00:00Alors écoutez cet échange, Caroline Chevec, qui est de la Fédération Syndicale Unitaire, écoutez ce qu'elle dit.
00:06Leurs revendications rejoignent aussi les revendications des personnels de l'éducation nationale.
00:11Nous appelons à la grève l'ensemble des personnels de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur, en intersyndical mardi.
00:19Et nous serons donc présents à la fois à leur côté, mais aussi pour porter nos propres revendications.
00:24Les réponses qui ont été apportées aux lycéens pour le moment ne sont pas des réponses.
00:30Ça ne peut pas ne rien coûter que de répondre aux lycéens.
00:34Les revendications, et certaines peuvent s'entendre d'ailleurs, lorsque hier, alors je ne peux pas vérifier bien sûr,
00:38mais on était avec une jeune femme, Sophia, qui nous dit que pendant six mois, elle n'a pas de
00:41prof de français alors qu'elle était en première l'année du bac de français.
00:44Ça évidemment, c'est une revendication qui peut s'entendre.
00:47Jusqu'à quel point est-ce son exemple ? Est-il généralisable ? Je n'en sais rien.
00:52Effectivement, il y a des revendications qui peuvent s'entendre.
00:55Mais en réalité, il y a un problème dans l'éducation nationale depuis des années.
01:00C'est un peu un marronnier des rentrées politiques.
01:02Mais là, on voit vraiment qu'il faut bien comprendre une chose.
01:05Ce n'est pas ça qui est à l'origine de cette manifestation, de ce soulèvement.
01:09C'est la France Insoumise qui a lancé, qui cherche depuis des mois un sujet sur lequel soulever la jeunesse.
01:15Ils ont cherché, avec les frais différenciés à l'université, ça n'a pas pris.
01:18Et là, ils ont trouvé un terreau fertile, ce fameux marronnier des moyens dans l'éducation nationale.
01:23Et ils ont réussi comme ça à soulever une partie, c'est vrai, minoritaire, mais une partie quand même de
01:27la jeunesse.
01:28Baptiste Gilly est avec nous. Il est délégué national de l'Uni.
01:31Clovis est au téléphone, au standard.
01:33Bonjour Clovis, vous avez 18 ans, vous habitez Bordeaux.
01:37C'est bien ça.
01:39Merci Clovis. Le retour de Clovis, parce que vous êtes venu, je crois, c'était la semaine dernière.
01:44C'est ça exactement, mardi dernier, il me semble.
01:46Vous en êtes où, Clovis, de votre engagement ?
01:51Mon engagement, c'est toujours le même, mais j'ai remarqué que j'ai rejoint des professeurs de mon lycée.
01:57Et je suis plutôt content, parce qu'on se rend vraiment compte qu'on est soutenus par le corps professoral,
02:02en tout cas.
02:03Je l'entends même à la radio actuellement, qu'on est vraiment énormément soutenus.
02:07C'est-à-dire que certains profs vous soutiennent.
02:10On peut rappeler vos revendications, celles dont vous nous parliez la semaine passée ?
02:15Alors les revendications, c'est les mêmes.
02:17C'est le manque de moyens, surtout dans mon établissement, mais aussi plein d'établissements partout en France.
02:23C'est des meilleures conditions de travail, en général.
02:26Tout ça, c'est toujours vague.
02:27Ça veut dire quoi, meilleures conditions de travail ?
02:30Par exemple, moi je parle des températures en classe, quand ça va être lors des périodes de canicule,
02:35où il va faire extrêmement chaud, ou des périodes de gel.
02:39Par exemple, l'hiver dernier, j'en ai déjà parlé, avec des locaux très froids,
02:43mais non seulement aussi des problèmes de manutention, mais bon, je ne vais pas revenir dessus.
02:46– J'entends, alors, vous êtes pour la canicule, c'est vrai que la canicule, a priori, là où elle
02:53est la plus forte,
02:53il n'y a pas d'école, c'est juillet et août, donc il peut y avoir une période de
02:57canicule,
02:57disons à partir du 15 mai jusqu'au 1er juillet, il peut y avoir 3, 4, 5 jours de canicule,
03:04mais vous êtes favorable dans ces cas-là à la climatisation dans les classes ?
03:08– Ce n'est pas vraiment la climatisation, je pense que déjà, les locaux même, il faudrait les revoir,
03:14ça coûterait plusieurs millions, je le sais bien, mais mettre des climatiseurs partout,
03:20dans 40 classes, dans un établissement comme le mien, ça coûterait trop cher.
03:25– Donc il faut sans doute, dans le cas que vous dites, il faut détruire et reconstruire un nouvel établissement
03:31?
03:32– Pas détruire, c'est un entretien qui est à faire, qui n'a pas été fait.
