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00:12Comment donner une nouvelle vie à un bâtiment ?
00:14C'est la question qu'on se pose depuis ces journées d'architecture ici au Grand Palais
00:18en compagnie de notre invité, Vera Matovitch.
00:20Bonjour.
00:21Bonjour.
00:21Vous êtes fondatrice présidente de savoir-faire, comme le Fairplay Architecture.
00:27Bienvenue à vous.
00:27Alors, c'est vrai que cette question, elle en a peine une autre, c'est la question de la réhabilitation.
00:33On se pose cette question, est-ce que finalement la ville, elle est déjà là, elle est déjà construite ?
00:39Il faut mieux réhabiliter que construire à partir de zéro aujourd'hui.
00:44Merci déjà pour cette invitation.
00:45Je suis ravie de pouvoir partager ces thèmes avec vous qui sont plus que d'actualité.
00:49Pendant longtemps, on les a imaginés comme des thèmes théoriques, probables de demain.
00:55Et là, c'est aujourd'hui et j'en suis absolument ravie.
00:57Alors, c'est vrai que cette question, on se la pose depuis des années.
01:01Ça fait 25 ans que, pour ma part, j'ai une pratique en réhabilitation.
01:05Ça veut dire s'occuper, réparer les bâtiments qui existent.
01:09En 25 ans de pratique, je ne suis jamais arrivée à la conclusion qu'on ne peut pas réhabiliter un
01:14bâtiment.
01:14On peut toujours en faire quelque chose.
01:17Et c'est vrai que nous, nous repoussons au maximum la question de la démolition.
01:22C'est-à-dire que ce n'est plus une option.
01:24Il y a quelques années, on se disait, ah, le bâtiment, il est organisé comme ça.
01:28L'épaisseur n'est pas tout à fait la bonne.
01:30Les circulations ne sont pas au bon endroit.
01:32On n'en est plus à ça.
01:33Mais justement, on a l'impression que les mentalités ont changé.
01:36Et que ce réflexe, quelque part, de démolition en construction, on sait qu'il émet énormément de carbone.
01:42Et que ce n'est pas forcément nécessaire.
01:44Les mentalités ont changé, vous le voyez sur le terrain ?
01:46Alors, les mentalités ont certes changé.
01:48Tout d'abord parce qu'il y a eu des pionniers en la matière qui ont montré l'exemple.
01:51Mais aussi parce que, par exemple, les réglementations ont suivi.
01:56On peut parler du PLU bioclimatique sur Paris.
01:59Où aujourd'hui, le sujet de la démolition est vraiment précis.
02:03Et il doit être le dernier recours possible.
02:06On ne peut plus construire de nouveaux bâtiments en démolissant ce qu'il y a sur une parcelle.
02:11Donc, notre devoir aussi, et je pense que c'est toute la créativité que les architectes peuvent avoir,
02:17c'est d'imaginer la ville de demain avec ce qui existe déjà.
02:20On le sait, 85% de la ville de demain est déjà là.
02:24On n'a plus qu'à se balader dans Paris, par exemple, pour s'en rendre compte.
02:27Mais aussi en première couronne, deuxième couronne, aussi dans d'autres villes.
02:31Donc, ce n'est pas qu'une problématique parisienne.
02:33C'est une problématique absolument nationale et fondamentale dans notre pratique.
02:38Les maîtres d'ouvrage, aujourd'hui, je pense qu'ils y sont très sensibles.
02:41Et on voit aussi à quel point on peut pousser la réflexion très loin,
02:45aller chercher des réponses très ingénieuses pour justement éviter la démolition.
02:51Tiens, justement, on va prendre un exemple ou des exemples sur lesquels vous avez travaillé.
02:55On part au cœur du Marais.
02:57Là, vous avez travaillé sur un parking.
02:58C'est vrai que c'est un petit peu dommage au cœur de la ville historique d'avoir un parking.
03:02Vous l'avez réhabilité de quelle façon ?
03:04Oui, alors c'est vrai que déjà, cette question de parking, on a eu la chance parce que le parking
03:08était à moitié vide
03:09puisque, en fait, depuis des années, il avait une utilisation qui était moins importante.
03:13Donc, au bout d'un moment, le propriétaire a décidé de s'en séparer.
03:17Et la question s'est posée, qu'est-ce qu'on va en faire ?
03:18Alors, on est au cœur du Marais, dans une copropriété.
