- il y a 5 minutes
Ce jeudi 8 octobre, Antoine Larigaudrie a reçu Wendy Souvannarath, présidente de Carré Partners, et Alexandre Laing, partner chez Carré Partners, dans l'émission Tout pour investir, depuis le Salon Big à l'Accor Arena. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01Tout pour investir sur BFM Business
00:08Oui, vous avez l'habitude de les entendre.
00:10Il est question de private equity ici, largement.
00:12Il est question aussi de tech.
00:14Il y a de la tech partout, il y a des applis, il y a des machines partout.
00:18Le BIC 2026, c'est de la tech, c'est du private equity.
00:21Quand on parle private equity et quand on parle tech,
00:25on parle à nos amis de Carre Partners.
00:27Wendy Souvanarat, bonjour.
00:29Bonjour Alexandre Leng.
00:30Bonjour Antoine.
00:31Merci d'avoir pris place sur ce plateau.
00:34On est en direct, on va parler un petit peu du climat actuel.
00:38On en parlait avec Adeline Le Maire de BPI France il y a quelques secondes.
00:42C'est quand même quelque chose de paradoxal.
00:45Je disais, on regarde la télé, on regarde les infos.
00:48Ça se passe de commentaires.
00:49On arrive ici, on a de la jeunesse, on a du dynamisme.
00:52On a des gens qui sont informés, qui sont calés.
00:54Et au bout de la chaîne, il y a vous qui êtes investisseur direct dans la tech via différents types
01:02de produits.
01:02Comment vous sentez le climat actuel au sein de ce BIC 2026 qui est quand même impressionnant par cette dynamique
01:08?
01:09Ce qui est sûr, ce qui se maintient, c'est que le private equity reste dynamique.
01:13Maintenant, je pense qu'il faut avoir un regard qui est à la fois porté sur le monde et à
01:17la fois porté sur la France
01:18pour comprendre vraiment ce qui se passe au niveau des dynamiques.
01:20Si on regarde au niveau du monde, en réalité, le private equity a plutôt un retour positif sur la partie
01:26collecte, levée d'argent.
01:28On compte 260 milliards sur le premier semestre.
01:31Donc, en réalité, on est en route vers un plus 17% versus l'année dernière.
01:35Au niveau des investissements, en revanche, là, on accuse plutôt un repli.
01:40On est sur un repli de moins 4% sur les volumes.
01:43Mais surtout, ce qu'on se voit se dessiner, c'est vrai au niveau évidemment du monde, mais aussi de
01:47la France,
01:48et on va le voir aujourd'hui, c'est qu'aujourd'hui, les investissements sont concentrés sur un petit nombre
01:52d'opérations.
01:53Et ça, c'est extrêmement important à comprendre parce que, que ce soit au niveau du monde ou de la
01:56France,
01:56on a une petite poignée, finalement, de champions qui vont venir condenser la majeure partie des investissements.
02:02Donc, finalement, le private equity reste dynamique, mais les volumes diminuent.
02:06Et aujourd'hui, on s'aperçoit qu'on a envie, on veut continuer d'y aller, on veut continuer d
02:10'y croire,
02:11mais on a un certain blocage qui est au niveau de la sortie.
02:13On en a, vous en parliez juste avant en plateau.
02:14Je pense qu'on va y revenir, mais c'est un blocage important.
02:16Oui, totalement.
02:17Et puis, on se dit, Alexandre Leng, on va investir dans le private equity
02:22pour peut-être échapper au problème d'évaluation, des valorisations de la bourse, par exemple.
02:29La bourse qui est hyper concentrée autour d'un certain type de valeurs,
02:32les valeurs IA, les semi-conducteurs, ce qu'on veut.
02:35Finalement, on se retrouve avec une hyper concentration dans le private equity.
02:38C'est un petit peu ça le constat aussi.
02:40On investit sur les valeurs sûres.
02:42Alors oui, c'est valable d'un point de vue géographique.
02:45C'est valable aussi au niveau français.
02:47En géographie, si on regarde le capital risque à niveau mondial,
02:4977% des capitaux sont allés vers les Etats-Unis.
02:53La France a rapporté moins de 1%, l'Europe 7%.
02:57Au niveau de la France, le capital risque au premier semestre a certes bondi,
03:01mais on a effectivement 5 deals qui ont capté plus de 30% des volumes.
03:07Parmi certains, parmi ceux-là, des entreprises de l'Ague du Cantique,
03:10des Pascal, des Penny Lane, des entreprises comme, bien sûr, Mistral, très récemment.
