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  • il y a 16 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va accueillir à présent Aurélie Trouvé et Geoffroy Didier pour notre face-à-face.
00:04Geoffroy Didier, président délégué de la région Île-de-France, vice-présidente des Républicains.
00:09Hélène, évidemment, si ça bouge du côté du Conseil d'État, vous revenez nous voir.
00:14Aurélie Trouvé, députée de la France Insoumise de la Seine-Saint-Denis.
00:18Bonsoir à tous les deux. Bienvenue sur ce plateau. Bonsoir Aurélie Trouvé.
00:23Ça va ? Bienvenue. Je voudrais qu'on commence quand même avec ce qui est en train de se passer.
00:27Et on va parler évidemment ensuite des revendications, de la réponse politique.
00:31Mais d'abord ce qui se joue au Conseil d'État, cet imbroglio autour du parcours de la manifestation parisienne.
00:39On attend la décision du Conseil d'État alors que le tribunal administratif avait annulé l'interdiction de manifester entre
00:48Bastille et Nation.
00:49Eh bien le préfet de police a fait appel de cette décision et ça se joue désormais devant le Conseil
00:56d'État.
00:56On vous retrouvera Camille dans un instant. Mais d'abord, Geoffroy Didier, je vais commencer avec vous.
01:01Est-ce que vous considérez que dans le contexte actuel, il est normal que la CGT et ceux qui veulent
01:07se mobiliser aux côtés de la CGT
01:09ne puissent pas choisir le parcours qu'ils veulent choisir ?
01:12Ce qui est anormal, c'est que la veille d'une manifestation, on ne sache toujours pas où elle aura
01:17lieu.
01:17Ce n'est pas normal pour les manifestants. Ce n'est pas normal pour les policiers.
01:21Ce n'est pas normal pour les commerçants et les riverains.
01:23Et si nous avions mis en place l'état d'urgence comme le propose Bruno Retailleau depuis le départ,
01:28nous aurions pu effectivement faire en sorte que le déroulé, le cortège, le parcours, pardon, ait été imposé.
01:37Là, ce n'est pas le cas. Donc il y a un droit de manifester que je reconnais tout à
01:41fait.
01:41Il y a aussi d'ailleurs le droit...
01:43Vous reconnaissez ce droit à manifester, mais vous voulez quand même imposer le parcours de la manifestation.
01:49Si vous étiez à la tête du gouvernement, vous diriez qu'il faut imposer un autre parcours que celui entre
01:56Bastille et Nation ?
01:56Oui, pour un juste équilibre entre le droit de manifester et le droit des commerçants
02:01de pouvoir rester ouverts et se sentir en sécurité.
02:06Le quartier du centre de Paris, de Bastille, de la République, a connu des dégâts incommensurables.
02:14Je suis allé au chevet des commerçants cette semaine avec Valérie Pécresse.
02:17Nous avons vu des hommes et des femmes modestes qui tiennent des commerces,
02:21qui sont dévastés, qui sont traumatisés psychologiquement, physiquement, financièrement.
02:28Et ceux-là, ils ont aussi droit à la sécurité, à l'apaisement.
02:32Les Parisiens qui habitent dans ces quartiers-là ont le droit aussi à un peu de pause.
02:37Vous savez, quand la casserole bout trop fort, il faut la retirer du feu.
02:40Eh bien, j'estime aujourd'hui qu'imposer, comme ça risque d'être le cas,
02:44une manifestation dans le même quartier où a eu lieu le 17 octobre, c'est une faute.
02:49Ce serait une faute politique.
02:50Et j'espère effectivement que l'autre parcours qui a été proposé entre la porte de Charenton et la porte
02:55de Bagnolet
02:57sera imposé par la décision de justice.
02:59Mais ce que je regrette aussi, c'est qu'on en soit là un vendredi soir, la veille de la
03:02manifestation.
03:02Alors ça, vous êtes d'accord sur ce point, mais vous dites manifester, oui,
03:06mais pas sur ce parcours pour protéger les commerçants.
03:08On aurait l'y trouvé.
03:09Le seul point où je suis d'accord, évidemment, c'est qu'encore une fois,
03:13eh bien, il y a eu une entrave au droit de manifester qui fait que, la veille encore,
03:17on ne sait pas où va avoir lieu la manifestation.
