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Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On va faire le lien entre, évidemment, la contestation des lycéens, puisque ça va se poursuivre demain.
00:05Les lycéens ont eu une rencontre avec le ministre de l'Éducation nationale.
00:08Ils ont dit qu'il y a eu un dialogue, il n'y a pas eu de réponse concrète.
00:11Donc, ça va reprendre demain.
00:14Comment ça peut se passer ? Est-ce que cette contestation peut échapper au débordement, aux violences ?
00:19Est-ce qu'ils avaient la solution miracle là-dessus, Thierry Arnault, ces candidats de la gauche, sur cette contestation
00:24lycéenne ?
00:25Comment ils l'ont gérée ? Et peut-être que nos responsables politiques peuvent venir s'asseoir pendant ce temps.
00:29Non, ils ont fait un certain nombre de propositions avec lesquelles on peut être d'accord.
00:33Je veux dire, quand on considère qu'il faudrait plus de ressources pour entretenir les lycées, davantage de profs dans
00:39les classes
00:39et des moyens supplémentaires au-delà du milliard de 100 millions de rallonges promis par Sébastien Lecornu.
00:47Tout ça est du bon sens.
00:48Mais il y avait aussi dans ce débat, y compris sur le sujet de l'éducation, Alice en particulier,
00:52de mon point de vue, un gros angle mort, qui est la question de savoir comment est-ce qu'on
00:57finance tout ça ?
00:58Où est-ce qu'on va chercher l'argent ?
00:59Il faut quand même comprendre qu'on est à un moment où on est à deux doigts d'une crise
01:03financière absolument dramatique pour la France,
01:05que le Premier ministre a présenté un projet de budget avec 150 milliards d'euros de déficit,
01:12150 milliards sur 475 milliards de dépenses.
01:16Ça veut dire qu'à chaque fois que l'État fait rentrer 100 euros, il en dépense 130.
01:22Et je pense que tous ceux qui nous regardent ont parfaitement compris que cette situation, elle est absolument intenable pour
01:28un État,
01:28au bout d'un moment, comme elle est évidemment pour un ménage qui se trouve dans cette situation.
01:33Donc oui, il y a eu quelques propositions sur la table, qui étaient autant de vœux puits dans une assez
01:38large mesure,
01:38mais on était quand même un peu court de mon point de vue sur ce sujet-là comme sur d
01:42'autres,
01:42sur comment est-ce qu'on finance tout ça en particulier.
01:45Ce qui est nouveau ce soir sur cette contestation lycéenne, c'est que le Premier ministre a envoyé un courrier
01:53à ses ministres
01:55pour faire passer des messages, faire passer des consignes et surtout aussi faire passer un message aux lycéens.
02:00Oui, parce qu'on attend 400, 500 fermetures de lycées encore demain, évidemment cette journée d'action qui est très
02:07redoutée mardi.
02:08Et effectivement, le Premier ministre veut ouvrir, dit-il, cinq chantiers dans un courrier, une feuille de route qu'il
02:14a envoyée
02:14à un membre de son gouvernement en particulier ce soir.
02:17Alors les cinq chantiers prioritaires, puisqu'il attend sur ces chantiers prioritaires des remontées avant la fin de ce mois
02:24d'octobre,
02:24donc il fit une expérience très rapprochée.
02:27Assurer les cours et remplacer les profs, comment est-ce qu'on fait pour faire ça ?
02:31Comment est-ce qu'on améliore, on en parlait à l'instant Alice, l'état matériel des lycées et leurs
02:37conditions ?
02:37Comment est-ce qu'on rénove les bâtiments dégradés, etc. ?
02:41Comment est-ce qu'on revoit aussi l'organisation des journées des lycéens, les emplois du temps ?
02:45Vous savez que ça a été au cœur des revendications des lycéens, ces journées trop longues, ces emplois du temps
02:49à rallonge.
02:50Autre revendication qui est cruciale pour les lycéens, un retour sur la faction dont fonctionne Parcoursup.
02:57Alors dans le courrier du Premier ministre, ce n'est pas question de supprimer, mais de rendre le système plus
03:01transparent.
03:02Et enfin, dit-il, donner des suites concrètes à la parole des lycéens, c'est-à-dire organiser une forme
03:08de mécanisme de concertation un peu pérenne.
03:13Il veut dans chacun de ces cinq sujets qu'on soit capable de lui donner le coût, le financement, le
03:19calendrier, et que tout ça soit sur son bureau avant la fin du mois.
03:23Et on a sondé les organisations représentatives des lycéens, l'union syndicale lycéenne, par exemple.
03:30On a passé des coups de fil avant de prendre l'antenne.
03:32Eux, ils nous ont dit, insuffisant, on continue le mouvement.
03:35Un autre lycéen qui a été interrogé par nos équipes dit, ce n'est pas une lettre aux lycéens, c
03:40'est une lettre aux ministres.
03:41Je ne suis pas ministre, je suis lycéen.
03:43C'est vrai ça, pourquoi ne pas s'adresser aux lycéens, Richard Ramos ?
03:47Parce qu'il faut les adresser aux lycéens, bien évidemment.
03:49Je crois que le ministre de l'Éducation nationale les a reçus, va les recevoir.
03:53Il faut s'adresser aux lycéens directement.
03:55Et je le pense.
03:56Je pense que c'est ce qui doit être fait, c'est ce qui va être fait.
03:59Ça a déjà commencé, je crois.
04:01Est-ce que vous pensez que ce qui est écrit dans cette lettre est susceptible d'apaiser la colère ?
04:07Parce qu'on rappelle quand même que c'est une semaine à haut risque qui commence demain.
04:11On sait très bien que mardi, tout le monde le dit, le gouvernement le dit, les forces de l'ordre
04:16le disent, les renseignements le disent.
