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  • il y a 6 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Il est 22h33, vous êtes dans BFM Grand Soir, évidemment.
00:04Comment la colère étudiante va-t-elle évoluer alors que des casseurs,
00:08aujourd'hui encore, ont pris part à des manifestations ?
00:10Les chiffres laissent entendre ce soir qu'au moins d'établissements ont été bloqués, perturbés,
00:17mais on a quand même assisté à des scènes d'une extrême violence,
00:21des agressions contre des professeurs, des agressions contre des policiers.
00:24Je voudrais qu'on écoute le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
00:28qui ce soir a fait en point de situation les derniers chiffres, notamment.
00:32Il y a eu 735 établissements qui ont été concernés par la mobilisation, c'est 30% de moins,
00:37et nous avons eu des violences urbaines devant 158 ou à proximité de 158 établissements.
00:44Violences urbaines, jets de projectiles, prise à partie des forces de l'ordre, des enseignants,
00:48prise à partie parfois de journalistes ou parfois même de passants,
00:50on l'a vu avec votre reportage à Marseille.
00:53Est-ce que cette mobilisation vous surpourde par ce moment-là ?
00:56– Systématiquement, je réponds à votre question,
00:58systématiquement il y a des interventions des forces de sécurité intérieure
01:01pour mettre un terme à ces violences.
01:03Ce sont les instructions que je passe, il n'y en a pas d'autres,
01:06on peut entendre ici ou là qu'on incite parfois à la retenue, non.
01:09Quand il y a des débordements, des dégradations, des violences,
01:12il y a des interventions des forces de l'ordre,
01:13ce qui nous ont conduit encore aujourd'hui à interpeller 1747 personnes interpellées aujourd'hui.
01:19C'était 1954 hier, depuis lundi c'est plus de 5000 interpellations.
01:24– Thierry Arnaud, Victor Hérault, Laurent Geoffrin sont toujours sur ce plateau,
01:27nous accueillons aussi Nathalie Arthaud, bonsoir.
01:30Porte-parole de lutte ouvrière et candidate à l'élection présidentielle, bienvenue.
01:34Et nous sommes avec Geoffroy Didier, président délégué de la région Île-de-France, bonsoir.
01:39– Bonsoir Elisabeth.
01:39– Et porte-parole de Bruno Retailleau, candidat à l'élection présidentielle.
01:44Plus de 1700 interpellations encore aujourd'hui, Nathalie Arthaud.
01:48Comment rétablir l'ordre ?
01:50– Alors d'abord, je vous remercie pour cette invitation,
01:53mais je vais beaucoup vous décevoir,
01:55parce que je ne suis pas venue pour parler des violences,
01:59je suis venue pour parler des problèmes de la jeunesse,
02:01des revendications de la jeunesse.
02:03– On va en parler aussi.
02:04– Et je sais que ça fait un beau fond, les flammes,
02:07apparemment c'est très esthétique,
02:09parce que vous avez gardé ce fond à peu près toute la journée.
02:13qui nous fait croire qu'on est en guerre civile.
02:15Mais ce n'est pas ça qui se passe en réalité.
02:17Ce n'est pas ça qui se passe.
02:19Ce qui se passe, c'est une mobilisation de la jeunesse.
02:21– Donc ça veut dire que ces images derrière moi n'ont pas existé ?
02:23– Ce que je veux dire, c'est que vous passez ces images
02:26depuis des heures et des heures,
02:28et vous essayez de résumer,
02:31et finalement de cacher une mobilisation massive, en fait,
02:35des lycéennes et des lycéens,
02:37qui s'étend dans toutes les villes du pays,
02:40et qui a des raisons, et qui a des raisons légitimes.
02:44Voilà, et moi je pense que si on commence à discuter…
02:47– Il me semble que rare sont ceux à le nier,
02:50mais c'est aussi le reflet de ce qui s'est passé aujourd'hui,
02:53ce qui s'est passé ces derniers jours, Nathalie Artholome.
02:56– Mais c'était la même chose hier, c'était la même chose avant-hier.
02:59– Et ça n'a pas d'importance ?
03:00– Moi je suis convaincue que si…
03:02– Ça n'a pas d'importance ?
03:03– Moi je suis convaincue que si on parle violence,
03:07caisse, destruction, etc.,
03:09on pose le problème à l'envers.
03:11Le problème, c'est en effet ce que vit la jeunesse aujourd'hui,
03:14c'est l'avenir que nous réservons aujourd'hui à notre jeunesse.
03:17– Pardon, mais c'est intéressant que vous ne vouliez pas en parler,
03:20alors qu'un lycéen qui était à votre place il y a à peine 10 minutes,
03:23qui est à l'origine de cette contestation,
03:25lui veut bien parler de ces violences,
03:27parce qu'il regrette le fait que son mouvement soit confisqué aujourd'hui.
03:30– Moi je regrette le traitement médiatique qui est fait,
03:32parce que je pense que finalement ça nous empêche de réfléchir au problème.
03:38À l'heure même où il y a quand même des centaines de milliers de lycéens
03:41qui sont en train de dire ce qu'ils ont sur le cœur,
03:44qui sont en train d'exprimer leur malaise.
03:46Et moi quand même, je dois avouer que ça me met en colère
03:49de voir que les médias ne sont pas fichus de les écouter.
03:51– Mais Nathalie Arthaud, si vous aviez détourné à un moment
03:53le regard de la flamme en question,
03:55vous auriez entendu des lycéens qui se sont largement exprimés sur ce plateau.
03:58– Même pas la moitié du temps,
04:01même pas la moitié du temps sur vos antennes.
04:04– Ce que vous dites n'est pas juste, je suis désolée.
04:05– Moi ce que je pense, c'est qu'en effet la situation…
04:07– On ne raconte pas la réalité de notre travail.
04:09– On vient de faire dialoguer ensemble un lycéen et un ministre
04:12il y a à peine 100 minutes.
04:14– C'était assez exceptionnel, je dois le dire.
04:16Effectivement, j'ai été surpris en arrivant parce que j'ai débranché.
04:17– Donc ne commencez pas cette interview en partie de la journée.
04:20– En critique en BFM.
04:21– Si je la commence, et les médias en général,
04:24parce que tous les JT ça a été la même chose,
04:26on a démarré là-dessus et c'est le temps essentiel.
04:29Alors même qu'il y a des centaines de milliers de jeunes
04:32qui ont envie de s'exprimer et à juste titre.
04:35Moi je trouve qu'en effet l'avenir qu'on leur réserve est catastrophique.
04:39Aujourd'hui vous avez un jeune, il a 15, 16, 17 ans,
04:42vous lui dites quoi ?
04:43Qu'il a 55 000 euros de dettes sur les épaules.
04:46Vous lui expliquez que demain il n'aura peut-être pas de boulot
04:49parce qu'il a l'intelligence artificielle qui est en train de tout rafler.
04:52Vous lui expliquez aussi que cet été, espérons qu'il en a bien profité
04:56parce que ça a été le plus frais de toute leur vie.
05:00Parce qu'il y a eu le réchauffement climatique.
05:02Donc il y a ce malaise de la jeunesse,
05:04c'est des revendications concrètes, précises,
05:07qu'ils n'ont pas obtenues aujourd'hui,
05:09donc le mouvement continue.
05:11– Mais c'est aussi plus profond en réalité.
05:13C'est une jeunesse qui voit en effet que son avenir est condamné.
05:17Et moi ce que je trouve, c'est que cette mobilisation,
05:19elle doit nous servir à tous d'électrochoc.
05:23Parce qu'en fait, on accepte depuis trop longtemps l'inacceptable
05:26que en effet l'éducation passe après tout le reste,
05:30soit la dernière roue du carrosse,
05:31que la jeunesse soit méprisée,
05:33qu'il y ait le racisme aussi dans la société.
05:36– Est-ce que justement parce que ce mouvement doit nous servir d'électrochoc,
05:40Nathalie Herteau,
05:41est-ce que précisément parce que ce mouvement doit nous servir d'électrochoc,
05:44vous condamnez ces violences et ces débordements ?
05:46– Mais comme les lycéens, ça ne fait pas avancer le mouvement,
05:49c'est une évidence, mais moi ce que j'ai vu,
05:51ce que j'ai vu à Pontin, ce que j'ai vu à Aubervilliers…
05:52– Est-ce qu'il n'est pas important de souligner que ça arrive malgré tout ?
05:55Est-ce que ça veut dire que c'est inévitable ?
05:57– Moi ce que je pense, c'est le résultat de la politique du gouvernement.
06:02C'est le résultat, y compris son traitement,
06:06c'est le résultat de la politique du ministre de l'Intérieur,
06:11de Laurent Nunez.
06:13Écoutez, parce que depuis vendredi,
06:15ça a été Paul-Éluard, un des premiers lycées très très mobilisés à Saint-Denis,
06:20mais ensuite il y en a eu beaucoup d'autres,
06:22et bien je peux vous dire, et à Pontin, j'ai été témoin moi aussi de ce genre de scène,
06:27c'est-à-dire que les jeunes n'ont même pas bloqué,
06:29ils se réunissent, déjà vous avez les camions de police qui arrivent,
06:34les policiers qui descendent, armés de LBD, de lacrymo, etc.
06:39Le premier, celui qui parlait un peu plus fort, immédiatement, il a été arrêté.
06:44Mais justement, il n'incendiait rien du tout, parce que figurez-vous…
06:47– Il y a eu des incendies de nombreux lycées en France aujourd'hui.
06:49– Je peux vous dire, il y a énormément d'arrestations et de gardes à vue,
06:55où il n'y a pas eu de feu de poube, même pas de feu de poubelle.
06:58– Mais il y a un maintien de l'ordre extrêmement provocateur et extrêmement agressif.
