un point que vous allez certainement aborder, c'est l'IA, qui est un point clé.
12:16Tout, enfin, un grand nombre de gérants parlent d'IA.
12:20Avant, on parlait de greenwashing.
12:21Aujourd'hui, on commence à parler de IAwashing.
12:24Donc, c'est une bonne chose, l'IA.
12:26Le tout, c'est de s'assurer que les solutions d'IA qui sont mises en place dans les sociétés
12:31en portefeuille génèrent réellement de la performance financière pour les investisseurs
12:36derrière.
12:37Oui, et que ce ne soit pas simplement un affichage en vitrine.
12:40Alors, cela dit, et on voit avec beaucoup de CGP autour de cette table souvent, qu'on
12:44est obligé de se mettre à l'IA, principalement parce que le client s'y met et qu'il faut
12:48répondre aux questions qui sont un petit peu formatées ou aiguillées par l'IA.
12:52Donc, ça aussi, c'est un phénomène intéressant et qui, justement, est un facteur de sélection
12:56parce que seuls les meilleurs arriveront à trouver les bonnes réponses.
13:00Donc, on rappelle les principaux critères à regarder sur les fonds de private equity,
13:06au-delà simplement de la performance, parce que la performance, encore une fois, ça peut
13:10varier, c'est sur le long terme, il y a les risques inhérents à la nature du placement.
13:14Donc, qu'est-ce qu'on regarde ?
13:15Alors, la performance, quand même, reste importante.
13:18Oui.
13:18Comme vous l'indiquiez, l'historique de performance ou le track record.
13:22C'est un bon point de départ, mais ça ne fait pas tout.
13:24Ce qui est important, c'est que la capacité du gérant à reproduire ce track record dans la durée.
13:30Donc, la répétabilité est clé.
13:33Et pour ça, nous, ce qu'on va regarder, quand on va sélectionner un fonds, on va rencontrer
13:37les équipes de gestion, regarder les ressources, les outils mis en place, justement, pour générer
13:43cette performance.
13:44On va analyser leur discipline d'investissement sur les sociétés qu'ils ont en portefeuille,
13:51qu'ils prévoient d'avoir en portefeuille.
13:53On va regarder les succès, mais on va regarder aussi les sociétés pour lesquelles ça s'est
13:56un peu moins bien passé.
13:58Un point important, c'est qu'on va aussi rentrer vraiment en profondeur dans l'analyse
14:03au point d'interroger certains dirigeants d'entreprises qui ont été accompagnés par
14:09ces sociétés de gestion, par ces équipes d'investissement.
14:11Pour avoir un retour direct de la qualité perçue, en tout cas, et certainement réelle,
14:19de ces dirigeants d'entreprises par rapport à l'accompagnement qui a été apporté
14:23par ces sociétés de gestion.
14:26Alors, on l'a vu, ces dernières années, le private equity, c'est devenu assez populaire
14:30entre guillemets, c'est-à-dire qu'il y a eu une vraie dynamique de développement
14:33auprès de la clientèle privée.
14:34Et c'est vrai que quand on est investisseur institutionnel ou quand on est financier,
14:39et quand on est particulier, ce n'est pas exactement la même chose, on ne peut pas
14:42se permettre le même niveau de risque, le même niveau d'engagement.
14:47Si vous deviez conseiller quelqu'un qui voudrait se mettre un petit peu au private
14:51equity, de manière sélective, comme on l'a dit, qu'est-ce que vous donneriez comme
14:56conseil en termes de profil, en termes de pourcentage d'allocations d'actifs ?
15:01Combien il faut y consacrer ? Qu'est-ce que vous diriez ?
15:04Alors, je dirais qu'il n'y a pas d'allocation universelle, tout va dépendre du profil
15:09du client, de l'investisseur.
15:12Donc, je dirais qu'il y a trois, alors premièrement, le private equity a toute sa place dans une
15:16allocation d'actifs, de patrimoine d'un client particulier, privé en particulier
15:21dans les banques privées.
15:23Deuxièmement, il y a trois éléments clés à retenir, je pense.
15:26L'horizon d'investissement, vous l'avez rappelé, on est sur un investissement de long
15:30terme, le risque associé et également la liquidité.
15:36Parce qu'un accès plus simple au private equity ne signifie pas plus liquide ou moins
15:42risqué.
15:42Bien sûr.
15:43On revient à la question de départ.
15:45La sélectivité des gérants qui sont en capacité de générer, pour le coup, des investissements
15:51de qualité sur la durée, avec une répétabilité, millésime après millésime, est un moyen
15:58assez sûr de fournir à nos clients des investissements de qualité qui s'inscriront dans leur allocation
16:08d'actifs.