04:17C'est une journée à très très haut risque mardi.
04:20Il y a mardi, journée de manifestation, mais dès demain aussi.
04:23Bien évidemment, mais on craint beaucoup, beaucoup mardi.
04:25Moi je crains beaucoup pour à la fois les lycéens et à la fois également pour les parents qui doivent
04:30être évidemment avec les lycéens.
04:31Mais attention à ne pas s'interposer.
04:34D'habitude quand on a des très grosses manifestations avec beaucoup de violence,
04:37on a quand il y a les syndicats, on a les forces syndicales qui protègent.
04:41Ce n'est pas aux parents de jouer ce rôle-là, parce que sinon il peut y avoir vraiment des
04:45dérapages très importants.
04:46Il faut parler avec les lycéens.
04:48Je pense que les lycéens, ils sont déjà en dialogue avec le ministre.
04:51Il faut y aller, notamment, vous savez autrefois on avait peur de ne pas avoir son bac.
04:55Aujourd'hui on n'a pas peur de ne pas avoir son bac, on a peur d'être sur Parcoursup.
04:58Et nous dans nos petites permanences, on a des lycéens qui ont envie de faire des études
05:03et qui ne comprennent rien à Parcoursup et qui sont effrayés par ça.
05:06C'est normal que ça soit une revendication et elle est légitime.
05:10François Calfon, est-ce que ce qui est écrit dans cette lettre ce soir du Premier ministre est suffisant selon
05:15vous ?
05:16Ce n'est absolument pas suffisant.
05:17Il y a un retard abyssal qui a été pris.
05:20Et je me souviens de François Mitterrand qui avait reçu de lui-même les lycéens.
05:25Donc là, Macron en parle vaguement, le Premier ministre.
05:28On a une mise d'éducation nationale dont on découvre les instances au bout de huit jours de mouvement
05:33et on a un courrier au ministre.
05:34La vérité, c'est que c'est bien plus tragique que ça.
05:37C'est-à-dire que c'est une perte totale de repères dans l'avenir.
05:41C'est ce que vous avez dit.
05:42À la fois sur des objets concrets.
05:44Par exemple, je pense qu'il faut arrêter Parcoursup.
05:46C'est une usine à gaz.
05:48Ça angoisse les enfants comme les parents.
05:50Et je pense que c'est un débat.
05:51On a vu un débat ce soir, il y en aura d'autres.
05:53Un débat de nature présidentielle.
05:55Il faut des grandes assises de la jeunesse.
05:58Voilà ce qui peut être fait.
05:59Et pour la semaine cruciale qu'on va vivre...
06:02Et les violences, comment faire en sorte que ce mouvement échappe demain aux violences, aux débordements ?
06:07Je pense que l'affaire de l'éducation nationale n'est pas simplement l'affaire des lycéens, j'allais dire
06:11des enfants.
06:12Autrefois, ça a existé.
06:13Moi-même, j'étais dans un mouvement lycéen en 1986.
06:17À un moment donné, tout le monde, après la mort de Malik Ouseki, donc déjà des violences,
06:22toute la société civile s'est réveillée.
06:24Et moi, je souhaiterais qu'il y ait les cortèges syndicaux qui soient encadrés par les organisations étudiantes,
06:30par les organisations de syndicats de salariés, avec leur propre service d'ordre.
06:34Bref, qu'il y ait une forme d'encadrement.
06:36Parce que la question de la situation tragique de la jeunesse n'intéresse pas simplement les lycéens qui se sont
06:42mobilisés.
06:42Mais clairement, effectivement, encore une réponse technocratique dilatoire.
06:47Il faut maintenant une grande négociation sociale.
06:49C'est Olivier Faure qui disait ce soir qu'il se tiendrait aux côtés des manifestants.
06:54Et aussi qu'il faudrait que les parents soient présents aux côtés des lycéens mobilisés pour éviter d'éventuels débordements.
07:01Parce qu'au-delà de mardi, demain, il y aura aussi potentiellement encore des établissements bloqués.
07:06Comment faire en sorte que ça se passe bien, Laurence ?
07:09Alors moi, déjà, je suis sidéré d'entendre certains dire qu'il faut que les parents soient là pour protéger
07:14les étudiants,
07:15enfin les élèves de la police.
07:16Je ne sais pas si vous imaginez.
07:18On est en train d'expliquer que les élèves seraient menacés par la police, alors que la police les protège.
07:23Il faut les protéger, pardon, il faut les protéger de ceux qui viennent casser.
07:28C'est pas la police qui va agresser des lycéens qui ne sont pas dans la revendication violente.
07:34Donc ça, déjà, il faut casser ça.
07:36Parce qu'à force de raconter des affaires comme ça, que la police est violente,
07:40on a une jeune fille à Lille, fille de policiers, qui ne peut même plus aller à l'école parce
07:45qu'elle est elle-même menacée.
07:47Les policiers, ils ont des enfants.
07:49Ces enfants, ils sont à l'école.
07:50Donc tous ceux qui brandissent leur grand discours en expliquant que la police est violente,
07:55ils mettent aussi en danger ces enfants-là.
07:57Donc ça, c'est pour ça.
07:58Pour les revendications, moi j'entends qu'il y a des revendications qui sont légitimes.
08:02Ne pas remplacer des professeurs, c'est vraiment une situation qui est très très grave.
08:06Parcours sup, on peut en discuter.
08:08Mais on entend de tout.
08:09Et c'est ça la confusion.
08:11On entend de tout.
08:12C'est le propre de ce genre de mouvement.
08:13Oui d'accord.
08:13Mais on est à quelques mois des élections.
08:16Soyez honnêtes.
08:16Est-ce que vous pensez franchement que maintenant, il y aura des réformes qui vont être mises en place ?
08:22Bien sûr que non.