07:03J'ai eu le témoignage de quelqu'un qui est à la retraite infirmière,
07:09qui regardait ce qui se passait devant un lycée,
07:11quand effectivement un policier lui dit « vous dégagez »
07:14ou je crois même qu'il lui a dit « dégage ».
07:17Elle a dit « non, je ne pars pas ».
07:19Eh bien, elle s'est retrouvée en garde à vue.
07:21Elle s'est retrouvée en garde à vue.
07:23Alors, plaqué au sol, le garde à vue.
07:27– Est-ce que ce ne sont pas… vous ne faites pas des généralités là ?
07:30Est-ce que… non mais pardon, mais est-ce que…
07:32– Mais pas plus que vous ?
07:33– Est-ce que vous niez le fait qu'aujourd'hui…
07:34– Et en fait, beaucoup moins que vous.
07:35– Est-ce que vous niez le fait qu'aujourd'hui,
07:37il y a eu des agressions contre des policiers,
07:38des agressions contre des professeurs aussi, Nathalie Arthaud ?
07:41– Mais je ne le nie pas.
07:43Ce que je vois, c'est qu'effectivement, tout ça est monté,
07:46a été monté à un certain nombre de jeunes sans chauffer à blanc,
07:51sans chauffer à blanc, mais parce qu'y compris ces provocations,
07:55cette façon dont les lycéens sont traités devant les lycées,
07:59eh bien, elle est insupportable.
08:01– Et le ministre de l'Intérieur, juste et après, je viens vers vous,
08:03je crois, le ministre de l'Intérieur a redit ce soir
08:05que la France insoumise avait une part de responsabilité là-dedans.
08:08– Mais je ne suis pas d'accord avec ça, je ne suis pas d'accord avec ça,
08:10je pense que les jeunes, ils ont besoin de personne.
08:12Moi, je suis enseignante, vous savez, les jeunes,
08:14on ne leur fait pas tellement faire ce qu'on veut.
08:17En général, quand ils se lancent dans quelque chose,
08:19c'est qu'ils ont envie de le faire.
08:22Et là, regardez, c'est massif, c'est massif.
08:25J'ai eu des informations sur Caen, sur Flair, sur Coutances,
08:30sur des petites villes, des petites villes avec des lycées.
08:33– Mais ça, personne ne le nie, même le ministre de l'Intérieur,
08:37– C'est un lycée pro privé, un lycée pro qui a parlé d'une mobilisation importante,
08:42Nathalie Arthaud, ce qui est étonnant ce soir,
08:45c'est que pour vous, l'un ne peut pas exister avec l'autre.
08:48– Personne ne nie la mobilisation importante, mais il y a eu,
08:51aujourd'hui encore, des débordements, des violences,
08:53plus de mille interpellations.
08:55Et ça, vous semblez en faire totalement abstraction sur la réponse.
08:58– Non, je prends le film à l'endroit.
08:59Et le film à l'endroit, c'est effectivement un jeune
09:01dont la mâchoire a été défoncée par un tir de LBD
09:05quasiment à un mètre de distance.
09:07C'est un tir de lacrymo, pardon.
09:10Voilà, c'est des plaquages extrêmement…
09:13Donc oui, bien sûr, cette jeunesse qui, déjà, une partie de la jeunesse
09:17a envie de s'affronter avec des policiers,
09:20dont ils entendent, par exemple, avec les policiers de Carcassonne,
09:23tout le racisme qui est d'une violence incroyable, incroyable.
09:26– Et encore une fois, c'est un incendie de l'incendie.
09:28– Je vous l'entends, je vous l'entends, je vous l'entends.
09:30– Prenons le fil dans le même sens que Nathalie Arthaud.
09:34Est-ce qu'on parle trop des violences et des débordements
09:36et pas assez des revendications profondes ?
09:38– Moi, j'ai une différence avec Mme Arthaud,
09:40c'est qu'elle, ça la gêne qu'on parle des violences.
09:42Moi, ce qui me gêne, c'est qu'elles aient lieu.
09:44C'est une différence entre vous et moi.
09:46C'est l'une des différences.
09:47– Les violences policières, vous voulez dire ?
09:48– Je vous ai laissé parler, vous avez fait trois minutes de monologue
09:50avec beaucoup, à mon avis, d'inepsies.
09:53On assiste à une prise d'otage politique, une vraie prise d'otage.
09:56Une prise d'otage de la jeunesse,
09:58qui, effectivement, a des revendications légitimes
10:01et qui se sent déclassée et qui doit être mieux entendue.
10:04Une prise d'otage politique de la jeunesse
10:06par quelques groupuscules qui sont fomentées,
10:10et tout a commencé au lycée Paul-Éluard, à Saint-Denis,
10:13avec Bali Bagayoko,
10:14qui sont excités, agités par des appels à l'insurrection
10:20fomentés par la France insoumise.
10:23Ce n'est pas moi qui le dis,
10:24ce sont les notes du ministère de l'Intérieur.
10:26Et la France insoumise appelle à l'insurrection,
10:30cible les policiers et agite la jeunesse.
10:33Et au fond, moi, je trouve qu'il y a un immense gâchis.
10:34Je dois quand même de préciser que Jean-Luc Mélenchon,
10:37ces dernières heures, a temporisé.
10:40Il a appelé à la responsabilité.
10:41Après avoir agité, il a temporisé.
10:43Il tire à eu et à dire.
10:45Et moi, j'estime qu'il y a un immense gâchis.
10:46Il y a un immense gâchis pour les jeunes
10:48qui sont en train de louper des cours.
10:50Un immense gâchis pour les parents de ces jeunes.
10:53Un immense gâchis pour les professeurs,
10:55pour les agents des lycées,
10:56pour les policiers et les gendarmes
10:58qui sont réduits à un affrontement
10:59alors que ce n'est pas du tout ce qu'ils veulent.
11:01Et puis, Mme Arthaud nous dit, au fond,
11:03il manque des moyens.
11:04Mais prenons le lycée Paul-Éluard, justement, à Saint-Denis.
11:07Celui devant lequel Bali Bagayoko
11:08a dansé devant des feux
11:11qui ont été mis en place par les casseurs
11:15ou par peut-être quelques lycéens.
11:17Pas par les policiers, Mme Arthaud.
11:18Avouez-le.
11:19Eh bien, ce lycée Paul-Éluard,
11:21il a eu 45 millions d'euros
11:24de subventions d'argent public.
11:25L'argent public, vous savez, ça n'existe pas.
11:27Ce n'est que la somme des argents privés
11:29de ceux qui nous regardent à la télévision
11:30et de leurs impôts.
11:3145 millions d'euros d'argent public
11:33de par la région Île-de-France
11:35avec Valérie Pécresse.
11:36Un milliard d'euros.
11:37Madame Arthaud, je ne vous ai pas coupé,
11:40donc respectez vos interlocuteurs.
11:41Oui, vous avez le droit de débattre.
11:42Oui, d'accord.
11:43Un milliard d'euros d'argent public.
11:48Un milliard d'euros d'argent public
11:49pour rénover les lycées.
11:51Depuis que nous sommes arrivés
11:52à la région Île-de-France,
11:53nous avons rénové,
11:55rien que sur la première région de France,
11:57350 lycées.
11:58On en a construit ou reconstruit 49.
12:01Nous donnons à tous les élèves de seconde
12:04un ordinateur,
12:05ce qui est un fait inédit.
12:06Donc il n'y a pas de problème de moyens,
12:08Madame Darfeuille.
12:09Madame Darfeuille,
12:10il y a un problème d'excitation
12:12et d'agitation politique
12:14par certains qui ont décidé
12:16à quelques mois l'élection présidentielle
12:18d'agiter les peurs
12:20et d'appeler à l'insurrection.
12:22C'est pour ça que je pose la question
12:23avec Bruno Retailleau
12:24de la dissolution ou pas
12:25de la France insoumise.
12:26Un parti politique,
12:27vous savez,
12:28c'est une association
12:28comme une autre.
12:30Donc il peut y avoir
12:30des dissolutions judiciaires,
12:32des dissolutions administratives,
12:34mais quand on promeut
12:35des valeurs qui sont antidémocratiques,
12:37quand on appelle à l'insurrection
12:39et quand on cible
12:40les policiers
12:41qui représentent pourtant l'État,
12:43eh bien j'estime effectivement
12:44que la question
12:45de l'existence juridique
12:46de ces formations politiques
12:47se pose.
12:48Laurent Geoffrin,
12:49pardon,
12:49mais est-ce que la vérité
12:50n'est pas entre les deux ?
12:52– Je ne sais pas,
12:53mais je voudrais répondre
12:55à ce que je viens d'entendre.
12:56L'explication par les groupuscules
12:58est faible.
12:59Je peux vous le dire,
13:00j'ai eu une longue expérience
13:02de témoignage,
13:03même de participation au départ
13:04à ce genre de mouvement.
13:06Les groupuscules,
13:06ils essayent toujours
13:07de décancher les mouvements.
13:09Et en général,
13:09ça ne marche pas.
13:10Sauf à certains moments.
13:12Il y a une explication à ça.
13:14Si ça marche,
13:15c'est qu'il y a des vrais problèmes.
13:17– Je ne les ai pas niés.
13:18J'ai commencé par la...
13:19– Oui, bien d'accord.
13:19Alors, n'expliquez pas tout
13:21par l'action de la France insoumise
13:22que je réprouve par ailleurs
13:23parce qu'ils ont été
13:24totalement irresponsables.
13:25Mais par contre,
13:27le thème des groupuscules
13:29est extrêmement faible.
13:31Ce n'est pas vrai.
13:33– En fait, Laurent,
13:33on parle de deux choses.
13:34On parle de l'inquiétude
13:37de la jeunesse.
