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- il y a 6 heures
Jeudi 8 octobre 2026, retrouvez Laurence Noël (Vice-présidente exécutif et responsable mondial de l’activité Automobile, Capgemini) et Gaël QUEINNEC (Directeur Général, Association Movin'On) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à tous et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:16Et aujourd'hui nous nous intéressons à un secteur en pleine mutation, l'automobile.
00:20Alors que le salon Moving On vient d'ouvrir ses portes et que le mondial de l'auto se tient
00:25dans quelques jours,
00:26nous allons nous intéresser aux grandes mutations qui traversent la filière.
00:30D'abord nous découvrirons Popcar, le projet de Capgemini qui ambitionne de repenser la voiture électrique.
00:36Puis nous élargirons le débat sur l'ensemble de la filière, quelles compétences pour accompagner ces transformations,
00:42comment adapter nos usines et nos outils industriels.
00:46Un échange avec Laurence Noël, vice-présidente exécutive et responsable mondial de l'activité automobile chez Capgemini,
00:53et Gaëlle Keinec, directeur général de Moving On.
00:56C'est parti, c'est SmartEco.
01:02Le salon Moving On, le salon consacré à la mobilité durable, vient tout juste d'ouvrir ses portes.
01:08Et puis l'actualité automobile se poursuivra dès la semaine prochaine avec le mondial de l'auto à partir du
01:1312 octobre.
01:14Un secteur en pleine transformation, confronté à de nombreux défis,
01:18nouvelles technologies, évolution des compétences, décarbonation, nécessité de repenser les modèles industriels.
01:25Pour en parler, je suis ravie d'accueillir Laurence Noël.
01:28Bonjour.
01:28Bonjour.
01:29Vous êtes vice-présidente exécutive et responsable mondial de l'activité automobile chez Capgemini.
01:34Donc on reviendra bien sûr sur tous ces grands défis de la filière automobile.
01:39Mais en première partie, j'aimerais qu'on s'arrête tout d'abord sur un projet,
01:43le projet de Capgemini qu'il travaille depuis plusieurs années.
01:46Ce projet, c'est Popcar, donc l'ambition est de repenser en profondeur la voiture électrique.
01:52Est-ce que tout d'abord, vous pouvez nous expliquer en quoi consiste ce projet
01:56et surtout en quoi Popcar se distingue des voitures électriques qu'on connaît aujourd'hui ?
02:01Alors déjà, c'est Capgemini qui a piloté le projet Popcar, mais au sein de Moving On,
02:07qui réunit un certain nombre d'acteurs, à la fois de la filière, mais aussi des assureurs
02:13et en fait différentes personnes qui gravitent autour de la filière automobile.
02:18Le principe, c'est très simple, c'est que finalement, la voiture reste un élément essentiel de mobilité
02:24pour la plupart des ménages.
02:25Tout le monde n'habite pas en ville, tout le monde n'a pas une offre de mobilité pléthorique.
02:30Mais ce qu'on voit aussi, c'est que l'accessibilité à la voiture neuve recule.
02:35En France, depuis 2019, la voiture a pris 30% de prix.
02:40En même temps, le marché du neuf s'est contracté de 26%.
02:42Donc, ça veut dire qu'on a une accessibilité qui est moindre aujourd'hui.
02:47Et en même temps, on a besoin de transition, on va dire, vers le modèle électrique.
02:53Alors, à la fois pour des questions d'empreinte carbone,
02:56mais surtout, maintenant, on le voit avec le prix du pétrole qui est arrivé à plus de 100 dollars le
03:01baril.
03:01Par nécessité économique.
03:02Voilà, et aussi par nécessité économique, parce que finalement, le coût à l'usage est plus intéressant.
03:06C'est le plus grand dépendant de certains éléments.
03:07Mais le frein, aujourd'hui, c'est clairement le prix d'achat.
03:10Donc, ce qu'on est allé voir, c'est comment on pouvait trouver un espace
03:14pour trouver une voiture à moins de 15 000 euros
03:17qui soit quand même une voiture pour les familles, familiales,
03:22pour faire de l'urbain et du péril.
03:23C'est-à-dire quatre places au moins ?
03:24Quatre places, un niveau de sûreté qui ne soit pas celui d'un quadricycle à moteur
03:32et qui puisse couvrir des besoins urbains et pur urbains
03:36sur lesquels il y a une fréquence d'utilisation qui est importante,
03:38mais finalement, une intensité d'utilisation qui est moins importante.