08:23Ça n'a aucun sens.
08:24Je dois être le seul ancien prof autour de la table, donc je pourrais peut-être en dire quelque chose.
08:28Évidemment, Max Brisson, sénateur Les Républicains des Pyrénées-Atlantiques.
08:32Quel regard vous vous portez sur la semaine que l'on vient de vivre ?
08:34Est-ce qu'il se profile ? Est-ce que vous avez le sentiment, vous, que ce mouvement est un
08:38peu devenu hors de contrôle ?
08:40Les mouvements lycéens sont toujours très inquiétants pour le gouvernement et celui-ci n'échappe pas à la règle.
08:44Et mardi prochain, on peut avoir en effet un mardi noir en termes de violence.
08:50Bien sûr, cette violence est instrumentalisée.
08:52Bien sûr, ces jeunes sont manipulés.
08:55Ce n'est pas nouveau.
08:56Malheureusement, ça prend des proportions tout à fait nouvelles parce que je n'ai pas le souvenir, moi qui ai
09:01connu beaucoup dans mes classes de mouvements lycéens,
09:03je n'ai pas le souvenir qu'on se soit attaqué aux proviseurs et aux professeurs.
09:08S'il y a quelque chose de nouveau, c'est s'attaquer à ceux qui sont en première ligne, qui
09:12représentent bien sûr l'autorité et l'institution.
09:15Il y avait des affrontements et les forces de police.
09:17Il pouvait y avoir des dégâts matériels.
09:20Mais moi, je n'ai jamais eu peur lorsqu'il y a eu des mouvements lycéens.
09:23Et pourtant, mon engagement politique n'était pas ailleurs connu.
09:26J'avais une vie de prof et j'avais aussi un engagement politique.
09:29Et qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, on s'en prend à des personnes, selon vous ?
09:32C'est un sentiment certainement de violence absolue qui énerve notre société, particulièrement notre jeunesse.
09:41Et puis aussi une situation de santé mentale de notre jeunesse qui est aussi compliquée.
09:47Et puis la manipulation qui est aussi derrière.
09:50Comment faire pour que ça se passe bien ?
09:52Permettez-moi de dire que ce mouvement, si on arrive à décortiquer ce qu'il y a derrière,
09:57et c'est compliqué parce qu'il n'y a pas de leader, il n'y a pas d'expression,
10:00mais il y a quand même deux choses très nettes qui ressortent,
10:03et qui sont quand même l'échec des hauts quinquennats du président Macron.
10:08D'abord le bac Blanquer.
10:10Trop de cours, des emplois du temps totalement dispersés,
10:13ce bac à spécialité par lequel plus personne ne se retrouve,
10:17la réforme du bac Blanquer, c'est aujourd'hui...
10:19Cela explique la surcharge des cours et des emplois du temps infausables,
10:25éclatés, totalement émiettés.
10:27Ce n'est pas tellement que les lycéens aient trop d'heures de cours,
10:31c'est qu'ils passent beaucoup de temps dans l'établissement
10:33parce qu'ils ont des emplois du temps à trous, totalement éclatés,
10:37parce qu'on a construit une usine à gaz, qui est le bac Blanquer.
10:39Donc il serait quand même temps aussi de faire porter la responsabilité
10:42de celui qui a été ministre de l'éducation nationale pendant cinq ans.
10:45Si après il y a eu la valse et des ministres,
10:48mais excusez-moi, il y a eu quand même un ministère.
10:49Et puis, parcours sup.
10:51Mais donc vous entendez leur revendication ?
10:53Vous comprenez leur mobilisation ?
10:55Je condamne la violence totalement,
10:57je condamne l'agression contre les professeurs et les chefs d'établissement,
11:00et je dis toute ma solidarité aux proviseurs, aux chefs d'établissement,
11:04mais je dis aussi qu'on a là le résultat d'un parcours sup qui angoisse,
11:09qui angoisse les parents, qui angoisse les élèves,
11:12parce qu'il est totalement déshumanisé.
11:15On a créé quelque chose, dans des conditions qu'on pourrait revenir,
11:18parce que c'était APB, le tirage au sort,
11:21et ce qui se passait lorsque la gauche était au pouvoir n'était guère mieux.
11:24Mais on a là un système dans lequel les futurs étudiants, les élèves,
11:29ne comprennent plus dans quel engrenage on les engage.
11:33Donc il faut en effet arrêter parcours sup,
11:36et moi je pose, avec le candidat que j'ai soutenu par ailleurs
11:39aux élections présidentielles qui est Bruno Retailleau,
11:42il est nécessaire que ce soit les universités
11:45qui fixent les conditions d'admission,
11:47et que l'on arrête l'hypocrisie d'une sélection totale,
11:52en fait dans les premières années de l'université,
11:54alors qu'on dit officiellement qu'il n'y a pas de sélection.
11:57Pour demain et les prochaines heures,
11:58le premier ça a demandé à ce que les cours reprennent partout,
12:01où la sécurité, où l'état des locaux le permettent,
12:04mais il y a quand même le ministre de l'éducation nationale
12:05qui a parlé de plusieurs centaines d'établissements fermés encore,
12:09à partir de lundi, 400 à 500, comment faire ?
12:13Dont un tiers des établissements d'Île-de-France.
12:15Exactement, un tiers des établissements d'Île-de-France.
12:18Sur la manière dont ça va se passer, ça peut se passer,
12:22est-ce qu'il y a eu un problème de maintien de l'ordre cette semaine ?
12:25C'est ce que pense Dominique de Villepin.
12:27Écoutez, il était invité de BFM TV aujourd'hui.
12:28Vous avez raison.
12:31La priorité, c'est la sécurité des lyciens.
12:35C'est la protection des lyciens.
12:37Alors, ayons des interventions ciblées, proportionnées.
