- il y a 13 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Patrick Sabatier, animateur TV et auteur de "Souviens-toi, c'était un mercredi", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:11C'est Patrick Sabatier qui est avec nous, l'animateur télé, l'homme qui doit comptabiliser.
00:17Ils ne sont pas beaucoup en France, peut-être avec Michel Drucker et Patrick Sébastien,
00:20les plus grosses audiences de la télévision française.
00:23Bonjour Patrick.
00:24Salut Alain, salut Olivier, bonjour à tous.
00:27C'est vraiment une légende de la télé que l'on reçoit.
00:29Alors ça tombe bien, elle est encore vivante.
00:30Donc elle raconte ses souvenirs, cette légende.
00:33C'est maintenant ou jamais.
00:34Et alors, en fait, tout a commencé un mercredi pour vous.
00:38Oui, le mercredi 5 septembre 1976,
00:42où Christophe Isard me permet de faire ma première émission de télévision
00:46qui s'appelle Les Visiteurs le Mercredi.
00:48Mais en réalité, c'était plutôt un mercredi de 1963,
00:52où on m'a offert, j'ai 12 ans, où on m'offre un vélo demi-course.
00:56Je m'aperçois que ce n'est pas ce que je veux faire dans la vie,
00:58que ce que je voudrais faire, et j'ai 13 ans, c'est animateur radio.
01:02La radio d'abord, la télévision est venue après.
01:05Et là, d'ailleurs, je l'écris dans le livre,
01:08je ne sais pas ce qu'on dira le professeur de philo,
01:09mais à 12 ans, j'ai eu la chance de savoir ce que je voulais faire de ma vie
01:14et l'inconscience de croire que c'était possible.
01:16Donc je me suis dit, à partir de maintenant,
01:18il faut que j'ai du temps dispo pour faire de la radio.
01:21Et j'ai fait de la radio pendant une dizaine d'années,
01:23dans la cave de mes parents, à côté de la soute à charbon.
01:26Mais très vite, on vous repère et on se dit, non, tu dois faire de la télé.
01:30Et vous commencez la télé à 25 ans.
01:32Oui, je la commence pas très tard, mais pas très tôt non plus.
01:36Et puis, quand je passe le casting, je suis assez décontracté
01:39parce que ce n'est pas ce que je veux faire.
01:40Et donc, je passe le casting.
01:42Et puis, il y avait 40 personnes, d'ailleurs,
01:44dont des animateurs connus à l'époque.
01:46Et puis Christophe Isard, qui était le patron de l'unité jeunesse,
01:50me dit, c'est toi.
01:52C'est toi qui vas présenter les visiteurs du mercredi.
01:57Et là, je lui ai posé une question qui, à mon avis, a dû lui faire peur.
02:00J'ai dit, mais c'est en direct ?
02:02Oui, c'est en direct.
02:03Et à partir de là, j'ai eu de la chance.
02:07J'ai trouvé la formule l'autre jour, en répondant à une interview,
02:10en disant, tout compte fait, une réussite, je ne parle pas de la mienne,
02:14mais en général, et je parle également à la chef d'entreprise,
02:17c'est TTC.
02:18C'est un petit peu de talent, parce qu'il en faut quand même,
02:20en tout cas, qu'on vous en trouve,
02:22beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de chance.
02:24Oui, la chance, mais beaucoup de travail, vous le dites.
02:26Vous êtes un bosseur.
02:27Vous êtes un gros bosseur, donc les choses n'arrivent pas par hasard.
02:30Et ça, je trouve que c'est intéressant.
02:31C'est une bonne leçon qui peut s'appliquer, d'ailleurs,
02:33à tout le monde dans tous les métiers.
02:35Vous êtes un bosseur.
02:36Et surtout, vous êtes quelqu'un qui a créé.
02:38Et ça, ça fait plaisir.
02:39Alors, nous, on travaille à la télé aussi, moins longtemps que vous.
02:42Mais parfois, moi, je me dis,
02:44mais où sont les créateurs d'aujourd'hui ?
02:46Qui pourrait inventer le jeu de la vérité,
02:48qui était génial comme concept ?
02:51Et on ne se souvient pas, les plus jeunes ne le savent pas,
02:53mais le jeu de la vérité, c'était sans filet, en direct.
