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  • il y a 6 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Je rappelle que le chaos poursuit dans le pays. Un policier a été violemment frappé aujourd'hui à Belfort.
00:04Les faits se sont déroulés ce matin aux abords d'un lycée. L'officiant civil venait d'interpeller un jeune
00:07homme.
00:08Selon le procureur de Belfort, le policier a été pris à partie par une horde sauvage de jeunes qui l
00:13'ont fait tomber au sol
00:13et roué de coups de poing et de pied, notamment au niveau de la tête.
00:17Des renforts de police sont rapidement intervenus pour disperser le groupe d'agresseurs.
00:20Vous avez peut-être vu les images et porter secours au policier.
00:22Il a eu une brève perte de connaissance et présente plusieurs plaies au visage.
00:25Hier a apparu une jeune lieutenant stagiaire de la préfecture de police a été poursuivie, projetée au sol, agressée par
00:32plusieurs individus.
00:33Et le parquet de Belfort a ouvert une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique
00:39en réunion.
00:39Mais on est avec Laurent et puis on avait un peu dévié parce que Laurent est enseignant dans l'Aveyron.
00:46Et puis il est pour le blocus et il nous disait en France on a l'impression qu'on est
00:50protégé puis on ne l'est finalement pas, on ne peut pas trouver de dentiste.
00:53Donc on pourra revenir tout à l'heure sur ce dentiste monsieur le bourgeois et essayer pourquoi pas d'avoir
00:58un échange avec lui.
00:59Mais pourquoi vous êtes Laurent en tant qu'enseignant favorable au blocus ?
01:05Ouais donc bonjour Pascal et l'équipe.
01:08Moi j'y suis favorable, alors on s'entend 95% des gamins qui font grève le fond parce qu
01:14'ils ne veulent pas aller à l'école, on est les corps.
01:16Ils ne veulent pas aller sur les bancs d'école, ils sont très contents.
01:18Ils jouent au Lego grandeur nature avec des poubelles, donc c'est pas bien ça et tout ce que j
01:24'entends au niveau de la police etc c'est une horreur.
01:27Ces gens-là nous défendent à 365 sur 365, on n'a pas le droit de faire des choses comme
01:32ça.
01:33Donc je suis anti-violence, en tout cas anti-violence de ce type-là.
01:37Mais par contre effectivement moi je vois très bien mes enfants qui ont été à l'école, qui sont encore
01:41pour certains.
01:42Et je vois moi, les gamins que j'ai devant moi, alors je précise tout de suite, je ne suis
01:45pas enseignant en éducation nationale.
01:48D'accord ? Je suis sur un CFA, donc c'est quelque chose de...
01:50C'est quoi un CFA ?
01:52C'est un centre de formation, un centre d'apprentissage, d'accord ?
01:56Donc mais c'est payé par l'État ?
01:59Non, justement non.
02:00Ah bon bah oui, mais alors là vous ne pouvez pas vous plaindre des installations ou des infrastructures, puisque c
02:07'est privé.
02:08Alors c'est privé, mais on vient du public. On est passé du public au privé très récemment.
02:15Et puis j'ai fait aussi des remplacements dans l'éducation nationale, donc je connais...
02:19Voilà, qu'est-ce que vous contestez ?
02:21Qu'est-ce que vous contestez ?
02:22Alors ce que je conteste, c'est le pognon que l'État fout dans l'éducation nationale, vous l'avez
02:26dit vous-même sur vos plateaux, et ce qu'on en fait.
02:29Puisqu'on vous cogne pour exemple l'Estonie, effectivement, avec des budgets largement moindres, qui sont systématiquement premières.
02:35Moi je pense qu'on a un gros problème. Je vous donne un exemple très simple. Mon fils est en
02:38première au lycée.
02:40Il a eu une des revendications des élèves, des manifestants, c'est le problème de l'amplitude horaire.
02:46D'accord ? Et hier je vous ai entendu justement avec ce jeune, vous lui disiez mais 8-18 machin,
02:52t'es jeune mon gars, etc.
02:53Vous avez tout à fait raison. Le problème, il n'est pas là. C'est que lui, il fait du
02:578-18, mais tenez-vous bien, il a 3 heures de pause déjeuner au milieu de la journée.
03:02Oui, et alors ?
03:03Et alors ?
03:04Et ce n'est pas tous les jours sans doute les 3 heures, parce que c'est toujours pareil. Mais
03:08non !
03:09Mais la difficulté de ça, c'est que quand tu vérifies, d'abord ce n'est pas tous les jours
03:138 heures, 18 heures, ce n'est pas vrai.
03:16Et quand tu vérifies, c'est peut-être une fois dans la journée où effectivement il est à 11 heures,
03:20il va reprendre à 15 heures.
03:22Parce que moi je vais vous dire, j'ai reçu un message depuis l'émission d'hier, et je vais
03:26vous le lire.
03:27Parce que vraiment, c'est vrai que c'est un peu fatigant, ces gens qui se plaignent toujours et tout
03:32le temps.
03:33C'est un homme qui a 85 ans, et qui était au lycée Louis-le-Grand.
03:40Donc il était au lycée Louis-le-Grand, il est né sans doute en 1940, et il était en 1955.
03:47Et il m'a envoyé ce petit message parce qu'il nous a écoutés hier.
03:51Il m'a dit, les détails me reviennent.
03:56Voilà, je fus pensionnaire dans ce lycée à 17 ans.