13:38Et là,
13:38on est en train de parler
13:39des violences
13:40qui sont en train
13:40de prendre en otage
13:41la jeunesse qui t'inquiète.
13:43– Oui, mais attendez, attendez.
13:45– Cette violence,
13:45elle est mise en place
13:46par la France insoumise.
13:47– C'est des proxys d'extrême-gauche.
13:48Elle n'est pas mise en place
13:49par les jeunes lyciens
13:51qui sont légitimement inquiets
13:52par leur sang et leur vie.
13:52– Donc vous, vous faites
13:53le lien direct
13:54entre la présence
13:55des représentants
13:56de la France insoumise
13:57et certaines paroles
13:58qui ont été tenues
13:59et ces casseurs,
14:01ces interpellations,
14:02ceux qui s'en prennent
14:03à des professeurs,
14:04ceux qui s'en prennent
14:05à des policiers.
14:05Vous faites le lien
14:06direct entre les deux.
14:07– Il y a des casseurs
14:08d'ultra-gauche
14:08qui sont là
14:09et qui passent
14:10de lycée en lycée
14:11et dès qu'un lycée
14:11reste calme,
14:12ils s'assurent,
14:13ils ne sont pas du tout
14:13des lycéens d'ailleurs
14:14parce que ça fait longtemps
14:15qu'ils ont quitté l'école.
14:15– Il y a aussi des lycéens.
14:17– Non, non, aussi.
14:18Mais en fait,
14:19ce que je veux vous dire,
14:20c'est que ces jeunes
14:22et ces lycéens,
14:23ils sont pris en otage,
14:24ils sont manipulés,
14:26ils sont instrumentalisés
14:27et en réalité,
14:28il y a des casseurs
14:29d'extrême-gauche,
14:30il y a des formations politiques
14:31qui ont un agenda politique
14:32précis
14:33qui sont en train
14:33de manipuler ces jeunes.
14:36Je ne dis pas
14:36que les jeunes sont bêtes.
14:37Ne me faites pas dire ce que je dis.
14:38– Bah si, bah si.
14:38– S'ils sont manipulés,
14:40ils ne comprennent rien à ce qu'il se passe.
14:40– Vous savez,
14:41il y a une autre jeunesse
14:42que celle qui met le feu aux poubelles.
14:44Il y en a une autre.
14:45Il y avait des jeunes,
14:46il y avait des centaines
14:47de milliers de jeunes
14:48au Stade de France
14:49et au Champs-Élysées
14:50le week-end dernier.
14:51Il n'y a pas un
14:52qui a brisé une vitre.
14:53Pas un.
14:53Il y a une autre jeunesse
14:54à la part de la jeunesse
14:56d'extrême-gauche
14:57qui se laisse manipuler
14:59ou qui manipule elle-même.
15:00Il y a d'autres jeunesses.
15:01Aujourd'hui,
15:02il n'y a pas une jeunesse.
15:07– Il faut bien sûr
15:10répondre aux attentes
15:13de ces jeunes.
15:13Vous savez,
15:15par exemple,
15:16moi cette année,
15:17je suis en disponibilité.
15:18Je ne suis pas présente
15:19dans mon lycée
15:20mais l'année dernière.
15:21– Une absentéisme.
15:22– Grande nouveauté.
15:23Mais problème pour me remplacer.
15:25Parce que précisément,
15:26ça fait maintenant des décennies
15:28qu'il n'y a plus de corps
15:29de remplaçants,
15:29vous savez.
15:30Donc quand vous avez
15:31un enseignant qui est malade,
15:33de toute façon,
15:34s'il n'a arrêté que 15 jours,
15:35le rectorat ne remplace pas
15:36pour 15 jours.
15:37S'il est reconduit 15 jours d'après,
15:39c'est encore 15 jours,
15:40le rectorat ne remplace pas.
15:42Donc l'enseignant va être absent
15:43un mois,
15:44un mois et demi,
15:45deux mois.
15:46Il peut être prof de français,
15:47les élèves à avoir le bac,
15:48c'est pareil,
15:49exactement pareil.
15:50Il peut être prof de spécialité,
15:51c'est exactement pareil.
15:53Grande nouveauté l'année dernière,
15:54plus d'infirmières,
15:55plus d'infirmières,
15:561200 élèves.
15:58On a tous dans chaque classe
16:00un élève qui va mal,
16:01très mal,
16:02sur le plan psychologique.
16:04Tout le monde nous a expliqué
16:05que la grande cause nationale,
16:07ça devait être
16:07la santé mentale des jeunes.
16:09Eh bien voilà,
16:10pas de personnel de santé.
16:12Donc vous répondez aujourd'hui,
16:14vous répondez favorablement
16:16à chacune des revendications.
16:17Mais bien sûr,
16:18mais bien sûr,
16:18mais il faut faire plus.
16:20Et moi,
16:20ce que j'espère,
16:21c'est qu'encore une fois,
16:22ça va jouer un peu,
16:25ça va servir d'électrochoc
16:26pour tout le monde.
16:27Parce que même nous,
16:29travailleuses et travailleurs,
16:31nous acceptons,
16:32c'est que la violence est utile.
16:33Nous acceptons
16:33l'inacceptable.
16:35Non mais vous dites,
16:36qu'est-ce qui sert d'électrochoc
16:37pour bien comprendre ?
16:38Cette mobilisation,
16:39la violence,
16:40Vous savez,
16:41les jeunes,
16:41non mais c'est ces jeunes
16:43qui crient leur colère,
16:44ces jeunes qui disent
16:45c'est pas normal.
16:46Par la violence ?
16:47J'ai entendu.
16:48Est-ce que vous la dénoncez ?
16:50Est-ce que vous pouvez dire
16:52ce soir que vous dénoncez la violence ?
16:53Mais moi,
16:54ma politique,
16:54la politique d'un mouvement social,
16:56vous avez du mal.
16:56Pour qu'ils soient forts,
16:58pour qu'ils s'étendent,
16:59il faut évidemment
17:00qu'ils utilisent
17:00des méthodes d'organisation,
17:02des méthodes
17:03les plus collectives qu'ils soient.
17:05Avec une violence légitime ?
17:06Non,
17:07ça c'est contre-productif.
17:09Ça c'est l'inverse
17:09de ce qui est nécessaire
17:11pour développer la mobilisation.
17:13Donc pour moi,
17:14c'est une évidence.
17:15Alors où est la frontière ?
17:16Ce que je pense...
17:17Quelle est la bonne méthode ?
17:18Les jeunes,
17:19ils essayent de s'organiser.
17:20Il y a des assemblées générales,
17:22figurez-vous.
17:23Ça aurait mérité aussi
17:24qu'il y ait des médias
17:25pour les couvrir.
17:26par exemple,
17:27pour couvrir les discussions.
17:28Et puis,
17:29moi ce que je pense...
17:30Ils n'ont pas toujours envie
17:31qu'on soit là,
17:31vous savez.
17:32Ce que je pense,
17:33c'est que,
17:34hypocrisie,
17:35ça pète un peu comme ça
17:36dans tous les sens
17:37avec une jeunesse
17:38qui est...
17:38C'est aussi parce qu'on a
17:40trop tardé à réagir.
17:42C'est que toute la société
17:43est en train de reculer.
17:44C'est que les conditions de vie
17:45sont de plus en plus dures
17:46dans les quartiers populaires.
17:48Les jeunes,
17:49ils voient aussi leur avenir.
17:50C'est quoi leur avenir ?
17:51C'est de galérer
17:52pour trouver
17:53un contrat d'apprentissage.
17:55Cette année-là,
17:56mais il y en a...
17:57Ce sont des dizaines
17:58de milliers de jeunes
17:58qui ne trouvent pas.
17:59Vous soutenez à 150%
18:01ce mouvement.
18:02Vous étiez sur les blocages
18:03vous aussi,
18:04Nathalia ?
18:04Vous êtes allée
18:05vous mobiliser avec eux ?
18:06Oui,
18:07je suis allée
18:07et surtout,
18:08voir comment ça se passait,
18:10essayer d'éviter
18:11qu'il y ait trop de provocations
18:12de la part des policiers
18:13parce qu'il y en avait.
18:15Je suis allée devant
18:15le commissariat de Pantin
18:16où ils ont quand même
18:18arrêté 15 jeunes
18:19mais qui n'avaient rien fait,
18:21mais qui étaient des gentils.
18:22C'est incroyable.
18:23Vous voyez ?
18:23Eh bien oui,
18:24eh bien oui.
18:24Et je peux vous dire
18:25qu'il y en a un bon paquet.
18:27C'est le procès de la police
18:28mais avec l'extrême-gauche
18:28c'est toujours la même histoire.
18:30C'est-à-dire que ce n'est jamais
18:30la faute de ceux qui mettent le feu
18:32et c'est toujours
18:32le procès de la police.
18:34Non mais c'est incroyable.
18:35Ce que je retiens
18:35de votre propos ce soir,
18:37c'est que c'est la faute de la police
18:38et la faute de BFMTV.
18:39Il y a quand même quelques problèmes
18:40dans la police.
18:40Effectivement, il y a du boulot, madame.
18:42Soyez élue président de la République.
18:43Rappelez-vous quand même,
18:44vous avez écouté
18:44les policiers de Carcassonne ?
18:46Vous avez écouté
18:47toute la violence
18:48de leurs propos racistes ?
18:50Et donc ça veut dire
18:51que la police est raciste, madame Arthaud ?
18:52Ça veut dire quand même...
18:54Ça veut dire que la police
18:54est raciste, madame Arthaud ?
18:56Attention à ne pas tout mélanger,
18:57Nathalie Arthaud.
18:58Parce qu'il y a trois individus
18:59sur 250 000 policiers et gendarmes
19:01que comptent la France.
19:02Vous estimez que la police est raciste ?
19:04Alors vous avez reproché
19:05aux jeunes de faire des amalgames ?