12:43Je ne crois pas que l'on doive réprimer des manifestations sociales de lycéens
12:48par des mouvements classiques de maintien de l'ordre.
12:52Il faut être très, très vigilant.
12:54Il dit aussi qu'il faut laisser faire les blocages, Dominique de Villepin.
12:59Oui, mais la manifestation des lycéens, on en parlait,
13:02M. Calfon, il doit être né comme moi en 68.
13:04Moi, j'étais leader sur la loi de Vaquier, donc on devait être à peu près dans les mêmes manifestations.
13:09Pas dans le même lycée, mais c'était la même chose.
13:13Il faut, quand la jeunesse, et aujourd'hui, je vous dirais,
13:16le pourquoi on manifestait, je ne suis pas sûr que c'était légitime.
13:19Mais il faut toujours écouter la jeunesse.
13:22C'est-à-dire que quand la jeunesse, elle a quelque chose à dire,
13:24c'est que de toute façon, il y a eu un échec de dialogue.
13:26Et donc, ce qui est en train de se passer, ce n'est pas que les revendications,
13:30même si elles sont légitimes.
13:31C'est peut-être, les dix ans qui ont passé, une non-écoute avec la jeunesse.
13:36Et on le voit d'ailleurs très souvent, puisque les jeunes, très souvent, dans les votes,
13:41ils ont pour beaucoup...
13:42Mais vous excusez les casseurs, là ?
13:43Non, non, pas du tout, ça y est, justement.
13:45Pardon, la différence, c'est que, contrairement peut-être à vous,
13:49je ne dis pas que les jeunes sont tous des casseurs.
13:51C'est-à-dire que...
13:51Ah bon, j'ai dit ça, moi.
13:52Donc, moi, je parle de la jeunesse.
13:53Non, pas du tout.
13:54Dès que je parle de la jeunesse, vous parlez des casseurs.
13:56Il y a 80% des lycéens qui ne sont pas des casseurs,
14:00qui sont des... Pardon.
14:01Sur les jeunes, c'est trop facile, M. Ramos.
14:03Non, je me défends, parce que...
14:05Non, je ne suis pas trop...
14:06Alors, pardon, on ne l'écrit pas, la règle est toujours la même, Déchard Ramos.
14:10Quand vous expliquez ça, vous n'êtes pas en même temps.
14:11Les casseurs, les casseurs, il faut réprimer les casseurs.
14:15Donc, il faut la police.
14:16Bien évidemment.
14:17Mais en plus, on les a vus sur les images, sur BFM TV.
14:20La police était là, en grande partie, pour aller contre les casseurs,
14:24pour protéger les étudiants.
14:26Merci, ça rassure.
14:27Évidemment.
14:28Mais il ne faut pas faire la malgave.
14:29Est-ce que le maintien de l'or, Richard Ramos,
14:31il faut les écouter.
14:32Est-ce que le maintien de l'or, selon vous, était à la hauteur ?
14:35Oui, mais il était à la hauteur.
14:38Mais vous avez vu les débardements.
14:39Personne n'avait imaginé autant de violences.
14:42Donc, on va dire qu'on aurait dû prévoir.
14:44Mais c'est très, très compliqué.
14:46On est une société qui est hyper violente.
14:48Vous avez vu les images que BFM était sur le terrain pour le regarder.
14:52C'était impressionnant.
14:53Donc, évidemment, c'était très, très impressionnant.
14:57Laurent Geoffrin.
14:58Ils ont fait ce qu'ils pouvaient aussi.
14:59Si le maintien de l'ordre avait été bien organisé, ça se verrait.
15:02Ça a échoué complètement.
15:04Alors, pourquoi ça a échoué ?
15:06C'est facile à dire.
15:06Moi, je ne suis pas spécialiste du maintien de l'ordre.
15:08Je ne suis pas policier.
15:09C'est un métier difficile.
15:11Mais apparemment, il est clair que le gouvernement s'est dit
15:13qu'il faut étouffer dans l'œuf cette affaire.
15:15Bien sûr.
15:15Il faut combattre l'incendie dès qu'il y a les premières flamèches.
15:19Et ils ont envoyé la police immédiatement pour disperser...
15:22Pour empêcher tous les blocages.
15:23Pour empêcher tous les blocages.
15:25Ce qui n'est jamais vu.
15:25Peut-être que ce n'est pas très malin.
15:27Il y a des questions.
15:28Alors, juste quand même sur ce point-là.
15:29Là-dessus.
15:30Parce que ça a provoqué des heurts.
15:32Et c'est les heurts qui ont provoqué ensuite la diffusion du mouvement.
15:36À cause des réseaux sociaux.
15:38Est-ce que pour autant, ça aurait empêché la présence des casseurs ?
15:42Le ministre de l'Intérieur, il a répondu ce soir en disant que la réponse était proportionnée.
15:45Oui, mais le problème, c'est que quand même, qui peut se satisfaire autour de cette table ?
15:50Parce que distinguer les lycéens et les casseurs, tout le monde sait très bien, pour avoir fait un mouvement, que
15:53ça ne se passe pas comme ça.
15:54Il y a des casseurs, il faut les judiciariser, les poursuivre.
15:58Il n'y a aucune espèce d'hésitation à avoir.
16:00Et puis quand vous avez un mouvement et qu'il y a cet affrontement qui se fait au premier blocus,
16:04il y a des gens qui deviennent délinquants par opportunité et qui suivent.
16:08Est-ce que quelqu'un, parent d'élève, moi, mes enfants sont plus grands,
16:12mais je n'ai pas besoin de me projeter pour comprendre ce que ce serait.
16:15Il y a des dizaines de milliers de jeunes qui sont passés en garde à vue, dont 80% étaient
16:22mineurs.
