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  • il y a 8 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:02On aura passé une heure à écouter Sophia, et je rappelle que si vous nous rejoignez à l'instant,
00:07elle est étudiante en sciences politiques à Paris 13, elle est porte-parole actuelle de la génération EDR.
00:15C'est intéressant également d'écouter son itinéraire personnel.
00:18Vous avez grandi à Sevran, si j'ai bien compris, vous êtes dans une fratrie de 7 frères et sœurs,
00:23et on peut imaginer que vous étiez dans cette fratrie un des membres importants, influents,
00:30parce qu'on vous écoute et on sent le caractère que vous avez, qui est fort,
00:36et qui va vous permettre justement dans la vie de résister, d'être solide, d'avancer.
00:42Moi je ne m'en fais pas beaucoup pour vous, parce que vous avez effectivement du caractère et de l
00:47'intelligence, bien évidemment.
00:48Vous avez parlé de votre mère qui vous a élevé, si j'ai bien compris, elle vous a élevé seule.
00:53Sans votre père, et ça n'a pas dû être facile pour elle, avec 7 enfants,
00:57j'imagine que tout cela est forcément à influencer sur votre...
01:02Vous avez vu votre mère, et ça a influencé votre caractère, votre psychisme, ce que vous pensez de la vie.
01:08Je comprends tellement ça, et chacun peut le comprendre d'ailleurs.
01:11Et c'est pour ça que votre témoignage est intéressant à écouter.
01:14Alors là, nous sommes avec Adèle, qui nous écoute peut-être, et qui a peut-être une question à vous
01:18poser.
01:18Bonjour Adèle, vous avez quel âge ?
01:20Alors, moi je suis maman de 51 ans, et je voulais intervenir parce que j'ai écouté votre mission,
01:27et votre invité qui disait que tout le monde peut faire des études supérieures intellectuelles.
01:35Moi, je ne suis pas du tout d'accord avec elle, parce que j'ai 4 enfants HP, très intelligents,
01:40et pourtant, j'ai un enfant qui m'a clairement dit que je ne ferai pas d'études supérieures,
01:45parce que ça ne l'intéresse pas.
01:47Donc il fera un métier manuel.
01:49Très bien, moi je suis d'accord avec lui, il sait ce qu'il veut, c'est génial.
01:52Donc voilà, et ensuite, concernant aussi l'école, moi je suis dans une école Z,
01:59mes enfants étaient dans une école Z, avec d'énormes moyens, des classes à 12,
02:03dès la grande section, un prof en plus que le nombre de classes dans l'école,
02:09et pourtant, malgré tout ça, en CM2, on avait des enfants qui ne savaient ni lire,
02:15ni comptaient, et qui ne connaissaient pas, qui n'avaient aucune culture générale.
02:20Et je peux vous dire, il y avait bien au moins 10% des élèves.
02:23Donc je suis désolée, mais moi je peux témoigner dans mon quotidien
02:27qu'on n'est pas tous faits pour faire des études,
02:30et c'est comme ça aussi la beauté de notre société.
02:33On n'est pas tous faits pour faire des études.
02:35Il ne faut pas pousser les enfants à faire des études s'ils n'en ont pas envie,
02:39et puis aussi, il faut accepter que certains soient bons dans un domaine,
02:42et pas dans d'autres.
02:44Et faire un métier manuel, c'est pas grave, c'est très bien, je trouve.
02:48Non, bien sûr, mais je pense qu'on s'est mal compris,
02:49parce que je disais que je conçois ce que vous dites,
02:53et même je suis en plus temps d'accord avec ce que vous dites en réalité.
02:55Mais ce que je voulais dire, c'était qu'on donne la possibilité à chacun et chacune
02:59de pouvoir, s'ils le souhaitent, faire des études supérieures.
03:02Et bien évidemment qu'aujourd'hui, je vous le dis, je le pense sincèrement,
03:05on a tellement dévalorisé la voie professionnelle,
03:07on l'a tellement saccagée avec les réformes qui sont passées,
03:10que bien sûr qu'on voit ça comme une voie poubelle finalement.
03:14Et aujourd'hui, moi je suis très heureuse pour vous,
03:16que vos enfants ont trouvé la voie qui leur plaît.
