- il y a 8 minutes
Chaque soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:01Il est 22h, vous êtes dans BFM Grand Soir. Aucune des décisions que nous prenons ne sera une promesse en
00:07l'air.
00:08Ce sont les mots du ministre de l'Education nationale aujourd'hui, après précisément une journée marquée par une réunion
00:14entre les organisations lycéennes, étudiantes et le Premier ministre,
00:18le gouvernement d'ailleurs, puisqu'il y avait aussi le ministre de l'Education nationale et le ministre de l
00:22'Enseignement supérieur.
00:23Va-t-on vers une sortie de crise ? Ça n'est pas si sûr, mais ce qu'on constate
00:27quand même, c'est que le gouvernement a pris des engagements.
00:30On va en parler avec Julia Coudada, secrétaire générale des lycéens. Bonsoir.
00:34Léna Guerrier, étudiante porte-parole de l'Union étudiante. Bonsoir.
00:37On parlera aussi de ce qui se profile du point de vue de la contestation avec vous.
00:41Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du Rennes et ancien député, auteur aussi de « Ni capitulation, ni résignation, osons le
00:48courage » aux éditions Fayard.
00:50Bonsoir à vous. Écoutons d'abord les mots ce soir du ministre de l'Education nationale.
00:56– Et moi je m'attends, je ne peux pas faire de prévision.
00:59Ce que je constate, c'est que nous avons eu un certain nombre de demandes qui ont été formulées par
01:03les lycéens, y compris sur le terrain,
01:05et qu'on va y répondre en politique nationale et sur le terrain.
01:09Dès la semaine prochaine, dans tout l'établissement de France, les contributions seront partagées avec nos administrations
01:14pour voir comment on peut répondre à leurs attentes.
01:16Après, chacun est libre de trouver que c'est suffisant ou pas suffisant.
01:18Mais en tout cas, on répond point par point à tous nos lycéens.
01:21– Avant d'en parler, on va poser le cadre, on va procéder même à une évaluation avec vous, Lisa
01:27Hadef.
01:27Qu'est-ce qui a été annoncé en ce qui concerne Parcoursup ?
01:30– Le gouvernement s'est engagé aujourd'hui à plus de clarté, plus de transparence.
01:34Il a aussi dit, Édouard Geffray, que les formations qui réclament des lettres de motivation
01:38vont devoir en justifier et en cas de refus.
01:40Les lycéens auront la possibilité de saisir la formation pour demander pourquoi.
01:44Les priorités boursiers et la sectorisation seront aussi mieux expliquées.
01:49Et l'objectif, c'est d'aller vers la suppression de la mention du lycée d'origine.
01:53Pas pour 2027, mais à partir de 2028.
01:55Donc à ce stade, pas encore, pas encore d'abrogation.
01:58– En ce qui concerne les créations de places.
02:00– Dès la rentrée 2027, 28 élèves maximum en seconde dans 50% des établissements les moins favorisés.
02:07Et à la rentrée 2028, l'objectif, c'est d'avoir 28 élèves maximum partout dans toutes les classes.
02:11Toutes les suppressions qui étaient prévues dans le second degré 836 sont annulées.
02:16Et il y aura aussi la création de 500 places de plus.
02:1915 000 places seront ouvertes dans le supérieur.
02:21Dans le détail, c'est pour les BTS, les IUT et les filières de santé.
02:24– Pour le bâti scolaire, Lisa ?
02:264 milliards d'euros aux collectivités locales.
02:28Par le biais d'un prêt fait à la Caisse des dépôts sur un taux préférentiel.
02:321 milliard d'euros pour rénover les universités sur plusieurs années.
02:35Et il y a aussi des annonces pour le temps scolaire.
02:38Pour répondre à l'impression, dit-il, dès le début de la première de jouer son bac,
02:43l'impression qu'ont les lycéens de jouer leur bac,
02:44le gouvernement s'engage à questionner la place du contrôle continu
02:47et la question des spécialités, ces fameuses options,
02:50et de la place des matières scientifiques, notamment des mathématiques,
02:52pour alléger l'emploi du temps d'ici janvier prochain.
02:55Là, c'est un chantier qui est lancé, mais il n'y a pas encore de réponse claire et concrète.
02:58– Du coup, sur 20, vous lui mettez combien au gouvernement, Julia Kedada ?
03:01Quel est votre état d'esprit ce soir ?