16:09Dans le temps, avec prudence, etc.
16:11Mais de toute manière, le bon gérant, celui qui est garant d'une performance saine, ce sera
16:16le premier à dire, attendez, ce produit n'est pas fait pour vous.
16:18Absolument.
16:19C'est pour ça qu'au niveau des risques, comme je le disais, c'est quelque chose à
16:23ne pas minimiser.
16:24Et la liquidité également.
16:25La démocratisation, elle s'accompagne des véhicules qu'on appelle evergreen ou semi-liquide.
16:30On parlera parfois de semi-liquide.
16:32Donc nous, on insiste beaucoup là-dessus.
16:34C'est que la liquidité, certes, les véhicules prévoient une liquidité en général périodique,
16:40trimestrielle, mais qu'il y a aussi des plafonds qui ont été atteints beaucoup dans
16:48les véhicules américains ou sur le marché américain dernièrement.
16:52Et donc, il faut avoir conscience.
16:53Donc, encore une fois, l'horizon de placement doit être de long terme.
16:56Les explications en termes de risque, mais aussi de capacité de rendement doivent être
17:01très bien expliquées.
17:02Donc, ça s'accompagne d'une pédagogie très claire vis-à-vis de nos clients, mais
17:07encore une fois, un investissement qui reste très intéressant pour accéder à des sociétés
17:11qui ne sont pas cotées en bourse.
17:13Et vous avez été très pédagogique et très claire, justement.
17:16Maillot Cabane, 9 Lys OBC.
17:18Merci infiniment d'avoir été avec nous pour faire le panorama du marché du private equity.
17:23Ici, on va passer au coffre-fort.
17:25Et dans le coffre-fort, on met de l'or, évidemment.
17:29Tout pour investir, le coffre-fort.
17:32Et on retrouve comme régulièrement Antoine Andréani d'XTB.
17:36Bonjour Antoine.
17:36Bonjour Antoine.
17:38Elle fait toujours drôle, celle-là.
17:40Enfin bon, vous allez y passer à chaque fois.
17:43Qu'est-ce qu'on a vu ?
17:44Ça fait quand même un petit moment qu'on dit que les cours de l'or ont corrigé ces
17:49derniers mois, effectivement.
17:50Et puis là, on a des tendances qui ne sont quand même pas très commodes pour le métal
17:56précieux, dans le sens où on a des taux qui montent un petit peu partout.
17:58On a un dollar qui monte.
18:00Donc ça, traditionnellement, ce n'est pas bon pour l'or.
18:03Malgré tout, là, autour de 4200 dollars l'once à peu près, on a une forme de coup d'arrêt,
18:11une forme de support qui est en train de se dessiner.
18:14Est-ce que c'est un support technique fiable ?
18:18Alors vous, les calculs, les résistances et les supports, vous aimez ça.
18:22Est-ce que c'est quelque chose de fiable ? Est-ce que c'est, comment dire, un plancher
18:28encore un petit peu instable ? Ou est-ce qu'il y a peut-être un paradigme qui est légèrement
18:32en train de changer autour de l'or ?
18:33Alors l'or, il est un petit peu enrhumé comme moi.
18:35Vous m'excuserez pour m'avoir.
18:37Ah oui, c'est la saison.
18:38L'or, il est sur un support qui semble un petit peu mou, qui pourrait céder.
18:42Alors vous savez, moi, que j'aime bien me mouiller à partir dans des scénarios précis.
18:46Je pense qu'il va céder ce support qui va s'orienter vers les 3760, 3330 dollars au plus bas.
18:53On avait parlé à plusieurs reprises.
18:56On a eu pas mal de mauvaises nouvelles.
18:58Pour l'or, ça a été une rentrée quand même assez agitée, avec une Fed nettement restrictive.
19:03On a vu ça au FOMC pendant l'été le 14 juillet.
19:06On a eu Jackson Hole avec un Kevin Walsh assez restrictif.
19:10Ça a été une date très, très marquante parce que ça a déclenché une hausse dans le dollar qui a
19:14heurté le prix de l'or.
19:15On a eu la hausse effective le 16 septembre dernier à 3,75 au minimum.
19:20Et puis les Fed Minutes, la semaine dernière, on avait une forme d'unanimité dans la décision.
19:27On a eu, évidemment, la forte montée des taux obligataires à 10 ans aux États-Unis.
19:32Très spectaculaire.
19:33À partir d'une date précise, le 28 février, avec Epic Fury, l'opération militaire.