03:42Je disais des objectifs aussi assez ambitieux.
03:44Une voiture de moins de 850 kg, une empreinte carbone de 6 tonnes de CO2 équivalent.
03:49Ça, par rapport à la voiture électrique aujourd'hui, c'est radicalement différent.
03:54On est à peu près divisé par deux, c'est ça ?
03:57Oui, c'est radicalement différent parce que, comme je le disais,
03:59aujourd'hui, on a un secteur qui n'est pas celui de la voiture,
04:01qui est celui du quadricycle qui est à peu près à 450 kg.
04:04Et puis après, quand vous regardez en Europe, les premières voitures électriques,
04:07ce qu'on appelle le segment B, va être autour d'une tonne 100, une tonne 2.
04:12Et pourquoi on a cherché un objet léger ?
04:15Parce que c'est le cercle vertueux.
04:18C'est ça.
04:19C'est le cercle vertueux.
04:20Plus c'est léger, plus la batterie est petite, plus l'empreinte carbone est meilleure, etc.
04:27Et donc, le prix est aussi plus bas.
04:29Et donc, dans toutes vos recherches, est-ce que c'est très compliqué aujourd'hui de produire cette voiture ?
04:33Vous spécifiez aussi qu'elle doit être produite en Europe.
04:36Est-ce que répondre à tout ce cahier des charges, aujourd'hui, c'est possible ?
04:41Ou est-ce qu'on y vient dans quelques années ?
04:43Déjà, ce qu'on a démontré au sein de Ouvignon, avec l'ensemble de nos experts et de nos confrères,
04:49c'est que c'était possible.
04:50C'est-à-dire qu'on a réalisé vraiment un avant-projet d'architecture,
04:54qu'on a calculé, on a démontré que c'était un projet viable
04:57et qu'on pouvait aller chercher moins de 15 000 euros.
04:59Dans l'état actuel de l'industrie automobile, c'est possible de produire cette voiture ?
05:06C'est possible.
05:08Qu'est-ce qui freine aujourd'hui ?
05:09Ce qui freine aujourd'hui, c'est ce qu'a tué le segment A hier.
05:13On l'a vu, on avait un segment des petites voitures en Europe qui a disparu.
05:18D'abord parce que ce n'est pas le segment le plus rentable de l'automobile,
05:21il faut quand même être honnête là-dessus.
05:22Mais en plus, l'ensemble des normes qui sont arrivées dans l'automobile
05:26ont ajouté une espèce de barrière à l'entrée
05:28qui a pesé d'autant plus sur ce segment-là
05:32et qui l'a rendu de moins en moins rentable.
05:35Et à la fin, finalement, les industriels ont abandonné le segment.
05:38Et donc l'offre a disparu.
05:41Et le marché a disparu avec l'offre.
05:43Ces normes, elles étaient appliquées pour quoi ?
05:45Du coup, c'était une problématique de sécurité ?
05:49Parce que si elles sont là en place, c'est pour répondre à un cadre important ?
05:55Voilà, beaucoup de sujets autour de la sécurité dans le véhicule, effectivement.
06:02Et c'est ce qui a fait monter le prix des voitures et rendu le sujet moins rentable.
06:08En fait, le projet Popcar, ce n'est pas seulement une voiture.
06:11C'est aussi définir un espace où cette voiture peut être industrialisée et peut exister.
06:20En répondant à ses normes ?
06:21En répondant à ses normes, mais avec un périmètre qui est clair,
06:28sur lequel il y a un certain nombre d'attentes, d'empreintes, de masse,
06:34de taille éventuellement, de contenu européen.
06:39Et aussi de support, on va dire, d'incentives,
06:43pour permettre à ce marché de ressusciter, en fait, et d'exister de nouveau.
06:47Quel serait le calendrier pour produire sa mesure ?
06:50C'est quand même l'objectif ?
06:51Alors ça, c'est la bonne discussion qu'on a.
06:53Ce n'est pas un concept car, c'est vraiment une voiture que vous souhaitez commercialiser ?
06:58En tout cas, que l'ensemble de ces acteurs...
07:00Alors, on souhaiterait commercialiser.
07:02On n'est pas fabricant de voitures chez Capgemini.
07:04Mouvinon n'est pas non plus un fabricant de voitures.
07:06Donc, on souhaiterait que l'industrie puisse s'approprier et commercialiser.
