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  • il y a 7 minutes
Ce soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On verra qui. Alors selon vous, qu'est-ce qui se profile justement samedi ?
00:04Il y a une nouvelle journée de mobilisation à l'appel des gilets jaunes, des lycéens, des étudiants.
00:10À quoi on peut s'attendre selon vous ? Est-ce que vous y serez ?
00:13Oui absolument, mais le mouvement va continuer.
00:15Je me souviens, j'étais présent sur ce photo il y a quelques semaines, on discutait du début du mouvement.
00:19En général, je ne lis pas dans le mar de café, mais je sentais que quelque chose était en train
00:22de se développer dans la société.
00:24Et là, il y a un mouvement de la jeunesse qui n'est pas que la mobilisation lycéenne.
00:28La mobilisation étudiante va également reprendre.
00:30Il y aura des manifestations les mardis, les jeudis, il y aura des blocages, il y aura des manifs le
00:34samedi.
00:34L'enjeu maintenant, pour anticiper la question que vous me posez éventuellement après,
00:39c'est que la population dans son ensemble ne reste pas spectatrice de ce qui est en train de se
00:43dérouler
00:44et que du côté des salariés, notamment, on comprenne qu'on a une responsabilité.
00:47Vous savez qu'il y a cette journée qui est également plantée dans le départ, qui est le 5 novembre
00:51absolument,
00:52où la CGT appelle par exemple à généraliser la grève.
00:54Moi maintenant, pour qu'on soit tout à fait honnête, les grèves générales ne se décrètent pas.
00:58Vous y croyez ça, à cette grève générale ?
01:00Ah oui, on fera tout pour.
01:00Et moi, la proposition, si vous permets que je la formule sur ce plateau,
01:03si tant est qu'elle soit entendue, parce que je n'ai pas forcément le bras long à gauche,
01:06ni social ni politique, c'est qu'il y a un front uni de toute la gauche sociale et politique
01:11pour préparer ou participer à préparer ensemble la généralisation de cette grève.
01:15C'est-à-dire que les collectifs dont vous parliez, ceux des Gilets jaunes,
01:19les organisations syndicales, les organisations politiques,
01:22les organisations lycéennes, étudiantes, parce que c'est la jeunesse qui donne le là,
01:26se rassemblent non pas pour se substituer au mouvement réel,
01:29parce qu'in fine, ce seront les salariés qui décideront de le faire,
01:31mais permettent à ce que des lieux de réunion sur les lieux de travail
01:36puissent, par exemple, générer des assemblées générales,
01:39et qu'on soit des millions de grèves.
01:41C'était dur en 68, 68 ça avait été compliqué, parce que le parti communiste,
01:44qui était à l'époque très fort, avait quand même au début vraiment tordu le nez,
01:49et presque tourné le dos d'ailleurs aux étudiants, parce qu'ils ne voulaient pas
01:54qu'on confonde d'une certaine façon les deux luttes.
01:59Et là j'ai l'impression que aussi, si on écoute les politiques,
02:02alors vous, vous êtes un peu singulier là-dedans d'ailleurs,
02:05parce que vous ramassez large je dirais,
02:07mais les autres, ils ne sont pas tellement ceux qui sont pour le mouvement social,
02:12ils ont du mal à agglomérer toutes les revendications.
02:15Ah mais ça, agglomérer les revendications, ça c'est la rue qu'ils décident,
02:19c'est les mobilisations, les manifestations, les blocages, les journées grèves.
02:21Je vous dis, puisque vous me parliez de 68,
02:23j'y étais pas, ça vous a pas échappé probablement,
02:25mais de ce qu'on m'en a dit, en effet, quels que soient les blocages
02:27des bureaucraties syndicales de l'époque, on l'oublie dans la mémoire collective,
02:30ça a été une grève générale qui est celle de 10 millions de grévistes,
02:34c'est-à-dire, on retient souvent les barricades,
02:37mais mai 68, ce qui a permis qu'il y ait plus de 30% d'augmentation de salaire,
02:41ça a été le fait qu'il y ait des millions de grévistes.
02:43Donc notre objectif, notre responsabilité,
02:45c'est de faire en sorte qu'on soit des millions de grévistes.
02:47Le 5 novembre, le jour du 5 novembre, ou après le 5 novembre,
02:50c'est une grève générale ?
02:51Déjà, il faut commencer par le 5, il faut déjà commencer par notre responsabilité.
02:55Donc journée de mobilisation plus grève générale.
02:57Moi, j'essaye de prendre les propositions pour qu'elles aboutissent.
03:03On a besoin d'une victoire, et je pense que quoi qu'il en soit,
03:06de cette séquence, il y a un sentiment de victoire, même par celle qui sortira.
03:08Parce qu'on est d'accord, juste, puisque vous en parlez,
03:11vous allez me dire que ce n'est pas assez,
03:12mais ce qui a été obtenu par les lycéens et les étudiants,
03:14c'est quand même considérable ?
03:16Considérable, non, je ne vous dirais pas ça.
03:17Je vous dirais qu'au mieux, c'est des miettes.
03:18Le pire des cas, c'est une imposture,
03:20mais ça, c'est les organisations lycéennes qui le décident
03:22et qui le disent d'ores et déjà.
03:24Mais là où je vous rejoins, c'est que de toute façon,
03:26ça donne raison à la lutte.
03:28C'est-à-dire que le compte n'y est pas,
03:30mais ça prouve que seule la lutte paye.
03:32Et c'est là où la réaction, juste à Anne-Soré Dubois,
03:34la réaction du ministre de l'Éducation nationale ce soir
03:36est quand même surprenante.
03:37Il marche sur des oeufs quand même.
03:39Complètement.
03:39J'ai vu aussi, oui.
03:40C'est-à-dire qu'il pourrait dire,
03:41maintenant, il est temps de reprendre le chemin des universités,
03:45de l'école, nous avons fait des efforts,
03:47nous avons mis des choses en place.
03:48On sent qu'il tâtonne.
03:50Même vous, vous avez été surpris par sa réaction ?
03:52Non, mais parce que là encore,
03:53c'est le propre d'une crise politique.
03:54Quand on en a discuté ensemble la dernière fois,
03:57je vous pronostiquez le fait
03:58que plus le pouvoir politique attendrait
03:59pour donner des réponses politiques au mouvement,
04:03plutôt que de s'obstiner à avoir des réponses uniquement sécuritaires,
04:05ce qui était le cas pendant des jours et des semaines et des semaines,
04:08plus il jouait l'affaire du courrissement
04:10et plus du coup il prenait le risque de cette crise politique.