02:55On demande à une star de se livrer, de dire toute la vérité.
02:58Et ce n'était pas n'importe quelle star.
02:59C'était les plus grandes stars de l'époque.
03:01Alain Delon, Coluche, Chantal Goya, Sophie Marceau.
03:05Bernard Tapie, Gainsbourg, Elton John.
03:08Oui, merci Alain Delon.
03:10Si Alain Delon ne fait pas la première, l'émission n'existe pas.
03:13Donc, quand je lui ai proposé l'émission en mai 1984,
03:16pour la première du 11 janvier 1985,
03:19j'ai dit, voilà, j'ai une idée, est-ce que vous viendriez à cette émission ?
03:22Il m'a demandé de le rappeler 24 heures après.
03:25Je l'ai rappelé 24 heures après.
03:26Il m'a toujours tutoyé, moi, je l'ai toujours, vous voyez, jusqu'au bout.
03:29Et il m'a dit, je pense que ça devait être le 17 mai 1984.
03:34Je m'en souviendrai.
03:34Il m'a dit, oui.
03:36Puis en mai, pas de nouvelles, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, pas de nouvelles.
03:41Je commençais, alors que j'avais vendu l'émission à Hervé Bourges, avec Delon.
03:46Je l'ai appelé pour son anniversaire, avec des grosses gouttes.
03:51Ben voilà, je vous appelle, monsieur Delon, pour vous souhaiter bon anniversaire.
03:55Je pense qu'il n'était pas dupe.
03:56Et à la fin de la conversation, j'ai dit, vous savez qu'on a rendez-vous au mois de
04:00janvier.
04:01Vous êtes toujours d'accord ?
04:02Et là, Alain Delon m'a fait du grand Alain Delon, car nous n'étions que tous les deux au
04:06téléphone.
04:06Il n'y avait pas de caméra, pas de micro.
04:08Il a fait, quand Alain Delon dit oui, Alain Delon vient.
04:12Et nous n'étions que tous les deux, et Alain Delon est venu.
04:14Il a fait combien l'émission ce soir-là ?
04:1618 millions de téléspectateurs.
04:1818 millions !
04:19Incroyable.
04:20Mais j'ai eu la chance, dans le TTC, il y a la chance d'être arrivé à une époque
04:25où la télévision était vraiment centrale.
04:26Elle avait remplacé presque la cheminée dans les veillées familiales.
04:31Et donc, il y avait entre 15 et 18 millions de téléspectateurs.
04:33Mais ces stars, c'était vos copains ?
04:35Non.
04:36Je n'ai jamais eu de copains stars.
04:38J'ai eu des amis.
04:39Alain Delon en a fait partie.
04:41J'ai eu de bonnes relations, beaucoup de relations.
04:43Mais je pense qu'un animateur doit rester à sa place.
04:47La star, ce n'est pas l'animateur, c'est l'autre.
04:49Si Alain Delon ne vient pas, le jeu de la vérité n'existe pas.
04:51Et lui, il peut continuer sa carrière.
04:53Donc, non, j'ai beaucoup de bonnes relations.
04:56Mais quand on appelle amis, ça veut dire s'appeler le soir, partir en vacances éventuellement ensemble,
05:03partager les hauts et les bas.
05:04Il y en a très peu.
05:06D'accord.
05:06Question, avant de continuer la discussion.
05:09Jean-Louis Bonami, Abel Bouilly, Sandrine Pagans, Sandrine.
05:11Monsieur Sabatier, déjà, ça fait tellement de bien d'entendre votre voix.
05:15Elle manque, votre voix.
05:17Véritablement, moi.
05:17Je m'en souviens.
05:18Pourtant, j'étais jeune quand même.
05:19Mais bon, voilà, après, j'ai grandi avec vous.
05:21Et de l'entendre aujourd'hui sur le plateau, ça fait du bien.
05:23Vraiment, je voulais vous dire merci.
05:25Merci, deuxièmement, aussi, pour ce petit clin d'œil à Jodassin.
05:27Est-ce que c'est un de vos chanteurs préférés par rapport au titre ?
05:29Oui, bien sûr.
05:31Souviens-toi, c'était un jeudi.
05:33Souviens-toi.
05:33Moi, j'ai dit Souviens-toi, c'était un jeudi.
