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Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Alors justement, Nathanael Combary, je le disais, vous avez été reçu par le ministre de l'Éducation nationale.
00:05Avant de parler évidemment des réponses ou non-réponses, vous me direz, sur le fond de la part du gouvernement,
00:10sur les violences.
00:12Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui est en train de se passer ?
00:15C'est difficile d'y voir clair en fait ce soir entre ceux qui manifestent, ceux qui crient, ceux qui
00:22agressent, ceux qui commettent des violences.
00:25Vous, quel regard vous portez sur ce qui se passe aujourd'hui ? Est-ce que vous avez l'impression
00:27qu'on est en train de vous confisquer ?
00:30Votre contestation ?
00:31Non, je pense qu'au contraire, la situation est pourtant très simple.
00:34Je pense qu'aujourd'hui, on peut aisément dire qu'il y a deux mouvements bien distincts.
00:38Un mouvement lycéen, qui est là dans des lycées, qui aujourd'hui s'exprime depuis plusieurs dizaines de jours par
00:45des revendications qui sont parfois pacifiques.
00:47Enfin, pas parfois, d'ailleurs, qui sont tout le temps pacifiques.
00:49Je peux vous citer une dizaine d'exemples.
00:51Et on a également un mouvement de violences urbaines, que certains peuvent même qualifier d'émeutes urbaines, qui regroupent des
01:02jeunes qui ne sont pas là pour défendre les revendications des lycéens.
01:05Mais vous, par exemple, vous les avez vus, ceux qui commettent ces violences urbaines, ceux qu'on appelle les casseurs.
01:11Vous avez manifesté où ? Et est-ce que vous, vous avez été témoin de ces débordements, de cette récupération
01:18de ces autres manifestants ?
01:19Oui, nous, vous savez, on discute avec beaucoup de lycéens qui sont directement sur le terrain.
01:23Je pense au lycée Paul-Éluard, en Sédonie, qui a été le symbole d'une grande séquence due à la
01:29médiatisation qu'il a obtenue suite à la venue du maire Balibagayoko au moment de la mobilisation.
01:36Moi, j'étais en contact avec un lycéen sur place qui m'expliquait que, oui, malheureusement, il y avait des
01:41jeunes qui n'étaient pas lycéens qui venaient.
01:43Moi, je condamne évidemment tout type de violence qu'elle ait lieu envers le personnel éducatif, les lycéens, les professeurs
01:52ou encore même les forces de l'ordre.
01:53Je pense que toute cette violence nuit au débat.
01:55Et s'il y a un mot que je pourrais passer aujourd'hui à la jeunesse, ça serait soyez responsables,
02:00ne donnez pas raison à ceux qui, justement, tentent de nous décrédibiliser.
02:04Mais justement, comment faire pour reprendre le contrôle de votre mouvement ?
02:08Je pense que, justement, aujourd'hui, cessons d'avoir un débat sur l'existence de ces violences urbaines et focalisons
02:14-nous, justement, sur les revendications.
02:16Mais elles sont là ? Elles existent ? Elles sont ?
02:18Oui, mais je crois, effectivement, que vous avez raison.
02:21C'est-à-dire qu'il y a, effectivement, la question des violences urbaines, elles existent.
02:26Il faut maintenir l'ordre et il faut éviter qu'on ait des blessés, qu'on ait des dégâts.
02:31Et c'est évident.
02:32Mais à côté de ça, je pense qu'il faut qu'il y ait un dialogue qui se construise sur
02:36la base de revendications qui sont portées de manière claire.
02:39Et il faut venir, en fait, à un moment qui soit un moment politique, en fait, simplement, de discussion avec...
02:46Alors, sauf qu'au-delà du dialogue, visiblement, il faut plus que ça.
02:49Puisque vous, ce que vous demandez, ce sont des réponses concrètes que vous n'avez pas eues aujourd'hui.
02:54Et c'est d'ailleurs pour ça que vous continuez la mobilisation, on est d'accord.