16:22Est-ce qu'on peut se satisfaire de ces, pardon, mais de ces arrestations massives,
16:27dont à peu près 70% ne feront l'objet d'aucune espèce de poursuite ?
16:32Ça ne vous n'en sait rien.
16:32Mais je le sais, parce que je sais, parce que la preuve est difficile à établir.
16:37François Calfon, est-ce que dans ce contexte, du coup, François Calfon,
16:41est-ce que, du coup, dans ce contexte, après ce que vous venez de décrire,
16:44il est responsable de la part des politiques, de gauche,
16:47notamment de continuer à appeler, à se mobiliser.
16:52– Vous avez remarqué qu'il n'y avait aucun membre du Parti Socialiste
16:55avec des micros en train de faire des TikTok devant les lycées.
16:58– Fabien Roussel dit continuer, Olivier Faure dit je serai avec eux.
17:02– Moi, je vais vous dire exactement, parce que je n'ai peut-être pas été suffisamment clair.
17:06Je pense que la prochaine manifestation doit être une manifestation large
17:10de la communauté enseignante et des syndicats avec les lycéens
17:13pour encadrer ces cortèges.
17:15Parce que la deuxième nouveauté dans ce mouvement lycéen,
17:18en fait l'histoire des mouvements lycéens,
17:19c'est que c'est parti d'aucune organisation, c'est parti sur TikTok.
17:22Et donc, dans ces cas-là, avec des gens qui n'avaient pas d'expérience militante,
17:25donc dans ces cas-là, il y a une forme d'apprentissage du mouvement à avoir,
17:28dont tout le monde reconnaît, quand on fait preuve de discernement,
17:31et vous en êtes capable, Madame Saillet,
17:32qu'en réalité, Parcoursup, on n'y comprend plus rien,
17:35il y a eu 7 ministres, en même pas 5 ans,
17:37enfin, on est chez les fous, soit disant la priorité nationale
17:41est collective, est-ce qu'on peut créer le désarroi ?
17:44Et le désarroi est grand.
17:44Est-ce que pour autant, quiconque ici ne va pas être en capacité,
17:49comme la responsable de Révolution Permanente,
17:51de condamner les uns les autres ?
17:53Moi, je condamne les exactions, et je suis très angoissé,
17:55comme vous, parce que moi, j'ajoute une couche
17:58presque de passion personnelle,
18:00étant d'une famille d'enseignants,
18:01je suis très angoissé par le fait
18:02qu'on moleste des professeurs, des proviseurs, etc.
18:05C'est un point de rupture a été franchi.
18:07Vraiment sur le plan sécuritaire, selon vous.
18:09Moi, je pense quand même que les policiers,
18:11dans les manifestations lycéennes,
18:13qui sont toujours très compliqués à gérer,
18:15parce qu'il n'y a pas d'encadrement,
18:17font le maximum pour protéger les lycéens
18:19face aux classeurs.
18:20Moi, je n'ai aucun doute là-dessus.
18:22Alors, il peut y avoir ici ou là quelques bavures,
18:25mais moi, je vous en disons,
18:26il y en a eu,
18:27mais parce que c'est très compliqué à gérer,
18:29et je pense que les policiers
18:33protègent avant tout les lycéens.
18:35Moi, je l'ai vu dans ma ville
18:36où il y a eu des affrontements avec la police.
18:38Et fallait-il empêcher les blocages ?
18:40La police a quand même accompagné largement
18:43la manifestation pour qu'elle se déroule normalement.
18:45Il y a aussi tous ces policiers
18:46qui passent du temps à encadrer ces manifestations
18:48parce que nous sommes dans une démocratie
18:49et qu'un mouvement lycéen.
18:51On n'a pas vécu la vie de semaine.
18:52Et là aussi, la légitimité,
18:53mais oui, parce que le zoom se fait là
18:56où c'est extrêmement dur.
18:57Chez moi, il y a eu des affrontements
18:58avec la police,
18:59mais je veux rendre aussi hommage à la police.
19:02Combien de lycées bloqués chez vous ?
19:04Excusez-moi, c'est important,
19:05en vôtre une question.
19:07Combien de lycées bloqués chez vous ?
19:08À Bayonne, à Anglette, à Biarritz,
19:10il y a eu des blocages de lycées.
19:11Il y a eu des affrontements avec la police
19:13et c'est plutôt rare.
19:14C'est ville moyenne de Proverse,
19:16mais aussi, il y a eu des policiers
19:18qui ont permis l'expression des étudiants.
19:20Donc, il faut aussi rendre hommage aux policiers.
19:22C'est un peu facile,
19:23parce que gérer un mouvement lycéaire,
19:25c'est partiement compliqué,
19:27et ceci pour tous les gouvernants.
19:28Et c'est pour ça qu'entendant M. Villepin
19:30donner des leçons sur le sujet,
19:32c'est quand même un petit peu surprenant.
19:33Il n'avait pas, me semble-t-il,
19:34géré la crise du CPE
19:36avec autant d'habileté
19:37qui ne le permet.
19:40C'est plus dans le président Chirac
19:42qui lui permet de le faire
19:44autant de morgue et d'arrogance.
19:47Tout le problème, c'est qu'il n'y a pas
19:48un déclencheur.
19:49Parce que quand il y a une réforme,
19:50il y a une pression,
19:52vous retirez votre réforme.
19:53Quand on est au début d'un mandat,
19:55il y a des revendications,
19:57on peut organiser des choses.
19:59Bien sûr qu'il faut faire des choses
20:00pour changer des choses.
20:02Mais là, la question que je me pose,
20:04là où est mon immense inquiétude,
20:06c'est sur quelle thématique
20:07les jeunes vont pouvoir reculer.
20:10Mais non, mais pas que Parcoursup.
20:11Mais qui va dire,
20:11pas Parcoursup,
20:12tout le monde rentre à la maison.