03:20Et je considère que c'est une manière de mettre le chaos dans le pays,
03:25parce que vous comprenez bien que les gens ne vont pas savoir où aller.
03:28Donc, je le redis, il faut absolument changer de la façon de maintenir l'ordre public dans ce pays.
03:34Et là, la justice a donné raison aux organisations syndicales,
03:37parce que la justice, le tribunal administratif, a considéré que c'était une entrave au droit de manifester,
03:43que d'interdire de manifester de Bastille à Nation.
03:46Vous savez, c'est exceptionnel, en fait, dans ce pays, d'arriver à ce point-là à entraver le droit
03:51de manifester.
03:52C'est une liberté fondamentale de notre République.
03:55Si aujourd'hui, vous avez la retraite, si vous avez des congés maladie, un congé maternité,
03:59si vous avez la sécurité sociale, si vous avez le salaire minimum dans ce pays, savez-vous comment ?
04:03Parce qu'il y a eu des grèves, des manifestations, des mobilisations sociales.
04:07Voilà, c'est la France.
04:08La France des droits humains, c'est aussi une France qui, à un moment donné, a le droit de s
04:14'exprimer
04:14et le fait avec des centaines de milliers de personnes.
04:16Donc vous vous dites qu'on touche au droit de manifester.
04:17Bien sûr.
04:18C'est une attente grave, vous reprenez les mots, évidemment, du tribunal administratif,
04:22sauf que le préfet a le droit de faire appel, il est dans son droit aussi.
04:25Peut-être d'ailleurs qu'il obtenait un gain de cause.
04:26Mais sur ce que dit, oui, Geoffroy Didier.
04:28Voilà, Madame Trouvé, le droit de manifester, je l'ai reconnu il y a quelques instants
04:31et il ne me viendrait même pas à l'esprit de le contester.
04:35Mais il y a aussi le droit de circuler, qui est aussi un droit fondamental.
04:39Circuler librement lorsque vous êtes riverain et que vous habitez au centre de Paris.
04:43Il y a le droit des commerçants de pouvoir rester ouverts
04:45et de vivre un samedi de commerce en toute sécurité et en toute liberté.
04:52Il y a le droit des touristes de visiter la place de la Bastille
04:55ou de se promener dans ce quartier.
04:57Il y a le droit de chacun de pouvoir vivre sereinement au centre de la capitale du pays.
05:03Donc, vous pourriez quand même, par respect pour eux, par souci de l'équilibre,
05:10parce que vous voyez bien que tout est à cran, concilier le droit de manifester,
05:15que personne ne conteste et que même la préfecture n'a pas contesté.
05:18Et puis, la possibilité pour les commerçants de vivre sereinement.
05:22Ils sont, je ne sais pas si vous êtes allé à leur rencontre,
05:24mais je peux vous dire que certains sont à cran.
05:27Certains m'ont dit, on va prendre les armes.
05:29Et si on veut éviter une guerre civile,
05:32si on veut éviter de se retrouver dans une situation aussi extrême,
05:35il faut être très ferme à l'égard des pilleurs, très ferme.
05:39Et ça, j'attends de savoir quelles seront les décisions de justice
05:41et combien dormiront en prison, concrètement, j'en doute.
05:44Et puis, être aussi très humain à l'égard des commerçants et des victimes.
05:48Vous dites, faites un geste, en fait, cédez sur le parcours.
05:51Mais je ne comprends même pas d'ailleurs que ce geste ne leur vienne pas à l'esprit naturellement.
05:55Alors là, il faut en revenir simplement au fondement même de la République.
05:59En fait, le droit de manifester et de ne pas manifester en périphérie
06:05comme des pestiférés, ne pouvoir se faire entendre
06:07et de pouvoir choisir son lieu de manifestation,
06:09c'est un fondement même des libertés de la République.
06:14Manifester en banlieue, c'est être un pestiféré ?
06:16Le droit de manifester, attendez, si vous voulez, je ne vous ai pas coupé, monsieur.
06:20Donc, le respect, ça commence déjà en écoutant son interlocuteur.
