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  • il y a 11 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00La suite de ce BFM Grand Soir en direct. Demain, nouvelle grande journée de mobilisation des blocus, de manifs pour
00:06les lycéens, les étudiants, les profs.
00:07Journée décisive. La jeunesse va-t-elle réussir à mobiliser, à faire plier le gouvernement ou le mouvement va-t
00:13-il s'essouffler ?
00:14Bonsoir Monsieur le Ministre. Merci d'être avec nous Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur.
00:17On va parler de ce mouvement dans une seconde évidemment, mais quand même une question ce soir évidemment sur Aubagne.
00:23Un adolescent de 14 ans a tiré au fusil de chasse dans son collège ce matin.
00:26Le principal et un professeur ont été blessés. Les parents du suspect sont ce soir en garde à vue.
00:32Est-ce qu'on a, Monsieur le Ministre, un moyen, le moyen de vraiment sécuriser nos établissements scolaires et universitaires
00:40?
00:40D'abord quand même laissez-moi juste dire à quel point c'est un cauchemar qu'on n'aimerait jamais
00:45vivre.
00:46L'école ça doit être un sanctuaire, je crois que c'est vraiment le mot.
00:49Ça doit être un endroit où la violence ne peut pas rentrer, ne doit pas rentrer.
00:54Et on pourrait être aussi un sanctuaire politique évidemment, où la violence politique elle-même ne devrait pas rentrer.
00:58Mais là on parle d'une violence directe, immédiate.
01:01Un mot évidemment pour les personnels qui ont été directement touchés, mais aussi pour la communauté éducative.
01:08C'est simplement horrible.
01:10Est-ce que derrière il y a des solutions pour tout sécuriser, etc. ?
01:13Je pense que si vous regardez partout dans le monde, vous voyez qu'aujourd'hui il n'y a aucun
01:15pays dans le monde qui a réussi justement à tout sécuriser partout.
01:18Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas rester inactif.
01:20Je pense qu'on a aussi des sujets autour du suivi psychologique des jeunes aujourd'hui.
01:26Moi je le constate dans les universités, dans l'enseignement supérieur aujourd'hui.
01:30On a quand même une dégradation globale de l'État, un recours de plus en plus grand.
01:36Vous parlez de sanctuaire, je vous demandais, est-ce qu'on a les moyens sécurisés ?
01:39On voit que ce jeune homme, ce matin encore une fois, il a pu rentrer avec un fusil de chasse
01:42dans un collège.
01:43Il a pu aller au premier étage, tirer une fois, deux fois, monter au deuxième étage, tirer trois fois, quatre
01:48fois.
01:50Avant d'être arrêté visiblement par un CPE héroïque qui a réussi à le désarmer.
01:54Oui, je pense qu'il faut d'ailleurs, c'est le courage de cet homme qui a réussi justement à
01:59faire ça.
02:00Maintenant, comme je le disais, il n'y a je crois aucun pays au monde qui aujourd'hui a trouvé
02:05une solution.
02:05Se dire qu'il y a un moyen, une solution technique ou immédiate qui permettrait de tout sécuriser, etc.,
02:12ce serait aussi mentir.
02:13Je pense que c'est une mobilisation à la fois des enseignants, mais aussi de la société pour lutter contre
02:17la violence.
02:18Et en tout premier lieu, des parents.
02:20Je pense que c'est quand même ça qui est essentiel.
02:22Donc vous éliminez les portiques, les portiques de ce genre de choses ?
02:24Non, je ne me prononce pas sur ces questions-là.
02:26Puis je pense que vraiment, c'est un travail qui doit être mené par le ministère de l'Éducation nationale.
02:29Mais je pense qu'il y a une responsabilité des parents, et ça c'est quand même essentiel, pour parler
02:35de la violence.
02:36C'est vrai aussi dans les universités, si je peux me permettre.
02:39Parce que là, on rentre comme dans un moulin, là.
02:42Vous n'avez jamais eu de problème dans les universités ?
02:44À ce stade, des mouvements, enfin des violences de ce type-là, non, on n'en a jamais connu.