03:22On a eu des questions, mais est-ce qu'on pourrait démolir ?
03:25Parce que là, on a un bâtiment avec des faibles hauteurs sous plafond, un béton qui, parfois, n'est pas
03:30forcément de la meilleure qualité
03:31puisque, en fait, le bâtiment, lui, il a été construit dans les années 30.
03:34Et on a refusé de tomber dans le piège, de dire que c'est tellement plus simple si on démolissait.
03:40Tout aurait été plus simple dans les faits, sur le terrain, de manière opérationnelle.
03:43Vous avez choisi la complication ?
03:45Alors, je dirais plutôt la complexité parce que je pense qu'on subit, en fait, dans nos pensées, une simplification
03:52de la pensée qui est assez dangereuse.
03:54Et je pense que la complexité, en fait, c'est la voie royale.
03:59Le fait de ne pas démolir, c'est conserver tous ces planchers qui existent déjà.
04:02On avait les rampes d'accès véhicules avec, effectivement, cette trémie déjà existante.
04:08On en a profité pour mettre les circulations verticales et se dire comment on va vivre dans ce bâtiment au
04:13cœur du Marais.
04:14Donc, on a proposé un projet mixte.
04:16Je pense que c'est ça aussi la ville de demain, d'avoir une partie en logement, une partie en
04:20bureau.
04:21Et la question, par exemple, se posait sur ce bâtiment, comment apporter de la lumière ?
04:26Parce que c'est vrai que la transformation va forcément avec comment le faire de la meilleure manière possible,
04:32de la manière la plus qualitative possible.
04:35On a proposé un grand puits de lumière.
04:37Donc, en choisissant un peu nos batailles, en se disant, il y a une des constructions centrales.
04:42Il faut accepter de perdre de la surface pour revaloriser, en fait, la parcelle et le bâtiment.
04:48Et quand on se positionne dans cette optique, en fait, on voit les choses sous un autre angle.
04:52On a une vraie création de valeur, de qualité architecturale, de qualité d'espace.
04:58Donc, voilà, on a transformé, par exemple, ce parking en démolissant vraiment très peu, juste ce qu'il faut pour
05:03apporter la lumière.
05:03C'est pas évident, c'est contre-intuitif.
05:04En plus, au prix du mètre carré, souvent, on veut en faire plus.
05:07On veut en avoir un petit peu pour son argent.
05:09Là, il faut aussi choisir d'en faire un petit peu moins.
05:12Exactement.
05:12Pour en faire mieux.
05:14Pour en faire mieux, surtout.
05:15Alors, vous avez parlé, Vera, de complexité.
05:17J'ai une question, justement, vous qui êtes au contact de ces différents projets.
05:21Est-ce qu'aujourd'hui, on peut réhabiter tout type de bâtiment ?
05:23Quel type de projet ? Est-ce qu'il y a des choses infaisables ?
05:28Alors, je n'ose pas imaginer qu'il y ait quelque chose d'infaisable parce que ce serait contre-intuitif.
05:33On a suffisamment d'exemples à l'agence de bâtiment sur lesquels on est intervenu.
05:38On n'a jamais fermé un dossier ou un projet parce qu'on n'y arrivait pas.
05:42Ça ne nous est jamais arrivé et je pense que ça ne peut pas arriver.
05:46Mais la question qui est sous-jacente à tout ça, c'est qu'est-ce qu'on en fait ?
05:50Quelle est la valeur du bâtiment à l'origine et comment on fait dans le cadre de la transformation pour
05:55maintenir sa valeur et voir l'augmenter ?
05:58Et donc, c'est une fois qu'on a posé cette question, la réponse est tout autre.
06:02On peut tout à fait ne pas aller au bout d'un projet parce qu'on comprend qu'il y
06:06a une difficulté à y arriver économiquement parlant
06:09où on ne peut pas porter un projet.
06:11Mais en termes de réhabilitation, de logique de transformation, il ne peut pas y avoir de frein à ce niveau
06:18-là d'un point de vue architectural et technique.
06:21Ça tombe bien, on voit que vous répondez à la question.
06:23En tout cas, on peut tout à fait donner une nouvelle vie à ces bâtiments, même si c'est un
06:27peu complexe et parfois un peu contre-intuitif.
06:29Merci Vera, Vera Matovic, je rappelle que vous êtes présidente de Savoir-faire Architecture et à très bientôt dans Smartimo.
06:35Merci beaucoup.
06:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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