07:11Et donc, c'est pour ça qu'on a besoin de trouver un cadre qui fonctionne
07:14et qui va permettre aux industriels d'investir.
07:17Mais à horizon, vous avez un petit peu un calendrier ?
07:20Ou pour l'instant, on est quand même sur le plan ?
07:21Nous, on n'a pas de calendrier.
07:23Après, c'est, comme je le dis, c'est un cadre qui existe.
07:27Si on décide d'y aller dans deux ans, la voiture peut exister sur la route.
07:32Super, merci beaucoup Laurence Noël.
07:34Je rappelle que vous êtes donc vice-présidente exécutive
07:36et responsable mondial d'activité automobile chez Capgemini.
07:38Merci de nous avoir présenté Popcar.
07:40Et tout de suite, vous restez avec nous.
07:42On va élargir le débat dans Smart Eco
07:43sur tous les défis que rencontre en ce moment le secteur de l'automobile.
07:52Après avoir parlé de la voiture de demain,
07:54intéressons-nous maintenant aux transformations que doit engager toute la filière automobile.
07:58car derrière l'électrification du véhicule, c'est tout un écosystème qui doit se réinventer.
08:03Des compétences, des usines, des besoins en énergie,
08:05mais aussi un modèle économique d'une industrie européenne
08:08confrontée à une concurrence internationale de plus en plus forte.
08:12Alors, comment réussir cette transition sans perdre notre capacité de produire, innover, etc. ?
08:17C'est le débat que nous allons ouvrir avec mes deux invités.
08:22Gaëlle Keinec, vous êtes prédigée du salon Moving On qui ouvre ce soir.
08:26Et Laurence Noël, vous êtes présidente exécutive et responsable mondiale de l'activité automobile chez Capgemini.
08:32Merci beaucoup d'être avec nous.
08:34Gaëlle Keinec, je me tourne tout d'abord vers vous.
08:36Là, on a vu des hausses assez fortes de ventes de voitures électriques
08:41qui sont liées forcément à ces hausses de coûts de carburant.
08:47Et puis en plus, on voit aussi des annonces d'automobilistes comme Renault
08:51qui annoncent à investir plus de 10 milliards d'euros sur 5 ans sur ces véhicules électriques.
08:55On voit donc déjà que la demande envers le véhicule électrique, elle est là.
09:00On n'est plus sur une période de temps où on était un peu plus à faire de la pédagogie.
09:06Aujourd'hui, la demande, elle est présente ?
09:08Oui, absolument.
09:09Alors, juste un tout petit correctif, je suis directeur général de l'association Moving On
09:13qui, effectivement, fait un grand salon à partir de ce soir.
09:18Oui, la demande est là parce que l'offre aussi la crée et la soutient.
09:25Et c'est tout le travail qu'on fait dans notre coalition d'entreprises,
09:28notamment avec Capgemini, pour avoir des modèles plus accessibles
09:32et qui correspondent plus au mass market, si on peut jargonner un peu.
09:37Donc, la demande est là et, effectivement, il y a un certain nombre de tabous
09:41ou de blocages, notamment sur la recharge.
09:44En fait, ce qui inquiétait beaucoup les gens, c'était la recharge.
09:47Or, beaucoup d'usages, notamment ceux qu'on va adresser avec la Popcar,
09:52tiennent très largement l'autonomie d'une batterie standard, on va dire.
09:58Alors, traverser la France, ça demande une autre organisation,
10:01mais elle se met en place et on le voit bien.
10:03Donc, la plupart de ces verrous sont en train de se régler.
10:08Il en reste, ce n'est pas toujours évident de recharger dans les habitats collectifs.
10:13Voilà, il reste toujours bien.
10:14On est en pleine transition.
10:16Voilà, il y a encore des challenges, mais elle est quand même...
10:19Donc, il y a une meilleure équation entre demandes et besoins.
10:22Absolument.
10:23Et puis, l'actualité internationale, malheureusement, nous aide un petit peu
10:29en précipitant ce qui est par ailleurs inéluctable.
10:32la hausse du prix des fossiles.
10:35Vous présentez aujourd'hui avec Cantar une étude consacrée aux conséquences dans la mobilité.
10:41Donc, on va revenir sur tous les challenges, justement, dont on a parlé.
10:44Mais est-ce que pour vous, justement, ce transfert de compétences,
10:47c'est l'enjeu prioritaire, majeur en ce moment,
10:51pour que tout le tissu industriel du secteur automobile puisse soutenir cette hausse de la demande ?