03:03– Je dirais 10 pour l'effort.
03:08Maintenant, il y a eu quand même…
03:10Enfin, en fait, nous, on n'est pas là pour faire des concessions.
03:12On veut des réponses sur tout.
03:13Alors, ils nous ont un petit peu exposé des mesures qui pourraient être prises,
03:16par exemple, pour Parcoursup, sans utiliser de budget,
03:19ou assez rapidement.
03:21Maintenant, 28 par classe, ce sera pour 2027-2028.
03:25En fait, on nous propose une refonte de Parcoursup,
03:27alors que nous, on voulait une approgation, rien que pour la question symbolique.
03:32– Sauf que là-dessus, vous êtes bien d'accord qu'on est en pleine année scolaire,
03:35ce serait compliqué aujourd'hui de supprimer Parcoursup.
03:38– C'est vrai, mais quand on veut, on peut.
03:40Ce n'est pas ce que je veux dire, mais…
03:41– Ça créerait un sacré désordre, quand même, si aujourd'hui on supprimait Parcoursup.
03:45– Non, leur solution par rapport à Parcoursup, le contrôle continu, c'est quoi ?
03:49Parce que c'est supprimer l'enseignement scientifique pour, par exemple, alléger les emplois du temps.
03:54On ne peut pas enlever des cours comme ça.
03:55Après, on va se plaindre de la baisse du niveau scolaire.
03:57Ce n'étaient pas ça les solutions qu'on demandait.
04:00Et pour le moment, ils nous proposent ce genre de solution, mais ce n'est pas suffisant.
04:04– Donc ce que vous dites, c'est que ce n'est pas suffisant et c'est trop flou,
04:08donc vous craignez qu'en fait, ce soit des promesses en l'air ?
04:10– Alors, on a bien conscience que cette fois-ci, ils nous ont écoutés
04:13et qu'ils ont essayé, c'est pour ça le 10 pour l'effort, de nous proposer des solutions.
04:18Maintenant, on pense qu'il faut continuer la mobilisation,
04:21il faut garder cet avantage qu'on a face au bras de fer avec l'exécutif
04:25pour montrer justement que les revendications lycéennes sont toujours là
04:28pour avoir concrètement un calendrier, parce qu'en fait, vous voulez 10 milliards ou rien, quoi.
04:33– C'est un peu ça, oui.
04:34Entre guillemets, 1 milliard d'euros qui sera sur plusieurs années pour le bâtiment scolaire.
04:39Ce ne sera pas suffisant.
04:41Ce sera quoi ? Ils nous ont demandé quoi ?
04:42De faire une liste des 100 lycées à peu près les plus défavorisés
04:46et qui auront le plus besoin de ces réparations.
04:49C'est une bonne idée, mais pour tous les autres…
04:51– Ils vous demandent à vous la liste ?
04:52– Alors en fait, ils ne les connaissent pas, ces 100 lycées qui ont le plus besoin ?
04:56– Pour tout vous dire, on est censé se réunir à nouveau,
04:59donc avec M. Lecornu dans 15 jours,
05:01et ils nous ont dit, oui, les associations lycéennes,
05:05ce serait bien si vous pouviez aussi vous renseigner.
05:08On a dit pas de problème, mais ça reste quand même aux régions de faire ça.
05:11– Ça me paraît assez étonnant.
05:13– Et ils nous ont dit, c'est vrai,
05:15mais en fait, il faut que nous aussi, on arrive avec des chiffres
05:19pour que ça avance plus vite,
05:20parce que si on attend les régions qui ne sont jamais présentes
05:23en conseil d'administration, c'est comment ?
05:25– Et Parcoursup, vous voulez sa suppression ?
05:27– Oui, des seules données.
05:29– Oui, parce qu'on ne voit pas pourquoi on sacrifierait une génération,
05:33encore une fois, là c'est quoi les seules réponses qu'on a ?
05:35– Et comment vous faites à la place alors ?
05:36– C'est justifier les refus,
05:40c'est comme entre guillemets pour Sciences Po Paris,
05:41on va recevoir un message, bonjour, désolé, vous n'êtes pas…
05:43– Oui, mais comment vous faites pour sélectionner les jeunes filles
05:46et les jeunes garçons qui, là, au mois de janvier,
05:49doivent faire leur choix ?
05:49– Eh bien, nous, on veut une nouvelle plateforme
05:51qui ne soit pas là pour…
05:54– Ça ne sort pas comme ça.
