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  • il y a 7 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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00:00Les revendications lycées, donc elles sont sur le bâti, vous l'avez dit, elles sont sur les profs, vous l
00:05'avez dit,
00:06et ce qui peut me choquer plus, en revanche, que cela encore, c'est l'absence de sélection.
00:11Vous ne voulez pas de sélection ?
00:12Et non, et c'est simple, c'est parce qu'à un moment donné, on veut que les lycéens et
00:16les lycéennes aient le choix de faire ce qu'ils veulent après le bac.
00:20Sauf qu'aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
00:22Mais ça n'a pas de sens de faire ce qu'on veut après le bac, pourquoi ?
00:26C'est ce qu'on appelle la liberté, vous qui prenez la liberté.
00:28Mais ce que je veux vous dire, quand je dis que ça n'a pas de sens, vous n'allez
00:31pas envoyer des gens dans des filières, par exemple, qui n'ont pas d'avenir.
00:36Alors, ils font ce qu'ils veulent, s'ils veulent effectivement aller dans une filière sans avenir.
00:39Par exemple, je sais que les facs de sociaux, aujourd'hui, sont pleines.
00:42Il se trouve que c'est difficile de trouver un débouché.
00:46Je trouverais plus intelligent de programmer des jeunes gens en fonction des besoins que la société a.
00:52Mais pourquoi ? Parce qu'on n'investit pas dans la recherche aussi.
00:54C'est pour ça qu'il n'y a pas de débouché dans la sociologie.
00:56Il faut se dire ça aussi, c'est la réalité.
00:58C'est parce qu'on ne décide pas d'investir dans certaines filières.
01:00Mais qui ont ?
01:01C'est l'État.
01:02C'est les politiques mises en place, bien sûr.
01:04Donc c'est l'État qui doit encore investir pour vous dans la sociologie.
01:08Là, vous voyez l'investissement comme une dépense.
01:12Moi, je vois, du coup, quand on dépense de l'argent, en réalité, ce n'est pas une dépense qu
01:15'on fait, c'est un investissement.
01:16Quand on veut investir dans l'éducation nationale, ce n'est pas juste jeter des milliards par la fenêtre, parce
01:21que ça nous servira par la suite.
01:22Parce que finalement, le système économique, c'est qui qui va le faire tourner par la suite ? C'est
01:25les jeunes.
01:26Et si on ne leur assure pas un avenir serein, eh bien, il faut se constater que le système va
01:30s'effondrer.
01:31On s'aperçoit souvent qu'effectivement, l'économie, elle est liée à l'investissement privé, et que ceux qui prennent
01:38le risque de tenter l'aventure du chef d'entreprise,
01:43l'aventure de l'entreprise, ils font vivre, en tout cas, ils créent des emplois.
01:48Ils font vivre, c'est un peu péjoratif cette expression, mais ils créent des emplois.
01:52Et que quand tu crées des emplois, si tu libères les énergies du privé, tu peux peut-être avoir davantage
01:58d'emplois que lorsque c'est l'État qui crée des emplois.
02:01Oui, mais le but, ce n'est pas de faire en sorte que l'éducation nationale devienne privée, quand même.
02:05On a quand même un droit fondamental en France d'assurer l'éducation à toutes et tous.
02:10Si on rentre dans ce système-là, ça va être encore plus catastrophique.
02:12Je pense qu'effectivement, l'école est fondamentale.
02:15Mais quand on pose des questions concrètes, vous, vous êtes contre un examen, par exemple, de passage du CM2 à
02:21la 6e ?
02:21Bien sûr que oui.
02:22Vous êtes contre ?
02:23Bien sûr que oui.
02:24Mais même si les gens arrivent en 6e et, par exemple, n'ont pas le niveau, ça ne vous choque
02:28pas ?
02:29Mais en fait, ce qui va...
02:30Parce que s'ils redoublaient, ils auront peut-être le niveau ?
02:34Non, si vous voulez vraiment qu'ils ont le niveau pour passer de la primaire au collège,
02:40en fait, il faut juste mettre des profs devant leur classe à un moment donné.
02:43Il n'y a pas plus compliqué, il n'y a pas plus simple que ça.
02:45Non, mais vous savez bien qu'il y a des gens qui n'ont pas le niveau.
02:48Vous pouvez mettre tous les profs que vous voulez.
02:49C'est une infime minorité.
02:50Oui, mais non, je suis désolée parce qu'à un moment donné,
02:52quand on ne nous assure pas des conditions dignes d'éducation, on ne peut pas...
02:56Vous pensez que tout le monde peut faire des études ?
02:57Bien sûr que oui.
02:58Vous pensez que tout le monde est doué pour faire des études ?
03:01Mais tout le monde peut, en tout cas, essayer de faire des études, oui.
03:03Mais vous ne pensez pas que la vie est ainsi faite, que des gens sont doués pour faire des études,
03:08parce que leur cerveau correspond à cela,
03:12et que d'autres, tout aussi intelligents, ne sont pas doués précisément pour cette aventure-là,
03:17et que ce serait plus intelligent, à la fin de la troisième, de les orienter vers des métiers manuels.
03:22Je ne pense pas qu'il y a une prédisposition à certains à plus faire des études que d'autres.
03:29Je dis simplement qu'aujourd'hui, il y a déjà la socialisation primaire et secondaire qui joue énormément,
03:33parce qu'en fonction du milieu social dans lequel on vit,
03:36effectivement, oui, on est plus prédisposé à aller dans un milieu professionnel ou à un milieu autre.
03:44Mais à un moment donné, je pense qu'il faut donner la chance à tout le monde.
03:47Et oui, c'est vrai, vous avez raison.
03:48Mais la chance, elle est donnée d'ailleurs à tout le monde.
03:49Non, non, mais vous avez raison.
03:50Mais tout le monde n'est pas doué.
03:51Vous savez, Sophia, c'est pas aider un élève de le mettre en filière générale
03:56quand il a des grosses difficultés en troisième,
03:58et qu'il serait mieux dans une filière professionnelle, par exemple.
04:01Mais c'est parce qu'il est mal accompagné ?
04:02Non, non, vraiment, pour avoir été professeur principal en troisième, justement,
04:06et avoir essayé de guider des élèves dans le mal, en fait,
04:09qui avaient des grosses difficultés,
04:10et qu'à 38 élèves par classe, ils ne suivaient pas,
04:15ils seraient mieux épanouis dans une filière professionnelle,
04:19avec un métier qu'ils apprendraient,
04:20que d'être dans une filière générale et de se casser la figure en terminale.
04:2410h43, on marque une pause et on est avec Sophia pour les dernières minutes,
04:28et vraiment, on a essayé de l'écouter sans...
04:31Alors, parfois, on apporte la contradiction, bien sûr,
04:34mais ce qui est intéressant, c'est quand même de l'écouter.
04:36Moi, je ne partage pas tout à fait son avis, loin de là.
04:40Parce qu'il y a des différences, évidemment, entre les uns et les autres,
04:43et moi, je n'aime pas l'idéologie.
04:45Donc, je pense que tout le monde n'est pas capable, hélas,
04:48d'ailleurs, de poursuivre des études de la même manière.
04:52Alors, on l'admet, là, encore en sport.
04:54On admet qu'en sport, qu'on ne puisse pas courir le 100 mètres très vite.
04:58Il n'y a aucun souci.
04:59Mais on l'admet moins dans la société civile.
05:01A tout de suite.
05:02Avec Pascal Praud sur Europe 1, 0, 1, 80, 20, 39, 21, 17h44 sur Europe 1.

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