00:00Europe 1. Pascal Pro et vous.
00:03Il est 16h16, nous sommes toujours avec Bruno Pommard, ex-policier du RAID,
00:09expert en sécurité sur la difficulté du maintien de l'ordre face à ces jeunes.
00:13Et nous sommes également avec Arthur Delaporte.
00:15Je disais qu'il y avait...
00:17De la Borde.
00:18De la Borde. Et j'ai dit de la Borde, pardonnez-moi.
00:21Arthur Delaporte.
00:23Arthur, vous étiez peut-être présent lorsque les uns et les autres sont sortis de la réunion interministérielle
00:33et vous avez peut-être des informations à nous donner.
00:35On a les conclusions de cette cellule de crise qui se tenait à Beauvau, juste après le Conseil des ministres.
00:40D'abord, ce qu'il faut dire, c'est que le gouvernement considère qu'on a un changement de nature
00:45du mouvement.
00:47Jusqu'ici, il parlait surtout de blocage de lycées désormais.
00:51Il parle de violences urbaines et c'est cette bascule qui justifie, selon lui, le durcissement de la réponse.
00:58Avec un point politique, les services de renseignement partagent le constat d'une manœuvre organisée par la France insoumise
01:05et des relais de l'ultra-gauche derrière ce mouvement.
01:09C'est la nouvelle lecture de l'exécutif.
01:11Elle est immédiatement contestée, d'ailleurs, par LFI, puisque Manuel Bompard a déjà réagi,
01:17accusant le gouvernement de sombrer dans le complotisme.
01:20Troisième point très concret, dans certains établissements,
01:24le gouvernement estime que la sécurité des élèves et des personnels ne permet plus d'assurer normalement les cours.
01:29Une liste de lycées doit donc être établie dans les heures qui viennent,
01:33avec les préfets et les recteurs, pour basculer temporairement ces lycées en enseignement à distance.
01:39Le ministre de l'Éducation sera d'ailleurs ce soir au journal de 20h pour préciser un peu cette doctrine.
01:46En parallèle, il doit recevoir les syndicats de lycéens.
01:51Et puis, à le volet judiciaire, c'est Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, qui est à la manœuvre.
01:55Il réunit cet après-midi les procureurs généraux pour coordonner la réponse pénale après les interpellations.
02:00Donc, en résumé, l'exécutif assume désormais une ligne à deux étages,
02:05maintenir le dialogue avec les lycéens, et puis traiter les violences comme un sujet d'ordre public.
02:11Mais maintenir le dialogue, vous avez bien compris que ça ne veut rien dire.
02:14Ça n'a pas de sens.
02:17S'ils disent ça, ils sont à côté.
02:19Ces gens ne veulent pas dialoguer.
02:21C'est ce qu'ils disent, en tout cas avec les syndicats.
02:23Mais les syndicats, ils sont perdus.
02:26Je pense que les syndicats, ils ne maîtrisent rien dans cette affaire.
02:29Vous avez des jeunes gens...
02:30Ils ne servent à rien.
02:31Voilà. En fait, qu'est-ce qui est intéressant, si j'ose dire, dans cette émeute ?
02:36Pour la première fois, vous avez une sorte de révolte à froid.
02:40C'est-à-dire que les émeutes venaient toujours après un événement dramatique.
02:46Par exemple, ce qui s'était passé avec la mort de Noël,
02:48ou après des incidents importants avec la police.
02:51Là, vous avez pour la première fois une révolte pure sur le plan politique.
02:56C'est purement politique, puisqu'il n'y a pas de revendication particulière.
03:01Sinon, c'est affaire d'avoir plus de moyens,
03:04mais en même temps, ils brûlent les écoles.
03:07Donc, c'est quand même très paradoxal.
03:09À Nantes, on en parlera tout à l'heure.
03:11Il y a le lycée Mandela, le hall du lycée Mandela qui a brûlé.
03:15Vous avez des jeunes gens qui veulent plus de moyens,
03:16qui commencent peut-être par ne pas brûler l'école.
03:18Bon, ça, c'est la première chose.
03:20Et la deuxième chose qui est très importante, me semble-t-il,
03:23c'est parce que ça va avec,
03:24c'est la première fois que les quartiers ou une jeunesse sont politisés.