06:25Ça, c'est la première des choses.
06:26Et la deuxième des choses, c'est de pouvoir le faire dans des conditions
06:30qui soient assurées par l'ordre public.
06:34Qui est responsable de ce qui se passe dans ce pays en ce moment ?
06:37C'est ceux qui gouvernent.
06:38Et vous, vous faites partie du bloc présidentiel.
06:40Je ne suis pas macroniste.
06:41Puisque vous êtes de la droite républicaine, vous êtes de la droite républicaine.
06:45Le confirmer.
06:45Mais vous ne pouvez pas me laisser parler, vous avez...
06:47Non, mais vous m'interpellez, je vous réponds.
06:48Vous m'accusez d'être macroniste, je vous réponds que je ne le suis pas, pardonnez-moi.
06:51Et vous-même, alors, vous m'avez interpellé, je ne vous ai pas coupé.
06:54Donc, la moindre des choses, monsieur Didier...
06:56Si vous dites un mensonge expliquant que je suis macroniste
06:57parce que ça vous arrange votre argumentation,
07:00souffrez bien le fait que je conteste cette mauvaise information,
07:03cette fake news.
07:04Si on ne peut pas bien que je puisse vous répondre sans être interrompu, sans arrêt.
07:07D'accord, mais quand vous dites des mensonges, je vous assure que je vous conteste.
07:09Oui, mais vous en dites à longueur de phrase,
07:11et je ne vous interpelle pas, et je ne vous interromps pas à chaque phrase.
07:14Soyez d'un meilleur niveau.
07:15Et les commerçants.
07:16Mieux pour les téléspectateurs.
07:18Non, je vous assure...
07:19Soyez respectueux les téléspectateurs, évitez les fake news inutiles
07:22qui entravent le débat et sa qualité.
07:24Les téléspectateurs, ils aimeraient un débat d'un certain niveau qui permet de parler.
07:27Les téléspectateurs, je pense qu'ils sont comme moi,
07:28ils se disent que les revendications sont les...
07:29Je parlerai quand il me sera parlé, s'il vous plaît.
07:31Geoffroy Didier, non, ce que vous dites.
07:32Je pense que les téléspectateurs, pour une grande partie d'entre eux,
07:34sont comme moi, ils pensent que les revendications sont les mêmes,
07:37que l'on soit porte de bagnolet ou place de la République.
07:40La seule différence, c'est qu'à la République,
07:43ils en ont ras-le-bol d'être les victimes à chaque fois
07:45de ces manifestations qui tournent aux violences.
07:47Sur les revendications, ne peuvent-elles pas être les mêmes
07:52si on manifeste effectivement de Bastille à Nation
07:54ou porte de bagnolet à Charenton ?
07:57D'abord, je voudrais revenir là-dessus.
07:59Le droit de manifester est fondamental dans notre République.
08:01Ça, on l'a compris.
08:02Il y a eu des entraves depuis le début de ce droit de manifester
08:05en interdisant dans beaucoup de villes
08:07ou en informant la veille au soir d'un changement de parcours.
08:11Malgré ça, et j'en arrive aux revendications,
08:13malgré ça, il y a près d'un million de personnes
08:15qui ont manifesté il y a trois semaines,
08:17près d'un million de personnes il y a une semaine.
08:19Et sans doute, autant qui vont le faire demain
08:22et encore beaucoup plus le 5 novembre
08:24à l'appel des syndicats de salariés.
08:25Et je vais vous dire, le problème, il est que
08:27ce gouvernement, auquel fait partie la droite républicaine,
08:31puisque le Premier ministre est de la droite républicaine,
08:34ce gouvernement, voyez-vous,
08:36son problème, c'est qu'il a mis le pays
08:37dans un état catastrophique.
08:39Les gens n'arrivent plus, et j'en arrive aux revendications,
08:42vous savez, les gens n'arrivent plus à finir leur fin de mois.
08:44Y compris, d'ailleurs, les petits commerçants.
08:46Parce que vous voyez de quoi souffrent avant tout
08:48les petits commerçants.
08:49Épargnez-les !
08:50Avant tout, les petits commerçants souffrent
08:52du fait que les gens n'aient plus rien
08:54à la fin du mois.
