00:00Je voudrais qu'on revienne sur les lycées et ces fameux 3000 professeurs remplaçants
00:05que le gouvernement a décidé de mobiliser d'ici la semaine prochaine.
00:10Nous avons réussi à en contacter l'une d'entre elles, l'une de ses enseignantes
00:14qui devrait être mobilisée dans les prochains jours.
00:17Et vous allez voir, elle a décidé de témoigner par téléphone pour conserver son anonymat
00:21et c'est assez édifiant ce qu'elle raconte, ce qu'on lui a demandé
00:26et ce qu'elle a vécu ces dernières heures. Écoutez.
00:29Je suis mobilisée pour trois jours à 120 kilomètres aller-retour de chez moi.
00:35On m'explique que si je n'accepte pas mon affectation, je vais me faire taper sur les doigts
00:41et je risque évidemment des sanctions pour un abandon de poste.
00:47Donc finalement, ce que je voudrais dire aux lycéens et même à la police,
00:52c'est que nous sommes tous méprisés par nos ministères.
00:56On est tous finalement broyés par un système qui n'écoute absolument personne
01:03et qui se fiche du bien-être de ses enseignants et de ses lycéens ou de ses collégiens.
01:09Il n'y a rien qui va, Thierry Arnaud.
01:11Oui, il faut ajouter quand même qu'elle explique juste avant ce qu'on vient d'entendre,
01:14qu'on lui demande d'enseigner une matière qui n'est pas celle pour laquelle elle a été formée.
01:19Ce qui est quand même assez lunaire, effectivement.
01:23Si vous ajoutez à ça, au fait, qu'on mobilise 3000 enseignants et que les calculs varient beaucoup,
01:29mais qu'il en faudrait au moins 15 000 pour remplacer ceux qui font défaut aujourd'hui,
01:35vous voyez l'ampleur du problème et le décalage entre cette solution immédiate,
01:39qui est un geste qui a le mérite d'exister, et la réalité des besoins.
01:43Et c'est ça l'une des grandes difficultés du gouvernement aujourd'hui,
01:46c'est que les revendications des lycéens sont pour beaucoup légitimes,
01:51mais ce n'est pas du jour au lendemain qu'on peut mettre en place le système qui remplacerait Parcoursup,
01:57qu'on peut retrouver 15 à 30 000 enseignants qu'on va aller installer dans les classes,
02:01qu'on peut réparer les lycées, etc.
02:04Beaucoup des mouvements étudiants du passé étaient une protestation contre une réforme.
02:09Quand vous avez une réforme qui ne plaît pas, la retirer c'est relativement simple,
02:13et ça apporte une solution immédiate.
02:15Là la difficulté c'est que pour beaucoup des problèmes posés,
02:18il n'y a pas de solution qui soit immédiate à mettre en œuvre,
02:22elles sont souvent très complexes.
02:23En réalité s'ajoute à ça bien sûr le fait qu'il n'y a plus du tout d'argent
02:28dans les caisses
02:29pour répondre aux demandes par ailleurs.
02:30Et que faire en l'espace de 6 mois ?
02:32Il ne reste que 6 mois à ce gouvernement, première question,
02:35est-ce que ce gouvernement n'est pas en train de prendre, si je puis dire,
02:39sur ce sujet pour tous les autres et plusieurs années de mauvaise gestion et d'inertie,
02:47notamment de la gauche ?
02:48Oui, enfin ça fait quand même 10 ans que les gouvernements macronisent son pouvoir.
02:52Donc sur l'éducation il y a eu des choix qui ont été faits,
02:55il y a des réformes qui ont été faites, il y a des budgets qui ont été votés.
02:59Mais quand on parle de bâtiments délabrés dans lesquels on ne peut pas enseigner
03:03ou travailler dans des conditions normales,
03:06lorsqu'on parle d'un problème de remplacement de profs aussi profond que ce qui est décrit,
03:11ça va au-delà de 10 ans ?
03:13Oui, mais il y a quand même des orientations budgétaires qui sont claires depuis 10 ans,
03:18notamment des choix très lourds qui ont été faits de renoncement à des recettes fiscales,
03:24et qui ont aussi des conséquences du coup sur les capacités de l'État
03:28de maintenir les services publics essentiels comme l'éducation à bon niveau.