10:58C'est un enjeu tout à fait majeur.
11:01Il n'y a pas que celui-là.
11:02Il y a aussi un peu d'investissement.
11:04Il y a un peu de techno.
11:06Mais il ne faudrait surtout pas l'oublier.
11:09Et c'est ce que nous faisons à Movino.
11:11On se dit, nous, en tant que think tank, finalement, coalition d'entreprises,
11:15on est vraiment les mieux placés pour penser à ce genre de choses.
11:18Parce que c'est tout sauf trivial, si vous voulez.
11:20Même quand Total change ses pompistes en bornistes,
11:24ce n'est pas qu'un mot.
11:25C'est un savoir-faire.
11:27C'est tout un accompagnement.
11:29Et puis aussi une acceptation du changement par tous ces gens.
11:31Donc, l'étude Cantar, elle nous aide à voir que, oui, il y a un appétit.
11:35Mais il y a aussi quand même des défis.
11:38Les gens se posent des questions.
11:39Notamment, on a le secteur de la maintenance.
11:41On a tout un secteur qui vit du moteur thermique,
11:44qui, bien sûr, est inquiet.
11:45Est inquiet de comment il va pouvoir transiter sur d'autres champs de valeur.
11:51Mais on sait qu'une voiture électrique, c'est un de ses avantages.
11:53Elle demande 20 à 30 % de maintenance en moins.
11:56Donc, c'est aussi 20 à 30 % de travail en moins pour certains.
12:00Donc, tout ça fait partie.
12:02Et puis, dans les usines, les usines des constructeurs,
12:06il y a des défis de compétences, voire de revitalisation des sites,
12:12réorientation des sites, comme on a pu le voir,
12:14notamment avec certains à Flin ou Stellantis, par ailleurs.
12:20Oui, parce que, dans cette étude, l'écosystème de la mobilité
12:23représente plus de 14,6 millions d'emplois en Europe.
12:27Laurence, justement, est-ce qu'une majorité,
12:31est-ce que ces métiers peuvent se reconvertir dans ces mobilités durables ?
12:38Est-ce que les métiers de l'automobile à combustion peuvent être reconvertis ?
12:42Oui, et puis, je veux dire, on n'a pas commencé hier ou demain, en fait.
12:46On a commencé il y a déjà quelques temps.
12:48Ça fait plus d'une dizaine d'années.
12:50Effectivement, il y a des nouveaux métiers,
12:53il y a beaucoup de reconversions,
12:54des nouveaux métiers qui ont émergé autour, évidemment,
12:58de tout ce qui est électrification,
13:01mais aussi des batteries.
13:02On est plutôt sur des compétences, on va dire, de chimistes.
13:05Tout ce qui va être lié aussi aux matériaux,
13:08puisque les matériaux et les batteries, c'est aussi une complexité.
13:10Donc, il y a les métiers du recyclage autour de ça,
13:13et de l'économie circulaire,
13:16tout ce qui est électronique de puissance.
13:19Donc, oui, ça a déjà commencé,
13:23et on a effectivement, dans l'industrie,
13:27engagé cette transition très forte.
13:29Depuis plusieurs années déjà.
13:31Aujourd'hui, où est-ce qu'on en est,
13:32à peu près de la production industrielle
13:35de la voiture électrique, en France et en Europe ?
13:38Comment, justement, ça s'est engagé, ça s'est mis en marche ?
13:42Ça s'est engagé avec des sujets de transformation.
13:47On va dire que les premiers véhicules électriques
13:49en volume assez importants sont sortis à peu près en 2020.
13:53Donc, on est en 2026, ça commence à faire quelques années.
13:58Un certain nombre d'activités nouvelles qui sont apparues,
14:01genre l'assemblage des batteries dans les usines terminales véhicules.
14:06et j'ai envie de dire, c'est la transformation des métiers
14:11en les exerçant, quoi.
14:13Ce n'est pas un apprentissage et on change de métier,
14:17c'est une transformation des métiers en les exerçant.
14:20C'est ça qui se passe.
14:21Et surtout, est-ce que là,
14:23parce qu'on n'a pas forcément terminé la recherche technologique,
14:26donc en fait, tous ces métiers-là,
14:28c'est peut-être des métiers qui ne sont pas encore inventés,
14:31s'il y a des choses encore à faire dans 10 ans.