02:49On n'en a jamais connu.
02:49Il y a eu des altercations, il y a eu des incidents, etc.
02:52Mais si vous regardez, encore une fois, et pas du tout pour se défausser de quoi que ce soit,
02:55mais si vous regardez partout dans le monde, des violences comme ça, ça peut arriver.
02:59Et je veux dire, et personne, enfin, présentez-moi quelqu'un qui vous donne la recette pour être à l
03:04'abri de ces phénomènes.
03:05Ça n'existe pas.
03:06Surtout aux Etats-Unis, dans les milieux universitaires.
03:10Là où il y a d'ailleurs, aux Etats-Unis, là où il y a le plus de protection technique
03:15contre les armes à feu.
03:16Et c'est vrai qu'en France, quand on regarde les précédentes attaques au couteau ou à l'arme à
03:20feu,
03:20c'est plutôt des collèges ou des lycées.
03:22Mais c'est souvent des collèges, c'est des élèves de troisième massivement.
03:25Donc c'est vrai que, est-ce que vous ne craignez pas qu'à l'université, il puisse y avoir
03:29des phénomènes de cet ordre ?
03:31Je pense qu'on est tous très vigilants sur ces questions.
03:33Les présidents de l'université sont aussi très mobilisés là-dessus.
03:37Ils prennent des mesures de contrôle, de vérification de carte d'étudiant, etc.
03:43Bien sûr, mais après, on n'est jamais à l'abri d'un drame.
03:46Évidemment, il faut lutter.
03:47Mais encore une fois, je crois que ce que je voulais dire sur la santé mentale,
03:52et d'une part, et puis d'autre part, sur la famille qui doit aussi travailler sur la violence.
03:58Je pense que c'est vraiment un sujet essentiel.
03:59L'école est un joyau, il faut la préserver.
04:02Mais c'est aussi le travail des familles de le faire.
04:04Je le disais, monsieur le ministre, demain, nouvelle journée de mobilisation des lycéens, des étudiants, des profs.
04:07Vous vous attendez à quoi pour demain ?
04:09On est évidemment vigilants, mobilisés.
04:13Moi, je fais confiance aussi à tout le monde pour que les choses se passent bien,
04:17en particulier aux organisations qui appellent à cette manifestation.
04:22Alors pourquoi on est vigilants ?
04:23Parce qu'on sait qu'il y a toujours potentiellement des gens qui essayent de s'infiltrer,
04:26et qui essayent derrière de transformer un moment de manifestation en un moment qui peut être un moment de casse.
04:33On sait que ça peut arriver.
04:34Moi, ce que je dis simplement aujourd'hui, c'est que la casse ou les violences,
04:38en fait, elles desservent directement, en fait, à la fois les revendications qui peuvent être portées.
04:45Encore une fois, moi, je pense que revendiquer, quand on est lycéen, quand on est étudiant,
04:50demander un monde meilleur, crier contre ce qui est perçu comme une injustice, etc.,
04:55même si je ne suis pas forcément d'accord, c'est complètement légitime.
05:00Et moi, mon bureau est toujours ouvert aux organisations qui veulent plus d'accepter.
05:02Mais qu'est-ce qu'ils demandent les étudiants ?
05:03Parce qu'on a compris pour les lycéens, on a essayé de comprendre,
05:07et on a quand même maintenant des revendications qui sont précises,
05:11mais les universités, les étudiants, qu'est-ce qu'ils revendiquent ?
05:15– Alors, ce n'est pas uniquement de la solidarité…
05:17– Je ne sais pas si c'est au ministre de le dire,
05:18mais moi, je vais donner notamment une des revendications,
05:21mais on en parlera dans un instant, c'est notamment les 250 000 places de plus dans le supérieur,
05:25ça vous concerne directement.
05:25Je reste juste, pardon, sur le mouvement de demain.
05:28On voit aujourd'hui qu'il y a moins d'établissements fermés, de lycées,
05:31que les universités, en revanche, il y a un vrai mouvement aussi de colère dans les universités.
