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  • il y a 9 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1. Pascal Pro et vous.
00:03Il est 16h16, nous sommes toujours avec Bruno Pommard, ex-policier du RAID,
00:09expert en sécurité sur la difficulté du maintien de l'ordre face à ces jeunes.
00:13Et nous sommes également avec Arthur Delaporte.
00:15Je disais qu'il y avait...
00:17De la Borde.
00:18De la Borde. Et j'ai dit de la Borde, pardonnez-moi.
00:21Arthur Delaporte.
00:23Arthur, vous étiez peut-être présent lorsque les uns et les autres sont sortis de la réunion interministérielle
00:33et vous avez peut-être des informations à nous donner.
00:35On a les conclusions de cette cellule de crise qui se tenait à Beauvau, juste après le Conseil des ministres.
00:40D'abord, ce qu'il faut dire, c'est que le gouvernement considère qu'on a un changement de nature
00:45du mouvement.
00:47Jusqu'ici, il parlait surtout de blocage de lycées désormais.
00:51Il parle de violences urbaines et c'est cette bascule qui justifie, selon lui, le durcissement de la réponse.
00:58Avec un point politique, les services de renseignement partagent le constat d'une manœuvre organisée par la France insoumise
01:05et des relais de l'ultra-gauche derrière ce mouvement.
01:09C'est la nouvelle lecture de l'exécutif.
01:11Elle est immédiatement contestée, d'ailleurs, par LFI, puisque Manuel Bompard a déjà réagi,
01:17accusant le gouvernement de sombrer dans le complotisme.
01:20Troisième point très concret, dans certains établissements,
01:24le gouvernement estime que la sécurité des élèves et des personnels ne permet plus d'assurer normalement les cours.
01:29Une liste de lycées doit donc être établie dans les heures qui viennent,
01:33avec les préfets et les recteurs, pour basculer temporairement ces lycées en enseignement à distance.
01:39Le ministre de l'Éducation sera d'ailleurs ce soir au journal de 20h pour préciser un peu cette doctrine.
01:46En parallèle, il doit recevoir les syndicats de lycéens.
01:51Et puis, à le volet judiciaire, c'est Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, qui est à la manœuvre.
01:55Il réunit cet après-midi les procureurs généraux pour coordonner la réponse pénale après les interpellations.
02:00Donc, en résumé, l'exécutif assume désormais une ligne à deux étages,
02:05maintenir le dialogue avec les lycéens, et puis traiter les violences comme un sujet d'ordre public.
02:11Mais maintenir le dialogue, vous avez bien compris que ça ne veut rien dire.
02:14Ça n'a pas de sens.
02:17S'ils disent ça, ils sont à côté.
02:19Ces gens ne veulent pas dialoguer.
02:21C'est ce qu'ils disent, en tout cas avec les syndicats.
02:23Mais les syndicats, ils sont perdus.
02:26Je pense que les syndicats, ils ne maîtrisent rien dans cette affaire.
02:29Vous avez des jeunes gens...
02:30Ils ne servent à rien.
02:31Voilà. En fait, qu'est-ce qui est intéressant, si j'ose dire, dans cette émeute ?
02:36Pour la première fois, vous avez une sorte de révolte à froid.
02:40C'est-à-dire que les émeutes venaient toujours après un événement dramatique.
02:46Par exemple, ce qui s'était passé avec la mort de Noël,
02:48ou après des incidents importants avec la police.
02:51Là, vous avez pour la première fois une révolte pure sur le plan politique.
02:56C'est purement politique, puisqu'il n'y a pas de revendication particulière.
03:01Sinon, c'est affaire d'avoir plus de moyens,
03:04mais en même temps, ils brûlent les écoles.
03:07Donc, c'est quand même très paradoxal.
03:09À Nantes, on en parlera tout à l'heure.
03:11Il y a le lycée Mandela, le hall du lycée Mandela qui a brûlé.
03:15Vous avez des jeunes gens qui veulent plus de moyens,
03:16qui commencent peut-être par ne pas brûler l'école.
03:18Bon, ça, c'est la première chose.
03:20Et la deuxième chose qui est très importante, me semble-t-il,
03:23c'est parce que ça va avec,
03:24c'est la première fois que les quartiers ou une jeunesse sont politisés.