14:33La transition, encore, n'est pas terminée au niveau de la technologie
14:36et du coût des compétences.
14:37Oui, absolument.
14:38Donc, c'est pour ça qu'il faut apprendre à apprendre,
14:41par exemple, tout ce qui est ce qu'on appelle vehicle to grid,
14:45donc le fait d'utiliser la capacité de stockage d'une batterie
14:50pour aider le réseau,
14:52et notamment si on va vers plus de renouvelables,
14:54on va avoir à gérer des pics et des creux, on le sait.
14:58C'est l'inconvénient du renouvelable.
15:00Donc, là, il y a un potentiel de stockage qui est immense.
15:03C'est surtout vrai pour le poids lourd,
15:05mais c'est aussi vrai, mais plus fragmenté pour les voitures.
15:10Donc, typiquement, voilà, ça c'est un métier
15:12qui aujourd'hui est très émergent, on ne sait pas encore.
15:14Voilà, ça reste des offres un peu niches,
15:16mais ça va se développer.
15:18Et c'est vrai que les technologies ont des cycles longs,
15:23et c'est vrai qu'on a souvent d'ailleurs opposé le diesel ou l'essence
15:27qui a presque un siècle d'évolution technologique
15:29avec les batteries qui, elle, enfin l'électrique,
15:32qui, elle, en a, on va dire, 20 ans.
15:35Et donc, 20 ans, c'est déjà plus que tout à fait l'adolescence,
15:38mais il reste encore du chemin à faire.
15:40Oui.
15:41Et donc, c'est autant d'opportunités.
15:43Donc, nous, ce qu'on dit,
15:44et c'est pour ça qu'on a fait cette étude avec Cantar,
15:46c'est quelle est la capacité, finalement, des gens
15:48à prendre ces nouveaux métiers
15:51qui vont souffrir à eux, etc.
15:54Il y a aussi plus de données dans la voiture électrique.
15:57Enfin, la voiture électrique arrive en même temps
15:59que la voiture connectée.
16:01Et toute cette gestion par la donnée,
16:05que ce soit la donnée de la batterie
16:06ou la donnée du véhicule en général,
16:10génère aussi plein de nouveaux métiers,
16:12plein de nouveaux besoins,
16:12et avec l'IA en plus,
16:14pour les exploiter encore mieux.
16:17Justement, Laurence,
16:17quand on parle de cette idée
16:20qu'il ne faut pas forcément opposer,
16:23en fait, les deux voitures,
16:24à quel point est-ce que, par exemple,
16:27un site industriel peut se reconvertir
16:29vers la production d'une voiture électrique ?
16:33Est-ce que c'est possible, concrètement,
16:36de transformer un site industriel
16:37où on est obligé de faire un peu de table rase
16:40pour recréer des lignes d'assemblage
16:42qui n'ont rien à voir, en fait ?
16:43Alors, c'est possible et c'est même fait.
16:45On a même des lignes de production
16:47qui produisent à la fois du thermique et de l'électrique.
16:49Il y a un certain nombre de constructeurs
16:51qui ont opté, non pas pour des modèles dédiés,
16:54mais pour des modèles qu'on appelle bi-énergie,
16:56c'est-à-dire qu'ils vont fonctionner
16:57à la fois au thermique et à l'électrique,
17:02éventuellement à l'hybride.
17:03Donc, évidemment, dans le site de production lui-même,
17:05il va y avoir des morceaux d'assemblage
17:08qui vont être spécifiques et dédiés,
17:10mais ça reste une carrosserie,
17:13ça reste aussi un software qu'on va amener sur la voiture,
17:16ça reste un certain nombre d'éléments tangibles
17:18qui sont liés au métier propre de production,
17:23aux productions automobiles.
17:24Mais je dirais qu'au-delà de la technologie du produit lui-même,
17:30il y a aussi tout ce qui est changement du métier lui-même,
17:33c'est-à-dire la digitalisation.
17:37On parlait de l'IA,
17:39comment on peut détecter les défauts plus tôt,
17:42améliorer la qualité de la production au premier coup.
17:46Donc, tout ça est un changement permanent
17:48qui se déroule, je veux dire,
17:50en parallèle des changements de technologie, en fait.
17:54D'accord, parce que c'est vrai que quand on voit
17:55toutes ces fermetures d'usines des constructeurs
17:59et puis aussi chez les équipementiers,
18:03est-ce que cette transition, en fait,
18:05constitue une menace pour ce terreau industriel
18:09ou c'est là, on est juste dans un creux de vague
18:11quand, comme vous avez dit,
18:13vous avez cité tous les chiffres de CPS de vente
18:15de voitures thermiques.