19:07Écoutez, les jeunes qui sont jeunes...
19:08Moi je parle de les dommageables
19:09On parle de trois policiers.
19:10Sauf que...
19:11On parle de plusieurs centaines
19:13de lycées qui en France
19:14effectivement sont l'objet de violences,
19:16madame Arthaud.
19:16Mettez-vous trois secondes
19:17dans la peau d'un jeune
19:18qui est issu de l'immigration,
19:20qui est noir, qui...
19:21Mettez-vous cinq secondes
19:23dans la peau d'un...
19:24Qu'est-ce qu'il a pu comprendre ?
19:26Comment il a pu réagir
19:27face à ses propos ?
19:29Et vous, vous alimentez donc
19:30l'idée que la police est raciste ?
19:32Moi ce que j'ai vu...
19:33Vous mettez un très décor.
19:34Très, très violent.
19:36Voilà, tout ça.
19:37Il ne faut plus l'accepter.
19:38Vous savez, le 6 octobre,
19:41il y a un appel à la mobilisation.
19:42Vous n'y seriez ?
19:43Oui, j'y serais.
19:43Et j'espère qu'il y aura
19:44beaucoup, beaucoup de salariés
19:46avec leurs enfants,
19:47avec...
19:47Parce que justement,
19:48il faut dire,
19:49ça suffit que l'argent
19:50aille toujours dans...
19:51Voilà, dans...
19:52Il va à la retraite,
19:53l'argent concernant
19:54l'éducation nationale, d'ailleurs.
19:55Une toute petite poignée
19:55de privilégiés.
19:56Il faut que l'argent,
19:56il aille au salaire,
19:57il aille à l'éducation,
19:58l'argent de l'éducation nationale,
19:59c'est un tiers dans la retraite.
20:00Merci, Nathalie Arthaud.
20:02Juste précisément
20:03sur le 6 octobre,
20:04merci beaucoup.
20:04Avant de vous libérer,
20:05vous aussi,
20:06Laurent Geoffrin,
20:07j'imagine que c'est une journée
20:08que le gouvernement
20:09va suivre attentivement
20:10ce 6 octobre
20:11avec un risque
20:12de convergence des luttes.
20:14S'il y a beaucoup de monde,
20:15on risque de déboucher
20:15sur une crise nationale.
20:17Il faut savoir ça.
20:19Ça veut dire quoi,
20:20une crise nationale ?
20:20Une crise nationale,
20:21ça veut dire que...
20:21La crise est là.
20:22La crise est là, en fait.
20:24Attendez.
20:25Vous avez parlé beaucoup,
20:26laissez-moi terminer.
20:28Mais la crise nationale,
20:29ça veut dire que
20:30on ne va pas trouver de solution
20:31parce qu'il y a des problèmes
20:32budgétaires absolument incroyables.
20:34Il y a des risques
20:36de crise financière
20:37et la marge de manœuvre
20:38est très faible.
20:39Donc le gouvernement
20:40ne pourra pas satisfaire
20:41les revendications.
20:43Si ça s'étend
20:43et si ça continue
20:44et si les syndicats
20:47classiques,
20:47traditionnels,
20:48s'y mettent,
20:49ça peut déboucher
20:50sur un mouvement national.
20:52À ce moment-là,
20:53on va dire quoi ?
20:53Qu'est-ce qu'on peut faire
20:54pour sortir de là ?
20:54Le Parlement est impuissant
20:56puisqu'il est très divisé.
20:58Il faudra qu'il aille
20:58chercher l'argent.
21:00Attendez,
21:00Madame Arthaud,
21:01Madame Arthaud,
21:02arrêtez !
21:03Vous n'êtes pas encore au pouvoir,
21:04on peut encore s'exprimer.
21:05C'est une solution.
21:06Qu'est-ce qui peut se produire ?
21:08On peut dissoudre l'Assemblée.
21:10On l'a déjà fait, ça.
21:11Donc là,
21:12il y a un moment,
21:12il est possible
21:13que les gens se disent
21:14mais peut-être qu'on peut
21:14avancer l'élection présidentielle.
21:15Avec peu d'options.
21:17Ah oui, vous,
21:17vous imaginez ça,
21:18avancer potentiellement l'élection présidentielle.
21:20Départ du président.
21:20On va continuer le débat.
21:21Je vais appeler
21:22Richard Ramos,
21:23Diana Badiop
21:24et Louis Sarkozy
21:25qui vont nous rejoindre
21:26sur ce plateau.
21:27Merci beaucoup
21:27Nathalie Arthaud,
21:29Diana Badiop,
21:30députée des Yvelines,
21:31porte-parole du Parti Socialiste.
21:33Vous pouvez venir...
21:34Ah non, tenez,
21:34mettez-vous à gauche
21:35à la place de Laurent Geoffrin.
21:37Louis Sarkozy,
21:38écrivain,
21:38conseiller municipal de Menton.
21:40Bonsoir.
21:41Et Richard Ramos,
21:43député modem du Loiré.
21:45Bonsoir à tous.
21:46Bienvenue sur ce plateau.
21:48Merci à vous.
21:49Je voudrais qu'on commence
21:49par écouter
21:50l'une des réactions
21:51ce soir du ministre
21:52de l'Intérieur,
21:53Laurent Nunez,
21:55pour prolonger la discussion
21:57évidemment sur ce qui s'est passé
21:58aujourd'hui,
21:59ces débordements
22:00qui ont marqué
22:01cette journée de mobilisation.
22:02Écoutez.
22:04Elle est surprenante
22:05parce qu'elle a une ampleur importante.
22:07Le nombre d'établissements
22:07concernés dépasse de très loin
22:09de précédents mouvements lycéens.
22:12Évidemment,
22:13il y a le rôle des réseaux sociaux,
22:14il y a le rôle évidemment
22:15d'une formation politique.
22:17La France insoumise ?
22:18qui a incité les lycéens
22:19à bloquer les établissements,
22:21à manifester aux abords
22:22des établissements,
22:23qui mobilise aussi
22:24ce que le Premier ministre
22:25à juste titre a appelé
22:25les proxys,
22:26c'est-à-dire toutes ces structures
22:27d'ultra-gauche.
22:28Richard Ramos,
22:29c'est pas rien quand même
22:30que le ministre de l'Intérieur
22:31dise lui-même
22:32mobilisation surprenante
22:34par son ampleur.
22:35Est-ce qu'elle devient
22:36même incontrôlable
22:37cette mobilisation
22:38et les débordements
22:40qui l'entourent ?
22:41Surprenant,
22:42non,
22:42parce que personne
22:43n'avait pensé
22:44que ça aurait cette ampleur-là.
22:46Il faut être honnête,
22:47mais vous savez,
22:48c'est toujours comme ça.
22:48Moi,
22:49j'ai bientôt 60 ans,
22:50j'étais leader
22:51quand j'étais la loi
22:52de Vaquer en 86.
22:53Personne n'avait prévu
22:54à ce moment-là,
22:55parce que quand on est lycéen,
22:57on va manifester.
22:58Aujourd'hui,
22:59vous me demanderiez
23:00pourquoi j'ai manifesté
23:01à l'époque,
23:02je ne suis pas sûr
23:02que je saurais refaire.
23:04Mais il y a quelque chose
23:05quand on a 17 ans,
23:0818 ans.
23:09Et puis après,
23:10on se fait prendre à un jeu,
23:11sauf que là,
23:11ce n'est plus un jeu.
23:12Ce n'était pas aussi violent
23:12que ça.
23:13Oui,
23:13là, quand même.
23:14Je rappelle l'affaire
23:15Malik Osekin,
23:17mais ce n'était pas
23:19globalement aussi violent
23:19que ça.
23:21Qui n'était pas un manifestant ?
23:22Qui n'était pas un manifestant ?
23:23Il rentrait chez lui,
23:24d'ailleurs.
23:25On se souvient de tout ça,
23:26notre génération
23:27a été marquée par ça.
23:28Mais ça n'avait pas
23:28cette volonté
23:30de violence,
23:31de permanence.
23:32Là,
23:33on voit bien
23:33qu'il y a une volonté,
23:35une partie
23:35de l'extrême-gauche
23:38qui arrive dans
23:38les manifestations
23:39pour essayer
23:40de casser.
23:41Au début,
23:41on voit bien,
23:42il faut le rappeler,
23:43que les policiers,
23:4490% de leur temps,
23:46c'est protéger
23:47le droit à manifester.
23:48C'est-à-dire que
23:48les policiers,
23:49ils ont passé leur temps
23:50au départ
23:50à vouloir protéger
23:52des lycéens
23:52qui étaient légitimes
23:54à avoir des revendications.
23:55Et en plus,
23:56moi,
23:56je le dis,
23:57je suis pourtant
23:57Bayrou dans la majorité
23:59avec des revendications
24:00auxquelles
24:00ils pouvaient nous les mettre
24:02sur le dos
24:02parce que c'est nous
24:03qui n'avions pas fait
24:03ce qu'il fallait.
24:04Aujourd'hui,
24:05quand on passait le bac,
24:06on avait peur
24:07de ne pas avoir le bac
24:08et de se faire engueuler.
24:09Aujourd'hui,
24:09on n'a pas peur
24:10de ne pas avoir le bac,
24:10on a peur d'aller
24:11sur parcours sup.
24:12C'est-à-dire que
24:13de ne pas pouvoir...
24:14Non, mais la question,
24:14là, pour l'instant,
24:15c'est pourquoi ça dégénère
24:17et est-ce que ça devient
24:19incontrôlable ?
24:19D'une certaine façon,
24:20c'est vrai pour les étudiants,
24:21mais c'est vrai
24:21pour la France en général
24:23qui,
24:24quelques jours,
24:24quelques semaines
24:25ou quelques mois
24:25avant les gilets jaunes
24:26aurait pu prédire
24:27les gilets jaunes.