04:13Parce que quel est le problème en effet ?
04:14C'est que quand vous commencez à donner raison, revendication,
04:18bien sûr que ça nous donne la pêche.
04:19Vous êtes heureux de cela.
04:20Mais évidemment, c'est jubilatoire.
04:22Parce que les jeunes arrivent...
04:23Justement sur le timing, pour comprendre quelque chose.
04:25Parce que c'est vrai que c'est rare,
04:27six mois avant une élection présidentielle,
04:29qu'il y ait des mouvements sociaux de cette emploi.
04:30Je pense que c'est inédit, mais oui.
04:31Pour vous demander d'ailleurs si vous savez quel est le ressort.
04:33On a tous une idée,
04:34mais vous allez peut-être nous le dire plus précisément.
04:37Et est-ce que...
04:38Parce que ce timing interroge forcément.
04:40On a posé la question tout à l'heure à Édouard Geffray,
04:42qui était sur ce plateau en effet,
04:43en lui disant,
04:44mais là vous prenez des décisions sur Parcoursup,
04:48sur maximum 28 élèves par classe en 2027,
04:50pour 50% des secondes,
04:51et ensuite l'année suivante 100%.
04:53Mais en fait, tout ça, ça peut être détricoté
04:55pour la prochaine élection présidentielle.
04:57Et donc, pourquoi maintenant,
04:58alors que déjà il y a 80% des sujets,
05:01espérons-le,
05:01qui vont être tranchés lors de la prochaine élection,
05:03et surtout que potentiellement,
05:04ce que vous obtenez maintenant,
05:05vous pouvez le reperdre dans six mois,
05:07s'il y a un candidat qui sort,
05:09qui est élu,
05:10et qui n'aura rien compris
05:12à ce qui s'est passé en ce moment,
05:13et à vos revendications.
05:15C'est pour ça qu'en effet,
05:16il marche sur des oeufs.
05:16Parce que là, à jouer...
05:18Parce que je vous dis,
05:19c'est des miettes,
05:20dans le pire des cas,
05:20c'est une duperie,
05:21c'est-à-dire qu'on va,
05:21en fait, on va remettre Parcoursup,
05:23mais en l'appelant différemment,
05:25sans toucher à l'essentiel,
05:26on va mettre de l'intelligence artificielle,
05:28on va continuer avec le contrôle continu
05:29en détournant le cadre national du bac,
05:31on va continuer à laisser,
05:32eh bien, le fait qu'on va faire référence
05:34à l'existence des lycées locaux,
05:36c'est-à-dire,
05:36on va continuer l'inégalité,
05:38et ça, la jeunesse,
05:39elle ne sera pas...
05:40Mais sur le timing,
05:40c'est juste...
05:40Non, mais le timing, moi aussi...
05:42C'est pour dire à un président élu,
05:43voilà nos revendications, attention.
05:44Le timing, il est inédit,
05:46et c'est ça qui est nouveau,
05:48c'est pour ça que ça prend
05:49tous les partis politiques traditionnels de cours,
05:50c'est inédit.
05:51Déjà, c'est une mobilisation sociale
05:52par bien des aspects exceptionnels,
05:55dans une campagne électorale,
05:56c'est inédit.
05:57Il y a les questions matérielles
05:58dont on parle,
05:59plus le gouvernement tarde,
06:00plus il joue éventuellement l'imposture,
06:02et plus ça risque de lui revenir
06:03comme un boomerang,
06:04mais il y a quelque chose
06:05de plus substantiel.
06:05Il y a quelque chose
06:06de plus substantiel.
06:07S'il vous plaît.
06:08Vous me demandiez
06:08pourquoi ça me donne la pêche.
06:09Voilà, j'aimerais revenir
06:10quand même sur ce mot,
06:11Olivier Besant.
06:12Cette génération ?
06:12Ce n'est pas anodin
06:13de vous voir comme ça.
06:14Je me souviens,
06:14je vous ai vu il y a un mois
06:15et je vous trouvais
06:16un peu, comment dire,
06:18un peu fatigué,
06:19un peu désabusé.
06:20Là, vous me dites...
06:21Franchement, la prochaine fois,
06:22j'essaierai de vous donner
06:23une impression différente.
06:24Mais pas du tout.
06:25J'étais déjà en train
06:26de me chauffer.
06:26Il y a un mois,
06:27c'était juste avant
06:28qu'en fait,
06:28les mobilisations prennent
06:30un peu plus d'ampleur.
06:31Et là, ce soir,
06:32vous me dites,
06:32c'est important quand même.
06:33Non, mais je n'étais pas fatigué.
06:34Vous savez pourquoi ?
06:34Parce que j'ai dit à Yves Tréhard,
06:35qui disait que c'était
06:36un mouvement minoritaire,
06:37vous allez voir, ça va prendre.
06:38Alors, je vous analyse très mal
06:40et je vous connais très mal.
06:41C'était plus récent.
06:41Par contre, quand je dis,
06:42c'est revu.
06:42Vous dites, c'est jubilatoire.
06:44Ah ouais, mais parce que
06:45quelle est la question,
06:46si vous voulez,
06:46c'est que quand on a
06:47une génération qui arrive,
06:48qui est une génération politique,
06:49mais qu'on s'entend
06:50au bon sens du terme,
06:51qui n'est pas dans telle structure,
06:52qui n'est pas dans tel parti,
06:53mais qui se politise
06:54sur cette séquence-là,
06:57elle ne porte pas
06:58sur ses épaules
06:59le poids des expériences
07:00du passé,
07:00notamment des échecs.
07:01Donc, elle arrive,
07:02y compris aux autres
07:03générations militantes,
07:04en disant,
07:05mais pourquoi vous doutez ?
07:06On fonce, on y va,
07:08on ne s'arrête pas.
07:09Et il y a un ressort
07:09qui est celui de la dignité.
07:11Et là, ce qu'on est en train de vivre,
07:12et c'est ça qui prend dans le pays.
07:13Ça, ce n'est pas
07:13que des questions matérielles.
07:14Là, ce mouvement,
07:15c'est pour solde de tout compte
07:17de 10 ans de mépris de classe
07:20de la part d'Emmanuel Macron
07:21qui s'enferme dans cette question-là.
07:23Oui, j'ai une question.
07:23Vous avez parlé de miettes.
07:25Quels sont concrètement
07:28victoires, sachant que les revendications
07:30sont très diverses ?