18:16Est-ce qu'on est sur ce creux
18:18et après qui va se relancer grâce à la voiture électrique ?
18:21Vous pensez ?
18:22Aujourd'hui, les prévisions de marché,
18:24montrent plutôt que globalement et mondialement,
18:26on a un marché qui va rester quand même assez stable
18:28par rapport à aujourd'hui.
18:29C'est-à-dire qu'on ne va jamais remonter,
18:32en tout cas, on ne prédit pas de remonter intense.
18:35Il faut aussi voir les choses en face,
18:37c'est qu'on a une compétition qui s'est décuplée.
18:41Donc, j'ai envie de dire,
18:43le gâteau a à peu près la même taille
18:46et le nombre de personnes autour du gâteau,
18:48lui, a augmenté un peu.
18:49Donc, ça, ça reste un sujet.
18:52Et globalement, mondialement,
18:53on est encore dans un sujet de surcapacité.
18:56De surcapacité.
18:57Parce qu'effectivement, je regardais pour le Mondial de l'Auto,
18:59un tiers des exposants au Mondial de l'Auto sont chinois.
19:04Est-ce qu'en Europe,
19:06on aura plutôt les capacités d'être compétitifs
19:10face à cette industrie
19:11qui prend de plus en plus de place,
19:14justement, dans cette production ?
19:17Alors, il y a plusieurs sujets.
19:19D'abord, effectivement,
19:22je pense qu'on a deux sujets en Europe.
19:23On a un sujet de coût,
19:25on a un sujet de performance.
19:26Le sujet de coût,
19:27c'est qu'on sait que produire en Europe,
19:29c'est 30% de coût en plus.
19:31Donc, quand les constructeurs chinois
19:32vont venir produire en Europe,
19:33il va leur arriver à peu près la même chose
19:35que ce qui arrive aux constructeurs européens.
19:37Donc, ça, ça ne va pas être un sujet
19:40si tant est qu'on a bien une incitation
19:42à ce qu'ils produisent en Europe.
19:43Le deuxième sujet,
19:45c'est un sujet de performance
19:47qui est, quelque part,
19:49le modèle des constructeurs chinois
19:53a un peu accéléré le système
19:57et a montré un nouveau visage à la compétition
20:00qui est plus vite et moins cher,
20:03avec des cycles de décision qui sont plus rapides,
20:05des cycles de conception qui sont plus rapides aussi.
20:08Et ça, c'est un sujet de performance
20:11qu'on sait adresser.
20:12Et on a des outils,
20:14notamment, tout ce qui concerne la digitalisation,
20:16tout ce qui concerne l'IA,
20:17tout ce qui concerne la transformation.
20:18Et ça, c'est vraiment des sujets
20:20tous les jours chez Capgemini
20:21qu'on discute avec nos clients
20:22et qu'on travaille avec nos clients.
20:24Ces outils vont nous permettre, finalement,
20:29de compenser cet écart de performance,
20:30qui, lui, n'a rien à voir, d'ailleurs,
20:32avec l'IA lui-même à l'origine.
20:36Donc, oui, après, il faut qu'on joue
20:38à jeu égal sur les mêmes marchés.
20:42Ça, je pense que tous les constructeurs
20:44et tous les acteurs de la filière le réclament.
20:46Ça paraît une évidence,
20:48mais il est bon de le répéter.
20:51Gaëlle, comment est-ce que, justement,
20:52l'IA est implantée aujourd'hui
20:54dans cette filière de la production automobile électrique ?
20:59Est-ce qu'il y a encore beaucoup de moyens à déployer ?
21:01Et puis, justement, pour arriver à être compétitif
21:04par rapport aux prêts chinois ?
21:05Est-ce que ça peut être un point important ?
21:08Oui. Alors, l'IA,
21:10ça dépend si on vous inclut la robotisation dans l'IA.
21:15Aujourd'hui, on a des usines
21:17qui sont déjà très fortement robotisées,
21:19mais je ne connais pas dans le détail
21:22les autres problèmes,
21:23probablement que Laurence serait plus à même de répondre.
21:26Mais je pense que c'est déjà assez robotisé
21:31et donc, il y a Reddy.