19:39Depuis cette date, les taux obligataires américains ne cessent de monter.
19:44On est passé de 3,93% à 5,35%.
19:49C'est vraiment pas négligeable.
19:51Les taux réels, eux, sont passés de 1,47 à 2,25.
19:54Et puis la France a été contaminée.
19:56On est à 5% en France.
19:58Ça, c'est un autre sujet.
19:59Le dollar, vous l'avez dit, Antoine, il est ferme.
20:02Il est en tendance haussière depuis Jackson Hole.
20:04Donc tout le mois de septembre jusqu'à cette mi-octobre, on monte dans le dollar.
20:08Et ça, l'or ne l'aime pas du tout.
20:10Et puis on a des mauvaises nouvelles aussi du côté du Comex, avec des livraisons physiques qui ont fortement baissé
20:17après des volumes records en 2025.
20:19Tout ça, ça compte.
20:21Et on a l'impression que ce support qui a tenu jusqu'à présent, à un moment donné, va céder
20:26peut-être à la fin de l'année, novembre peut-être.
20:29Ok, alors peut-être un retour du côté des 3 700 dollars, un petit peu plus.
20:34Maintenant, je vais me faire l'avocat du diable, avec des taux qui grimpent à cette vitesse.
20:38On rappelle quand même que l'essentiel de la courbe des taux long terme aux États-Unis est au plus
20:42haut depuis 2002.
20:44On aurait pu craindre que l'or lâche complètement la rampe après les gains de ces dernières années.
20:49Comment ça se fait que là, dans ces eaux de 3 700 et quelques et 4 200, il y a
20:55cette zone un peu plus calme, on va dire ?
20:57Alors, idéalement, lorsqu'on est un trader ou un investisseur en général, c'est mieux de se fier à sa
21:04méthode, se baser sur les maths.
21:06Après, si on va dans les fondamentaux, ça va être extrêmement intéressant d'aller scruter tout ça.
21:12Mais il faut rester simple.
21:14Si on regarde du côté des fondamentaux, on a deux types de hausses de taux obligataires.
21:19La première, qui peut être négative pour l'or, c'est un mix entre une économie qui est forte et
21:27un État et une Fed qui sont crédibles.
21:29Dans l'économie forte, par exemple, aujourd'hui, on va retrouver les 21 000 milliards de dollars d'investissement entre
21:36l'année dernière et cette année aux États-Unis, titanesques.
21:40On peut avoir aussi de l'inflation organique liée à beaucoup d'investissements dans l'IA, donc de la dépense
21:45énergétique, l'électricité qui coûte plus cher, et puis l'effet de richesse avec le Nasdaq.
21:50Ça, c'est une économie forte.
21:52Vous couplez cela avec un État et une Fed qui sont crédibles, vous avez des taux réels qui montent, un
21:58dollar qui monte, et donc l'or qui peut prendre des petits coups sur la tête.
22:03Mais vous avez aussi la deuxième configuration. Inflation, notamment géopolitique venant de l'Iran ou de l'Ukraine avec Zelensky
22:12qui bombarde des raffineries des ailes.
22:15Et vous avez aussi le mix avec l'État ou la Fed qui ne sont pas crédibles, avec un État
22:20qui est trop endetté.
22:21Par exemple, aux États-Unis, on a dépassé le 18 août les 40 000 milliards de dollars de dettes.
22:27C'est monstrueux. Donc ça, ça peut être inquiétant pour le marché. On a une prime de terme pour les
22:36obligations qui est insuffisante.
22:37Les bond vigilants qui arrivent, les bond vigilants, ce sont les justiciers des bondes, ceux qui s'attaquent à une
22:44dette en spécifique, peut-être qu'ils s'y attaquent actuellement en France.
22:49Mais voilà, tout ça, ça débarque, le dollar baisse et là, l'or peut monter.
22:54Et donc voilà, il y a ces deux explications fondamentales et les effets, je pense actuellement, sont contrebalancés pour les
23:01prix de l'or.
23:02Alors, il y a aussi un autre effet vraiment positif pour l'or et qui explique peut-être cette forme
23:09de support qu'on est en train d'atteindre.
23:12C'est que les banques centrales du monde, elles, elles sont toujours dans une logique de réduction de leur exposition
23:19aux dollars et aux obligations américaines, par exemple.
23:21Et elles ont pour ça toujours besoin d'acheter de l'or sur le marché. Et c'est ce qui
23:25est encore en train de se passer.
23:27Oui, bien sûr. D'ailleurs, dans les sondages, on le voit souvent, les banquiers centraux, je ne sais plus quelle
23:31est la stat, mais...