05:55– Mais attendez, actuellement, c'est les formations
05:56qui choisissent les élèves, vous trouvez ça normal ?
05:58On est là pour construire notre avenir,
06:01comment on fait quand on ne nous donne pas toutes les clés ?
06:03Comment vous faites quand vous envoyez des élèves en pro
06:06et vous leur dites, non mais dans tous les cas,
06:08si vous voulez aller en BTS, il y aura des passerelles ?
06:10Actuellement, ces passerelles, elles sont dysfonctionnelles.
06:13– Léna Guernier, vous, vous disiez, samedi soir,
06:15je me souviens, sur mon plateau, c'était 10 milliards,
06:1710 mesures, c'est ça ou rien ?
06:20– Évidemment, là, du coup, nous, on mettrait plutôt 0 sur 10
06:24au gouvernement actuellement, parce qu'on est encore très loin
06:26des 10 mesures que nous revendiquons.
06:28Notamment sur la question de Parcoursup,
06:29comme ça a très bien été dit juste avant,
06:32nous, on ne veut pas simplement un changement
06:33ou avoir plus de clarté sur les critères de sélection,
06:36parce que nous les connaissons déjà,
06:37ce sont ces critères qui, justement, laissent des milliers de jeunes
06:40sur le carreau à la rentrée en septembre.
06:42Donc, nous savons déjà que cette sélection,
06:44elle est sur critères sociaux, sur critères racistes,
06:46et donc, nous refusons, en fait, qu'il y ait toujours une sélection.
06:49– Sur des critères racistes, j'ai du mal à comprendre.
06:50– Sur critères racistes, alors, aujourd'hui, il y a un rapport…
06:52– Parce que, justement, on reproche que ça ne soit pas suffisamment transparent,
06:57Parcoursup, donc comment on peut savoir qu'il y a du racisme ?
06:59– Alors, aujourd'hui, il y a un rapport de Londès,
07:01donc l'Observatoire national des discriminations
07:03dans l'enseignement supérieur,
07:04qui, justement, révèle qu'il existe des discriminations,
07:07notamment selon le nom des candidats.
07:09– Ça ne porte pas cette étude sur Parcoursup,
07:10ça porte sur mon master. – Ces plateformes,
07:12en tout cas, aujourd'hui, reproduisent aussi des discriminations
07:14qui sont systémiques, et qui, du coup, font que
07:16les étudiants sont quand même sélectionnés en fonction
07:18de leur milieu d'origine, en fonction de leur nom, etc.
07:21Donc, nous, on demande la fin de cette sélection.
07:23Et ce qu'on demande aussi, c'est qu'on ait plus de créations de places,
07:25parce que là, le gouvernement a annoncé 15 000 créations,
07:28quand nous, on dénonce le fait qu'il y a 250 000 places
07:31qui manquent dans l'enseignement supérieur aujourd'hui.
07:33– Et pourquoi ? – Donc, on est très, très loin
07:34de ce que nous voulons, en fait, pour la génération.
07:36– Et vous ne le diriez même pas qu'il y a eu quand même
07:38un effort de la part du gouvernement ?
07:40– Ça fait un mois qu'on demande, du coup, à être reçu
07:42et à ce qu'on entend de nos revendications.
07:45Donc, bon, déjà, on a fait cette première étape
07:47après avoir été baladé de ministères
07:48et d'entre plusieurs ministères,
07:50et qu'on nous a toujours fait des promesses en l'air.
07:52Bon, là, déjà, on est entendu pour de vrai,
07:54mais on est encore sur un gouvernement qui refuse
07:56de faire des concessions vis-à-vis de son projet politique aujourd'hui.
07:59– Et il y a le dixième point aussi, hein ?
08:01– De quoi ?
08:01– Le dixième point, pas de police ?
08:05– Pas de police ?
08:05– Pas dans les manifestations ?
08:07– Nous, ce qu'on demande, c'est qu'on mette fort
08:09– On va aller sur les manifestations.
08:10– Également, à toutes les violences policières
08:11qu'ont subi les lycéens, qu'ont subi les étudiants
08:14depuis le début de cette mobilisation.
08:15Parce qu'on le rappelle, on a eu des drames, quand même,
08:17qui ont été vécus par la jeunesse,
08:19avec des lycéens qui ont été éborgnés,
08:21des lycéens qui ont perdu leur main.