03:28C'est-à-dire que ce n'est jamais arrivé dans l'histoire.
03:32Il y avait peut-être ça avec le Parti communiste dans les années 60 ou 70,
03:35il y a très très longtemps,
03:36qui avait réussi à politiser, parfois,
03:39c'est ce qu'on appelait la banlieue rouge d'ailleurs,
03:42autour de Paris,
03:43et qui avait une jeunesse très politisée.
03:46mais là, les quartiers,
03:48les quartiers qui n'avaient jamais été politisés.
03:51Et c'est là que la France Insoumise a travaillé,
03:53qu'elle a investi,
03:55et qu'elle fait de la chair à élections,
03:58si j'ose dire.
03:59Le pari qu'elle fait,
04:00c'est que tous ces jeunes gens,
04:01qui d'habitude ne votaient pas,
04:03vont aller voter,
04:05vont voter pour la France Insoumise.
04:06Je ne sais pas si c'est vrai ou pas,
04:08ou si ça se fera ou pas.
04:09Une élection, jusqu'à présent,
04:11c'est les vieux, entre guillemets.
04:12C'était les vieux qui faisaient l'élection.
04:14Les jeunes, ça ne vote pas.
04:15À grands traits, bien sûr.
04:16Je dis ça à grands traits.
04:17Là, pour la première fois,
04:19si vous arrivez à mobiliser
04:22tous ces jeunes gens
04:23qui d'habitude ne votaient pas,
04:25et si vous les faites voter
04:27pour la France Insoumise,
04:29il y a effectivement une possibilité
04:30de gagner quelques pourcentages de voix,
04:32et notamment pour l'élection présidentielle.
04:34Bruno Pommard.
04:35Il y a un élément dont on ne parle pas, Pascal,
04:37et moi, pour bien connaître les quartiers,
04:38parce que ça fait 35 ans que j'y suis,
04:40avec mes policiers,
04:41à travailler à la proximité,
04:42c'est qu'on n'a plus sur le terrain
04:45d'associations, de médiations, etc.
04:47Et quand on regarde bien
04:48ce qui se passe à Saint-Denis,
04:50pour prendre l'exemple,
04:51vous avez M. Bagayoko
04:52qui sourit béat
04:54et qui danse à côté des jeunes.
04:57Bon, il ferait mieux, M. Bagayoko,
04:59d'avoir des médiateurs,
05:00des associations de proximité,
05:02tout ça a existé avant.
05:03Tout ça a disparu.
05:04Et Pascal a raison.
05:05Il y a une récupération
05:06qui est faite par les militants
05:08de la France Insoumise
05:08et qui sont en nombre
05:09dans ces quartiers, effectivement,
05:10qui prennent la main sur tout
05:11et qui, en même temps,
05:13manipulent ces jeunes.
05:14Et on le voit, d'ailleurs,
05:14dans ce qui se passe,
05:15c'est caractéristique.
05:16Les services de renseignement
05:17le disent,
05:18mais c'est flagrant.
05:19On ne peut pas dire autre chose.
05:20Alors, évidemment,
05:21M. Mélenchon dit que ce n'est pas vrai,
05:22mais c'est la triste vérité.
05:24On n'a plus personne,
05:25je dirais,
05:26en confrontation
05:27entre les jeunes
05:28et les forces de l'ordre.
05:29Et là,
05:30quand il n'y a plus personne,
05:31les deux s'affrontent.
05:32Benjamin est avec nous.
05:33Benjamin,
05:34qui est lycéen,
05:35qui habite dans cette belle ville
05:36de Toulouse.
05:40Benjamin,
05:40je suis en classe de terminale.
05:42Lycée privé ou lycée public ?
05:45Lycée public.
05:46Est-ce que votre lycée est bloqué ?
05:49Bien sûr,
05:50il était bloqué
05:50dès 8h du matin.
05:52C'est un lycée
05:53dans le centre-ville ?
05:54Je ne vais pas trop en dire
05:55sur la situation géographique.
05:58D'accord.
05:58Je ne vais pas trop donner d'infos.