07:31Elles se sont cristallisées
07:32autour de Parcoursup,
07:33mais on a vu d'autres choses.
07:33On avait l'emploi du temps,
07:36la réplique de Blanquer,
07:37le financement,
07:37peut-être même les débouchés,
07:38on ne sait pas très bien.
07:39Donc, c'est quoi les critères
07:40d'une victoire ?
07:41Quelque chose qui serait conséquent,
07:43acceptable ?
07:43Alors, je vous reprends
07:44dans deux temps.
07:44D'abord, ce n'est pas moi
07:45de le dire,
07:45c'est aux organisations lycéennes.
07:46Et de ce que j'entends
07:47qu'elles réclament,
07:47c'est beaucoup plus de postes
07:48dans l'enseignement
07:49et pas simplement 15 000
07:50qui irait notamment
07:51dans les BTS
07:52et l'action sociale
07:52plutôt que dans les universités.
07:54C'est un budget de 10 milliards
07:55qui, elle, chiffre, par exemple.
07:57C'est la fin de Parcoursup,
07:59c'est les rythmes scolaires.
08:00Mais maintenant,
08:01pour être tout à fait honnête
08:02avec votre question,
08:02ce qui va symboliser
08:04un sentiment de victoire,
08:05ce n'est pas palpable
08:06au moment où je vous parle.
08:07Mais surtout que...
08:07Par exemple, attendez,
08:08je vais essayer de m'expliquer,
08:09ça va dérouler une idée jusqu'au bout.
08:10Si vous m'avez posé la question
08:11pour jouer l'ancien
08:12en janvier 1996
08:14à l'issue d'une séquence,
08:15pour ceux et celles
08:16qui nous regardent,
08:20contre le plan Juppé
08:21à l'époque sur la sécurité sociale.
08:22Si vous posez...
08:23En 1995,
08:24qui s'est concentré
08:25en particulier en décembre 1995.
08:27En janvier 1995,
08:28il n'y avait plus de gare,
08:29il n'y avait plus de transport,
08:29il n'y avait plus rien.
08:30Et les gens discutaient d'ailleurs
08:31en décembre.
08:32En janvier 1996,
08:34vous demandiez à des gens
08:35comme moi
08:36est-ce qu'on a gagné ?
08:37Personne ne pensait
08:38qu'on avait gagné.
08:39Parce que le compte
08:40n'y était pas pour nous.
08:41Et pourtant,
08:41des mois plus tard,
08:43l'idée s'est installée
08:43que finalement,
08:44on avait quand même fait reculer
08:45un pouvoir politique
08:45par le pouvoir de la rue.
08:50Il y a des éléments qui ne sont pas
08:51qu'objectifs,
08:51il y a des éléments subjectifs.
08:53Moi, ce que je vois,
08:54c'est qu'en effet,
08:55il y a une colère
08:55qui est en train de se greffer.
08:56Mais qui n'est pas que lycéenne.
08:58Parce qu'il y a aussi
08:58le problème de pouvoir d'achat,
09:00de vie chère.
09:00Parlons de ce que vous attendez
09:02au-delà des mesures...
09:04Oui, on est pas seulement
09:04où vous voulez aller.
09:05Voilà.
09:06Au-delà des mesures
09:06sur la crise lycéenne.
09:08Parce que vous n'allez pas
09:09parler pour eux,
09:10vous ne l'avez pas fait
09:10depuis le début,
09:11ce n'est pas maintenant
09:11que vous allez commencer.
09:12Mais sur la vie chère,
09:14sur les prix de l'essence,
09:15quelles mesures d'urgence
09:17vous demandez ?
09:18Bloquer les prix,
09:19augmenter les salaires,
09:20indexer les salaires sur les prix.
09:22On vit dans une société
09:22où tout augmente,
09:23absolument tout,
09:25sauf les salaires,
09:26sauf les revenus.
09:27Et ça aussi,
09:27ça commence à se voir.
09:28Vous savez,
09:29dans les discussions,
09:30je ne sais pas comment expliquer ça,
09:31mais c'est comme une forme
09:31de désenvoûtement.
09:32Au bout d'un moment,
09:33nous, on est raccord
09:34avec le discours dominant
09:35qui nous dit,
09:35finalement, en fait,
09:36vous savez,
09:37soyez patient,
09:38ça va finir par tomber.
09:39C'est vrai qu'on en donne
09:39aux plus gros,
09:40aux plus riches,
09:40aux capitalistes,
09:41mais à un moment,
09:42ça va descendre.
09:43Le ruissellement.
09:44Puis on regarde en haut.
09:45Puis à un moment,
09:45on regarde en bas.
09:46Et on se dit,
09:47mais en fait,
09:47ces richesses,
09:47elles viennent de chez nous.
09:48C'est nous qui les produisons
09:49tous et toutes.
09:50Ça rejoint la question
09:51de la grève générale.
09:52La question de la grève générale,
09:53c'est aussi rappeler
09:54en tant que producteur
09:55et productrice,
09:55qu'on soit salarié du public
09:56ou du privé,
09:57qu'en arrêtant de travailler,
09:59on arrête de produire
10:00les richesses
10:01qu'on est les seuls
10:01à produire dans ce pays.
10:03Et c'est une question
10:04absolument essentielle.
10:05Donc je vous réponds
10:06sur ces aspects-là
10:07et de manière plus générale.
10:08Ce n'est pas simplement
10:09un mouvement contre les richesses.
10:10Je pense que c'est un mouvement
10:11qui aspire à une juste
10:12répartition des richesses.
10:13C'est très intéressant
10:14ce que vous dites
10:14et j'aimerais qu'on fasse réagir
10:15là-dessus Jean-René Cazeneuve
10:17qui nous écoute
10:17et qui est en coulisses.
10:18Venez vous asseoir,
10:19M. Cazeneuve,
10:21député ensemble
10:21pour la République du Gers.
10:23Peut-être que vous pouvez rappeler
10:25quelle est la démarche
10:27de cette grève générale.
10:28Pourquoi vous voulez une grève générale ?
10:30Parce que vous voulez montrer
10:31que finalement,
10:32si ceux qui s'arrêtent
10:33de travailler
10:34font la grève générale,
10:35eh bien le pays ne tourne plus en fait.
10:38C'est ça la philosophie ?
10:39Et puis au-delà de la philosophie,
10:40c'est de la pratique
10:41parce que c'est bien beau
10:41tous ces discours
10:42qui nous demandent
10:42de faire autrement,
10:43faire les choses gentiment,
10:44faire les choses bien.