08:55Ils ne peuvent plus aller chez le coiffeur,
08:56ils ne peuvent plus aller chez le garagiste,
08:58ils ne peuvent plus demander à un maçon
08:59de réparer leurs murs.
09:01Parce que, précisément,
09:03ce gouvernement a fait...
09:04Mais voilà, il ne peut pas...
09:06Mais non, mais attendez, c'est intéressant.
09:07Je n'ai pas un monologue du coup,
09:08Madame Leveille.
09:09Est-ce que vous ne pouvez pas épargner les commerçants
09:12en les laissant...
09:13Elle ne veut pas.
09:13En allant manifester ailleurs,
09:15et pas sur ce trajet de bastination
09:16où ils sont encore tous en train de réparer les...
09:19Vous aurez voulu poser la question.
09:21Je voudrais d'abord rétablir quelque chose.
09:24Ce n'est pas la France insoumise,
09:26contrairement à ce qu'a fait croire la droite
09:28et la Macronie depuis le début,
09:29ou l'extrême droite.
09:30Ce n'est pas la France insoumise
09:31qui organise les manifestations.
09:33Par contre, nous les soutenons,
09:35nous nous y rendons
09:36parce que nous sommes en empathie
09:37et plus qu'en empathie,
09:39en soutien de tout ce que revendiquent ces gens,
09:41c'est-à-dire pouvoir vivre dignement de leur travail
09:44et pour ce qui concerne les jeunes,
09:46pouvoir faire en sorte d'apprendre correctement
09:48dans des conditions dignes
09:50qui leur permettent demain de pouvoir trouver un travail.
09:51Mais sur le risque de trouble à l'ordre public
09:54dont a parlé ce soir le ministre de l'Intérieur
09:56pour justifier ce choix d'un autre parcours,
09:59ça, vous ne l'entendez pas ?
10:00Vous vous rendez bien compte ?
10:02D'ailleurs, vous dites les Français,
10:04les Français, dans tous les sondages,
10:06disent que le gouvernement
10:07est le premier responsable de la situation,
10:10y compris dans les manifestations,
10:11parce qu'il est incapable d'établir
10:14un ordre public par l'apaisement,
10:16ne serait-ce que par l'apaisement,
10:17plutôt que par une stratégie de tension permanente
10:20avec les manifestants.
10:22Vous savez combien il y a eu de gardes à vue ?
10:239000 gardes à vue.
10:24C'est hallucinant,
10:26dont beaucoup, beaucoup,
10:27la plupart sont mineurs,
10:28la plupart, c'est des arrestations
10:30qui sont arbitraires, abusives.
10:32Vous vous rendez compte ?
10:33La division que ça met dans ce pays,
10:34vous vous rendez compte ?
10:35Il y a eu sur les forces de l'ordre
10:37un défaut de commandement très clair
10:38le 17 octobre dernier,
10:40avec une insuffisance de moyens
10:41et une insuffisance de ressources humaines.
10:44Mais moi, contrairement à Mme Trouvé,
10:46je pars d'un principe,
10:47c'est que je soutiens les forces de l'ordre.
10:48Parce que, vous savez,
10:49eux aussi, ils galèrent.
10:51Eux aussi, ils ne gagnent pas forcément
10:52beaucoup d'argent.
10:52Eux aussi, ils ont des enfants
10:53et ils veulent pouvoir rentrer
10:54en sécurité chez eux.
10:56Eux aussi, ils ne sont pas racistes
10:58parce que, dans les policiers,
11:01il y a des Noirs, des Beurres, des Blancs.
11:05Et j'aimerais que vous les respectiez
11:06et que parfois,
11:07vous sachiez un peu leur rendre hommage
11:08ce que vous ne faites strictement jamais.
11:11Et puis, vous savez,
11:12il y a des sommations qui sont faites.
11:13C'est-à-dire qu'avant de mener
11:14des charges policières,
11:16il y a des sommations.
11:17Ceux qui résistent aux sommations,
11:18ce sont ceux qui, en fait,
11:19veulent l'affrontement avec la police.