05:35Ah ben voilà, on va l'avoir pour toute la journée.
05:36Oui, bien sûr.
05:37Bien sûr.
05:38Moi, je voulais avoir un peu votre regard aujourd'hui sur la télé.
05:42Parce que vous avez connu une télévision où on prenait des risques, où on inventait
05:45des émissions.
05:46Tout était en direct.
05:47Oui.
05:47Et alors, est-ce qu'aujourd'hui, par rapport à ça, est-ce que vous avez l'impression
05:50que, par rapport à la télévision d'aujourd'hui, est-ce qu'on veut surprendre un peu le téléspectateur
05:56ou alors c'est juste pour rassurer les annonceurs ? C'est quoi votre regard aujourd'hui
06:00sur la télévision ?
06:00Non, moi, je pense, chacun sa télévision.
06:02Mais je pense que la télévision française, globalement, est une très bonne télévision.
06:06On me dit souvent, il n'y a plus d'émission humaine.
06:09Je dis, Star Academy, c'est une émission très humaine.
06:11The Voice, c'est une émission très humaine.
06:13Quand je pense à Terre inconnue, c'est une émission très humaine.
06:16Un dimanche à la campagne, c'est une émission très humaine.
06:18Je pense qu'aujourd'hui, si on a envie de regarder la télévision, on a une possibilité
06:24tellement énorme d'avoir un programme qui vous correspond que je pense qu'on doit
06:28être fier en France, parce qu'on a un peu d'autres télévisions, aux Etats-Unis
06:32et en Angleterre notamment, en Hollande également.
06:34Et ce sont des grands créateurs.
06:36Je pense qu'on y trouve, ils sont contents.
06:38Mais la différence, c'est qu'à votre époque, c'était vous qui ameniez le concept.
06:44Aujourd'hui, c'est vrai Olivier, excuse-moi, je n'ai jamais acheté un concept.
06:48C'est-à-dire que j'ai rempli des poubelles de fausses bonnes idées.
06:52Je travaille à la maison, j'ai écrit, même encore maintenant, le livre a été écrit
06:56à l'ancienne.
06:57Pas d'IA, pas d'intelligence artificielle ?
06:59Non, j'aimerais bien d'ailleurs.
07:00Je m'en sers beaucoup dans la vie quotidienne de l'IA, parce que je trouve ça extraordinaire.
07:04On va le passer au logiciel.
07:04C'est extraordinaire.
07:05Mais pour l'instant, je suis encore avec mon crayon, etc.
07:08J'envoie ça à l'éditeur, il me corrige, je recommence, etc.
07:11Mais quand je trouve le jeu de la vérité, ou à vie de recherche, ou porte-bonheur,
07:14ou à tout cœur, en réalité, je ne les trouve pas.
07:17C'est ce que j'explique dans le livre.
07:18Je les ai en moi.
07:19Je les ai en moi avec la vie que j'ai eue, avec un frère que je retrouve alors que
07:23je ne le connaissais pas.
07:24Donc, je pense qu'à un moment donné, l'envie de rassembler, de fédérer, de se réunir,
07:29de se dire la vérité, on l'a en soi.
07:31Il y a tout un chapitre où je dis « rien n'est du hasard ».
07:34Un homme de télévision, s'il dure, c'est un homme d'abord.
07:38Et la télévision, le film.
07:41On n'est pas artificiel sur la longue durée.
07:43On peut être superficiel, comme ça, une fois, un show, deux shows, mais pas 50 ans.
07:49Moi, j'ai commencé la télévision, j'étais célibataire, puis je me suis marié,
07:53puis je suis devenu père, puis je suis devenu grand-père.
07:56Donc, on fait avec ce qu'on a dans la tête, dans ce qu'on ressent, on le fait aussi
08:01avec son époque.
08:01Mais vous êtes resté normal, parce que j'ai l'impression qu'en vous lisant, vous êtes l'animateur normal.
08:06On a eu un président normal, vous, vous êtes l'animateur normal.
08:08Alors que vous auriez pu péter un câble, vous avez été une star,
08:12vous faisiez partie des 3-4 animateurs incontournables qui remplissaient la télé,
08:17les téléspectateurs des millions et des millions,
08:19et vous dites, ben non, moi, je suis resté un père, un mari, un grand-père aujourd'hui,
08:24je me couche tôt, vous n'êtes pas un mondain.