08:23Ces mutilations, c'est bien le résultat, en fait,
08:25de volonté de faire peur à la population,
08:26de faire peur à la jeunesse qui se mobilise.
08:28Donc, nous, on dénonce aussi cette violence policière
08:30et l'usage systématique d'armes qui peuvent blesser les étudiants
08:34et juste d'une volonté, en fait, de contrôler la mobilisation.
08:37– Ça nous amène justement à ce qui se profile.
08:38Donc, vous avez rendez-vous avec le ministre de l'Intérieur jeudi,
08:41c'est bien ça ?
08:42– Vous serez dans la rue ?
08:44– Non, à l'intérieur.
08:45– Oui.
08:45– Le ministre de l'Intérieur, oui ?
08:46– Oui.
08:46– C'est ce que j'ai dit, non ?
08:47– Oui, oui, oui.
08:48– Oui, samedi.
08:49– C'est moi.
08:50– Non, jeudi.
08:51– Oui, ensuite, samedi, mobilisation.
08:54– Lundi, vous reprenez les blocages des lycées, des universités ?
08:59– Oui, c'est évident qu'il faut continuer.
09:02Comme je l'ai dit, on a un bras de fer qui se joue maintenant.
09:05Si on obtient un petit peu des réponses,
09:06et je mets encore une fois 10 pour l'effort,
09:08mais on est d'accord que 10, ce n'est pas suffisant,
09:10c'est parce que le gouvernement a peur.
09:12Clairement, il a peur.
09:13Il pensait que la mobilisation lycéenne allait s'arrêter
09:15grâce aux vacances scolaires.
09:17Et au contraire, ce n'est pas le cas.
09:18Et maintenant, il y a même une convergence des luttes,
09:21avec les étudiants, avec les gilets jaunes, etc.
09:24Donc là, le gouvernement sait qu'il faut qu'il apporte des réponses,
09:26sinon ce sera comme ça jusqu'à la fin de l'année.
09:28– Donc c'est précisément ce qui est en train de se dire,
09:30là, du côté des lycéens, des étudiants,
09:32à partir de lundi matin, au-delà de la mobilisation de samedi,
09:36on reprend les blocages des lycées, des universités.
09:39C'est le mot d'ordre.
09:40– Nous, on appelle à poursuivre cette mobilisation
09:42jusqu'à ce qu'on obtienne nos victimes.
09:43– Jean-Michel Fauvergue, et là, on va s'intéresser évidemment
09:47au point de vue aux questions de sécurité
09:50que pose aussi cette mobilisation.
09:52C'est ce que redoutent vos collègues, justement, lundi prochain,
09:56que ces blocages reprennent, qu'ils soient de nouveau mobilisés
10:00sur ce genre d'opération ?
10:01– Non, non. Ce que redoutent les collègues de la police
10:06et de la gendarmerie, ce n'est pas que les blocages reprennent
10:08ou qu'il y ait des manifestations, pas du tout.
10:10Ce qu'ils redoutent, c'est les casseurs et les pilleurs et les émeutiers
10:14qui sont à la marge de ces manifestations-là.
10:18Et sur les émeutiers, qu'ils soient politisés
10:21ou qu'ils viennent faire leur marché,
10:24comme on l'a vu sur les marges des manifestations,
10:28eh bien, il y aura des interventions,
10:29et des interventions comme il y a eu à cette dernière manifestation-là.
10:33Il faut arriver à les neutraliser pour, justement,
10:36que la manifestation et que le droit à manifester
10:39soient maintenues et que la manifestation se déroule bien.
10:42– Le président de la République a dit redouter
10:45la mobilisation de samedi prochain.
10:48Est-ce qu'il a raison ?
10:49Est-ce qu'il a raison de préparer les esprits
10:50au fait que ça pourrait encore mal se passer ?
10:53Il faut quand même dire que samedi dernier,
10:55ça s'est globalement très bien passé.
10:5670 000 forces de l'ordre mobilisées.
10:58Il faut dupliquer le modèle ?
11:00– Oui, il faut faire plusieurs choses.
11:02D'abord, il faut travailler en amont sur du renseignement
11:05pour avoir du renseignement fiable.
11:07C'est ce qui s'est fait le week-end qui vient de se passer.
11:10Ensuite, il faut travailler en amont sur des interpellations matinales
11:14sur des casseurs.
11:15C'est ce qui s'est fait le week-end dernier.