24:28On a l'impression en France
24:29qu'on vit dans un climat
24:29aujourd'hui.
24:30Tout est si délabré.
24:31Les services publics
24:32ne fonctionnent tellement plus.
24:34La perte de confiance
24:35envers la classe politique
24:36est si totale.
24:37Le sentiment d'impuissance
24:38est si généralisé
24:39que la moindre crise,
24:40que ce soit une obscure
24:41histoire de taxes de gasoil,
24:43personne ne soupçonnait
24:44l'ampleur,
24:44ou alors une histoire
24:45de revendication étudiante,
24:47peut exploser.
24:48On est à deux,
24:49trois faits divers
24:49d'un mouvement social massif
24:51qui peut faire trembler
24:52les fondations de l'État.
24:53C'est marrant parce que
24:53c'est à la fois
24:54quelque chose d'assez récent,
24:55de par le fait
24:56de notre délabrement,
24:57et à la fois quelque chose
24:58en fait de profondément français.
24:59Ça a toujours été
25:00un peu comme ça.
25:00Nous, on n'est pas
25:01des anglo-saxons
25:02où on fait les grandes
25:03réformes constitutionnelles
25:04un siècle et demi
25:04avant que le problème
25:05ne soit vraiment sérieux.
25:06Nous, il faut que ça explose.
25:08Il faut qu'il y ait
25:08des dizaines de milliers
25:09de victimes dans les rues
25:10pour qu'il y ait
25:10un vrai changement
25:11constitutionnel ou politique.
25:12On a l'impression
25:13qu'on est dans une
25:14de ces périodes-là
25:14d'instabilité sociale,
25:16politique, économique.
25:16Chacun a sa version des faits
25:18quant à ceux qui sont responsables
25:20des débordements
25:21et des violences.
25:22Vous, vous dites clairement,
25:23Geoffroy Didier, par exemple,
25:24c'est la France insoumise
25:25qui a une grande responsabilité
25:27dans ce qui s'est passé
25:28aujourd'hui encore.
25:29Mais je le dis
25:30parce que c'est vérifiable,
25:32parce qu'il y a des notes
25:33du ministère de l'Intérieur
25:34qui le démontrent,
25:35parce que les images
25:36l'ont montré.
25:37Lorsqu'on voit
25:38Bali Bagayoko,
25:38le maire de Saint-Denis,
25:40danser devant des feux de poubelle
25:42devant le lycée Paul-Éluard
25:43dans sa ville,
25:44lycée d'ailleurs
25:45dans lequel il n'allait jamais
25:46et au conseil d'administration
25:49duquel il ne se rendait jamais,
25:50et lycée, je le redis,
25:52c'était un autre plateau,
25:53mais peut-être que les spectateurs
25:54sont les mêmes, je ne sais pas,
25:55mais pour ceux qui viennent
25:56de nous rejoindre,
25:57dans lequel on a investi
25:58à la région Île-de-France
25:5945 millions d'euros,
26:01donc ce n'est pas un problème
26:01de moyens.
26:02Donc qu'est-ce qui se passe
26:03en réalité ?
26:04Non mais vous êtes d'accord
26:04qu'il y a un chemin
26:05entre danser devant
26:06une poubelle
26:10et s'en prendre
26:11à un policier
26:11ou un proviseur ?
26:12Vous savez,
26:12quand on incarne l'État,
26:14quand on a été élu de la nation,
26:15quand on a une écharpe tricolore,
26:17quand on est censé
26:17montrer l'exemple
26:18et qu'en fait,
26:19on légitime la violence
26:21par les images,
26:22par ses discours,
26:23comment voulez-vous
26:24effectivement
26:25que les jeunes
26:26qui sont souvent
26:27dans une colère sourde
26:28et légitimes
26:29puissent ne pas suivre
26:30et ne pas aussi
26:31eux-mêmes participer
26:32à la violence ?
26:33Vous êtes d'accord là-dessus,
26:34Yéna Madiop ?
26:34Vous savez,
26:35le poisson pourrit
26:35par la tête
26:36et effectivement,
26:37LFI aujourd'hui
26:38contribue à pourrir
26:40le système actuel
26:41et pourrir
26:42l'ambiance générale,
26:43ce qui est effectivement
26:44très inflammable.
26:45Est-ce que vous êtes d'accord
26:46avec ça
26:46sur la légitimation
26:48de la violence
26:49de la France insoumise ?
26:50Moi, je ne parle pas
26:51de la légitimation
26:52de la violence
26:54par la France insoumise.
26:55Moi, ce que je voudrais
26:55est qu'on parle
26:57surtout des revendications
26:58des jeunes.
26:58On va le faire.
26:59Mais sincèrement,
27:00je ne pense pas.
27:01L'un n'empêche pas l'autre.
27:03Oui, mais l'un n'empêche pas l'autre.
27:04Mais ce que je voudrais dire
27:05surtout,
27:06c'est qu'on ne peut pas
27:08attribuer,
27:08enfin,
27:09je pense que c'est
27:09leur attribuer
27:10beaucoup trop
27:10de pouvoir
27:11à la France insoumise
27:12parce que
27:13quand vous êtes un jeune
27:14et que vous décidez
27:15de faire un blocus
27:16dans votre lycée,
27:17c'est parce que
27:18vous avez des revendications.
27:19Moi, j'ai rencontré
27:20des jeunes
27:21à leur demande ce matin
27:22avec le maire
27:23de ma ville au Mureau,
27:24avec une délégation
27:25de parents d'élèves.
27:26Ils vous disent
27:27pourquoi
27:28ils sont justement
27:29en colère.
27:30Parce que
27:31les conditions
27:32de salubrité
27:33dans leur lycée,
27:34parce qu'ils ont
27:35des professeurs
27:36qui ne sont pas remplacés,
27:38parce qu'ils ont
27:38l'angoisse de parcours sup,
27:40parce qu'ils ont
27:41l'impression que
27:41quoi qu'il arrive,
27:43les conditions
27:43aujourd'hui
27:44d'une école
27:45et d'une éducation
27:47émancipatrice
27:47et qui tient
27:48la promesse
27:48de la République
27:49ne sont pas réunis.
27:50Donc moi,
27:51je ne veux pas
27:51passer mon temps
27:52sur ce sujet.
27:53Je n'ai pas mis le feu
27:53à un lycée.
27:54Je suis passé
27:55parfois à d'autres nouvelles.
27:57Ils n'ont pas mis le feu
27:59non plus.
28:00Après,
28:00je pense qu'il ne faut pas
28:01minimiser aussi
28:02l'infiltration
28:03d'éléments extérieurs
28:05aux lycéens.
28:06C'est sûr.
28:07Parce que je veux dire,
28:08il faut le dire
28:08d'où la globalité
28:09de la France insoumise.
28:10Mais pourquoi ?
28:12Est-ce que c'est forcément
28:13la France insoumise
28:14qui envoie des éléments
28:15extérieurs
28:16allumés
28:16des feux de poubelle ?
28:17Là-dessus,
28:18vous ne serez pas
28:19surprise,
28:19mais je vous rejoins
28:20plus que vous ne le pensez.
28:21Je ne pense pas
28:22qu'ils sont à l'origine
28:22du truc.
28:23Je pense que c'est
28:23des bons cyniques
28:24opportunistes
28:24comme tout le monde
28:25et qu'ils ont eu
28:26une réunion
28:26au bout d'un moment
28:26quand le truc
28:27commence à décoller.
28:28Ils se sont dit
28:28qu'il faut absolument
28:28sauter sur l'opportunité
28:29et qu'ils sont plus
28:30greffés sur le sujet
28:31qu'autre chose.
28:32Sur les revendications,
28:33par contre,
28:33je trouve que c'est un peu trop.
28:34On dit qu'il faut
28:35la modernisation
28:36des équipements.
28:36Le lycée Nelson Mandela
28:38à Nantes est sorti
28:39de terre en 2014.
28:40Il a été foutu à feu.
28:41On dit qu'il faut
28:43plus de professeurs.
28:44Est-ce que ce sont
28:45les lycéens ?
28:45On a 1,3 million
28:47de fonctionnaires
28:47au ministère de l'Éducation
28:48nationale.
28:48Mais ce ne sont pas
28:49des enseignants.
28:50Ce ne sont pas des enseignants.
28:51Excusez-moi.
28:52C'est mon métier.
28:53Vous savez,
28:53moi je suis enseignant.
28:54Donc attendez,
28:55vous c'est intéressant
28:55parce que vous dites
28:58que les revendications
28:59ne sont pas justifiées,
29:00ce sont des capricieux ?
29:01Vous ne pouvez pas
29:02discréditer les revendications
29:03des jeunes.
29:04Déjà, je peux
29:05parce que c'est des jeunes
29:06et comme on l'a toujours été,
29:07quand on a 17 ans,
29:08par définition,
29:09les revendications
29:09ne sont pas du niveau
29:10du sérieux nécessaire
29:11à rentrer dans le débat politique.
29:12Donc ce n'est pas légitime.
29:13Je suis nostalgique
29:14d'une époque
29:14que je n'ai pas gagné.
29:14Vous ne pouvez pas dire ça
29:15M. Sarkozy.
29:16Il y a le principe
29:16du droit de vote
29:17qui ne sont pas légitimes.
29:19Je trouve d'ailleurs
29:19que le procès
29:20en illégitimité
29:21de ces revendications
29:22est assis du moment même
29:24qu'on fout le feu
29:25à son lycée
29:25ou qu'on brûle
29:26les poubelles
29:26et qu'on commence
29:27en tout cas.
29:28Mais ce ne sont pas les mêmes.
29:29Mais ça, c'est important.