11:21Ceux qui veulent l'affrontement
11:22et avec la police,
11:23ils méritent effectivement
11:24d'être interpellés,
11:25d'être mis en garde à vue
11:26et même, mieux que ça,
11:27ils méritent d'être sanctionnés.
11:29Et pour les pilleurs,
11:30ceux dont vous n'avez, pour l'instant,
11:32pas encore contesté non plus
11:34les agissements,
11:35eh bien, moi, j'aimerais
11:36qu'ils soient en prison
11:37et j'exige la transparence
11:38de la part du gouvernement,
11:39gouvernement que je ne soutiens pas,
11:41je vous fais ce scoop,
11:42Madame Trouvé, ce soir,
11:43de la transparence
11:44sur les décisions de justice
11:45et qu'on nous dise
11:46parmi tous les pilleurs
11:47qui ont été pris en flagrant délit,
11:49beaucoup, enfin,
11:50pas assez à mon goût,
11:51beaucoup trop m'insuffisamment.
11:53J'aimerais savoir
11:53combien vont concrètement en prison
11:55parce qu'on a un véritable problème
11:57de fermeté
11:58où aujourd'hui,
12:00la police fait son travail
12:01quand elle le peut
12:02et quand elle en a les moyens
12:03et où l'autorité judiciaire
12:05n'est pas forcément armée,
12:07on n'a pas suffisamment de prison
12:08pour sanctionner
12:10comme ils le doivent
12:11les pilleurs
12:11et tous ceux qui, en réalité,
12:13foutent le bordel.
12:14Pardon cette expression.
12:14Vous êtes d'accord pour dire,
12:15Aurélie,
12:16trouver que l'intérêt du gouvernement
12:17ce soir,
12:18c'est que cette journée
12:18de mobilisation se passe bien.
12:20Et l'intérêt pour tout le monde,
12:21en fait.
12:21Mais bien sûr,
12:21mais ce que je veux dire,
12:22c'est que...
12:22Mais l'intérêt pour tout le monde, madame.
12:23Du coup, c'est le gouvernement
12:25qui choisit le dispositif
12:26de maintien de l'ordre
12:27et s'il le fait,
12:28c'est en connaissance de cause
12:29pour que ça se passe bien demain, non ?
12:31Écoutez, moi, je ne suis pas
12:31à la place de ce gouvernement.
12:32Demain, ce que je vois,
12:33c'est que depuis le début,
12:34d'ailleurs, je vois que M. Didier
12:35ne dit rien là-dessus,
12:37depuis le début,
12:38il y a eu des yeux arrachés
12:40d'enfants,
12:41vous vous rendez compte ?
12:41Des bras arrachés
12:42d'enfants
12:43pendant ces manifestations.
12:45Les Nations Unies,
12:45deux rapporteurs
12:47qui disent
12:47qu'ils sont concernés
12:49par la répression
12:50dans les manifestations
12:52étudiantes et lycéennes,
12:53qu'ils sont concernés
12:55par la restriction
12:56des libertés d'expression
12:57en France.
12:58Et moi, je vais vous dire,
12:59en fait,
12:59on est en train de plonger
13:00dans le noir,
13:01le pays des Lumières.
13:02On est censé être
13:02le pays des Lumières
13:03et des droits de l'homme
13:04et du citoyen.
13:05Et on a un pays
13:06où, en réalité,
13:07on est en train
13:08d'avoir des violences
13:10inacceptables,
13:11inacceptables,
13:11terribles,
13:12insupportables
13:12sur nos propres enfants.
13:14Sur des gamins,
13:15moi, j'ai vu
13:16dans les gardes à vue,
13:17parce que je suis allée
13:18faire les commissariats
13:19pour exercer mon droit
13:21de visite
13:21et aller voir des enfants
13:22qui ont 14 ans
13:24en garde à vue.
13:25La plupart ont été
13:26classés sans suite.
13:27C'est-à-dire qu'il n'y avait
13:29pas de motif pour...
13:31En fait,
13:32il n'y avait pas de motif
13:32pour les mettre.
13:33Ils avaient été interpellés
13:34pour rien,
13:34c'est ce que vous dites.
13:35Bien sûr,
13:35il y en a qui ont été
13:36interpellés parce qu'ils avaient
13:37une pancarte à câble,
13:38par exemple.