11:17Et puis, il faut travailler sur les cortèges de manifestations,
11:22les encadrer, essayer d'être présents,
11:26mais surtout impacter les casseurs et les émeutiers
11:31qui vont les disperser immédiatement
11:34et les interpeller et les arrêter,
11:36les mettre à disposition de la justice
11:37en espérant que la justice continue à faire preuve de fermeté
11:42et que l'exécution des peines que la justice a prononcées
11:45soit réellement exécutée.
11:47– Il y a quand même une sacrée nouveauté, Hélène Lecomte,
11:49qui a été rappelée aujourd'hui par le président de la République
11:51en vue de ces mobilisations,
11:53terminer les manifestations en centre-ville.
11:55– Alors, ça fait partie, effectivement,
11:57de ce que disait le président de la République.
11:59C'est ce qui s'est passé, d'ailleurs, le week-end dernier,
12:01avec ce parcours changé la veille,
12:04quelques heures avant le début de la manifestation,
12:06alors qu'un parcours Bastille-Nation avait été acté.
12:09Et finalement, c'est un parcours Porte d'Italie,
12:12Porte de Vincennes, qui a été validé et suivi.
12:15Et, en tout cas, jusqu'à la dispersion,
12:18effectivement, vraisemblablement, un cortège,
12:20je ne sais pas si vous étiez dans ce cortège,
12:22mais qui s'est plutôt passé de manière très sereine.
12:26Et, me disait-on, ce qui était dans la manifestation,
12:30dans lequel on voyait très peu les forces de l'ordre, d'ailleurs,
12:33pendant le, en tout cas, pendant le cortège.
12:36Donc, effectivement, pas de manifestation dans le centre-ville,
12:39mais remettre 70 000 unités...
12:42– Tout le dispositif ?
12:43– Excusez, l'ensemble du dispositif, je peux vous le montrer,
12:46il est là, vous voyez, ça prend deux pages.
12:47– C'est tenable ou pas ?
12:48– Est-ce que c'est tenable ?
12:51– Sur le long terme, ça va être dur,
12:54mais on a déjà connu ça avec les Gilets jaunes, je vous signale.
12:57– Oui, précisément.
12:59– Ça va être dur, mais il faut mettre les effectifs qu'il le faut
13:04pour éviter au maximum les violences
13:06et pour, d'un côté, vous le reconnaissiez vous-même,
13:11encadrer les manifestations,
13:12parce que le droit à manifester, c'est un droit imprescriptible
13:16et les policiers sont là pour,
13:18les policiers et gendarmes sont là pour le garantir.
13:20Et de l'autre côté, il faut intervenir de manière très mobile
13:24et très rapide sur les casseurs et sur les émeutiers,
13:27qu'ils soient politisés ou que ce soit des casseurs
13:30qui viennent pour piller.
13:31– Je vous ferai réagir là-dessus, évidemment,
13:33mais quand même, encore un mot là-dessus,
13:35si c'est la clé de faire des manifestations hors des centres-villes,
13:40pourquoi on ne l'a pas fait avant ?
13:41– Je me pose la question, vous savez.
13:44Je me pose réellement la question,
13:46parce qu'en réalité, manifester, c'est quoi ?
13:49C'est déambuler dans la rue avec des slogans,
13:52être filmé par vous, les journalistes,
13:54quand vous avez la possibilité d'approcher,
13:56ce qui n'est pas toujours le cas.
13:58Et voilà, ce n'est pas forcément être dans un centre-ville
14:02où les commerçants, où il y a beaucoup de commerce
14:04et les commerçants, d'abord, ils ferment,
14:07donc ils ne font pas de chiffre d'affaires,
14:09et ils sont susceptibles d'être cassés,
14:10non pas par les manifestants,
14:12mais par ces pilleurs et ces casseurs,
14:14et qui se glissent au sein des manifestations.
14:16Donc c'est dur à travailler pour les policiers.
14:19– Et en même temps, on peut se dire que c'est aussi désolant
14:20qu'on en arrive là, et qu'on ne puisse plus organiser
14:23des manifestations au calmement,
14:25dans des lieux emblématiques de mobilisation.
14:28Vous, qu'est-ce que vous allez demander les lycéens,
14:30en l'occurrence au ministre de l'Intérieur,
14:32jeudi, en vue de cette mobilisation ?
14:34Qu'est-ce que vous allez exiger ?
