00:00Les revendications lycées, donc elles sont sur le bâti, vous l'avez dit, elles sont sur les profs, vous l
00:05'avez dit,
00:06et ce qui peut me choquer plus, en revanche, que cela encore, c'est l'absence de sélection.
00:11Vous ne voulez pas de sélection ?
00:12Et non, et c'est simple, c'est parce qu'à un moment donné, on veut que les lycéens et
00:16les lycéennes aient le choix de faire ce qu'ils veulent après le bac.
00:20Sauf qu'aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
00:22Mais ça n'a pas de sens de faire ce qu'on veut après le bac, pourquoi ?
00:26C'est ce qu'on appelle la liberté, vous qui prenez la liberté.
00:28Mais ce que je veux vous dire, quand je dis que ça n'a pas de sens, vous n'allez
00:31pas envoyer des gens dans des filières, par exemple, qui n'ont pas d'avenir.
00:36Alors, ils font ce qu'ils veulent, s'ils veulent effectivement aller dans une filière sans avenir.
00:39Par exemple, je sais que les facs de sociaux, aujourd'hui, sont pleines.
00:42Il se trouve que c'est difficile de trouver un débouché.
00:46Je trouverais plus intelligent de programmer des jeunes gens en fonction des besoins que la société a.
00:52Mais pourquoi ? Parce qu'on n'investit pas dans la recherche aussi.
00:54C'est pour ça qu'il n'y a pas de débouché dans la sociologie.
00:56Il faut se dire ça aussi, c'est la réalité.
00:58C'est parce qu'on ne décide pas d'investir dans certaines filières.
01:00Mais qui ont ?
01:01C'est l'État.
01:02C'est les politiques mises en place, bien sûr.
01:04Donc c'est l'État qui doit encore investir pour vous dans la sociologie.
01:08Là, vous voyez l'investissement comme une dépense.
01:12Moi, je vois, du coup, quand on dépense de l'argent, en réalité, ce n'est pas une dépense qu
01:15'on fait, c'est un investissement.
01:16Quand on veut investir dans l'éducation nationale, ce n'est pas juste jeter des milliards par la fenêtre, parce
01:21que ça nous servira par la suite.
01:22Parce que finalement, le système économique, c'est qui qui va le faire tourner par la suite ? C'est
01:25les jeunes.
01:26Et si on ne leur assure pas un avenir serein, eh bien, il faut se constater que le système va
01:30s'effondrer.
01:31On s'aperçoit souvent qu'effectivement, l'économie, elle est liée à l'investissement privé, et que ceux qui prennent
01:38le risque de tenter l'aventure du chef d'entreprise,
01:43l'aventure de l'entreprise, ils font vivre, en tout cas, ils créent des emplois.
01:48Ils font vivre, c'est un peu péjoratif cette expression, mais ils créent des emplois.
01:52Et que quand tu crées des emplois, si tu libères les énergies du privé, tu peux peut-être avoir davantage
01:58d'emplois que lorsque c'est l'État qui crée des emplois.
02:01Oui, mais le but, ce n'est pas de faire en sorte que l'éducation nationale devienne privée, quand même.
02:05On a quand même un droit fondamental en France d'assurer l'éducation à toutes et tous.
02:10Si on rentre dans ce système-là, ça va être encore plus catastrophique.
02:12Je pense qu'effectivement, l'école est fondamentale.
02:15Mais quand on pose des questions concrètes, vous, vous êtes contre un examen, par exemple, de passage du CM2 à
02:21la 6e ?
02:21Bien sûr que oui.
02:22Vous êtes contre ?
02:23Bien sûr que oui.
02:24Mais même si les gens arrivent en 6e et, par exemple, n'ont pas le niveau, ça ne vous choque
02:28pas ?
02:29Mais en fait, ce qui va...
02:30Parce que s'ils redoublaient, ils auront peut-être le niveau ?
02:34Non, si vous voulez vraiment qu'ils ont le niveau pour passer de la primaire au collège,
02:40en fait, il faut juste mettre des profs devant leur classe à un moment donné.
02:43Il n'y a pas plus compliqué, il n'y a pas plus simple que ça.
02:45Non, mais vous savez bien qu'il y a des gens qui n'ont pas le niveau.
02:48Vous pouvez mettre tous les profs que vous voulez.
02:49C'est une infime minorité.
02:50Oui, mais non, je suis désolée parce qu'à un moment donné,
02:52quand on ne nous assure pas des conditions dignes d'éducation, on ne peut pas...
02:56Vous pensez que tout le monde peut faire des études ?
02:57Bien sûr que oui.
02:58Vous pensez que tout le monde est doué pour faire des études ?
03:01Mais tout le monde peut, en tout cas, essayer de faire des études, oui.
03:03Mais vous ne pensez pas que la vie est ainsi faite, que des gens sont doués pour faire des études,
03:08parce que leur cerveau correspond à cela,
03:12et que d'autres, tout aussi intelligents, ne sont pas doués précisément pour cette aventure-là,
03:17et que ce serait plus intelligent, à la fin de la troisième, de les orienter vers des métiers manuels.
03:22Je ne pense pas qu'il y a une prédisposition à certains à plus faire des études que d'autres.
03:29Je dis simplement qu'aujourd'hui, il y a déjà la socialisation primaire et secondaire qui joue énormément,
03:33parce qu'en fonction du milieu social dans lequel on vit,
03:36effectivement, oui, on est plus prédisposé à aller dans un milieu professionnel ou à un milieu autre.
03:44Mais à un moment donné, je pense qu'il faut donner la chance à tout le monde.
03:47Et oui, c'est vrai, vous avez raison.
03:48Mais la chance, elle est donnée d'ailleurs à tout le monde.
03:49Non, non, mais vous avez raison.
03:50Mais tout le monde n'est pas doué.
03:51Vous savez, Sophia, c'est pas aider un élève de le mettre en filière générale
03:56quand il a des grosses difficultés en troisième,
03:58et qu'il serait mieux dans une filière professionnelle, par exemple.
04:01Mais c'est parce qu'il est mal accompagné ?
04:02Non, non, vraiment, pour avoir été professeur principal en troisième, justement,
04:06et avoir essayé de guider des élèves dans le mal, en fait,
04:09qui avaient des grosses difficultés,
04:10et qu'à 38 élèves par classe, ils ne suivaient pas,
04:15ils seraient mieux épanouis dans une filière professionnelle,
04:19avec un métier qu'ils apprendraient,
04:20que d'être dans une filière générale et de se casser la figure en terminale.
04:2410h43, on marque une pause et on est avec Sophia pour les dernières minutes,
04:28et vraiment, on a essayé de l'écouter sans...
04:31Alors, parfois, on apporte la contradiction, bien sûr,
04:34mais ce qui est intéressant, c'est quand même de l'écouter.
04:36Moi, je ne partage pas tout à fait son avis, loin de là.
04:40Parce qu'il y a des différences, évidemment, entre les uns et les autres,
04:43et moi, je n'aime pas l'idéologie.
04:45Donc, je pense que tout le monde n'est pas capable, hélas,
04:48d'ailleurs, de poursuivre des études de la même manière.
04:52Alors, on l'admet, là, encore en sport.
04:54On admet qu'en sport, qu'on ne puisse pas courir le 100 mètres très vite.
04:58Il n'y a aucun souci.
04:59Mais on l'admet moins dans la société civile.
05:01A tout de suite.
05:02Avec Pascal Praud sur Europe 1, 0, 1, 80, 20, 39, 21, 17h44 sur Europe 1.