20:13Il n'y a pas que Parcoursup.
20:15Il faut dialoguer,
20:16il faut abonner.
20:17Je vais finir,
20:18si vous permettez le dialogue,
20:19c'est aussi d'écouter les autres.
20:20Oui, d'accord.
20:21Donc, la difficulté
20:23dans ce mouvement en particulier,
20:24c'est celle-ci.
20:24Je vous rappelle que tout ceci,
20:26quand même,
20:26a démarré chez M.
20:28Bali Bagayoko,
20:29qui a dit
20:30que les violences
20:32pouvaient être légitimes.
20:33On peut la tourner
20:34comme on veut la phrase.
20:35Qu'il a même justifié
20:37des violences
20:37sur vos confrères journalistes
20:39de BFM,
20:39etc.
20:40Et les choses
20:41se sont embrasées derrière.
20:43Donc, en fait,
20:43on en est arrivé maintenant
20:44à de la violence.
20:45des violences.
20:46On en est en violée.
20:47Il y a Yoko,
20:48il y a des filles
20:49du mouvement.
20:50Tout ça en même temps.
20:53On a basculé
20:55dans des phénomènes
20:55de violence.
20:57J'ai dit quelque chose
20:57qui était faux.
20:58Il n'a pas justifié
20:59les violences
20:59sur les journalistes
21:00de BFM TV.
21:01Vous avez dit ça.
21:03Ah bon ?
21:03Il n'a pas dit
21:04à un moment
21:04qu'il a fait un tweet
21:05où justement,
21:06il a dit
21:07vous avez raison.
21:08Non, il a dit
21:08la violence légitime.
21:10On en va le vérifier
21:11en régie.
21:12Allez-y.
21:12Mais ce que je veux
21:12vous dire par là,
21:13c'est qu'on est tombé
21:15dans un mouvement
21:15de violence urbaine.
21:17Ça a basculé
21:17dans autre chose.
21:18Une jeune femme,
21:19une femme qui a témoigné
21:20aussi sur l'antenne,
21:22comme ça,
21:22à bout portant,
21:24un gamin de 15 ans,
21:25de 15 ans,
21:26qui lui brûle le visage.
21:28Est-ce qu'on est
21:29dans des mouvements
21:30de...
21:30Ça ne ressemble pas,
21:32si vous voulez,
21:33à ce qu'on a vu avant.
21:34On est dans autre chose.
21:36C'est sorti même
21:37du mouvement.
21:38étudiant, en fait,
21:38cette violence.
21:40Les casseurs vont
21:40partout dans les rues.
21:41Ils ont saccagé
21:42des magasins.
21:44Vous faites part
21:44de votre angoisse
21:45et vous avez bien raison
21:46parce que qui n'a pas été
21:47choqué par ces images ?
21:48Moi-même,
21:48j'ai été choqué.
21:49Mais sur la responsabilité
21:50de la France insoumise.
21:51Alors, il y a deux choses...
21:52Elle est totale.
21:53Excusez-moi de souffrir
21:53que je réponds.
21:54Oui, mais c'est intéressant.
21:55Je vais essayer de répondre.
21:56Elle est totale,
21:57la responsabilité de la LFI.
21:59Il y a eu de la manipulation
22:00et de l'instrumentalisation.
22:01Il y a une chose qui est vraie,
22:02c'est qu'il y a un immense malaise
22:03et croire que c'est la France insoumise
22:05qui veut allumer des feux
22:07tous les jours,
22:08qui est en capacité
22:08avec une allumette
22:09de déclencher comme ça
22:11un mouvement lycéen,
22:12c'est faux.
22:12Est-ce qu'elle a encouragé ?
22:14Bien sûr qu'elle a encouragé.
22:15Mais ce que je ne voudrais pas,
22:17parce qu'autrement,
22:18on ne va pas y arriver,
22:19dans un mouvement,
22:20vous avez raison,
22:21il n'y a pas de revendication,
22:22il n'y a pas vraiment de leader,
22:23il n'y a pas de déclencheur.
22:24Je ne voudrais pas
22:24que tantôt on dise
22:25« Ah mais c'est des émeutes urbaines,
22:26réponse policière uniquement »,
22:28tantôt on dise
22:29« Tout cela n'est qu'une grande manipulation ».
22:31Il y a des violences policières,
22:32il n'y a pas que des violences policières
22:33et ça me permet à moi aussi…
22:34Des violences de policiers,
22:36éventuellement.
22:36Oui.
22:36Parce que violences policières,
22:37ça voudrait dire
22:38que c'est un mouvement spécial.
22:39Et ça me permet,
22:40vous avez bien fait de me couper,
22:41mais ça me permet à moi aussi
22:42de dire mon soutien
22:43aux forces de l'ordre
22:44qui dans leur immense majorité
22:45agissent avec discernement.
22:47Mais simplement,
22:47je voudrais quand même
22:48que puisque ce mouvement
22:50a du mal à se trouver des dirigeants,
22:52que nous soyons responsables pour eux.
22:53C'est-à-dire qu'on voit
22:54la réalité d'une difficulté.
22:56Alors bien évidemment
22:57qu'on ne va pas les faire rentrer
22:59à la maison
22:59sur une ordination simple,
23:00vous aviez raison de le dire.
23:01Mais je crois qu'il faut
23:02qu'on écoute les uns et les autres.
23:04Évidemment que ça rend
23:05les choses compliquées
23:06parce qu'on est à six mois
23:07d'une présidentielle.
23:08Richard Ramos,
23:09vous, vous l'imaginez comment,
23:10franchement,
23:11à très court terme,
23:12la sortie de crise ?
23:13Je suis inquiet
23:14parce qu'en fait,
23:14moi je pense qu'on vit à la foi,
23:16on le voit avec la présidentielle,
23:17on le voit avec la primaire,
23:18une crise politique.