02:56Nous, on a du coup pu échanger avec le ministre cet après-midi pendant de longues heures.
03:02Nous, aujourd'hui, le ministre a pris plusieurs engagements, que ce soit notamment sur une refonte complète des instances d
03:08'échange des lycéens,
03:10ce qu'on appelle la démocratie lycéenne.
03:12Également des engagements clairs sur le bâti scolaire, qui a été, je pense, un événement et une revendication marquante de
03:21toute cette mobilisation lycéenne.
03:22On peut parler de ce qui s'était passé, par exemple, au lycée Saint-Exupéry, à Créteil,
03:27qui a été le début, justement, de la mobilisation lycéenne, il y a plus d'une vingtaine de jours maintenant.
03:31Voilà, dont on a eu aujourd'hui des réponses du ministre.
03:33Sur les rythmes scolaires, il a promis d'engager aussi une réflexion, tout en reconnaissant qu'il ne pourra pas
03:38assurer la rentrée 2027,
03:39en raison de l'élection présidentielle.
03:42Et oui, forcément, mais OK, vous avez eu des engagements, mais ça ne suffit pas, puisque vous avez dit, on
03:47poursuit les blocages.
03:48On est bien d'accord ?
03:49Moi, en tout cas, à titre personnel, ce que j'ai exprimé lors, notamment, du point presse, à la suite
03:53de mon échange avec M. le ministre,
03:56c'est, encore une fois, de responsabiliser les lycéens.
03:58Je comprends, aujourd'hui, que certains lycéens ne se sentent pas écoutés.
04:02Aujourd'hui, moi, s'il y a un mot que j'ai à leur transmettre, justement, écrivez-nous.
04:06Nous, on a rencontré le ministre, aujourd'hui.
04:07Ça veut dire que vous, à titre personnel, ou du moins à titre de votre organisation,
04:13vous auriez pu dire, aujourd'hui, nous, on a obtenu suffisamment de choses, maintenant, on repart bosser.
04:19Non, on n'a pas obtenu suffisamment de choses.
04:22Évidemment, je ne suis pas allé…
04:23Alors, que voulez-vous de plus ?
04:25Que voulez-vous de plus ? Des résultats.
04:26M. le ministre a dit qu'il allait engager, justement, des réflexions sur la refonte d'un bâti scolaire,
04:31sur la refonte du dialogue avec les lycéens, les instances de démocratie lycéenne,
04:35ou sur le bâti scolaire.
04:37On le sait, aujourd'hui, on n'est pas… nous ne sommes pas là à hurler.
04:41Je pense que, voilà, on est raisonné sur nos revendications.
04:45On est conscient, évidemment, qu'il y a une séquence politique très importante,
04:48ce qui va jouer dans quelques mois.
04:50On ne peut pas demander mille et une merveilles.
04:52Aujourd'hui, on est conscient que, voilà, on a une demande des lycéens,
04:55donc on va faire au mieux pour qu'elle soit réalisée.
04:58Mais vous, par exemple, vous avez un représentant du gouvernement devant vous.
05:01Est-ce que vous exigez la suppression de Parcoursup ?
05:03Non, moi, je pense…
05:04Pas vous ?
05:05Pas nous, en tout cas.
05:06Moi, je pense que Parcoursup, on peut avoir beaucoup de débats dessus.
05:09Je pense que, voilà, on peut échanger, évidemment, M. le ministre.
05:12D'ailleurs, on en a parlé, d'ailleurs, avec M. le ministre de l'Éducation.
05:14Nous, on serait ravis de pouvoir parler avec vous.
05:16Et justement, parce qu'aujourd'hui, les lycéens, il y a beaucoup de leurs revendications,
05:21de nos revendications, pardon, qui touchent sur l'orientation et sur l'avenir.
05:24Alors, à la sortie, il y avait quand même, à la sortie de cette rencontre
05:27avec le ministre de l'Éducation nationale, il y avait quand même des représentants
05:29de syndicats plus remontés que vous.