21:35Alors, après, est-ce qu'on est complètement dans l'IA
21:36ou est-ce qu'on est sur de la robotisation
21:38de la génération d'avant ?
21:40On est probablement dans une phase de transition.
21:43Mais les constructeurs européens, justement,
21:46sont soumis à cette concurrence internationale
21:48depuis bien longtemps.
21:50Et donc, la concurrence qui vient, en fait,
21:53d'un modèle social différent
21:56est donc beaucoup moins coûteux,
21:59augmente le coût du salaire
22:01dans là où nous avons les systèmes sociaux
22:04qui nous sont chers,
22:05dans les deux sens du terme.
22:07Et donc, une des premières parades
22:09a été effectivement la robotisation.
22:12Et l'IA,
22:15la nouvelle génération d'IA
22:16va peut-être aussi plus toucher
22:18les métiers tertiaires,
22:19mais dans les métiers secondaires,
22:20c'est déjà largement fait, je pense.
22:22Votre salon, c'est sur la mobilité durable.
22:25Est-ce que la voiture électrique,
22:27quelle place ça prend, en fait,
22:28dans cette mobilité durable ?
22:30Est-ce que c'est l'utilisation,
22:33en tout cas la mobilité la plus utilisée,
22:35la plus déployée ?
22:36Ou alors, il y a quand même
22:37d'autres axes de développement importants ?
22:40Alors, en matière de voitures automobiles...
22:44Pour les ménages, on va dire.
22:44Oui, voilà.
22:46Oui, là, l'électrique est manifestement la voie.
22:50C'est-à-dire que cette transition,
22:52elle nous a fait hésiter.
22:54Et il y a encore des hésitations
22:55dans d'autres modes.
22:56Oui, parce qu'on parle d'hydrogène
22:57ou d'autres modes comme ça.
22:58Voilà, donc ça, c'est peut-être
22:59la voie d'après.
23:00Mais là, la voie, on va dire,
23:01des 10 ans qui viennent,
23:03c'est l'électrique.
23:03A fortiori, en France,
23:05où nous avons la chance
23:06d'avoir des électrons verts,
23:08comme on dit,
23:08c'est-à-dire des électrons
23:09qui, du moins, sont décarbonés.
23:10Verts, après, ça reste du nucléaire,
23:12mais au moins décarbonés.
23:14Donc, oui, c'est la voie.
23:16Et là, je pense que les débats
23:18qu'il pouvait y avoir
23:18il y a 10 ans là-dessus sont maintenant...
23:21Il y a un large consensus
23:23qu'on rentre dans une phase
23:25d'électrification rapide et décisive.
23:29Il y a la grande question
23:31qui est quand même...
23:32C'est la question du rétrofit.
23:34Va-t-on savoir aller jusqu'à rétrofiter
23:38des voitures ?
23:38Prendre des voitures en scène,
23:40les mettre à l'électrique.
23:40Les mettre à l'électrique.
23:41Donc, ça, c'est encore une étape majeure
23:43qui, pour l'instant,
23:45n'est pas trop sur la table.
23:46Pour l'instant, on électrifie
23:48par la voiture neuve.
23:50Mais ce mouvement, par contre,
23:51lui, il est enclenché.
23:52Il est enclenché.
23:53Il est enclenché.
23:54L'Europe avait donné un signal
23:55très fort qu'elle module un peu,
23:58mais le signal reste très fort
23:59avec l'interdiction du thermique
24:01après 2035.
24:03Donc, ça, c'est enclenché.
24:04Et il n'y a pas de doute.
24:06Il n'y a vraiment pas de doute,
24:07par contre, au niveau écologique.
24:09Maintenant, la science le prouve
24:12vraiment, en tout cas,
24:14au moins, sans aucun doute,
24:15quand l'électron vient
24:17d'une source non carbonée.
24:19Gaëlle Keinec,
24:20merci beaucoup d'avoir été avec nous
24:22dans ce débat.
24:22Vous êtes directeur général
24:23de l'association Moving On
24:25et Laurence Noël,
24:26vice-présidente exécutive
24:27et responsable mondial
24:28de l'activité automobile
24:29chez Capgemini.
24:30Merci beaucoup à tous les deux
24:32d'avoir été présents à ce débat.
24:33Et merci à vous tous et tous
24:34de nous avoir suivis.
24:35C'était Smartéco.
24:43Sous-titrage Société Radio-Canada
24:45Sous-titrage Société Radio-Canada
24:46Merci.