08:28Vous n'avez jamais pété un plomb ?
08:30Pas à ma connaissance, en tout cas.
08:32Mais ça vient de l'éducation.
08:35C'est de l'éducation qui vous protégeait de ça ?
08:36Oui, moi, j'ai eu des parents très humbles.
08:40Ils faisaient quoi, vos parents ?
08:41Ils étaient marchands de 4 saisons.
08:43Donc, quand j'allais les voir le dimanche après-midi,
08:46ils avaient un petit pavillon de banlieue,
08:47et justement, quand je faisais RT tous les matins,
08:50la télé tous les vendredis,
08:51enfin, il fallait peut-être habiter l'étranger pour ne pas me connaître,
08:53j'allais quand même les voir tous les dimanches
08:56pour partager un moment,
08:57et mon père me raccompagnait à la porte du petit pavillon de banlieue,
09:01après le jardinet,
09:02il me mettait la main sur l'épaule,
09:03je faisais RT tous les matins à 8h30,
09:05il me disait, tu feras attention de ne pas arriver en retard.
09:08Tu seras à l'heure.
09:09Donc, moi, j'étais élevé dans le respect des choses.
09:11Ma mère, c'était, sire tes chaussures,
09:14quand tu as des invités, tu les laisses parler,
09:16tu les laisses parler,
09:18et à la fin, quand j'ai accompagné ma mère,
09:20tout au bout du chemin,
09:22dans la rue,
09:24je la prenais comme ça par la main,
09:26et puis il y a des gens qui m'interrompaient pour dire,
09:28je peux avoir un autographe ?
09:29Et moi, je les regardais en disant,
09:31enfin, je ne sais pas,
09:33et ma mère me lâchait le bras en disant,
09:35c'est grâce à eux que tu es là,
09:36tu fais l'autographe.
09:38Donc, moi, j'ai été là-dedans.
09:40Voilà.
09:40Donc, ne pas avoir pété des plombs,
09:43ne pas avoir eu la grosse tête,
09:44pour moi, ce n'est même pas une qualité.
09:46C'était logique,
09:47c'était la suite des choses.
09:48Jean-Loup et Abel ?
09:50Ou Abel et Jean-Loup,
09:50comme vous voulez.
09:51Abel ?
09:52Moi, j'avais une question à vous poser,
09:54mais en fait,
09:54vous y avez répondu.
09:55Ce que j'ai trouvé très intéressant dans le livre,
09:58c'est que déjà,
09:58il y a des extraits des émissions,
10:00en fait,
10:01il y a des verbatimes des émissions,
10:03et c'est une plongée quand même
10:05dans l'histoire sociale et culturelle du pays.
10:09On voit bien à la fois ce qu'a été votre jeunesse
10:13dans les années 50-60,
10:15on voit ce qu'a été la télévision des années 80.
10:17Donc ça, c'est très intéressant,
10:18parce qu'en fait,
10:19vous êtes une génération de transition
10:21entre la France d'hier,
10:22la France ancienne,
10:24celle de vos parents marchant des quatre saisons,
10:25et celle d'aujourd'hui.
10:27Vous êtes vraiment sur cette génération des boomers,
10:29qui est une génération de transition,
10:31qui peut-être a eu le meilleur des deux,
10:33en fait,
10:34le meilleur des deux mondes.
10:35En fait, la question que je voulais vous poser,
10:37mais vous y avez répondu,
10:38c'est que vous êtes aussi la première génération,
10:40comme Johnny Hallyday,
10:41par exemple,
10:41de l'américanisation,
10:42très marquée par les États-Unis,
10:45New York,
10:46la télé américaine,
10:47mais en même temps,
10:48vous dites que vous n'avez pas repris
10:50des concepts étrangers,
10:52vous avez inventé vos propres concepts,
10:54et je voulais savoir justement,
10:55à la fois ce qui vous avait influencé
10:56de la télé américaine,
10:58et en même temps,
10:59parce qu'il y a quand même
10:59beaucoup de points de ressemblance,
11:00et en même temps,
11:01en quoi vous étiez différencié.
11:03Est-ce que vous avez quand même
11:04donné un tour très français ?