05:36Mais qu'est-ce que vous craignez ?
05:38Une forme de radicalisation de ceux qui continueraient à bloquer ?
05:41– On est vigilants sur ce point.
05:44Après, moi, je ne veux pas vous prédire ce qui va se passer demain.
05:47Je pense qu'en tout cas, on est mobilisés,
05:49le ministre de l'Intérieur est mobilisé aussi pour que les choses se passent bien,
05:53pour que les manifestations se passent bien,
05:55et pour qu'on puisse protéger à la fois les individus,
05:58les hommes et les femmes qui vont manifester, et les biens.
06:00– Mais quand vous regardez les images des dégradations,
06:02notamment du côté de l'université de Nantes,
06:03vous vous dites que les choses se sont bien passées ?
06:05– Bien sûr que non, c'est même catastrophique.
06:07Alors, je dois dire quand même, et pas du tout pour relativiser les faits,
06:10mais que globalement, sur l'ensemble du monde universitaire,
06:13il y a eu deux endroits où il y a eu des dégradations,
06:14qui sont parfaitement condamnables et que j'ai condamnées immédiatement,
06:18et il y a une plainte qui a été déposée,
06:19et on retrouvera les gens qui ont fait ça.
06:22C'est une honte d'avoir fait ça.
06:24C'est donc à Nantes, où il y a eu effectivement quelques amphi
06:26qui ont été dégradées dans le campus de centre-ville,
06:29et puis à Rennes, où il y a un restaurant universitaire.
06:32C'est quand même totalement aberrant.
06:33Les conséquences de ça, c'est que le restaurant universitaire,
06:35il est fermé, donc les étudiants n'ont pas à bouffer,
06:37pardon, excusez-moi, de dire les choses très simplement.
06:39– Là, on voit les images de Nantes.
06:40– Et puis, à Nantes, on a un campus qui va être fermé
06:43pendant plusieurs semaines, je n'ai pas encore exactement la date,
06:46et puis des dégradations immondes, je ne vais pas rentrer dans les détails,
06:49mais c'est, enfin, vraiment, c'est…
06:50– Est-ce que vous n'avez pas laissé pourrir la situation ?
06:52– Non, je ne crois pas, non, vraiment pas.
06:54– Ça fait trois semaines qu'on est autour de ce mouvement-là.
06:55– Oui, oui, non, mais d'accord, mais les présidents des universités,
06:59ils agissent à chaque fois au cas par cas,
07:01ils sont vraiment très responsables.
07:03Moi, je voudrais saluer le travail qu'ils font sur le terrain,
07:05c'est eux qui ont les pouvoirs de police, vous le savez,
07:09depuis très longtemps, 13 ans et quelques, il y a la franchise universitaire.
07:14– C'est à eux qu'il revient d'appeler la police.
07:16– Exactement, et ils le font à chaque fois, à bon escient,
07:19ils évaluent les choses sur le terrain, en lien avec la préfecture,
07:22en lien avec le recteur, en lien avec nous,
07:24ils discutent évidemment de la situation,
07:26ils appréhendent les risques,
07:27et puis ils décident d'intervenir ou de ne pas intervenir.
07:29– Mais qu'est-ce qu'ils demandent des étudiants ?
07:31– Alors, les étudiants, aujourd'hui,
07:32les organisations représentatives étudiantes
07:34ont une liste d'une dizaine de revendications,
07:36donc celle, effectivement, il y a 250 000 places,
07:39il y a aussi un revenu universel étudiant,
07:41il y a toute une liste de mesures qui sont…
07:44– L'état des Crouss aussi ?
07:45– De remonter l'état des Crouss, alors,
07:47bien sûr, on a déjà beaucoup fait sur le repas à 1 euro,
07:50je voudrais juste rappeler qu'on vient de mettre 800 emplois en plus
07:53dans les restaurants universitaires pour…
07:55– Et vous avez dit récemment, si le budget n'est pas adopté,
07:57ça sera la fin du repas à 1 euro dans les universités.