03:28C'est-à-dire que ce n'est jamais arrivé dans l'histoire.
03:32Il y avait peut-être ça avec le Parti communiste dans les années 60 ou 70,
03:35il y a très très longtemps,
03:36qui avait réussi à politiser, parfois,
03:39c'est ce qu'on appelait la banlieue rouge d'ailleurs,
03:42autour de Paris,
03:43et qui avait une jeunesse très politisée.
03:46mais là, les quartiers,
03:48les quartiers qui n'avaient jamais été politisés.
03:51Et c'est là que la France Insoumise a travaillé,
03:53qu'elle a investi,
03:55et qu'elle fait de la chair à élections,
03:58si j'ose dire.
03:59Le pari qu'elle fait,
04:00c'est que tous ces jeunes gens,
04:01qui d'habitude ne votaient pas,
04:03vont aller voter,
04:05vont voter pour la France Insoumise.
04:06Je ne sais pas si c'est vrai ou pas,
04:08ou si ça se fera ou pas.
04:09Une élection, jusqu'à présent,
04:11c'est les vieux, entre guillemets.
04:12C'était les vieux qui faisaient l'élection.
04:14Les jeunes, ça ne vote pas.
04:15À grands traits, bien sûr.
04:16Je dis ça à grands traits.
04:17Là, pour la première fois,
04:19si vous arrivez à mobiliser
04:22tous ces jeunes gens
04:23qui d'habitude ne votaient pas,
04:25et si vous les faites voter
04:27pour la France Insoumise,
04:29il y a effectivement une possibilité
04:30de gagner quelques pourcentages de voix,
04:32et notamment pour l'élection présidentielle.
04:34Bruno Pommard.
04:35Il y a un élément dont on ne parle pas, Pascal,
04:37et moi, pour bien connaître les quartiers,
04:38parce que ça fait 35 ans que j'y suis,
04:40avec mes policiers,
04:41à travailler à la proximité,
04:42c'est qu'on n'a plus sur le terrain
04:45d'associations, de médiations, etc.
04:47Et quand on regarde bien
04:48ce qui se passe à Saint-Denis,
04:50pour prendre l'exemple,
04:51vous avez M. Bagayoko
04:52qui sourit béat
04:54et qui danse à côté des jeunes.
04:57Bon, il ferait mieux, M. Bagayoko,
04:59d'avoir des médiateurs,
05:00des associations de proximité,
05:02tout ça a existé avant.
05:03Tout ça a disparu.
05:04Et Pascal a raison.
05:05Il y a une récupération
05:06qui est faite par les militants
05:08de la France Insoumise
05:08et qui sont en nombre
05:09dans ces quartiers, effectivement,
05:10qui prennent la main sur tout
05:11et qui, en même temps,
05:13manipulent ces jeunes.
05:14Et on le voit, d'ailleurs,
05:14dans ce qui se passe,
05:15c'est caractéristique.
05:16Les services de renseignement
05:17le disent,
05:18mais c'est flagrant.
05:19On ne peut pas dire autre chose.
05:20Alors, évidemment,
05:21M. Mélenchon dit que ce n'est pas vrai,
05:22mais c'est la triste vérité.
05:24On n'a plus personne,
05:25je dirais,
05:26en confrontation
05:27entre les jeunes
05:28et les forces de l'ordre.
05:29Et là,
05:30quand il n'y a plus personne,
05:31les deux s'affrontent.
05:32Benjamin est avec nous.
05:33Benjamin,
05:34qui est lycéen,
05:35qui habite dans cette belle ville
05:36de Toulouse.
05:40Benjamin,
05:40je suis en classe de terminale.
05:42Lycée privé ou lycée public ?
05:45Lycée public.
05:46Est-ce que votre lycée est bloqué ?
05:49Bien sûr,
05:50il était bloqué
05:50dès 8h du matin.
05:52C'est un lycée
05:53dans le centre-ville ?
05:54Je ne vais pas trop en dire
05:55sur la situation géographique.
05:58D'accord.
05:58Je ne vais pas trop donner d'infos.