10:45Mais on a déjà testé.
10:46Oui mais s'il n'y a plus de richesses.
10:47Non mais attendez,
10:48excusez-moi,
10:48mais on a tout porté.
10:50On nous a demandé
10:50de faire des pétitions.
10:51On a fait des pétitions.
10:52On s'est même inscrit
10:53sur French Connect
10:54en disant
10:55voilà France Connect,
10:56on va dire
10:56on va faire une pétition
10:57pour l'Assemblée nationale
10:58sur la loi Duplomb
10:59par exemple
10:59sur les pesticides.
11:00Plus de 2 millions.
11:01La loi pesticides,
11:01elle passe.
11:02On a occupé les ronds-points
11:03pacifiquement,
11:04on a occupé les ronds-points,
11:05rien n'y faisait.
11:05On a manifesté
11:06sur les retraites.
11:07On était 3, 4 millions
11:08quand on l'additionne
11:09sans se raconter l'histoire.
11:10On était majoritaire
11:11dans l'opinion.
11:12On était majoritaire
11:12dans la société.
11:13Le gouvernement était minoritaire
11:14à ce moment-là
11:14sur les bancs de l'Assemblée.
11:15C'est passé quand même.
11:16On nous dit
11:17il reste le vote.
11:18On vote aux dernières législatives.
11:20Le NFP arrive devant,
11:21on a un gouvernement de droite.
11:22Alors excusez-moi,
11:23c'est bien beau
11:24de me poser en permanence
11:25la question à nous
11:26et notre camp,
11:27mais la question
11:27il faut la poser
11:28à ceux d'en haut
11:29et ça ne concerne pas
11:29que ce pouvoir politique-là.
11:31Donc oui,
11:31la grève générale
11:32c'est aussi quelque chose
11:34qui est prévu constitutionnellement.
11:35On a le droit de faire grève
11:36comme on a le droit encore
11:37de manifester
11:37et c'est une manière
11:38de rappeler le poids
11:40potentiellement majoritaire
11:41qu'on représente
11:42dans cette société
11:42parce que moi,
11:43en tant que révolutionnaire,
11:44je suis attaché
11:45à la question de la démocratie.
11:46Pour moi,
11:46la démocratie,
11:47c'est la majorité.
11:48Attendez,
11:48on va faire...
11:48S'il vous plaît,
11:49j'aimerais bien
11:49qu'on fasse réagir
11:50M. Jean-René Cazeneuve
11:52qui vient d'arriver
11:53sur ce plateau.
11:54C'est le seul moyen
11:56pour se faire entendre
11:56la grève générale ?
11:57On voit bien M. Ancenot
11:59qui rêve du grand soir.
12:00Évidemment,
12:01ça fait quelques dizaines d'années
12:02que vous rêvez du grand soir
12:04et on sent bien
12:04que vous frétillez là
12:05parce qu'il y a du monde
12:06dans la rue
12:07et vous dites que
12:08peut-être que le chaos
12:09va venir,
12:10vous ne gagnez pas
12:10les élections
12:11et vous dites que
12:12peut-être
12:13arriver au pouvoir
12:13par la rue
12:14et la possibilité
12:16et la possibilité
12:18qu'ils vont
12:18et je vous ai écouté.
12:20Donc moi,
12:20je ne crois pas.
12:21Je pense qu'il faut maintenant
12:22passer à une phase
12:23de négociation.
12:24La manifestation
12:25est un droit,
12:26vous l'avez dit
12:26et si les Français
12:28veulent manifester,
12:29ils ont le droit
12:29de manifester
12:29mais il y a un côté
12:30un peu vain
12:31si vous voulez
12:32aujourd'hui
12:32demander des choses
12:33à un gouvernement
12:34qui ne sera pas là
12:35dans six mois
12:35et d'ailleurs,
12:36pour être très honnête,
12:37il y a un côté
12:37un peu vain
12:38pour un gouvernement
12:39de promettre des choses
12:40alors qu'il sait pertinemment
12:41qu'il ne sera pas là
12:41dans six mois.
12:42Donc que ce soit
12:43les promesses
12:44sur parcours sup,
12:45sur des places
12:46en faculté superprétaire,
12:47tout ça est un peu bizarre.
12:49Et donc qu'est-ce qu'on fait ?
12:49Oui, il y a une élection.
12:50Non, non, mais il faut répondre
12:51à un certain nombre
12:52d'urgence.
12:53Je crois que le gouvernement
12:54l'a fait
12:55vis-à-vis des lycéens
12:57avec des mesures
12:57très concrètes.
12:584 milliards
12:59pour la rénovation
13:00des bâtiments.
13:01Je rappelle que c'était
13:01quand même
13:02le problème initial
13:03qui avait été soulevé
13:04par les élèves
13:04sur le fait
13:05qu'il y avait
13:05les locaux
13:06n'étaient pas acceptables.
13:07Il y a des postes
13:08de remplaçants
13:09parce que ça,
13:10c'est important
13:10d'assurer les cours.
13:11Donc, il y a eu des demandes
13:12qui ont été concrètes
13:13court terme.
13:14Maintenant,
13:15Parcoursup,
13:15évidemment,
13:16on ne va pas,
13:16bing,
13:17d'un coup de maillette magique
13:18le changer du jour au lendemain.
13:19Donc, nécessairement,
13:20c'est un travail
13:20de concertation
13:22avec les profs,
13:22les parents d'élèves,
13:23les étudiants, etc.
13:24Et ça va prendre
13:25un an ou dix jours.
13:25Mais vous voyez bien
13:25que ça ne suffit pas.
13:27Oui, parce qu'il y a toujours
13:28une surenchère.
13:29On va bien.
13:29Il y en a qui sont là
13:31en train de jouer
13:33au pyramid.
13:34C'est peut-être un peu excessif.
13:35Enfin, qui sont ravis
13:36qu'il y ait le plus de monde
13:36possible ?
13:37Vous demandez
13:37à ce que les gens
13:38soient dans la rue.
13:39Alors, évidemment,
13:39c'est facile,
13:40c'est festif.
13:42Et vous poussez,
13:43aujourd'hui,
13:43ces jeunes...
13:44Oui, mais...
13:45Il y a un sujet
13:45de carburant,
13:46d'inflation,
13:46qui touche absolument
13:47quasi toutes les strates
13:49de la population,
13:49qui n'est quand même pas
13:50de l'ordre du festif.