29:30Vous mettez tout le monde
29:31dans le même panier.
29:32Tout le monde
29:33dans le même panier
29:33parce que visiblement...
29:35Bien évidemment
29:36qu'il y a des différences
29:37et il ne faut pas caricaturer.
29:38Je suis le premier à admettre.
29:39Mais quand une génération,
29:40si vous voulez,
29:40qui a parmi les plus bas scores
29:42sur toutes les enquêtes
29:43internationales d'éducation,
29:44quand une génération
29:45d'une certaine façon
29:47banalise
29:47le manque de respect
29:48envers l'enseignant,
29:49en demande dans la même phrase
29:50plus d'enseignants
29:51quand on dit
29:51« Le lycée est moderne,
29:52il vient d'ouvrir
29:53et on brûle ce même lycée
29:55parce que soi-disant
29:55ce n'est pas assez moderne »,
29:56je trouve qu'il y a
29:57quand même une certaine hypocrisie.
29:59Je suis nostalgique
30:00d'une époque
30:00où la classe politique
30:02s'unirait
30:03pour dire à ces jeunes
30:04« Vous avez répondu question,
30:05c'est très bien,
30:06on peut en parler,
30:07mais la seconde
30:07où il y a un dérapage,
30:08on va vous rappeler à l'ordre
30:10parce que c'est quand même
30:10le rôle de la classe politique
30:12de dire là
30:12« Ça suffit,
30:13ce n'est pas les adolescents,
30:14ce n'est pas les phalanges prépubères
30:16qui vont nous dicter
30:17l'agenda politique
30:17de la semaine. »
30:18Mais ils n'ont jamais
30:18tout dicté.
30:19Là-dessus,
30:20Richard,
30:21l'unité nationale
30:23pour répondre,
30:24on n'y est pas.
30:25On ne peut pas réduire
30:25la jeunesse
30:26aux phalanges prépubères
30:27et puis on ne peut pas
30:28dire la jeunesse
30:28parce que d'abord
30:29on porte une forme
30:30de responsabilité
30:32vis-à-vis de cette jeunesse-là.
30:34Vous savez,
30:34moi je raconte souvent
30:35l'anecdote
30:36qui est assez récente
30:37chez moi,
30:39dans mon village
30:40auquel l'Instit,
30:41vous savez,
30:42pour dire un CM2,
30:43quand il a tout appris,
30:44il y a un carré.
30:45Puis quand vous n'avez pas appris,
30:46on enlève une barre.
30:47Et moi,
30:48je vais voir l'Instit
30:49et ce jour-là,
30:49je vois un carnet de notes
30:50d'une jeune fille
30:51dont je sais
30:51qu'elle ne peut pas avoir
30:52que des carrés.
30:53Et je me dis,
30:53mais pourquoi
30:54vous lui avez mis
30:54que des carrés ?
30:56Vous allez voir.
30:57Quand vous avez un carré,
30:58c'est que vous avez tout,
30:59c'est que vous avez
30:59en mathématiques,
31:00vous allez voir.
31:01Et ça commence là.
31:01Il est là le problème.
31:02C'est que quand vous êtes instituteur,
31:05quand vous avez le carnet de notes,
31:06vous allez mettre un carré
31:07quand vous avez appris
31:08les mathématiques.
31:09Et quand vous avez des manques,
31:10on enlève une barre.
31:11Et je ne vois que des carrés
31:13à une fille
31:13qui fait l'aide aux devoirs
31:14et que ma femme
31:15lui fait l'aide aux devoirs.
31:16Et l'Instit me dit,
31:17mais c'est le rectorat
31:17qui me le demande
31:18parce que les parents
31:18ne vont pas être contents.
31:19Bien sûr,
31:19on dit un peu la même chose.
31:20On est en élémentaire.
31:22On est en élémentaire.
31:23Et où voulez-vous en venir ?
31:24J'allais dire que
31:25quand les Instit déjà
31:26ont peur que les parents,
31:27parce qu'on dit la jeunesse,
31:28donc moi,
31:28je ne veux pas qu'on dise la jeunesse.
31:29La jeunesse,
31:30quand elle a des revendications,
31:31elles sont toujours légitimes.
31:33D'accord ?
31:34C'est pas vrai.
31:35Personne n'a toujours
31:36des revendications légitimes.
31:37On dit en peu près la même chose.
31:39Attendez,
31:39je vais terminer.
31:40Et donc,
31:41là-dessus,
31:41on porte une responsabilité
31:42avec un système
31:43qui a laissé faire.
31:44On a voulu que tout le monde
31:45ait son bac.
31:46Voilà.
31:46Et donc,
31:46tout le monde a eu son bac
31:47alors qu'avant,
31:48il y avait des filtres
31:48qui faisaient que tu pouvais.
31:50Bien sûr.
31:50Tu pouvais que ça.
31:50Donc, on porte,
31:51nous,
31:51c'est pas la jeunesse
31:52qui porte une responsabilité.
31:54C'est nous,
31:54pardon,
31:54je vais terminer.
31:55C'est nous qui avons
31:55le manque de courage.
31:57Par contre,
31:58ce qu'il y a sur la violence,
31:59parce que votre question,
32:00c'était la violence,
32:01ça révèle de la société
32:01dans laquelle on vit.
32:03C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
32:04quand vous avez
32:04dans nos petits terrains de foot
32:05partout en campagne
32:06des gens qui sont arbitres bénévoles,
32:09d'accord,
32:09et que les parents
32:10viennent pour les tabasser,
32:12je dirais,
32:13c'est en train de montrer
32:15ce qu'est aujourd'hui
32:16notre société.
32:17Notre société,
32:18elle est violente.
32:19Le maire,
32:19dans les communes rurales,
32:21le maire qui est dans
32:22une commune rurale
32:23qui était l'élu
32:23le préféré des Français,
32:25aujourd'hui,
32:25il y a des maires
32:26qui se le font agresser.
32:27Ça n'existait pas.
32:28Donc ça montre aussi
32:29la violence.
32:30Là, ce qui est nouveau
32:30et marrant,
32:31ce sont ces professeurs
32:32visés aussi aujourd'hui.
32:33On dit la même chose.
32:33Ce que vous venez
32:34de nous expliquer
32:35par les carrés
32:35et les tirés,
32:36si j'ai bien suivi,
32:36c'est l'enfant roi.
32:37C'est ça.
32:38C'est exactement ce qu'on dit.
32:39D'une certaine façon,
32:39c'est Thomas Sowell
32:40qui le disait en premier,
32:41tous les jeunes,
32:41en fait,
32:42ne sont qu'une chose,
32:42c'est des barbares
32:43qu'il faut civiliser.
32:44La phrase est un peu violente,
32:44mais je trouve
32:45qu'il y a une vérité
32:46venant de M. Sowell.
32:48Et s'il n'y a pas
32:49les forces de civilisation
32:50pour civiliser les barbares,
32:51au bout d'un moment,
32:52ils vont déraper.
32:52Donc, force à nous,
32:53vous avez parfaitement raison,
32:54d'être les adultes,
32:55la classe politique
32:56et de dire maintenant,
32:56ça suffit.
32:57C'est l'enfant roi,
32:58ici, le problème qu'on a,
32:59d'une certaine façon.
32:59Non, mais on peut quand même
33:01leur dire...
33:01Vous avez raison, madame,
33:02quand vous dites...
33:02On peut quand même leur dire
33:03ça suffit,
33:04pas de violence,
33:05mais sans délégitimer
33:06leur parole
33:07et sans leur dire
33:08que ce qu'ils revendiquent
33:09est complètement,
33:11comment dirais-je,
33:15ils n'ont pas l'âge légal ?
33:17C'est ce qu'il a dit.
33:18Il a dit,
33:19ce sont des fallances prépubères,
33:20excusez-moi.
33:22Je trouvais que la formule
33:22était jolie.
33:23Non, mais moi,
33:23je trouve que la formule
33:25est un peu méprisante
33:26pour ces jeunes
33:27qui sont là
33:28et qui, du coup,
33:29apprennent aussi ce que c'est
33:31que les revendications
33:32que la démocratie
33:33et le dialogue.
33:34La moitié des lycées
33:34France sont en feu,
33:35vous me permettrez
33:36d'être un peu condescendant,
33:36je pense que...
33:37Je réserve le droit.
33:39Mais il faut arrêter
33:40de dire que ce sont
33:41les lycéens
33:41qui mettent le feu
33:42à leur lycée
33:43parce que dans 90% des cas,
33:45ce sont des éléments extérieurs
33:51qui viennent mettre le feu
33:53sur les revendications.
33:55Dans les lycées.
33:56Pour qu'on soit parfaitement clair.
33:56Bien sûr qu'il y en a des clairs.
33:57C'est quoi la nouvelle ?
33:58La nouvelle,
33:59c'est que l'État n'a plus d'argent,
34:00qu'il y a des lycées
34:00qui sont insalubres,
34:01qu'il n'y a pas assez de professeurs,
34:03qu'il n'y a pas d'argent.
34:03Mais bien évidemment,
34:04tout le monde le savait
34:05il y a deux semaines.
34:06Ça compte quand même.
34:06Mais bien sûr,
34:07vous ne pouvez pas dire
34:07que leurs revendications
34:08sont des chimères.
34:08Mais essayez d'excuser
34:10une partie de ces comportements
34:11ou alors de dire
34:11« Non mais regardez,
34:12vous savez en fait,
34:13dès qu'il y a un drame,
34:14dès qu'il y a une poubelle en feu,
34:15dès qu'il y a une violence,
34:16par définition,
34:16ce n'est pas un étudiant
34:17et c'est un élément,
34:18un black bloc,
34:19un membre de la France insoumise,
34:19je trouve que c'est tout aussi malhonnête
34:20que de dire
34:21« Ils sont tous coupables ».