05:59Alors,
06:00est-ce que c'est un lycée bourgeois
06:02ou un lycée,
06:03peut-être,
06:04dans une zone
06:05qui l'est moins ?
06:07Plutôt une zone
06:08qui l'est moins.
06:09Bon,
06:09qu'est-ce que vous avez remarqué ?
06:11Est-ce que vous avez vu
06:12une politisation des débats,
06:14une manipulation,
06:15pourquoi pas,
06:15de la France insoumise ?
06:18J'ai remarqué
06:19qu'un enseignant
06:20s'est fait
06:22clétiner
06:22par plusieurs individus
06:24alors qu'il tentait
06:25d'éteindre un feu.
06:27Et donc,
06:28ça a été grave.
06:29Ça a été vraiment
06:29un choc pour moi.
06:31Ça,
06:31ça a été chez vous à Toulouse
06:32ou c'est ce que vous avez vu
06:33sur les réseaux ?
06:34Ça a été vraiment
06:35chez nous,
06:36enfin,
06:36chez moi à Toulouse.
06:37Vous l'avez vu
06:38de vos yeux vus ?
06:39C'est ça.
06:41Donc,
06:42c'est un professeur
06:42qui a été malmené ?
06:44Oui,
06:44c'est ça,
06:45exactement.
06:46Pourquoi ?
06:47Parce qu'il tentait
06:49d'éteindre un feu,
06:50un départ de feu
06:51dû à une poubelle
06:52et les élèves
06:54ne voulaient pas
06:55qu'il éteigne le feu.
06:57Du coup,
06:57ils ont essayé
06:58de lui dérober
06:59l'extincteur
07:00et ensuite,
07:01le professeur
07:02s'est retourné
07:02pour les asperger
07:04dessus
07:05et ils l'ont très mal pris
07:06et du coup,
07:07ils lui ont mis
07:07des coups de pied
07:08et plusieurs individus
07:09sont venus
07:10avec lui
07:11pour lui mettre
07:12plein de coups de pied
07:13jusqu'à ce qu'il sorte.
07:14Mais ce professeur,
07:15il est hospitalisé
07:17à l'heure actuelle ?
07:18Non,
07:18du tout,
07:19à l'heure actuelle,
07:20il va très bien,
07:21mais bon...
07:22Si vous avez pris
07:23quelques coups,
07:23il doit être quand même
07:24un peu traumatisé.
07:25C'est un professeur,
07:25vous le connaissiez ce professeur ?
07:27C'est un de vos professeurs ?
07:28Non,
07:28du tout,
07:29c'est quelqu'un
07:30qui travaille dans le lycée,
07:31je ne le connais pas.
07:32J'entends beaucoup
07:33des revendications
07:34sur les moyens
07:35qui ne seraient pas
07:38au rendez-vous.
07:39Dans votre classe de terminale,
07:41vous êtes combien ?
07:42Nous sommes 30.
07:4430 ?
07:45Effectivement,
07:46ça serait mieux
07:46si vous étiez 25,
07:47mais on était une trentaine
07:49nous aussi jadis.
07:50Comment vous jugez
07:52la qualité
07:53des infrastructures
07:54de votre lycée ?
07:56Je trouve que
07:57les infrastructures
07:58du lycée
07:59sont assez bien gardées.
08:01Il n'y a pas trop
08:02d'insécurité,
08:03sauf,
08:04je pense qu'il y a
08:05un certain endroit
08:06dans le lycée
08:06où c'est facile
08:08à dégrader
08:09ou à casser.
08:10Donc,
08:11à voir si on pourrait
08:12le renforcer,
08:13mais sinon,
08:13globalement,
08:14je trouve que la sécurité
08:15du lycée
08:15est bien gardée.
08:16C'est marrant
08:17parce que je vous pose
08:17des questions
08:18sur les infrastructures
08:19et je n'imaginais pas
08:20que ce serait votre réponse.
08:21Vous me parlez sécurité,
08:22moi je voulais savoir
08:24s'il y a du chauffage
08:26l'hiver,
08:27je sais qu'il n'y a pas
08:27de climatisation l'été,
08:29ce qui est quand même...
08:29Ah oui, bien sûr.