13:52Je pense que le mot
13:53est un peu...
13:53Non, mais je veux dire,
13:54c'est qu'on voit bien
13:55que certains poussent
13:57aujourd'hui
13:57et essaient de profiter
13:58de ce mouvement spontané
13:59des lycéens
14:00pour en tirer
14:01des bénéfices politiques.
14:02C'est ça que je veux dire.
14:03Est-ce qu'il y a des problèmes
14:04aujourd'hui ?
14:04Est-ce qu'il y a des problèmes ?
14:05Absolument.
14:06Il y a des problèmes
14:06de pouvoir d'achat aujourd'hui.
14:09Indéniablement.
14:09Il y a des problèmes
14:10de pouvoir d'achat.
14:11Comment on peut y répondre ?
14:13Le gouvernement fait
14:13un certain nombre de réponses.
14:14À mon avis,
14:14pas suffisantes,
14:15si vous voulez,
14:16le fond de la pensée
14:17sur le carburant.
14:19Alors, sur le carburant.
14:20Il y a un sujet là-dessus,
14:21Olivier Babot.
14:22Et c'est là,
14:22on a besoin aussi
14:23de votre expertise.
14:24Ça ne bouge pas.
14:25Ça ne bouge pas,
14:26pour l'instant,
14:26les prix à la pompe.
14:27Il y a des mesures
14:28qui ont été prises
14:28par le gouvernement.
14:29Je précise que...
14:30Si, ça va bouger là.
14:31Oui, mais ça va bouger
14:33de combien ?
14:34Normalement,
14:34si.
14:35La promesse,
14:36c'est 40 centimes.
14:37C'est pas ce que j'ai lu.
14:38J'ai lu que ce serait moi,
14:39Olivier Babot.
14:39On a toujours un problème,
14:40c'est qu'il existe
14:41le reste du monde
14:42et qu'on est dépendant
14:43de pas mal de choses
14:43qui se passent
14:44dans ce reste du monde.
14:45Malheureusement,
14:45le conflit ne s'arrange pas.
14:47Comme on l'avait pu prévoir,
14:49ça va être long.
14:50Ça va peut-être être
14:50même très long.
14:51Et donc,
14:56il y a 50% en France
14:58à la pompe de taxes.
15:00En réalité,
15:01l'État n'a absolument pas
15:02les moyens
15:03de se priver
15:04de ces environ 40-50 milliards
15:07de recettes fiscales.
15:08Évidemment,
15:09s'il pouvait le faire
15:09comme l'ont fait
15:10d'autres pays,
15:11comme l'Espagne par exemple,
15:13si on avait ces marges
15:13de manœuvre,
15:14on aurait pu faire quelque chose
15:15qui ait un effet réel
15:17sur les gens.
15:19En réalité,
15:19on ne peut pas.
15:20La seule chose
15:21que l'État peut un peu
15:22se permettre,
15:23ce sont des mesures
15:23très ciblées.
15:24Le problème des mesures ciblées,
15:25c'est que
15:26il y a le taux de non-recours.
15:28Comment on arrive ?
15:28C'est toujours un peu compliqué.
15:29Il y a un peu de bureaucratie.
15:31Et puis,
15:32tu ne cibles que certaines personnes.
15:34Tu as donc
15:34certaines professions
15:35et pas d'autres.
15:36Donc,
15:37il n'y a pas
15:37beaucoup d'éclaircissement,
15:38enfin d'éclairci,
15:39pardon,
15:40à attendre de ce que...
15:41Parce qu'il y a deux sujets.
15:42Il y a ces stocks
15:43qui ont été débloqués
15:44pour qu'il y ait un impact
15:45sur le diesel.
15:46Sur le diesel.
15:46Sur le diesel.
15:47Et vous,
15:47les 40 centimes
15:48dont vous parlez,
15:48c'est autre chose.
15:49C'est l'aide de 100 euros
15:50qui sera élargie
15:52à partir de ce soir
15:54en plus du diesel.
15:54C'est pour ça que sur un litre
15:55de diesel,
15:56avec la ristourne,
15:59effectivement,
16:00des réserves
16:01et,
16:02normalement,
16:03et le chèque,
16:04ça fait 40 centimes.
16:05Est-ce qu'il n'y a pas
16:05un point qui peut
16:06vous mettre d'accord
16:07tous les deux,
16:08M. Bezancenot ?
16:09C'est que finalement,
16:11le gouvernement
16:12aura beau faire des annonces,
16:14ça ne sera jamais suffisant
16:15pour vous.
16:15Parce que de toute façon,
16:16il n'a pas les moyens
16:17de répondre
16:18à ce que vous demandez.
16:19Mais non.
16:20Alors comment vous imaginez la suite ?
16:21Moi, après,
16:22les préjugés des uns et des autres,
16:24je les laisse de côté.
16:25Non, mais parce que
16:25j'entendais l'intervention.
16:26Moi, je ne frétille pas
16:27l'idée du grand soir.
16:28On ne parle pas de ça.
16:28Ce n'est pas ça un grand soir.
16:29Ce n'est pas ça une révolution.
16:30Mais moi, je le sais.
16:31Moi, je me bats.
16:32Après, on respecte
16:33les idées politiques
16:33des uns et des autres
16:34pour qu'on puisse vivre.
16:36Chacun dans son rôle, évidemment.
16:38Que la majorité puisse vivre.
16:39Vous savez,
16:39j'ai rencontré à l'époque
16:41des syndicalistes de Bolivie
16:42qui avaient cette formule
16:42en disant
16:43on ne veut pas vivre mieux.
16:45On ne veut pas vivre mieux
16:46que les autres.
16:47Simplement,
16:47on en a marre de survivre.
16:49On veut simplement vivre.
16:50Tout à chacun,
16:51aujourd'hui,
16:51réclame de pouvoir vivre
16:52dignement pour soi,
16:53pour les siens.
16:54C'est-à-dire avoir un toit,
16:56pouvoir se chauffer,
16:57pouvoir s'éclairer,
16:58pouvoir s'éduquer,
16:59pouvoir se soigner,
17:00pouvoir avoir un peu
17:00de temps libre
17:01pour profiter des siens,
17:02s'occuper, y compris des nôtres,
17:03éventuellement pouvoir voyager,
17:05lire.
17:06C'est le bien.
17:06Alors aujourd'hui,
17:07pardon de le dire,
17:08on reste la septième
17:09puissance économique du monde.