23:33Ils sont toujours acheteurs nets, ils ne sont aucun problème.
23:35Dans les 12 prochains mois, je ne sais plus quelle est la stat de 85%. Bien sûr, côté fondamental, l
23:41'or, il est en béton armé.
23:42Je pense qu'on arrêtera de parler de ces éléments négatifs l'année prochaine, je pense.
23:48Une fois qu'on aura fait peut-être cette dernière baisse dans les prix de l'or et on rebondira.
23:53D'ailleurs, moi j'ai un scénario avec un alignement des planètes qui pourrait être extraordinaire.
23:59Ce serait que les taux bigataires américains iraient à la cible des hedge funds à 6,127% pour le
24:0710 ans.
24:08On aurait un dollar qui effectuerait un pic à 105, 107 dans l'indice du dollar.
24:13Un euro, lui, qui ferait son creux à 1,09, 1,11 dollars.
24:19Et l'or qui ferait 3,760, 3,330 au plus bas.
24:24Et tout ça pourrait avoir lieu début d'année prochaine, peut-être au mois de janvier,
24:29parce que l'or saisonnièrement adore débarrer l'année en trombe, notamment au mois de janvier.
24:35Voilà. Et là, By the Deep est donc ouverture d'une nouvelle séquence.
24:39Retenez bien, j'espère que vous avez un papier, un crayon, sinon vous regardez sur le replay le podcast,
24:45mais vous aurez les seuils d'Antoine Andréani avec précision.
24:48Et puis on les rappellera, je ferai un petit rappel du côté de LinkedIn notamment.
24:54Antoine Andréani, il y avait quand même des mots, moi je me souviens de Kevin Warch au tout début,
25:00qui disait « Et pourquoi pas laisser un petit peu les taux vivre leur vie ?
25:04Ça nous évitera d'avoir à trop relever les nôtres. »
25:08Mais à un moment, on est obligé de s'aligner.
25:11Les prochaines orientations de la Fed sont-elles vraiment claires ?
25:15Ou est-ce qu'on pourrait assister justement à des surprises ?
25:17Kevin Warch qui dit « Non, non, on ne va pas relever nos taux pour le moment,
25:21on va laisser le marché faire lui-même sa sauce,
25:24au besoin s'adapter, mais voilà, si on va du côté des 6%, etc.,
25:29que ça provoque une sorte d'autocall pour que le marché se régule lui-même. »
25:34Oui, on a l'impression que Kevin Warch a envie que ça aille, ça monte peut-être,
25:37enfin envie, ça monte à 6%, qu'après le marché fasse sa vie, retrace, redescende,
25:44et à ce moment-là peut-être qu'il agirait davantage.
25:47En tout cas, Trump lui fiche la paix à Warch, il ne le fiche pas, on a remarqué ça.
25:53Donc oui, je pense qu'il veut laisser faire le marché, laisser courir les taux, l'inflation,
25:57mais il faut que ces marchés obligataires qui pricent un petit peu l'inflation à la hausse,
26:04se calment un petit peu, et pour l'instant, on les appelle les marchés intelligents,
26:08les marchés obligataires.
26:09Pour l'instant, eux, ils voient les taux monter encore à 6% sur le 10 ans.
26:13Bon, on va suivre ça, mais là, on a des objectifs très clairs.
26:16Merci beaucoup Antoine Andréani d'XTB et ses scénarios autour de l'or,
26:20autour des taux, autour du dollar.
26:23Et puis, je me permets de vous rappeler quand même qu'on a un grand rendez-vous à venir,
26:26le 18 novembre prochain, TPI, l'événement, inscrivez-vous pour participer.
26:32Il y aura les meilleurs CGP de la place, on verra s'y investir.
26:36Ce n'est pas un sport de combat, et on sera avec Cyril Gann,
26:39le super champion d'art martiaux MMA, qui sera avec nous.
26:46Et franchement, ça nous fait très plaisir de l'accueillir,
26:49le multi-champion UFC et boxe-tie d'ailleurs, qui sera avec nous.
26:53L'investissement est-il un sport de combat ?
26:55On essaiera de voir cet aspect-là des choses avec lui aussi,
26:5818 novembre prochain au pavillon Cambon-Capucine.
27:02D'ici là, je vous laisse tranquille.
27:05Profitez de cette édition de TPI qui, encore une fois, aura été très riche.
27:09Et je vous retrouve à 15h30 pour ouvrir la boutique du côté de Wall Street.
27:13Ce sera USA Today, ensuite BFM Bourse.
27:15A tout à l'heure.
27:18Tout pour investir sur BFM Business.