14:36– Nous, on souhaiterait qu'il n'y ait plus d'utilisation
14:39de grenades de désencerclement
14:41et également de lacrymogènes
14:43quand il y a des lycéens qui manifestent.
14:46C'est-à-dire que s'il y a 500 lycéens
14:47qui manifestent et 3 casseurs,
14:49on est pour l'intervention sur les casseurs,
14:51parce que justement, ils ne font pas partie du mouvement,
14:53mais on ne peut pas utiliser des lacrymogènes
14:55alors qu'il y a 500 lycéens qui manifestent pacifiquement
14:58et dedans, 3 casseurs.
15:00Ça, pour nous, c'est inadmissible.
15:01On a pu le voir, comme tu l'as dit précédemment,
15:03des lycéens éborgnés qui ont perdu une main, etc.
15:07Des incidents afrois, il ne faut pas oublier
15:08que ce sont des mineurs qui sont dans la rue
15:10juste pour revendiquer leur droit à l'éducation
15:12et à un avenir meilleur.
15:13– Mais donc, précisément, c'est ce qui va se passer samedi.
15:15Il y aura au moins 500 lycéens dans la rue.
15:17Donc, vous demandez que samedi,
15:20il n'y ait pas d'utilisation de grenades assourdissantes.
15:22– Oui, dans des manifestations pacifiques, totalement.
15:24– Est-ce que c'est entendable, ça ?
15:25Est-ce que vous pensez que le ministre éditeur
15:26est susceptible de répondre à cette exigence ?
15:29– Alors, Laurent Nunez y répondra en tant que ministre de l'Intérieur.
15:32Mais tout est entendable à un certain moment.
15:34Mais la problématique, c'est de...
15:35Il ne faut pas se faire d'illusions sur un certain nombre de choses.
15:39Une manifestation, au départ...
15:41Il y a eu des manifestations qui étaient totalement pacifiques.
15:44Il y en a plein, d'ailleurs.
15:46Elles sont encadrées...
15:47En général, les manifestations des syndicats
15:50sont bien encadrées, en particulier la CGT,
15:52parce qu'ils ont un service d'or, et ça ne déborde pas.
15:55Mais il faut savoir tenir sa manifestation.
15:59Et le fait qu'il y ait des casseurs
16:01qui s'introduisent dans la manifestation,
16:03à un certain moment, et qui commencent à casser,
16:04qui commencent à agresser, il faut réagir là-dessus.
16:07Et donc, les grenades lacrymogènes
16:10sont faites pour repousser, disperser,
16:14pouvoir aller chercher des casseurs.
16:16Mais les grenades lacrymogènes sont faites pour ça.
16:18Maintenant, le...
16:19Mais est-ce qu'il n'y a pas un entre-deux
16:20entre ce qui s'est passé le 17 octobre
16:22et ce qui s'est passé samedi dernier ?
16:24C'est-à-dire un juste milieu
16:25entre le fiasco général
16:27et une journée de mobilisation
16:28avec des parcours millimétrés,
16:31à l'écart des centres-villes,
16:33des couvre-feux.
16:34Est-ce qu'il n'y a pas un entre-deux ?
16:36Moi, j'aime bien votre...
16:38J'aime bien votre analyse des deux situations.
16:41C'est-à-dire, d'un côté, le chaos,
16:42de l'autre côté, la perfection.
16:45Non, je n'ai pas dit que c'était la perfection, justement.
16:47C'était un pays sous cloche.
16:48Ça n'est pas du tout comme ça.
16:50Ce n'est pas vrai.
16:51Ça n'est pas du tout comme ça que ça s'est passé.
16:53C'était pas un fiasco, le 17 ?
16:54En réalité, non, mais je vous parle
16:57de la différence que vous faites
16:59entre les deux manifestations.
17:01Effectivement, on est parti d'une manifestation
17:04où les choses n'ont pas été tenues,
17:06où ça n'est largement pas une réussite.
17:08Je suis d'accord avec vous.
17:09Laurent Nunez parle de gros plantages ce matin.
17:12C'est sur l'antenne de BFM TV.
17:14C'est le ministre de l'Intérieur.
17:15Ça lui appartient,
17:16parce que c'était lui qui était responsable des choses.
17:18Il est donc bien au courant de cette affaire-là.
17:20Mais l'autre manifestation,
17:23celle qui a eu lieu ce week-end,
17:24ça a été une manifestation
17:26où les gens qui ont manifesté,
17:28les jeunes en particulier,
17:29ont pu s'exprimer.