03:18Malheureusement, on est tellement mal orientés,
03:20qu'en fait souvent, quand on n'a pas de professeur
03:26dès le plus jeune âge devant nos classes,
03:28donc forcément l'écart se creuse de plus en plus,
03:30et forcément, si on souhaite faire des études supérieures,
03:33ça va être beaucoup plus compliqué.
03:33Donc qu'est-ce qu'on fait,
03:34vu qu'on n'a pas le niveau en maths, en français, etc.,
03:36pour aller dans des universités plutôt littéraires,
03:39il faut se le dire, ou de maths,
03:40et bien on nous envoie vers la voie professionnelle,
03:41alors que c'est peut-être pas ce qui nous aurait été destiné
03:43si on avait eu un professeur dès le plus jeune âge.
03:45Mais vous, par exemple, vous êtes l'exemple contraire.
03:48C'est-à-dire ?
03:49C'est-à-dire que vous avez réussi ce que vous vouliez faire ?
03:53Non, en fait non, en réalité.
03:55C'est pas tant ce que je voulais faire à la base.
03:57Pour être honnête, j'avais demandé Sciences Po,
04:00l'école Sciences Po.
04:01Mais vous avez eu le bac avec sans doute une mention,
04:04vous êtes sans doute une bonne élève.
04:05Alors je l'ai eu sans mention, pour le coup, je t'ai pas...
04:06Mais vous êtes sans doute une bonne élève.
04:08Pour le coup, ça serait mentir que j'étais une bonne élève,
04:10j'ai eu le bac à 11.
04:11Bah c'est...
04:12C'est juste au-dessus de 10, quoi.
04:14Oui, mais vous montrez par l'exemple
04:16que malgré peut-être une situation plus difficile que d'autres,
04:21Sevran, une famille telle que vous nous l'avez racontée,
04:25mais c'est possible puisque vous êtes là ?
04:28Mais bien sûr, mais ce que je veux dire, c'est à quel prix ?
04:30C'est que j'ai laissé des plumes pour en arriver là où je suis.
04:34Et quelles plumes vous avez laissées ?
04:35Plumes de la santé mentale.
04:36Franchement, il y a des moments où c'était vraiment pas simple.
04:38Mais quand est-ce que ce n'était pas simple ?
04:40Eh bien, à la période du baccalauréat.
04:41Mais ça se traduisait comment ?
04:43Par des crises d'angoisse.
04:45Je faisais des crises d'angoisse.
04:46Mais à cause de quoi ?
04:47Mais à cause de la pression de ne même pas être sûre d'avoir un avenir sur Parcoursup.
04:52Parce que je n'avais pas des notes de ouf.
04:54Donc il faut se le dire.
04:54Et en plus, Parcoursup, ce n'est pas qu'une question de notes.
04:56Mais bon.
04:57Donc je n'avais pas forcément le niveau, entre guillemets,
05:00pour demander une licence aussi sélective que ma licence actuellement.
05:03Donc il y avait cette angoisse-là.
05:05Et ensuite, il y avait l'angoisse aussi des épreuves qui arrivaient.
05:08Mais ça, l'angoisse, elle peut...
05:10Oui, mais de là à faire des crises d'angoisse...
05:11Elle peut faire partie de la vie.
05:13Tout le monde peut être angoissé.
05:15Ce n'est pas la question.
05:15C'est de là à se mettre mal.
05:17Et à la limite faire de la phobie scolaire, ce n'est pas normal.
05:19Et aujourd'hui, le nombre de cas de phobie scolaire qui augmente,
05:22notamment à cause de Parcoursup, je suis déconnée, mais ce n'est pas entendable.
05:26Bon.
05:26Il est 17h54.
05:28Chacun sera son avis.
05:29Moi, j'ai essayé d'écouter Sophia, étudiant en...
05:31Moi aussi, j'ai essayé de vous écouter.
05:33Exactement, de sciences politiques, à Paris 13.
05:36Et puis, l'important, c'est que ces jeunes-là, surtout, puissent réussir
05:42et puis vivre le mieux possible dans une société française qu'on espère apaiser.
05:4817h55, Pierre Devine-nous dans une seconde.
05:50Pour Europe 1 soir, 18h20, c'était Pascal Prodeau.
05:53Retour demain de 9h à 11h et 16h à 18h sur Europe 1.

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