17:10Il y a plus de 197 pays
17:11dans le monde.
17:14C'est une question
17:15qui partage des richesses.
17:15Je réclame le droit
17:16d'être considéré à ce titre-là,
17:18c'est-à-dire d'avoir
17:19l'option politique
17:20de prétendre qu'y compris
17:22sur les prix du carburant,
17:23on préfère prendre
17:24dans les stocks stratégiques
17:25plutôt qu'éventuellement
17:26prendre sur les profits totales.
17:28On retombe toujours
17:28sur des questions
17:29qui sont des politiques de fond.
17:30On n'a pas les mêmes solutions
17:31pour les apporter.
17:32Ça, je pense qu'on l'a bien compris.
17:34Mais le problème,
17:34il plantait avec ou sans moi.
17:36Parce que quand on prend
17:37le soin,
17:37je vous parlais de la jeunesse,
17:39de sortir un peu de nos frontières,
17:40vous constatez qu'il y a quelque chose,
17:41c'est ça qui me donne aujourd'hui
17:43le sourire.
17:44C'est qu'on voit
17:45les toutes proportions gardées
17:47avec des singularités.
17:48En tous les cas,
17:49des similitudes
17:50dans des mobilisations
17:50en Albanie,
17:51en Serbie,
17:52en Italie,
17:53en Espagne,
17:54à Bruxelles.
17:55La victoire de Lula
17:55contre l'extrême droite
17:57que personne ne pronostiquait.
17:58Là, pour le coup,
17:59et c'est rare ça aussi,
18:01on ne peut pas la comprendre
18:02si on la déconnecte
18:02de mobilisation de la jeunesse
18:03sans précédent
18:04qu'ont eu lieu
18:05dans l'entre-deux-tours.
18:06Et ça, ça me donne
18:07des raisons d'espérer
18:07parce que ça veut dire
18:08que rien n'est indéluctable.
18:10À l'extrême droite française
18:11qui pense que c'est déjà joué,
18:13qu'ils auront déjà
18:14les clés de l'appareil d'État,
18:15je leur dis qu'ils vont un peu vite
18:16et que peut-être
18:17on leur apprendra
18:17un ressort des géants.
18:18Sur la meilleure répartition
18:19des richesses,
18:20M. Cazeneuve,
18:20c'est vrai que ça,
18:21c'est quand même un sujet
18:21qui revient beaucoup
18:22dans les revendications,
18:23que ce soit les lycéens,
18:25les syndicats,
18:26chacun en parle
18:27à leur manière.
18:28Est-ce qu'on s'est suffisamment
18:30attaqué à ce problème-là,
18:31à ce sujet-là ?
18:32On peut probablement faire mieux.
18:34Et là aussi,
18:35on va avoir une différence.
18:36On peut probablement faire mieux.
18:37Mais il faut aussi reconnaître
18:39qu'on est le pays au monde.
18:41Il y a plus de redistribution.
18:42Plus de redistribution.
18:44Et moi, je suis très fier
18:45d'être dans un pays
18:47où il y a ce niveau
18:48de redistribution.
18:49On est sur un niveau
18:50de prélèvement d'impôts,
18:51pour utiliser un mot
18:52plus approprié,
18:54record.
18:55On est le pays d'OCDE
18:56ou le premier ou le deuxième
18:57en termes de fiscalité
18:58et de cotisation.
19:00Et on est le pays
19:01qui redistribue le plus.
19:02Franchement, je trouve ça
19:04formidable.
19:04J'ai beaucoup payé
19:05d'impôts dans ma vie
19:05et je suis très heureux
19:06d'avoir payé beaucoup
19:07d'impôts dans ma vie
19:08pour cette redistribution.
19:09Le système,
19:10il est un peu au bout.
19:11Donc, s'imaginer
19:12qu'on va pouvoir
19:14trouver 10, 20, 30 milliards
19:17sur un millier de personnes,
19:192 000 personnes,
19:20c'est se tromper,
19:21c'est mentir aux Français.
19:23Ça n'existe pas,
19:23ça ne se passera pas.
19:24Et de toute façon,
19:25ça n'est pas l'ordre de grandeur
19:26du problème budgétaire
19:28qu'on a aujourd'hui
19:29puisque notre déficit,
19:30il est de l'ordre
19:30de 150 milliards.
19:32Donc, oui, il faut
19:33freiner l'augmentation
19:34de nos dépenses
19:35pour se donner
19:36des marges de manœuvre
19:37et être capable
19:37de répondre
19:38quand il y a une crise
19:40aux demandes
19:40de nos concitoyens.
19:42C'est ce qu'on avait fait
19:42en 2022.
19:43On avait fait baisser
19:45le prix significativement
19:46de l'essence
19:47quand on a eu
19:47la première crise énergétique.
19:49On en avait les moyens.
19:51Aujourd'hui,
19:51on n'a plus les moyens
19:52parce qu'on n'a pas été capable
19:53de régénérer ces moyens.
19:54Ce n'est pas suffisant.
19:55Il n'est pas tout seul
19:56dans la rue le samedi,
19:57Olivier Besancenot.
19:58Vous avez vu
19:58le nombre de personnes
19:59qui avaient encore
20:00dans la rue samedi dernier
20:01malgré les conditions
20:02de manifestation,
20:03malgré la crainte
20:04des débordements ?
20:05Je crois qu'il y a de quoi
20:05être assez...
20:07Enfin, de se poser
20:08plus de questions
20:08d'aller au-delà
20:09parce qu'Olivier Besancenot,
20:11si on vous écoute,
20:12vous ne voulez pas
20:13que ça s'arrête.
20:13Ça, c'est clair.
20:14Tant qu'il n'y a pas
20:15les réponses.
20:16Les réponses,
20:16on sait que ce n'est pas
20:17le gouvernement
20:18qui va les apporter
20:19parce qu'il n'a pas
20:20ni la volonté
20:21ni les moyens
20:22et en plus,
20:22c'est un gouvernement
20:23sortant,
20:24un pouvoir exécutif
20:25sortant.
20:26C'est pire.
20:26C'est pire.
20:32Qu'est-ce qui se passe ?
20:33Soit l'exécutif tombe
20:36et la rue gagne.
20:38Ça, c'est déjà vu en France.
20:40Je vous rappelle 1848.
20:42Je vous rappelle d'autres.
20:43Mais l'exécutif tombe comment ?
20:44Non, non, non.
20:45Mais la rue.
20:46Qu'est-ce que vous voulez dire
20:47quand il tombe ?