03:35– Mais quand il y a 35 degrés dehors, si vous ne mettez pas de canicule, de climatisation à l
03:39'intérieur,
03:40je me demande comment vous allez vous y prendre, si vous me permettez,
03:45même si vous repensez le bâtiment, je ne suis pas un spécialiste évidemment du bâti,
03:52mais s'il y a 35 degrés dehors, il risque de faire jauger, vous ?
03:57– Moi je suis d'accord, je suis d'accord avec vous, le climatiseur…
04:00– Ce qu'induisait ma question, c'est qu'il y avait peut-être une position idéologique
04:06à refuser pour vous la climatisation, ce qu'on retrouve souvent dans la pensée de gauche.
04:12– Alors, je n'ai pas forcément une pensée de gauche, c'est plutôt une pensée pour l'environnement d
04:17'ailleurs,
04:17parce que trop de climatiseurs, ça ne va pas nous aider forcément dans le cadre actuel où on était cet
04:22été,
04:23et je pense que déjà…
04:25– Ça va détruire la planète, les climatiseurs dans les lycées, c'est ce que vous voulez dire ?
04:29– Ce n'est pas que ça va détruire la planète, encore une fois, vous m'entraînez…
04:32– Tous les hôtels sont climatisés dans toute la France, tous les restaurants sont climatisés,
04:36mais les lycées ne le seraient pas.
04:38Gérard Carrero, il a vécu aux Etats-Unis pendant des années,
04:40toute la climatisation est en place aux Etats-Unis depuis combien de temps ?
04:43– Oui, mais il n'y a pas extinction de la race américaine apparemment ?
04:47– Non mais bon, ça serait une solution, ça serait une bonne solution.
04:51– Est-ce que tout le monde est climatisé, tous les lycées sont climatisés ?
04:54Est-ce que vous me faites référence avec les hôtels qui sont climatisés ?
04:57C'est que là c'est privé, là on est sur quelque chose de public.
04:59Ce n'est pas possible, ça coûtera trop cher, mais pas seulement que ça coûtera trop cher…
05:04– Ça coûtera moins cher peut-être que de tout refaire à l'établissement comme vous voulez le faire, mais…
05:07– Sauf que c'est temporaire, les climatiseurs, ça ne durera pas 100 ans, on le sait bien, on le
05:12voit bien.
05:12– Tout est temporaire, vous savez, vous, moi, tout le monde.
05:16– Oui, ça je suis bien d'accord avec vous,
05:18mais je pense quand même qu'on se doit de réfléchir à cette époque.
05:22– Et réfléchissons ensemble, réfléchissons ensemble, Clovis.
05:26Bon, alors vous avez le sentiment, ce que vous avez dit qui est intéressant,
05:30les profs sont avec vous, ça vous sentez qu'il y a une mobilisation des professeurs ?
05:34– Oui, oui, c'est ça exactement, non seulement lors de la manifestation du coup de mardi,
05:40sur Bordeaux, Place de la Bourse et tout ça,
05:41où j'étais présent avec des membres du corps professoral de mon lycée.
05:45– Vous, vous êtes en première ou terminale ?
05:47– Moi, je suis en terminale.
05:49– Bon, mais là, vous en êtes à 10 jours, ça fait combien de jours que vous n'étudiez pas
05:52?
05:53– Ah si, quand même, nous étudions, nous avons des devoirs,
05:57nous s'envoyons sur Pronate et autres plateformes comme ça, où nous devons…
06:00– Là, par exemple, aujourd'hui, vous avez travaillé ?
06:02– Oui, bien sûr, ah oui, j'ai pris au moins 3 heures pour travailler.
06:05– Et vos parents, ils soutiennent votre action, ou ils vous disent, ils sont d'accord avec vous ou pas
06:10?
06:10– Alors, je ne dirais pas d'accord, il y a débat, il y a discours, c'est-à-dire
06:14qu'on peut parler,
06:16ils reconnaissent qu'il y a un manque de moyens apportés dans l'établissement public et autres,
06:22mais il y a certaines choses qui ne comprennent pas,
06:29c'est le fait des casseurs et tout ça, des gens qui s'introduisent dans des lycées,
06:32comme à leur mort récemment, qui rentrent et qui cassent les locaux, ça, ils ne comprennent pas.
06:36– Ils ont bien raison de ne pas comprendre, l'important, c'est qu'ils vous comprennent.
06:41Merci beaucoup Clovis, vous restez avec nous, il est 16h25, la pause.
06:44– Et comme Clovis, vous pouvez réagir à l'antenne,
06:47vous pouvez appeler Pascal Pro, 0 à 80, 20, 39, 21, excellent après-midi.
06:51Pascal Pro et vous, c'est de 16h à 18h sur Europe 1.
06:54– Sous-titrage Société Radio-Canada