08:00– Mais j'ai envie de dire que si le budget n'est pas adopté,
08:04les mesures nouvelles, mais de tout ordre,
08:06qu'elles soient pour nos programmes de défense
08:08ou pour les restaurants universitaires,
08:11elles ne pourront pas se faire,
08:12parce qu'en fait, si le budget n'est pas adopté,
08:15en fait, on est dans un cadre de service voté,
08:18c'est-à-dire qu'on reproduit, pour simplifier,
08:19le budget de l'année précédente.
08:21Donc, quand vous avez une augmentation qui est prévue
08:23et qu'elle n'est pas votée, mais quelle que soit la nature,
08:25elle ne se fait pas.
08:26Et ce serait dramatique pour la France.
08:28– Monsieur le ministre, la liste des réunions, on l'avait.
08:30La semaine dernière, votre collègue Édouard Geffray
08:33a expliqué qu'il y avait 3 000 profs qui allaient être déployés,
08:353 000 profs remplaçants qui allaient être déployés.
08:37On en est où des 3 000 profs remplaçants ?
08:39C'était entre jeudi dernier et mardi.
08:41– Oui, alors, encore une fois, ça c'est dans l'éducation nationale,
08:45c'est dans le secondaire.
08:46Donc, je pense qu'il faut avant tout interroger Édouard Geffray,
08:48pour savoir, le ministre de l'éducation nationale,
08:49pour savoir où en est le déploiement.
08:51Ce qu'il a dit, c'était que c'était une question d'heures
08:53et donc je suis convaincu que les choses avancent.
08:54– Est-ce qu'il n'est pas spécialement en lien avec M. Geffray
08:58alors que les revendications lycéennes et étudiantes
09:00sont quand même très corrélées ?
09:01– Bien sûr que si, mais Édouard Geffray est un homme de parole,
09:05donc je peux vous le garantir.
09:06Et donc, quand il dit que les choses sont en train de se mettre en place,
09:09j'ai confiance, il est en train de chercher d'aller chercher
09:10les remplaçants, les TZR qui ne sont pas affectés,
09:13pour les affecter dans les endroits les plus critiques.
09:15– Parce qu'on a reçu, attendez, on a reçu un certain nombre
09:19de témoignages là-dessus, sur ces profs remplaçants
09:21et des témoignages qui nous troublent évidemment l'ISADF.
09:24– Oui, notamment celui de Stéphanie qui est professeur titulaire
09:27en économie, c'est-à-dire pas de l'éducation nationale.
09:30– Oui, alors je rappelle tout de même que vous travaillez,
09:32j'imagine, main dans la main avec Édouard Geffray.
09:34– Oui, mais si à un moment donné, vous avez des questions
09:37sur l'enseignement supérieur, elle répond.
09:39– Sont particulièrement liées.
09:40– Vient donc le témoignage de Stéphanie qui est professeur titulaire
09:43en économie, gestion, elle dit « Je suis actuellement en disponibilité
09:46de l'éducation nationale, non pas parce que je ne souhaite plus enseigner,
09:49bien au contraire, mais parce que je suis affectée
09:50à environ 300 kilomètres de mon domicile,
09:53alors que l'éducation nationale recherche un contrat actuel
09:55dans ma discipline à une dizaine de kilomètres de chez moi
09:58depuis le début de l'année scolaire. »
10:02– Oui.
10:02– Ça, ça ne vous trouble pas ?
10:03– Écoutez, moi je ne connais pas ce cas-là, d'accord ?
10:06Et après, il faut regarder spécifiquement les conditions
10:09et la manière dont on fonctionne aujourd'hui.
10:11– Est-ce que c'est le cas aussi dans l'enseignement supérieur ?
10:12Parce que c'est vrai que ça nous a tous un peu surpris,
10:14le ministre de l'éducation nationale qui dit
10:15« On avait 3000 TZR. »
10:19– Il y en a aussi dans l'enseignement supérieur ?
10:20– Non, pas du tout, en fait.
10:20– Plusieurs milliers de professeurs comme ça.
10:22– Pas du tout, en fait.