11:05– Alors, je vais vous décevoir,
11:06à part la musique de mes génériques,
11:08parce que j'avais…
11:08– Bah oui, la musique est très américaine,
11:09on a entendu tout de l'heure.
11:10– La musique est américaine,
11:11parce que justement,
11:12j'avais été voir des comédies musicales,
11:14les concepts sont typiquement français,
11:17typiquement français,
11:18et je ne me suis pas du tout inspiré
11:20de la télé américaine,
11:21qui a beaucoup plus de talk show
11:24que nous,
11:25et peu d'émissions de variété.
11:26Les émissions de variété américaines
11:27étaient généralement animées
11:29par des grandes stars,
11:31c'est-à-dire d'un travail d'autres,
11:32d'une Martine à l'époque,
11:33enfin, il y a très longtemps,
11:34et pas du tout par des animateurs,
11:36et les animateurs faisaient des talk show.
11:37Donc, je ne me suis pas inspiré
11:39de la télévision américaine.
11:40– Mais parce que vous voyez,
11:40vous disiez tout à l'heure,
11:41par exemple, The Voice,
11:42The Voice, en fait,
11:43n'est pas du tout une émission française.
11:45C'est la pure…
11:46– Non, mais c'est…
11:46– C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
11:48on fait des adaptations.
11:50– C'est-à-dire qu'on achète
11:51des concepts étrangers.
11:52– C'est pas américain du tout, hein ?
11:55Pas du tout.
11:56C'est hollandais pour…
11:57– Oui, j'avais dit que c'était américain.
12:00– Et moi, j'aurais…
12:00– Alors, je vais vous dire,
12:01puisque vous parlez de The Voice,
12:02j'aurais adoré avoir cette idée.
12:04– Mais c'est qu'aujourd'hui,
12:05les télévisions prennent
12:06beaucoup moins de risques,
12:07elles achètent des concepts étrangers,
12:09souvent américains,
12:10mais aussi anglais ou hollandais,
12:11et qu'elles adaptent, en fait.
12:13Il y a beaucoup moins d'inventivité.
12:14– Non, parce qu'en terrain connu
12:15de mon copain Frédéric Lopez,
12:17c'est quelque chose
12:18que lui a inventé.
12:19– C'est vrai.
12:19– Échappé Belle,
12:20c'est nous qui l'avons inventé.
12:21Enfin, ce sont des producteurs français.
12:24Non, non, je crois qu'il ne faut pas…
12:25– Mask Singer, c'est coréen.
12:26– Voilà.
12:27– Oui, voilà, Mask Singer, c'est coréen.
12:28– Il ne faut pas stigmatiser…
12:29– Dans avec les stars,
12:30c'est aussi une adaptation.
12:31– Abel Bonny.
12:32– Moi aussi, je suis très content
12:33de vous avoir,
12:34parce que, pareil,
12:34vous avez bercé mon enfance,
12:36et quand vous avez disparu des médias,
12:38je me souviens comment ça a été
12:39un choc dans notre famille,
12:41je me souviens du visage de mes parents,
12:42et j'ai envie d'être un peu taquin,
12:44parce que vous qui avez été
12:45le présentateur du jeu de la vérité,
12:47vous assumez d'avoir écrit
12:48un livre de bons souvenirs.
12:50Et quelque part,
12:51je peux revoir un petit peu,
12:52ça me fait penser à la citation
12:53de Marcel Pagnol,
12:54« Tout le monde savait que c'était impossible,
12:56vous, vous ne le saviez pas,
12:57donc vous l'avez fait. »
12:58C'est un petit peu ce que vous dites
12:59à vous-même, l'enfant de 12 ans.
13:01Mais vous occultez certains épisodes,
13:04je ne vais pas dire occultés,
13:05mais vous ne parlez pas beaucoup
13:06des épisodes négatifs.
13:07Alors, est-ce qu'une autobiographie
13:10sans le négatif
13:12relève de la vérité ?
13:13– C'est ma vérité,
13:15comme le jeu de la vérité.
13:16Vous savez, quand les invités
13:19disaient des choses que,
13:20moi, certaines me faisaient douter,
13:23parce que je les connaissais,
13:24je pensais que j'étais ni flic,
13:26ni juge,
13:27et qu'ils disaient leur vérité,
13:28et que ça, c'était déjà
13:29extrêmement important.