20:48Si on écoute Olivier Besancenot,
20:51le pouvoir,
20:52il veut qu'il soit dans la rue
20:54et que le pouvoir démissionne.
20:56Donc, c'est ça.
20:56Ou alors,
20:57on attend
20:58l'échéance électorale,
21:01et à ce moment-là,
21:03est-ce que les attentes,
21:04justement,
21:05c'est ça qui est intéressant,
21:06que les attentes de la rue
21:08seraient écoutées
21:09par le pouvoir à venir ?
21:11Ce n'est pas évident.
21:13Ce n'est pas évident.
21:14On aura peut-être
21:14le même problème.
21:15C'est pour ça que la question
21:15se pose ici et maintenant.
21:16Mais de toute façon,
21:16c'est parce que,
21:17je vois bien,
21:18vous posez la question.
21:19Non, non.
21:20Mais ce n'est pas moi qui décide.
21:21Quand même,
21:22je serai là sur le plateau
21:22en disant,
21:23il faut arrêter une grève.
21:25Qui m'écoutera ?
21:26Il y a quelque chose de profond,
21:28de très profond.
21:28Et c'est ici maintenant
21:29que ça se passe.
21:30Donc, ça ne concerne pas
21:31que le pouvoir politique actuel.
21:32C'est pour ça que je le disais
21:32tout à l'heure.
21:33Ça concerne toute la classe politique.
21:35C'est pour ça que la classe politique,
21:36elle est inquiète
21:36de ce qui se passe.
21:37Parce que l'aspiration,
21:39elle est ici et maintenant.
21:40Et ceux qui pensent
21:41qu'on va pouvoir,
21:41comme d'habitude,
21:42prendre de haut
21:43les aspirations populaires,
21:44qui ne sont peut-être pas encore
21:45majoritaires dans le pays,
21:46soit,
21:46mais qui s'expriment
21:47de cette manière-là,
21:48en disant,
21:49vous n'avez pas compris,
21:50on est au bord du gouffre,
21:51on est au bord de la banqueroute,
21:52on n'a pas les moyens de...
21:59En période de crise,
22:00il y a une minorité
22:01qui continue à chaque fois
22:02à bénéficier de la situation.
22:04C'est important ce que vous dites.
22:05Attendez, je termine.
22:05Sous forme de profit,
22:07sous forme de dividendes
22:08et d'enrichissement.
22:09Et quelle que soit
22:09la proposition alternative,
22:11pas simplement à ce pouvoir-là,
22:12mais ça concerne l'extrême droite,
22:14à tous ceux qui disent
22:15qu'il faut laisser continuer,
22:16finalement,
22:17cette minorité à s'enrichir,
22:18parce qu'à un moment,
22:19on enverra la couleur,
22:21et bien, à chaque fois,
22:21on a une réponse politique
22:23qui, de toute façon,
22:24est confrontée à un mur.
22:25Donc, de toute façon,
22:26je vous le dis,
22:26là, maintenant,
22:27on est à la croisée des chemins,
22:29on rentre dans une nouvelle période,
22:31avec ou sans période électorale.
22:33De toute façon,
22:34il se trouve que l'élection
22:35s'inscrit dans ce cadre-là.
22:37Donc, il y a un philosophe,
22:39ami et camarade,
22:40qui s'appelait Daniel Ben Saïd,
22:41qui a compté dans mon parcours militant,
22:42qui parlait,
22:43j'aimais bien cette formule,
22:45de discordance des temps.
22:46C'est-à-dire que,
22:47dès que vous avez
22:47un mouvement d'émancipation,
22:48le temps social
22:49est rarement raccord
22:50au temps politique.
22:51Parler des révolutions,
22:52en 1848,
22:53il y a une révolution,
22:54la constituante,
22:55qui voit le jour
22:55quelques mois après,
22:56elle est conservatrice,
22:58alors que les aspirations à Paris
22:59sont plutôt progressistes.
23:00Et là,
23:01c'est pour ça que je ne veux pas
23:02le théoriser,
23:03mais par exemple,
23:03sur le Brésil,
23:04c'est la première fois
23:05qu'on a un raccord,
23:06comme ça,
23:07entre ce qui se passe dans la rue,
23:08en effet,
23:09et ce qui se passe
23:09sur le terrain électoral.
23:10Et moi, je regarde les deux.
23:11Je n'ai pas simplement
23:12les yeux braqués sur le pavé,
23:13mais aussi sur ce qui se passe
23:14au niveau de débouchés.
23:15Sur la capacité du gouvernement
23:16à pouvoir répondre,
23:17j'aimerais quand même
23:17qu'on entende un économiste.
23:20Olivier Besançon-Snow dit
23:20oui, ça fait des années
23:21qu'on entend
23:22que les caisses sont vides.
23:23Est-ce que c'est un argument
23:24politique trop facile
23:25ou est-ce qu'effectivement,
23:26aujourd'hui,
23:27ce serait totalement déraisonnable
23:30de la part de ce gouvernement
23:31de répondre financièrement
23:33aux demandes
23:34qui sont formulées dans la rue ?
23:35Et quelles conséquences ça aurait ?
23:37C'est toujours difficile
23:39de rappeler des faits
23:40dont on a l'impression
23:41qu'on les a rappelés mille fois
23:42et que pourtant,
23:43ils n'arrivent pas à percoler
23:44et arriver au niveau
23:45du débat public.
23:46Mais pas du tout.
23:46Ils n'y arrivent pas.
23:47Déjà entrer dans une crise financière.
23:50Déjà dans une crise budgétaire
23:52avec des taux d'emprunt
23:54qui sont extrêmement élevés,
23:55avec une charge de la dette
23:57qui va devenir
23:57le premier budget de l'État
23:59assez rapidement.
23:59Donc un principe de réalité,
24:01comme disait Lacan,
24:02c'est quand on se cogne,
24:03un principe de réalité
24:03qui arrive extrêmement vite.
24:05Les marges de manœuvre
24:06sont totalement nulles,
24:08sont absolument nulles
24:08et le montant d'argent
24:11à trouver est effectivement considérable.
24:12Il faut avoir une idée
24:13des ordres de grandeur.
24:14150 milliards,
24:15c'est notre déficit.
24:16Probablement,
24:17c'est plutôt un effort
24:18de 200 milliards
24:18qu'il faut faire
24:19compte tenu de la trajectoire
24:20dans laquelle on est.