17:30Ce n'était pas sous cloche, comme vous dites.
17:32Il y a des revendications qui ont été entendues.
17:34Je me permets quand même de vous interrompre là-dessus,
17:36parce que depuis tout à l'heure,
17:37j'entends des choses
17:38et je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites.
17:40Déjà, pour quelque chose,
17:40cette mobilisation,
17:41elle était effectivement contrôlée par la préfecture.
17:45On a quand même eu une interdiction de manifestation
17:49qui est tombée juste avant la fermeture
17:50du tribunal administratif
17:51pour éviter toute contestation.
17:54Donc déjà, là, c'est quelque chose qui n'est pas normal.
17:56Et surtout que...
17:57La justice.
17:57La volonté de décaler le lieu de manifestation
18:00alors qu'il est annoncé,
18:01c'est bien aussi une volonté de disperser
18:02et d'espérer que le mouvement
18:03ne serait pas aussi gros
18:04que ce qu'il était sous scène.
18:05Non, pas du tout.
18:06C'est pour le mettre.
18:07Pas du tout.
18:08C'est pour qu'il se...
18:11Vous avez soulevé un point.
18:12C'est bien qu'il puisse y répondre.
18:13J'aimerais quand même finir mon propos.
18:14Mais quand même, là,
18:15on a eu des atteintes très graves
18:16à la droit de manifester,
18:18à une droit fondamentale
18:19dans le fait qu'on a eu des couvre-feu
18:21qui ont été instaurés
18:22au sein des grandes villes,
18:24qu'on a eu des interdictions de manifestation
18:26dans la plupart des grandes villes.
18:28Ça, c'est des atteintes qui sont graves quand même.
18:29Sur Paris.
18:29Vous étiez sur Paris.
18:30Vous avez réussi à manifester.
18:32On a eu une interdiction de manifester
18:34sur le programme qui était annoncé
18:35déjà depuis plusieurs jours.
18:36On ne manifeste pas sur un programme.
18:37On manifeste sur des revendications.
18:40Ça, ces revendications,
18:41on a bien compris
18:41qu'il n'y avait pas de volonté
18:43de les entendre justement
18:43quand on voit que la mobilisation
18:45est sans arrêt attaquée
18:47par la société.
18:50Vous manifestez pour être entendu.
18:51Vous avez été entendu,
18:53vous avez manifesté.
18:53Ça s'est plutôt bien passé,
18:54la manifestation.
18:55Donc, ça veut dire que
18:57ce changement d'itinéraire
18:58était quelque chose d'important
18:59et c'est une réussite
19:01en termes d'ordre public
19:02mais c'est une réussite aussi
19:03en termes de manifestation.
19:04Puisque vous avez manifesté,
19:06puisque vous avez été suivi
19:07par les médias,
19:08puisque les médias l'ont retransmis,
19:09vous avez été entendu
19:10par tout le monde.
19:11Et pendant ce temps,
19:12les casseurs ont été réduits
19:14sur le...
19:15Et c'est ça la problématique.
19:17On ne veut plus voir
19:18la France à faire ça.
19:21Vous avez entendu tout à l'heure dire...
19:22Vous avez tiqué un peu
19:24sur la réponse pénale.
19:25Vous avez l'impression,
19:26j'avais l'impression
19:27que vous disiez
19:28qu'elle était un peu faible
19:29par rapport aux casseurs.
19:31Là, on est en train de voir
19:32une réponse pénale
19:33qui est intéressante.
19:34Ça n'a pas toujours été le cas.
19:36Loin s'en faut.
19:37Loin s'en faut.
19:38Mais après la réponse pénale,
19:40après les condamnations,
19:41il faut l'exécution des peines.
19:43Et vous savez qu'en France,
19:44on a un problème
19:45d'exécution des peines.
19:45On a un juge d'application des peines
19:47qui défait les peines
19:50qui ont été prononcées
19:50par les autres magistrats.
19:52On verra si dans l'exécution des peines,
19:54il se passe quelque chose
19:55et si réellement,
19:56on va jusqu'au bout
19:57de ces peines-là.
19:58Je ne suis pas persuadé du tout.
19:59Il y a eu beaucoup
20:00de mandats de dépôt.
20:01Merci beaucoup.
20:02Merci, M. Fauberg.
20:03Merci à vous deux.