03:17Donc, quelques champions.
03:18Donc, cette tendance qu'on trouve à niveau mondial, on la retrouve au niveau français.
03:22Et elle s'explique par le fait qu'aujourd'hui, avec l'IA,
03:25il y a une accélération de la croissance et de la domination de certains acteurs.
03:30Et pareil, Wendy, vous me parliez justement,
03:33on va en reparler en détail du problème, de la sortie.
03:36C'est pas rien de sortir d'une entreprise, surtout quand on a été investisseur de long terme.
03:40Et on voit qu'il y a des cycles.
03:42Généralement, la bourse et le private equity travaillent ensemble.
03:45Il est question de cycle de vie de l'entreprise.
03:48Est-ce que vous ne pensez pas qu'on arrive tout doucement à un cycle
03:51où la bourse présente la bonne opportunité pour sortir du private equity
03:57après une période qui a amené les valorisations à des niveaux quand même très très élevés ?
04:02Absolument. Je pense que c'est le sujet majeur d'ailleurs.
04:04Le private equity, c'est important, on y entre, on lève des fonds, on investit.
04:08Mais à un moment donné, l'objectif, c'est quand même de sortir et d'aller revendre ces entreprises.
04:12Aujourd'hui, pourquoi c'est sclérosé ?
04:14Parce qu'en réalité, on a plusieurs façons de sortir.
04:16Soit vous faites une introduction en bourse, on va y revenir,
04:19soit vous êtes racheté par un gros,
04:21soit vous revendez des parts que vous avez acquis par le passé.
04:23Et là, c'est du secondaire.
04:24Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que les IPO, puisqu'on se parlait de la France,
04:28sont très très faibles.
04:29Prenons un chiffre, aux Etats-Unis, depuis le début de l'année,
04:32on a 99 introductions en bourse.
04:34Pour 145 milliards.
04:36Je vous fais la comparaison avec la France,
04:383 introductions en bourse, 56 milliards.
04:40Donc, dans ces sorties, pour répondre à votre question,
04:43oui, évidemment que l'IPO est une porte de sortie,
04:45mais si on est à l'échelle de la France,
04:46il faut qu'on réussisse à redynamiser ces introductions en bourse
04:49pour offrir à nos investisseurs les voies de sortie.
04:51Et c'est ce qui explique aujourd'hui que les capitaux étrangers,
04:54même si maintenant, on arrive à attirer,
04:55on l'a vu avec Mistral, on l'a vu avec Amilabs,
04:58on arrive à attirer des capitaux.
04:59Pour autant, ils sont faibles.
05:00Pourquoi ?
05:01Parce qu'on n'arrive pas encore suffisamment
05:02à proposer des solutions de sortie à nos investisseurs.
05:05Et c'est là que se trouve la clé du private equity.
05:07Aujourd'hui, paradoxalement,
05:09vient s'ajouter à ces IPO la porte du marché secondaire.
05:12Quand les IPO sont un petit peu sclérosés,
05:14on a la possibilité maintenant,
05:16le marché secondaire explose,
05:17on a près de 218 milliards sur le premier semestre,
05:20en hausse de 28%.
05:22Donc, ça va être une nouvelle soupape.
05:24D'ailleurs, Doctolib l'a fait en avril 2026.
05:27Ils ont proposé secondaire.
05:28Donc, il faut aller chercher,
05:29démultiplier les portes de sortie
05:30pour qu'aujourd'hui, les Français continuent
05:32de croire dans le private equity
05:33parce qu'ils y voient une façon
05:35de récupérer leur argent et de gagner.
05:37Alexandre, je réagis juste à l'actualité immédiate.
05:42On a appris que Pascal,
05:44qui est un de nos champions du quantique
05:47et qui va s'introduire au Nasdaq,
05:49bon, le gouvernement lui a dit
05:51« Ciao pour les projets souverains,
05:52on est désolés,
05:53vous allez être immatriculés aux Etats-Unis
05:55pour cause de cotation au Nasdaq,
05:57mais il va falloir choisir son camp
05:58au bout d'un moment. »
05:59Est-ce que c'est une problématique ?
06:03On revient à ce qu'on disait
06:04avec Adeline Le Maire de BPI France
06:06il y a quelques instants.
06:08Tech, souveraineté, tout va ensemble.