10:23Le mode de fonctionnement est radicalement différent.
10:26C'est-à-dire qu'aujourd'hui, dans le monde de l'enseignement supérieur,
10:28on a des établissements autonomes
10:30qui eux-mêmes, quelque part, vont recruter des professeurs,
10:33des vacataires, des titulaires.
10:35Et c'est comme ça, ça ne veut pas dire
10:37qu'on n'a pas nos problèmes RH,
10:38on a aussi nos problèmes de recrutement.
10:40On a aussi des fois des trous dans la raquette
10:42et on essaye de les porter.
10:44– Est-ce qu'à votre niveau, alors là, l'enseignement supérieur,
10:47est-ce que, un, Parcoursup est un système de sélection
10:50ou de répartition adapté à l'enseignement supérieur ?
10:54Première chose.
10:55Et deuxième chose, deuxième question très provocatrice,
10:58est-ce que vous considérez, comme certains des candidats,
11:00d'ailleurs, à l'élection présidentielle,
11:01et un homme qui vous a précédé tout à l'heure,
11:05vous estimez qu'il y a trop d'étudiants en France
11:07en enseignement supérieur ?
11:09– Alors, peut-être, deux questions qui nous prendraient du temps,
11:11peut-être pour commencer par Parcoursup,
11:13parce que j'entends un nombre d'âneries en ce moment
11:16sur Parcoursup qui est quand même phénoménal.
11:19– Pour vous, ce n'est pas un mauvais système ?
11:20– C'est un système qui est perfectible
11:22et qui n'a pas arrêté d'évoluer.
11:24Mais je voudrais quand même rappeler deux, trois éléments.
11:27Avant Parcoursup, à la même époque de l'année,
11:30c'est-à-dire début octobre, il y avait en moyenne
11:324 000 jeunes qui n'avaient aucune affectation.
11:35L'an dernier, il y en avait 38.
11:37Et cette année, il y en aura un tout petit peu plus.
11:39Et quand je dis un tout petit peu plus,
11:40on peut les compter sur les doigts de quatre mains.
11:43Donc, d'une part.
11:45D'autre part, on me dit, Parcoursup fait du tri social.
11:48Moi, je voudrais rappeler quelque chose,
11:49c'est qu'il y a 150 000 jeunes,
11:51excusez-moi du peu,
11:52150 000 jeunes boursiers
11:55qui ont eu une affectation dans un établissement
11:57dans lequel ils voulaient aller
11:58qu'ils n'auraient pas eu s'ils n'avaient pas eu Parcoursup.
12:02Il n'y a jamais eu à Paris
12:04autant d'étudiants qui viennent de banlieues.
12:07Donc, convienne pas me raconter
12:08que Parcoursup est un outil qui fait du tri social.
12:11Mais c'est juste complètement faux.
12:13Et après, les gens qui me disent
12:14qu'il faut supprimer Parcoursup
12:16parce que demain matin,
12:17tous les étudiants qui le souhaitent
12:19pourront faire leur droit à Paris 1.
12:20Mais c'est une blague, excusez-moi.
12:22Qui peut croire ça ?
12:23Mais quand on vous reclame
12:24250 000 places supplémentaires
12:26dans l'enseignement intérieur.
12:26Et alors, ça veut dire quoi ?
12:27Ça veut dire que je vais créer 50 000 places
12:29à Paris 1 ?
12:30Je vais en discuter avec la présidente,
12:32il va falloir qu'elle me trouve les mètres carrés ?
12:33Non, mais enfin, ça n'existe pas.
12:34Je veux dire, le principe,
12:36c'est que dans tous les pays du monde,
12:38il y a un système
12:39qui doit être capable, quelque part,
12:40d'affecter les étudiants.
12:42Ce n'est pas pour faire du tri,
12:43mais c'est simplement pour dire,
12:44en fait, compte tenu de ce que tu as fait précédemment,
12:46compte tenu de ce que tu veux faire demain,
12:49en fait, tout n'est pas possible
12:51parce que ça n'a pas de sens.