03:59Louis-le-Grand, parce qu'il a fait une prépa à Paris, et après, je crois qu'il a fait
04:04normal-sup.
04:04Et il nous écoutait.
04:05« Nous dormions à 60 dans un dortoir sans cloison. La nourriture était infecte. Nous avions une douche tous les
04:16huit jours.
04:17Il nous était interdit de sortir de l'établissement en dehors des week-ends.
04:21Nul ne se plaignait, car nous n'étions pas là pour passer des vacances, mais pour réussir à des concours
04:27basés sur le seul mérite. »
04:29Vous entendez cette phrase, basée sur le seul mérite, parce que lui raconte, par ailleurs, parce que le texto que
04:34j'ai, qui est très long, était d'un milieu plutôt modeste.
04:37C'est-à-dire des facultés naturelles démultipliées par la volonté et le travail, dit-il, pour étayer cette dernière
04:44phrase.
04:44Après, il me dit, les détails me reviennent en mémoire.
04:46« Malgré les douze heures de travail par jour, certains poursuivaient à la lueur de la lampe électrique sous les
04:51draps.
04:52Nos blouses grises, uniformes obligatoires, étaient d'une saleté repoussante, sorte d'emblème de notre détachement à l'égard de
05:00la vie quotidienne.
05:01Tous les mois, permission de sortie exceptionnelle, une seule destination autorisée, le palais de Chailloux, c'est-à-dire le
05:06TNP,
05:07Théâtre National Populaire de Jean Villard et Gérard Philippe,
05:10« J'ai vu le prince de Hambourg », où les élèves des classes préparatoires côtoyaient les comités d'entreprise
05:15de la CGT venus de banlieues par autobus entier.
05:18J'oubliais le plus important, les modestes colis de nourriture envoyés de province par ma mère, reçus comme des dons
05:24du ciel.
05:25Un autre monde, vous dis-je. Voilà ce que m'a écrit ce monsieur.
05:30C'est tout.
05:31Donc on est en 1956 ou 1957.
05:35Vous êtes toujours là, Laurent ?
05:37Tout à fait, je vous écoute, Pascal.
05:38Bon, et cet homme raconte qu'il a fait une carrière, effectivement, de haut niveau, visiblement il a fait l
05:44'ENA, il a fait l'administration,
05:46il est en retraite aujourd'hui, on voulait d'ailleurs piquer un peu d'argent, comme toujours chez les retraités.
05:52Et le monde, alors on n'est peut-être pas assez d'un excès à l'autre, je ne vous
05:56dis pas qu'il faut revenir à ce monde-là, bien sûr.
05:59Mais cette affaire d'amplitude horaire, vous aviez hier, comment s'appelait le jeune homme avec qui nous étions ?
06:07Clovis.
06:08Clovis, il t'expliquait que la convention de l'enfant doit régir les classes de terminal.
06:14Non, c'était Nathanael, ça.
06:14C'était Nathanael, non ?
06:15C'était Nathanael.
06:16C'était Nathanael.
06:18Bon, l'amplitude, elle a toujours existé, l'amplitude.
06:21Nous, on commençait les cours à 8h, tu termines pas tous les jours à 18h, d'ailleurs, c'est pas
06:25vrai, de temps en temps, tu dois travailler une ou deux fois par semaine à 18h.
06:28Je te signale qu'ils ne travaillent même plus le mercredi et qu'ils ne travaillent plus le samedi.
06:32Enfin, ils travaillent 4 jours par semaine, quand même.
06:35Alors que même moi, de mon temps, si j'ose dire, on travaillait le mercredi matin ou le samedi matin.
06:40Les lycéens travaillent le mercredi, là, encore.
06:42Ils travaillent le mercredi, oui.
06:43Les lycéens, les lycéens, et même, il y en a qui travaillent le samedi aussi, samedi matin.
06:46Vous voyez, on les a remis au travail depuis hier.
06:48Par contre, la douche tous les 8 jours que vous avez raconté, je ne savais pas, ça.
06:51C'est incroyable.
06:53Mais vous êtes des enfants, parfois.
06:55Ma mère me raconte qu'il n'y avait pas de salle de bain dans les appartements.
07:01Enfin, vous croyez quoi qu'il y avait des appartements ?
07:03Ah oui, je pensais qu'il y avait des salles de bain, oui.
07:05Ah bah désolé.
07:06Les salles de bain, ça arrive entre 50 et 60.
07:10Les gens se lavaient aux gants.
07:12Au gant de toilette.
07:14Au lavabo.
07:14Au lavabo.
07:15Ça revient un petit peu le gant.
07:16Mais moi, je suis né quand...
07:18Ça revient pas le gant.
07:19C'est plein de bactéries, par contre.
07:20Moi, quand je suis né, quand j'allais à Bretigny-le-sur-Mer, on me lavait dans une bassine.
07:26Ça a changé.
07:26Chez mes grands-parents.
07:27Ça a changé.
07:28Dans la rivière aussi, parfois.
07:29Il n'y avait pas de rivière chez mes grands-parents.
07:32Il n'y avait pas de douche chez mes grands-parents à Bretigny-le-sur-Mer.
07:35Et on allait l'été.
07:37Et quand on sortait de la plage, trempé, guené, et que nous étions...
07:41Il y avait du sable partout.
07:42Bah, voilà.
07:43Même en ville, dans les appartements.
07:45On se baignait dans la mer.
07:46Il est 16h26.
07:47Ça tout de suite.

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