06:11Est-ce que vous pensez qu'il y a
06:12peut-être à l'avenir un grand tri,
06:15un grand choix qui va devoir être fait
06:16par les petites pépites françaises
06:17qui sont sous private equity
06:19mais qui vont devoir faire un choix
06:21pour pouvoir se dépoulevoper au mieux chez nous ?
06:23Alors oui, effectivement,
06:24elles vont devoir faire un choix
06:25et on l'a vu avec le cas Hugging Face,
06:28en plus, du Piotr Pascal.
06:29Totalement.
06:29Hugging Face, startup française,
06:31mais qui a été financée
06:33pour ses premiers tours en France
06:34et puis qui a dû chercher ses capitaux
06:36aux Etats-Unis pour grandir
06:37et qui finit rachetée par Nvidia.
06:39Alors on a crié au scandale,
06:40mais la réalité, c'est qu'effectivement,
06:41la startup française qui a un potentiel mondial
06:44va devoir aller chercher des capitaux étrangers.
06:47C'est valable pour la startup américaine
06:48qui cherche, elle aussi, des capitaux étrangers.
06:50Donc on a une problématique aujourd'hui
06:52d'attirer ces capitaux étrangers,
06:54de proposer une fiscalité de l'investissement
06:56qui incite les investisseurs
06:59à entrer au capital de ces entreprises,
07:00à rester sur le long terme,
07:02à ne pas être surtaxés sur la plus-value,
07:04un environnement fiscal aussi
07:05qui ne change pas à chaque élection.
07:08Donc aujourd'hui, effectivement,
07:09ça, c'est une problématique qu'il faut résoudre
07:11pour nos startups,
07:12afin qu'effectivement,
07:13elles viennent chercher de l'argent en France,
07:15mais également à l'étranger.
07:16Et je pense que quand un Pascal va à l'étranger
07:18pour lever de l'argent,
07:18il faut l'accompagner.
07:20Et ça, on va en reparler dans quelques minutes
07:23avec François-Xavier Seur et Joachim Savigny.
07:25Le cadre réglementaire,
07:27il est encore en train de changer.
07:29Wendy Souvanarat,
07:31alors là, il va être question,
07:32et on va en parler en détail dans quelques minutes,
07:34mais du problème de l'apport-cession.
07:37Effectivement, on a des cadres fiscaux
07:39et des cadres d'investissement
07:41qui changent,
07:42mais à une vitesse redoutable,
07:44dans le sens où on a géré
07:45des problématiques budgétaires.
07:47On va au-devant de ce qui peut se passer
07:49avec l'élection présidentielle.
07:51Est-ce que le fait que,
07:52allez, le volume,
07:55overall,
07:55des investissements dans le private equity
07:58en France se réduisent,
07:59est-ce que ce n'est pas à cause de ça, justement ?
08:01Alors, il y a plusieurs dynamiques.
08:03Si je reviens sur le private equity en France,
08:05il y a quelque chose qu'il faut comprendre
08:06dans la décélération qui est très forte,
08:08c'est que c'est majoritairement porté par le LBO.
08:10Le LBO, c'est évidemment le gros moteur
08:11du private equity.
08:12Qu'est-ce qui s'est passé ?
08:13C'est une question de cycle, ça.
08:14Exactement.
08:14Et comme c'est en partie financé par la dette
08:16et qu'on a vu les taux d'intérêt
08:19littéralement s'envoler,
08:19vous l'avez dit juste avant en plateau,
08:21on approche des 5%.
08:22Littéralement, les LBO ont chuté
08:24et donc ça a impacté la baisse du private equity.
08:26Maintenant, pour la petite lueur d'espoir,
08:28les startups, tu le disais juste avant Alexandre,
08:30c'est plus 65% en France
08:32sur le premier semestre.
08:32Donc on a une petite lueur,
08:33même si c'est concentré sur un petit nom de licorne,
08:36ça reste positif.
08:37Sur le plan de la fiscalité,
08:38on continue de taxer très fortement.
08:41On est passé sur la taxe des plus-values
08:42d'une flat tax de 30 à 31,4.
08:44Très honnêtement, ça ne va pas dans le bon sens.
08:47Non, ce n'est pas ça qui va nous changer.
08:48Ce n'est pas ça qui va nous permettre
08:49d'attirer davantage, encore une fois,
08:51et de permettre, que ce soit au niveau des plus-values
08:54comme au niveau des sorties,
08:55d'aller chercher encore une fois une plus-value.
08:57Je vais citer un point intéressant.