12:52Il faut simplement aller dans des formations
12:54dans lesquelles on a une chance de réussir.
12:55Le plus grand mensonge,
12:57mais le plus grand mensonge qu'on peut faire,
12:59c'est de dire que tout bachelier
13:01peut faire tout type d'études.
13:03Donc, les 250 000,
13:04il faut qu'il y ait ray de leur revendication ?
13:06Non, ce n'est pas ça que je dis.
13:07Je dis aujourd'hui,
13:08je pense qu'il peut y avoir des tensions
13:09et il y a des endroits,
13:10par exemple en Ile-de-France,
13:12où on voit qu'on manque de place.
13:13Et moi, je suis prêt à discuter
13:14de cette question avec les organisations.
13:16D'accord ?
13:17Ce n'est évidemment pas ces volumes-là,
13:18c'est autre chose.
13:20Mais je pense qu'il y a des points...
13:20Mais il y a une discussion qui est possible,
13:21c'est ce qu'il dit.
13:22Mais bien sûr,
13:22il y a plein de sujets
13:23sur lesquels la discussion est possible.
13:25J'entends aussi beaucoup,
13:26souvent, on me dit,
13:28Parcoursup, il y a des algorithmes locaux.
13:29Il n'y a pas d'algorithmes locaux.
13:30Il y a des jurys qui travaillent.
13:32Ils ont des piles comme ça
13:33de dossiers sur leur bureau.
13:34On a demandé, monsieur le ministre...
13:35Ils ne prennent pas.
13:35On peut regarder.
13:36On peut essayer encore
13:38d'augmenter la transparence,
13:39d'être plus lisible.
13:40Il y a plein de choses...
13:41On a demandé à des étudiants
13:42de vous poser une question directement.
13:43On est allé les voir tout à l'heure.
13:45Première question.
13:46Alors, ça concerne l'équivalent
13:47de Parcoursup,
13:47mais pour les masters.
13:48Mon master, écoutez la question.
13:50C'est très rapide.
13:51Pourquoi ne pas instaurer
13:52une hiérarchisation a priori
13:54des voeux sur mon master ?
13:56Parce qu'actuellement,
13:57en fait, il n'y a pas
13:57cette hiérarchisation.
13:59Et on se retrouve avec des personnes
14:00qui ont d'excellentes notes
14:02et qui ont tous les voeux,
14:03alors qu'au final,
14:04ils n'en choisiront qu'un.
14:05Et des personnes
14:06qui ont de moins bonnes notes
14:07et qui ne se retrouvent
14:08avec rien en juin, en juillet.
14:10Et ils doivent attendre
14:11la phase complémentaire
14:12pour pouvoir hiérarchiser.
14:13Et je trouve que ça cause
14:15un grand stress pour les étudiants.
14:17Je vous remercie.
14:18C'est à peu près la même critique
14:19que sur Parcoursup.
14:20Oui, alors, je voudrais simplement rappeler
14:22que le principe dans les deux cas,
14:24c'est qu'au fur et à mesure,
14:25effectivement,
14:26celui qui a beaucoup de voeux,
14:27il choisit.
14:28Une fois qu'il a choisi,
14:29il abandonne les autres voeux.
14:30Et les voeux sont distribués.
14:31Remis en jeu.
14:32Et ça retourne comme ça.
14:34Le sujet de mon master
14:35est plus probablement
14:37un problème de place
14:38dans le nombre de masters disponibles
14:40qu'un sujet d'outils algorithmiques.
14:42Le sujet n'est pas tellement là.
14:45Mais on peut regarder cette question.
14:46Moi, je ne suis pas du tout fermé.
14:48Vous dites que c'est un système plus juste.
14:49Mais vous voyez bien,
14:50il est perçu comme injuste
14:51parce qu'il est aveugle,
14:53parce qu'il n'explique pas ses clés,
14:54parce qu'il y a justement
14:55des fantasmes sur les clés de répartition,
14:57etc.
14:57Mais il n'y a pas de clés de répartition.
14:58Il n'y en a pas.