13:38C'est ça qui s'est passé.
13:40Donc, il se retrouve
13:41des gamins de 14 ans
13:42en garde à vue.
13:43Il y en a 8 ou 9 000
13:45comme ça.
13:45Vous vous rendez compte ?
13:46En quelques semaines,
13:47ça donne quoi comme pays après ?
13:49Nous, nous devons
13:50de protéger nos enfants.
13:51Et en l'occurrence,
13:52ce gouvernement
13:53et le bloc
13:54qui le constitue,
13:55la droite,
13:55la Macronie,
13:56ce bloc-là
13:57et ce gouvernement
13:58et la Macronie,
14:00eh bien,
14:00ont quelque part
14:02mis ce pays
14:03sous énorme tension.
14:04Alors maintenant,
14:04il est temps
14:04qu'ils y répondent.
14:06Nous demandons...
14:07Mais là-dessus,
14:08juste...
14:08Non, mais j'en viens
14:09quand même à la finalité.
14:10L'abrogation
14:11de Parcoursup.
14:1210 milliards d'euros
14:13pour les écoles publiques
14:14qui sont dans un état déplorable.
14:17La hausse du SMIC
14:18et des salaires.
14:19Le fait que l'on répare
14:20aussi l'hôpital public.
14:22Mais c'est nouvelle avant l'heure.
14:23Non, c'est tout à fait possible.
14:25Vous savez quoi ?
14:25Total, vous avez vu
14:26combien ils viennent de faire
14:27de profits en 3 mois ?
14:28Total, c'est une entreprise privée.
14:29On lui vole son argent ?
14:30Vous savez comment ?
14:31Vous voyez dans quel monde ?
14:31Dans quelle économie ?
14:34D'abord, vous pensez
14:35que vous avez le monopole...
14:37Parce que vous,
14:37dans votre économie,
14:38il n'y a pas d'impôt.
14:38Je croyais qu'on ne se coupait pas.
14:39Alors, je vous laisse la raison.
14:40Je vais être plus respectueuse
14:41que vous.
14:42Je vais vous laisser parler.
14:42Manifestement pas.
14:43Vous avez du mal.
14:43Je précise juste,
14:44puisqu'on parle d'économie,
14:45de réponse économique
14:46et de réponse politique,
14:47que l'agence de notation Fitch
14:48a maintenu,
14:49ça vient de tomber,
14:50la note de la dette souveraine
14:52de la France à A+,
14:53mais a dégradé la perspective
14:54de stable à négative,
14:56relevant une détérioration,
14:57c'est un euphémisme,
14:58de la situation budgétaire
14:59et des taux d'emprunt.
15:00Et donc, vous,
15:01vous dites que c'est Noël avant l'heure
15:02avec la France insoumise.
15:06Mais c'est le problème
15:06du Rassemblement national aussi.
15:07C'est là où vous rejoignez,
15:08vous savez.
15:09C'est qu'en réalité,
15:10l'argent public coule à flot,
15:12tombe du ciel.
15:13Mais l'argent public,
15:14Madame Darfeuil,
15:14ça n'existe pas.
15:15C'est la somme des impôts
15:17de tous ceux qui nous regardent
15:18et de nous-mêmes.
15:19Donc, nous avons...
15:21Madame Trouvé,
15:21vous avez dit,
15:22c'est de l'argent,
15:22il y en a.
15:23Je ne connais pas un pays,
15:23du côté de Total.
15:25Je ne connais pas un pays développé
15:26aujourd'hui
15:26qui paye autant d'impôts.
15:27On a le taux d'impôts
15:28et de taxes
15:29le plus élevé
15:30des pays développés.
15:31On a le taux de croissance
15:32le plus faible.
15:32Donc, il y a quelque chose
15:33qui ne marche pas.
15:34Mais imaginez
15:35que l'argent public
15:35tombe du ciel
15:36et qu'il suffit
15:37d'aller le prendre
15:37dans les caisses
15:38d'une entreprise privée
15:39qui fait ses profits
15:40à l'étranger
15:40et qui, d'ailleurs,
15:41heureusement,
15:42plafonne les prix de l'essence.