34:22Thierry Arnaud,
34:23la voix de la sagesse toujours.
34:25Ce qui est très compliqué,
34:26c'est de faire la distinction
34:27effectivement
34:28entre ceux qui se mobilisent,
34:30ceux qui portent les revendications,
34:31ceux qui vont voir
34:32le ministre de l'Éducation nationale,
34:33ceux qui manifestent,
34:34ceux qui cassent,
34:35ceux qui crient.
34:36En fait,
34:36il y a plusieurs profils
34:38et on ne saura vraiment
34:39que dans quelques jours finalement
34:41qui sont ceux
34:42qui sont à l'origine
34:44de ces débordements.
34:45Oui, et si vous êtes
34:46de l'autre côté,
34:48si vous êtes le gouvernement,
34:50ça vous revient
34:50sous la forme d'une question,
34:51c'est quelle est la réponse
34:52aujourd'hui politique
34:54qui permet,
34:56pardon pour l'image,
34:57mais d'éteindre l'incendie
34:58à la fois au propre
34:58et au figuré.
35:00Et c'est là où les choses
35:02deviennent compliquées
35:03parce que la réponse,
35:03elle est multiple.
35:05D'abord,
35:06il y a des revendications
35:07chez les lycéens
35:08qui sont parfaitement légitimes
35:09et compréhensibles.
35:11C'est là où je ne suis pas
35:12tout à fait d'accord
35:13avec ce que disait
35:13Geoffroy Didier tout à l'heure.
35:14Il disait que ce n'est pas
35:14une question de moyens
35:15en prenant l'exemple
35:16de ce lycée de Saint-Denis
35:17où vous avez mis
35:1745 millions d'euros
35:18sur la table.
35:19Certes,
35:20il est probablement,
35:21je ne le connais pas,
35:22magnifique avec des locaux
35:23tout neufs,
35:24mais le non-remplacement
35:26des profs,
35:27c'est une réalité nationale
35:29qui touche certainement
35:30aussi ce département.
35:32Aujourd'hui,
35:32on considère
35:33que sur une centaine
35:35d'heures de cours
35:36qui sont dues
35:37à un élève de secondaire,
35:39il y en a à peu près
35:39une dizaine
35:40qui va manquer
35:40au cours de l'année.
35:41Et c'est évidemment
35:42une moyenne.
35:42Je pense que tous
35:45autour de la table,
35:46soit on a vécu,
35:48soit on connaît
35:48beaucoup de gens
35:49qui vivent
35:50en permanence,
35:51presque quotidiennement,
35:52l'absence de profs
35:54et des cours
35:54qui ne sont pas remplacés.
35:56Donc ça,
35:57c'est un sujet
35:57qui est évidemment majeur.
36:00Et il y en a d'autres
36:01qui sont évidemment
36:03tout aussi pertinents
36:04parmi les revendications
36:05des lycéens.
36:06Sur la sortie de crise,
36:07selon vous,
36:08si on se met à la place
36:08aujourd'hui du gouvernement,
36:10elle est où la sortie de crise ?
36:11Ce qui est compliqué,
36:12c'est que comme l'a reconnu
36:13le ministre de l'Éducation nationale,
36:15il s'est lui-même présenté
36:17comme n'étant pas
36:17nécessairement capable
36:18de proposer des mesures
36:19qui seraient mises en place
36:20à la rentrée prochaine.
36:22Ce qui est une façon
36:23un peu curieuse
36:23d'essayer
36:24de résoudre la crise.
36:27Mais je pense
36:28qu'il faut essayer
36:30déjà dans un premier temps
36:32de tendre la main,
36:33d'écouter,
36:34de reconnaître
36:34la pertinence
36:35et la justesse
36:36des revendications.
36:38Et ensuite,
36:39il faut proposer
36:40un certain nombre
36:41de mesures
36:43de court terme.
36:43Et il y en a certainement
36:44qu'on peut sortir
36:45qui ne vont pas résoudre
36:46le problème de fond
36:47parce que
36:49une réforme
36:49de l'éducation nationale,
36:51c'est...
36:51Pourquoi est-ce qu'aucun gouvernement
36:53ne s'est lancé dedans ?
36:54Parce que
36:54c'est la certitude
36:56de prendre des coups
36:57pour des résultats
36:57qui, s'ils sont positifs,
36:59arrivent 5 ou 10 ans après.
37:00Donc, politiquement,
37:01ça n'est pas payant.
37:02C'est toujours coûteux
37:03et c'est rarement payant.
37:05Thierry Ernaud
37:05qu'il va falloir aussi
37:06de la fermeté
37:07parce que si on veut
37:08précisément faire la différence
37:09entre les revendications
37:10légitimes de certains jeunes
37:11qui ne mettent pas les feux
37:13au portail ou aux poubelles
37:14et puis les casseurs
37:15venus de l'extérieur
37:16qui foutent le bordel,
37:17il va falloir être
37:18beaucoup plus fermes.
37:19Et là,
37:19il y a une réponse
37:20de l'État
37:20qui est attendue
37:21parce que Richard Ramos
37:22vous disiez tout à l'heure
37:22la société est de plus en plus violente.
37:24Vous pensez que la fermeté,
37:26elle n'est pas là
37:27face aux casseurs aujourd'hui ?
37:28Il va falloir une réponse judiciaire.
37:30Mais ça veut dire quoi ?
37:32Il va falloir sanctionner
37:33ces jeunes qui foutent le bordel.
37:34Et puis,
37:35il va falloir mettre en oeuvre
37:35la loi anti-casseurs.
37:37Il va falloir que...
37:37L'excuse de minorité,
37:39il faut qu'on débatte.
37:39Mais bien,
37:40il n'y a même plus de débat à parler.
37:42Il y a 2000 interpellations par jour.
37:43Il va falloir,
37:43à mon avis,
37:44sanctionner aussi les parents
37:45qui ne tiennent pas leur gamin
37:46lorsqu'ils sont mineurs.
37:47C'est quoi la priorité ?
37:50Parce que ça fait beaucoup de solutions.
37:51Sur qui va payer la facture,
37:52on va en parler.
37:53Parce qu'évidemment,
37:53tout le monde n'est pas d'accord.
37:54Mais sur la loi anti-casseurs,
37:56par exemple,
37:56pourquoi ce qui est en vigueur
37:57aujourd'hui ne suffit pas ?
37:58Pourquoi vous voulez plus ?
38:00Vous savez,
38:00le problème,
38:00ce n'est pas de voter des lois.
38:01C'est de les appliquer.
38:03Et que les juges appliquent les lois.
38:05Je pense que la loi anti-casseurs,
38:06elle change quelque chose.
38:07Bien sûr,
38:07elle change beaucoup de choses.
38:08C'est la responsabilité collective,
38:09elle permet d'interpeller
38:10ceux qui sont masqués.
38:12Elle permet de considérer
38:13que quelqu'un qui participe
38:15à un collectif,
38:15même si ce n'est pas lui
38:16qui jette le cocktail Molotov,
38:17puisse être aussi interpellé.
38:18C'est ce que demande Marine Le Pen,
38:20notamment.
38:20C'est ce que demande Bruno Rotaillot,
38:21c'est ce que demandent
38:22tous les hommes et les femmes de bon sens.
38:25Nous ne considérons pas
38:25que c'est Marine Le Pen
38:26qui a les solutions
38:27pour la sécurité de nos concitoyens.
38:29Mais quand Richard Ramos disait
38:30la société de plus en plus violente
38:32dont acte,
38:34il va falloir aussi qu'on agisse.
38:35Il n'y a plus de prescripteur d'opinion.
38:36On a abrogé le service militaire.
38:38On considère qu'on n'a plus à se lever
38:40quand le prof arrive en classe.
38:41Donc aujourd'hui,
38:42on a des représentants de la nation
38:44comme Bali Bagayoko
38:45et les députés LFI
38:46qui attisent
38:47plutôt que de rechercher le calme.
38:49Donc il va falloir au moins
38:50une fermeté,
38:51des sanctions judiciaires.
38:52Ne serait-ce que pour faire la différence
38:54et pour vous donner raison,
38:55c'est-à-dire pour faire en sorte
38:57aussi que les jeunes
38:57qui ont des revendications légitimes,
38:59sans violence,
39:00puissent être entendus.
39:01J'imagine que vous n'allez pas
39:02me dire qu'il faut plus de fermeté.
39:03Mais est-ce que vous concédez
39:05qu'il faut quand même réfléchir
39:06à une réponse plus adaptée
39:07pour éviter précisément
39:09que ces casseurs,
39:10ces personnes
39:11viennent en fait
39:12gâcher ces mouvements
39:13de contestation ?
39:14Est-ce que ça,
39:15vous le concédez,
39:16vous l'entendez ?
39:16Par exemple,
39:17l'excuse de minorité.
39:19Écoutez,
39:19l'excuse de minorité,
39:22pour moi,
39:23en fait,
39:23tout dépend de la nature
39:24déjà des faits
39:25qui sont reprochés.
39:27Est-ce qu'il a brûlé
39:28une poubelle ?
39:29Est-ce qu'il a mis le feu ?
39:30Est-ce qu'il a mis en danger
39:31la vie de quelqu'un ?
39:32Etc.
39:32C'est différent.
39:34Et puis en plus,
39:34il faut vraiment établir
39:35qui est l'auteur des faits
39:38et regarder
39:39ce qui s'est passé.
39:39Mais donc,
39:40vous accepteriez
39:41que pour certains faits,
39:42les plus graves,
39:43on fasse sauter
39:43l'excuse de minorité ?
39:45Non.
39:46Alors que moi,
39:46oui.
39:46Je pense que pour des faits
39:48graves aujourd'hui...
39:48Parce que je trouve
39:49que la loi est déjà
39:51très stricte
39:52vis-à-vis des mineurs.