05:59Alors,
06:00est-ce que c'est un lycée bourgeois
06:02ou un lycée,
06:03peut-être,
06:04dans une zone
06:05qui l'est moins ?
06:07Plutôt une zone
06:08qui l'est moins.
06:09Bon,
06:09qu'est-ce que vous avez remarqué ?
06:11Est-ce que vous avez vu
06:12une politisation des débats,
06:14une manipulation,
06:15pourquoi pas,
06:15de la France insoumise ?
06:18J'ai remarqué
06:19qu'un enseignant
06:20s'est fait
06:22clétiner
06:22par plusieurs individus
06:24alors qu'il tentait
06:25d'éteindre un feu.
06:27Et donc,
06:28ça a été grave.
06:29Ça a été vraiment
06:29un choc pour moi.
06:31Ça,
06:31ça a été chez vous à Toulouse
06:32ou c'est ce que vous avez vu
06:33sur les réseaux ?
06:34Ça a été vraiment
06:35chez nous,
06:36enfin,
06:36chez moi à Toulouse.
06:37Vous l'avez vu
06:38de vos yeux vus ?
06:39C'est ça.
06:41Donc,
06:42c'est un professeur
06:42qui a été malmené ?
06:44Oui,
06:44c'est ça,
06:45exactement.
06:46Pourquoi ?
06:47Parce qu'il tentait
06:49d'éteindre un feu,
06:50un départ de feu
06:51dû à une poubelle
06:52et les élèves
06:54ne voulaient pas
06:55qu'il éteigne le feu.
06:57Du coup,
06:57ils ont essayé
06:58de lui dérober
06:59l'extincteur
07:00et ensuite,
07:01le professeur
07:02s'est retourné
07:02pour les asperger
07:04dessus
07:05et ils l'ont très mal pris
07:06et du coup,
07:07ils lui ont mis
07:07des coups de pied
07:08et plusieurs individus
07:09sont venus
07:10avec lui
07:11pour lui mettre
07:12plein de coups de pied
07:13jusqu'à ce qu'il sorte.
07:14Mais ce professeur,
07:15il est hospitalisé
07:17à l'heure actuelle ?
07:18Non,
07:18du tout,
07:19à l'heure actuelle,
07:20il va très bien,
07:21mais bon...
07:22Si vous avez pris
07:23quelques coups,
07:23il doit être quand même
07:24un peu traumatisé.
07:25C'est un professeur,
07:25vous le connaissiez ce professeur ?
07:27C'est un de vos professeurs ?
07:28Non,
07:28du tout,
07:29c'est quelqu'un
07:30qui travaille dans le lycée,
07:31je ne le connais pas.
07:32J'entends beaucoup
07:33des revendications
07:34sur les moyens
07:35qui ne seraient pas
07:38au rendez-vous.
07:39Dans votre classe de terminale,
07:41vous êtes combien ?
07:42Nous sommes 30.
07:4430 ?
07:45Effectivement,
07:46ça serait mieux
07:46si vous étiez 25,
07:47mais on était une trentaine
07:49nous aussi jadis.
07:50Comment vous jugez
07:52la qualité
07:53des infrastructures
07:54de votre lycée ?
07:56Je trouve que
07:57les infrastructures
07:58du lycée
07:59sont assez bien gardées.
08:01Il n'y a pas trop
08:02d'insécurité,
08:03sauf,
08:04je pense qu'il y a
08:05un certain endroit
08:06dans le lycée
08:06où c'est facile
08:08à dégrader
08:09ou à casser.
08:10Donc,
08:11à voir si on pourrait
08:12le renforcer,
08:13mais sinon,
08:13globalement,
08:14je trouve que la sécurité
08:15du lycée
08:15est bien gardée.
08:16C'est marrant
08:17parce que je vous pose
08:17des questions
08:18sur les infrastructures
08:19et je n'imaginais pas
08:20que ce serait votre réponse.
08:21Vous me parlez sécurité,
08:22moi je voulais savoir
08:24s'il y a du chauffage
08:26l'hiver,
08:27je sais qu'il n'y a pas
08:27de climatisation l'été,
08:29ce qui est quand même...
08:29Ah oui, bien sûr.