15:43Parce que je ne sais pas
15:44si vous,
15:44vous avez cherché
15:45à prendre de l'essence,
15:46mais moi,
15:46j'ai cherché à en prendre.
15:47C'est chez Total,
15:48en réalité,
15:49qu'il y a la queue.
15:50Tout le monde va chez Total.
15:51Donc, tout le monde critique Total,
15:51mais tout le monde va chez Total.
15:53C'est un peu facile.
15:53Et d'ailleurs,
15:53j'aimerais savoir
15:54si Madame Trouvé
15:55préfère aller chez Total
15:56pour prendre de l'essence
15:57ou aller dans d'autres
15:57où c'est plus cher.
15:58Donc, en réalité,
15:59arrêtez de donner des leçons
16:00à la Terre entière.
16:01Arrêtez de recourir
16:02aux Nations Unies
16:03pour essayer d'expliquer
16:04que vous avez le monopole
16:05de l'émotion légitime.
16:06Moi aussi,
16:07je suis ému, évidemment,
16:08quand des gamins
16:09se retrouvent sans oeil
16:10et sans bras.
16:11Évidemment,
16:12vous n'avez pas
16:12le monopole du cœur,
16:13pardon de cette paraphrase.
16:14Mais il y a aussi une chose
16:16qu'il faudrait que vous sachiez
16:17et que vous condamniez.
16:18Comme moi,
16:18je condamne les violences
16:19quand elles ont lieu
16:20de l'autre côté.
16:21C'est les violences aussi
16:21dont souffrent les policiers
16:23et les gendarmes.
16:24Eux aussi,
16:24ils sont pères de famille.
16:25Eux aussi,
16:25ils sont jeunes.
16:26Mais jamais je n'entends
16:28l'extrême-gauche,
16:29la France insoumise,
16:29pour moi,
16:30c'est la même chose.
16:31Jamais je ne l'entends
16:33condamner lorsque les policiers
16:34sont victimes
16:35de faits et de blessures.
16:38Il y a eu
16:382000 policiers blessés.
16:40Mais Madame Trouvé
16:41ne les condamne pas.
16:41Vous verrez,
16:42en tout cas,
16:42elle trouvera un moyen
16:43de ne pas le faire.
16:44Madame Trouvé,
16:44vous condamnez les policiers
16:46blessés.
16:46D'abord,
16:46je veux répondre
16:47sur le monopole du cœur.
16:48Non,
16:48nous n'avons pas
16:49le monopole du cœur.
16:50Mais par contre,
16:50nous ne sommes pas
16:54au pouvoir
16:55depuis 9 ans
16:55dans ce pays.
16:56Vous pouvez condamner
16:58les violences
16:58dont les policiers
16:59ont fait l'objet ?
16:59Ce n'est pas nous
17:00évidemment que nous déplorons
17:01toutes les violences physiques.
17:03C'est clair ?
17:04C'est nouveau.
17:05Non,
17:05ça n'a jamais été.
17:06Parce que votre ami,
17:08le collègue Bali Bagayoko,
17:10Bali Bagayoko,
17:11maire LFI de Saint-Denis,
17:12a expliqué que la violence
17:14peut être légitime.
17:15Mais là,
17:15c'est Aurélie Trouvé.
17:17Parfois,
17:17il y a des nuances
17:18sur la partie Aurélie Trouvé.
17:19Il n'y a jamais une nuance
17:22puisque nous avons toujours dit
17:23depuis le début
17:24que nous sommes
17:24pour des manifestations
17:26sans violence
17:27et pacifiques.
17:27Ce n'est pas ce qu'a dit
17:27M. Bagayoko.
17:28Et les choses ont toujours
17:29été très claires
17:30et il s'en est justifié
17:32plus que justifié.
17:33En fait,
17:33ces paroles ont été
17:33complètement caricaturées.
17:35Vous les reprenez.
17:36Est-ce qu'il a dit
17:36que la violence
17:37pouvait être légitime ?
17:38Ensuite,
17:39s'il veut bien me laisser parler,
17:40M. Didier,
17:43sur Total
17:44qui,
17:45laissons-les tranquilles,
17:46c'est une entreprise privée.
17:47Mais vous posez une question juste.