39:53Je rappelle qu'on a
39:54quand même une législation
39:55qui est une des plus
39:57fermes
39:57et les plus
39:59restricte.
40:00Moi,
40:00je veux tout faire.
40:01Même quand on s'en prend
40:01à des représentants
40:02de l'État,
40:03par exemple ?
40:03Même si c'était vrai,
40:05il faudrait quand même
40:05l'adurcir,
40:06vu la polarisation
40:07et la violence
40:08plus importante
40:09de notre société.
40:09Il faut s'adopter
40:10à notre époque.
40:10Le problème,
40:11ce n'est pas une question
40:12d'adaptation.
40:12À l'époque,
40:13vous l'avez dit vous-même,
40:14vous avez pléthore de lois
40:15qui ne sont même pas appliquées.
40:17Qui ne sont même pas appliquées.
40:18Commençons déjà par ça.
40:20Et après,
40:20on verra si effectivement,
40:21il faut l'adurcir ou pas.
40:25On peut parler d'appliquer des lois.
40:31Moi,
40:31je soutiens la loi anti-casseurs,
40:33bien évidemment.
40:34Mais sur la question
40:34de l'application des lois,
40:36il y a quand même
40:36un problème en France.
40:37Vous me permettez,
40:38j'ai vécu pendant longtemps
40:38à l'étranger
40:39et c'est vraiment quelque chose
40:40où il y avait
40:41une période d'adaptation.
40:43Quand je suis rentré,
40:44nous avons une police
40:45aujourd'hui
40:46qui est quand même
40:47à chaque événement
40:49d'émeute,
40:50à chaque manifestation,
40:51à chaque violence,
40:52à chaque interpellation
40:53constamment remise en question.
40:55Qui a une organe,
40:57un appareil judiciaire
40:57qui ne la suit que difficilement
40:59ou pas du tout,
41:00que la seconde,
41:01moi j'ai été élevé
41:02par des flics,
41:02la seconde où un policier
41:04dégaine son arme,
41:05c'est la fin de sa carrière.
41:06Il y a enquête,
41:06il n'y a pas...
41:07C'est fini.
41:07On voit une vidéo
41:09de 13 secondes
41:09sur les réseaux sociaux,
41:11une interpellation
41:11un peu musclée.
41:12Les gens s'en offusquent.
41:13C'est faux.
41:14Comme si l'interpellation
41:15est censée être
41:15un moment de bonheur
41:16où on se caline
41:17et on s'embrasse.
41:17Et immédiatement,
41:18on met la tête sur la police.
41:20Mais vous dites
41:20l'application des lois.
41:21Les policiers,
41:22les CRS et les gendarmes
41:23sont le bras armé
41:25de la loi.
41:26Et ils essaient
41:27constamment de l'appliquer.
41:28Et jusqu'à aujourd'hui,
41:29les gens n'ont pas été inquiétés.
41:30Enfin,
41:30les forces de l'ordre
41:31qui sont impliquées
41:32n'ont pas été inquiétés.
41:33je ne vais pas me dire de ça.
41:36Quel est le lien
41:36entre la difficulté
41:37du travail des policiers
41:38sur le terrain
41:39et le fait que la justice
41:40n'applique pas les lois ?
41:41Parce que
41:42quand vous interpellez
41:43le même individu
41:445, 10, 15 fois
41:48quand il y a
41:49une constante menace
41:51sur la vie d'un policier,
41:52d'un CRS
41:52ou d'un gendarme
41:53ou d'un policier municipal
41:54qu'une vidéo prise
41:55au mauvais moment
41:565 secondes
41:57d'une interpellation
41:58puisse ruiner la carrière
41:59de ce membre
42:01de la force de l'ordre,
42:02comprenez que ça,
42:02ça change
42:04de 1,
42:04le comportement
42:05de nos forces de l'ordre
42:05et de 2,
42:06ça donne une incitation directe
42:08aux voyous
42:08ou aux cambrioleurs
42:10ou au mec qui fait des violences
42:11de pouvoir pousser le bouchon.
42:12C'est quelque chose
42:13qui est...
42:13Ça relève de la dissuasion
42:14la plus basique.
42:15D'ailleurs,
42:15vous regardez à l'international.
42:16Qu'est-ce que vous faites
42:18de toutes ces images ?
42:20Je vous promets.
42:22Laissez-le finir
42:23et après,
42:23je vais tourner la parole.
42:25Dans tous les pays du monde
42:26aujourd'hui
42:26où il y a des taux de sécurité
42:28et de sûreté très élevés,
42:29Singapour,
42:30on est le premier d'ailleurs,
42:3098% des résidents singapouriens
42:33annoncent se sentir
42:34en parfaite sécurité
42:34dans tous les quartiers
42:35à toute heure de la nuit,
42:36c'est du jamais vu.
42:37Il y a une intransigeance judiciaire.
42:39Est-ce que la comparaison
42:39est vraiment adaptée
42:41à la situation de la France ?
42:42Ce n'est pas l'état
42:43plus démocratique
42:44et plus libératrice.
42:45Je vous l'accorde.
42:46Pardonnez-moi,
42:47juste sur la criminalité
42:48pour vraiment acheter le point,
42:49c'est très clair,
42:51c'est Giuliani a fait
42:53la même chose à New York,
42:54si vous voulez une comparaison
42:54un peu plus récente,
42:55la tolérance, zéro.
42:57Là où je ne suis pas d'accord
42:57avec vous,
42:58sur la responsabilité collective,
43:00sur les faits gras,
43:00je vous ai entendu dire tout à l'heure
43:01qu'il faut qu'il ait mis
43:02la vie de quelqu'un en danger.
43:03Mais la raison pour qu'on punit
43:05le petit délinquant,
43:06c'est parce qu'on ne veut pas
43:07qu'il arrive à ce stade-là.
43:08Et si on tape fort
43:09au début de sa carrière de délinquant,
43:10il n'arrivera peut-être pas
43:12au stade où il menace
43:12la vie de quelqu'un.
43:13Richard Ramos, là-dessus.
43:15Là, ce qu'il faut regarder,
43:16il y a eu des chiffres
43:16sur les 2000 premières personnes
43:19qui ont été interpellées.
43:2090% de mineurs.
43:21Voilà.
43:22Mais a priori,
43:23je suis prudent dans ce que je dis,
43:2480% sont des lycéens.
43:26Donc il ne faut pas...
43:27Il y a à la fois des extérieurs,
43:29d'accord ?
43:30Et à la fois,
43:30ces extérieurs-là
43:31ont emmené avec eux
43:35des lycéens.
43:35parce qu'aussi M. Mélenchon
43:38a attisé en disant
43:39que la police,
43:40c'était des sauvages, etc.
43:42Tout ça,
43:42ça a emmené des lycéens.
43:45Donc il n'y a pas que des extérieurs.
43:46Il y a à la fois des extérieurs
43:48et qui,
43:49parce que la France insoumise
43:50avec M. Mélenchon
43:51ont attisé,
43:52ont emmené malheureusement
43:53des lycéens
43:53qui, a priori aussi,
43:55il faudra analyser les chiffres,
43:57n'avaient aucun casier judiciaire
43:58où c'est finalement
43:59leur premier délit.
44:00Vous avez dit 80% ?
44:01Oui, a priori, 80%.
44:0280% des interpellés
44:03sont des lycéens
44:04et on me dit
44:04mais ce n'est pas les lycéens
44:05qui cassent,
44:06c'est les extérieurs.
44:06Pardonnez-moi.
44:07Mais à partir du moment,
44:08les chiffres parlent de même.
44:09Mais le problème,
44:10c'est que si vous...
44:10Dans les 20%,
44:11vous avez des gens
44:12qui sont les plus violents
44:13et qui entraînent avec eux.
44:14Et donc là,
44:16il va devoir demander
44:17à Gérald Darmanin,
44:18le ministre de la Justice,
44:20ces gens-là
44:20qui n'avaient pas commis de délit,
44:22que là,
44:22ils ne ressortent pas
44:23dans quelques mois
44:24avec le sentiment d'impunité.
44:26Il faut vraiment
44:27que les gens
44:27qui sont rentrés
44:28dans leur première délinquance,
44:29parce qu'ils ont commis
44:30des méfaits
44:31sur des proviseurs,
44:33sur les forces de l'ordre.
44:34Là,
44:35il faut suivre ça
44:36de très près.
44:36Et Richard Ramos...
44:37Parce que c'est là
44:38où on va avoir un enjeu
44:39pour demain.
44:40Et là vient
44:40la responsabilité collective.
44:42C'est là le problème aussi.
44:43Bien évidemment.
44:43Le gamin,
44:44pardonnez-moi pour ce langage,
44:45mais bon,
44:45le gamin qu'on a chopé
44:47avec une cagoule
44:48dont on n'arrivera jamais
44:49à démontrer
44:50que c'est lui
44:50qui a mis le feu à la poubelle
44:51ou que c'est lui
44:52qui a cassé la vitrine,
44:53il s'en sortira
44:53parce qu'il n'y a
44:54aucune raison aujourd'hui,
44:55au titre de la responsabilité
44:57individuelle
45:01et la loi anti-casseur
45:03ou en tous les cas
45:03l'idée de la responsabilité
45:04collective,
45:05pas absolue,
45:06mais dans ces événements-là,
45:07c'est la même chose
45:07pour les émeutes
45:07après les matchs de foot
45:08qu'on a vus,
45:09on se souvient des scènes,
45:10ça permet de dire
45:10qui que vous soyez,
45:12quoi que vous ayez fait,
45:13si vous vous retrouvez
45:14dans la nasse
45:15à ce moment-là
45:15alors que vous n'avez
45:16rien à y faire,
45:17vous allez payer
45:17pour tout le monde.
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