03:34Et voilà, et donc on paye aussi ça.
03:36Vous ne vous prenez pas votre part de responsabilité ?
03:38Je pense que la gauche, quand elle a été au pouvoir,
03:41a plutôt fait des efforts pour augmenter pour le coup les budgets de l'éducation nationale.
03:45On peut lui reprocher des choses ?
03:46C'est vrai pour les gouvernements de droite, de gauche,
03:47et maintenant le budget de l'éducation nationale a cessé d'augmenter.
03:50Et c'est le premier budget de l'État aujourd'hui.
03:52Les efforts, si vous voulez, je pense que si on compare réellement les périodes,
03:55on peut faire des tas de reproches à la gauche.
03:57Moi-même, d'ailleurs, quand j'ai été député sous le quinquennat Hollande,
04:00j'ai eu des critiques à l'égard de ce que nous pouvions faire.
04:02Mais je pense qu'on ne peut pas nous reprocher, honnêtement,
04:05d'avoir négligé l'éducation nationale.
04:07C'est plutôt un secteur sur lequel on a essayé en permanence de faire des efforts,
04:12alors que depuis 10 ans, je crois que ça n'a pas été une priorité massive.
04:16Pour des raisons, pas parce que je ne fais pas le procès au gouvernement successif
04:20d'avoir de cette désintéressée de l'éducation nationale.
04:23Mais les choix de renoncement à des recettes fiscales,
04:26donc de contraintes budgétaires très fortes,
04:28dans lesquelles on a mis les dépenses publiques,
04:30ont conduit, on l'a vu encore dans les dernières années,
04:32à ne pas faire ces efforts.
04:34Ce qui fait qu'effectivement, là, on est un peu dans des bricolages improvisés,
04:37dans des paniques.
04:38On va chercher des remplaçants, je ne sais pas trop comment.
04:40On voit bien que c'est un peu n'importe quoi.
04:42– Mais au fond, Florian Philippot, on voit bien que les partis politiques
04:47sont assez unanimes sur le fait qu'il faut entendre ces revendications,
04:52qu'elles sont profondes.
04:53Il y a des divergences sur la manière d'y répondre,
04:56mais finalement, les vraies divergences,
04:57elles portent plus sur comment accompagner ce mouvement
05:01et sur le maintien de l'ordre.
05:02On est bien d'accord.
05:03Ils sont là, les clivages.
05:05Il n'y a aucun responsable politique pour dire sur ce plateau
05:08qu'en fait, on ne peut pas écouter ces lycéens,
05:10on ne peut pas répondre à ces revendications.
05:11On est d'accord.
05:12– Ce serait compliqué de tenir cette posture.
05:15– Et pourtant, personne ne l'a vu venir, ce mouvement.
05:17– Non, c'est vrai.
05:18Oui, c'est vrai, comme souvent d'ailleurs.
05:19Les mouvements, souvent, ils émergent comme cela.
05:21Mais c'est vrai que sur la question des professeurs,
05:24on apprend qu'à 3 000 postes qui étaient en fait là,
05:26depuis il y a des remplaçants, mais qui ne sont pas mobilisés.
05:28Alors, nous, c'est un problème informatique, c'est scandaleux.
05:31Mais ça ne date pas d'ailleurs de cette année.
05:33Si vous discutez avec des personnes qui connaissent bien l'éducation nationale,
05:36ça fait des années, voire des décennies que ce problème existe
05:38– Et c'est un problème qui est absolument scandaleux.
05:42Alors moi, au lieu de donner de l'argent des milliards à l'Ukraine,
05:45dans la guerre et la corruption sans fin,
05:47on ferait mieux de les mettre dans l'éducation,
05:49ou bien pour les paysans d'ailleurs aussi, ou nos pompiers,
05:52c'est-à-dire pour les besoins des Français.
05:54Vous voyez, ce sont des choix politiques.
05:56Ça, il n'y en a pas beaucoup qui vous le disent,
05:58ce que je suis en train de vous le dire,
05:58parce qu'ils votent tous pour l'Ukraine, là.
06:00Ils vont tous se prosterner à Kiev.