24:21On peut aller étriper
24:23beaucoup de riches,
24:23mais jamais on n'arrivera
24:25à être significatif.
24:27Et significatif chaque année.
24:28Mais sans étriper
24:30beaucoup de riches,
24:31Olivier Babaud.
24:32Concrètement,
24:32lorsque Olivier Besancenod
24:34dit,
24:34si, il y a de l'argent
24:35à trouver du côté
24:36des plus riches.
24:37Concrètement,
24:38qu'est-ce que ça pourrait être
24:38comme mesure ?
24:39C'est toujours la même rhétorique
24:42et beaucoup d'analystes sérieuses
24:43ont expliqué
24:44qu'on est déjà
24:45au plus haut
24:46de la plupart des impôts
24:47sur le patrimoine,
24:49sur les successions.
24:50Je vous rappelle
24:51les successions,
24:51on est jusqu'à 45%
24:52en ligne directe,
24:53on est 60%
24:54en ligne indirecte.
24:54Il y a des pays
24:55autour de nous,
24:56c'est à 0%.
24:57On est au plus haut
24:59quasiment partout,
24:59sauf la TVA
25:00où on est un peu plus bas
25:01que les autres.
25:02C'est peut-être là-dessus
25:02qu'il y a quelque chose
25:02à gratter.
25:03Mais on ne voit pas très bien
25:05comment on pourrait arriver
25:06à aller plus loin.
25:07La réalité qu'on veut
25:08se cacher à nous tous,
25:09c'est qu'en fait,
25:09on est en train
25:09de s'appauvrir tous,
25:11collectivement.
25:11Il suffit de regarder
25:12le PIB par habitant,
25:13c'est-à-dire la richesse
25:13créée par habitant.
25:15On faisait jeu égal
25:16avec les Etats-Unis
25:16dans les années 80.
25:18Aujourd'hui,
25:18on n'en est que 60%.
25:19On s'appauvrit collectivement
25:21et plus on s'appauvrit,
25:22plus on pense qu'on va
25:22pouvoir se refaire la cerise
25:23sur les derniers
25:24pour un peu d'argent.
25:25Il y a bien eu des choix
25:25dans ce budget.
25:26Ça n'est pas que
25:26un budget 100% passif.
25:28Par exemple,
25:29la contribution qui est demandée
25:30aux très grandes entreprises,
25:31elle a baissé de...
25:32Ça fait trois ans
25:33qu'il y a une contribution
25:33exceptionnelle.
25:34Elle est censée baisser de...
25:35Avant, il y avait l'ISF.
25:36C'est privé aussi.
25:37C'est un choix politique
25:38qu'on peut déplorer
25:39ou saluer,
25:40mais en tout cas,
25:40on s'en est privé.
25:41Il a été un peu raboté,
25:42mais il n'a pas été surpris.
25:42Ça baisse de 3 milliards
25:44au sein de la majorité,
25:45enfin,
25:45de ce qu'on appelle
25:46le bloc central.
25:46Vous en avez certains
25:47si vous sortez du groupe
25:48Ensemble pour la République,
25:49par exemple au Modem,
25:50qui disent
25:51que c'est une erreur
25:52de faire ça.
25:52On ne peut pas se priver
25:53de ces 3 milliards.
25:53Il y a eu des choix
25:54quand même dans ce budget.
25:55On peut saluer ou critiquer,
25:56mais il y a des choix.
25:59Les gens qui gagnent
26:01beaucoup d'argent,
26:01il faut le savoir,
26:02ils ont depuis 3 ans
26:03une taxe particulière
26:04qui paye,
26:05mais tout le monde fait
26:05comme si personne
26:06ne payait rien.
26:07Appauvrissement général,
26:08c'est ce que vous dites.
26:09Ceux qui sont dans la rue
26:10à vos côtés,
26:12vous nous avez dit
26:12tout à l'heure,
26:13ils parlent beaucoup
26:13de cette redistribution
26:14des richesses,
26:15mais quelles mesures
26:16ils attendent en premier ?
26:17La première mesure d'urgence
26:19qu'il faudrait prendre
26:19dès demain ?
26:20Je ne peux pas parler
26:21en leur nom à tous.
26:22Vous les entendez
26:23vous échanger avec eux ?
26:25Oui, c'est de relayer
26:25la proposition, par exemple,
26:26de taxer les profits.
26:27Pas simplement taxer
26:29les plus riches,
26:30mais de taxer les profits
26:30d'une entreprise comme Total.
26:32Quand on parle, par exemple,
26:33sur taxer,
26:33je sais que ça ne va pas
26:38dans le sens
26:38du discours dominant,
26:40mais ça serait bien
26:40d'entendre,
26:40parce que la réalité,
26:41je ne l'ignore pas.
26:42On n'a pas les mêmes réponses
26:43sur ce sujet-là.
26:44Les grandeurs,
26:45je ne les ignore pas non plus.
26:46Vous dites 150 milliards,
26:48on donne 211 milliards
26:50de leur chiffre est faux.
26:51Vous le direz à Fabien Guay
26:52et à la commission du Sénat
26:53qui a produit ce chiffre-là.
26:54Ça a été débunké mille fois.
26:56Ça a été débunké,
26:57on vit dans une société
26:58où tout nous est caché.
26:59Il y a une commission du Sénat
27:00pour ceux qui nous regardent,
27:01dirigée en particulier
27:02par Fabien Guay.
27:03Non, vous me demandez...
27:04Oui, allez-y, répondez,
27:05mais vous savez comment ça marche aussi.
27:08Dans ces cas-là,
27:09si ça marche comme ça
27:09et laissez la place à la pub,
27:11je ne me posez pas la question juste avant,
27:13il y a 211 milliards
27:14qu'on donne aux entreprises privées,
27:16c'est l'argent de nos impôts.
27:18Mais vers 500 milliards par ailleurs.
27:19Attendez, la pub arrive.
27:20Plutôt que de les donner aux entreprises,
27:22on les donne aux services publics.
27:23Vous me demandez
27:23une mesure concrète,
27:25c'est 211 milliards,
27:26on les prend
27:27là où ça devrait revenir,
27:28c'est-à-dire aux services publics,
27:30qu'on ait des profs,
27:31qu'on ait des infirmières,
27:32qu'on ait des postiers,
27:33qu'on ait des bureaux de poste
27:34et qu'on arrête de les fermer,
27:35par exemple.
27:35Parce que c'est aussi ça.
27:36La réalité,
27:37ce n'est pas que les chiffres économiques.
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