08:30Voilà,
08:30mais en même temps,
08:32votre réponse,
08:32elle est intéressante
08:33parce que naturellement,
08:34vous êtes allé vers la sécurité
08:35et ça fait sens,
08:37votre réponse.
08:39Alors que moi,
08:39ma question,
08:40elle était,
08:40est-ce que le matériel
08:42est de qualité ?
08:43Est-ce que les tables
08:44ne sont pas abîmées ?
08:46Est-ce que les chaises
08:47sont en ban état ?
08:48Est-ce que le chauffage
08:49marche l'été ?
08:50Est-ce que la cantine
08:51est de qualité ?
08:52C'est un peu ça,
08:53le sens de ma question.
08:55D'accord,
08:55je vais vous répondre.
08:56Le chauffage,
08:57dans le lycée,
08:58je trouve qu'il est assez bien
09:00quand on a chaud
09:01dans le lycée,
09:01quand c'est l'hiver.
09:03Quand je sais
09:04qu'il y a des gens
09:06dans l'internat,
09:07je sais qu'ils ont chaud
09:09dans la pièce
09:10avec le chauffage,
09:11donc ça,
09:11il n'y a pas de problème.
09:12Mais l'été,
09:13la climatisation,
09:14c'est horrible
09:15parce qu'il n'y a pas
09:15de climatisation,
09:16on a chaud,
09:17sous 40 degrés.
09:20Alors ça,
09:20c'est vrai qu'à Toulouse,
09:21en plus là,
09:22vous sortez,
09:22vous êtes Toulousain ?
09:24Bien sûr.
09:25Oui,
09:25bien sûr.
09:27Bon,
09:28je vous comprends,
09:29mais c'est une merveilleuse ville,
09:30mais c'est vrai que vous sortez
09:31d'une séquence
09:32de canicule quasiment
09:33depuis le 15 juin
09:34où il a fait tous les jours
09:3530 degrés.
09:36Ça a été très rude
09:37l'été à Toulouse.
09:38Ah oui,
09:39très très très rude.
09:39Heureusement qu'il y a eu
09:40un petit peu de rafraîchissement,
09:41mais aller en ville
09:42sous 40 degrés,
09:43c'est vraiment presque impossible.
09:45Bon,
09:45on va marquer une pause.
09:46Vous vivez en maison
09:47ou vous vivez en appartement ?
09:49Je vis dans une maison.
09:50Et vos parents,
09:51il y a la climatisation
09:52par exemple dans votre maison ?
09:53Bien sûr,
09:54oui,
09:54il y a la climatisation.
09:55Oui,
09:55mais vous dites là aussi,
09:57bien sûr,
09:57et c'est vrai
09:58que ce n'est pas forcément évident.
10:00Bon,
10:00restez avec nous,
10:01Benjamin,
10:02je vous remercie grandement
10:03d'être avec nous,
10:04Benjamin Lycéen de Toulouse
10:05en terminale
10:05qui nous explique la vie
10:06au quotidien
10:07forcément d'un lycéen.
10:09Et c'est ça qui nous intéresse
10:10dans cette émission.
10:12A tout de suite
10:13avec Pascal Prost
10:13sur Europe 1,
10:1401,
10:1480,
10:1520,
10:1530,
10:159,
10:1621,
10:16pour réagir
10:17aux standards de Europe 1
10:18et sur WhatsApp
10:19comme Thomas,
10:19j'ai un petit message à lire.
10:20Je suis française de l'étranger
10:21et vous écoute fidèlement
10:22ce qui est en train
10:23de se passer en France
10:24et vu depuis l'Espagne
10:25comme un des grands symptômes
10:26du déclin français.
10:27Si l'on reconnaît à la France
10:28son usage intensif
10:29du droit de manifester,
10:31on est ici face
10:32à une instrumentalisation
10:33et un accaparement
10:35de la violence
10:35par un parti politique.
10:36C'est une honte.
10:38Voilà.
10:38Eh bien,
10:38il a sans doute raison
10:39ce jeune homme.
10:40A tout de suite.
10:4001,
10:4180,
10:4120,
10:4130,
10:419,
10:4121,
10:42pour réagir
10:42avec Pascal Prost
10:43sur Europe 1.
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