06:02Moi, je pense qu'il faut arrêter de financer cette guerre.
06:04Il faut mettre les milliards plutôt pour les jeunes,
06:06pour la jeunesse de France et pour l'avenir.
06:07– Donc vous, vous êtes sur la ligne de Louis Alliot,
06:10il faut couper le robinet précisément pour utiliser cet argent pour les lycéens.
06:15– Je ne sais pas ce qu'est la ligne du RN,
06:17parce que trois jours après, ils ont écrit l'inverse dans un communiqué de presse
06:19en disant qu'il faut les donner encore plus et continuer d'armer l'Ukraine.
06:22Donc le RN est dans le système là-dedans encore une fois.
06:25Mais non, nous, aux patriotes, on est pour la paix.
06:27Donc on arrête de financer cette guerre et la corruption.
06:29– Ils ont dit qu'on épargne des milliards.
06:32– On continue, mais on le fait dans une moindre mesure.
06:35– Ils ont dit l'armement, oui.
06:36Sur le financement, ils n'ont pas tranché la question.
06:38Ils disent la question se pose.
06:39C'est d'ailleurs pas le seul parti.
06:40– Quel courage !
06:42– C'est vrai que c'est pas très simple.
06:43– C'est une question aussi importante.
06:44En tout cas, l'avenir, vous parliez de la jeunesse,
06:46l'avenir de notre jeunesse, c'est aussi de se protéger.
06:48Se protéger d'empires qui ont une stratégie impérialiste comme la Russie.
06:55Et l'Ukraine est en première ligne pour nous protéger.
06:58– Nous protéger physiquement, mais nous protéger aussi économiquement.
07:02– Vous y croyez ou vous répétez un mantra ?
07:04– Oui, non, non, j'y crois très sincèrement.
07:06– Vous croyez que M. Zelensky, le corrompu, nous protège de quoi que ce soit ?
07:09– Oui, il nous protège de la dignité de l'avenir et il nous met en danger de guerre.
07:13– Qui ne rêve que d'une seule chose, c'est après l'Ukraine,
07:16venir dans l'Union Européenne.
07:17– Mais bien sûr, mais bien sûr.
07:17– Oui, bien sûr.
07:20– Demander aux Etats baltes, demander aux Polonais,
07:24demander même aux Allemands si ce n'est pas ce qu'ils pensent
07:26et demander au service de nos différents pays européens
07:30si ce n'est pas exactement la stratégie.
07:31– Là, vous jouez sur les peurs, mais on connaît votre stratégie.
07:33– On ne joue pas sur les peurs, c'est la réalité.
07:35Malheureusement, c'est la réalité dans laquelle nous sommes.
07:37– Je vais vous dire, il n'y a pas de menace russe en France.
07:38Par contre, il y a une menace macroniste et il y a une menace européiste.
07:40– Ça, c'est la vraie menace.
07:42– La vraie menace, c'est votre empire à vous, c'est l'empire européen.
07:45– Florian Philippot, les risques d'ingérence, vous n'y croyez pas du tout ?
07:47– Il y a des ingérences en France.
07:48Il y a sûrement quelques ingérences russes.
07:50J'ai vu deux, trois vidéos qui ciblaient M. Attal,
07:52qui étaient doublées dans un russe.
07:53– Oui, c'est vrai qu'il…
07:54– Un russe mal…
07:55– Bon, ce n'était pas très crédible.
07:57– C'est sûr que…
07:57– Personne ne les a vus d'ailleurs.
07:58On les voit quand ça passe à la télé.
07:59– Que Gabriel Attal soit président de la République,
08:01qui préférait que ce soit quelqu'un comme vous,
08:04vendu aux Russes.
08:05– Moi, je ne suis pas vendu aux Russes,
08:06mais moi, contrairement, parce que moi, je ne suis vendu à personne.
08:08Vous voyez, moi, je ne défends que la France.
08:10Mais je pense que vous, vous êtes vendu, par contre,
08:11au think tank européiste, atlantiste,
08:14et comme tous les ministres d'ailleurs, macronistes,
08:16comme M. Haddad, le ministre de l'Europe,
08:18qui travaillait dans un think tank américain avant.