05:32On sent quand même que la réponse n'est pas à la hauteur aujourd'hui.
05:35J'ai deux choses.
05:36La première, c'est que je voudrais quand même dire que dans le projet de budget,
05:40le projet de loi de finances qui est déposé depuis quelques jours à l'Assemblée,
05:44vous savez que c'est un budget qui est un budget contraint.
05:47On demande des sacrifices qui sont quand même assez difficiles.
05:50En dehors des ministères régaliens autour de la question de la défense, etc.,
05:53il y a deux ministères qui, aujourd'hui, voient leur budget augmenter.
05:57C'est le ministère de l'Éducation nationale avec, excusez-moi du peu,
06:00près de 1,1 milliard d'augmentation de budget, 1,1 milliard,
06:04et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,
06:08qui voit son budget augmenter de 500 millions.
06:11Mais aussi des suppressions de postes ?
06:13Pas du tout.
06:14En tout cas, pas du tout dans le ministère de l'Enseignement supérieur.
06:18Et de l'Éducation nationale ?
06:18Je ne peux pas vous répondre techniquement sur la question du nombre de postes
06:22de l'Éducation nationale.
06:23Il faut demander au ministre.
06:24Mais la question aujourd'hui, en termes d'engagement du gouvernement sur la jeunesse,
06:31je pense qu'il y a des efforts qui se sont faits actuellement.
06:33Et le gel des APL ? Pardon, M. le ministre, mais le gel des APL ?
06:36Est-ce que ça ne tombe pas au pire moment ?
06:38Juste pour vous dire, il me semble qu'on a un sujet
06:42qui est un sujet autour de la jeunesse,
06:45et qui dépasse probablement simplement la question lycéenne.
06:48Je pense que oui, un sujet, la question de parcours sup,
06:51la manière de l'orientation, tout ça, c'est des...
06:55Oui, bien sûr, il faut en discuter.
06:56Je crois qu'il y a aussi une forme de malaise,
07:00de la jeunesse aujourd'hui un peu plus globale,
07:02et qui touche à beaucoup de secteurs.
07:04C'est aussi vrai pour les jeunes qui commencent leur vie professionnelle,
07:08les jeunes qui se font en formation professionnelle.
07:10Donc je pense qu'il faut qu'on ait des discussions
07:13qui soient un peu plus larges.
07:14Je crois vraiment que c'est un enjeu.
07:15Mais sur ce point, quand même, le budget de l'éducation nationale
07:18n'est pas épargné par le budget d'austérité
07:21que va présenter le gouvernement.
07:23Excusez-moi, 1,1 milliard d'augmentation ?
07:25Oui, justement, M. le ministre, c'est vrai que c'est un budget qui augmente.
07:31Il faut préciser d'ailleurs que c'est un budget qui augmente constamment.
07:34Depuis les années 2000, que ce soit l'enseignement supérieur
07:36ou l'éducation nationale, ça a constamment augmenté.
07:41Justement, il y a aussi là une question,
07:43on aimerait faire poser la question par les lycéens et les étudiants
07:47aux ministres, et inversement, comment est-il possible
07:50que ce budget, ces budgets, augmentent constamment chaque année ?
07:53Nous sommes aujourd'hui, pour l'éducation nationale,
07:55à peu près 89 milliards et 45 milliards, il me semble,
07:58pour l'éducation nationale.
07:59Comment est-ce possible que les revendications des étudiants
08:03et des lycéens soient aussi fortes,
08:04c'est-à-dire qu'ils soient aussi mécontents du service
08:06qu'il leur est donné, alors que ce budget ne fait qu'augmenter ?
08:09Comment est-il possible que la politique des gouvernements
08:11qui ne cesse d'augmenter ces budgets
08:12n'arrive pas à répondre au mécontentement des étudiants ?
08:14Une réponse du premier intéressé ?
08:18Oui, moi justement, c'est quelque chose d'ailleurs
08:20dont on a fait part au ministre de l'éducation nationale aujourd'hui,
08:23vous parlez de 1,1 milliard d'augmentation du budget
08:27de l'éducation nationale, c'est quelque chose
08:29que nous, on a étudié évidemment.