08:30Voilà,
08:30mais en même temps,
08:32votre réponse,
08:32elle est intéressante
08:33parce que naturellement,
08:34vous êtes allé vers la sécurité
08:35et ça fait sens,
08:37votre réponse.
08:39Alors que moi,
08:39ma question,
08:40elle était,
08:40est-ce que le matériel
08:42est de qualité ?
08:43Est-ce que les tables
08:44ne sont pas abîmées ?
08:46Est-ce que les chaises
08:47sont en ban état ?
08:48Est-ce que le chauffage
08:49marche l'été ?
08:50Est-ce que la cantine
08:51est de qualité ?
08:52C'est un peu ça,
08:53le sens de ma question.
08:55D'accord,
08:55je vais vous répondre.
08:56Le chauffage,
08:57dans le lycée,
08:58je trouve qu'il est assez bien
09:00quand on a chaud
09:01dans le lycée,
09:01quand c'est l'hiver.
09:03Quand je sais
09:04qu'il y a des gens
09:06dans l'internat,
09:07je sais qu'ils ont chaud
09:09dans la pièce
09:10avec le chauffage,
09:11donc ça,
09:11il n'y a pas de problème.
09:12Mais l'été,
09:13la climatisation,
09:14c'est horrible
09:15parce qu'il n'y a pas
09:15de climatisation,
09:16on a chaud,
09:17sous 40 degrés.
09:20Alors ça,
09:20c'est vrai qu'à Toulouse,
09:21en plus là,
09:22vous sortez,
09:22vous êtes Toulousain ?
09:24Bien sûr.
09:25Oui,
09:25bien sûr.
09:27Bon,
09:28je vous comprends,
09:29mais c'est une merveilleuse ville,
09:30mais c'est vrai que vous sortez
09:31d'une séquence
09:32de canicule quasiment
09:33depuis le 15 juin
09:34où il a fait tous les jours
09:3530 degrés.
09:36Ça a été très rude
09:37l'été à Toulouse.
09:38Ah oui,
09:39très très très rude.
09:39Heureusement qu'il y a eu
09:40un petit peu de rafraîchissement,
09:41mais aller en ville
09:42sous 40 degrés,
09:43c'est vraiment presque impossible.
09:45Bon,
09:45on va marquer une pause.
09:46Vous vivez en maison
09:47ou vous vivez en appartement ?
09:49Je vis dans une maison.
09:50Et vos parents,
09:51il y a la climatisation
09:52par exemple dans votre maison ?
09:53Bien sûr,
09:54oui,
09:54il y a la climatisation.
09:55Oui,
09:55mais vous dites là aussi,
09:57bien sûr,
09:57et c'est vrai
09:58que ce n'est pas forcément évident.
10:00Bon,
10:00restez avec nous,
10:01Benjamin,
10:02je vous remercie grandement
10:03d'être avec nous,
10:04Benjamin Lycéen de Toulouse
10:05en terminale
10:05qui nous explique la vie
10:06au quotidien
10:07forcément d'un lycéen.
10:09Et c'est ça qui nous intéresse
10:10dans cette émission.
10:12A tout de suite
10:13avec Pascal Prost
10:13sur Europe 1,
10:1401,
10:1480,
10:1520,
10:1530,
10:159,
10:1621,
10:16pour réagir
10:17aux standards de Europe 1
10:18et sur WhatsApp
10:19comme Thomas,
10:19j'ai un petit message à lire.
10:20Je suis française de l'étranger
10:21et vous écoute fidèlement
10:22ce qui est en train
10:23de se passer en France
10:24et vu depuis l'Espagne
10:25comme un des grands symptômes
10:26du déclin français.
10:27Si l'on reconnaît à la France
10:28son usage intensif
10:29du droit de manifester,
10:31on est ici face
10:32à une instrumentalisation
10:33et un accaparement
10:35de la violence
10:35par un parti politique.
10:36C'est une honte.
10:38Voilà.
10:38Eh bien,
10:38il a sans doute raison
10:39ce jeune homme.
10:40A tout de suite.
10:4001,
10:4180,
10:4120,
10:4130,
10:419,
10:4121,
10:42pour réagir
10:42avec Pascal Prost
10:43sur Europe 1.
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