23:20On est dans une crise économique forte
23:22et finalement,
23:24ce qui se passe là sur la jeunesse,
23:25c'est une crise sociale.
23:26Et en fait,
23:28derrière, au-dessus,
23:29avec une crise politique institutionnelle
23:31et une crise économique.
23:33Et donc, la sortie,
23:35c'est finalement,
23:36notre jeunesse,
23:37elle n'a jamais autant,
23:38excusez-moi d'être un peu vulgaire,
23:40bouffée d'anxiolithique.
23:41Elle n'a jamais été autant fragile
23:45psychologiquement.
23:45Et donc, ce qu'on voit là,
23:47c'est une jeunesse qui dit,
23:48vous, les politiques,
23:49et je m'inclus dedans.
23:50Vous ne m'offrez pas de perspective.
23:51Exactement.
23:52Et donc, ce qui est là,
23:53c'est ça que ça veut dire.
23:54C'est pour ça qu'il faut discuter
23:56avec cette jeunesse-là.
23:57Et donc,
23:58ce qui va être très très dur
23:59pour le gouvernement,
24:00ça va être de trouver
24:02les ministres,
24:03et la valse des ministres
24:04de l'éducation nationale,
24:06ils ont une DLC,
24:07ils ont une date limite de consommation
24:08qui est plus courte qu'un yaourt.
24:09Sept ministres.
24:10Et donc, c'est plus court
24:11qu'un yaourt lors des LC,
24:12lors d'un limite de consommation.
24:13Et donc, ça,
24:14ce n'est pas possible.
24:15Il faut retrouver des moyens.
24:17Et là, moi, je le crois,
24:18il faut que le Premier ministre
24:19les reçoive.
24:20C'est-à-dire que là,
24:21il faut que Sébastien Lecornu,
24:23certainement accaparé par le budget,
24:24on a besoin d'un Premier ministre
24:26qui parle à cette jeunesse-là.
24:27Et je pense que le président Macron,
24:30ce n'est peut-être pas
24:32pour ses affaires intérieures
24:33l'homme de la situation.
24:34Moi, je pense que le Premier ministre,
24:35il doit les recevoir.
24:36Je pense que c'est le seul,
24:38et je réponds à votre question,
24:39qui peut apaiser l'immédiateté
24:41de cette violence.
24:42C'est pour ça que je vous posais
24:42la question.
24:43Mais vous avez raison.
24:44Plutôt qu'écrire à ses ministres,
24:46pourquoi ne pas s'adresser
24:48directement à ses anciens ?
24:49Après, c'est vrai qu'il y a
24:50un sujet d'interlocuteur.
24:52Et nous-mêmes,
24:53nous l'avons constaté ici.
24:54Oui, la difficulté de ce mouvement,
24:56c'est qu'effectivement,
24:57il est né,
24:58comme le disaient Laurent Saillé
24:59et François Calphont,
25:00de manière spontanée,
25:01que donc,
25:01il n'y a pas,
25:02au-delà des revendications,
25:05il n'y a pas forcément de leader,
25:06il n'y a pas forcément d'interlocuteur.
25:07Et comme c'est un mouvement
25:08qui est un peu éparpillé
25:11sur le territoire,
25:14ce n'est pas évident
25:14de trouver les bons interlocuteurs.
25:16Et je ne suis pas sûr,
25:17Laurent suggère les syndicalistes lycéens,
25:19c'est ça ?
25:20Oui, ils sont très minoritaires,
25:22mais au moins,
25:22ils représentent un peu.
25:23Le problème,
25:23c'est qu'il n'y a pas sûr
25:24qu'ils soient totalement représentés.
25:25Il y a une symbolique,
25:28ça a été dit,
25:29et on y arrive,
25:30une symbolique nécessaire
25:31de prise en compte de la souffrance.
25:33Je suis d'accord.
25:33Et je crois que les deux jambes,
25:35parce que c'est pour ça
25:36que j'étais un peu gêné
25:37pour les interventions
25:38les uns et les autres,
25:38parce que pour moi,
25:39ce n'est pas une opposition
25:39droite-gauche.
25:40Bien sûr qu'il faut rétablir
25:41l'ordre républicain
25:42avec discernement,
25:43en évitant que des gamins
25:44soient amochés.
25:46Et bien sûr qu'il faut marcher
25:47sur la deuxième jambe
25:48qui a été largement défaillante.
25:50Mais moi,
25:50je ne suis pas là
25:51pour faire le procès du macronisme.
25:52Il n'y en a pas besoin.
25:53D'ailleurs,
25:53il s'effondre tout seul.
25:54Il faut faire en sorte
25:55que tout cela ne vire pas
25:57à une situation extrêmement tragique.
25:59Et vous avez raison
26:00de nous appeler.
26:01La semaine qui est devant nous
26:02est clé.
26:03Et donc,
26:03il ne s'agit pas de faire de...
26:06Il ne s'agit pas de faire de...
26:07Oui, vous avez beaucoup parlé.
26:08Il ne s'agit pas de faire
26:09le procès du macronisme.
26:11Il s'agit de poser
26:12un certain nombre d'éléments
26:13qui datent de la présidence de Macron
26:15et qui contribuent aujourd'hui.
26:18Mais si,
26:19je suis persuadé,
26:20parce que dans ce mouvement,
26:21il y a deux choses.
26:22Il y a d'abord
26:22l'instrumentalisation,
26:24la manipulation de la LFI.
26:25Excusez-moi,
26:26il faut la dénoncer.
26:27Il faut la dénoncer clairement.
26:29Ils ont mis de l'huile sur le feu
26:30les images de Saint-Denis
26:33pour froidir le dos.
26:34C'est donc très clair.