08:31Cette augmentation du budget de l'éducation nationale,
08:34elle suit et elle prend en compte une chose,
08:36l'augmentation des pensions de retraite des professeurs
08:39qui font partie du budget de l'éducation nationale.
08:41C'est un tiers du budget de l'éducation nationale.
08:42Aujourd'hui, nous, ce qu'on a demandé,
08:44et je reprends l'exemple par exemple du bâti scolaire
08:46au monsieur le ministre, c'est d'avoir, voilà,
08:48la copie du budgétaire, pardon, a été dévoilée hier.
08:54Nous, ce qu'on a demandé à monsieur le ministre,
08:56c'était d'essayer d'avoir des arbitrages,
08:58de faire de tout ce qui est en son possible
09:00pour justement, à contrario,
09:02essayer d'avoir des augmentations
09:04sur les dotations du gouvernement
09:06aux régions qui gèrent justement le bâti scolaire des lycées,
09:08parce qu'on voit que depuis, malheureusement,
09:11de nombreuses années, les régions obtiennent
09:13de moins en moins de dotations de l'État,
09:15et que, voilà, on a un bâti scolaire.
09:16Est-ce que le gel des appels a été un sujet ?
09:19Oui, bien sûr.
09:19Il y a eu des engagements là-dessus ?
09:21Est-ce que vous pensez que le gouvernement
09:22pourrait revenir en arrière, par exemple, là-dessus ?
09:24J'espère, parce qu'on en parlait tout à l'heure aujourd'hui,
09:27il y a une continuité, évidemment,
09:28dans les sujets lycéens
09:29envers les sujets de l'enseignement supérieur.
09:32Aujourd'hui, les lycéens, je pense que pour la plupart,
09:35et encore une fois, j'ai échangé avec beaucoup d'entre eux,
09:37vivent dans une sorte d'angoisse
09:39vis-à-vis de leur orientation,
09:40de la façon dont ils vont pouvoir financer leurs études.
09:44Vous vous êtes revenus, notamment, par exemple,
09:46sur les frais d'inscription payants
09:48pour les élèves non boursiers au BTS.
09:53Voilà, c'est un premier pas.
09:54Maintenant, nous, évidemment,
09:55on a d'autres vendications.
09:56Je pense à quelque chose tout à l'heure,
09:58et c'est aussi un propos qu'on a évoqué
10:00avec M. le ministre.
10:01On a souhaité, en introduction, lui dire
10:03« M. le ministre, il faut qu'on retrouve un dialogue clair ».
10:05Nous, aujourd'hui, ce qu'on a besoin avec vous,
10:07M. le ministre de l'enseignement supérieur,
10:08c'est de pouvoir dialoguer constamment.
10:10Au Conseil supérieur de l'éducation,
10:12qui est la plus grande instance de démocratie lycéenne,
10:15on a des étudiants qui sont présents.
10:17Vous voulez que je vous formule une proposition
10:18très concrète aujourd'hui ?
10:19Allez-y !
10:20Le CNESER, qui est l'enceinte de représentation
10:23des étudiants, ne dispose pas de sièges
10:25disposés pour les lycéens.
10:27Nous, ce qu'on aimerait,
10:28c'est pouvoir discuter avec vous
10:29sur, potentiellement, la création de sièges
10:31qui sont dédiés aux lycéens
10:32pour pouvoir avoir des lycéens
10:34qui puissent s'engager sur les sujets étudiants.
10:36Voilà, une demande concrète.
10:37Le dialogue continue, en tout cas,
10:39sur le plateau de BFMT.
10:40En tout cas, que j'accueille avec beaucoup d'intérêt.
10:43Et vous pourrez revenir en parler,
10:45évidemment, messieurs.
10:46La porte est grande ouverte,
10:47même si vous n'êtes pas encore étudiant.
10:48Oui, même aux lycéens, la porte est ouverte.
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