08:58Vous regardez Revolut, par exemple, au Royaume-Uni.
09:01Ils essayent de faire une sorte de double cotation.
09:03Ils vont pouvoir à la fois être sur le terrain
09:05au Royaume-Uni et à la fois aux Etats-Unis
09:07pour garder leurs pieds.
09:08C'est ce que j'aurais aimé que Pascal fasse en France.
09:10Ça aurait été bien.
09:11On peut espérer quelque chose du même ordre pour Mistral
09:14le jour où ils voudront s'introduire en bourse
09:16parce que ça pourrait être à la fois positif pour eux
09:18et bien aussi positif pour la Bourse de Paris,
09:20pour la place parisienne.
09:22Ça, c'est intéressant.
09:23Et c'est quelque chose que vous regardez aussi
09:24parce qu'encore une fois,
09:25l'introduction en bourse fait partie
09:27du cycle de vie de l'entreprise.
09:28Oui, aujourd'hui, on a envie d'investir dans l'hélicorne française.
09:31Chez Carré, on investit à niveau mondial.
09:33Et effectivement, on constate qu'investir chez les grands
09:35et ceux qui sont leaders,
09:37ça permet d'aller chercher des beaux rendements.
09:39Maintenant, effectivement, il faut pouvoir,
09:41en France, avoir un environnement
09:42qui nous permette d'avoir beaucoup plus d'entreprises
09:44qui seront pré-IPO
09:45pour pouvoir permettre ces sorties
09:47à relativement court terme pour les investisseurs.
09:50C'est vrai qu'Oronext Paris, d'ailleurs,
09:52travaille beaucoup là-dessus,
09:53sur ces programmes de pré-IPO.
09:55Et on en a beaucoup parlé dans cette émission aussi,
09:57cette tendance aussi,
09:58même chez les super, méga, hyperscalers,
10:01cette volonté d'être à la fois
10:05en sortie de private equity
10:06et en début d'introduction en bourse,
10:08mais sur un temps finalement indéfini.
10:10Et c'est un petit peu l'atmosphère du moment.
10:11Simplement, est-ce que ça, ça peut durer
10:13dans un environnement
10:14où les taux sont en train de grimper
10:16à la vitesse à laquelle ils grimpent en ce moment, Wendy ?
10:18Je continue de penser,
10:19si on voit la tendance du marché,
10:20que la création de valeur va continuer de se faire
10:24désormais avant l'introduction en bourse.
10:26On le partage régulièrement.
10:27En 1999, 4 ans de durée moyenne,
10:292025, 12 ans.
10:31Donc l'allongement de la durée,
10:32elle est certaine.
10:33Ce qui se passe en parallèle,
10:34c'est qu'on voit des valeurs qui explosent.
10:36Quand il y a quelques années,
10:37Amazon s'introduisait à un demi-milliard,
10:40quand Google s'introduisait à 23 milliards en 2004,
10:43aujourd'hui, on se parle de 1 750 milliards
10:45pour SpaceX, on avoisine les 2 000 milliards
10:47pour une potentielle introduction en tropique.
10:49Donc je crois que la création de valeur
10:50va continuer en amont l'introduction
10:52et qu'aujourd'hui, le paradigme a changé.
10:53Mot de la fin, Alexandre ?
10:55Aujourd'hui, en fait, on doit arriver en bourse
10:57avec une entreprise qui est déjà leader sur son marché,
10:59qui est déjà très solide.
11:00La bourse est extrêmement exigeante.
11:02C'est valable en France, c'est valable aux Etats-Unis.
11:04Une fois sur les marchés boursiers,
11:06on le voit, le cours monte, il baisse
11:07à partir du moment où les attentes
11:09ne sont pas forcément remplies.
11:10On doit arriver en bourse
11:11avec un chiffre d'affaires en croissance,
11:13avec de la rentabilité.
11:14Pour ça, ça veut dire grandir
11:16à l'abri des marchés boursiers,
11:18à l'abri du public
11:19et donc des marchés privés
11:20beaucoup plus dynamiques.
11:21Donc tout ce qui peut encourager
11:23l'investissement des particuliers,
11:25des institutionnels, des étrangers
11:27sur nos entreprises françaises
11:29doit être encouragé.
11:30Alexandre Leng, Carre Partners,
11:32Wendy Souvanarat,
11:33merci d'avoir été avec nous
11:34pour participer à ce BIC 2026
11:38qui fait du bien à l'esprit.
11:40C'est une belle bouffée d'air frais.
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