14:59Vous venez de le dire.
15:00Il n'y en a pas.
15:00Il y a des fantasmes.
15:01Donc, un système juste,
15:03s'il est perçu comme injuste,
15:05est-ce qu'il est juste ?
15:05Ah non, mais bien sûr.
15:07Vous avez 4 heures, M. le ministre.
15:08Non, mais vous avez totalement raison.
15:10C'est-à-dire,
15:10la question de la perception est clé.
15:12Et je sais bien qu'aujourd'hui,
15:14Parcoursup en particulier
15:15est perçu comme une boîte noire
15:17par les parents
15:17parce qu'il y a de l'angoisse.
15:18Et puis, boîte noire
15:19qui est alimentée aussi
15:20par les discours quasi-complotistes
15:21qu'on entend des fois
15:22sur le sujet
15:23par des sachants.
15:26Mais moi, je pense que mon rôle,
15:27c'est aussi d'expliquer,
15:28d'expliquer ce que ça fait,
15:30ce que ça ne fait pas.
15:30Je pense qu'on va faire un effort
15:31pour aller aussi dans chaque lycée,
15:33dans chaque académie,
15:34plus encore qu'on ne le faisait précédemment
15:35pour expliquer comment ça marche.
15:37Si je reviens un instant
15:38sur mon master,
15:39la question,
15:40c'est le nombre de places
15:40en master demain.
15:41Et puis, ça reboucle un peu
15:42sur la question
15:43que vous posiez précédemment.
15:44C'est de se dire,
15:44en fait,
15:45qu'est-ce que notre enseignement
15:46supérieur aujourd'hui ?
15:48Vous savez qu'on a
15:49le plus grand nombre
15:49d'étudiants en master
15:50par tête d'habitants
15:52de tous les pays
15:52de l'OCDE à peu près.
15:54Donc, beaucoup,
15:54beaucoup d'étudiants en master.
15:56C'est des questions légitimes
15:57de se poser la question
15:57est-ce qu'on en fait trop ?
15:59Est-ce qu'on n'en fait pas assez ?
16:00Moi, je crois surtout
16:01qu'on a une vision
16:02très monolithique
16:04de l'enseignement supérieur.
16:05Beaucoup trop monolithique.
16:07C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
16:08si vous n'avez pas eu
16:09votre master à 22 ans,
16:11vous avez échoué.
16:12Moi, ce que je dis,
16:13c'est que c'est peut-être pas grave.
16:14C'est-à-dire que vous avez le droit
16:15peut-être de commencer
16:16par faire un stage,
16:18puis après,
16:18vous faites votre licence,
16:19vous retournez bosser trois ans.
16:21Ce qui se passe à l'étranger.
16:22Mais ce qui se passe partout
16:23à l'étranger.
16:23Et ça, c'est quelque chose
16:24qu'on n'a pas réussi à faire.
16:26On a essayé à plusieurs reprises.
16:28Et je pense qu'il y a
16:28un vrai travail.
16:29Il y a un conditionnement social.
16:31Non, non, non.
16:31Bien sûr.
16:32Ça dépasse complètement
16:33la question des outils.
16:34C'est une perception
16:35qui est extrêmement forte
16:36qui consiste à dire
16:37qu'il faut faire quelque chose
16:38de très linéaire.
16:39Par exemple, j'entends dire aussi...
16:40J'ai une autre question
16:41sur les APL.
16:41Pardon.
16:42Question d'Arthur.
16:43Sinon, on n'aura pas le temps.
16:44Question d'Arthur pour vous,
16:45monsieur le ministre.
16:46Est-ce que vous comptez
16:47pour cette année
16:48dans le budget 2027
16:50revaloriser les APL
16:51comme cela est demandé
16:51par les étudiants
16:52depuis maintenant quelques années ?
16:54Et est-ce que vous allez
16:56mettre fin enfin
16:57aux tarifs différenciés
16:59pour les étudiants étrangers
17:00et les étudiants français ?
17:01Ça fait longtemps
17:02que les étudiants
17:03en faculté, etc.