13:30Moi, dans la vie, là,
13:31à l'âge que j'ai,
13:33quand je regarde mon passé,
13:34que ce soit un passé personnel,
13:36parce qu'évidemment,
13:37à l'âge que j'ai,
13:37j'ai perdu mes parents,
13:39j'ai perdu quelques amis,
13:41je me souviens d'eux
13:42dans les bons moments.
13:43Pas dans les moments
13:45où ça ne va pas,
13:45pas dans les maladies,
13:47pas dans les accompagnements
13:48qui sont d'une grande tristesse.
13:49Je me souviens d'eux,
13:50quand on jouait aux cartes,
13:52quand on a fait des voyages,
13:53quand on était curieux
13:54de quelque chose,
13:55des éclat de rire.
13:56Quand je me souviens
13:57de ma carrière,
13:58ce sont ces bons comptés.
13:59Quand on rencontre
14:00Ventura,
14:01Montand,
14:01Serrault,
14:02Adjani,
14:02Isabelle Huppert,
14:03Delon,
14:04Belmondo,
14:04tant d'autres,
14:05Céline Dion,
14:06franchement,
14:07quelle chance,
14:08j'ai envie de parler d'eux.
14:09C'est ça le secret
14:10pour bien vieillir,
14:11c'est de se souvenir
14:11que des bons moments,
14:12de rester positif.
14:14Je pense,
14:15oui,
14:15absolument,
14:16vous avez raison.
14:17Moi,
14:18je pense que pour construire
14:19l'avenir que j'ai encore à vivre,
14:21je ne sais pas combien de temps
14:22et personne ne le sait,
14:23et puis je ne veux pas le savoir,
14:25j'ai envie
14:26de me donner la force
14:27des bonnes choses
14:28plutôt qu'être un rancunier,
14:30un rancunier
14:31ou quelqu'un
14:31qui est avec beaucoup d'écreurs.
14:32Et vous avez des projets
14:33parce que maintenant,
14:34vous devenez comédien.
14:35Enfin, Olivier.
14:36Ah si,
14:37vous avez tourné.
14:38Oui,
14:38j'ai tourné,
14:39ça passe le 17 octobre,
14:41la semaine prochaine,
14:42ça s'appelle Meurtre à Epinal,
14:44mais quand on me l'a proposé,
14:45franchement, Olivier,
14:46on s'est dit non.
14:47J'ai dit,
14:47mais je ne suis pas capable.
14:49Vous avez pensé à Delon,
14:50en y pensant,
14:51en tournant d'ailleurs.
14:52Oui,
14:52vous l'avez quand même fait.
14:53Attendez,
14:54attendez,
14:55je l'ai quand même fait
14:56parce qu'à un moment donné,
14:58je crois que ce qui est
14:59le plus important dans la vie,
15:00et ce n'est pas la chef d'entreprise
15:02qui va me contredire,
15:02c'est quand quelqu'un...
15:03Ça fait deux fois que vous disiez,
15:04mais je suis avocat.
15:05C'est une entreprise.
15:06C'est une entreprise.
15:08C'est d'avoir des projets.
15:09Pardonnez-moi, Maître.
15:10C'est que quelqu'un
15:12vous regarde
15:12et vous dise,
15:13et c'est extrêmement important,
15:15je crois en toi.
15:17Vas-y.
15:19C'est le rôle des parents.
15:20C'est le rôle d'un prof
15:21à l'école.
15:22C'est le rôle d'un patron.
15:24C'est le rôle d'un leader
15:25qui tout d'un coup
15:26va avoir face à lui,
15:28quelqu'un va lui dire
15:29vas-y,
15:30vas-y,
15:31tente-le.
15:32Ça vous donne
15:33une énorme force.
15:34Alors,
15:35on a pour terminer
15:36le petit générique
15:36du jeu de la vérité
15:37parce qu'on a
15:38trois questions vérités
15:39avec Olivier.
15:40La première,
15:41c'est quelle émission
15:41vous détestez
15:42aujourd'hui à la télé ?
15:44Je suis très décevant
15:45parce que...
15:46Ah, il faut le dire.
15:46Quelle émission vous détestez ?
15:47Je ne déteste...
15:49Qu'est-ce que vous faites ?