17:48Vous faites le plein
17:49chez Total ou pas ?
17:50Alors,
17:50je fais le plein
17:52chez Total
17:52et chez d'autres.
17:53Et bien voilà,
17:53on y est.
17:54Et alors ?
17:55On accuse Total
17:55mais on fait son plein
17:56chez Total.
17:57Une incohérence de plus
17:58à LFI
17:59en direct live.
18:00Je ne sais pas
18:01quel ordre il est.
18:0423h12
18:04sur BFM TV.
18:05Ça restera dans les archives.
18:06Franchement,
18:06excusez-moi,
18:06est un petit peu stupide.
18:07Madame Trouvé
18:08va chez Total.
18:08Mais non,
18:09vous êtes un peu...
18:10Franchement,
18:12ça vous gêne ?
18:14Non,
18:14ce n'est vraiment pas au niveau.
18:15Je vais chez Total
18:16comme ailleurs,
18:17ce n'est pas le problème.
18:18Je demande
18:18comme n'importe quel
18:19automobiliste
18:20qui va chez Total
18:20ou qui va ailleurs
18:21en fait,
18:22que Total
18:23et les autres
18:23bloquent les prix
18:25parce qu'ils pourraient
18:26faire payer
18:27beaucoup moins cher
18:27leur pétrole.
18:28Pourquoi vous pointez Total
18:29puisque vous allez chez Total ?
18:30Parce qu'eux,
18:31parce qu'ils font des profits,
18:32se permettent de plafonner les prix
18:33et d'avoir comme client
18:34Madame Trouvé.
18:35Vous avez compris la manière.
18:36Laissez-la répondre jusqu'au bout.
18:38Je veux juste faire une remarque en fait.
18:40C'est quand même
18:41chaque fois des hommes sur les plateaux
18:42qui sont incapables
18:43de laisser parler des femmes.
18:44Non,
18:45ce n'est pas facile.
18:45C'est systématiquement comme ça.
18:47Je veux dire,
18:48c'est le dernier argument
18:48de faiblesse
18:49de dire qu'en fait,
18:50c'est parce que c'est un homme
18:51qui parle,
18:52la femme va pouvoir parler
18:53Ce n'est pas l'argument de faiblesse.
18:55Quand je suis face à une femme
18:56et quand je débats face à une femme,
18:58eh bien,
18:58je peux vous assurer
18:59et franchement,
19:00Madame Derfeuille,
19:01vous en avez été témoin,
19:03quand nous sommes deux femmes
19:04en train de débattre,
19:04ça ne se passe pas comme ça
19:05parce que vous avez
19:06des habitudes séculaires
19:12donc je finis sur Total.
19:14Total,
19:14eh bien,
19:15pourrait en effet
19:16vendre beaucoup moins cher
19:17son carburant
19:18et continuer à faire
19:19des super profits.
19:19S'il vient de faire
19:219 milliards de profits
19:22pour ses actionnaires
19:22qui sont par ailleurs
19:24majoritairement américains,
19:25c'est des fonds de pension américains,
19:26s'il vient de pouvoir faire ça,
19:28c'est bien parce qu'il vend
19:29encore ses produits
19:30beaucoup trop cher.
19:31Et ce que nous demandons
19:32à la France insoumise
19:33maintenant depuis 8 mois,
19:34c'est le blocage des prix
19:35et le blocage des marges
19:36de ces multinationales du pétrole.
19:38L'Allemagne va le faire
19:39dans quelques semaines.
19:40Vous vous rendez compte ?
19:41Il y a plusieurs pays,
19:42de nombreux pays même
19:43dans le monde
19:43qui sont en train
19:44d'encadrer les marges
19:45et d'encadrer les prix
19:46des carburants.
19:47Et en France,
19:48eh bien,
19:48on laisse faire.
19:49Donc non,
19:49quand Total fait payer
19:50aussi cher le carburant
19:52ainsi que les autres
19:53multinationales du pétrole,
19:54vous avez bien raison là-dessus
19:55par contre,
19:56eh bien,
19:56ça n'est pas normal
19:57et il faut à un moment donné
19:58agir parce que l'État
20:00est là aussi
20:00pour protéger ses citoyens.

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