26:36À côté de cela,
26:36il faut regarder
26:37la réalité d'un mouvement
26:39difforme,
26:40complexe,
26:40je l'ai dit,
26:41et qu'il faut prendre en compte
26:42et sur lequel
26:43on voit très bien
26:44que la désagrégation du lycée,
26:45elle correspond à des mesures,
26:47à des décisions
26:48qui ont été prises.
26:49Donc,
26:49il faut les regarder.
26:50Et là,
26:50il y a des réponses à donner.
26:53Franchement,
26:54je le répète,
26:55ce baccalauréat émietté
26:57qui crée des emplois du temps
26:58à tout,
26:59il crée ses journées
27:00en lycée.
27:01Mais c'est cela
27:02que disent les lycéens.
27:03Ils ne disent rien d'autre
27:04qu'ils ont des journées
27:05trop longues.
27:06C'est une évidence absolue
27:07et ça a une explication,
27:09c'est le bac blanquer.
27:09Et d'autre part,
27:12Parcoursup a été fait
27:13dans des conditions absurdes.
27:15L'enseignement supérieur
27:16n'a pas voulu tenir compte
27:18de la réforme du lycée.
27:19On a mis la charrue
27:21avant les bœufs.
27:22On a mis la charrue
27:23avant les bœufs.
27:24Le baccalauréat,
27:25en effet,
27:25n'est plus qu'un certificat
27:27de fin d'études supérieures.
27:28Et on envoie tout le monde
27:29au massacre
27:31dans des universités
27:32alors qu'on sait parfaitement
27:33qu'ils n'ont pas
27:33les moyens de suivre.
27:34C'est la première chose à faire.
27:36Mais si, Laurence,
27:37mais si, Laurence,
27:37ça y est,
27:38lorsqu'on a un échec,
27:41lorsqu'on a un échec
27:42sur deux,
27:43on peut éviter de crier.
27:44On n'a pas besoin de crier.
27:46Pour parler avec M. Calfon,
27:47il faut éloigner le bonheur.
27:47Non, non, non, pas du tout.
27:49Allez-y.
27:49Donc pour vous,
27:51juste une chose à faire
27:53à très court terme
27:54pour la sortie de crise,
27:55ce serait quoi ?
27:55De toucher aux emplois du temps
27:56de ces lycéens ?
27:57C'est d'envoyer des messages forts,
28:00de dire en effet
28:00qu'il y a un problème
28:01d'emploi du temps
28:02et qu'il faut penser
28:03la journée
28:04et d'autre part,
28:05il faut poser la question
28:07de Parcoursup
28:07qui est aujourd'hui
28:08une usine à angoisse
28:09qui explique largement
28:11le mouvement,
28:12au moins dans sa partie lycéenne,
28:14spontanée,
28:15les casseurs,
28:16sur ce autre chose.
28:16À qui profite cette crise ?
28:19Justement,
28:19sur la présidentielle,
28:20il y a le chercheur
28:21Antoine Brissiel
28:22qui est aujourd'hui
28:23dans la tribune dimanche,
28:25la Fondation Jean Jaurès.
28:26On l'interroge sur
28:27à qui peut profiter cette crise ?
28:29Il dit,
28:30il explique
28:30qu'il y a une étude
28:31publiée récemment
28:32qui dit que lorsque
28:33les personnes expriment
28:34de la peur,
28:35de la colère
28:35et que leur principal sujet
28:36de préoccupation
28:37est social,
28:39eh bien ça augmente
28:40Laurent Geoffrin
28:40de 10 points,
28:41le vote pour Marine Le Pen
28:42et de 9 points,
28:44le vote pour la France insoumise.
28:45si on peut dire ça.
28:46Ah ben oui,
28:48les situations de tension
28:49mettent en valeur les extrêmes
28:52et je voudrais revenir
28:54sur la responsabilité
28:55de la France insoumise
28:56parce qu'on a un peu
28:57noé le poisson.
28:58Elle est massive au départ.
29:01Massive,
29:01c'est vrai.
29:02On ne peut pas dire le contraire.
29:04Attends,
29:05le mouvement est parti tout seul
29:08mais ils se sont jetés dessus
29:09de manière incroyable
29:11et surtout,
29:12ils ont tenu des propos
29:12totalement irresponsables.
29:14D'ailleurs,
29:14la preuve,
29:15c'est qu'ils ont changé
29:15de discours en catastrophe
29:17le lendemain
29:17parce qu'en voyant
29:18que ce qu'ils avaient dit
29:20déclenchait,
29:21allait bien au-delà
29:22de ce qu'ils espéraient
29:23et qu'on tombait
29:25dans une violence
29:26incontrôlable.
29:27Et donc,
29:27le lendemain,
29:28Mélenchon est venu
29:30dire exactement
29:31le contraire
29:32du maire de Saint-Denis.
29:33quelle attitude
29:34il devrait avoir
29:35cette semaine ?
29:36Selon vous ?
29:36Une attitude responsable.
29:38C'est-à-dire
29:38de favoriser
29:39une manifestation pacifique
29:41et favoriser
29:42la formulation
29:44de revendications
29:45audibles
29:46et d'un dialogue
29:47avec le gouvernement
29:49lequel gouvernement
29:50devrait
29:51non pas dire
29:52voilà,
29:53on va discuter
29:53avec nos ministres
29:54mais recevoir
29:55solennellement
29:56des représentants
29:57c'est très compliqué
29:58il suffit de prendre
29:59des syndicalistes
29:59plus de deux ou trois autres
30:01et de dire
30:01voilà,
30:02on va les recevoir
30:02et on va discuter
30:03et effectivement
30:05il y a un plan
30:06à mettre en place
30:07pour les établissements
30:09vétustes
30:10Merci
30:10Merci messieurs, dames
30:13c'est déjà terminé