15:51La télévalité, non ?
15:52Non, non.
15:53Moi, je zappe partout,
15:54je regarde tout.
15:55Oui, alors, oui,
15:56vous avez raison.
15:57Je ne suis pas du tout
15:58candidat des Marseillais
15:59ou des choses comme ça,
15:59voilà.
16:00Mais je ne déteste même pas
16:01parce que j'arrive
16:01à expliquer pourquoi
16:02on l'a fait.
16:03Donc, détester,
16:04ça veut dire
16:04qu'on se réserve
16:05du temps pour ça, non.
16:06Deuxième question.
16:07Êtes-vous toujours de droite ?
16:09Mais je n'ai jamais été
16:10de droite
16:10ni de gauche.
16:13Non, je suis...
16:14Alors, je...
16:15Attendez !
16:15J'ai fait des émissions
16:17devant 15 à 18 millions
16:18de téléspectateurs.
16:19Rendez-vous compte.
16:20Je savais qu'il y avait
16:21des gens de droite,
16:22d'extrême droite,
16:22de gauche,
16:23d'extrême gauche.
16:23Et à partir de ce moment-là,
16:25je me suis dit
16:26qu'il n'était pas dans mon rôle
16:27de prendre une position publique.
16:30Ça a toujours été un choix.
16:31La seule personne
16:32qui sait pour qui je vote,
16:33c'est Lise de Loire.
16:35Troisième question,
16:36faut-il privatiser
16:37le service public ?
16:38Je ne pense pas.
16:40Pourquoi ?
16:41Je pense que
16:42dans tout pays démocrate,
16:43il doit y avoir
16:44un service public
16:45et une grande concurrence
16:47avec des chaînes privées
16:48et que l'ensemble
16:49fait un paysage audiovisuel
16:51cohérent.
16:52Merci Patrick Sabatier
16:53de passer par les GG.
16:54Souviens-toi,
16:55c'était un mercredi.
16:56Les coulisses des émissions...
16:57Moi, j'ai connu
16:58avec les visiteurs du mercredi
16:59et Soisicorne.
17:00Il y avait les frères Bogdanov
17:01qui étaient là aussi.
17:02Oui, par exemple.
17:03Et ça,
17:04c'est des sacrés bons souvenirs
17:05de mercredi.
17:05Moi, je regrette
17:06la vie de recherche
17:07qui était géniale.
17:08Vous avez inventé
17:09les coins à l'avant.
17:10Ce qui est fou,
17:11c'est que,
17:12ce que vous dites Olivier,
17:12c'est que l'autre jour encore,
17:15j'ai rencontré
17:15Muriel Robin
17:16puis Josiane Balcon
17:17faisait quelque chose ensemble
17:18et ils me disent
17:18mais si cette émission
17:20existe aujourd'hui,
17:21on veut la faire.
17:23Même chose pour Vianney
17:24qui m'en parlait encore
17:25l'autre jour
17:25ou Benabar,
17:26on veut la faire.
17:27Je dis,
17:27écoutez,
17:28peut-être qu'un jour
17:29elle sera à la télévision
17:30animée par quelqu'un d'autre
17:31d'ailleurs
17:31et puis vous la ferez.
17:32Voilà,
17:33à chaque moment,
17:34sa période.
17:35Merci Patrick Sabatier
17:36et coulisses des émissions
17:37des années 80,
17:39édition du Rocher.
17:40record d'audience
17:40et les 18 millions
17:41avec Delon
17:41ou il y en a eu un autre ?
17:43On a fait,
17:43non,
17:43le record d'audience
17:44ne m'appartient pas,
17:45il appartient à Patrick Sébastien,
17:46le grand bluff
17:47qui avait fait 19 millions.
17:49Moi,
17:50les mauvais jeux de la vérité,
17:51les très mauvais,
17:52je faisais 16 millions.
17:54Et vous vous faisiez engueuler ?
17:56Oui,
17:57non,
17:57par bouche d'oeufs ?
17:58Non,
17:59je me disais,
17:59mais l'émission
18:01qui a encore été plus forte,
18:03c'est Porte Bonheur.
18:03Porte Bonheur,
18:04on était entre 17 millions
18:06et 18 millions 5.
18:07Voilà.
18:08Merci Patrick Sabatier.