17:05le demandent
17:05depuis que ça a été adopté.
17:07Quelques mois déjà.
17:08Est-ce que vous y pensez ?
17:09Je vous remercie
17:10de m'avoir écouté
17:10et merci beaucoup.
17:12Je vous laisse 30 secondes
17:13pour répondre.
17:14Merci.
17:15Le tarif différencié aujourd'hui
17:17pour les étudiants internationaux.
17:18On accueille
17:19des étudiants internationaux
17:21la grande majorité
17:22d'entre eux
17:22sont exonérés
17:23pour des raisons diverses
17:24et variées
17:25mais autrement
17:25on demande
17:26à payer
17:26entre un tiers
17:28et un quart
17:28du coût réel
17:29ce qui veut dire
17:30que les trois quarts
17:31du coût réel
17:31des études
17:32sont pris en charge
17:33par le contribuable.
17:35Je veux dire
17:35que ce système
17:36qu'on met en place
17:37enfin qu'on a déjà mis en place
17:38depuis 2019
17:38et qui s'affirme là
17:39c'est pas quelque chose
17:41d'original
17:42c'est-à-dire
17:42tous les pays du monde
17:43le font.
17:44C'est-à-dire
17:44c'est vrai à Cuba
17:45c'est vrai aux Etats-Unis
17:47c'est vrai en Chine
17:48et revaloriser les APL
17:49c'est vrai au Venezuela
17:49revaloriser les APL
17:50on n'est pas cette année
17:51sur un schéma
17:52de revalorisation des APL
17:53là non plus
17:53on n'a pas entendu les étudiants
17:54les contraintes budgétaires
17:55aujourd'hui sont trop fortes.
17:57Il y a plein de choses
17:57sur lesquelles
17:58on est en train d'écouter
17:59et on peut entendre des choses
18:01sur l'ouverture des places
18:02par exemple
18:03on est prêt à discuter
18:04sur la question autour
18:06de la manière
18:07des bourses
18:08c'est des sujets
18:09qu'on peut aussi discuter
18:10enfin il y a plein de pistes
18:11sur des améliorations
18:12On sera dans un instant
18:14avec des étudiants et des lycéens
18:15on verra s'ils vous entendent
18:16simplement la semaine dernière
18:17vous craignez
18:17un embrasement national
18:19vous êtes toujours
18:19dans cet état d'esprit là ?
18:20Moi je n'ai pas dit ça
18:21c'était une réponse
18:22à une question
18:23ça ne m'a pas échappé
18:24j'ai bien vu qu'il y avait
18:24un peu de polémique
18:25autour de ce terme là
18:26je pense qu'on est vigilants
18:27simplement
18:28on est vigilants
18:29puis je constate que le lendemain
18:30tout le monde était soulagé
18:31donc si personne ne craignait rien
18:32il y a quelque chose
18:33que je n'ai pas compris
18:33Vous vous attendez
18:33à un mouvement long ?
18:35Je ne sais pas
18:36j'attends surtout
18:37que ce mouvement
18:38soit un mouvement calme
18:39et que ce soit un mouvement
18:40où on puisse discuter
18:42quitte à ce qu'il y ait
18:42des revendications
18:43et qu'on puisse nouer
18:44une discussion
18:44pour trouver des solutions
18:45de sorte
18:45Nouvelle journée de mobilisation
18:47demain et demain soir
18:48nouveau forum
18:49forum de la jeunesse
18:50avec des étudiants
18:51des lycéens en direct
18:51sur BFMTV
18:52on leur donne la parole
18:53comme la semaine dernière
18:53Et moi nous sommes étudiants
18:55Mais bien sûr
18:55Vous ne voulez pas venir
18:56monsieur le ministre ?
18:57Mais avec plaisir
18:58moi je suis très envie
18:58de reprendre mes études
18:59Ah !
19:00Venez demain soir
19:01forum de la jeunesse
19:02ils seront ravis de vous avoir
19:02face à eux
19:03Merci Philippe Baptiste
19:04d'avoir été en direct

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